Skip to main content

Full text of "Le Naturaliste canadien"

See other formats




3 r^2> 



^3 ,^ :> 

>:> ^ :> 
->:> :> :> 

JD c^ J> 

.^^ :> ^ ^ 

3,0 ■:> ^ 

.-:» :3' ■ ::> -^ 
>i z:> -3> 

:x> 3- -^ 
^ ^ ,/^ ^ 

^ > 

•■ '\ -:» _:> '■ 

:|^.^ 



^> ;3> ; 



5 > ' > 

j> :> >» :■ 



'■:> :>> ck-^ *^. . 
z> ^:> M>3 » -. 

:> > ^> >:> : 

X»> J» .-)> :>:>:? 

13j^ 33 » ~3e>3 

>T» Zr> 3L>\3t>> 
^5>-' :>3 » T>^3 






^5^ 









IlIBRARY OF CONGRESS, 



[SMITHSONIAN DEPOSIT.] 



mm 



!| UNITED STATES OF AMERICA. 






3> 3 2> _ 

3X::> 3 'O . 
^>3 > >t» > 
>5> > > 3> 

333 3 33 
> j> > > r>:> 

--3>>3 33 



i>33:> 

■]^>>3 

:^>>3 



^ 3 Ù5>0 3 

:^^^ 33 3 :>■ 

■> > -->•->■;> 12» 
. * .-^^ 3 2> 
;' V3'>3^:2> 

3^5 ^ ^> 
3 > 3 ^>s* 



.3 3> t3 



;3. 3, ■;->-. 









3lf 



:•' 


J> 


3> 


r^.Z 


j> 


> 




^'>.Z 


>' 


~> 


I3> 


Î*-: 


> 


^ 


_3> 


">:: 


> 


7> 


\3^ 


->3)«:5 


» 


3> 


~I3> 


>y 


> 


> 


"T^ 


>^z 



it 



3P» r>^ :z> 



^'^ ^ ^ 



^ T> 



^^> '_:^^? -■ 



OS 



13 •) 















>J2> ::>x> \^> 

33 






::>)£>■■ 



_3 z 



1» ':,> il> 

3> ■ >->:) 









j*> > ^-» 
■;3a>Z3> .5 > 

..•■t>::i> -'>'-.:^ 



::>s> >• :3»> /' :> > >^> 



> . ^ :> r 

> 3 >_ 



> 


J) 


:2»:j 


'i> 


» 


v> 


>-> 


7> 


:» 


■.!> 


3D 


J> 


►;^ ' ■ 


2» 



> :> 






\J> >3 0»->~> 






XjE 




fiuIIetiQ de recherehes, obserTations et decooTiertes se rapportant 
à rilUtoire Naturelle da Canada. 



TOIWCE TJaEIZIE3i:E 



L'ABBE I. PROVANCHER, REDACTEUR-PROPRIETAIRE 



^ / y 



9^ 



^ 



^ 







QUEBEC : 

C. DARVEAU, IMPRIMEUR-EDITEUB. 
Ko. 82, Rue de la Moutague. 

1882. 



,J 



LS 



l^^3âè^iijl%^^3l^i^ifi^-'è- '^^^^ê^È-Sk^^3'^§&Éià: 



'^WrW'vw^Yf'^^Y''^^' ^W'W^-^'WWIW^^- 



Vol. Xllf CapRouge, Q., JANVIER 1882. No. 145. 



Rédacteur : M. l'AbbC PROVANCIÏER. 



NOTRS TREIZIEME VOLUMF. 



Nous allons enfin reprendre nos publications men- 
suelles comme ci-devant, et nous espérons n'avoir plus à 
l'avenir à leur faire souffrir ni d^'-lai ni suspension. Nous 
reconnaissons que cette publication de tous les deux mois 
seulement, jointe à une interruption de plus de cinq mois 
pour notre voyage d'Orient, était bien propre à dégoûter 
ceux qui nous suivent sans être véritablement animés du 
feu sacré, qui y mettent presque autant de complaisance 
que do véritable zèle. Aussi nous proposons-nous pour 
l'avenir de faire tous nos efforts pour que le zèle des débu- 
tants ne trouve de notre part aucune cause de refroidisse- 
ment, et que l'intérêt des naturalistes pratiques puisse tou- 
jours se soutenir sinon s'augmenter. 

Nous espérons, dans le cours du présent volume, voir 
la fin de l'Ordre des Hyménoptères, qui nous occupent de- 
puis si longtemps. Nous pourrions même y parvenir avec 
quelques livraisons seulement ; mais la longue durée de 
notre revue de cet Ordre nous a permis de recueillir de 
nombreux spécimens nouveaux, dont la description devra 



Z LE NATURALISTE CANADIEN 

nécessairement prendre place dans un appendice ; et cet 
appendice est déjà considérable. 

Qu'il est regrettable qu'il n'y ait pas un plus grand 
nombre de naturalistes pratiques en divers endroits de 
notre territoire. Si du moins il s'y trouvait des amateurs 
collectionneurs, ou simplement des chasseurs qui nous 
mettraient au fait de leurs captures ; quel secours ne reti- 
rerions-nous pas d'une telle collaboration ! Mais nous nous 
trouvons dans un isolement qui parfois nous décourage ; et 
loin de voir le nombre de nos adeptes aug-menter, nous 
avons peine à le sauver de la diminution, car la soustrac- 
tion à ces études, pour des devoirs d'état plus importants, 
de partisans dévoués ou de chasseurs heureux, vient sou- 
souvent faire équilibre aux quelques recrues que nous 
pouvons obtenir de temps à autre. 

C'est ainsi que nous avons t-u tout dernièrement M. 
l'abbé Burque laisser le professorat au séminaire de St- 
Hyacinthç, pour passer à l'exercice du saint-ministère. 
Espérons toutefois que ses connaissances acquises et ses 
heureuses dispositions ne seront pas pour longtemps sous- 
traites au progrès de la science ; que bientôt iixé dans une 
situation stable, il pourra, sans rien négliger de ses devoirs, 
reprendre ses études premières, et les poursuivre peut-être 
plus facilement encore qu'en premier lieu. 

Nul doute qu'avec des collaborateurs plus nombreux, 
nous aurions pu donner une faune bien plus complète que 
celle que nous consignons dans les pages de notre pnbli- 
cation. Dans un envoi que vient de nous faire M. l'abbé 
Huart, de Chicoutimi, résultat des chasses de quelques 
élèves de son collège dans la dernière saison, il ne s'est 
pas trouvé moins de 12 Hyménoptères nouveaux pour nous, 
et la plupart encore inconnus à la science. Quel immense 
avantage ne serait-ce pas si on pouvait compter 10 à 12 
chasseurs de cette sorte en différents endroits du pays ? 

Mais si le nombre des adeptes est restreint, d'un autre 
côté, l'intérêt qu'ils portent à ces études paraît toujours 
très vif et soutenu, et rien autre chose que des devoirs 
d'état multiples, ou le manque du matériel nécessaire, ne 



NOTRE TREIZIÈME VOLUME 3 

les empêche de s'y livrer davantage et de se rendre plus 
effectifs, llïen de plus agréable à des écoliers, par ex- 
emple, que la chasse aux insectes; mais pour s'y livrer, il 
ftiut avoir le matériel nécessaire ; il faut filet, pincettes, 
épingles, liège, etc., et ces objets matériels, manquent pres- 
que partout, ne peuvent pas même se trouver dans toutes 
nos villes ! Ajoutons que la gent écolière, qui toujours 
aime courses, chasses, distractions de tout genre, n'est pas 
celle qui d'ordinaire a la bourse la mieux garnie. Mais les 
lettres nombreuses que nous recevons de toutes parts, pour 
s'enquérir si nos Tableaux d'histoire naturelle vont bientôt 
paraître, nous sont une preuve que l'attention du public 
lettré, et surtout des directeurs de maisons d'éducation, est 
réveillée sur ce point ; qu'on sent chez les promoteurs du 
progrès intellectuel en ce pays, notre infériorité sous ce 
rapport, et qu'on voudrait y remédier aussitôt que possible. 

Mous ne pouvons qu'applaudir à de si bonnes dispo- 
sitions, mais malheureusement, pour ce qui en est de nos 
Tableaux, nous ne nous sentons nullement décidé encore 
à entreprendre une publication de $1000 à $1200, lorsque 
nous n'avons pour tout appoint que 40 souscripteurs à 
$8 chaque. 

Le gouvernement ne devrait-il pas, par une aide suf- 
fisante, faire en sorte que cette publication voie le jour ? 

Il le devrait, suivant nous ; cependant, nous n'osons 
encore croire qu'il le fasse, parce que nous savons que là, 
ce n'est pas l'intérêt de la science qui l'emporte ; on recon- 
naît bien qu'aucun progrès ne s'effectue sans avoir la 
scieîice pour base, mais on est habitué h profiter de son 
secours lorsqu'il est offert, sans se mettre en peine d'activer 
sa poursuite pour qu'elle devienne encore plus efficace. Fai- 
sons des chemins de fer, des ponts, des canaux ; établissons 
des usines, des manufactures; favorisons le commerce; 
développons l'industrie; et la science viendra à nous si 
elle le peut; nous avons des bi^soins trop pressants pour 
aller la chercher. Voilà ce que proclament nos politiques, 
sinon de paroles, du moins par leurs actes. 

Nos dessius ont été jugés à Paris fort bien exécutés, 



4 LE NATURALISTE CANADIEN 

et ponvant avoir nn très bon effet, mais le coût de l'exé- 
cution nous a découriigé. Quand on peut compter, comme 
dans ces viens pays, des milliers de souscripteurs à des 
œuvres de ce genre, leur publication devient facile ; mais 
quand après des appels réitérés, il faut fermer la liste à la 
quarantaine, il n'y a plus à hésiter, le projet tombe de lui- 
même. 

Mais 150 à 200 souscripteurs pour une œuvre sem- 
blable ne peuvent-ils se trouver en ce pays? La chose est- 
elle impossible ? 

La chose est très possible ; ce ne sont pas les moyens 
qui manquent, mais la volonté ; le goût, l'affection ne se 
portent pas de ce côté. $800, $1000, un faiseur do grimaces 
les réalisera dans nue seule soirée à Montréel ou à Québec ! 
Mais personne n'ignore que les badauds sont partout plus 
nombreux que les gens d'esprit ; et allez donc parlor 
d'œuvres intellectuelles à ces chercheurs d'amusements ? 
Ils n'entendent rien à cette gamme là ! 



FADNE CANADIENSE 

CContinué de la page 362 du vol. XII.) 

Fam. XII. SCOLIADIDES. Scoliadidœ. 

Tête grosse et courte ; yeux petits et échancrés. 

Antennes courtes, épaisses, et courbées au 2e article 
dans les ?, tandis qu'elles sont longues et s'épaississant 
vers l'extrémité dans les cf. 

Chaperon large, en carré irrégulier, labre à peine visi- 
ble. Mandibules grandes et largess dans les $. 

Prothoiax en forme d'arc prolongé sur les côtés jus- 
qu'aux ailes, ou en forme de nœud. 



XII. — SCOLIADIDES. 5 

Ailes dans les 2 sexes, les antérieures avec 3 cubitales. 

Abdomen généralement large et déprimé, plus long à 
lui seul que le, reste du corps, avec un puissant aiguillon 
dans les ç et des stylets le plus souvent apparents dans 
les c?. 

Pattes moyennes, généralement poilues aussi bien, 
que le reste du corps; le premier article du tarse aussi long 
que la jambe. 

Ces insectes, dont quelques espèces dans les climats 
chauds prennent une très forte taille, vivent solitairement, 
contrairement aux guêpes et aux fourmis. On les ren- 
contre d'ordinaire sur les fleurs. Les femelles se creusent 
des trous dans le sol souvent très profonds, où elles en- 
fouissent un autre insecte, araignée, larve de coléoptère, 
etc., qu'elles ont paralysé par le venin de leur aiguillon, 
et sur lequel elles déposent un œuf; la larve éclosant de 
cet œuf, trouve à sa portée, au moment de son éclosion, la 
nourriture qui lui convient, elle s'en repaît pour subir ses 
différentes mues ; le temps de sa transformation arrivé, 
elle se lile un cocon à double enveloppe, dans lequel elle 
«ubit sa métamorphose, n'en sortant qu'à l'état parfait. 

Nous n'avons encore rencontré que les 3 genres qui 
■suivent auxquels nous en ajoutons un nouveau. 

Ailes antérieures avec une seule i-écurrentc 1. ScoLiA. 

Ailes antérieures avec deux récurrentes ; 
Pattes hispides ou fortement poilues ; 

Hanches postérieures Ç inermes 2. TlPHiA 

Hanches postérieures $ munies d'un mucron en 

dessus près de la base 3. Ischioceras, n. g. 

Pattes ni hispidcs, ni fortement poilues, à peine pubes- 

centcs 4. Sapyga. 

1. Gren. ScoLiE. Scolia, Latr. 

Tête transverse. Antennes courtes, le premier article 
le plus long, les articles terminaux plus forts. Thorax 
robuste, le prothorax en forme d'arc s'étendant sur les 
côtés jusqu'aux ailes ; les flancs concaves. Ailes avec la 
cellule radiale courte et arrondie à sou extrémité, 2 cubi" 



6 LE NATURALISTE CANADIEN 

taies, dont l'extérieure allongée et retrécie à sa base, reçoit 
l'uniqne récurrente en avant de son milieu. Pattes courtes, 
cuisses fortes et arquées près du genoux, jambes courtes et 
fortes, fortement hispides. Abdomen plus long que le reste 
du corps, cilié de poils raides ou fortement hispide, muni 
d'un puissant aiguillon dans les ç et terminé dans les J* 
par 2 ou 3 épines. 

Insectes de forte taille, à ailes plus ou moins obscures 
et à abdomen plus ou moins taché de jaune ou de roux ; 
nous n'avons encore rencontré que l'espèce suivante que 
nous croyons nouvelles. 

Scolie à-une-seule-eeinture. Scolia unicincta, nov. sp. 

cf — Long. .40 pee. D'un noir foncé avec le 2e segment abdo. 
minai rouge. Tout le corps hérissé de poils raides ; la tête, le thorax, 
avec le 1er segment abdominal rugueux par des gros points enfoncés. 
Antennes assez longues, fortes, brunes. Métathorax arrondi posté- 
rieurement. Ailes fortement enfumées, la radiale courte, conpée pres- 
que carrée à son extrémité, la 2e cubitale courie, en triangle, recevant 
la récurrepte près de son milieu. Pattes poilues ; cuisses non renflées. 
Abdomen à segments terminés par un rang de cils noirs, d .nses et 
dressés, fort apparents, le 2e ponctué et entièrement roux, excepté sa 
marge terminale de poils noirs, les autres glabres et brillants, noirs, le 
dernier terminé en dessous par 2 épines. 

Ç — Avec l'abdomen entièrement rouge à part le premier segment 
et les cils noirs des marges. Ailes avec 3 cellules cubitales et 2 récur- 
rentes, bien que la 2e soit moins prononcée que la première. Pour 
tout le reste semblable au (^. 

Capturé un c? et une ?. Les rangs de cils dressés de 
l'abdomen de celte espèce, la rendent bien remarquable. 

2. Gen. TlPHiE. Tiphia, Latr. 

Tête courte, transversale. Palpes maxillaires longs, 
composés d'articles inégaux. Antennes courtes et fortes, 
plus ou moins enroulées dans les ç . Ailes avec une radiale 
le plus souvent incomplète, 2 cubitales, recevant chacune 
une nervure récurrente. Abdomen large et déprimé, coni- 
que à l'extrémité, le premier segment plus petit, le dernier 
dans les c? terminé par une longue queue recourbée. 



XII. — S0OLIADIDE8. 7 

Pattes courtes, plus ou moins hispides, les cuisses élargies 
et arquées près du genoux, les hanches inermes. 

Le principal caractère de ce genre paraît consister 
dans la nervation des ailes des ç et l'épine recourbée de 
l'abdomen des (J. Une seule espèce rencontrée. 

Tiphie sans-ornements. Tiphia inornata, Say, Say's 
Ent. i, p. 223 ?; T. Irans versa J i, p. 385. 

Ç — Long. .68 pce. Noire sans aucune tache, avec poils jaunâtres 
plus ou moins abondants. Antennes courtes, fortes, à articles courts, 
enroulées à l'extrémité, leur premier article cylindrique et fortement 
villeux, surtout en dessous. Prothorax en forme d'arc, ponctué et 
villeux, son bord postérieur avec l'antérieur du mésotborax, lisses et 
glabres. Métathorax en carré, portant 3 lignes longitudinales soule- 
vées au milieu, son bord postérieur avec aussi une ligne soulevée. Ailes 
hyalines-jaunâtres, plus ou moins enfumées, avec une radiale ouverte 
en arrière et du côté de la côte, 2 cubitales fermées, la première 
longue recevant la Ire récurrente vers son milieu; la 2e plus longue que 
large, élaigie en arrière et recevant la 2e récurrente au delà de soa 
milieu, la cellule diseoïdale extérieure fort grande, cependant fermée. 
Flancs du prothorax concaves et luisants, ceux du métathorax striés 
stransversalement en arrière. Pattes courtes, les jambes élargies et 
fortement hispides en dehors. Abdomen brièvement pédicule, à 1er 
segment plus petit et marginé d'une ligne rousse au sommet, le 2e 
avec un rang de fines crenel ures à sa base, tous les segments avec une 

bande plus fortement ponctuée au sommet, et ciliés de poils jaunâtres 
en dessous. — C. 

(^ — Long. ,43 pce. Avec les antennes plus allongées, les pattes 
plus grêles et moins hispides, les ailes avec la radiale fermée carrément 
à l'extérieur, les autres cellules comme dans la $. L'abdomen plus 
grêle et terminé par une épine aiguë et redressée. — C. 

Say avait pris ce c? pour une espèce distincte qu'il a 
décrite sous le nom de transversa. Dans les ç l'abdomen 
prend souvent une teinte bleuâtre. Nous avons tout lieu 
de croire que ces insectes sont parasites des larves de nos 
Hannetons, iesLachnostertia fusca, car nous trouvons d'or- 
dinaire leurs coques fort abondantes au printemps, dans 
les terrains fraîchement fumés où abondent les larves des 
premiers insectes. Ces coques ont une double enveloppe, 
l'intérieure à fils soyeux, tenaces, retenus par une espèce 



8 LE NATURALISTE CANADIEN 

de comme qui en fait un tissu très résistant, l'extérieure à 
tissu plus serré constituant une espèce d'écaillé. La fe- 
melle déposerait ses œufs sur la larve du coléoptère qui 
servirait de nourriture au ver de la Tiphie, et lorque le 
temps de la métamorphose serait arrivé pour cette der- 
nière, elle se filerait sa coque là même, dans le sol. 

3. Geii. IsCHioCÈRE. Ischioccras, nov. jren» 
Tête cubique ; antennes fortes, à articles courts, non 
enroulées, p. us courtes que la tète et le thorax réunis; 
mandibules dentées. Prothorax assez étroit, en arc, se 
prolongeant jusqu'aux ailes ; métathorax court, sans lignes- 
soulevées. Ailes : Ç avec une radiale parfaite, allongée, 
4 cubitales, la 2e et la 3e recevant chacune une récurrente 
en avant de leur milieu ; la 2e en triangle, sessile, n'étant 
point pédiculée sur la radiale ; (^ avec la 2e cubitale beau- 
coup plus longue que large et recevant la 1ère récurrente 
au delà de son milieu, la nervure qui la divise d'avec la 
1ère cubitale plus ou moins obsolète. Les antennes c? 
beaucoup plus longues et plus grêles et comme festonnées 
en dessous. Pattes courtes et assez grêles, ni épinenses., ni 
fortement hispides, les hanches postérieures Ç avec un 
mucron bien distinct en dessus, près do leur base. Abdo- 
men a premier segment plus petit, le 2e avec un rang de 
stries à sa base, et tous avec une marge lisse au sommet 
plus ou moins ciliée, le dernier courbé brusquement, de 
manière à présenter une face presque verticale en arrière. 
Abdomen d beaucoup plus allongé et plus grêle que dans 
la Ç, le dernier segment à stylets de 1 arceau dorsal pro-^ 
longé en arrière et à arceau ventral terminé par une longue 
épine redressée, comme dans les Tiphies. 

Le principal caractère qui sépare ces insectes des Ti- 
phies est le mucron des hanches postérieures de la femelle 
joint à la nervation des ailes. Une seule espèce rencontrée. 

Ischioeère rugueuse. Ischiuceras rugosa, nov. sp. 

9 — Long, .40 pce. Noire, sans aucune tache, avec poils blan- 
châtres plus ou moins abondants, tous les téguments rugueux-chagri- 
nés. Face courte, avec poils allongés ; vertex fortement rugueux. 
Antenoes Idgùreinent épaissies au milieu et plus grêles à l'extréuàté. 



XII. — SCOLIADIDES. y 

Métn thorax court, avrc une fossette médiane nur le disque. Ailes 
légèrement enfamées, hyalines à la base, les nervures et le stij^ma, 
noir ; la 2e cubitale en triangle et paraissant comme pédiculée par 
la nervure inférieure de la première. Pattes moyennes, non dilatées, 
simplement pubescentes, hanches postérieures avec un.mucron bien 
distinct en dessus près de leur base. Abdomen oval aire, à premier 
segment plus petit, tous les segments ponctués avec une marge lisse au 
sommet et fortement resserrés à la suture. 

(^ — Moins robuste, plus allongé et plus grêle ; la 2e cubitale non 
en triangle, beaucoup plus longue que large, la nervure la séparant do 
la lère peu distincte. Hanches postérieures inernies. AbJomen ter- 
miné par une longue épine aiguë et redressée. 

Capturé au Cap-Rouge 3 ç et 1 cf ; un c? pris aussi à 
8t-Hyacinthe. 

[■4. G-en. SapyGE. Sapyfça, Latr. 

Tète courte, transverse ; yeux échancrés. Antennes 
presque aussi longues que la tête et le thorax réunis, plus 
grosses vers l'extrémité, quelquefois t^i massue. Prothorax 
en l'orme d'arc s'étendant jusqu'aux ailes. Pattes courtes, 
ni renflées, ni fortement ciliées. Corps ni rugueux, ni 
hispide. Ailes présentant une radiale, 4 cubitales et 3 dis- 
coïdales toutes parfaites, la 2e cnbital-e la plus petite, pres- 
que en carré, recevant la 1ère récurrente on avant de son 
milieu, la oe recevant la 2e récurrente aussi en avant de 
son milieu. Abdomen en ovale allongé, ni rugueux, ni 
contracté aux sutures, et souvent orné de taches jaunes. ■ 

Les antennes de ces insectes qui sont plus longues que 
dans les genres qui précèdent et qui vont en s'épaississint 
de la base à l'extrémité, à l'exception des derniers articles 
qui sont un peu plus grêles, les distinguent particulière- 
ment. Une seule espèce rencontrée. 

Sapyge tachée. S'ipyga maculata, nov. sp. 

Ç — Long. .45 pco. Noire, opa(jue, une tache jaune semi-circulaire 
au dessus du chaperon crénelée à son bord antérieur ; les or})ites anté- 
rieurs jusque dans l'échancurc des yeux, une petite ligne de chaque côté 
en arrière de la tête, jaune. Antennes fortes, plus grêles à la base, à 
articles courts, noires, rous^âtres en dessous près de la base. Thorax 
densément ponctué de même que la tête, le prothorax avec une tache 
jaune en avant, de chaque côté ; uiétathorax court, arrcndi. Ailes 



10 LE NATURALISTE CANADIEN 

légèrement enfumées, les nervures et le stigma, noir ; 2e cubitale avec 
sa nervure antérieure courbe, la nervure la divisant de la 3e droite. 
Pattes rousses, les hanches avec les cuisses, noir, les jambes avec une 
ligne blanche en dehors. Abdomen uni, les segments 3 et 4 avec un 
ceinture jaune vers leur milieu, 5 avec une petite tache de chaque côté 
6 presque entièrement jaune avec un point noir de chaque côté; en. 
dessous les segments 3 et 4 avec une bande jaune interrompue au 
milieu. — PC. 

Capturé un spécimen au Cap Kouge et un autre pris 
à St-Hyacinthe. 

Fam. XIII. SPHÉGIDES. Sphégidœ. 

Tête tranversale ; mandibules striées, avec ou sans 
dentelures. 

Antennes grêles, peu allongées, filiformes. 

Prothorax non prolongé postérieurement jusqu'à l'in- 
sertion des ailes, et rétréci antérieurement en une sorte de 
cou. 

Ailes avec une radiale reculée vers l'extrémité de 
l'aile par l'allongement delà 1ère cubitale, les cubitales 
au nombre de 4 et les 3 discoïdales toutes complètes. 

Pattes postérieures très longues, les antérieures dans 
les ? avec les articles des tarses dilatés et épineux, disposés 
pour fouir. 

Abdomen ovalaire, fusiforme, et quelquefois subglo- 
buleux, toujours pédicule et souvent très longuement. 
Ç munies d'un aiguillon. 

Ces insectes, qui sont tous de forte taille, creusent leurs 
nids dans le sol ou les construisent de boue qu'ils attachent 
aux murs, clôtures, etc. Une fois le nid construit, la femelle 
cherche la proie qui convient à ses larves, chenille, arai- 
gnée, criquet, etc. Elle pique cette proie de son aiguillon 
et le venin qui s'en échappe a la vertu de paralyser l'insecte 
ainsi piqué sans lui donner la mort, de sorte qu'il se con- 
serve frais dans le nid jusqu'à ce que la nouvelle larve 
éclose puisse l'attaquer pour s'en nourrir. 

Cette lamille dans notre faune, n'est représentée que 
par les 2 genres qui suivent. Il pourrait se faire que le 



XIII. — SPHÉGIOES. 11 . 

genre Sphex se trouverait aussi dans notre Province 
cependant nous n'en avons encore rencontré aucun repré- 
sentant. 

Mandibules sans dentelutes ; jambes et tarses à épines 
peu nombreuses, chaperon plus large que long, an- 
tennes insérées au dessus du milieu de la face 1. Pelopœus. 

Mandibules dentées; jambes et tarses munis d'un grand 
nombre d'épines ou de cils raides ; chaperon plus 
long que large ; antennes insérées au milieu de la 
face 2. Ammophila. 

1. (ji-en. Pélope. Pelopœus, Latr. 

Antennes assez longues, filiformes, insérées au dessus 
du milieu de la face, le premier article subglobuleux, le 2e 
très petit, noduleux, les autres allongés. Mandibules striées, 
sans dents. Labre plus large que long. Prothorax rétréci 
en une espèce de cou. Ailes avec une radiale petite, 4 cu- 
bitales et 3 discoïdales fermées, la 2e cubitale rétrécie en 
haut, recevant les 2 nervures récurrentes. Pattes à épines 
on cils raides peu nombreux. Abdomen en massue fusi. 
forme, longuement pédicule. 

Insectes de bonne taille, à couleurs foncées, brillantes, 
qu'on trouve ordinairement sur les fleurs. Deux espèces 
rencontrées. 

Plus ou moins taché de jaune 1. cementarius. 

Noir-bleuâtre sans aucune tache 1. caBi'UleuS. 

1. Pélope maçon. Felopœus cementarius, Drury ; P. 
lunaius, Fabr. !St-Farg. Hym. iii, p. 312. 

Ç — Long. .82 pce. Noir; le scape des antennes, le dessus du 
prothorax, les écailles alaires, une tache au dessous, i'écusson et le 
post-écusson, une tache sur la face postérieure du métathorax, une 
demi lune sur le 2e segment abdominal, avec les pattes en partie 
jaune. Face avec duvet argenté, le chaperon avancé dans sa partie 
médiane et coohé de manière à former 2 dents. Antennes noires, le 
premier article jaune, quelquefois noir en dessus. Prothorax divisé 
par une ligne enfoncée au milieu. Thorax fortement ponctué, le dos du 
métuthorax finement strié transversalement. Ailes enfumées-iaunàtres 
l'extrémité plus foncée, 3e cubitale fortement élargie sur la 1ère cellule 
du limbe, la 2e recevant les 2 récurrentes. Pattes, les 4 antérieures 



12 L3 NATDRALISTB CANADIEN 

jaunes, avec les hanches, les trochantins et la base des cuisses, noir; 
les postérieures noires avec les tarses et la moitié basilaire des jambes, 
jaune. Abdomen fasiforuie, à pédicule fort long, noir, le 23 segment 
.avec une demi lune jaune sur sa partie dilatée. — CC. 

(J' — Plus grêle et plus petit, le plus souvent sans tache jaune au 
profhorax. 

Var. Le prothorax sans tache, l'écusson seul jaune ; le 2ô seg- 
ment abdominal sans tache, etc. 

Cette espèce construit ses nids de boue, appliquée le 
pins souvent sur des murs ; ses cases, qui sont assez longues, 
sont partagées en plusieurs chambres, dans chacune des- 
quelles est renfermée une araignée pour la nourriture de 
la larve, et le tout est recouvert d'une nouvelle couche de 
boue 

2. Pélope bleuâtre. Felopœus cœruleus, Linn. St. Farg. 
Hym« iii, p. 320, ? d . 

o — Long, .75 pce. Noir changeant en un beau bleu, avec poils 
noirs. Chaperon aussi large que lonj;, denté en avant, triangulaire 
supérieurement. Antennes noires. Prothorax avec un sillon longi- 
tudinal le pavtiigeant en 2 lobes ; métathorax canalicalé au milieu et 
de chaque côté. Tout le thorax et la tête d'un beau bleu avec poils 
noirs longs mais peu denses. Ailes opaques, noires, bleuâtres à la 
base, la cellule radiale arrondie à son extrémité. Pattes noires chan- 
"•eant en bleu. Abdomen à pédicule grêle, aussi long que le reste qui 
est fusiforme, d'un beau bleu metallic. — C. 

Le ^ est en tout semblable à la Ç, cette dernière se 
distingue surtout par le dernier arceau ventral qui est al- 
iono-é, plus grand que les autres, tandis que dans les cJ* il 
est semblable aux autres. La femelle construit son nid de 
boue qu'elle attache à un mur, une clôture, etc., et dans 
lequel elle renferme le plus souvent des araignées pour 
la nourriture de ses larves. Ces nids sont ordinairement 
beaucoup plus longs que larges et partagés par un grand 
nombre de cloisons. 

2 Gen. Ammophile. Ammophiia. 
Antennes insérées vers le milieu de la face. Mandi- 
dibules dentées. Chaperon plus long que large. Ailes 
avec une radiale sans appendice, 4 cubitales dont la 1ère 



XriT. — PPHFGIDES. 13 

longue, la 2e presque en carré et recevant les 2 nervures 
récurrentes ; la 1ère cellule discoïdale est de même que dans 
les Pélopes très longue. Pattes avec les tarses armés 
d'épines et de cils raides, les postérieures très longues. 
Abdomen en massue fusiforme, le pédicule très long. 

Ces insectes, souvent de fort grande taille, creusent 
leurs nids dans le sol pour y renfermer des araignées, des 
chenilles, etc,, pour la nourriture de leurs larves, 5 espèces 
rencontrées. 

Pédicule de l'abdomen se composant du 1er segment seulement; 

Abdomen noir, sans aucune tache 1. ïuCÎUOôa. 

Abdomen avec les segments 2 et 3 roux 2. comnilinis. 

Pédicule de l'abdomen se composant des segments 1 et 2 ; 

Abdomen noir, sans aucune tache 3. gracilis. 

Abdomen taché de roux ; 

3e cubitale élargie seulement au milieu 4. gryphis, 

3e cubitale élargie sur la 1ère cellule du limbe. 5. COIlditor. 

1. Ammophile en-deuil. Ammophila luctuosa, Smith, 
Brit. Mus. Cat. Hym. iv, p. 224. 

9 — Long. 70 pce. Entièrement noire avec poils noirs, l'abdomen 
Je plus souvent avec teinte bleuâtre. Face fortement ponctuée, à cha. 
peron à peine sinué an milieu. Tout le thorax finement ponctué, les 
côtés du métatborax striés stransversalement. Ailes fortement enfu- 
mées, à réflexion violette, la 2e cubitale presque carrée, la 3e élargie 
sur la 1ère cellule du limbe. Pattes noires, les tarses et les jambes 
antérieurs fortement ciliés-épineux. Abdomen en ovale allongé, le pé- 
dicule formé du 1er segment seulement. — PC. 

2. Ammophile commune. Ammophila communis, Cress, 
Proc. Ent. Soc. Phil. iv, p. 462, d>. 

9 — Long, .65 pce. Noire avec poils noirs, les antennes quelques 
peu soyeuses. Thorax ponctué, le métatborax tant sur le disque que 
sur les côtés strié transversalement, le mésothorax avec un sillon mé- 
dian. Ailes plus ou moins fuligineuses, à réflexion violette, la 2e cu- 
bitale rétrécic à la radiale, la 3e peu élargie à la 1ère cellule du limbe. 
Pattes noires, les tarses fortement ciliés-épineux. Abdomen robuste, 
à pédicule assez court, formé du 1er segment seulement, la partie di- 
latée du 1er segment, le 28 entièrement avec le 3e excepté au sommet, 
roux, le reste noir, quelquefois bleuâtre. — PC. 



14 LE NATURALISTE CANADIEN 

^ — Avec le cliaperon beaucoup plus allon2;é et couvert d'un 
duvet argenté, les pattes aussi plus ou moins cendrées. 

Le pédicule plus court de cette espèce la fait facile- 
ment distinguer» 

3. Amraophiie grêle. Ammophila gracilis, St-Fargeau, 
Hyra. iii, p. 381. 

Ç — Lono;. .75 pce. Noire, avec quelques poils blanchâtres; une 
tache sur le chaperon, une autre de chaque côt(> près des y^ux, les 
tubercules calleux du niésothorax, une tache triangulaire sur les flancs, 
une autre do chaque côté à l'extrémité du métathorax, d'un duvet 
argenté. Le prothorax avec une impression semi-circulaire au milieu ; 
le raésothorax avec un sillon médian, ses côtés striés transversalement ; 
le métathorax tant sur son disque que sur ses côtés strié transversale- 
ment. Ailes subhyalines, les nervures et le stigma, brun plus ou moins 
foncé, la 2e cellule rétrécie à la radiale, la 3e élargie au milieu. Pattes 
noires, les jambes et les tarses fortement ciliés-epineux, les hanches 
postérieures avec duvet argenté en dessus. Abdomen en ovale, très 
longuement pédicule, ce pédicule se composant des 2 premiers segments, 
entièreiuent noir, le 2e segDjent plus fort que le 1er et obscurément 
roussâtre en dessous. — PC. 

(5^ — Avec toute la face couverte de duvet argenté, le chaperon 
prolongé en une pointe bien distincte, le 3e segment abdominal dis- 
tinctement rousisâtre en dessous. 

Espèce bien remarquable par ses taches argentées et 
la pointe de son chaperon dans le cf. 

4. Ammophile gryphon. Jimmophila gryphus, Smith, 
Brit. Mus Cat. iv, p. 222. 

Ç — Long. 1. 87 pce. Noire, avec un duvet argenté formant des 
taches aux côtés delà face, en arrière des yeux, sur les bords antérieur 
et postérieur du prothorax, les tubercules calleux, 2 bandes obliques 
sur les flincs, l'extrémité du métathorax et le dessus des cuisses. Tout 
le thorax fortement strié transversalement, l'écusson avec ces stries 
longitudinales. Ailes sub-hyalines, les nervures et le stigma, noir; la 
2e cellule cubitale rétrécie à la radiale, la 3e élargie au milieu. Ab^lo- 
men en ovale, le 2; segment à peine plus fort que le premier et for- 
mant le pélicule avec celui-ci, le 33 excepté au sommet et le sommet 
du 2e, roux, le reste noir. — PC. 

Cette espèce, bien remarquable par sa forte taille, se 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 15 

djstincjue surtout de la précédente par son thorax forte- 
ment strié, et les taches de son abdomen. 

5. Ammophile charpentier. Ammophila condilor, 
Smith, Brit. Cat. Hym. iv, p. 222. 

c? — Long. .75 pce. Noir, avec quelques taches de duvet argen- 
tée sur les flancs. Thorax densément ponctué, les pro et mésothorax 
avec une ligne enfoncée au milieu. L'écusson strié longitudinalenient, 
le dos du niétathorax avec les côtés et la face postérieure finement striés 
transversalement. Ailes hyalines, un peu plus obscures à l'extrémité, les 
nervures et le stigma, noir, les cellules cubitales 2 et 3 rétrécies à la 
radiale. Pattes entièrement noires. Abdomen en ovale, les segments 
1 et 2 formant le pédicule, 2 un peu plus fort que 1, 3 entièrement 
avec le sommet de 2, roux, le reste noir. — CC. 

(^ — Avec la face argentée et le thorax avec poils blanchâtres, le 
2e segment abdominal roux avec la ligne dorsale noire, quelquefois le 
2e segment à toute l'extrémité rousse. 

La plus commune de toutes nos espèces qu'on trouve 
trouve partout occupée è creuser ses trous sur les bords 
des chemins, 

(A Continuer.) 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



[Continué de la page 333, dn vol. xil.) 

A peine avons-nous laissé Tarbes, que nous tombons 
en plein pays vinicole. Partout, à gauche, à droite, ce ne 
sont que champs de vignes. Les vignerons sont actuelle- 
ment occupés à la taille. On voit derrière eux les ceps 
tout dépouillés de leur végétation de l'année précédente, 
et les sarments retranchés réunis en petits tas pour être 
utilisés au foyer. Souvent des femmes sont ainsi occupées 
à réunir ces sarments par tas. 

Aucune ville bien remarquable ne se rencontre entre 



16 LE NATUHALIPTE CANADIEN 

Tarbes et Toulouse. A Saint-G-audens, nous coupons de 
nouveau la Garonne que nous avions traversée à Bordeaux. 
A 4 heures précises nous entrons dans Toulouse, chef-lieu 
du département de la Haute-Garonne. 

Toulouse est une bien jolie ville, de 115,000 habitants, 
bâtie sur le bord de la Garonne et traversée par le canal 
du midi qui fait communiquer l'Atlantique avec la Médi- 
terrannée. Toulouse est une ville très ancienne ; on fait 
remonter à Galba la construction de son capitole. C'était 
une ville des plus importantes de la Gaule méridionale. 

Pour ceux qui ne sont pas des Crésus, l'économie dans 
le voyage est un item très important. Sans vouloir rien 
nous refuser de ce qui peut nous intéresser, nous avons, 
dès le départ de Paris, réglé notre programme, pour dimi- 
nuer les dépenses autant que possible. Et voici comment 
nous procédons. En arrivant dans une ville, nous laissons 
nos malles à la consigne, et ne prenant qu'un tout-petit 
porte-manteau, que nous portons à la main, nous allons 
faire choix d'un hôtel un peu distant de la gare, pour 
n'être pas dérangés par le bruit des trains. Nous louons 
des chambres seulement pour la nuit ; ce qui nous coûte 
d'ordinaire 2 francs, et nous prenons nos repas dans les 
restaurants. Nous y payons moins cher et avons plus à 
notre goût, sans compter l'économie de temps que nous 
savons fort bi^n mettre à prolit. 

Laissant donc la gare de Toulouse, nous traversons 
le canal, et nous arrêtons à l'hôtel de Bordeaux, l'un des 
premiers que nous rencontrons. Les réparations conve- 
nables à la toilette étant faites, nous nous mettons de suite 
à la visite de la ville, en longeant la grande place publique 
qui cou.pe le canal à angle droit. Notre première visite est 
à l'église S. Sernin, si renommée pour ses précieuses re- 
liques. Cette église, très ancienne et de vastes dimen- 
sions, était alors (4 heures) remplie de monde, surtout de 
femmes, pour le salut qu'on y chante à la suite d'un ser- 
mon. Nous rencontrons le curé à la sacristie qui nous 
accueille fort courtoisement, nous questionne beaucoup 
sur notre pays, et nous invite à célébrer le lendemain. Ce 



DE QUÉBKC A JÉRUSALEM 17 

curé est lui-même rédacteur de la Semaine Religieuse pu- 
bliée à Toulouse et qui passe pour l'une des plus impor- 
tantes de la France. 

En revenant, nous entrons à l'église du Taur, très an- 
ci.Mine aussi, mais petite ; elle fut bâtie à l'endroit même 
ou y. Sernin fut massacré par un taureau ; de là son nom. 

Nous remarquons que le peuple, par son accoutre- 
ment, paraît beaucoup plus à l'aise ici qu'à Tarbos et à 
Lourdes. Cependant, comme nous l'avions observé à Paris, 
Orléans, Bordeaux, et^,, la mise des gens est partout assez 
simple, et bien au-dessous de ce dévergondage de toilettes 
qu'on étale dans les rues de Québec et de Montréal II n'y a 
pas à se le dissimuler, le luxe prend chez nous un tel dé- 
veloppem-'nt chez le peuple, qu'il est devenu une véritable 
plaie nationale. Il a déjà causé bien des désastres, et il 
en amènera de plus grands encore, si l'on ne se hâte d"y 
apporter un remède, d'y mettre un frein. Nos cultiva- 
teurs mènent un train de vie, parleur accoutrement, leurs 
A'oitures, leurs habits, sans proportions avec leurs res- 
sources. Aussi que de biens-fonds sont déjà passés eu 
draps lins, voitures, ameublement, et ces mille colifichets 
qu'affectionnent tant les personnes du sexe ! Que nous 
voudrions, l^ur offrir une leçon pour leur propre gou- 
verne, en leur faisant voir la mise simple et peu dispen- 
dieuse des paysans français, malgré les éconoffnies que 
tous savent mettre de côté. 

Nous trouvons partout dans les rues le peuple en 
habits de fête, et ne remarquons nulle part comme à Paris, 
presque des ouvriers à l'ouvrage. 

Le patois qui résonnait sans cesse à nos oreilles à 
Tarbes et a Lourdes, est ici moins fréqnent, bien qu'on 
l'entende encore à chaque instant. 

Sur la place S. Georges, nous remarquons une statue 
colossale de Ste-Germaine de Pibrac, dont le tombeau n'est 
pas éloigné de Toulouse. 

Revenant de nouveau sur la grande place, nous tra- 
versons le pont du canal et faisons une marche de l'autre 
côté, avant de rentrer à notre hôtel. Nous prenons une 



18 LE N^TtJRALISTE CA.NAOIEV 

nouvelle Sialis injuraata avfc quelques autres Névroptères 
peu remarquaVjJes de la division des Trichoptèr«^'S. Les 
pruniers, les amaîidiers sont ici en pleine floraison. 

Lundi 14 Mars — î^ous allons célébrer à S. Sernin, et 
profitons de l'obilîTeance du sacristain pour visiter la crypte 
et y vénérer les précieuses reliques qu'elle renferme. 
L'éî^lise de S. Serniu passe avec droit pour l'une des plus 
riches du monde en l'ait de reliques. Mous y voyons entre 
autres : une épine de la couronne de Jésus, un morceau de 
vêtement de la 8te Vierge, le corps du docteur angéJique 
kS- Thomas d'Aquin, ceux de S. Edmond, S. G-iles, S. Grau- 
dens, martyr, dont on nous montre une mâchoire {)ortant 
encore une dent, des statues miraculeuses des apôtres, les 
corps de S. Simon, S. .Tude et S. Barnabe; nous vénérons 
une partie du crân«j de ce dernier apôtre encore bien con- 
servée, le corps de Ste Susanne, etc. Depuis quelques 
années, nous dit M, le curé, la dévotion h l'apôtre S. .Jude 
s'est développée ici d'une manière toute particulière, et a 
été récompensée par des faveurs signalées obtenues parson 
intercession. On nous montre encore une chasuble de S. 
Dominique, la mitre et les gants d'un évêque du 4e siècle, 
dont nous avons oublié le nom, un superbe coffret renfer- 
mant un morceau de la table de la cône, etc., etc. 

A 10 h., nous reprenons le convoi qui de ce point prend 
une direction bien plus prononcée vers le sud. 

Nous remarquons des oiseaux nombreux dvns les 
champs, entre autres des cailles et des corbeaux. Partout 
on est au travail de la terre ; h? plus communément c'est 
avec des bœul's qu'on laboure;. L<*s ch;im[)s, des deux 
côtés de la voie, sont partout plantés de viujnes. IMous fai- 
sons ici en passant, la con)iaissance de l'olivier pour la 
première lois. C'est un arbre à tronc difforme et souvent 
do forte dimension, mais généralement avec une fort 
belle tête. ►îa fcniile étroite et pointue ressemble beau- 
coup à celle de nos saules. Sa hauteur ne dépasse pas 20 à 
. 25 pieds, sa cioissance est très lent»; et son bois très dur. 

Une autre ])lanlo, avec laquelle nous faisons encore 
connaissance est l'artichaul, Cinara acolymus, Linnée ; cest 



be.QtrEBEO A JÉRUSALEM 19 

uno planto de la fnmille des Composées, à fouilles radicales 
grandes, épineuses, penuilobées. A plusieurs stations, de 
notre fenêtre même du char, nous en remarquons de 
superbes carrés dans des jardins ; ses a^randes feuilles à 
bords lobés et sinueux s'étalent sur le sol en rosettes mons- 
trueuses, montrant déjà au centre la tète qui commence à 
s'élever. Nous ne connaissions l'articliaut que pour eu 
avoir vu des tètes sur les marchés de Paris. Un certain 
jour, à table d'hôte d;nis un hotel, nous entendons une gaie 
lille d'Eve crier à ses compagnes, qui croquaient avec grande 
avidité un certain légume verdàtre nouveau pour nous, 
qu'elles eussent à prendre garde, qu'elle venait de trouver 
un ver dans son artichaut. Nous voulûmes en goûter, en 
y joignant le sel, comme nous le voyions faire ar.x autres. 
— Comment trouvez-vous ça? nous demanda notre voisin, 
— Détestable, répondimes-iious; la saveur est presque nulle, 
et ça n'a rien du piquant du céleri. Et, de tait, nous 
ne nous ex[diquons l'alFeclion qu'on parait lui mon- 
trer, que par ce goût pour le vert que font voir ceux 
qui ont été mis au sec depuis trop longtemps. Ce ne 
sont ni les feuilles, ni les tiges qu'on mange dans l'artichaut, 
mais uniquement les écailles qui forment l'involucre, et qui 
par la cidture deviennent fort épaisses, charnues et plus 
ou moins tendres. 

A Ségala, distance de 13 lieues de Toulonse, nous pas- 
sons la hauteur des terres entre l'Atlantique et la Mé- 
diterrannée. 

A midi, nous passons à Caste hlaudar5^ Petite ville de 
9000 à 10,000 âmes, bâtie sur le canal du midi ; c'est uu 
chef lieu d'arrondissement ; et à 1 h. 17 m. nous descen- 
dons dans la gare de Carcassonne,où nous avons 20 minutes 
pour le diner. 

Carcassonne, qui compte aujourd'hui une vingtaine de 
mille âmes, est une ville très ancienne, bâtie sur l'Aude, 
rivière qui prend sa source dans les Pyrénées et se dé» 
charge dans la Méditerrannée. Cette ville est divisée eu 
basse et haute, cette dernière partie occupant une colline 
couronnée par un château et des tours qui datent de l'oc- 
cupation des Visigoths. 



20 LE NATVRALISTE CANADIEN 

A 4 h. nous descfiiidous dan? la g^re de Narbonne, où 
nous avons un arrêt de 10 minutes. Cette ville, qui ren- 
ferme aujourd'hui 16,000 habitants, était autrefois la métro- 
pole de la Gaule Méridionale qu'on appelait Nnrbonnaise. 
Les abeilles paraissent cultivées ici f^ur une grande échelle, 
aussi les miels de Narbonne sonl-ils particulièrement 
estimés, 

A 5 h. nous passons à Béziers, où nous avons encore 
un arrêt de 15 minutes. Cette ville qui nous parait un 
peu plus considérable que Carcassoniif^, est bâtie sur i'Orb 
que traverse ici le canal du midi. Eéziers est le lieu de 
naissance de Riquet, celui-là même qui construisit ce fa- 
meux [canal. 

Nous poursuivons toujours notre route verr le Sud- 
Est et passons les stations de Villenouve-lee-bains, Vias, 
Agde, les Onglons etc. qui n'ont rien de remarquable. De- 
puis assez longtemps déjà nous avions vue sur la Médi- 
terrannée, mais un ciel chargé de gros nuages, qui de 
temps en temps nous donnaient d'abondantes averses, nous 
avait empêché de la distinguer plus tôt, les nuagi's con- 
fondant à l'horizon leur couleur avec celle pas eau.^ de la 
mer. Enlin à 6 41, nous entrons dans la gare de Cette, sur le 
bord même de la mer. 

Cette qui compte un peu plus de 20,000 habitants, est 
une ville forte et un port de commerce très i-.nportant. Le 
terrain est ici très bas, car la ville môme est bâtit3 sur une 
langue de terre qui sépare un immense étang, celui de 
Thau, de la mer même. 

Nous aimons à croire que Cette, telle que nous l'avons 
vue, n'a pas toujours la même physionomie, car nous la 
proclamerions rien moins qu'agréable. C'est avec le para- 
pluie sur la tête, et en pataugeant dans la boue que nous 
avons pu la visiter, car la 'pluie augmenta encore après 
notre arrivée. La seule chose qui nous intéressa particu- 
lièrement fut des piniers remplis d'un petit bivalve que 
nous remarquâmes à plusieurs ]->ortes d'hôtels. Ce bi- 
valve, de forme régulière, est court, bombé, presque 
sphérique, avec côtes sub-épineuses sur les côtés. Nous 



DE QUÉBFC A JÉRUSALKM 21 

l'avons trouvé excellent, et pour nous, bien préférable aux 
huîtres ordinaires. Son nom scientifique est Venus verru- 
cosa. Lin. de la famille des Vénérides; on lui donne ici le 
nom de clovisse. • 

Nous traversons sur un pont un large canal bordé des 
deux côtés de quais couverts de futailles de vin, car il s'en 
fait ici une exportation considérable, et allons prendre 
notre rrlie au centre même de la ville, à l'hôtel de la 
Souche, aussi modeste de ton que de nom, mais du reste 
servi par des gens très civils et fort complaisants. 

Mardi 15 Mars. — Le vent, ce matin, tient encore du 
Sud-Est comme la veille, et le temps est couvert quoique 
sans pluie. Nous prenons à la gare notre billet directe- 
ment pour Marseille, où nous devons arriver à 3.55 h. p.m.; 
nous j)ayons 14.85 fr. pour le trajet. Nous traversons de 
nouveau le grand étang du Thau, et prenons une direc- 
tion presque parallèle avec le bord de la mer. Partout 
les terres sont très basses et presque entièrement couvertes 
de vignobles. A 11 h, nous passons Montpellier, et à 11.53 h. 
nous descendons à Lunel, où nous prenons le dîner. A 
1.6 h. nous coupons le bras principal du Rhone en face 
d'Arles, dont le nom nous est devenu familier par le mar- 
tyre de son vénérable archevêque, au massacre des Carmes 
lors de la grande révolution, et enfin à 4 h. nous entrons 
dans la gare de Marseille. 

Nous nous dirigeons de suite à l'hôtel du Petit-Louvre, 
qu'un aimable et fort respectable compagnon de route 
nous avait particulièrement recommandé. Cet hôtel, sur 
nu excellent ton, est situé sur la Cannebière, la principale 
rue de Marseille, et à quelques pas seulement de l'hôtel 
du Grand-Louvre, où le comité de direction à Paris vou- 
lait nous diriger, mais dont nous avions lieu de suspec- 
ter le tarif et la bonne administration. Et de fait, nos com- 
pagnons de route qui s'y étaient arrêtés, se plaignirent forte- 
ment plus tard de plusieurs surcharges qu'on avait su leur 
imposer, malgré la réduction apparente de leurs prix. 

Mercredi, 163'Iars — Enfin nous voici rendus à Marseille 
pour prendre de nouveau la mer. Il y a aujourd'hui 28 
jours que nous avons laissé Québec ; nous en avons passé 
l'Ji en vaisseaux, 9 en chemins de fer, et 7 dans les hôtels 



22 LE NATURALISTE CANADIEN 

en différents endroits. Comme on !e voit, nous n'avons 
guère connu le repos durant tout ce temps ; aussi sommes- 
nous un peu fatigué et nourrissons-nous l'espoir de nous 
reposer à bord du vaisseau, si toutefois le mai de mer ne 
vient de nouveau nour tourmenter. Notre santé, depuis 
notre départ, a toujours été excellente, à part ces deux der- 
niers jours où nous avons été menacé d'une attaque 
de dyssenterie ; mais M. Bolduc, qui est un homme 
de beaucoup de précautions, nous a fourni des gouttes qui 
nous ont en peu temps délivré de notre indisposition. 

Marseille est une bien jolie ville, possédant un bon 
port sur la Méditerrannée, à l'Est du golfe de Lyon. Sa 
population est d'environ 800,000 âmes. La Cannt'bière, 
qui est sa rue principale, nous rappelle Paris par les ma- 
gnifiques boutiques qui la bordent et le mouvement conti- 
nuel qu'on y remarque. La partie de la ville où s'étend cette 
rue s'élève à peine de quelques pieds au dessus des quais 
dont elle est peu éloignée, mais la partie au Nord-Est, qui 
constitue l'ancienne ville, est bien plus élevée et acciden- 
tée. Nous profitons de cette journée })our faire nos der- 
niers préparatifs de voyage, tout en visitant la ville» Nous 
achetons de grandes lunettes brun-foncé que nous payons 
5 fr. ; elles sont indispensables en Orient pour préserver de 
la réflexion des rayons solaires , puis un chapeau de paille 
de riz que nous payons 3.50 fr., car comme on nous en a pré- 
venus, il faut faire la plus grande part au blanc dans nos 
vêtements pour ces contrées. Comme on nous avait aussi 
avertis que les selles arabes qu'on nous fournit en Orient 
sont tri s incommodes, nous avions acheté a Paris 2 selles 
d'occasion ; nous allons les recevoir à l'hôtel du G-rand- 
Louvre, où l'on nous les avait adressées. Nous payons 16 
francs pour leur transport, parce qu'il avait fallu les exi)é- 
dier par grande vitesse. Les selles mêmes nous coûtaient 
52 francs chacune. 

Nous faisons à ce même hôtel la connaissance de la 
plupart de nos compagnons de pèlerinage. C'est d'abord 
notre Président, M. de Coniac, chef d'escadron de cava- 
lerie, notre aumônier, M. Baron, ancien aumônier militaire, 
qui a fuit la guerre de Prusse, a passé qLiatre mois et demi 



DE QUÉBRG A JÉRUSALEM 23 

sur le terrifoive Allemand comme prisonnier de guerre, a 
été pris ensuite par la Commune, condamné à mort et dé- 
livré comme par miracle, etc., etc. Mous allons dans l'après- 
midi faire en corps, une visite à l'Evêque, Mgr Robert. 
C'est un homme d'une cinquantaine d'années environ, 
d'une forte stature, d'un aboi'd assez facile, mais qui parais- 
sait embarrassé de notre presence. La rencontre de deux 
prêtres canadiens a })aru lui fournir presque exclusivement 
la matière des quelques paroles. qu'il nous a adressées. Il 
nous a parlé surtout de Mgr Eourget, qu'il avait connu 
dans l'un de ses précédents voyages. 

De i'évêclié nous sommes passés à la nouvelle cathé- 
drale, maintenant en construction, et qui terminée, sera l'une 
des pins l)elles de la France Elle est dans le style roman ; 
il y a déjà 1400 colonnes de placées, et on doit y en mettre 
encore plus de 400. Le dôme de la coupole est à 240 pieds 
de hauteur. T)t-s marbres de toute couleur et de toute pro- 
venance s'y rencoutrent en quantité. 

Mais il est une visite qu'il nous tardait de faire à Mar- 
seille, et pour laquelle nous aurions sacriîié volontiers 
l'inspection de la ville, c'est celle de l'un de nos correspon- 
dants depuis plusieurs années, un confrère eu entomologie. 
Nous dirions pins exactement de trois confrères en histoire 
lîjiturelle ; car bien que nous n'eussions échangé de cor- 
respondances qu'avt c M. Ancey, nous savions que M. 
Abeille, aussi un entomologiste, et M. Ancey, fils, un con- 
chyliologiste, habitaient sous le même toit. Aussi dès les 
3 h. de l'après midi, nous rendons-nous au No. 56, grande 
rue Marengo, pour y rencontrer nos naturalistes. Mais, ô 
déception ! aucun des trois ne se trouve alors à la maison ; 
et le soir même nous devions avoir une assemblée des 
membres de notre caravane, en présence du Grand Vicaire 
du diocèse, qui devait nous donner des instructions spé- 
ciales, surtout aux prêtres, pour notre voyage. Nous lais- 
sons donc notre carte à la concierge, et revenons à notre 
hôtel avec uu bien vif chagrin de notre mécompte. 

Comme nous avions remarqué un étalage de coquil- 
lages près du port, nous nous y rendons dans l'espoir d'y 
faire peut-être quelque acquisition nouvelle pour no'.re 



24 LE N VTRBAMSTE CANADIEN 

musée. Mais ces coquilles n'étaient que de celles d'appa- 
rat pour les corniches, et à des prix tout aussi élevés que 
ceux dos magasins des Etats-Unis. Nous nous bornons à 
faire emplette de quelques Harpes seulement, d'un Peigne 
et de deux Trophons. 

Mais à peine avions-nous laissé notre hôtel pour cette 
nouvelle course, que M. Ancey, junior, y entrait pour nous 
rencontrer. Déçu de la même manière que nous, il nous 
laisse de même sa carte avec prière de reprendre notre vi- 
site Nous nous décidâmes donc à omettre notre réunion 
de la caravane, pour reprendre le coup manqué, 

M. C. F. Ancey est un manufactureur de produits chi- 
miques et un coléoptérologiste distingué, qui a fait plus 
d'une découverte dans cet ordre d'insectes. M Abeille 
est aussi un entomologiste, et avec un tel nom, il aurait 
grandement tort de ne pas s'occuper d'Hyménoptères ; 
aussi les Apides ont-ils particulièrement fixé son attention. 

Il était 6J heures lorsque nous allâmes de nouveau 
frapper au No. 56 de la grande rue Marengo. Mous 
trouvâmes cette fois toute la famille réunie. Après quel- 
ques instants de conversation, on nous invita à descendre 
au réfectoire pour le souper. — Nous vous sommes très 
obligé, dîmes-nous, pour nous, c'est déjà fait. — Mais 
nous comptions sur ce plaisir ; cependant, comme c'est en 
carême, nous n'insistons pas ; si vous voulez bien nous le 
permettre, nous serons à vous dans quelques instants.— 
Nous serions fâché de vous déranger ; si vous voulez bien 
nous permettre de vous attendre ici, nous allons nous anin- 
ser avec quelques journaux ou quelques livres que vous 
voudrez bien mettre à notre disposition. 

Là dessus il nous ouvre sa bibliothèque et nous laisse 
seul. Nous voyons parmi divers ouvrages d'entomologie, 
les Annales de la Propagation de la Fui, puis La Croix, un 
journal religieux que nous nous mîmes de suite à parcou- 
rir. La collation dura à peine un quart d'heure, et aussi- 
tôt toute la famille se réunit au salon. On nous présenta 
M. et Mde Abeille, qui, comme nous l'avons dit plus 
haut, habitent sous le même toit. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 25 

— Il pnrait, dîmes-nous à M. Ancpy, en Ini montrant 
les brochuivs religieuses, que le prêtre n'est pas en pays 
étranger dans cette maison !— Oh ! quant à cela, nous 
sommes catholiques de croyance et de pratique, et de plus 
nous vsomires tous légitimistes ici, — Tant mieux, ce sera un 
point de plus de conformité dans nos idées. 

M. Ancey a une charmante et nombreuse famille, et 
tous, garçons et filles, laissent percer dans leurs paroles la 
bonne éducation chrétienne qu'ils ont reçue ; mais ce qui 
ajoutait encore un nouvel intérêt pour nous, c'est que tous 
sont plus ou moins initiés à l'histoire naturelle. Deux 
jeunes demoiselles surtout nous ont plus d'une fois étonné 
par leurs connaissances des noms spéoiliques des spéci- 
mens, dans le rapide examen que nous fimes d'un certain 
n(;mbre de cases de notre ami. Quant à M. Abeille, que 
nous ne connaissions encore que de réputation, il nous 
parut aussi distingué par sa piété que par ses connaissances 
en histoire naturelle, et la jeune dame qu'il a prise l'an 
dernier siMilement à Jafîa, ne parail pas vouloir lui céder 
la supériorité pour les sentiments religieux, si elle consent 
à le laisser marcher seul dans les sentiers de la science. 
Tous deux ont fait un séjour plus ou moins prolongé en 
Orient, et ont su conserver leurs sentiments à l'unisson 
avec la vénération et le respect que commandent les saints 
lieux qu'ils ont visités à plusieurs reprises. 

Nous ne pûmes que jeter un coup d'oeil rapide sur les 
collections de notre ami ; elles nous parurent très considé- 
rables et de premier choix, surtout pour les Coléoptères 
des climats tropicaux. La conversation passant à tout 
instant de la .'cience à la religion, nous fit trouver bien 
trop courtes les quelques heures que nous écoulâmes dans 
cette intéressante famille, et c'est avec un bien vif regret 
que nous leur fîmes nos adieux sur les 10 heures, sans 
espoir bien fondé de jamais nous revoir en ce monde. 

La rencontre d'une personne qui partage nos goûts et 
notre afiection pour une étude quelconque est toujours 
agréable, mais lorsqu'avec cette communauté de goûts, il 
se rencontre encore une conformité de principes philoso- 
phiques et religieux, le commerce entre tels amis devient 



26 LE NATURALISTE CAN\DIEN 

doublement attrayant et iîitéressant, aus-i le souvenir de 
nos amis de Marseille ne s'effacera t-il jamais de notre mé- 
moire. 

Jeudi 17 mars.—Te\ qu'il avait été réglé la veille, tons 
les pèlerins se rendent ce matinàN.D. de la Garde, les 
prêtres pour y célébrer la messe avant le.départ, et les laïcs 
pour y faire la sainte communion. 

La chapelle de N. D. de la Garde, que surmonte une 
m:ignifique statue de celle que l'Eglise appelle l'ICtoile de 
la Mer, dominant tout le port, est bâtie sur an rocher fort 
élevé, à rampe raide et escarpée. M. le Grand-Vicaire 
Ptiyan célébra la messe du départ, à la suite de laquelle il 
nous adressa une pathétique exhortation avant d'attacher 
à la poitrine de chacun de nous la croix de pèlerin, que 
nous dt^vions jiorter jusqu'à notre retour. Cette croix est 
en argent, dans la forme latine ordinaire, avec la croix 
du S. tSépulcre incrustée en émail au milieu. 

La messe terminée avec la tradition des croix, nous 
n'avons que le temps de retourner à nos hôtels pour y 
prendre noire déjeuner, et nous rendre au vaisseau qui 
doit laisser le quai à midi précis. 

A continuer. 



M. F.-X. BELANGER 



Décédé à Québec, le 19 du courant, M. François-Xa- 
vier Bélanger, taxidermiste et curateur des musées de 
l'Université- Laval. 

M. Bélanger était né à S. Valier en 1833, il était par 
conséquent âgé de 49 ans. Après un cours brillant d'études 
au séminaire de Québec, M. Bélanger se livra d'abord à 
l'ens^'igiiement. Mais son isolement dans une campagne 
le mettant dans l'impossibilité, par le manque de biblio- 



M. P. X. BflLANGER 27 

thènne, de satisfaire son goût, ou plutôt sa passion pour 
l'étude, il cherch;!, après quelques années, une situation 
d«ns une ville, et entra comme correcteur d'épreuves et 
assistant rédacteur au Courrier du Canada. î^J'nyant jamais 
connu l'ambition, et d'une très grande timidité de carac- 
tère, il végéta durant plusieurs années dans cette humble 
position, avec un salaire qui lui permettait à peine de subve- 
nir aux besoins de sa petite famille et lui interdisait toute 
dépense que son amour de l'étude aurait pu lui suggérer. 
Cependant, grâce à de complaisants amis, et à la faveur de la 
bibliothèque du parlement, il commença de suite ses études 
d'histoire naturelle, pour lesquelles il s'était toujours senti 
un attrait tout particulier. A peine avait-il laissé chaque 
soir le bureau de rédaction, qu'on le voyait aussitôt sortir 
de la ville, armé du filet de l'entomoloiïiste, ou du fut-il de 
chasse, pour mettre à profit, à la recherche de spécimens, 
les quelcjues heures de clarté qu'il lai restait encore. 
C'était tantôt les grèves de la Canardière et de Beauport, 
et tantôt la route de Bell ou celle du Belvédère, ou le bois 
de Gomin qui devenaient le plus communément ses 
champs d'excursion ; et il ne s'en revenait jamais sans eu 
rapporter de nombreux spécimens pour la poursuite de 
ses études, et surtout, sans avoir pu faire quelque minu- 
tieuse observation pour la contirmation de ce qu'il avait 
vu consigné dans les auteurs et qui jusque la avait 
échappé à ses recherches. 

C'est dans cette humble situation que nous trouvâmes 
ce modeste savant en 1870, A peine quelques articles 
signés de lui, surtout sur certains insectes, l'avait-ils fait 
connaître alors ; mais des amis nous en avaient parlé 
si avantageusement, que nous voulûmes aussitôt faire sa 
connaissance. Esprit éminemment sérieux, observateur 
sagace, travailleur infatigable, sa trop grande timidité le 
})rivait de tout secours étranger qu'il aurait pu solliciter 
îivec avantage. Aussi, sans se l'avouer probablement à 
lui-même, avait-il pris le parti de n'avoir d'autre maître que 
lui-même dans toutes ses entreprises, et de ne chercher que 
dans l'étude et l'observation la solutiou des difhculté? qui 
pouvaient l'arrêter dans la poursuite de ses projets. C'est 



28 LE NATURALISTK CANADIEN 

ainsi qne sans ancnn enseignement, il s'était rendu taxi- 
dermiste habile et de fort bon goût. Il alla plus loin : des- 
sinateur distingué, il entreprit de graver sur bois la plupart 
des animaux de notre province, .sans autre outil qu'une 
alêne de cordonnier qu'il aiguisa sur une meule, et sans 
avoir jamais rien su de cet art difficile que ce qu'il en avait 
lu dans des articles d'encyclopédie. Plusieurs de ses 
ébauches, sans avoir sans doute la perfection des œuvres 
des maîtres, purent cependant paraître avec avantage dans 
les pages du Naturaliste. 

A notre sollicitation, les directeurs de Laval le pré- 
posèrent à la garde de leurs musées; et nous avons tout 
lieu de croire qu'ils ont été très satisfaits de ses services; 
ils avaient dans leur taxidermiste, non un simple manou- 
vrier, mais un savant, qui dans plus d'une circonstance a 
pu étonner des visiteurs étrangers. Aussi leurs nom- 
breuses collections ont-elles toutes été rangées d'après les 
classiticationsscientiliques, et le nombre des spécimens con- 
sidérablement augmenté. 

M. Bélanger était doué de la mémoire la plus heu- 
reuse ; la facilité avec laquelle il retenait les noms baro- 
ques des spécimens, nous étonnait toujours, vu surtout le 
peu do temps que sou travail manuel lui laissait pour se 
liver à l'étude. 

A toutes ces heureuses dispositions de l'esprit, M. 
Bélanger joignait les plus nobles qualités du cœur. Nous 
croyons que réellement il est passé sans avoir jamais 
offensé qui que ce soit. Les rares disciples de Liunée en 
cette Provinct! regretteront d'autant plus la perte de M. 
Bélanger, qu'il en était un de plus dévoués et des plus 
heureux dans ses observations et ses chasses. Nous lui 
devons la découverte de plusieurs insectes due à ses cons- 
tantes recherches. — R. I. P. 



CHAMPIGNON 29 

CHAMPIGNON 



On nous écrit d'Arthabaskaville, en date du 27 janvier. 

Cher Monmi ur, 

Je vous envoie dans la présente un écliantillnn trouvé dans un 
morceau d'épinette, bols de chauffige, un peu pourri. Ça formait 
connue un â^c du bois, dans l'épaisseur du tronc. Connue pareil pro- 
duit n'avait pas encore été vu ici, je vons l'envoie, afin que vous nous 
disiez dans le Naturaliste ce que c'est, c'est-à-dire comment cela s'est 

formé. 

T. 

L'échantillon en question était en effet bien capable 
d'attirer l'attention de toute personne tant soit peu accou- 
tumée à remarquer ce qui lui passe sous les yeux. C'est 
en apparence un morceau de chamois, de quatre pouces 
carrés ; même couleur, même consistance, même épais- 
seur, et tout près aussi môme ténacité que dans le cuir du 
léger quadrupède. Or un morceau de cuir rencontré dans 
l'intérieur d'une bûche d'épinette, était bien capable d'é- 
tonner ceux qui en faisaient la trouvaille. jNous avons 
déjà plusieurs fois rencontré de semblables productions, 
mais jamais d'aussi parfaites et de pareilles dimensions. 

Bien que les plantes cryptogames, (Algues, Champi- 
gnons, Fougères, etc.,) diffèrent grandement des phanéro- 
games (Plantain, Chardon, Rose, etc.,) cependant, comme 
celles-ci, elles se reproduisent de semences, ont une racine 
ou un organe anologue pour leur servir de base, et un 
corps quelconque pour porter leur fructification. Or l'é- 
chantillon en que.-tion n'est rien autre chose que la racine 
ou mycélium d'un champignon. On sait que les champi- 
gnons ne croissent pas tous sur le sol comme les Agarics, les 
Bolets, etc., mais qu'un grand nombre se montrent sur les 
feuilles, les tiges, les rameaux des plantes et le tronc des 
arbres, lorsque surtout ceux-ci sont plus ou moins pourris. 
Tout le monde connaît ces excroissances que portent pres- 
que paitout les sotiehes tant soit peu vieilles ou les troncs 
d'arbres malades, qu'on désigne vulgairement sous le nom de 



30 LE NATURALISTE OAN/.DIEN 

loitpeii, or ces prétendues loupes ne sont que de véritabl^»s 
champignons. Mais c^s channpignons, pour se faire ainsi 
jour à travers l'écorce des arbres qui les portent, ont dû 
avoir leur semence dans l'intérieur même du tronc ? Et 
c'est précisément le cas. Cette semence, extrêmement 
ténue, en suspension dans l'air ou éparse dans 1m sol, a été 
tranî^portée avec l'humidité qui a pénétré ces troncs, et s'y 
est dcvelopjîée, lorsqu'elle a rencontré les conditions de 
chaleur et d'humidité qui lui convenaient. 

Maintenant si la semence qui produit d'abord la ra- 
cine, mycélium ou blanc de champignon, trouve une résis- 
tance trop forte pour s'échapper au dehors, elle se répand 
d'un côté ou de l'autre suivant que le bois, plus ou moins 
pourri, lui offrira une moindre résistance. De là la couche 
de faux chamois trouvée entre les différentes couches d'un 
tronc d'épinette plus ou moins décomposé. 

Le nom de ce charapig-non est Polyporns ig-iiiari/ts, 
Fries ; on lui donne communément le nom d'Amadouvier, 
par ce qu'on l'utilise dans la fabrication de l'amadou. C'est 
ce champignon qui forme ces excroissances coriaces, bru- 
nes, àj surface supérieure plane, semi circulaire, qu'on 
trouve sur les souches et les troncs malades des épinettes, 
pruches, hêtres, etc., et que le vulgaire désigne générale, 
ment par le nom de loupes. Ce champignon est commun 
à l'Europe et à l'Amérique» 



A PROl^OS DE FOUI^JIIS 



On nous écrit de St-Roch de Québec. 

A propos des fourmis nieilifères, je me suis laissé dire plusieurs 
fois, par des bûcherons que je rencontre assez souvent à la campaj^ne, 
qu'il leur arrive souvent d'-ibattre des «rbres, dans le creux desquels ils 
trouvent im grand nombre de fouruii.s geldos ou simplement engour- 
dies; qu'ils les niangent alors avec délices, leur trouvant le goût du 
meilleur miel. Ces insectes ne seruieat ils pas les mêmes que ceux dont 



FAITS DIVERS 31 

VOUS faites mention dans le dernier nmiic^ro du NuturaUnte^oxi si toutes 
les fourmis (jue mangent les bûcherons ont le goût de niiel ? 

Je crois (jue le fait m(5rite d être constate. 

F. E. J. 

Il nous fait plaisir de constater en passant que des per. 
sonnes aussi intelligente* qtie notre honorable correspon- 
dant, prennent intérêt à la lecture dn Naturaliste ; beau- 
coup d'autres pourraient l'imiter avec proiit, pensons-nous. 

Pour ce qui est des fourmis, nous lui dirons que la sa- 
veur que les bûcherons trouvent à celles qu'ils rencontrent 
en hiver dans les arbres creux, tient plus de l'acide formi- 
que, particulier à ces insectes, que du véritable miel. Quand 
à la véritable fourmi mellifère, myrmecocyslus, elle ne se 
rencontre pas dans notre province. Nous avons vu, nous 
aussi, manger de nos fourmis avec avidité. Passant à So- 
merset en novembre 1876, nous remarquâmes quelques en- 
fants occupés à gratter dans les racines d'une vieille souche- 
JNous nous rapprochons d'eux, et les trouvons ramassant 
de fourmis sous l'écorce des racines et se disputant à qui eu 
aurait la plus large part, pour les dévorer de suite. C'était 
notre fourmi noire, Formica Pensijlvanica. 



FAITS I>IVEE£S 



CONSERVKZ vos NUMÉROS. — Il n'arrive encore que trop souvent 
que des abonnés à des revues scientiûijues ne veillent pas avec assez do 
soin à la conservation de leurs livraisons. Les servantes, sans y enten- 
dre malice et inconscientes du crime doit elles se rendent coupables, 
trouvant souvent, dans les pages de ces revues, des pa[)iers tout taillés 
pour envelopper leur épices et leur réserves, ne se font pas scrupule 
de les détacher; et lorsque après 2 ou 3 ans on veut réunir la série, on 
remarque de? lacunes que souvent il est imi-ossible de remplir. C'est 
à un accident de ce genre que nous devons la perie de notre volume IX, 
qui manque de ses deux dernières livraisons. Nous allons les faire ré- 



32 LE NATURALISTB CANADIEN 

imprimer pour ne pas trop dépareiller la série du N^rikiraUxfp, mnissans 
toutefois la compléter encore, car les 3 premiers volumes sont déjà 
épuisés depuis longtemps. La série complète de nos 12 volmiies 
ne se trouve jilus que chez quelques rares amateurs soigneux, et vaut 
aujourd'hui le double de son prix d'abonnement. On a offert jusqu'à 
$4 piastres pour le premier volume seul. 

On offre en vente à Paris la série complète des Annales de hi So- 
ciété Eutomologique de France au prix de 1,400 fiancs. Comme on 
peut le voir, ceux qui n'ont pas eu le soin de conserver leurs numéros 
Ont fait là une perte considérable. 

PUBLICATION. — Sixth Report of the Montréal HorficuUnrnl So _ 
ciefi/ and Fruit Growers Association of the Province of Quehic, for 
the 1/ear ISSO. Ce sixième Rapport l'emporte encore en intéiêt sur 
tous ses devanciers. Il forme une superbe brochure in -8 de 1"20 pages, 
et sans prendre la forme d'un traité sp'cialde culture jardinière, il ren- 
ferme les topiques les plus préeieux sur la culture de toutes les plantes qui 
peuvent être l'objet de l'horticulture, le tout traité au point de vue Je \:i 
science. Il' s'y tiouve une revue de nos plantes indigènes les plus remar- 
quables, par le Dr McConnell, du Bishop's College, qui ne manquera 
pas d'intéresser vivement les débutants dans l'étude de la Botanique. 

La même brochure contient aussi un rapport de la Société d'Hor- 
ticulture de rislet, dont natre habile pépiniériste, M. Auguste Dupuis, 
est l'âme dirigeante, ainsi que des rapports de la Fruit Growern Asso- 
ciation o/ J/i's.s/sç'îfoi, et de celle d'Abbotsford. Cette dernière paraît 
accorder une attention spéciale à la culture de la Vigne, mais malgré 
tous les succès que l'on se plaît à prôner, nous confessons encore notre 
incrédulité à se sujet, surtout pour les environs de Québec. Il nous 
faudra des preuves encore plus convainquantes pour opérer notre con- 
version. 

LE CHF.VREUIL. — Les statistiques donnent le chiffre de 70 000 
chevreuils tués dans une seule année dans l'Etat de Michigan, formant 
à peu près 10,000,000 délivres de venaison. En continuant la des- 
truction sur le même pied durant seulement cinq ans, on parviendra à 
sa complète extinction. Là comme ici il faudrait que les lois de la 
chasse fussent plus exactement observées, si on ne veut pas totalement 
dépeupler les forêts en quelques années seulement. 



LE 




Vol. XIIÏ-2. CapRouge, Q., FÉVRIER 1882. No. 146. 



Rédacteur: M. l'Abbe PROVANCHER, 



FAUNE CANADIENNE 



(^Continué de la page 15.) 



Fam. XIV. POMPILIDES. Pompiltdœ. 

Tête transversale, chaperon tronqué, arrondi ou fai- 
blement sinué. Mandibules dentées. 

Antennes le plus souvent à articles lâches, filiformes, 
quelquefois épaissies, souvent contournées dans les fe- 
melles. 

Yeux grands, entiers, ovales-oblongs, latéraux ; trois 
ocelles. 

Thorax robuste, assez court ; le prothorax en carré, 
ne formant point un cou, son bord postérieur arqué, quel- 
fois anguleux ; le métathorax uni, sans lignes saillantes. 

Ailes grandes, avec une cellu leradiale moyenne, 3 ou 
4 cubitales, la 2e et la 3e chacune avec une nervure ré- 
currente. 



34 LE NATURALISTE CANADIEN 

Pattes longues, les postérieures beaucoup plus que les 
autres, les tarses tantôt munis d'épines ou de cils raides 
allongés, et tantôt inermes. 

Abdomen sessile, robuste, aussi long que le thorax et 
la tête pris ensemble, atténué 'en pointe fine à son extré- 
mité, le plus souvent légèrement comprimé, variable dans 
sa forme, mais le plus communément ovale. 

Ces insectes, de taille au moins moyenne, sont ordi- 
nairement à couleur noire foncée, quelquefois avec taches 
Tousses ou jaunes à l'abdomen. Ils ont les mêmes habi- 
tudes que les Spht'^gides, avec cette différence toutefois 
que les femelles au lieu de creuser leurs nids dans le sol, les 
creusent dans le bois déterrioré, elles les approvisionnent 
de même d'insectes, araignées, chenilles, etc., qu'elles pa- 
ralysent de leur aiguillon. Ce sont des insectes très agiles, 
et la piqûre des femelles est très douloureuse. Nous n'a- 
vons encore rencontré que les 4 genres qui suivent ; il est 
bien piobable cependant qu'il s'en trouve encore d'autres 
dans notre province. 
Pattes munies de cils épineux ; 

Jambes postérieure* avec cils seulement 1. Pompilus. 

Jambes postérieures en scie sur leur tranche ex- 
terne 2. Prioonemis. 

Pattes inermes, sans épines ni cils raides ; 

Antennes atténuées à l'extrémité 3. Agenia. 

Antennes épaisses, non atténuées à l'extrémité. 4. Ceropalls. 

1. Gen. PoMPiLE. Pomfilus, Fabr. 

Tête plus ou moins comprimée transversalement. 
Prothorax généralement assez court, son bord postérieur 
le plus souvent arqué, quelquefois anguleux. Antennes à 
articles lâches, enroulées dans les femelles. Tarses anté- 
rieurs des femelles plus ou moins ciliés d'épines, les 4 
jambes postérieures plus ou moins épineuses, mais non 
dentées en scie. Ailes avec une cellule radiale, 3 cubi- 
tales et 3 discoïdales complètes, les cubitales 2 et 3 cha- 
cune avec une nervure récurrente. Abdomen atténué en 
pointe à l'extrémité, à efflorescence plus ou moins pro- 
uoucée. 



XIV. — POMPILIDES. 35 

Insectes de bonne taille, le plus souvent complètement 
noirs, à ailes plus ou moins enfumées et violacées, fort 
agiles et assez difficiles à capturer. 

15 espèces rencontrées, dont 3 nouvelles. 
Abdomen noir, ou noir-bleuâtre, sans aucune tache ; 
3e cellule cubitale non en triangle ni pédiculée ; 
Chaperon brièvement échrancré à son bord 

antérieur 1, SBthlopS 

Chaperon arrondi ou largement échancré en avant; 
Nervure séparant les cubitales 2 et 3 verticale ; 
Prothorax nu ou à peu près ; 

Chaperon marginé en avant 2. SCeleStUS. 

Chaperon non marginé en avant 3. luCtUOSUS» 

Prothorax couvert d'une forte pubescence 

grisâtre 4. gdseUS, n. sp. 

Nervure séparant les cubitales 2 et 3 plus ou moins 
inclinée ; 
2e cubitale en carré oblique ; 

Bord postérieur du prothorax fortement 

arqué 5. Fhiladelphîcus. 

Bord postérieur du prothorax presque 

droit 6. hyacinîhinus. 

Bord postérieur du prothorax anguleux. 7. VirgîaiensiS. 
2e et 3e cubitales fortement rètrécies sur la 
radiale; 
Bord postérieur du prothorax anguleux, 8. apicatUS, n. sp. 
Bord postérieur du prothorax simplement 

arqué 9. angustatus. 

3e cellule cubitale en triangle sessile ou pédicule ; 

3e cubitale en triangle sessile 10. mauruS. 

3e cubitale en triangle pédicule ; 

Face sans pubescence argentée. .,.. 11. tonebrOSllS. 

Face à pubescence argentée 12. CylindriCUS. 

Abdomen noirâtre avec bandes soyeuses-blan- 
châtres 13. castaneus, «. sp. 

Abdomen noir avec bandes ou taches jaunes 14. bigUttatUS. 

Abdomen noir avec une large bande rousse 15. marginatUS. 

1. Pompile nègre. Pompilus œthiops^ Cress. Froc. 
Ent. Soc. Phil. V, p. 451. 

9 — Long. .76 pce. Noir foncé avec poils noirs, l'abdomen plus 



1^ LE NATURALISTE CANADIEN 

OU moins bleuâtre. Chaperon profondément échancré au milieu. Pro- 
thorax à bord postérieur arqué, métathoras arrondi, tronqué posté 
rieurement. Ailes noires, à réflexion purpurine, la 2e cubitale en 
carré oblique, la 3e rétrécie à la radiale. Abdomen robuste, convexe, 
sessile, à réflexion bleuâtre. — PC. 

Capturé à St-Hyacinthe. Bien remarquable par ses 
ailes foncées à réflexion purpurine. 

2. Pompile nuisible, Pompilus scelestus, Cress. Proc. 
Ent. Soc. Phil, iv, p. 451, ?. 

Ç — Long. .45 pce. Noir foncé, sans taches, avec efflorescence 
bleuâtre. Chaperon légèrement convexe, marginé. Bord postérieur 
du prothoras anguleux ; métathorax avec une ligne enfoncée au mi- 
lieu. Ailes enfumées, à réflexion violacée, plus foncées à l'extrémité^ 
la cellule radiale large, la 2e cubitale recevant la 1ère récurrente près 
de son extrémité, rétrécie à la radiale de même que la 3e. La ner- 
vure de séparation entre elles, droite. Abdomen robuste, à efflores- 
cence bleuâtre. — PC. 

s 
Capturé à St-Hyacinthe. Ailes moins foncées que dan 

le précédent. 

8. Pompile en-deuil, Pompilus luctuosus, Cress. Proc. 
Ent. Soc. Phil, iv, p. p. 452, $. 

$ — Long. .35 pce. Noir foncé, à efflorescence légèrement 
bleuâtre. Chaperon légèrement échancré à son bord antérieur, non 
marginé. Proihoras anguleux à son bord post'irieur. Ailes enfumées, 
plus foncées à l'extrémité, la cellule radiale peu allongée, large, oblique 
à son extrémité, la 2o cubitale un peu plus étroite supérieurement, la 
nervure la séparant de la 3e droite ou très légèrement inclinée, celle-ci 
fortement rétrécie à la radiale. Pattes peu épineuses. Abdomen 
ovale oblong, à efflorescence légèrement bleuâtre.— PC. 

Rapproché du scelestus, mais plus petit, plus brillant, 
les ailes plus pâles, et les pattes moins épineuses. 

4. Pompile grisâtre. Pompilus griseus, no y. sp. 

Ç — Long. .23 pce. Noir, avec une pubescence grisâtre très re- 
marquable sur le prothorax et la face. Chaperon coupé presque carré 
en avant. Antennes fortes, tiliforraes, droites ; le vertex avec poils 
noirs. Prothorax couvert d'une longue pubescence dense et grisâtre, 
Bon bord postérieur concave sans être anguleux. Métathorax avec une 
courte pubescence argentée, plus apparente sur les côtés. Ailes sub- 
hyalincs, avec l'extrémité obscurcie, la 3e cellulQ cubitale eu carra 



XIV. — POMPILIDES. Éi 

presque régulier, peu rétrëcie vers la radiale. Pattes sans aocune 
tache, médiocrement épineuses. Abdomen sessile, court, ovoïde, 
convexe, le 1er segment avec poils grisâtres mais peu denses. 

Capturé à Chicontimi ; voisin de Vargentevs, Cress., 
mais s'en distinguant surtout par la longue pubescence de 
de son prothorax et la forme de sa 3e cellule cubitale. 

5. Pompile de-Philadelphie. PompUus Philadelphi' 
eus, Cress. Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 87, Ç cf. 

$ — Long. .58 pce. D'un noir velouté sans tacbe, avec reflets 
bleuâtres. Chaperon obtusément échancré. Bord postérieur du pro- 
thorax anguleux ; métathcrax arrondi, avec une ligne médiane enfon- 
cée. Ailes d'un beau violet brun, l'extrémité plus foncée, la cellule 
radiale longue, lancéolée, son extrémité oblique, aiguë, la 2e cellule 
cubitale grande, en carré oblique, la 3e rétréeie à la radiale. Abdo- 
men ovale-oblong, avec efflorescence bleuâtre surtout à la base des 
segments. — PC. 

Bien distinct du précédent par les cellules de ses 
ailes. 

6. Pompile hyacinthe. PompUus hyacinthinus, Cress. 
Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 90, ?. 

$ — Long. .38 pce. Bleu noirâtre, à réflexions purpurines sous 
un certain jour. Chaperon tronqué en avant. Tête fortement com- 
primée. Antennes courtes, soyeuses. Prothorax à bord postérieur 
faiblement échancré. Ailes enfumées, à réflexion violette, la cellule 
radiale sublancéolée, large et un peu courte, la 2e cubitale en carré 
oblique, la 3e plus longue, fortement rétréeie sur la radiale. Tarses 
antérieurs fortement ciliés. Abdomen ovale-oblong, convexe, sessile, 
à efflorescence bleue fortement prononcée, avec réflexion purpurine 
sous un certain jour. — C. 

7. Pomipile de- Virginie. PompUus Virginiensis, Cress. 
Trans. Am. Ent. Soc. i. p. 92, c? 

c? — Long. .28 pce. Noir avec une fine pubescence brillante, ar- 
gentée, plus apparente sur la face et le métathorax. Chaperon à bord 
antérieur subtronqué ou légèrement arqué. Bord postérieur du pro- 
thorax anguleux. Antennes fortes, noires ; la face soyeuse-argentée, 
de même que le métathorax. Ailes subhyalines, iridescontes, le sommet 
traversé par une bande plus obscure ; la cellule radiale longue et lan- 
céolée, la 2e cubitale en carré oblique, la 3e plus petite, subtriangulaire, 
très rétréeie à la radiale. Pattes peu épineuses, lea hanches 



38 LB NATURALISTE CANADIEN 

soyeuses-argentées. Abdomen allongé, subcylindrique, rétréci à la 
base, les segments basilaires à pubescence argentée plus ou moins 
apparente. — R. 

Sa forme grêle et allongée le rapproche beaucoup du 
cylindricus, mais il s'en distiiig*ue surtout par la forme de 
ses cellules radiale et cubitales et par sa pubescence ar- 
gentée, 

8. Pompile à-eeintures-apicales. Pompihis apicaius, 
nov. sp. 

Ç — Long. .34 pce. D'un noir velouté. Le chaperon court et 
tronqué en avant. Prothorax à bord postérieur anguleux, le niéta- 
thorax court, arrondi, avec une ligne médiane enfoncée. Ailes légère- 
ment enfumées, plus fortement à l'extrémité, la cellule radiale courte 
et large, la 2e cubitale rétrécie des 2 côtés supérieurement, la 3e ré- 
trécie à la radiale par la courbe de sa nervure extérieure. Abdomen 
ovale-oblong, assez robuste, convexe, sessile, peu eflflore&cent, noir avec 
les segments marginés au sommet de roux-obscur, plus apparent sur le 
2e, ceux de l'extrémité légèrement villeux. — R. 

Capturé à St-Hyacinthe. Rapproché du hi/acinfhinus, 
mais à abdomen plus allongé, et s'en distinguant surtout 
par les marges roussâtres de ses segments abdominaux. 

9. Pompile resserré. Pompilus angustatiis, Cress. 
Proc. Eut. Soc. Phil. lY, p. 452, d>$ . 

Ç — Long. .35 pce. Forme allongée et étroite, noir foncé avec 
réflexion bleuâtre ou purpurine sous certain jour. Chaperon à bord 
antérieur largement arrondi Bord postérieur du prothorax arqué- 
le métathorax obtusément arrondi avec une ligne enfoncée au milieu. 
Ailes fuligineuses, plus foncées à l'extrémité, la cellule radiale courte 
et large, en pointe à l'extrémité, les cubitales 2 et 3 rétrécies supé- 
rieurement, la nervure les divisant un peu courbée vers la base do 
l'aile. Pattes faiblement épineuses. Abdomen étroit, allongé, sessile, 
à reflets purpurins. — C. 

Bien distinct des précédents par sa forme plus étroite 
et plus allongée. 

10. Pompile maure. Pompilus maurus, Cress. Trans. 
Am. Ent. Soc. i, p, 88, $c?. 

Ç —Long. .45 pce. D'un noir foncé opaque, avec réflexion pur- 
purine. Chaperon petit, son bord antérieur arqué. Prothorax proé- 
minent, convexe, sou bord postérieur anguleux. Ailes foncées, plus 



XIV — POMPILIDKS. 39 

fortement encore à l'extréuiitô, à réflexion violacée, la cellule radiale 
courte, subtriangulaire, un peu étroite, la 2e cubitale en carré oblique, 
bien plus largo que la 8e, celle-ci rétrécie en un point à la radiale. 
Pattes d'un noir velouté, à épines peu nombreuses. Abdomen robuste, 
ovaleoblonir, convexe, plus au moins comprimé à l'extrémité. — PC. 

11. Pompile ténélDreux. Pompilus tenebrosus, Cress, 
Proc. Elit. Soc. Phil, iv, p. 453, ç. 

Ç — Long, .43 pce. D'un noir foncé, à réflexions purpurines sous 
un certain jour. Le chuperon tronqué en avant ; la face noire, sans 
pubescence. Le prothorax à bord postérieur arqué ; le métathorax 
opaque, arrondi. Ailes fortement enfumées, avec l'extrémité encore 
plus foncée, à réflexion violette, la cellule radiale courte, assez large, 
aiguë au sommet, la 2e cubitale la plus grande, oblique, rétrécie à la 
radiale, la 3e pédiculée. Pattes soyeuses, fortement épineuses. Ab- 
domen convexe, brillant, se&sile. — C. 

Sa 3e cellule cubitale pédiculée le distingue de tous 
les précédents, et le luanque de pubescence argentée, du 
suivant. 

12. Pompile cylindrique. Pompilus ci/tindricus, Cress, 
Trans. Am. Eut. Soc. i, p. 92, c^. 

(^ — Long. .30 pce. Noir avec une pubescence argentée particu. 
lièrement apparente sur la face, le métathorax et le dessus des hanches. 
Forme grêle, étroite, allongée. Chaperon avec le bord antérieur sub- 
tronqué. Le bord postérieur du prothorax sub-anguleux ; métathorax 
cylindrique, avec une ligne enfoncée médiane plus ou moins apparente. 
Ailes étroites, hyalines, avec une large bande brune au sommet, la 
cellule radiale courte, subtriangulaire, la 2e cubitale plus grande, ré- 
trécie à la radiale, la 3e pédiculée. Abdomen allongé, cylindrique, 
sans tache, quelque peu déprimé, obscurément soyeux. — PC. 

Capturé à St-Hacinthe ; a toute l'apparence de Van- 
gustaius, mais s en distingue surtout par la nervation de 
ses ailes. 

13. Pompile châtain. Pompilus castaneus, uov. sp. 

(^ — Long. .25 pce. D'un noir velouté marron avec un duvet 
argenté particulièrement abondant sur la face, le métathorax, les 
hanches et l'abdomen. Chaperon tronqué antérieurement. Antennes 
noires, courtes, fortes, opaques. Tête fortement comprimée. Thorax 
gibbeux, le prothorax allongé, échancré postérieurement, noir avec une 
bande pubesceate-argeatée à sou bord antérieur ; le métathorax ar- 



40 LE NATURALISTE CANADIEN 

genté, brillant. Ailes médiocrement enfumées, l'extrémité plus fon- 
cée, cellule radiale courte et large, la 2e cubitale plus grande, en 
oarré un peu rétréci au sommet, la 3e plus petite, fortement rétrécie 
à la radiale. Pattes à pubescence cendrée, plus brillante sur les 
hanches ; le dedans des cuisses avec les tarses, noir ; les jambes anté- 
rieures sans épines, les 4 autres fortement épineuses. Abdomen al- 
longé, cylindrique, les segments 1 et 2 argentés, n'ayant qu'une bande 
veloutée marron au sommet, les autres veloutés marrons avec une 
bande noire plus ou moins étroite à la base. — R, 

Capturé à St-Hyacinth.e ; très rapproché de Vunieus, 
Cress., mais s'en distinguant surtout par le brun marron 
de son abdomen. 

14. Pompile à-2-taehes. Pompilus biguitaius. Fabr. ; 
P'5-notatus, Say. Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 96, $ d". 

Ç — Long. .50 pce. Noir, la tête avec des lignes orbitales blanches 
(manquant quelquefois) interrompues en dessus. Chaperon à bord 
antérieur arrondi et relevé. Le bord postérieur du prothorax arqué, 
quelquefois marginé de blanc ; métathorax court, tronqué postérieure- 
ment. Ailes plus ou moins enfumées, avec une bande plus foncée à 
l'extrémité, la 3e cubitale presque carrée, plus petite que la 2e qui est 
rétrécie fortement à la radiale. Pattes noires avec une pubescence 
grisâtre, les jambes postérieures avec une tache blanche en dehors, 
près de la base. Abdomen robuste, convexe, subsessiie, noir, avec une 
tache blanche de chaque côté sur les segments 2 et 3, ces taohes plus 
ou moins allongées transversalement, l'extrémité plus ou moins 
poilue. — G. 

çJ^ — Plus petit, plus grêle, plus soyeux, à antennes fortes et sub- 
crénelées en dessous. Le prothorax souvent marginé de blanc posté- 
rieurement. L'abdomen souvent avec une seule ligne blanche inter- 
rompue au milieu, à la base des segments 2 et 3. 

Cette espèce est très variable dans sa coloration, por- 
tant quelquefois des taches blanches sur l'écusson, les 
écailles alaires, le prothorax, les jambes et l'abdomen, et 
d'autrefois en étant presque entièrement dépourvue. 

15. Pompile marginé. Pompilus marginaius, Say. 
Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 98, $ d, 

Ç — Long. .35 pce. Noir avec une bande rousse cDuvrant en plus 
ou moins grande partie les segments 1 et 2 de l'abdomen. Chaperon 
à bord antérieur arrondi. Prothorax à bord postérieur subangulcux; 
métathorax tronqué brusquement en arrière. Ail«s uniformémen 



XIV. — P0MPILIDE8. 41 

enfumées, la 2e cellule cubitale oblique, fortement rdtrécie à la ra- 
diale, la 3c pétiolée. Abdomen robuste, convexe, noir avec la tache 
rousse à la base plus ou moins développée, tantôt couvrant entière, 
ment l'un des segments 1 et 2, et tantôt se distribuant sur les deux en 
plus ou moins grande partie. — AC. 

Espèce bien reconnaissable par la tache rousse de son 
abdomen. 

2. Gen. Priocnème. Priocnemis, Cress, 

Ce sont des Pompiles avec ce caractère particulier que 
la tranche extérieure de leurs 4 jambes postérieures est 
dentée en scie et que les an'.érieures sont dépourvues d'é- 
pines. Leur cellule radiale est aussi quelquefois arrondie 
à son extrémité. Les différences spécifiques sont d'ordi- 
naire mieux caractérisées que chez les Pompiles. L'ab- 
domen des Priocnèmes est aussi, le plus souvent, plus 
brillant, étant dépourvu de cette efflorescence si appa- 
rente chez certains Pompiles. 

Trois espèces rencontrées. 
Noir sans aucune tache ; 

Ailes non fasciées de bandes brunes 1. COniCUS. 

Ailes traversées vers le milieu par une large bande 

brune 2. germanus. 

Noir avec l'abdomen plue ou moins roux 3. alien&tus. 

1. Priocnème conique. Priocnemis conicus, Say. Trans. 
Am. Eut. Soc. i, p. 115, ç cf. 

Ç — Long. .48 pce. Noir opaque à l'exception de l'abdomen qui 
est poli et brillant. Chaperon subéchancré à son bord antérieur. Le 
bord postérieur du prothorax anguleux, le métathorax arrondi. Ailes 
légèrement fuligineuses, les cellules cubitales 2 et 3 avec la 3e disco- 
ïdale portant chacune une tache plus foncée, la 1ère cubitale avec une 
strie hyaline oblique au dessous du stigina ; la cellule radiale allongée, 
en pointe à l'extrémité, la 2e cubitale arrondie au sommet et fortement 
allongée en pointe à sa base du côté de la base de l'ailo, la 3e plus 
large, presque en carré, légèrement rétrécie à la radiale et aussi allon- 
gée en pointe à sa base par la nervure de séparation qui se courbe du 
côté de la base de l'aile. Pattes soyeuses-grisâtres, les 4 jambes pos- 
térieures dentées en scie. Abdoajcn en ovale, rétréci à la base, poli, 
brillant, poilu au sommet. — C. 



42 LE NATURALISTE CANADIEN 

(^ — Plus grêle, plus soyeux, avec le ailes plus claires. 

2. Priocnème cousin. Priocnemis germanus, !Say, 
Trans. Eut. Soc. i, 116. 

Ç — Lorifj. .24 pee. Noir, soyeux-grisâtre excepté sur l'abdo- 
men qui est poli et brillant. Face courte et large, le chaperon sub- 
tronqué à son bord antcl^rieur. Thorax allongé, peu robuste, le pro- 
thorax avec son bord postérieur anguleux, le métathorax long, arrondi. 
Ailes subhy;ilines, avec la première série de nervures transverses 
ombragée, et une grande bunde obscure vis-à-vis la radiale, cette bande 
suivie d'une tache hyaline bien apparente dans la 4e cubitale; les 
cubitales 2 et 3 avec la 3e discoïdale portant encore ch;icune une 
tache plus foncée. Radiale allongée, lancéolée, la 2e cubitale pro- 
ionsiéc en pointe vers son milieu du côté de la base de l'aile, la 3e plus 
grande, aussi prolongée en pointe à sa base vers la base de l'aile. 
Pattes soyeuses, presque entièrement dépourvue d'épines, les anté- 
rieures avec les jîimbes et les tarses roussdtres, les jambes postérieures 
dentées en scie. Abdomen poli, brillant, très convexe, sub-globuleux 
avec son extrémité en pointe. — PC. 

3 Priocnème troublé. Priocnemis a/ienatus, Smith, 
Brit. Mus. Cat. iii, 159. Pompilus fascipennis. Say, i, 224. 

$ — Long. .32 pce. Noir avec pubescence soyeuse-cendrée plus 
apparente sur la face et le métathorax, l'abdomen plus ou moins roux. 
Chaperon à bord antérieur poli, tronqué. Bord postérieur du protho- 
rax subanguleux, métathorax court, arrondi, les côtés à pubescence- 
brillante. Ailes hyalines, avec 4 cellules cubitales, traversées par 2 
bandes brunes, l'une à la première série de nervures transverses et 
l'autre vis-à-vis la radiale, celle-ci longue et aiguë au sommet, la 2o 
cubitale en carré oblique, la 3e fortement rétrécie à la radiale. Pattes 
noires, les 4 jambes antérieures avec leurs tarses plus ou moins rouges, 
leurs extrémités noires, les cuisses postérieures de même rousses au 
milieu, noires aux extrémités, leurs jambes fortement dentées en scie, 
les hanches soyeuses-blanchâtres. Abdomen en ovale, poli, fortement 
convexe, rouge avec les 3 ou 4 segments terminaux noirs. — C. 

Espèce bien distincte par sa coloration. 

3. G-en. Agénie. Agenia, Cresson. 

Ce genre distrait aussi des Pompiles s'en distingue 
surtout par ses pattes qui sont destituées d'épines et de 
cils raides, ces pattes sont ordinairement aussi plus grêles 
et plus longues. Les ailes ont très souvent 4 cellules eu- 



XIV. — P0MPILIDE8. 43 

bitales parfaites. Les antennes sont enroulées dans les ç, 
ce qui les distingue des Céropalos chez lesquelles les an- 
tennes fortes ne sont jamais enroulées. De même que chez 
les précédents, les ailes sont souvent plus ou moins tachées. 

Cinq espèces rencontrées, dont une nouvelle. 
Ailes hyalines, traversées par 2 bandes obscures. 1, pulchripennis. 
Ailes sans bandes obscures; 

Face blanche ^ 2. mellipes. 

Face noire cf ; 

Abdomon subsessile ; 

Thorax noir 3. perfecta,". sp. 

Thorax blea 4. architectus. 

Abdomen distinctement pétiol6 5. petiolata. 

1. Agénie pulchripenne. Jig-enia pulchripennis, (Jress. 
Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 123, $d*. 

Ç — Long. .25 pce. Noire, brillante; lo chaperon très légère- 
ment échancré. Le prothorax court, son bord postérieur arqué, sub- 
anguleux ; le prothorax arrondi avec une ligne médiane enfoncée 
bien distincte, soyeux-blanchâtre, surtout au sommet. Ailes étroites, 
hyalines, traversées de 2 bandes obscures, la 1ère à la série basilaire 
des nervures transverses, la 2o couvrant la cellule radiale excepté à 
l'extrémité, les cubitales 2 et 3 ainsi que la plus grande partie de la 
2e discuidale ; la radiale allongée, aiguë au sommet, les cubitales 2 et 
3 en carrés obliques, la 3e beaucoup plus large à la base. Pattes 
noires, soyeuses, sans épines. Abdomen en ovale, court, robuste, 
convexe, brillant, noir, le dernier segment avec une tache blant-he en 
dessus. — AC. 

Espèce bien distincte par la coloration de ses ailes. 

2. Agénie pieds-jaunes. JJgeiiia mellipes, Say. Trans. 
Am. Ent. Soc. i, 128. 

(^ — Long. .35 pce. Noir avec une pubescence soyeuse-blanchâtre. 
La face au dessous des antennes, excepté une bande noire médiane se 
prolongeant jusque sur le chaperon, le scape des antennes en dessous 
avec le dernier segment abdominal en dessus, blunc. Chuperon tron- 
qué à son bord antérieur, les mandibules rous'âtres. Antennes lon- 
gues, filiformes, noires. Prothorax court, à bord postérieur arqué, le 
métathorax arrondi, soyeux-blanchâtre. Ailes longues, parfaitement 
hyalines, sans bande brune à l'extrémité, la cellule radiale grande, 
lancéolée, à pointe aiguë, les cubitales 2 & 3 rétrécies toutes deux à la 
radiale, la 3e plus grande que la 2e, la 4e incomplète. Pattes inermes, 



44 LE NATURALISTE CANADIEN 

d'un brun fauve, surtout les antérieures, les postérieures noires. Ab- 
domen fusiforme, subpédiculé, noir avec une taolie blanche sur le 
segment terminal — R, 

Rapprochée de la pulchrinus, Cress, mais s^en distin- 
guant surtout par ses ailes parfaitement hyalines. Cap- 
turée à St-Hyacinthe, 

3. Agé nie parfaite. Agenia perfecta, nov. sp. 

(f — Lon^. .24 pee. Noire, soyeuse, de forme grêle ; les mandi- 
bules, les écailles alaires, les pattes, avec la base de l'abdomen en des- 
sous, d'un brun roussâtre plus ou moins clair. Chaperon court, tron- 
qué en avant. Antennes longues, filiformes, noires. Thorax dépri- 
mé, allongé, à pubescence soyeuse-blanchâtre, le prothorax arqué à 
son bord postérieur, le métathorax peu convexe. Ailes hyalines avec 
l'extrémité légèrement fuligineuse, la cellule radiale lancéolée, à 
pointe aiguë, la 2e cubitale en carré oblique, la Seiétrécieà la ra- 
diale, la 4e parfaite. Pattes d'un roux obscur, les cuisses postérieures 
avec l'extrémité et une ligne en dessus, noir. Abdomen fusiforme, 
subpédiculé, d'un roux obscur à la base, noir à l'extrémité, sans tache 
blanche à son dernier segment— -E.. 

Bien distincte de la précédente par sa plus faible 
taille, sa face noire etc. 

4. Agénie architecte. Agenia architectus, Say, Trans. 
Am. Ent. Soc. i, 116. 

$ — Long. .30 pce. Noire, le thorax d'un beau bleu plus ou 
moins prononcé. La tête et les antennes, noir, le chaperon étroite- 
mont marginé, faiblement arrondi. Thorax à reflets d'un beau bleu, 
finement ponctué, le prothorax faiblement arqué, le métathorax fine- 
ment aciculé transversalement, avec une faible pubescence blanchâtre. 
Ailes très faiblement obscurcies. Pattes entièrement noires: Abdo- 
men noir, poli, brillant, avec poils jaunâtres à l'extrémité. 

Un seul spécimen capturé à Chicoutimi. 

5. Agénie pétiolée. Agenia petiolata, Cress. Trans. 
Am.. Ent. Soc. i, 127. 

d^ — Long. .22 pee. Petite, grêle, noire, densément couverte d'une 
pubescence blanchâtre, plus af parente sur la face, le métathorax et 
les hanches. Chaperon tronqué en avant. Mandibules rougeâtres au 
sommet. Antennes fortes, modérément longues. Ailes hyalines, légè- 
rement obscurcie? à l'extrémité; la cellule radiale oblique à l'extré- 
mité, la seconde cubitale recevant la 1ère récurrente avant sou milieu, 



XIV, — POMPILIDES. 45 

la 3e presque en carré, légèrement rétrécie à la radiale. L'extrémité 
des cuisses antoiieures, leurs jambes et la base de leurs tarses, testacé ; 
les éperons des jambes noirs. Abdomen allongé, très grêle, foitemcnt 
pétiole, les segments terminaux tachés do blanc. 

Bien distincte par son abdomen pétiole. 

4. G-en. Céropale. Cer opales, Latr. 

Tête transversale, plus large que le thorax, souvent 
comprimée. Antennes épaisses, non contournées ; labre sail- 
lant. Thorax gibbeux ; écusson saillant ; métathorax incli- 
né. Ailes avec une cellule radiale longue, lancéolée, 4 cu- 
bitales, les 2e et Se recevant chacune une nervure récur- 
rente. Pattes longues, particulièrement les postérieures, 
sans épines. Abdomen ovale, convexe, subsessile. 

Le manque d'épines aux pattes de ces insectes les 
rapprochent des Agénies, mais leurs antennes peuvent 
toujours les faire distinguer. Une seule espèce rencontrée. 

Céropale sœur. Ceropales fraierna, Smith ; Trans. 
Am. Ent. Soc. i, p. 140, ? cf. 

9 — Long. .32 pce. Noire; les orbites interrompus sur le vertex, 
les antérieurs se dessinant en 2 larges bandes descendant jusque sur 
le labre, le scape des antennes en dessous, le bord postérieur du pro- 
thorax, une tache sur chacun des angles antérieurs, une ligne sur le 
post écusson, une tache sur les angles postérieurs du métathorax en 
forme de virgule, une tache sur les flancs, une ligne sur les 4 hanches 
antérieures en dessous, et en dessus sur les postérieures avec une 
bande sur chacun des segments abdominaux, blanc. Antennes fortes, 
à articles courts, dressées, un peu plus minces à la base, noires. Thorax 
opaque, à ponctuations nombreuses et profondes, la ligne blanche du 
post écusson avec un petit sillon au milieu. Ailes hyalines, le stigma 
jaune ; la 2ù cubitale en carré, la 3e plus longue, mais fortement ré- 
trécie vers la radiale. Pattes roussdtres, les cuisses plus ou moins 
noires. Abdomen ovale, avec une bande transversale blanche sur les 

4 premiers segments, et une tache couvrant plus ou moins les segments 

5 et 6 ; ventre sans taches. — AC. 

Espèce très variable dans la forme et la disposition de 
ses taches, de même que dans sa taille. 



46 LE NATURALISTE CANADIEN 

Fam. XV. BEMBÉCIDES. Bembecidœ. 

Tête transversale, très comprimée. Yeux grands, par- 
venant jusqu'au bord postérieur de la tête. Labre entiè- 
rement découvert et souvent fort allongé. 

Mandibules presque sans dents ou en ayant trois au 
côté interne, se croisant l'une sur l'autre au dessous du 
labre. 

Antennes peu allongées, s'épaississant un peu vers 
l'extrémité, le premier article allongé. 

Prothorax ne formant qu'un rebord linéaire et trans- 
versal, n'atteignant pas l'insertion des ailes. 

Pattes ordinaires, les postérieures épineuses. 

Ailes avec une cellule radiale plus ou moins arrondie 
à son extrémité, 3 cubitales dont la 1ère fort longue, la 2e 
la plus petite et recevant les 2 nervures récurrentes, la 3e 
fermée et n'atteignant pas l'extrémité de l'aile. 

Abdomen fort, robuste, subsessile, terminé par des 
épines dans certains genres. 

Cette famille n'est représentée dans notre Province 
que par le genre qui suit, dont on a capturé un individu à 
St-Hyacinthe. 

G-en. MoNÉDULE. Monedula, Latr. 

Labre en triangle allongé. xMâchoires et labre formant 
par leur prolongement une promuscide. Ailes avec la cellule 
radiale arrondie à l'extrémité et s'écartant faiblement de 
la côte, la 2e cubitale rétrécie ver-s la radiale et recevant 
les 2 nervures récurrentes, la 3e cubitale grande, oblique, 
rétrécie vers la radiale et prolongée extérieurement, pédi- 
cellée sur la 3e discoidale. Jambes et tarses médiocrement, 
épineux. Thorax court, robuste; écusson large; méta- 
thorax dilaté sur les côtés postérieurement. Abdomen 
sessile, terminé par 3 épines dans les c?. 

Une seule espèce capturée à ISt-Hyacinthe. 
Monédule ventrale. Monedula ventralis, Say, Say's 
Ent. i, p. 227, cf. 



XVI. — LARRIDES. 47 

Ç — Long. .50 pee. Noire; les orbites antérieur', le premier 
premier article des antennes excepté une ligne noire en dessus, une 
grande tache sur le chaperon, le bord supérieur du prothorax avec les 
tubercules calleux, une ligne courbe à l'extrémité de l'écusson, un 
gros point de chique côté à sa base, les angles carénés de la face pos- 
térieure du métathorax, les pattes avec des bandes sur les segments 
abdominaux, jaune. Tout le corps finement ponctué. Ailes plus ou 
moins enfumées au milieu, surtout près de la côte. Patte jaune?, les 
hanches, les cuisses excepté à l'extrémité, avec une ligne en dehors des 
4 jambes postérieures, noir. Abdomen avec une bande j lune inter- 
rompue au milieu sur les 5 premiers segments, celle du 1er plus large- 
ment interrompue que les autres. Les segments ventraux excepté le 
1er avec une tache jaune triangulaire de chaque côté. 

c^ — Avec tout le chaperon noir, sans aucune tache ; les ailes 
totalement hyalines, l'abdomen avec 6 bandes jaunes, tt terminé par 
3 épines. 

Une Ç capturée à St-Hyacinthe. 

Les Bembex qui se distinguent des Monédules par 
leur métathorax sans dilatation aux angles postérieurs, 
pourraient aussi peut-être se rencontrer en notre Province. 

Tam. XVI. LARRIDES. Larridœ. 

Tète transversale ; labre totalement caché on très peu 
saillant ; mandibules sans dents au côté interne ou avec 
une seulement. 

Yeux grands, ovales, n'atteignant pas <out-à-fait le 
bord postérieur de la tête, rapprochés sur le vertex, et sou- 
vent contigus|;dans les cT. 

Antennes filiformes, leur premier article obconique, 
insérées au dessous du milieu de la face, près de la base 
du chaperon qui est lui-même très court et large. 

Ocelles en triangle equilateral ou allongé. 

Thorax assez robuste, le prothorax court, non toutefois 
un simple rebord comme chez les Bembex, en forme de 
nœud, moins haut que le mésothorax, ses côtés ne se pro- 
longeant point en arrière jusqu'aux ailes. 

Ailes^avec une cellule radiale assez courte, le plus 
souvent appendiculée ; 3 cubitales fermées, la 2e fort ré- 



48 LE NATURALISTE CANADIEN 

trécie vers la radiale et recevant les 2 nervures récurrentes, 
3 discoïdales complètes. 

Pattes moyennes, les tarses antérieurs avec les jambes 
postérieures, ciliés-épineux. 

Abdomen sessile, ovoïde-conique. 
Les épines des jambes et des tarses de ces insectes in- 
diquent de suite que ce sont aussi des fouisseurs, et plutôt 
dans le sol que dans le bois mort, d'après la disposition de 
leurs tarses antérieurs. Nous n'avons encore rencontré 
que des représentants des 3 genres qui suivent. 
Bord extérieur des mandibules à peine échancré; 1ère 
cellule cubitale incomplètement divisée par une 
nervure ; yeux des c^ contigus sur 1© vertex.... 1. Astata. 
Bord extérieur des mandibules avec une forte échanerure près de la 
base ; 

Trois ocelles distincts. 2. Lyroda. 

Les 2 ocelles postérieurs obsolètes ; cellule radiale 

tronquée 3. Larra. 

1. Gen. AsTATE. Astata, Latr. 

Antennes filiformes, assez longues, le 1er article ob- 
conique. Mandibules sans dent au côté interne. Ocelles 
en triangle equilateral, l'antérieur plus gros. Ailes avec la 
cellule radiale tronquée au bout et portant un appendice 
non terminé, la 2e cubitale recevant les 2 nervures récur- 
rentes, la 3e grande, en carré oblique. Pattes ciliées-épi- 
neuses. Abdomen court, ovoïde-conique. 

Une seule espèce rencontrée. 

Astate unioolore. Astata unicolor, Say, i, 228. 

$ — Long. .30 pce. Entièrement noire, avec de longs poils blancs 
particulièrement abondants sur la face, le derrière de la tête et les 
flancs. Thorax avec des points clair-semés, le mésothorax avec une 
ligne enfoncée de chaque côté, l'écusson poli, brillant, avec l'appa- 
rence d'un petit sillon au milieu ; le métathorax rugueux chagriné. 
Pattes noire?, les jaiiibes fortetiient épineuses, les postérieures avec une 
ligne pubescente blanche sur leur face interne. Ailes hyalines, leur 
moitié apicale plus ou moins obscure. Abdomen poli, brillant, sans 
aucune tache. — PC, 



XVI — LAÎlRtDES. 49 

çf — S^mlïLt'blc à la ?, m:\h avec ics y3ux conU3;ss siîr îe vertes 
<t les :int:jnncs plus longues. 

Capturé-c au Cap Roiigc et à St-Hyaciiîth-o. 
2. Geii, LyroiîE, Lyrodn, Sny. 

Tête transversale; you^: entiers, rapproch's sur 1<5 
Tcrtex ; S octales de même grosseur, en triangle equila- 
teral. Mantlibuies avec uite écli;nicrur(î A l'extérieur, près 
■do îa base. Antennes raoyoune-?, à artiales obcoaiques. 
Frolîiorax transversal, un peu allongé en cou. Ailes avec 
une cellule radii^ie courte, troiîquée à l'extrémité et por- 
tant un ai">pendi'ce se reioruîaut sur \\ côte ; «3 cubitales 
fermées, dont la 2e reçoit Ivs 2 nervures récurrentes, la 33 
oblique, courbée en d 'iiii lune. Abdomen sessile, quoique 
attéîîué à sa base, jirabes et tarses ciliés-épineux- 

La position et la forme des ocelles distinguent surtout 
ces insectes des 2 autr<}s genres, 

1. Lyrode trilobée. Lyroda triloba^ Say, Lyrops tri" 
(loba, Say, îSay's Eut. ii, [). 755. 

9 — Long, ,40, Noire, s;ms ImcIicp, maïs portant nn duvet soyons 
qui devient at-^CHté en ccrtaitu's partio?, L:i face, rcxtréiuité du 
îuctatkorus:, j<vcc ht Hrirjçc ajic:tIo des 3 iirciuicrs pcgucuts <ij l'abij" 
îucn, 4 duvet arçcnté, ProîkoMK ù bsri jOàti.'rteiii" écliincrij de 
"CIi^uiuG coté du «lilicu, faisant de ce iniijcu avec les angles latéraux 3 
foiiites luoHSses bien appiirciitcs, Mitiihorax à côtés p:traUèlcs, por- 
t»nt nu îiiiliou une petite carène à laq icllu se rattachent des stries 
obliques siiiiuUrat uhc plume, sa tacJ po.stéiîcurc prc-fi[iic civr-ie et à 
duvet arpenté; uîésotkoras avec un silloit au mi ieu eu av.mt. Ailes 
îiyalinc?, légèreuicut cnruujces à l'cstrémlté, leurs écailles voussâtrcs. 
Abdouieu sufe^cssilc, ovoï le-couifjic, les 3 prentiers soguioiîts avec la 
marge apicalc argentée, les derniers à duvet doré. — U, 

2. Lyrode prompte. Lyroda aubiln. Say, ii, p. 755. 

$ — Notre; la tête cr avant avec nue réflexion argentée peu ap- 
parente; le collier avec un a«glc soulevé au milieu; ailes obscuicies à 
l'estivuiitt', les 2 nervures rtcuncntes distantes ù leur entrée duos la 
2c cellule cubitale, la 3c cubitale fiiblcuient rétrécie supérieureiueut ; 
n.ctatlîoraK fineujent ckagriné sur le disque de uicajc (juc sur les 
côtes i le bord pO;Âtéiiour des scgiueuts abdominaux à réflexion ui-gcaté^. 



50 lÈ NATUnALISTE CANADIEN 

Montic'nl fConpor). Nous trndnisoiis la description de 
Srty, n'eu possédant pas de specimen. 

8 Gen. Larhe. Lana, Latr. 

Tête trnnsveTsnI(\ Yerx srands. entiers, mppTochT's 
snr le vertex. 7\ ntennes nuiycmies, lililoimi's, le premier 
article ()bconi(|ne. Oce'les en tiiangle alloniié, l'antérieur 
}>lus gros, ('tant distant des 2 antris. cenx-ci rapj^rochés 
l'un do l'antre et pou distiiict<. Ailes avec nnc radiale 
étroite, tronquée à l'extrûxiité, (M j orfant nn njNperdice tic5 
petit, jermé en ])()inte sur la côte, ;> cubitales fermées dont 
la 2e grat de r<'ço!l le«; 2 nervnres récnri'entes, la 3e étroite, 
posée ol>'i(jUiin Mit en demi ce;cle. Les tartres aiitéiienrs 
aV(>c les 4 jambes postériee.res lorlement niliés-épivienx, 
Abdrmen sessile^ ovcide-conicj ne. Manilibules ])ortant une 
dent sur leur tranche ini'érienre. 

Ces insectes (pii ont tonte l'apparence extérieure des 
Asiates, ont aussi les mêmes habiuule,-. 

1. Larre-de-Québ3c. harm Qricbecensi:;, nov. sp. 

? — JiOiiL"". .40 pcc. Noiio :iv c l:i Lm.'^c de l';ibi].m!Cii lOMiro; la 
f.ico, le>! fliîic", lis |(;iiÎL!.«, nVfC ni> dur. \ court, nr^cnté, plu? on ûinins 
app:iiciit. OcL'Tc ;ui!c'i ievir :m b:is l'une })l.tr|Uî pioéinirtente, cor- 
difoinie, piliomiéo lnntiitiKl}n;i!cii>cnt »li»s «on a)ilicii. B iid posté- 
rieur (lu protlior.ix ;irnH) li, sans udi^'cs ni i'fli:iiicniic.-. Tout le thoriix 
finement ponct lé, o; aquc, ri5e!JSi-on bii.l.iHt. Ailes uu.f niiiéimiit 
fuligineuse.", subliy.iHiieS; les nervarcs riuires. P.ittes noites, soyousc,". 
l'cxtrénvité des tai&js rous.sltro, les cui-.ses fortes, renflées. Abdomen 
sessile, conique, poli, brillant, noir, avec la b.ise d'un rouge sanguin^ 
le rouire ne coin prenant <}uel(]Ucfois que le premier segiivent, et d'autre- 
fois couvrant aussi tojt le 2iJ avec partie d'i ;>:•, Ic.-J segiueut-i 2 et 3 
avec une lunule de duvet argcatc sur les côté.-- j les segments lerini, 
niiux noirs. — C. 

çf — Avec Ict tar.^es voHS>iitres, lo premier scg iient obJotisinr)! est 
cscavé comme jour recevoir le métathor.ix, pour tout le reste seru- 
blubleàla ?. 

llapproché du fulvivcntris, Gress., mais en diflérant 
par lu coloration de ses ailes, sa bien pins petite taille etc. 

2. Larre terminée. L-tfju Cerutinala, Saiitli, JBiit. 
Mus. Cat. iv, p. 201 d^. 



DE QrÉBF.C A JÉRUSALEM 51 

cf — Xoirc; la IGfc ilon«i'niciit «:t as=;tz fortcinctit ponct'iéo ; nno 
lisno ciifiiiic'c court do la proôuiiiicncc des ocelles j'isquo sur le vi-rtcx ; 
f.ice à pitbcsconcc arL^cutéo. Môsotliorax biiilant et poiictiu- ; nictu- 
tluirax clrij^riné^ le dessus du ilmr ix à iubt>c:ncc C-'udrec, co uto ; 
ailos hyiliiics et iiidcscotifcs, les nervures testacJos; les anicics tnrmi- 
Tiaiix des tarsis, rout- test nci'. Abdouicn brillant, fi:jenicnt ponctué ; 
ies bonis tunniunus dos sc^uionts ié^ùrcuieiit dJ'.ritnes et roussûtres 
les 2 seprnients terminaux fjrru;^incux ; l'abJouicn porte en dessus dj3 
poils courts cl épars. 

]\Iontrénl d'après ISr. Conpcr; point vue; traduit la 
descriptix))! de M. Smith. 

(.1 Continuer.) 



DE QUEBEC A JKRUSALBi. 



t)ép\rtcle Murseille. — L? Sciniin Ir?. — La croix (le pèlerin. — La Mé liter 
raMiiôe. — Notre ciravane. — Un mini-lrc protestant. — Le beau ciel 
d'Italie. — Lsi juicre du f-oir. — Uw ciiapitre de contrariétés. — Une 
religieuse nuire. — M. de Lcsseps. — Naples. 

Marsei/fe, 17 J\Iars.—\]uc chose surtout nous chagrine 
on reprenant l;i mer, c'est do laisser Ki Franco sans avoir 
oncoro eu un mot du pays. En vain avons-nous cherché 
i\ Paris, à MarsoiUe, à renconirer desjournaux du Canada, 
nous n'en trouvâmes nulle part ; et quant aux lettres, quo 
ceitainement on a dii nous é:riie, bien que nous eussions 
donné des adresses sûres, avant notre dé[ia:t du 
pays, elles ont été sans doute retardées quelque part, do 
manière à ne pas nous atteindre dans nos déplacements 
continneis. 

Le temps est sombre ce matin, l'atmosphère lourde, 
et tout annonce de la pluie. JDvi haut du cap de N. D. do 



•$2 iE NATURALISTE rAXAT>!E:r 

}(X Gardo, nons n'arons pu^ pour rette raison^ fonîr pnr- 
faifemeiil d\\ mnginliqrre conp tlcci! «|ne presewte d'onli- 
narre co f>;>inf t-lt'ré. I^s wnagcs tîîi côté âo la ir.er se 
cou Fondaient paiî&uf avec îiîs oîidi's en rr' trtdssant eonsi' 
déraWomeiit notre horizon ^ c»^î^f'nd:înt r«>an payai&sait de 
tonte part fort tranquille, et non» dcwDïvife Tcsp^iy trnne 

jyîyH les II h.eurt'S,.îif>ns non» rptulwî» aîî raîsseaTi pour 
prendre posses&iou (Jl'S cabines qm mma seyoïU a?signées 
par Jiotre prési.lcD'y cir tie co rrK>rni'n?r'ioiî3-)i<>ns trouvons 
en caravane rrgulieremont organiiit-e^ et iiés à 'ohéh aux 
officiers ebai^és île noua coniniaii(î»'r, îl y ^ bp^aucoup 
de moTivernent sur ^ Qv^aj, ou est à faire les ùeTniers 
préparatil^ do départ ; co-nes«>iit pirtonS qxie eoli-?, va* 
lises-v et maîle* de toMte sorte, laissant; fV p^4ne des pas- 
goges siil&ants ans aUant.s *^t venaiity Cjoi &\nitreeroisejit 
en- tous .'«en», chacun veiiiant iv liï àj-ûreté- de Sa?» diver» 
avtide» do biig;ige. 

C'est ie Scifiïiandnvconrïrrîandnnt Tillier, qnido-it nous- 
conduire de Mar&eillo n Jalt'a, ej» iai&mt e.scaie î'^ï Naples, 
Alexandrie et Port-Saïd, C'est nn beau et grand vaii-sean,. 
îaiérienr cependant pour le» iliniej^&ions et i'^aniéîKig.ementi 
à ceux d'^ notre li^'ne Allan sur l'Atlaiitic. il est accosté 
an quai même, de sorte q;UO nc^us n'avo-ns qu'ivite pivaserelle- 
ù franchir pour nous trouver sur le pont. 

l>o rïioureraent est guère moindre sur le TaiasffaiT que 
snr le quai^ car chaque voy.ig'^ur est occupé^ ici aus&i, à la 
recherche de ses elïets pour le» l'aire j)laeer en lieu con- 
venable; iets pliants, le-s chaises l'ernianles, diwit nn bon 
nombre se sont pourvus pour le voyage^sont déposés sur la 
dunette, et li» valises portatives d:v\» les cabiues à leurs 
adresse» respectives, tandis que les grosses malles et autres 
colis sont accroehrs à la grne du pont qrîi les descend trar.- 
qnilleinent dans la calle. }>onr cire en f-treté avec le reslc 
de la cargiison. On nous assigne, avec notre compagnon 
et nn auire prêlre français, — car cette cabine est à trois 
its, — le numéro 10, cVsî-à-dire, la première eu pénétrant 
dansle tiaion par l'allée de gauche. 



ÎI y n nn nii(re s;\lon, vers le milieu du vnissoan, daiis 
Venlrepont, pour ios prtss;igers de seconde, parmi lesquels 
se trouvent •qiK'iqu es mis cle nos co-pcorins ; muis ie plus 
grand nomi^re œcuponi le sa ton de pixnuicit», vu mv, Iûis- 
sant <|U*» qu-elciu^'s pla<;i's seuk'Uicîît A d^iuîres passn^-ers. 
S ms nous contiîtî'ire euco-re tous, nous jiouvons cepewde.nt 
nous rocvT H naître p^r la croix <j'.i hriiic siir nos poitrines, 
et nous ani^urons <|ue .nous (ormeions la ï»-rande majo- 
rité du nombre total des pissager.s, ce qui sans doute 
lions pernicitra de pi-eiulre, coiiiuie pèlerins, avec moins 
■d'euibana?, nos coudées IVanches, 

■Il nous fait plaisir de vtùr ainsi ctalc ostensiblement 
sur la poitrine de lionibreuK voyag-eurs, le signe de la ré- 
demption, dajis cette France, qui, il n\ a encore que quel- 
ques seniaiaes. le lai.^ait proscrire ce signe sacré, p^r i un 
de ses gouveiuauls, dans sa capitale menie. Les exploits 
du fauieux Iléroid, qui f lisait ramasser les crucilix de 
toutes les écoles de Paris, les entassant dans «n tombereau 
poirr aller les déposer daws un coin obscur à la mairie, 
comme articles d<.^ rebut et devxîuns inutiles, sotit conuus 
de tous. Aussi, M, le Grand-Vicaire Payan, en tious atta- 
chant ce rnaliu celt<î croix de pèlerin à ii poitrine, nous 
disait-il, avec beaucoup de raison: "Portez-la cette croix 
ostensiblement et avec orgueil sur votre poitrine. Elle 
TOUS rappellera que vous n'allez pas visiter l'Orient eu 
touristes, mais en pèlerins chrétiens. Vous êtes de véri- 
tables croisés, qui, marchant sur les traces de Ste Hélène, 
de S. Bernard, de S. I«')ui.s, alle^ reconquérir le tombeau 
du Sauveur, non (ilus s ir les 8 irraziiis et les inlidèles qui le 
profanaient, mais sur Tap'^stasie, l'impiété et l'indifférence 
qui ne le profanent pas moins et sont encore plus coupa- 
bles. Oui 1 allez avec foi et amour; vous êtes les manda- 
taires de l'Occident pour faire amende honorable sur le 
tombeau du Christ, pour les crimes sans nombre, les infa- 
mies cle tout genre dont on se rend coupable tous les jours 
<^nvers son humanité sainte et sa divine majesté. " Reçois 
♦' ce signe, disait l'évêqtie, en donnant la croix aux compa- 
*' gnons de Godfroi de Bouillon, reçois ce signe, image de 
•' la passion du Sauveur, alln que dans ton voyage le nia 



54 LE NATURALISTE CANADIEN 

•'henrni la prché no puissent l'nttpindvp, ot qne Ui rc- 
" vioniios homcnx et ^tntout lupillcnr i>;»rmi J»'s ticnsî. " 
Jo V( us atl rosse les mêmes immoles, jînisscjil-i'lles l'iiive nue 
tellvî impression sur vous, qn'.-iles su résolveiiten d'aussi 
heureux et si précieux résultats." 

A rnidi précis les amarrt^s se détî'chenr, et nous lais- 
sons traiiquill<MrHMit lo quai. L'almos] h^ro louide du 
malin, se résout m;iiMlcnant en nne pluio légère, et c'est 
avec le parapluie sur la léle qup ceux de nous qui laissent 
ici des pjirenls ou des an>is, saluent de la main ou agitent 
leurs mouchoirs à celte l'oule compacte qui borde la jeléo 
de toule i>art et qui r; pèU; les mcines signaux. Mais la va- 
peur est bicnlôi déployée dans toute sa foîce, et notre vais- 
seau piend son aUu.'e ordiiiaiic, sur une mer p.u<il>le qui 
semble une naj^pc de cristal rjue li-s grains de pluie viminent 
piqueter en lui ei. levant son brillant ; nous jetons un dt'rnier 
regard sur le jinit, et suitout sur la slati;e de N. 1). de la 
G.irde, que le brouillard vieut en quelques minut.'s seule- 
ment dérober à nos regards 

Nous voici donc à voguer sur les eaux de la Méditer- 
rannée, de celte Méiliten année qni était pre.sque la seiile 
mer connue des anciens, dont nus classiques nous Oiit si 
fouvent entretenus, sur Lujuello se sont déroulés tant do 
drames de rhi>toiie des peuples d'à ntti lois. Tout Taprès 
midi se passe fort joy».'usement, l'élément liquide n'ayant 
encore lait sentir so.i influence à jiersonne, et chaciiu étant 
occupé à l'aire plus ample connais.<iince avec ses ompa- 
ffiions de loute. Aussi les ( onversations soiit-jlles vives, 
et bien soutenues de toutes iiart.<. L'atmosphère semble 
aussi prendre j>art à la joie freuC'rale, car de lourde et eni-- 
Itrunrée q:»'elle était, elle s'est ridevée tellement, que vers, 
les 5 heures, le soleil brille dans tout son éclat. Notre 
course est vers le tSud-lUst, ayant à droite, mais à 
grande distance, la péninsule Ibérique, et à ganclu». aussi 
à grande di.-tar,ce, sa sœur jumelle la péninsule Itdique. 

Notre caravane qui se ccmposerade 38 membres n'est 
pas encori> au grand complet, c ir il s'en trouve Cj^uatre f|Uî 
nous (jut dévant;és pour vi-iter plus lonn-;u>meut TE^ypte, 
et que uous ne preudroiiij qu'à i'ort Said. 



DK QTTÊIÎKC A JÉRUi^ALEM 55 

C 'S G;U"avancs, comme» noiis Tavojjs ih''\\ obsorré, s'or- 
^▼rrs Mt ;) ii'Mi'i î (lu- 'iitti I (î ' itr il ». stJ:r'v;it à P iris, qui 
f.iit cllt^- nè:n ' li iiotniiiatioii )lti> oOi ;i«'rs qui doivont, sur 
it'S lifii^, rJ'i^liT les détails dnis ch\qnii voy;igo, et aux- 
quels, liés avaut ïi" i\c\ nrt, cliaqie pèK'viii s'engage par 
corit, à se scumeîlre pour tout cj qui coucerue la gouverne 
de la caravane. Ces olliciers sont aa noiTibre de cinq, 
savoir: le président, le vice-président, Tauvnouier, le se- 
crétaire et le trésori-'r. Ce sont eux qui constituent ce 
que nou.s appelons le hifcau,, cliargé dt-; llxi-r le lieu des 
étapes, les h^'ur-'S >îe départ, la disi libuliou d.-ins les tentes, 
etc. Voici quelle est la composition de notre présente 
caravane. 

l'résidtMît: .M. de Coniac, clief d'escadron de cavalerie, 

de Nantes. 
Vice pré>ideMt : M. le Marquis de Faudoas-Baibazan, 

d'Anrignac, Ha ite-Garouue. 

Aumô!iii»r: M. T^bb.'; Iîmou, aumô.iier miliraire en re- 
traite d't'Uiploi, de l'ai is. 
Secrétaire: M. Mailinière, jeuuo militaire, de La Marti- 

uière. 
Tréiorier ; M. Gasnaull-Criiéiin, de Luynes, près Tours, 

Consignons ici les noms des autres o pèlerins dont le 
souvenir en rai ondes bons rapports que nous avons eus 
avec eux, nous sera toujours cher. 
]M. r.ibbé Grautheron, curé de BiiSi'y sous-Cruch:ii-id,Saono 

et Loire. 
M. l'abbé Fresnais, curé d iTIîoiré, sous-Conteiiîor, Sarthe, 

nolrtî com[>agnon de cabine. 
M. l'abbé B.irdel, curé de Deuxuouds par Beangée. 
l\. l'abbé Guesnard, de Cliauibéry. 

M. l'abbé Guesdon.pvoi'jsscur au Grond-SéminairedeîSéez. 
M. l'abbé Soy. z. 
M. l'abbé B)lJnc, curé de Djnglastown (Gaspé), iiotro 

compaiTUon de route. 

Pais M.M. 



56 LS NATURALISTE CANAmEI» 

E. Ijarcher et dnme, mililnire en reiraito, de Beaiico» 

L. Boisait], arocot, avoc sa mère et sa femme. 

Eonchand et dnme, de Nantes. 

Capdeville et lils, de Béziers. 

Bfchez-De^huule?. de Beaune, 

Des Francs, d'Orléans. 

De Vantibanlt. 

Castolbon de Vauxhôtes. 

Guibert, de Béziers. 

Jacqneniard. 

Dagès, de Marseille. 

Dame venve Grillot. 

Diies: Cadot. 

'^ Dnpont de "White. 

" de Ghekke, de Belgique. 

Comme o)i pont le voir, nons comptions neuf prêtres 
sur le nombre total. De ce nombre, M. le Marquis de 
Fandoas, M. l'abbé Gaiilheron, M, Boisard, faisaient le 
voyage ponr la deuxième fuis, Mde venve Boisard, pour la 
3e, et ])i!e Cadot ponr la 5e fois. Av.k&ï Dlle Cadot est- 
elle connue à .Jérusalem, nous ne dirons pas comme Barra- 
bas à la Passion, car elle sait faire accorder la consonance 
de son nom avoc ce qu'exprime la chose,. mais comnje une 
personne qui mérite à tous égards la considération et 
les prévenances, (i) 

Réunis à table au dîner, nous pouvons plus facilement 
nous compter, et nons constatons, sans peine, que nous 
composons la plus grande partie des passagers de chambre. 

!Nous avons avec nous nu ministre protestant, mis- 
sionnaire en Orient, c'est-à-dire, habitant quelque part une 
villa, où il mange dans le repos, les nombreux ecus 
qu'une société biblique quelconque lui fait toucher tous 
les trois mois. Aussi, ennuyé de cette solitude et trouvant 
la vie trop monotone en ces endroits, vient-il d'Angle- 
terre se chercher une compagne, pour mettre plus de 
gaîté à son foyer, et l'aider ù passer plus joyeusement sa 



(1) Nous Tenons d'apprendre par l'un de nos correspondants, que Dlle 
Cadot fait celte année, 1882, son sixième voyage. 



DE QUÉBEC A JÉRTTSAT.EM 57 

vio npostoliqno. En Abeyant la cour nssiilno qu'il lui fait 
et l(^s pré vrnaiicos constantes dont il l'enîonvt*, voici un 
révérend, dîmes-nous ;'i un v<j-ii), qui sans douto no se 
jirevaudra jamais de la loi du divorce de son pays?- Qui 
sait ? répliqua-t-i!, les apparences sont j-ouvent tioinpiMises; 
d'aiileurs quand on prend l'élan trop Tort, l'élasticité la- 
niciie souvent en deçà du point de départ. La lune do 
miel quand elle est trop brill. îiit<', est souvent d^ courte 

duiée Triais le pont d'un vuisseau est un terrain d'une 

lih(nlé sans égale, les allures les plus excentriques vt les 
jdus étraiices s'y coudoient souvent sans qu'il y ait ù ré- 
clamer, laissons sa l'évérence jouir en paix de ses doux 
épanchements, et admirons ensemble la beauté de ce Ciel 
d'Italie que les poètes se sont tant plus à nous vanter et 
qui si souvent à souflié l'inspiration à leur muse. 

La mer est calme et paisible, l'atmosphère est douco 
et tiède, les étoiles bi illent au iirmament, mais non avrc 
cette vive scintillation qui les distingue dans nos climats 
du nord ; on dirait qu'elles craignent, ]i;ir un tiop vif 
éclat, de troubler rhirmonie de l'ensemble. Telles ces 
toiles de l'école Italienne où domine un moelleux, un ve- 
louté, sur lequel aucun accident de couleur trop voyante 
ne vient faire saillie. C'est un calme enchanteur qui nous 
domine, qui nous absorbe, nous invite à la rêverie, à la 
méditation. Pendant que nous nous livrons à cette eni- 
vrante contemplation, voici que tout à-coup une grande 
lueur se montre à Orient; des ra3'-ons lumineux font 
saillie sur le ibnd bleu du ciel, comme des dards enflam- 
més qui fendraient l'air ; et bientôt le disque doré de la 
lune parait sortir de l'eau, on s'élevant peu à peu. La mer 
s'illumine aus.sitôl de ces feux, et notre vaisseau, en faisant 
toujours entendre le paisible ron ron de .«oii hélice, projette 
au loin de l'autre côté sa silhouette fantastique. 

Mais voici l'heure de la pi'icro arrivée. A un signal 
■donné, tous se rendent sur la dunette en airièro. Les tel es 
se découvrent, les genoux se phneni, et tous répondent à 
la prière du soir que notre aumônier, d'un ton grave et 
onctueux, répète lentement. C'est une prière toute mill- 



58 LR N \TanAI.ISTE CANADIEN 

tniro; elle osf convlo, vn:iis oxpros^^iro. Q I'cllo élait ton- 
cliujfi' la V(.'Coinin\ii(l;ilioii qui li ItMiniiKiit ! •' Prions pour 
I'lviliso, pour \.\ Fiaiic, jiour ravinée, pour Ions ceux fi".i 
nous sont cIkms qni' nous avons laissés a j \y<^y^. " Va là 
dessus, tous vépondt'iil avec âme à !a i^rière du^5eigne^r <'t 
à la salntatioii ang-'-liqU'*. Puis cniiti : nu De ■prufundis 
pour nos chers déhints 

Oh! lions a\0!is tonte coiiliance qn'il élait ng-réalile à 
Dieu ce concert do tous les éléments auqiel nous joignions 
nos voix et nos vœux. La mer par sa placidité, ra'mo-— 
phère par sa douce haleine, les astres du lirmanieiît par 
leur éclat, et nous par notre attUude et nos paroK'S, n'était- 
ce pas là l'hysmie solennelle que celui qui cominande aux 
ventset aux Ilots exi,2;e de toutesses créatures? Ohî comme 
il était tonjours touchant ce moment de la prière du joir 
on (ommun, et comme il imprei^sionnait tous les nssjst^uits. 
Les h6"éli(|nes et aut-res ne paitag-oant pas notre croyanc \ 
nous ren-irdaient avec sln[)idaction, et j)lus d'une l'ois des 
grecs schismalicpies sont venus l'aire cause commune avec 
nous en s'agenouillant avec notre groupe. 

A 9 heures on nous sert une tasse de thé avec gâ- 
teaux, après quoi la plupirt se retirent à leurs cabiîifs, 
moins toutefois ceux qui, comme nous, ont des m^tes à 
rédiger ou des lettres à écrire, car c'iCt alors le moment 
le plus convenable pour le laire. 

Vendredi 18 mais. — Nous avons l'habitude de nous le- 
ver d'assez bonne heun». (Je matin, nous étions sur pi"ds 
vers les 5 h., après avoir passé une nuit i)aisible des plus 
récoul'ortantes. Vouluit avoir [dus de lumière, nous nous 
elîbrçons d'abaisser une persienne qui couvrait la petite 
fenêtre île rotre cabine. Cdte persienne était faite pour 
jouer dans une coulisse qui la retenait de chaque côté. 
Mais soit peinture nouvellement appli(|uée ou simplement 
bois renflé par l'humidité, elii parait ne vouloir pas bou- 
o-er. Les doigts passés entre les planchettes, nous redou- 
blons nos ell'oits ; elle cède alors tout à coup, et no:- doigts 
se trouvent aussitôt horriblement écrasés par la rencontre 
de la fenêtre, sur le b!)rd do laquelle frottaient les plan- 
chettes suiis presque laisser de jour. C'est surtout le 



PIC QUÉBr.C A JÉRUSALEM 59 

«jros (loig-t.do fh"if|no ni:vin qui :i particnlièromoiit sorl- 
i'.'it, liCs oiioli.s 80 s(y.\t lionvés iVoi.ssL'.s t^t JiitMutîis vos 
ieur inilicii, ot disque ddiut inoiilia <!»' sniio n l'iiitriiriu' 
niic iinipoiilo do ^Miig- noir {^rcsqne soli.lili '>. J^a douleur 
fut si vive, que lîous ciiun<'s un iiiouioul quo nous allions 
lions ov.inouir. J'it co u'ost ((u'apic^ \\i\l' d.ziino dii tiii- 
imtes (juc Kous coninu'iicanies à nous roniottre peu à peu. 

Un chripilic de Coiitmriélcs. 

Il rst pni l'ois, dans le corauierce de la vie, un tel con- 
cours de circon -laHcos adverses, qu'on serait porté à oioire 
que tout a été vrglé pour non-: contrarier, tant les aliaiuvs 
sont touU's en desacoid et ^-^e |)iésenlenl à rebours, ilans 
un sens tout opposé à et lui qu'on pouvait raisonnablement 
juévoir. (Jonsl.itons iloiic ici (juelques unes de ces cir- 
coiistances lâcheuses qui sont venues nous contrarier dès 
le dtbut de notie voyag-e. 

IS'ous soinini's à Québec, nu matin du 17 i'évricr 1881, 
Jour ( ù nous tlt'vons prendre ï'L/tercidjinal pour nous rt-n- 
dre à ILiiilax. Ja's annonces des journaux donnent 7^ h, 
p(jur mouit^it (le départ du bateau Iraver.-ier de Qut b-c. 
j\ous i);iiîous de Sj Koclî à 7f h, nous avons donc le 
temps sulljsant pour nous rendre. Nous anivous au quai 
du Cxiaïul Tronc, et nous voj'ons le bateau tléjà [)ièt à 
accoster tîe l'uulre ( ôlé du lleuvo. '' C'est ù 7| h. qu'il 
laisse le quai, nous dit un coch-r de voituvo là présent ; 
peiïi-étie pouiiit z-vous pveiulio le bateau de Levis et vous 
ïXMiJre assez tôt au Orand Troiic pour le départ? " Nous 
tournons à droite, et, louette cocher; viîe au bateau do 
J^évis. IMous airivoi.s juste au moment où l'oii retire la 
passerelle. 11 l'inU supprimer hs adieux aux parents et 
amis qin nous acconi[iai>iuMit, et s.uder de stiito sur le pont 
du l)ateau qui est déjà en mouvement, 

^sous relouions les émotions des adieux pour ne no"s 
occujMM" que de la crainte de mmcpTer le train. Si le b..- 

ti^au allait cire retardé par les g'I ices ?. Que ferait M. 

Uolduc qui nous attend à Campbellton .^ 

CepeJidant la course est rapide, nous touchons bientôt 
au cjuai de Levis. Dès avaui d'être accosté, nous retenons 



60 LT3 NATURALISTE CANADIEN 

une voiluro, ot anssilôt à t(MTo, fond te cochor à. la g'aro du 
Crrand-Tionc. Le gardien de la bivricre n'a p;is le temps 
de nous remet(i\> le ch;inp;-e de la pièce que nous lui pré- 
sentons; nous la lui iibandonnons. Le chemin n'est pas 
Ix-au et des rencontres nous retardent encore. Enîin nous 
voici à la g;n*>. - Vite, nous crie un fiicteur de la gare. — 
Quel char i'aul-il prendre? — Le dernier en arrière. Une 
malle chiique bras, nous nous dirig.'ons donc ver.s le der- 
nier char, qui se trouve à une cerlaine distance de celui 
qui le précède. Craignant de marcher sur la voie, nous 
suivons à coté un sentier à peine tracé dans la neige. Nous 
■cniou.çons jusqu'aux genoux, et avoiKs peine parfois- à con- 
server récjuilibro av(^c nos deux mnlh'S, bien qu'elles 
lussent assez légères. Entin nous escaladons les marches 
du char ( t pénétrons à l'intérieur, maugréant un peu contre 
les employés de la gare qui se souciaient si peu d'accommo- 
<îfr les voyageurs, retneiciant Dieu toutelbis d'avoir pu, 
■malgré ces contretemps, arriver encore assez tôt pour le 
train. Et d'UXE ! 

IjC char, bien que chsnffî est est ab.<!olument désert, 
nous somrres seul. Ai)rès quelques instants, arrive une 
dame seule avec non moins de ditRcultés que nous eu 
avions éprouvées nous-môme. Nous nous installons cha- 
cun s\u- notre banc et attendons. !S:ins doute que par uu 
mouvemei:t de recul, le reste du convoi va venir s'unir à 
notre char i)Our l'entraîner à sa suite ? Nous attendons eu 
toute sûreté. 

Mnis bientôt arrive un employé qui nous ciie, tout 
essoufflé, en ouvrant la porte; "Que i\iites-vous donc là, 
vous autres? Le train va partir et vous allez rester là ; ce 
char ne part pas!" Et sans plus s'orîcuper de nous, il s'é- 
Joigne à la course. La dame se révolte contre le service de 
la compagnie et les TicU'ur.s de la g.vre, muis il n'y a pas à 
maiciiander, nous sommes seuls, il faut refaire notre, péni- 
ble trîij''t chargés de nos malles, sous; peine de m iiKjuer 
le train. Nous pataugeons donc de nouveau dans la iu>ige 
et entrons dans l'autre char juste au moment (;ù l'on 
donnait le signal du départ. Nous l'avons encore échappé 
bel, dîmes-nous à la dame. Et de DEUX ! 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 61 

Nous voici rendu ji Halifax ot installé dans le moillenr 
lîôtel do la, ville, nous dit-on. Nous avons pour hnbitndi.\ 
ior.^que nous voyageons, d'avoir toujours daiîs notre mallo 
papier, plumes, encrier, a(iu do Ji'avoir rien à requérir 
lorsque nous voulons écrire. Nous remarquons que nous 
avons oublié de j^rendre notre encrier do voyngo. 11 l'ait 
aller nous en pouvoir d'un autre. Nous nous rendo.ss 
doue chez un libraire et en choisissous nu qui nous pririit 
des plus convenables. Nous reui'ouçoiis dans îiotro }>ocIie, 
et reprenons la route de notre hôtel. Arrivé dans noire 
chambre.uous remarquons des taches d'encre toutes fraîches 
sur le plancher. Ce n'est pourtant pws nous qui les av.)n3 
fciilesV Nous portons la main dans notre poche et li i éli- 
rons (oulo souillée d'encre. Le contenu enlier de n.»tro 
encrier b'y était répandu, bien qu'il lût demeuré feiîné, 
retenu par son ressort. La poche de l'habit est retcnirnéo 
à l'envers pour être lavée autant que poï^sible, et noiis re- 
prenons la rue pour retrouver notre libraire dont nous 
avions peu remarqué l'enseigne. Nous le retrouvons enliii, 
après. une assez longue marche. "(Jet encrier ne vaut 
rien, dîmes-noas, en le lui présentant; il ne relie at pa=5 
l'encre; faites-en l'épreuve." Après e.xamen, il rec «nnait; 
que la fiole contenant l'encre était bri:?ée. Il n uis en 
donne un autre irréi)rochable cette foi?-, et nous retour- 
nons à notre hôtel. Et de TL10I3 ! marmaràraes-:io:is. 

Remettant alors n un autre moment nos écritures, nous 
iious disposoTiS à réciter notre oiïice. Nous allons prendre 
notre bréviaire que nous avions déposé sur notre 1 t. Mais 
il est tout mouillé d'une eau sale qui nous souille loi d(>igts. 
Allons qu'est-ce ? Ca ne peut toujours pas être 1 encre de 
notre poche qui serait remontée jusque là ? Nous por- 
tons nos regards an phifoijd, et voyons une grande tache 
dans le ]>làtre qui dégoutte de toutes j>art, Nou^ sonnons 
aussitôt à yorji-)re les clochettes, et l'on ne parai! pas très 
empressé de se montrer. Cependant l'eau tonib.^ toujours 
et se répand sur le lit et le plancher. Enlin an garçon de 
service se présente. 

— Voyez ; qu'est-ce que cela veut dire ? 



C2 LE NATUnALTSTE CAXADTF.N 

— Cost do ro;m qui nnra etc rt'paiuUic on h:iut ? 
-Qui habjto la h.mt? 

— Uiit» dame ami'rica'nc. 

— Jo paiii» qni^ celte oati no Ini ost pa=5 sortie de la 
bouche. Mais convez et réparez au plus lot. 

Il riM-int hienlôt suivi d'* dfux (illes qui nons diront 
quo r.'icci l«'iit élait dû à nii^ j irro il'eau acei liMit^lhuncnt 
cassée à I'riaue suj^érieur. 0;i chancrea notre lit de plac^, 
f)n remit de noivelles co iv 'rturcs et o;i répara cdîvcii i- 
bli'iTfitMit tout le déo'it. Ev'ivlemmont, dimes-uons, nous 
jouons de malheurs. Et de quatre ! 

Nons voici maintenant sur le vaisseau, tourmenté parle 
mal de mer, nons passons presque tonte la journée à nons 
rouler sur les cons-iiis du s don. Comme il nous avait 
fallu laisser I'll dîit ecclésiastique pour le ynyi^\ ?iou3 
nvions c.ti devoir nous mettre en ho:incte bourgeois civil. 
Donc cols et mancheltes en bolle toile, ces dernières rete- 
nues par des boutons en cornaline montés en or. Nous 
remarquons que 1 un de ces boulons manque à notre poi- 
o-net. Nons le cherchons partout, et ne pouvons le re- 
trouver. Nons en avions lait le sacrilice, lor.«qno le 1er.- 
dtMiiain il nous vint à la pensée d'.-n parler au uarç.ur fie 
chani!)re, qui aurait pu le retrouver eu bMhjyant. " !.o 
voici,'' dit-il, en le retirant de sa pocho. Nous nous ré- 
•jonis-oas d'avoir rép;M-é cette perte, et le remettons en 
pince- en Taisant jouer le ressort qui nous parut encore en 
parlait état. 

Mais quelques jours phts tard, à Londres, nons remar- 
quons de nouveau la même absence, et impossible cette 
lois de pouvoir fixer le lieu précis de la ])erle. Allons, 
dîmes^nous, ce sera une petite vanité de moins. Jl no 
c.invit'nt pas à un ecclésiastique qui a GO hivers sur la tèto, 
de jouer nir.si aux lions du .lonr. Allons y plus modeste- 
ment. Et entrant dans la première boutique que nous 
rencontrons, nous en achetons tn nacre montés en Taux or 
qui remplacent les jn-emiers, sans témoig'uor ci-ux-là le 
moindre déàir de s'échapper dans les rues. Et de CI^'Q ! 



DE QUÉEFC A JÉnU.'--Al.KJr G3 

Avoc noire habit do drop lin tout n;m,b.int ikmiT, et 
nos l)C)at<)iis du in:iiichL'ttos de 3u .--oas, nous pouvions en- 
core passer pour un bourgeois honnête n l^oudres, inàlgré 
nolle casqne en 'fourrure, car nous en rencontrions l'ré- 
queuimenl dans les rues. Mais iiuidu en France, a lîonen, 
lorsque déjà les fl-Mirs comuienç lient à se iUontrtM' dans les 
pai t-r'tres, et dans uiui journée où un soleil brillant alter- 
nait avec de légères averses, notie casque en ciuinicr ét.-dt 
tou!-à-!'ji;t hors (le mode. Avec notn; birbe inculte, nos 
cheveux loîJgs, et ce casque mouillé par la pluie, ]>our vi- 
siter les églises et les places publiques de la capitale de la 
A'orniandie, on allait sans doute nous prendre j>onr un 
h:ibifant du jiôle qu'un accident de biilon aurait tout à 
ccup jeté sur le sol delà France, Mais que faire? nos 
malles sont pleines, et nous ne voulons [^as sacriiier notre 
fouriure; bon gré, mal gré il faut se rendre jusqu'à Faris 
cù tious pourrons la i>lacer en lieu sûr. Aussi ne iù.nes- 
nous i>as sur[)risde voir quelques gamins, étonnés de notre 
acoutrement, prendre la course pour nous devancer dans 
la rue, alin de pouvoir nous examiner plus à leur aise (Ui 
nous rencontrant» iS'ous continuo.ns notre route, sans pa- 
raître les remarquer, avec la gravité du philosojihe 
gre:: armé de sa chandelle pour chercher un homme, sur 
lu place pubuqiH', en plein midi. Cependant et de SIX ! 
nous disiouii'-nous tout bas. 

A continuer. 

IT^VITS I31VERS 

Le Scisatif'C American. — Le tcnlblc incendie nui flornièrc- 
lliont a réil it en cimkIivs l'ét iblissenont du Jpinid à New-York, a 
!i'!s>i ciivdii celui à\\ Si-.ÏKiil'Jic Anu-rioni, IjCi piesi=os do ce dernier 
ctant d.ins une îiutrc I âtiï-se, elles ont c'té prôi-eivde«j de sorte nue 
la prb'.icatio!! na souff„it aucune interruption. Lo b'irein d'atf lires 
du .S'(;.V»^}?c' est actuelle ueiit rue Ijioidwi}', 2GI. MM. IMunn & Cio 
coiuiuucroiU, comme dans le passé, à s'occuper de tout ce qui con- 
CL-rne les puontos de nouvoUos iiivoiuious, jdans, do.sitis do inaciii- 
iH ries, ic |iiGto8 rlc. Tous ceu-t qui sont parvenus à inveiUer nuel(|no 
chose de nouveii n'ont qu'à s'adresser MM. .Munn & Cic, 2i)l 
B oadwiy, . ov-Yoïk, ils recevront sans délai, et ?a is anc me cliar^.', 
une ré| oiise les intonnant si la déCDuverte ( st léelleuicnt nouvelle et si 
elle peut être pitentée. Ua livre d'instructions sur toutes les dé- 
niarc!ics à l'.iire leur sera aus^i eu uiCmuc temps adressé. MM. AJunn 
& Cio. out ujio ex^jcricuco de plus do 3ù uus dans ce genre d'aff-^» <•& 



61 LE NATURALISTE CANADIEN 

B3taJliQ_UÔ. — Non? nvions toujours tenu Lotbiiiioi-c cornue 1o 
point le pl'is nu Nord oà .«c tiouv.iit le peuplier du Canad;i, Pojnihis 
C'iiiinh'iists Mklx, usais voici qu'en S:;ptcmbrc dernier, nous en d.'cou- 
vions un pied au C ipll.iu!:Tc et d'une f)rt b-'He veuic. L'arbre 
Cr^t sur la grève niG uo, et tout près de i'eau; nul doute que sa pré- 
sence c>rt duc il qui!\]uc brandie anicnét', là, à hi dôrivo, dans les 
Il lutcs eaux du I riutcîiip?, qui jetée sur la grevé, y aura pris raciuo 
et s'y se ?cra dévclorpéc. 

Qu'il est rcsrrclt ible, à propos de botiniquc, qu'on ne prenne j.as 
soin, dans les plantations qi'on fait autour des b;1 isscs di pailenicnt 
ù Québec, do former là un noyau de jardin botanique, en y iii>t iliant 
des represcntaufsdCtincut idcutiSésdc to itcs nos esscnocs forestières. L:i 
chose est d'autant jilus roiirettable qu'elle est de plu-; f cilc exéc ition. 
Au Heu de m l'.tiplier les bouleaux, les érables et les épiiiettes, il eu 
C( Citerait cruèrc plus pour se prccarer des représcntarits do nos autres 
aibics, bc.res, ti le .Is, n^yu-s, chê.ics, Irêues etc. L s .{Il ait qu'une 
por.^ouue :iy.int des no'- ions botanique prés-idât à la plantation. 



BIBLIOGRAPHIES. 

R-port of the Eulomnhgis^t of the United Sfrtfrs Depnrimcnt 
rf Aijricn'(i!K'/or l'àHO. bj^ J. Ileinij Cami-toclc. — 1 40 panes iu-8 de 
tixte avec 24 planches des tnieux exécnlées, (Je ra|-port se divi-n; eu 
deux panics, dans la première, ou donne l'histoire do diffJueuts insec- 
tes nuiibles, partiL-ulièreuiCnt de pijiillous; ctdins la seconde c'est 
une n:0!iOL:;ra];liio dos Coccides, ces parahitcs sous forme d'éc.iilles 
qu'on rencontre si fréqucmuient sur les fouilles et l'écoice des arbres. 
Bjn nombic d'espèce nouvelles y sont décrites. Co voluuio renfonne 
une fou'c de rcnsei^ncuicnt des plis utiles. 

Nos renicicieuicnts à l'auteur pour cet envoi. 

Annuil R >ir<rl rf The Eiitomnlngical S'>ci<fi/ of the Prnvince of 
O'll'f' i>, /'II' 1881. — 8.) piines in-8 mV(C minibroisos jiraviires. Co 
ra; port e.-t Ic diuizionie depuis la find itioi <le I i S^ic-iété. Cette Suciétô 
(jui riçiit une allucatioii annuelle do SldOO ilu j^o ivcruouient d'O itario, 
c^t dans nu état tiè.s propèro, et voit tous les j'iurs s'aui;- iientcr le 
Vioudue do ses iiiMiibres. Eii outre d i Cdii ulimi Entoiiwlojist qu'elle 
public tous les uiois, clic donne encore, chaque année, un rapport trèa 
étendu, avec nou.breuses <;;r;ivures, sur les insectes nuisibles les plus 
redoutables et les uinycus les [dus efficaces p)ur les cumbittro. JjC 
présent rapport, en outre do nouibreuses figures do coléop:èro.-', dip- 
tères etc., donne la représentation do lu jilupurt de nos Sphyux, tant à 
l'état paiftit qu'à l'état do larves. 

Nos reaicrcicuicnts ù qui de droit pour cet envoi. ' 



LÈI 




Vol. Xirt-4. CapRouge, Q., AVRIL 1882. No. 148. 



RCdacteur : M. l'Abbé PROVANCIIER. 



FAUNE CANADIENNE 



(Continué de la page 81.) 



7. Gen. Stigme. Stigmus, Jurine. 

Tête fort grosse, en carré, s'amincissant considérable- 
ment en dessous en allant vers la bouche ; yeux latéraux, 
proéminents, allongés. Chaperon court et large, avancé 
et anguleux au milieu en avant. Antennes insérées vers 
le milieu de la face, leur premier article peu allongé. Pro- 
thorax fort petit et très court ; raétathorax plus allongé 
que dans les 2 genres précédents, sans partie distincte- 
ment renfermée, couvert de fossulettes en réseau. Ailes 
avec le stigma plus grand que d'ordinaire, la cellule ra- 
diale lancéolée, 3 cubitales fermées, la 2e en carrée, la 
1ère recevant la nervure récurrente, la 3e à peine com- 
mencée. Pattes grêles et assez allongées, inermes. Ab- 
domen brièvement pédicule, en ovale allongé, lancéolé, le 
premier segment un peu plus petit, séparé du 2e par une 
suture fortement étranglée. 



98 LE NATURALISTE CANADIEN 

La srandeur dn stigma de c.ps pplits inspcies Ips fuit 
TecoDnnitre à première vu<>. Ils font leurs nids dnns les 
tio-os de sureau et antres arbrisseaux à moelle abondante. 
Une seule espèce rencontrée. 

Stigme frère. Siigmusf/afernus, Say, Proc. Ent Soc. 
Phil, vi, p. 387, d 9-' 

^ — Lonjï. ,18 pce. Noir; les mnndibnles excepté à l'extrémité, 
les palpes, le sc.ipe des antennes en dessous, avec les tubercules an des- 
sons des ailes ante'rienres, bbmc. Gh-iperon à dnvet arirenié. Antennes 
d'un testacé ]:âle. Mésotliorax lisse, avec 4 lignes lonsitndinales dis- 
tinctes; l'écusson poli, le post-écusson rugueux; métathorax fortement 
rugueux. Ailes hyaline», à peine obscurcies vers l'extiémité, irides- 
centes, le stigma furt grand, noir. Pattes d'un brun-pâle. Abdomen 
en ovale, poinlu à rox'rdniitô, à tédicule aussi long que lu largeur de 
l'abdomen, rugueux, ean-iliculé, poli, brillant. 

Capturé au Cap Rouge. 

8, Gen. Passalèque. Pmsalœcus, Shuckard. 

Tête forte, mais beaucoup plus large que longue; 
yenx ovales, latéraux. Antennes plus séparées l'ime de 
l'autre que dans les Cémones, coudées après le 2e article. 
Chaperon nu, élevé au milieu, tndenté au bord antérieur ; 
labre avancé en avant du chaperon, triangulaire. Thorax 
long et étroit, le p olhorax prtit. Métathorax allongé, son 
espace renfermé tiansveisah^ment linéaire. Kcusson i)lus 
long (jue laige . AïK'S avec une cellule radiale lancéolée, 
2 cubitales el 3 discoïdnles complètes, la 2e pi is large que 
longue, en carié, recevant la 2e récurrente, la 1ère cubi- 
tale recevant la 1ère récurrente. Pattes grêles, presque 
inermes. Abdomen brièvement pédicule, à extrémité cy- 
lindrique et presque obtuse. 

L'abdomen subs.'s>iie et les nervures des ailes âh- 
tingUHut surto.it ces insectes de leurs voisins. Une seule 
espèce rencontrée. 

Passalèque à-mandibules-blanches. Passalœcus man- 
dibularis, Cre*s. Peinphredori maiid. Cress. Proc. Ent. Soc. 
Phil, iv, p. 487, ? . 

Ç— Long. 18 pce. Noir; la fice et le chaperon légèrement ar- 
gentés. Mandibules larges, blanches, noires à l'extrémité ; .le scape 



XVIII. — CRABR0NIDE8. 99 

des antennes aussi blanc en dessous. Front sans ponotnations dis- 
tinctes. Mésothorax sans ponctuations distinctes, mais portant 4 
li^rnos eiif)iic.'es longitudinales. Ecusson en carr^, brillant. Les 
tubercules blancs ; les écailles aLiires brunâtres. Métathorax presque 
carré, grossièrement rugueux. Ailes liyalines, iridescentes, légèrement 
cb-curcies vers l'extrémité. Pattes noires, soyeuses, les jambes an- 
térieures blanchâtres en avant, les 4 postérieures blanchâtres à la base; 
tarses jaunâtres, plus bruns à la base. Abdomen en ovale allong«S, 
poli, à pédicule très court. — R. 

Ces petits insectes font leurs nids dans les branches 
de lilas et de sureau. 

9. Gen, Oxybele. Oxybelus, Latr, 

Tête grosse, transverse. Antennes courtes, insérées 
près de la bouche, leur premier article le plus long. Yeux 
entiers, latéraux. Thorax court et robuste, le post-écusson 
portant un appendice aplati, lisse postérieurement, le mé- 
tal horax muni au milieu d'une forte épine en forme de 
gouttière. Ailes avec la cellule radiale tronquée à l'extré- 
mité et portant un appeiidice qui atteint la côte en ligne 
droite, une seule cellule cubitale qui se confond avec la 
1ère discoïdale et reçoit la récurrente, la 2e cubitale con- 
fondue avec le limbe, la 2e discoïdale formée. Pattes 
courtes. Abdomen court, cordiforme. 

Les appendices du métathorax de ces insectes suffisent 
pour les distinguer à première vue. Une seule espèce ren- 
contiée. 

Oxybèle à-4 marques. Oxyhelus 4:-notatus, Say, Say's 
Eut. 1. p. 228. 

Ç — Long. .25 pce. Noir avec une courte pubescence grisâtre, la 
face jusqu'au dessus des antennes avec pubescence argentée. Le cha- 
peron avec uns petite carène au milieu formant une pointe en avant. 
Antennes brunes à l'extrémité. L'appendice du post-écusson avec une 
pointe blanche do chaque côté, celui du métathorax long, fort, redressé, 
creusé en gouttière. Ailes hyalines, les nervures brune?. Pattes avec 
les jambes denticulées sur leur tranche extirieure. Abdomen noir, le 
1er et le 2j seg;uent chicun avec une petite ligne blanche au sommet 
de chaque côté, celle du premier plus apparente que celle du 2e — R. 

Un seul spécimen capturé au CapRouge. 



100 LE NATURALISTE OANADIEN 

10. Gen. Crab'ron. Crabro, Fabr. 

Tête très grosse, le dessus presque carré, fortement 
épaissie en arrière des yeux. Antennes insérées près de 
la bouche dans un sillon que bordent les yeux en se ré- 
pandant sur la face ; ceux-ci très «rrand^. plutôt antérieurs 
que latéraux. Le premier article des antennes fort lonj»-, 
leur pavillon médiocrement épaissi vers l'extrémité. Cha- 
peron très élevé au milieu, beaucoup plus court que lar<^e. 
Thorax ovale, subglobileux, aplati en dessus. Ecnsson 
large, transversal. Métathornx avec un espace renfermé 
semi circulaire, plus ou moins rugueux. Ailes avt c le 
stigma très petit, pres-que nul, une cellule radiale tron- 
quée à l'extrémité et portant un appendice qui se recourbe 
en dedans ; une seule cubitale longue et étroito recevant 
la nervure récurrente vers son extrémité; 2 cellules dis- 
coïdales fermées dont la première en losange, fort grande. 
•ftne seule nervure récurre!ite, la Sa cellule discoïdale 
n'existant pas (cette 3e cellule discoïdale est souvent tracée 
d'une manière peu apparente). Pattes moyennes, les 
cuisses renflées, les jambes plus ou moins épineuses de 
même que les tarses. Abdomen ovale-oblmg, noir avec 
bandes j lunes, déprimé légèrement, un peu arqué, son 
extrémité dans la ? mncronée, triangulaire en dessus, dé- 
primée et bordée latéralement par un mince rebord; dans 
le d^ triangulaire avec une dépression incomplète. 

Ces insectes qui ont servi de type à la famille sont 
aussi les plus nombreux. Ils font leurs nids dans les bois 
morts, prolitant souvent des trous de clous ou de larves 
qu'ils rencontrent. Leurs grosses têtes leur servent sou- 
vent pour pousser dans ces trous les insectes qu'ils y en- 
foncent pour servir de nourriture à leurs larves. Quinze 
espèces renc>)ntrées, dont deux nouvelles. 

Aibdomen resserré aux sutures et fortement ponctué ; 
Le 3e segment fascié ; 

1er segment avec fiscies longues et sinueuses. 1. interruptUS. 
lor segment sans taches ou avec des points seu- 
lement, (^ 2. 4-punctatu8, n. sp. 

Le 3e segment sans taches 3. stirpiccla. 



XVIIf. — CRABR0NIDE8. 101 

Abdo'nen uni ou finement ponctué ; 

Le 3e .segment san3 taches 4. 6-maculatUS. 

Le 3e setrraent avec taches; 

T iches du 3e segment plus petites rjie ies a'itres 5. triflSCiltUS. 
Taches du 3e segment à peu près égales aux autres ; 
Segment baf>ilaire avec taches ; 

Dl!ux taches sur les fl mes 6. vllIosifroilS. 

Une seule tache sur le tiibercule; 

Cuis^ies postérieures jaunes à l'extrémité.. 7. rufifsmur. 
Cuisses postérieures entièrement noires, J^. 8. nigrifrOUS. 
Segment basilaire sans taches, ou avec points seulemeut ; 
Taches des segments 2, 3 et 4 largement séparées ; 
Toutes les taches largement séparées; 

Mandibules jiunes, chaperon doré, cf. 9. singuliris. 
Mandibules noires, chiperon argenté, cf. 10. pltiper. 
Taches du 5e segment contiguës ou réunies ; 

Tête et thorax finement ponctués 11. obSCUruS. 

Tête et thorax grossièrement ponctués... 12. effQSSUS. 
T.iches des segments 2, 3 et 4 rapprochées ; 
6d segment entièrement jaune; taille 

forte 13. aciculatus. n. sp. 

6j segment à bande jaune seulement ; 

Mandibules jaunes; cuisses noires 14. CUbicepS. 

Mandibules noires, cuisses plus ou moins 

jaunes, cJ 15, denticulatus. 

1 Crabron interrompu. Crabro tnlerru//tus, St-Farg. 
Hym. iii, p. 122. 

$ — Long. .33 pce. Noir, fortement ponctué; le scape des ati- 
tetines, une bande sur le prothorax interrompue au milieu, les tuber- 
c lies, les écailles alaircs, une ligne sur l'écusson subintert-ompue au 
milieu, le port-écusson, les pattes, avec 5 paires de taches sur l'abdo- 
men, jaune. Chapeion argenté; front densément ponctué, le méso- 
thorax plus gros-ièreraent; niétathorax irrégulièrement ponctué et 
rugueux. Aile-; médiocrement obscures, le stigma avec la côte j lunes. 
Pattes j lunes, les hanches avec les cuisses excepté à l'extrémité, noir, 
l'extrémité des tarses brune. Abdomen oblong, déprimé, fortement 
re-^serré aux suture?, grossièrement ponctué, les segments 1 5 chicm 
avi'C une ligne jaune de chaque côté ; l'anus fourni de poils 
dorés.— PC. 

VÀen distinct par la coloration et la forme de son ab- 
doEaexi^ 



102 LE NATURALISTE CANADIEN 

2. Crabron à-4-points. Crabro ^-maciilaivs, nov. sp, 

Ç — Long. 25 pce. Noir, fortement ponctué; le scape des an- 
tennes, les tubercules ocell»5s d'un point noir, les écus>ons, les pattes 
avec 3 paires de taches à l'abdoaien, jaune. Chaperon argenté J 
écailles alaires jaune-roussâtre. Une ligne jaune sur l'écusson inter- 
rompue au milieu. Métathorax sans espace renfermé distinct, aveo 
rugosités longitudinale-? à la base. Ailes légèrement enf jmées, hya- 
lines à la base, la côte et le stigma jaunes. Pattes jaunes, les hanches 
et les cuisses excepté à l'extrémité, noires. Abdomen court, ovale, 
resserré aux sutures, densément ponctué, les segments 1 et 5 avec un 
point jaune de chaque côté, 2, 3 et 4 avec une ligne jaune de chaque 
côté; l'anus avec poils dorés peu allongés. — E.. 

Bieji distinct des précédents par la coloration de son 
abdomen. 

3. Crabron stirpicole. Crabro stirpicola, Pack. Proc- 
Ent. Soc. Phil. vi, p. Ill, c? $. 

(^ — Long. 25 pce. ^oir ; le scape des antennes, une tache sur 
les mandibules, une ligne de chaque côté sur le prothorax, les tuber- 
cules, l'écusson et le post écusson, les pattes en partie, avec une t:iche 
de chaque côté sur les seguients abdominaux 2 et 4 et un point sur le 
5e, jaune. Chaperon court, argenté. Fiont opaque, finement ponc- 
tué. Mésothorax densément ponctué, opaque ; le métathorax court, 
avec un sillon médian, strié longitudinalement sur le disque et trans- 
versalement sur la face postérieure. Ai'.es passablement obscures, les 
nervures noires. Pattes noires, les jambes, les tarses avec l'extrémité 
des cuisses, jaune. Abdomen court et large, resserré aux sutures^ 
finement ponctué, les segments 2 et 4 avec une fascie de chaque côté, 
cette fascie représentée sur le 5e seulement par un point un peu 
allongé.— PC. 

Espèce bien distincte par sa coloration, et les sculp- 
tures de son abdomen. 

4. Crabron à-6-taches. Crabro Q-maculatus, Say, Say's 
Ent. i, p. 230. 

Ç — Long. .45 pce. Noir; les mandibules excepté à l'extrémité, 
le scape des antennes, le bord du prothorax interrompu au milieu, les 
tubercules, le post écasson, les pattes avec 3 paires de taches sur l'ab- 
domen, jaune. Chaperon avec les bords latéraux de la fossette des 
antennes, argentés. Les écailles alaires roussâtres. Mé^olhorax opaque^ 
sans ponctuations distinctes, l'éDusson aclculé, le mctathorux opaque,,. 



vrii — ca^BRONiD'rS. 103 

non ruçrneuT. Ai'es enfumées, le sfi^ma brnrâtre. Pnttes jnunes, 
]eshaiiche«, avec les cuisses exceptt' à l'extrémité et les tarses excepté 
le premier ;irticle, noir. Abdomen subp'diculé, en ovale, uni, les 
sesments 2, 4 et 5 ave une fi>;cie jr;ne de chique côté, celle'' du 2e 
obliquas, celles di 5i rapprochâmes au milieu; anus a?ec poils dorés 
assez abond mts. — CC. 

cf — D'^ taille plu? petite, avec les antenne? légèrement denticulées 
en dessous, les taches du 5e segment presque contiguës au milieu, le 
6e avec une ligne à la base. 

Le tïianqne de tîiche? jaunes an 3p sefrment abdomi- 
nal de cette espèce, avt>c la tache oblique du 2e, la distiu- 
guent particulièrement de toutes les autres» 

5 Crabron trifascié. Crabro tiifasciatus, Say, Say's 
Eut. i, p. 231. 

$ — Long. .85 pce. Noir; des lignes orbitales avec le chaperon, 
à duvet argenté. Une tache sur les mandibules, le se pe des antennes 
excepté une grande tache noire en dedans, une strie sur le proihorax 
interrompue au milieu, les tuberciles, le post-écusson, les pattes en 
partie avec des taches à l'iib lotnen, jaune. Misothorax opaque, avec 
2 .ig'ies eiifijiicées sur le disque; métalhorax avec la partie renfermée 
bien distincte, [ortant un sillon médian et des rugosités rayonnant 
légèrement de la base. Ailes subhy ilines, les écai les avec le stigma, 
briin j lutiàtre. Pattes noires, les jambes excapté une ligne en dedans 
avec l'extrémité des cuisses antérieures et les tarses excepté à l'extré- 
mité, jiuiie. Les j imbes postérieures portent aussi un petit anneau noir à 
leur extrémité. Abdomen court, large, ovale, subsessile, le premier 
segment fort atténué à la base, poli, uni, le 2e avec une large strie 
jaune de chaque côté, une beaucoup plus f elite et en pointe sur le 3e, 
une autre sur le 4e à peine interrompue au milieu, et une bande sur 
le 5e ; l'extrémité noire avec poils blanchâtres. — PC. 

cf — Antennes avec une tache noire sur le scapc en dessus, le pa- 
vil'on avec le 5e article denté en dessous; le post-écusson avec une 
ligne jaune interrompue. Abdomen avec les fa-cies du 2.' segment 
larges, celles du Se très petites, celles des 5e et 6e formant des lignes 
continues. 

La forme de son abdomen avec la disposition de ses 
taches distinguent i)ai ticulièremetit cette espèce. 

6. Crabron à-front-velu. Crabro villosifrons, Pack. 
Proc. Eut. Soc. Phii. vi, p. 8L 



IÇljt LB NATURALISTE CANADÎEW 

Ç — Long. .50 pce. Noir ; les mandibules, le scape des antennes, 
une bande sur le prothorsx interrompue au milieu, les tubercules avec 
une tache oblongue en arrière, un point géminé de chaque côté de l'é- 
cusson, les pattes en partie, avec 3 paires de taches et 2 bandes con- 
tinues sur l'abdomen, jaune. Tête grosse, cubique, très finement 
ponctuée, le chaperon doré avec lea pièces latérales et des lignes orbi- 
tales, à duvet argenté. Thorax finement ponctué; une ligne carénale 
de chaque côté du mésothorax. Une tache oblougue sur les fiancs en 
arrière du tubercule. Ecussob stri^ longitudinalement avec un point 
jaune géminé sur ses prolongations antérieure?, le post écusson entière- 
ment jaune. Métathorax avec un espace sublunaire strié longitudi- 
nalement et portant un sillon médian, le reste finement ponctué. Ailes 
enfuméesjaunâtres, les nervures brunes. I>e3 cuisses noires terminées 
de jaune, les jambes jaunes avec une ligne noire en dedans, les 
tarses d'un jaune ferrugineux, bruns à l'extrémité. Abdomen déprimé, 
convexe, assea court, très finement ponctué, les segments 1, 2 et 3 
avec une tache jaune de chaque côté, 4 et 5 avec une bande continue, 
l'extrémité noire avec poils dorés. 

cf — Avec une tache noire en dedans du scape, Téeusson sans tachef»^ 
les tubercules sans tache jaune en arrière; les cuisses antérieures 
jaunes, tachées de noir seuleuient à la b^se, les 4 autres avec leur 
moitié apicale jaune. Les antennes avec le 6e article denté en dessous» 

Capturé à Chicoutimi ; Packard ne mentionne pas les 
points géminés en avant de l'écusson que portent nos spé- 
cimens femelles. 

7. Crabron cuisses-rousses. Crabro rv/ifemur ^Vack. 
Proc. Ent. Soc. Phil, vi, p. 81, c?. 

cf — Long. .38 pce. Noir ; les bords du sillon antennaire avec le 
chaperon couverts d'un duvet argenté, le chaperon caréné au milieu ;. 
les mandibules, le scape des antennes excepté à la base, une hande in- 
terrompue au milieu sur le prothorax, les tubercules, les écailles 
alaires, un point de chaque côté en avant de l'écusson, une iiixne sur 
3e post-écusson, les pattes, avec 3 paires de demi bandes et 3 bande» 
«complètes à l'abdomen, jaune ou jaune-testaci. Tête cubique, large, 
finement ponctuée. Antennes courtes, avec le scape ép.)issi, entièrement 
jaune excepté une petite tache en dedans à lu base, le 3o article forte- 
ment échancr<^ en dessous à la base et le 6e avec une forte dent aussi 
en dessous. Ecusson ponctué. Métathorax san«. espace renfermé dis- 
tinct, son disque sillonné au milieu et comme alviîolé de chaque côté, 
sa face dorsale striée tratisversalement. Les cuisses jaunes en dessus» 



XVIII. — CRABROÎJIDES. 105 

noires à la base et en dessous. Abdomen robuste, distinctement 
ponctué, le premier segment avfc une double t;ich>i sinuée, les 2 sui- 
vants avec des tacbes ovales et les 3 suivants avec une bande continue, 
celle du 6e souvent obsolète au milieu. 

Ç — Tête C'ibique, légèrement rétr^cie en arrière; mdtatborax 
presque lisse, finement stiié ; abdomen avec 3 paiies de deiiii-bandc» 
jaunes et 2 bandes complètes, les tiiches d i 1er segment plus large» 
en dedans ; l'cxtriJmité noire avec poils dorés. 

Espèce bien remarquable par la forme de ses antennes, 
La Ç de notre spécimen n'a qu'une seule tachejaune sur 
les flancs. 

8. Crabron à-frcnt-noir. Crabro nigrifnmSy Cress, 
Proc. Eut. iSoc. rhil. vi, p. 482 d". 

(^ — Long. .38 pce. Noir; le scape des antennes, 2 taches sur le pio- 
thorax, les tubercules, nue ligne sur le post écasson, le> [attes en p irlie, 
avec 4 paires de taches et 2 bandes continues sur l'abdomen, j urne 
pâle. Tête eo carré, les orbites avoc le chaperon argentés ; les mandi- 
bules noires, sans taches. Antennes avec le sctpe jtune portant un& 
strie noire en dessus, le pavillon avec 4 dents en dessous. Le pro- 
thorax avec une petite ligne janne de ch ique côté. Lo mésothorax 
avec l'écusson finement ponctués, le |ostécusson avec une petite ligne 
jaune; le métathurax fortement rugueux, sa face supérieure séparée 
de la postérieure par une petite caiène. Ailea lCgère;i ent enfumées, 
les nervures noires. Les cuisses antérieures roussâtres avec une strie 
noire en dedans, les intermédiaires noires, jaunes à l'extrémité avec une 
strie jaune en dessus et roussâtre en avant, les postérieures totalement 
noires; toutes les jambes jaunes, noires en arrière; les tarses jaune- 
brunâtre, les postérieurs plus foncés. Abdomen subpédiculé, poli, con 
vexe, renflé en dessous, les 4 p emiers segments avec une paire de 
taches jaunes allongées, celles du 2c segnent plus larges et plus rap- 
prochées, les segments 5 et 6 avec une bande continue, l'extrémité 
noire avec poils rousâtres. 

Cnpturé à Chicoutimi. Un spécimen a le pavillon des 
antennes rous^âtre en dessous et manque de taches sur le 
premier segment abdominal. 

9. Crabron singulier. Crabro sinfçuIarU, Pack. Proc. 
Ent. Soc. Phil, vi, p. 86, cf?. 

Ç_Long. 55 pce. Noir foncé; les mandibules excepté à l'ex- 
trémité, le scjpe des antennes, une tache de chaque côié du milieu du 



106 LE NATURALISTE CANADIEN 

prntliornv, les tuborcnle'j. une tnehe gdminde sur récui=Pon, les pattes 
en partie avoc tachos à l'abdomen, j luiie. Chaperon à duvit doré au 
niilioM, arirent(5 aux côlôs, de* liirnrs oi bit îles aussi argentées. Front 
tiès fitirniPtit ponctué, à pubescence blanchâtre. Mésothorax finement 
acicnlé; écusson poli; métathorax portant un sillon médian et dc3 
fossnlpttes longitudinales irrégulièrea. Ailes passablement eiifu nées, 
les écailles et le stigma brun-rousi-âtre. Pattes jaunes, les hanches, 
les cuisses avec l'extrémité des tarses, noir; les cuisses antérie rca 
terminées de jaune et po:tint une ligne rousse en dessus, les 4 jambes 
antérieures avec une tache noire en dedans, les postérieures étroite- 
ment terminées de noir. Abdomen ajilati, oblong, subpédiculé, li.-se, 
le premier scg'nent avec un point jmne de chaq'ie côté, les 4 autres 
chicun avec une strie elliptique de la même couleur, lontes obliques, 
c'est-à-dire remontant vers la base du sogmont à leur extrémité interne, 
l'anus noir avec poils blanchâtres, longuement | rolongé. — K. 

Très rapproché du singvlaris, Smith, mais en différant 
surtout par son premier segment abdominal taché de jaune, 
et la description de Packard le donne sans taches. Dans 
notre spécimen récuss^on est taché de jaune. 

10. Crabron pauvre. Crabro pauper. Pack. Proc. Ent. 
Soc. Phil, vi, p. 95, J. 

(^ — Lontr. .22 jcc. Noir; le scnpe des antennes, une petite tacho 
sur le prothorax de chaque côté, les tubercules, une ligne sur le po-t- 
écusson, les pattes en partie, 4 paires de taclies sur l'abdomen, j lune- 
pâle. Tête cubique, rétrécie en avant vers l'insertion des mandibules, 
celles ci noires, sans tache. Antennes noires avec le scape noir, jaune 
à l'extrémité souk ment, le pavillon no'r, rous^âtre en des>ous à l'ex- 
trémité, portant 4 dents en dessous. Piothorax formé de 3 côtes, sé- 
parées au milieu par un sillon, les 2 côtés chacun avec une petite tache. 
Le mésothorax avec une linne carénalc de chaque côté du milieu. 
L'écusson strié longitndinalement, le postécu^son avec une liLcne 
jaune; le métathorax irrégulièrement et grossièrement rugueux, avec 
un si Ion médian. Ai!e>» légèrement enfumées, les nervure- brunes. (Puisses 
antérieures f rru.Mneuses avec une li^'ne noire en dessous, les inter- 
méiiaires noires avec une strie jaune en dessus à l'extrémité, les pos- 
térieures entièrement noires; les jambes jaunes en deliors, plus ou 
moins teintes de forrniîir.eux, et noires en dedans; les tarses jaunc- 
rou.-isatie. les postérieurs bruns. Abdomen en ovale alongé, les seg- 
ments 2-5 cliac m avec une paire do tache-; jaunes, petites, très éloi 
gnécp, ne formant (prune ligne de gros points tur les côtés, ceilcs du 
2e segment les plus grandes. 



XVIII, — CRABRONIDES. 107 

Capturé à Chicontimi. 

11. Crabron obscur. Crahro obscurvs, Brit. Mus. Cat, 

iv, 418. 

J^ — Lontr. .50 pce. Noir, le chnperon avpc des lignes orbitiles à 
duvet argenté ; le se >pe des anteniifs exccptt5 une gnmde tache en de- 
dans, une tache sur le prothorax de chaque côté du milieu, les tuber- 
cules, les pattes en partie avec taches à l'abdoiuen. jaune. Tête très 
fortement rétrécie en arrière des yeux, antennes noires, leur article 4 
allongé, arqué et subdenté en dessous. Ec.iilles ahiives rou=sâtres. Une 
ligne transversale dorée à la base de l'écusson. JJé^oihorax finement 
acic'ilé, le inétathorax avec un sillon médian et forteuient rugueux 
par des fossulettes irrégulières et f refondes. Ailes passablement en- 
fumées, la côte et le stignia roussâtres. Toutes les hanches (t les tro- 
chantins noirs, les pattes antérieures jaunes, leurs cuiss-es rerfl •* s et 
portant de longs poils bhincliâires, les intennéiliaires noires, leurs 
cuisses rousses en dessus, leurs jimbe-î avec une tache jaune en dihois 
pi es de la base, les postérieures noiies avtc les jambes excepté à l'ex- 
trémité, et le premier article des tarses noir aussi, son extrémité 
jiune. Abdomen en ovale allongé, joii, avec une tache jaune ellip- 
tique de chaque côté sur tous les seiiuients excqito le 1er et le dernier, 
to ites ces taches obliques, celles du 2e segment les plus grandes et les 
plus rapprochées du milieu, les suivantes allant toutes eu diminuant de 
grandeur; l'extrémité noire. — R. 

Un seul spécimen pris à Si-Hyacinthe ; ? encore in- 
connue. 

12. Crabron creusé. Crahro effossus, Pack. Proc. Eut, 
Soc. Phil. vi. 10-4. 

$ — Long. .37 pce. Noir foncé, le scape des antennes, le milieu 
des mandibules, une ligne sur le prothorax interrompue au miieu, les 
tubercules, le postécusson, les pattes en partie, avec 4 paires de 
taches sur l'abdomen, jaune pâle. Tête cubique, finement ponctuée, 
le chaperon à duvet cuivré au milieu et argenté sur les côtés, de n.ême 
que les lignes oibitales. Prothorax avec une ban le jaune largement 
interrompue au milieu ; le mésothorax avec une ligne carénale au 
milieu et une autre de chaque côté tiès apparente; l'écusson ponctué, 
brillant, le post écusson avec une ligne jaune, q-iehjutfuis réduite à 
un point de chique oô é. Ailes losrèrement ei;fimérs, les nervures 
brunes; le motathorax avec un espace renfermé di-tinct, strié lon^itu- 
diualemont avec un sillon au niiiieu. Patte- noire»'; les 4 jimbes 
antérieures juuues, noires en dedaus, les postérieures jauue^ avec un 



103 LE NATURALISTE CANADIEN 

anneau noir à rextréniifé ; les tarses brunâtre ferriiojineux. Ab'îonien 
en ovule alloiisi^, convexe tu dessous, les se.irment 2 5 avec une fascie 
jaune de chaq le côtd ; celles sur le 5e rapiirochées et pres(jue en demi- 
lunes, les a très largement séparées. 

(J* — Les antennes avec le scape noir à la base, le pavillon subdenté 
à la bise ; IV-c ;sson avec un point j lune de cbaque côté en avmt, le 
niétathorax fortement rugueux par de nombreuses fossulettes irrôgu- 
lières ; les 4 cuisses antérieures, avec une tache jiune au sommet et 
une strie en arrière; les j mibes avec une strie noire en dedans; l'ab- 
domen avec une petite ligne jiune de chaque côté sur le premier seg- 
ment, et une bande continue aur le 6-, les taches sur le 5j très 
rapprochées. 

Capturé an CupRouge et à Chicoutirai. Très rap- 
procha* du crhtatus, mais s'en di-lingaant surtout par son 
prolhorax uni et non denticulé. La 9 a quelquefois aussi 
une très petite tache sur le premier s» gment abdominal. 

13. Crabron aoiculé. Crabro aciculatus, iiov. sp. 

$ — Ironir. .50 pce. Noir foncé opaque; les mandibules excepté 
à l'extrémité, le scape des antennes, 2 taches sur le prothorax, les 
pattes en partie avec une tache sur l'abdomen, jtune. Le chaperon 
avec des lignes orbitales à duvet argenté. Antennes noires, le s -aie 
jaune avec une tiche noire en arrière, les joues avec longs poils 
argentés. Le prothorax avec une petite tache ovale de chaque côté, 
les tubercules tachés de jmne seulement dans leur moitié [•Oï^térieure. 
Le més^othorax avec i'écusson aciculés, le premier avec une fossette 
médiane en avant bor^iée d'aciculatio is transversales, les fljnc^ aussi 
aciculés; le métith )rax à espai.'e renfermé distinct, semi-circu'aire, 
portant des stries longit idinales fines. Ailes légèrement enfuutées. 
Pattes noires, les 4 j imbes antérieures jaunes en avant, les postérieures 
entièrement j nines, tous les tarses bruns avec le premier article j nine. 
Abdomen obiong, déprinn^, poli, à sutures bien prononcées, les seg- 
ments 2, 3 et 4 chacun avac une bande latérale j 1 une, cette bande 
échancn-e en dessus près de son extrémité extérieure, celles du 2d 
segment très rapprochées dans la ligne médiane du corps, le segment 
5 entièrement j lune, avec seulement une ligne noire à la base, 6 avec 
une bande rousse, l'extrémité noire avec longs poils dorés. — AU. 

cJ* — Scape des antennes noir, avec une ligne j nine en avant; 
thorax sans aucune autre tache qu'un gros point jiune sur les tuber- 
cules. Abdomen allongé, le 5i s-gmont avec uuo large bande jiUDô 
ik la base, 1» 60 enUèreueut jauao. 



Xtni— CRABRONIPES. 109 

Capturé an CapRouge et à St-Hyacinthe. Espèce 
bien remarquable par les bandes terminales de son ab- 
domen. 

14. Crabron tëte-cubique. Crabro cuhiccps, Pack 
Proc. l^:nt. Soc. l'hi!. vi, p. 1U5, ?. 

$ — Lonfî. .28 pce. Noir; le s^c.ipo des antennes, le ch;iperon ex- 
cepté au milieu, les mandibules, une bande sur le prothorax iiiterroiu- 
pue au milieu, les ti bercules, le [>ost-écns>^on, les pattes en partii-, une 
tache transversale de chaque côté du 2e sipment abdominal et des 3 
suivants, jaune, MJsothorax de même que l'ocus^on fiiement ac culé, 
le mi ieu du mosoihorax avec une petite linnc carétiale de cluKjue côié ; 
le dos du métalhorax avec stries longitudinales et un sillon au miiieu. 
Ailes léiièrement enfumées. Pattes noires avec l'extrémité des 4 
cuisses antérieures et toutes les jimbcs excepté une ligne noire en 
arrière des 4 premières, j lune. Abdomen po i, luisant, les segments 
2, 3, 4 et 5 avec une tache jaune transversale de chaque côté, celles 
du 5e segment se réunissant presque. 

Une seule 9 prise an P.-tit-Cap. Se distingue du nn- 
gularis par sa tête qui n'rst point rétrécie en arrière, vi de 
Vaciculutus qui a le 5e segment entièrement jaune et le 
devant du mésothorax acicnlé en travers, tandis que la 
partie postérieure est aciculée lonsitudinalement. Dans 
notre spécimen la ligne sur le post-écusson n'est pas inter- 
romj)ue au milieu et il n'y a pas de points jaunes en 
avant de l'écusson. 

15. Crabron denticulé. Crabro denticulatus. Pack. 
Proc. JSnt Soc. l'bil. vi, p. 97, d. 

d — Long. .30 pce. Noir; le scape des antennes, une ligne sur le 
prothorax intenompue au milieu, les tubercules, une li^ne sur le post- 
<?cusson, les pattes en partie avec des taches à rabdouien, jaune. 
Mandibules noiies; écailles alaires rous-âtres. Antennes «rrêles, le Se 
article fort allongé et portant en dessous 2 dents bien distinctes. Dos 
du mésothoax impressionné do 2 ligues longitudinales; le métathorax 
avec la partie renformée en demi-lune, portant un sillon médian et do 
foi tes rugosités de chaq'ie côté. Pattes noires, les jambes excepté 
une ligne noire en dedans, l'extrémité dea cuisses av> c les tarses ex 
oepté à l'extrémité, jaune; les j.itubes postérieures sont entièrement 
jannes avec un petit anneau noir à l'extréurité, leurs tarses brunâtres. 
Ab.duuifiQ allongé, uni, poli, avec une double, bande jauDft sur les 



no LE NATURALISTE CANADIEN 

segments 2, 3 et 4 et une b inde continue sur 5 et 6 ; l'estrdmité 
noire. — PC. 

Bien distinct par la disposition de ses taches et ses an- 
tennes bideiitées. Capturé au CupRouge et à St-Hya- 

ciuthe. 

(A Continuer). 



I < tm^y—— 



DE QUlilBEC A JERUSALEM. 

^Continué de la page 96.) 

VII 

Alexano'rie; rues; la place des Consuls; l'hôtel Labat. — L'Egypte, sa 
grandeur passée et son état actuel. — Les Frères des Ecoles Chrétiennes; 
les Lazari.-tes; les ^œurs de la Chariié. — La colunne de Pompée. - Lea 
Juits; un meurtre .-upposé. — L'égl se Ste Catherine, celle des Grecs 
pclii.-niatiques. — Départ pnur le Caire; le lac Maré>)tis; les cultures; les 
villages Arabes; le Nil. — Les mandarines ; les Arabes; les pyramides ; 
le Caire. 

Contrairement à notre attente, le qnai est désert, nous 
ne voyons que quelques gendarmes à l'air anxieux et em- 
pressé. C'est que le public n'est pas admis sur ce quai, 
lors de Tarrivée des vaisseaux d'outremer; seuls les agents 
de l'autorité y ont accès. 

On nous f;iit passer directement dans u;i bureau, où il 
nous faut exhiber nos passeports, 

La plupait de nos co-pèlerins français no s'étaient pas 
pourvus de passeports, et quant à nous, nous n'avions 
qu'une simple feuille de route portatit le sceau de notre 
Province et la signature de notre Lieutenant-Gouverneur, 
pour en tenir lieu. Mais on nous avait dit à Londres, que 
cette feuille seule nous suffirait. 

On fait d'abord difficulté d'admettre ceux qui ne sont 
pourvus d'aucun papier, et quant aux autres, on veut re- 
tenir leurs feuilles pour ne les leur remettre qu'au Caire, 
le lendemain. Tandis qu'on en est ainsi à se faire des ob- 
jections de part et d'autre, M. Bolduc et nous, nous pré- 
sentons nos feuilles, en réclamant de notre titre de sujets 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 111 

britaniiiqnps. Un coup d'œil sur le texte aiigluis et le 
grand sceau en cire ronge qu'on étale à leurs yeux, suffit 
pour nous faire admettre s^ans plus do conteste. On nous 
propose aussi de nous garder nos feuilles pour nous les re- 
mettre au Caire, mais nous nous -y objectons, -tant pour 
nous soustraire aux démarches qu'il faudrait faire là pour 
les recouvrer, qu'aux bacchishs ^ qu'on ne manquerait 
pas de requérir alors. Le commandant de notre caravane 
en est encore à disputer avec les officiers turcs, que nous 
traversons la cour et franchissons la poite gardée par deux 
gendarmes qui nous sépare du trottoir que longe la file 
des voitures qui attendent les voyageurs. Un bacchish 
de la part de notre comraan iant obtient enfin raison des 
exigences des avides douaniers, et nos compi^gnons vien- 
nent aussitôt nous rejoindre. Nous nous partageons les 
voitures par 4, 5, 6. suivant leur capacité, et nous entilons 
des rues tortueuses et malpropres, pour nous rendre à 
l'hôtid Labat, au centre de la ville, l'un des plus considé- 
rables de la cité, où était fixé le lieu du rend'Z-vous. 

La disposition des maisons sur ces rues mal allignées, 
où souvent des balcons < fFi'-Mit nup telle projection qu'ils 
foi nient [iresque voûte au dessus de nos tètes; cette foule 
de gamins en haillons qui nous poursuivent en nous ahuris- 
sant de leurs cris; ces tètes couronnées de fez ou de tur- 
bans, suivant qu'on tient du turc ou de l'arabe ; ces faces 
bioi zées, giillées, brûlées par les rayons du soleil; ces 
coutumes aux formes si bizarres et aux couleurs si variées ; 
ces musulmanes qu'on voit paitout à la face cachée par un 
masque qui ne laisse voir que les yeux, lorsque souvent 
les pieds, les bras et la poitrine sont nus ; ces sons guttu- 
raux, ces articulations saccadées qui émaillent le langage 
dont on fait partout usige ; tout nous convainc que 
nous sc/mmes réellement en Orient, en face d'une civili- 
sation dillérente de la nôtre, que nous n'avons plus à comp- 
ter ici avec les coutumes et les usages de l'Oôci-leut. 

Après environ cinq minutes de marche par différentes 
rues, nous parvenons à la place des Consuls, au centre 



{,') Bacchish signifie : pourboire, avmône ; c'est le mot qu'on nous 
adresse de toute part en Orient, eu teudaut la main. 



112 LE NATURALISTE CANADIEN 

même de la ville. Ici c'est ttii tout autre aspect qui s'offre 
à nos regards. Nous nous retrouvons en pleine ville Euro- 
péenne. De beaux trottoirs larges et réguliers, des fiç^des 
en pierre de taille, des vitrines où sont étalés les divers 
articles dont nous faisons partout usage, le langage fran- 
ç;\is qui à tout instant frappa nos oreilles, les costumes 
européens que nous voyons partout, tout cela réuni pour- 
rait nous f.iire croire que nous sommes à Marseille ou à 
Bordeaux, n'étaient ces parasols de palmiers que nous 
voyons ça et là se balançant au dessus des maisons et ces 
costumes cosmopolites que nous voyous se coudoyer ou 
s'entrecroiser à chaque instant. 

La place des Consuls est un parallélogramme de quel- 
ques arpents de longueur sur une largeur proportionné, 
décoré à son milieu de la statue de Méhémet-Ali, si notre ' 
mémoire ne nous trompe, et portant bancs de pierre, allées 
d'arbres et les ornements d'usage dans les places publi- 
ques. Nous ttmrnons vers son ext:émité de droite dans 
une rue latérale, et à quelque pas seulement nous descen- 
dons à l'hôtel Labat, de suberbe apparence et d'aspect tout 
oriental, par les plantes qui décorent sa façade. Cet hôtel, 
à plusieurs étages, forme un carré dont le milieu e^t à ciel 
ouvert et occupé par un petit parterre tout rempli de 
plantes de climats tropicaux. Les chambres sont distri- 
buées sur un corridor qui partage la maison d'un bout à 
l'autre. Nous avons à peine pris possession de celle qui 
nous est assignée, que nous redescendons de suite dans la 
rue, pour examiner plus minutieusement la ville et nous 
pourvoir de quelques petits articles de voyage qui nous 
manquaient encore. 

Nous entrons d'abord dans un grand magazin dont 
les commis sont tous français, pour f.iire emplette de longs 
turbans à fond blanc rayé de bandiss rouges et jaunes, 
pour ajouter à nos chapeaux de paille, afin de nous proté- 
ger davantage la tète et le cou contre les rayons du soleil. 
On nous les fait payer 3 francs. 

Nous portons ensuite nos pas à la chancellerie épisco- 
pale pour faire viser nos celeài-el. L'évêque étant au Caire 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 113 

dans le moment, nous ne pouvons lui présenter nos hom- 
mages. Nous sommes reçus par son chacellier. religieux 
franciscain, qui nous accueillie avec une grande courtoisie, 
et parait tout joyeux de faire la connaissance de prêtres 
du Canada. Le P. Placide Yendrick, ce chancellier, est 
Belge, et comme la plupart de ses compatriotes, se rappro- 
che du caractère qui nous est propre, plus que toute autre 
nationalité. Descendant les uns et les autres des français, 
il semble que nous nous soyons, chacun de notre côté, 
également éloignés de notre type. Si l'on nous accuse 
quelquepart d'avoir marché trop lentement dans la voie 
du progrès, nous nous en consolons facilement, en voyant 
que la nation de nos pères, pour y avoir marché trop rapi- 
dement, a, en plus d'un endroit, dépassé le but. 

L'Egypte, ce pays qui dans les temps anciens a marché 
longtemps à la tête de la civilisation ; ce pays qui a laissé 
des monuments du génie de ses habitants, que nos siècles 
de lumière rangent encore au nombre des rnerveilles que 
n'ait pu depuis dépasser la conception humaine ; cette 
terre qui a produit tant de génies dans les sciences, les 
arts, la religion, même depuis l'établissement du christia- 
nisme ; cette terre où ont fleuri les Sésostris, les Ramsès, 
les Pharaons, les Ptolémés, les Euclyde, les Athanase, les 
Antoine, et cette foule d'anachorètes qui, se soustrayant 
pour ainsi dire aux lois de l'humanité, nous montraient 
des anges sous une enveloppe mortelle ; cette terre que 
foulèrent de leurs pieds Alexandre, César, Napoléon, 
et les Patriarches Joseph, Jacob, Moyse, et l'homme-Dieu 
lui même avec Joseph et sa sainte mère ; l'Egypte est au- 
jourd'hui bien déchue de sa splendeur d'autrefois. Elle ne 
compte même plus sur la liste des nations indépendantes 
qui ont voix au chapitre du gouvernement du monde, 
puisque son Khédive ou vice-roi reconnaît un suzerain 
dans le Grand-Turc de Constantinople. 

Le génie de cette nation dans le paganisme l'éleva au 
dessus de ses rivales, et tant que les saints de l'évangile 
peuplèrent ses déserts, elle ne cessa de fournir au monde 
des porte-étendard de la vraie civilisation ; mais depuis 



144 LE NATUBA.L16TE CANADIEN 

que l'islamisme, cette absurde religion de la chair, est venu 
la comprimer de ses étreintes, elle fut frappée de stérilité, et 
alla toujours en décroissant. Ou ne put même voir dans 
la suite des siècles, sortir de cette souche qui conservait 
encore quelques sucs de vie, aucun rejeton généreux, 
pouvant donner espérance d'un renouvellement de vi- 
gueur et de production de nouveaux fruits, comme on le 
voit dans les arbres de nos vergers, où souvent ces nou- 
veaux jets l'emportent sur la souche première par l'abon- 
dance de leurs produits. 

Elle suivit la route de décadence sans presque aucun 
retour sur elle-même, couiiuuemeni, sans se ralentir. 

11 en e5t du monde moral à peu près comme du 
monde physique. Tant qu'un arbre trouve dans le sol les 
sucs qui lui conviennent, ou qu'on a soin de les lui renou- 
veler par des engrais et des amendements intelligents, ou 
le voit s'épanouir dans sa croissance et livrer des fruits eu 
abondance. Mais pour peu qu'on le néglige, ^une fois les 
fiucs primitifs épuisés, on voit de suite des croissances 
étrangères voisines lui ravir ses sucs et des parasites i'é- 
touffer de leurs étreintes, et dès lors il cesse de produire 
ou ne donne plus que des fruits chétifs et sans valeur. 
Ainsi vont les nations. 

Tant que la lumière de l'évangile, qui est la véritable 
sève qui alimente leur vie, est pure et abondante ; elles 
croissent, s'épanouissent, et produisent. Maii du mo- 
ment que les croissances étrangères des hérésies, les para- 
sites ténébreux des schismes, ou ce qui est encore plus re- 
doutable, le ver léthifère de l'incrédulité prennent chez 
«lies droit d'asile, c'en est lait de lour grandeur, de leur 
prospérité. Ce ne sont plus que des troncs desséchés, in- 
capables de produire ; des plantes qui dépérissent après 
leur floraison; des sources ne montrant plus que de mai- 
gres lilet d'eau qui menacent de disparaitre totalement de- 
vant une aridité complète, comme ces torrents de la Syrie 
dans le lit desquels le voyageur se promène aujourd'hui à 
pieds secs. 

i^'Egypte, avec la plupart des pays de l'Asie — on pour- 



Yait dire avec toutes les contrées qtte rislatbisme % cou- 
vertes de son réseau — en est aujoardliai à èetté deh^riêre 
■période. Seule la sève généreuse du pur catholicisme 
pourrait la raviver, la régénérer ; mais les prescription s de 
Mahomet, chez ces peuples indolents, ignares et reçikm- 
gés dans la barbarie, y sont un obstacle presque infranchis- 
sable. Et comment pourrait-il opérer sa conversion ce 
musulman, lorsque la loi et la coutume permettent an 
premier venu qui le rencontrerait de ltd plonger un poi- 
gnard dans le cœur ou de lui loger une balle dans la "tèt«, 
sans qu'il y ait à réclamer. Car c'est ainsi qu'on en agtt 
dans tout l'empire turc. Un cadavre est la gisant près de 
la route. — Est-ce un musulman? — Non. — Oh! ce n'eirt 
rien; c'est celui d^xin chien de chrétien ! Aussi ces con- 
versions sont-elles très difficiles et fort rares. L'église ca- 
tholique que soutiennent ici les franciscains, les lazaristes, 
les frères des Ecoles-Chrétiennes avec les Sœurs de Charité, 
se recrute particulièrement parmi les européens, dans la 
conversion d'un certain nombre de chismatiques idrrecs, 
Améniens et Cophtes, et par les enfants abandonnés qu'on 
vient ofifrir. 

Mous allons visiter ces divers établissements, en obser- 
vant en passant et les constructions parfois assez impo- 
santes, et les jardins et places publiques aux plantes d'aspect 
si difiérent des nôtres, que dominent ça et là ces altiers dat- 
tiers, Phœnix dactylifera, Linné, au stipe grêle et élancé, 
aux palmes nombreuses et allongées, lesquelles, réunies 
en parasol au sommet, permettent au moindre souffle d'im- 
primer à ces arbres un mouvement ondulatoire des plus 
agréables. Les Frères ont ici un établissement aux vastes 
constructions et sur un excellent pied. Leurs élèves, que 
nous trouvâmes en récréation, nous présentèrent nn as- 
pect des plus intéressants ; les bons Frères nous dirent 
que les talents supérieurs étaient communs parmi eni. Ils 
ont surtout une aptitude toute particulière pour l'étude 
des langues. Avec les élèves les mieux doués, on fait 
d'ordinaire marcher quatre langues de front dans leur 
éducation, l'arabe, le français, l'italien et l'anglais ou le 
tare, et cela même avec des enfants de 8 à 9 ans. Leur 



116 LE NATDRALISTE CANADIEN 

bande de musique nous fit entendre quelques morceaux 
de son répertoire d'une exécution tout-à-fait remarquable, 

L'Egyte qui a fourni des monuments antiques à pres- 
que toutes les capitales des grands pays de l'Europe, et 
même de l'Amérique, pour la décoration de leurs places pu- 
bliques, en est presque entièrement dépouillée aujourd'hui. 
11 ne leste plus à Alexandrie que la seule colonne de 
Pompée, comme trophée de son ancienne splendeur, 
lorsque capitale d'un grand pays, elle portait le nombre de 
ses habitants à 500,000 ou 600,000, tandis qu'aujourd'hui ce 
nombre ne dépasse pas 65,000. 

Nous allâmes visitor cette colonne, élevée sur une pe- 
tite eminence un peu en dt;hors de la ville actuelle. C'est 
un monolithe de porphyre, de 70 pieds de hauteur, sur un 
diamètre proportionnel. De tous les monuments antiques 
que nous avons vus, c'est peut-être celui qui accuse plus 
.visiblement le travail du temps sur son existence. Les 
angles de sa base sont en partie disparus, son chapiteau 
est mutilé et défiguré, et son fut même, surtout dans le 
bas, a toute sa surface déchiquetée par l'action des cou- 
rants atmosphériques qui le fouettent depuis près de trente 
siècles sans avoir pu encore le renverser. 

Une douzaine de touristes français, il y a quelques an- 
nées, parièrent qu'ils iraient prendre un déjeûner sur le 

'sommet de cette colonne. On lit au bas certains échaf- 
faudages jusqu'à ce qu'on put lancer une ticelle par des- 
sus l'entablement, au moyen de laquelle on fit passer un 
cable dont les extrémités pendaient de part et d'autre. 
Fixant l'une de ces extrémités par le bas, nos jeunes ex- 
travagants durent jouer au matelot pour grimper au 
moyen de l'autre jusqu'à la table supérieure. Us parvin- 
rent ainsi, non sans beaucoup de peines et de fatigue, à se 
hisser là tous les douze et à gagner ainsi leur pari. La 
gloriole de pouvoir se vanter d'avoir mangé sur une table 
où très probablement depuis 3000 ans aucun mortel n'a- 
vait pris place, leur coûta assez cher pour que personne 
depuis ne s'avisât de renouveler le festin. 

;,. ir Cette colonne, qui sans doute autrefois ornait un parc 



CR QUÉBEC A JÉRDSAJ.EM 117 

public de la ville, est aujourd'hui dans un lieu vague, 
n'ayant pas même une simple clôture pour l'entourer. 
Comme elle reçoit de fréquentes visites de la part des étran- 
gers, des gamins arabes s'y tiennent en permanence, dans 
l'espoir de soutirer quelques bacchishs aux nombreux visi- 
teurs. Au nombre de sept à huit, au moment où nous la 
visitâmes, ils étaient à jouer à cache-cache autour de sa base. 
Ils s'empressèrent, en nous voyant, de nous offrir quelques 
fragments du monument ; mais le service était plus que 
superflu, vn que le sol en est couvert tout au tour. C'est 
un granit porphyritique très dur, de couleur rouge entre- 
mêlée de taches grisâtres plus ou moins vitreuses. La dif- 
ficulté n'était pas de trouver des fragments pour celui qui 
voulait en rapporter un échantillon, mais bien de pouvoir 
en avoir d'assez petits pour ne pas trop embarrasser dans 
le voyage. Aussi ne parvînmes-nous qu'assez difficilement 
à diviser l'un de ces fragments, tant cette pierre méta- 
morphique oppose de résistance au moindre éclatement, 

Alexandrie, qui est une ville fortifiée, est située un 
peu à rOuest du delta que forme le Nil en se jetant dans 
la Méditerrannée, sur une langue de terre qui sépare le 
lac Maréotis de la mer même. Elle fut fondée par 
Alexandre le Grand, 332 anvant J. C. Elle communi- 
quait avec le Nil par un canal que l'on a rétabli de nos 
jours. Elle fut longtemps la capitale de l'Egypte, et l'une 
des villes des plus populeuses du monde. On y conservait 
autrefois le corps de son fondateur renfermé dans un cer- 
cueil d'or massif. Son école de philosophie jouît jadis d'une 
très grande réputation. La construction du canal de tSuez, 
en permettant à Port-Saïd de se partager avec elle l'entre- 
pôt du commerce de l'Orient et de l'Occident, va contri- 
buer à lui faire perdre tous les jours de son importance si 
déchue déjà de ce qu'elle était autrefois» 

Au moment où nous y arrivâmes, la ville d'Alexandre 
était en grand émoi, par suite du meurtre d'un enfant 
Grec qu'on mettait à la charge des Juifs. On avait trouvé 
le cadavre de la victime, âgée de 14 ans, dans un fossé, 
percé de nombreux coups de couteaux, lledoutant des 
troubles, on avait fait mander par chemin de fer des ren- 



Jlft LB- NATÏRALI&XE CANADIBN 

fqrts.dïi Oaire, pour prêter, main, forte à la garnison. Voici, 
quelle aurait. été le motif, de ce meutre. 

On sait que les Juifs, pour la plupart, attendent en- 
core la venue du messie ; mais comme chez tous les peu- 
ples qui ont fermé les yeux à la véritable lumière, leurs 
croyances se sont plus ou moin? altérées, si bien que peu, 
très peu d'entre eux suivent encore aujourd'hui la loi 
Mosaïqi^e, et que sans guides sûrs pour les diriger, ils ont 
forn^p, plusieurs sectes dissidentes des vrais croyants d'au- 
trefois, jusqu'à devenir en certains quartiers de véritables 
mécréants, capables de tenir tête aux libres penseurs de 

"fSJQU^S. 

Or.pajrya^iCes disside;i\j;pj il e,n est qui admettent la ve- 
mi€^_ di^, r^depi^p^lii: dai^s la personne de JésusrChrjst, et 
q^i .c^P!i\fi\|;errpunémçnt:Obtpi>jr leur salut de ses .mérites, 
saçis^être, tenus.de se conformer à ses enseignements. Le, 
sang dj:^. Ciirist, disen,^-ils, a opéré le salut; du genre hu- 
niajin., Qrjes chrétiens. par leur communion s'incorporent 
ce sang, Si donc nous parvenons à obtenir du sang chré- 
tien^nous nQV\s assurerons dç mçme la rédemption. De là le 
n\eurtre4'un enfa-nt chrétien ayant communié, pour mêiejr 
son^s^ng d^ins 1^ confection des pains azymes qu'ils man-, 
gent à^ leurs pâques. Ce crime révoltant s'est déjà per- 
pétré pi, visi.e,urs fois à Alexandrie, et est tpujpurs demeuré 
injpwçi,^ par ce .qu'ici comme ailleurs, les Juifs sont les j 
princes.de la finance, et comme tout est vénal dans l'em- 
pi^re Tujp, il suffit d'(avpirjd,es épuç pour faire plier la jus- 
tic^_ dj^ns ^ ses . exigences .et obtenir l'impunité dçs forfaits, 
les^plus.réypltants. On, nous dit qu'il n'y a encore que., 
quelqu^çjs , années, les Juifs durent ainsi débouirser près,, 
d'un dçffii lïiillon de francs pour se soustraire au^. consé- 
quences d'un semblable mçutre. 

Mçi^s vîmes par les journaux, quelques jours après 
notre, dépE^rt d'Alexandrie, que malgré les recherches de 
Iaj)plice, oij n'avait pu se procurer aucune preuve dU: 
meurtre. supposé, et qu'on était porté à croire que le stra- 
gçme avait été monté par les Grecs eux-mêmes, dans le 
but de. squtirer quelque bonne rançpn des Crests Juifs..^ 



DK QUÉBEC A JÉRUSALEM 110 

On aurait pris le cadavre de cet enfant, mort de mort na- 
turelle, et on l'aurait ainsi maltraité et jeté dans un fossé, 
pour accuser les Juifs du forfait, et leur vendre ensuite 
fort cher l'impunité. Pour qui connaît les allures de» 
orientaux et la manière dont s'administre la justice dans, 
l'empire Turc, la ruse n'est pas da tout incroyable. 

Jeudis 24 mars. — De bonne heure, ce matin, nous nous- 
rendons à l'église Ste Catherine, que desservent les PP. 
Pranciscains et qui est attenante à leur couvent. Un ma- 
gnifique et vaste jardin, partagé en deux par une large" 
allée qui correspond à la porte principale de cette églises- 
la sépare de la voie publique. 

En retournant à l'hôtel, après la célébration de nos? 
messes, nous remarquons une autre église tout auprèSi 
Nous y entrons ; et nous reconnaissons de suite, par les cru- 
cifix peints sur bois et non sculptés, que nous sommes; 
dans un temple grec schismatique ; d'ailleurs l'espèce 
d'office qu'on y faisait alors, nous convainquit de suite que 
nous n'étions plus chez des catholiques. Tout le chœur 
était séparé du reste par une cloison dans laquelle s'ou- 
vrait une porte de chaque côté. Toute la nef était videj, 
mais près des murs, rapprochées de la cloison, étaient de» 
stalles dans lesquelles quatre clercs ou ministres, seules 
personnes alors présentes, chantaient des psaumes ou le- 
çons d'un ton fort monotone et assez ennuyeux. Ces clercs, 
tout en continuant leur chant, parurent fort intrigués de 
notre présence, car ils nous suivirent constamment de la- 
vue. Est-ce inconvenance ou témérité d'aller plus loin, 
nous dîmes-nous? essayons toujours. Mous passons de- 
vant les chantres et franchissons la porte de la cloison qui 
était ouverte, pour voir ce qu'il y avait au delà. Nous 
nous trouvons là dans un véritable sanctuaire, ayant un 
autel au fond surmonté d'un grand crucifix peint comme 
l'autre sur une surface plane. Un sacristain était à faire 
une parure à cet autel, probablement pour un office qui 
devait faire suite au chant de la nef. On nous regarde 
sans rien nous dire ; nous examinons les tableaux, qui 
n'ont rien de remarquable, et le reste de la décoration,, et 
sortons par l'autre porte, en passant de nouveau devant 



i,20 LE NATURALISTE CANADIEN 

Jcs chantres qui ne nous perdent de vue que lorsque nous 
franchissons la porte extérieure. 

Le programme de la caravane porte qu'il y aura une 
étape de quatre jours à Alexandrie. Comme le voyage est 
payé d'avance, aller et retour, ceux qui voudraient se 
contenter de rester dans le vaisseau tout le temps, ou du 
moins d'y venir coucher et prendre les repas, n'auraient 
rien à payer de plus ; mais si nous voulons loger en ville, 
aller au Caire, aux Pyramides etc., c'est à nos propres frais. 
Nous n'étions donc plus sensés soumis à notre comman- 
dant du moment que nous mettions pied sur terre ; cepen- 
dant, comme nous avions à visiter les mêmes lieux et les 
mêmes monuments, nous préférâmes aller ensemble sans 
nous débander. Voilà pourquoi il avait été arrêté que 
nous prendrions le train du chemin de fer de ll|h. pour 
nous rendre au Caire. Aussi, è part 3 ou 4, tous furent à 
bord du convoi à l'heure précitée. 

A peine sommes-nous installés dans les divers wagons, 
que le train s'ébranle et nous voici à parcourir â la vapeur 
cette terre d'Afrique, de la même manière que nous le 
fesons en Europe et en Amérique. Le chemin, à sa sortie 
de la ville, se trouve à côtoyer le lac Maréotis, dont nous 
examinons attentivement les eaux dans l'espérance de 
pouvoir peut-être y rencontrer le fameux souchet, Cyperus 
papyrus, Parlatore, qui tburnissait le papyrus sur lequel 
écrivaient les anciens Egyptiens, ou le lotus, cette célèbre 
Nymphéapée, Nymphœa lotus, Linné, qu'on voit repré- 
sentée sur tous les monuments, dont on mangeait la ra- 
cine, et dont la graine aussi fournissait une farine qui en- 
trait dans la confection du pain. Les fleurs du lotus bleu, 
Nymphœa cœrulea, tSavigny, entraient dans la confection 
des bouquets destinés aux ofirandes religieuses, et ses 
fruits, mêlés aux épis de blé, ont souvent servi comme 
modèles de la forme à donner aux chapiteaux des colon- 
nades des temples érigés à Isis, comme emblème de cette 
déesse de l'abondance. Mais, comme nous l'avions déjà 
reconnu plus d'une foi?, ce n'est pas en chemin de fer 
qu'on peut avantageusement herboriser. Les rives du 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 121 

Maréotis nous montrèrent en maints endroit une abon- 
dante végétation, mais dans laquelles lotus et papyrus et 
bien d'autres plantes encore sans doute, se confondaient 
pour nous en ces massifs de joncs et de cypéracées vul- 
gaires qui bordent d'ordinaire les rives de nos eaux tran- 
quilles. 

Bientôt nous perdons de vue les eaux du lac Maréotis, 
et nous voguons en pleine campagne. La plaine basse et 
unie est composée d'un terrain des plus fertiles, n'étant 
qu'un amas de limon que le Nil dans ses inondations vient 
renouveler chaque année. On est partout aux travaux 
des champs, ici à labourer, tout à côté à moissonner orge, 
blé, etc. car ici, il n'y a d'autre interruption à la végétation 
que la croissance du Nil qui commence en Juin et se ter- 
mine en Octobre. 

ISi le sol est fertile et les moissons de belle apparence, 
d'nn autre côté la culture nous parut fort défectueuse, La 
charrue n'est qu'un simple areaa, c'est-à-dire un petit soc 
fixé à une branche d'arbre courbe, le tout ne pesant guère 
plus de 30 livres. Elle est d'ordinaire traînée par deux 
petits bœufs, très distants l'un de l'autre, ou par un buffle 
à mine disgracieuse et sauvage. Ces buffles, que nous 
avions déjà rencontrés dans des ménageries, ont le cou 
surbaissé, sans avoir la bosse scapulaire de nos bisons ; leurs 
cornes, de grandeur moyenne, sont dès la base, dirigées en 
bas en s'écartant de la tête, puis se relèvent un peu en 
se portant en avant et en s'écartant d'avantage. 

La herse n'est pas connue dans leur culture, on sème tou- 
jours dans le sillon de la charue, à une profondeur de 4 à 
6 pouces, pour que le germe ne soit pas desséché par la 
forte chaleur. 

11 faut être prêt à confier les semences à la terre dès que 
les eaux se sont retirées, car une foi le sol sec, il ne peut 
être amené à produire que par des arrosements. 11 n'y a 
pas à chercher compensation dans les pluies, car en 
Egypte, elles sont trop rares et toujours insuffisantes. On a 
pu compter jusqu'à trois années de suite sans qu'on eût un 
seul grain de pluie ; et année commune, la quantité d'eau 
qui tombe de l'atmosphère ne dépasse pas 3 ou 4 pouces. 
Lors de notre arrivée à Alexandrie, il tombait quelques 



122t LB NATURALISTE CANADIEN 

grains de pluies, et plusieurs qui comme nous avaient lu 
dans les récits des voyageurs qu'il ne pleuvait presque 
jamais en ce pays, en étaient tout étonnés, croyant qu'on 
allait avoir de suite un démenti à cet avancé. Mais notre 
illusion fut de courte durée, car ces grains ne furent pas 
même assez nombreux pour réunir de toute part leurs 
taches sur les pavés, ils suffirent à peine pour consteller de 
leurs sombres astériques la poussière blanchâtre des trot* 
toirs. 

Comme partout la plaine est fort basse, l'eau se ren- 
contre à peu de profondr*ur dans le sol, et n'était la cha- 
leur ardente du soleil sous ces latitudes, nul doute que la 
terre ne conservât assez d'humidité pour soustraire le cul- 
tivateur à la nécessité de recourir à ces arrosements. 

En maints endroits nous voyons, près de la voie, des 
buffles attelés à des manèges qui font tourner une roue à 
godets qui déversent dans des rigoles l'eau dont ils se sont 
remplis en plongeant dans un puits ; ces rigoles qu'on 
ouvre ou ferme suivant le besoin, conduisent le liquide aux 
divers champs qu'on veut ainsi arroser. D'autrefois c'est à 
bras qu'on exécute ce puisemeut de l'eau. Deux longues 
courroies fixées de chaque côté d'une large gamelle sont 
retenues par deux femmes placées de chaque côté du puits ; 
tenant; une courroie de chaque main, elles impriment à la 
gamelle un balancement presque cadencé et fort gracieux, 
pour l'enfoncer dans le puits et en déverser de même le 
contenu dans une rigole tantôt à droite et tantôt à gauche. 
Nous nous sommes plu à admirer plus d'une fois avec 
quelle dextérité elles faisaient ainsi jouer ce plat au bout 
de leurs longues courroies, sansjamais. manquer leur coup 
soit pour le remplir soit pour le vider. 

L'Egypte c'est le Nil descendant de l'Afrique centrale 
à travers des déserts d'un sable qui pompe si avidement 
l'eau qu'il ne' reste partout qu'aridité. Partout où se porte 
l'inondation avec le limon qu'elle dépose, c'est la fertilité 
et l'abondance, et à côté la sécheresse et la stérilité. Si le 
Nil ce;ssait ses inondations seulement pendant quelques 
années, c'en serait bientôt fait de l'Egypte, et le désert au- 
rait bientôt reconquis tous ses droits sur cette plaine d'une 
fetrtiUtô sans pareille. 



Ml QH^t/BftC A JÉRUSALiai 1 28: 

On évalue à plus de 1500 lieues le parcours du Nih li: 
traverse, dans son: cours, plusieurs marais peuplés de crooo-- 
dyies, d'hippopotammes, d'ichneumons, etc., et se trouve^ 
coupé par une vingtaine de cataractes, dont la plus rap-^ 
prochée est celle d'Assoam, sur la frontière de la Nubie, à 
8Q0 lieues d'Alexandrie. A Kharjtoum, ville bâtie par 
Mehemet-Ali, et qui compte aujourd'hui 30,000 habitants^, 
le Nil se partage en doux. bra,ches, le Nil blanc qui vient, 
de l'intérieur de l'Afrique, et le Nil bleu qui descend de? 
l'Abyssinie. Dans le delt^que forme- le Nil dans la basse- 
Egypte, il, se partage^ a^ussi en deux, branches principales- 
pour se jeter dans Méditerrannée, l'une à Rosette et, 
l'autre à Darniette. En dehors de Iç^, vallée du Nil, à part 
quelques oasis sur les coulins du désert, c'est partout la 
plaine nue et stérile, car si parfois il s'y rencontre desmaress 
ou des marais, une eau soumâtre les remplit portant en 
dissolution des substances minérales, tellement abondantes 
que non seulement elles deviennent impotables mais même; 
délétères le plus souvent pour toute végétation. 

Plusieurs oiseaux s'offrent presque partout à nos re- 
gards, ce sont surtout des corbeaux et des vanneaux, et- 
sur les arbres qui ça et là bordent la voie, se montrent de- 
nombreux nids dans le feuillage. Il n'est pas rare d'en 
voir souvent jusqu'à 5 et 6 dans le même arbre. Ces arbres- 
le pins communément son,t des sycomores, des tamarins et 
parfois des dattiers. 

En plusieurs endroits nous voyons des champs de blé 
ou d'orge tellement entremêlés de coquelicots, qu'à quel- 
que, distance ils forment une masse rouge compacte. C'était 
la première fois que nous voyions le coquelicot, qui chez- 
nous ne s'échappe jamais- de nos-jardinSj ainsi répandu 
dans les champs, et ce n'est- qu'alors que nous comprîmes-, 
le nom de coquelicot des blés qu'on lui donne en plusieurs en- 
droits en France. 

Partout ce sont des champs en culture à perte de vue, 
avec des villages par-ci par-là sur de légères eminences. 
Ces villages, aux maisons en terre en forme de cubes, très 
près les unes des autres et souvent distribuées sans ordre, 
ont la plus chétive apparence possible. Et n'était le mi- 
naret toujours grêle et élancé qui les domine, on ne les re- 



124 LE NATRRAUSTE CANADIEN 

marquerait que lorsqu'on s'en serait assez rapproché pour 
distinguer les chèvres ou les poules qui se promènent sur 
les terrasses, ou des bandes d'enfants plus ou moins nus qui 
grouillent dans les carrefours que forment ces pitoyables 
huttes, 

A Kafr-il-Zaïat, nous avons un arret d'un quart d'heure. 
On vient nous offrir divers comestibles, oranges, dattes, 
gateaux etc.— Combien les oranges, demandâmes-nous à un 
gamin ?— Une piastre la pièce.— Une piastre? mais c'est 
incroyable — Attendez, nous dit un voisin, la piastre est ici 
de quatre sous environ. Nous en payons une et la trou- 
vons excellente. Bientôt arrivent nos compagnons en 
ayant les mains pleines. — Combien les avez-vous payées ? 
— Trois pour une piastre, au coin, là, à l'étalage de la 
bonne femme. Nous allons aussi nous en pourvoir, pour 
le même prix. Nous nous rappellâmes ^<lors ce que nous 
avions lu dans un certain guide : en général, en Orient, 
n'offrez guère plus d'un franc pour un article qu'on vous 
fera vingt francs. Ces oranges étaient de celles qu'on ap- 
pelle mandarines, et de toutes les oranges, nous nen 
avons jamais goûté de meilleures. Les mandarines sont 
d'assez chétive apparence extérieure : elles paraissent 
toutes bosselées, comme si elles étaient déjà en état de 
décomposition. Cela vient de ce que chez elles, la peau 
extérieure est distante de la masse intérieure, quelques 
légers filaments seulement se montrant dans l'espace qui 
sépare l'une de l'autre. Mais la masse intérieure est à di- 
visions comme dans les autres oranges, et la pellicule qui 
forme les partitions est tellement mince, qu'on la sent à 
peine dans la bouche. Elles sont très sucrées et sans au- 
cune pointe d'acidité. Les mandarines de Naples sont ré- 
putées les plus recommandables parmi les gourmets. 

A continuer. 



r?ÉOROLOGIB 125 

CHRONOLOGIE DE QUELQUES UNES DES INVENTIONS 
LES PLUS IMPORTANTES. 



La 1ère bibliothèque publique fut fondée 

à Athènes 563 avant J. C 

Eome eut la sienne 167 " " 

Alexandrie 284 après J. C. 

Le papier fut inventé en Chine 170 avant J. C, 

Les vitres furent employées en Angleterre 674 après J. C. 

Le papier de guenilles de coton fut in- 
venté vers le Xe siècle. 

Celui de toile en 1300. 

Le premier degré de Docteur fut conféré 

à Bologne en 1130 ; en Angleterre en 1208. 

L'Astronomie et la Géométrie furent intro- 
duites en Angleterre -. en 1220. 

La première toile fabriquée en Angleterre, en 1252. 

Les lunettes furent inventées en 12:80. 

La poudre à canon inventée à Cologne 

par Schwartz de 1320 à 1340. 

Premiers canons mis en usage au siège 

d'Alger en 1342. 

L'imprimerie inventée à Mentz par Gut- 

tenberg en 1450. 

Les dindons et le chocolat introduits d'A- 
mérique en Europe en 1529. 

Le tabac introduit en France par Nicot... en 1560, 

La patate introduite en Irlande en 1586. 

La circulation du sang découverte par 

Harvey en 1619. 



NECROLOGIE. 



Le Prince Lubomirski. — Le 24 février, est mort à 
Varsovie, dans sa 58e année, le prince Yladisias Lubo- 



LE NATtJft^U8TE'bANADIEN 

!iDirski connu dans le domaine des sciences comme con- 
chyliologiste distingué. Il possédait une des plus com- 
plètes collections conchyliologiques et une riche biblio- 
thèque pour cette partie de l'histoire naturelle. Il aimait 
sa science favorite non seulement en amateur, mais en 
naturaliste qui observe, qui classifi^, qui étudie lobjét de 
ses recherches. Aussi trouve-t-on dans les journaux scien- 
tifiques les preuves de ses études et de ses connaissances. 
Affable, bienveillant, cherchant toujours à être utile aux 
autres, il était généralement respecté et aimé. 

M. Joseph Decaisn^.-^— l.e 18 mars, s'éteignait à Paris, 
M. Jos. Decaisne, né à Bruxelles en 1807. Il s'adonna 
d'abord dans sa jeunesse au dessin ^t à la lithochromie, et 
parvint plus tard à être attaché à la culture du Jardin 
des Plantes, et à force d'études et de travail, il réussit 
de simple jardinier, à devenir professeur de culture à cette 
importante institution. De ce moment son attention se 
concentra sur la botanique. De nombreux articles dans 
des Revues Scientifiques et plusieurs ouvrages spéciaux, 
seul ou associé à d'autres savants, lui assurèrent une célé- 
brité justement méritée dans la science des plantes. Asso- 
cié à M. Lemaout, il publia la Flore des Jardins et des. 
Champs, qui est généralement connue et fort appréciée des 
débutants dans l'étude delà Botarniqué. 



FAITS I>IVEItS 



Utilité des Fourmis. — De tout temps on s'est servi de certains 
animaux pour faire la chasse à d'autres, mais on n'avait pas encore, 
que nous sachions, utilisé les insectes dads ée but. L'emploi en a été 
fait en Pologne. Les misérables qui vivent dans la malpropreté sont 
souvent infestés de vermine, surtout dans les climats chauds. Or il 
est d'usage dans les hôpitaux de ces contres que lorqu'on reçoit un 
nouvel arrivant, on soumette ses vêtements à une fumigation de 60^ 



FAITS DIVERS 127 

ponr faire périr la vermine qu'ils pourraient contenir. Un jour, à 
l'hôpital S. Lazare de Varsovie on déposa sur une pelouse dans le 
jardin de tels habits en attendant le moment de la fumigation. Lors- 
qu'on vint les reprendre, quelques heures après, on les trouva cou* 
verts d'une myriade de fourmis noires qui y avaient trouvé leur proie 
et l'emportaient. Après un examen plus attentif on acquit la certi- 
tude que ces fourmis avaient opéré la désinfection aussi bien que la 
fumigation la plus active. 

Goélands et Pélicans. — M. Willcox, de l'Académie des 
Sciences de Philadelphie, qui a spécialement étudié les oiseaux de la 
Floride, rapporte qu'en les observant attentivement il a pu constater 
un fait assez singulier au sujet des Goélands et des Pélicans. On sait 
que ces derniers vivent S'irtout de poissons. Après avoir ingurgité un 
bon nombre de ceux qu'ils ont pu prendre, ils conservent les autres 
dans la poche qu'ils ont sous la gorge, pour un autre moment où la 
faim se fera sentir. On les voit alors tellement lourds qu'ils se tiennent 
la tête basse en attendant que se fasse la digestion pour ingurgiter le 
reste. Les Goélands qui connaissent leurs habitudes, les suivent alors 
de près, et Viennent quelquefois jusqu'à se poser sur leur dos, épiant 
le moindre mouvemont du pêcheur, pour trouver le moyen de Ini 
ravir sa proie. Dès que le Pélican relève la tête et ouvre le bec, pour 
avaler un nouveau poisson, le Goéland s'élance alors et va jusqu'à 
s'engager la tête dans sa gueule pour lui ravir sa proie, qu'il s'en 
va dévorer plus loin. Il trouve sans doute la pêche beaucoup plus 
facile dans ce magazin, que dans les eaux vagues des estuaires. 

Goll€Ction vendue.— M. A. R. Grote, une autorité en fait de 
Lépidoptères d'Amérique, en ayant décrit un grand nombre d'espèces 
nouvelles, vient de vendre sa superbe collection de ces insectes au 
British Museum de Londres, pour la somme de $5,000. La Revue 
Psyche ajoute : " Thus, by the neglect of home institutions to secure 
this collection, replete with typical specimens, it has been lost per- 
manently to this country where it belonged." 

Un apiculteur à Québec— C'est souvent de l'étranger que 
nous viennent les nouvelles de notre propre pays. La Psyche nous 
apprend qu'un résident de Québec doit mettre prochainement sur pied 
une culture d'abeilles sur une très grande échelle. Il aurait donné 
ordre pour avoir de Ceylan une nouvelle espèce d'abeilles découverte 
récemment par M. Benton, le célèbre apiculteur Américain. La revue 
ajoute qu'un M. Jones, de Beeton, Ont. a vendu l'année dernière, 
30,700 lbs de miel, produit de son seul rucher. 



128 LE NATURALISTE CANADIEN 

Société MinéralOgîque. — Il vient de se former à Ottawa une 
Société Minéralogique, ou plutôt la Société de ce nom qui existait 
depuis quelques années dans le Collège des RR. PP. Oblats, vient 
d'être ouverte aux hommes de science du dehors. Le Rév. P. 
Marsan, directeur du collège, et qui fait particulièrement ses délices 
de l'étude des minéraux, parait être l'âme dirigente de la nouvelle 
Société. Dans une assemblée tenue au collège le jour de Pâques, la 
Société a confirmé ses constitutions pour sa nouvelle organisation, et 
fait l'élection de ses officiers pour une nouvelle année. Les fjnctions 
diverses furent distribuées comme suit: Président, M. Paschal Poirier ; 
Vici'.P. M. D. Burns; trésorier, M. Th. Hottes; secrétaire, M. P. 
Ryan; démonstrateur, M. T. MacCarthy; conseillers, MM. Frs. 
Latchford et J. 0' Sullivan. 

Il fut aussi décidé qu'en attendant que la Société pût avoir un 
organe spécial en langue française, V Universal Penman recevrait les 
bulletins officiels de ses transactions, et qu'on admettrait comme mem- 
bres correspondants, ceux à qui la distance ne permettrait pas do 
prendre part aux délibérations. 

Nous applaudissons de tout cœur aux nobles efforts do nos frères 
d'Ottawa pour promouvoir l'avancement de la science. Rien do plus 
efficace qu'une société pour inspirer et soutenir le zèle des étudiants, 
provoquer les recherches, entretenir le feu sacré en lui fournissant sans 
cesse de nouveaux aliments, et parvenir ainsi à des résultats que n'ob- 
tiendraieut pas isolément les intelligences même les mieux douées. Nul 
mieux que nous ne connait ce qu'il en coûte pour se frayer, seul, une 
route en dehors du cours des idées communes. Que de fois l'apathie 
et le dédain de ceux qui vous entourent viennent se dresser contre les 
efforts que vous faites pour vaincre les obstacles que vous rencontrez 
dans la route que vous poursuivez, et semblent vous dire : " insensé, 
t'épuiser dans ces luttes stériles 1 que ne fais tu comme les autres qui 

n'ont pas tes connaissances et ne s'en trouvent pas plus mal ?" 

C'est alors qu'une Société devient éminemment utile ; les obstacles qui 
semblaient insurmontables s'aplanissent promptement devant le con- 
cours de chacun des coassociés ; la portion de lumière produite par 
chacun d'eux forme, par son ensemble, un jour qui illumine des abymes 
qui semblaient insondables, et permet de marcher avec sûreté là ou 
auparavant on ne voyait que ténèbres infranchissables. C'est donc de 
tout cœur que nous souhaitons à la Société, succès et longue vie. 



LE 




Vol. XIII.-5. CapRouge, Q., MAI 1882. No. 148. 



Rédacteur: M. l'Abbé PROVANCHER. 



FAUNE CANADIENNE 



(Continué de la page 110.) 

11. G-en. Thyuéope. Thi/reopus, St-Fargeaa. 

Tète transversale, de moitié plus large que longue, 
avec des yeux très développés, empiétant sur la face 
"Vers le bas, de manière à former une fossette pour l'inser- 
tion des antennes, comme dans les Crabrons. Antennes 
insérées près de la bouche à la base du chaperon, à scape 
allongé, le pavillon dans les d" étant tantôt dilaté, aplati, 
fusiforme, et tantôt à peine épaissi et plus allongé, dans les 
Ç un peu épaissi vers l'extrémité. Prothorax très étroit, 
anguleux aux côtés; métathorax court, comme dans les 
Crabrons. Ailes comme dans les Crabrons. Pattes 
moyennes avec les cuisses renflées, les jambes et ies tarses 
médiocrement épineux, les jambes antérieures dans les cT 
dilatées en un grand appendice foliacé, lobé, ou bien mu- 
nies d'une brosse en dessous. Abdomen subsessile, plus 
étroit qne le thorax, avec l'extrémité dans les ? portant 
une plaque triangulaire unie, et étant spatulée dans les (^. 

Ces insectes ont toute l'apparence extérieure des Cra- 
brons, leur abdomen étant comme chez ceux-ci rayé de 
bandes jaurtes sur fond noir; mais il est toujours facile de 



130 LE NATURALISTE CANADIEN 

les distinguer par leur prothorax anguleux aux côtés, et 
mieux encore par la plaque anale des ? et les jambes an- 
térieures appendicées des <S'. Trois espèces rencontrées. 

Ç avec fuscies jaunes au 2e segment abdominal en 

dessous 1. monticQÎa. 

Ç sans fascies jaunes au 2e segment abdominal en dessous; 
cJ* avec le pavillon des antennes fusiforme, le tho- 
rax sans aucune tache 2. latipGS. 

(^ avec le pavillon des antennes filiforme, le tho- 
rax avec taches jaunes ; les jumbes an- 
térieures avec un appendice foliacé 3. pegasus. 

1. Thyréope monticole. Thyreopus moniicota, Pack. 
Proc. Ent. Soc. Phil, vi, 367. 

Ç — Long. .50 pce. Noir; tête courte, à front déprimé, portant 
de longs poils bruns. Chaperon court et large, argenté, caréné. Man- 
dibules noires. Antennes assez longues, le scape jaune, noir à la base 
et avec une ligne noire en dessus, le pavillon noir. Prothorax avec 
une bande jaune interrompue au milieu ; le niésothorax faiblement 
sillonné au milieu; les tubercules j;iunes, ocellés, l'écusson avec une 
tache jaune au milieu. Métalhorax avec le disque portant un sillon 
médian profond et des stries rayonnant de ce sillon. Ailes jaunâtres avec 
la côte brune, les nervuresjaunes. Pattes noires avec le premier article des 
tarses jaune. Abdomen allongé, déprimé en dessus, les 4 premiers seg- 
ments avec 2 bandes jaunes, celles du premier plu? petites, celles du 4e 
presque contiguës, le cinquième avec une bande non interrompue, le 
seo-ment terminal en tiiangie allongé, rebordé sur les côtés. Dessous 
avec une bande jaune de chaque côté au 2e segment. — E,. 

Capturé à Chicoutimi. 

2. Thyréope pieds-larges. Thyreopus latipes, Smith, 
B. M. Cat, iv, 396. 

^ — Long. .29 pce. Noir ; une tache sur les mandibules, le scape 
des antennes en dessous, avec les pattes en partie et des taches à 
l'abdomen, d'u!i jaune pâle. Le chaperon argenté; Antennes noires, 
à pavillon court, fortement dilaté et aplati, fusiforme, tout noir. 
Thorax sans aucune tache, le mésothorax densément ponctué, le 
métathorax médiocrement rngueux. Ailes médiocrement enfumées, 
les nervures noires, leurs écailles noires. Pattes noires avec les jambes 
jaunes, les cuisses antérieures jaunes avec une ligne noire en dessus, 
leurs jambes jaunes aussi avec une ligne noire, et l'appendice fort 
grand, foliacé, concavo-convexe, à pointe aiguë, le bord postérieur 



XVIII. — CRABRONIDES. 131 

sinué, le disque poli, noir, avec une large strie blanc-jaunâtre près du 
bord antérieur, une autre beaucoup plus courte dans le premier sinus 
du bord postérieur, toute la marge de ce bord jaune avec 4 ou 5 petites 
lignes brunes en arrière près de la jambe, les tarses brun-roussâtre avec le 
1er article jaune; les jambes intermédiaires avec une ligne noire en 
dedans, les postérieures avec le dedans noir et une autre ligne en 
dehors aussi noire. Abdomen allongé, étroit, avec 5 paires de taches 
jaunes ou blanchâtres, celles du 1er segment arquées, celles du 2e 
elliptiques avec un point noir au milieu, celles du 3e échancrées en 
avant, les autres simples. — R. 

9 Encore inconnue. Espèce bien distincte par sa 

coloration et surtout la forme de ses taches abdominales. 

3, Thyréope Pégase. Thyreopus Pegasus, Pack. Proc. 
Ent. Soc. Phil, vi, 362. 

Ç — Long. .35 pce. Noir, finement ponctué, légèrement velu ; le 
chaperon, le scape des antennes, une bande sur le prothorax inter- 
rompue au milieu, les tubercules, une ligne interrompue sur l'écusson, 
les pattes en partie avec des taches à l'abdomen, jaune. Chaperon 
argenté, de même que des lignes orbitales dans le sillon antennaire. 
Scape des antennes intiorement jaune, le pavillon noir. Ecailles 
alaires roux-brunâtre. Métathorax fortement rugueux. Pattes noires, 
les jambes avec les tarses, jaune, les premières tachées de noir en de- 
dans, les derniers roussâtres à l'extrémité. Ailes enfumées, les ner- 
vures jaunâtres. Abdomen subpédiculé, fusiforme, avee 4 paires de 
taches et une bande continue sur le 5e segment; les taches du premier 
segment sinueuses, celles du 2e plus grandes, simples, celles du 3e 
échancrées en avant, celles du 4e presque contiguës, le 5e segment 
avec une bande apicale continue ; la plaque anale avec poils dorés. — C. 

M. Cresson n'ayant vit que des ?, nous faisons suivre 
ici la description du c?. 

J* — Avec le scape des antennes taché de noir en arrière, le pa- 
villon filiforme, allongé. La tache de l'écusson obsolète. L'écaillé des 
jambes antérieures grande, polie, sans sinus ni découpures, en triangle, 
noire avec une bande jaune près de la jambe et 5 à 6 petites lignes 
blanches au bord postérieur. Abdomen comme dans la ? , mais avee 
une bande de plus sur le 6e segment, les taches du 4e étant aussi con- 
tiguës. 

Capturé à St-Hyacinthe. 



132 LE NATURALISTE CANADIEN 

12. G-en. Blépharipe. Blepharipus, St-Farg-, 

Tête transversale, quoique un peu plus longue que 
dans les Thyréopes. Chaperon large et court, avec les 
yeux grands et antérieurs comme dans les Crabrons. An- 
tennes filiformes, à premier article alloîigé. Prothorax 
court, sinué au milieu, ses côtés non anguleux ; méta- 
thorax avec un espace renfermé lisse au lieu d'être ru- 
gueux comme dans les Crabrons. Ailes comme dans le» 
Crabrons, mais avec le stigma plus développé et la radiale 
portant un appendice droit se dirigeant vers la côte. Pattes 
ordinaires. Abdomeu subpédiculé, déprimé, l'usiforme, 
terminé dans les 9 comme chez les Crabrons par une pro- 
jection en forme de canal. 

Ces insectes, qui ont toute l'apparence des Crabrons, 
s'en distinguent surtout par leur tête plus courte et leur 
métathorax poli. Quatre espèces rencontrées, dont une 
nouvelle. 
Noir avec taches jaunes ; ailes avec taches brunes. 1, maculipennis. 

Noir sans aucune tache 2. ater. 

Noir avec les jambes et les tubercules antérieurs 

jaunes 3. ml nimus. 

Noir avec les 4 tarses antérieurs blancs 4. ciuctipes, w. sp, 

1. Blépharipe à-ailes-tachées. Blepharipus maculi- 
pennis, Fabr. Proc. Eut. Soc. Phil, vi, p. 372. 

C^ — Lonjr. .36 pce. Noir; les mandibules, le scape des antennes, 
une tache sur le chaperon de chaque côté du milieu, une lîp^ne sur le pro- 
thorax interrompue au milieu, les tubercules, une double tache semi- 
lunaire sur l'écusson, les pattes en partie, une bande sur les segmenta 
abdominaux 2, 3, 4, 5 et 6 interrompue au milieu, jaune. Dos du 
métathorax poli, brillant, avec un profond canal au milieu. Ailes 
légèrement enfumée.*, chacune avec 3 taches brunes détachées, une en 
avant et une en arrière du stigma, près de la côte, et une 3e vers le 
milieu de l'aile au dessous du stigma. Pattes avec les jambes, l'extré- 
mité des 4 cuisses antérieures et le premier article des tarses, jaunes ; 
les 4 jambes antérieures avec une ligne brune en dessous et les posté- 
rieures avec une tache noire à l'extrémité. Abdomen poli, brillant, 
avec une tache transversale jaune sur chacun dea segments 2, 3, 4, 5 
et 6 interrompue au milieu, — R. 

Un seul spécimen c? capturé à Danville. Espèce bien 
remarquable par ses ailes tachetées. 



XVni. — CRABRONfDES. 133 

2. Blépharipe noir. Blepharipus aler, Cress. Crabro 
aier. Cress. Proc. Eut. Soc. Phil, iv, p. 477. 

$ — Long. .28 I'Ce, D'un noir foncé brillant, sans aucune tache. 
Le chaperon argenté ; le front finement ponctué et profondément 
canaliculé au milieu. Espace renfermé du métathorax en demi-cercle, 
poli, n'ayant qu'un sillon médian. Pattes noires, les jambes posté- 
rieures légèrement épineuses et avec les épines terminales rousses. 
Abdomen en massue, subpédiculé, poli, brillant. — AC. 

3. Blépharipe minime. Blepharipus minimus, Pack. 
Proe. Ent. Soc. Phil, vi, p. 377, d ?. 

(^ — Long, .18 pce. Noir; une tache sur le scape des antennes en 
dessous, une ligne sur le prothorax (manquant quelquefois), les tuber- 
cules, avec les pattes en partie, jaune. Chaperon argenté. Front 
densément ponctué, sans sillon médian apparent. Métathorax avec 
l'espace renfermé borné par une ligne ponctuée. Ailes très légèrement 
obscurcies, leurs écailles roussâtres. Pattes noires, les jambes jaunes 
avec une ligne noire en dedans, les postérieures avec un anneau jaune 
à la base, les 4 cuisses antérieures avec l'extrémité jaune en dessus, les 
tarses jaunes avec l'extrémité noire. Abdomen subpédiculé, poli, 
brillaat, noir, sans aucune tache. — PC. 

4. Blépharipe à pieds-ceinturés-de-blano. Plepha- 
ripus cinctipe^, nov. sp. 

(d — Long. .20 pce. Noir sans aucune tache. Le front impres- 
sionné au milieu au dessus des antennes,celles-ci entièrement noires, 
le chaperon à pubescence argentée. Métathorax fortement rugueux 
par de gros points soulevés. Ailes légèrement obscures au milieu; les 
écailles brunroussâtre. Pattes noires, les tarses intermédiaires blancs 
à l'exception du dernier article, les antérieurs aussi blancs excepté le 
1er et le dernier article, les jambes postérieures renflées. Abdomea 
subpédiculé, entièrement noir. — R. 

Un seul spécimen d^ pris sur le Petit Cap, S. Joachim. 
Se distingue particulièrement des 2 autres par la structure 
de son métathorax et ses tarses antérieurs blancs. 

13. Gen, Khopale. Rhopalum, Kirby ; Physoscelis, 
St-Farg. 

Tête subcubique, épaisse en arrière des yeux. An- 
tennes dans un sillon frontal, un peu épaissies vers l'ex- 
trémité dans les $ , presque filiformes dans les ç^. Ocelles 
en triangle equilateral. Prothorax mutique. Ailes avec 
un appendice se dirigeant en ligne droite vers la côte. 



134 LE NATURALISTE CANADIEN 

Pattes courtes, les cuisses et les jambes postérieures ren- 
flées. Abdomen à pédicule long, grêle, épaissi en raassufe 
à l'extrémité, le reste fusiforme, le dernier segment cana- 
liculé dans la ?. 

Se distinguent surtout des précédents par l'abdomen 
pédicule. Deux espèces rencontrées. 

Abdomen entièrement noir 1 . pedlceliatum. 

Abdomen avec le 3e segment plus ou moins roux. . 2. ruflgaster. 

1. Rhopale pédicule. Rhopalum pedicellatum, Pack. 
Proc. Ent. Soc. PhiJ. vi, p. 380. 

Ç — Lons:. .24 pce. Noir, poli, brillant; le chaperon argenté, 
étroit, tridenté en avant, sa partie me'diane se projetant en avant 
aaec une dent de chaque côté, les mandibules rousses, noires à la base 
et à l'extrémité. Antennes brunes, le scapc jaune avec une ligne 
noire en dessus. Thorax sans autres taches que le tubercule jaune, et 
les écailles alaires brunâtres; le métathorax poli, avec un sillon mé- 
dian. Pattes noires, jambes antérieures excepté une ligne noire en 
arrière, l'extrémité de toutes les cuisses, un anneau à la base des 4 
jambes postérieures avec les 4 tarses antérieurs, blanc. Cuisses pos- 
térieures renflées en pointe au milieu, leurs jambes avec des petites 
dents en dehors, leur extrémité rousse, leurs tarses noirs. Abdomen à 
pédicule grêle, renflé en une espèce de nœud au sommet, le dernier 
segment roux, canaliculé. 

Deux spécimens ç. 

2. Rhopale ventre-roux, Rhopalum rufigaster, Pack. 
Proc. Ent. Soc. Phil, vi, p. 382. 

? — Long, .20 pce. Noir, poli, brillant; les mandibules rousses, 
le chaperon argenté avec une pointe triangulaire au milieu. Sillon 
antennaire noir, poli Antennes peu renflées, le scape long, entière- 
ment jaune, le pavillon brun en dessus, testacé en dessous. Thorax 
entièrement noir, les tubercules jaunes, les écaillée alaires testacées. 
jaunâtres. Métathorax poli, brillant, avec un sillon médian. "Ailes 
hyalines, les nervures et le stigma, noir. Pattes noires, tous les tro- 
chantins, les 4 jambes antérieures avec leurs cuisses en partie, juune- 
pâle. Pattes postérieures avec un petit anneau jaune à la base de la 
jambe et l'extrémité de cette même jambe rousse, cette jambe aussi 
grosse que la cuisse, avec quelques petites dents en dehors, leurs 
tarses bruns. Abdomen à pédicule long, strié près de sa base et 
renflé en massue à son extrémité, la base du 3e segment plus ou moins 
largement rousse, de même que le ventre, le dernier segment aussi 
roux. 

Un seul spécimen $. 



XIX— EUMÉNIDES. 135 

14. G-en. Trypoxylon, Tnjpoxylon, Latr. 

Tête transversale, mais assez longue. Chaperon siib- 
triani^ulaire. plus long que dans les Crabrons, soulevé dans 
sa ligue médiane. Yeux grands, se rapprochant fortement 
sur le vertex et portant une échancrure triangulaire vers 
le milieu. Antennes insérées à la base du chaperon, de 
longueur moyenne, à peine épaissies à l'extrémité, leur 
premier article renflé, non allongé. Thorax ovale-cylin- 
drique ; le métathorax plus étroit que les 2 autres parties 
et souvent caréné sur les côtés. Ailes petites, avec une 
cellule radiale lancéolée, sans appendice, une seule cubitale 
fermée et 2 discoïdales, par conséquent une seule nervure 
récurrente que la lore cubitale reçoit vers son extrémité. 
Pattes ordinaires, assez grêles, inermes. Abdomen très 
long, en massue, le premier segment pyriforme au sommet. 

Les ailes petites de ces insectes avec leur long abdo- 
men qui s'épaissit en massue permet toujours de les distin- 
guer à première vue. Une seule espèce rencontrée. 

Trypoxylon en-massue. Trypoxylon davatum, Say. 
Say's. Eut. ii, 756. Proc. Ent. Soc. Phii. vi, p. 415, cJ?. 

Ç — Long. .38 pce. Eutièrement noir et sans pubescence ; le 
chaperon et des lignes orbitales à duvet argenté. Métathorax avec un 
sillon médian bien distinct, portant à sa base des rugosités longitudi- 
nales et au soiiimet des petites lignes transversales, les côtés carénés 
longitudinalement, et la face postérieure portant une profonde fossette. 
Ailes légèrement obscurcies à l'extrémité, les nei'vures noires. Pattes 
sans taches, les hanches et les cuisses soyeuses-blanchâtres, les jam- 
bes postérieures avec épines terminales rousses. Abdomen, poli, bril- 
lant, s'épaississant de la base à l'extrémité, le premier segment renflé 
au sommet et sa suture avec le 2e enfoncée. — CC. 

Fam. XIX. EUMENIDES Eumenidx. 

Tête courte, transversale, à yeux souvent échancrés 
et débordés par le vertex en arrière. 

Chaperon plus long que large, convexe au milieu, se 
terminant par une pointe bifide plus ou moins allongée. 

Mandibules fort allongées, dentées en dedans. 

Antennes insérées vers le milieu de la face, le scape 
allongé, le pavillon épaissi en massue. 



136 LR NATURALISTE CANADIEN 

Thorax court et robuste, à prothorax fort étroit au mi- 
lieu, mais s'allongeant sur les côtés jusqu'aux ailes ; l'é- 
cusson grand, le métathorax fort court. 

Ailes avec une cellule radiale lancéolée, 3 cubitales 
fermées dont la 2e, rétrécie à la radiale, reçoit les 2 ner- 
vures récurrentes, et 3 discoïdales fermées ; ces ailes se 
pliant en deux dans le repos. 

Pattes ordinaires, inermes ; tarses avec le premier ar- 
ticle aussi long que tous les autres réunis. 

Abdomen tantôt très brièvement pédicule, et tantôt 
avec tout le premier segment allongé en pédicule, se ter- 
minant toujours en pointe aiguë. 

Cette famille, assez peu nombreuse en genres, est réu- 
nie, par certains auteurs, aux Yespides, eu égard à la faculté 
qu'ont les insectes de ces deux familles de se replier longitu- 
dinalement les ailes en deux, dans le repos. Mais la confor- 
mation des mandibules adaptées à un genre de nidification 
tout différent est une raison majeure pour les séparer en 
familles distinctes. En effet, tandis que les guêpes vivent 
en société, sont pourvues d'instruments pour la construc- 
tion de leurs nids, et nourrissent leurs larves du miel 
qu'elles leur apportent ; les Euménides, toujours solitaires, 
se contentent de creuser des trous dans le bois pour y 
déposer des proies vivantes qu'elles paralysent au moyeu 
de leur aiguillon pour la nourriture de leur progéniture 
de la même manière que les Crabrons dont nous avons 
donné l'histoire. Il y a donc cette immense différence 
entre les Yespides et les Euménides, que chez les pre- 
mières les larves sont mellivores, tandis que chez les der- 
nières elle sont carnivores. 

Les Euménides sont des insectes à fond noir toujours 
plus ou moins marqué de jaune ou de fauve. Il est assez 
difficile de les saisir avec les doigts sans s'exposer aux 
douloureuses piqûres de leur aiguillon, eu égard à la fa- 
culté qu'elles possèdent de se mouvoir l'abdomen en tous 
sens, en en allongeant plus ou moins la pointe. Nous 
n'avons encore rencontré que des représentants des deux 
genres qui suivent. 



XIX. — E0MÉNIDK8. 137 

Abdomen très brièvement pédicule, son 1er segment 

étant presque égal au 2ô à son extrémité 1. Odynerus. 

Abdomen à premier segment toujours allongé en 

pédicule plus ou moins grêle 2. Eumenes. 

1. Gen. Odynère. Odynerus, Latr. 

Tête transversale. Chaperon convexe au milieu, plus 
long que large, bidenté en avant. Yeux échancrés ; 2e et 
3e articles des palpes labiaux portant un poil spinuliforrae 
vers le bout. Antennes terminées le plus souvent dans 
les ? par une espèce de crociiet. 1er segment abdominal 
campanuliibrme, court, très brièvement pédicule, un peu 
rétréci, ainsi que le 2e à leur jonction, ce dernier beau- 
coup plus grand que les autres. 

Insectes de taille moyenne, à taches jaunes ou blan- 
ches. Onze espèces rencontrées. 

1er segment abdominal à face antérieure séparée du 
disque par une petite carène ; 
1er segment abdominal en forme d'entonnoir, avec 
un sillon longitudinal sur son disque; an- 
tennes J* simples: sous-Genre: SYMMORCHUS ; 
Segment 1 — 4 avec une bordure jaune . ... — 1. WalshianUS. 
Segment 1, 2 et 4 avec une bordure jaune.... 2. Canadensis. 
Segments 1 et 2 seulement bordés de jaune.. 3. debilis. 
1er segment tronqué à sa base, sans sillon sur 
son disque ; dernier article des antennes cf 
en forme de crochet: sous-G : ANCISTROCERVS ; 
Métathorax à bordure tranchante ; 

Bordure du 1er segment abdominal non dilatée aux côtés ; 
Ecusson taché, bordure du prothorax bilobée. ... 4. capra. 
Ecusson sans tache ; bordure du prothorax simple. 5. tigris. 
Bordure du 1er segment abdominal dilatée aux 

côtés, ornements blancs •- 6. albophaleratUS. 

Métathorax sans bordure tranchante 7. Caïupestris 

1er segment abdominal sans carène transversale : QDTNERUS ; 
Bordure du 1er segment abdominal dilatée aux 

côtés 8. arvensis. 

Bordure du 1er segment abdominal non dilatée aux côtés ; 

Flancs sans taches 9. leucomelas. 

Flancs avec tache jaune 10. PensylvaniCUS. 



138 LE NATURALISTE CANADIEN 

1 Odynère de-Walsh. Odynerus Walshianus, tSauss. 
Syn. Am. Wasps, p. 152. 

Ç — Long, .43 pce. Noir foncé, le chaperon avec une tache d'un 
blanc jaunâtre à sa base, une tache sur le tubercule intra-antennaire, 
un point en arrière des yeux, une tache de chaque côté sur le protho- 
rax, une autre sur les flancs, une tache de chaque côté sur l'écusson, 
une bande à l'extrémité des 4 premiers segments de l'abdomen, avec 
taches sur les pattes, jaunes. Mésothorax partagé par 2 sillons bien dis- 
tincts ; écusson avec un sillon médian ; face postérieure du méta- 
thorax rugueuse, ses bords à peine carénés, garnis de poils courts. 
Ecailles noires avec la pointe postérieure jaune. Ailes hyalines, plus 
ou moins obscures près de la côte, le stigma noir. Pattes noires avec 
l'extérieur les jambes jaune. Abdomen distinctement ponctué, le premier 
seo'ment plus fortement, avec un sillon longitudinal sur son disque, les 
bandes jaunes sub-interrompues au milieu. Antennes des (^ avec le 
dernier article non replié en forme de crochet. 

Les bandes abdominales subinterrompues de cette es- 
pèce la distinguent particulièrement de ses voisines. 

2. Odynère du-Canada. Odynerus Canadensis, Sauss. 
Syn. Am. Wasps, p. 156. 

Ç — Long. .30 pce. Noir; toute la face fortement ponctuée, en- 
tièrement noire à l'exception d'une petite tache jaune sur le tubercule 
intra-antennaire. Antennes noires, sans aucune tache. Thorax for- 
tement ponctué, noir, une petite tache de chaque côté sur le protho- 
rax, une autre sur les flancs un peu en avant des ailes antérieures, 
une tuche sur l'écusson de chaque côté d'un sillon bien distinct qui le 
partage au milieu, jaune j^cailles alaires fauves avec leur bord interne 
noir. Mésolhorax partagé en trois par un sillon bien distinct de 
chaque côté du milieu ; le métathorax à face postérieure concave, avec 
crête sur ses bords latéraux. Ailes hyalines, avec un nuage plus ou 
moins obscur près de la côte en avant du stigma et dans la cellule 
radiale jusqu'à l'extrémité ; le stigma fauve. Pattes noires, les jambes 
et les tarses fauves plus ou moins tachés de brun. Ab lomen à pre- 
mier segment ponctué-rugue'ux, avec un sillon longitudinal sur son 
disque, le reste poli, brillant, à peine ponctué, le premier segment avec 
une bande jaune au sommet épaisse et portant une petite échancrure 
au milieu, les 2e et 4e aussi avec une bande jaune, celle du 3e étant 
plus ou moins oblitérée. — G. 

Ci suit la description du c? que M. de Saussure n'a 
point vu. 



XIX -EUMÉNIDES. 139 

^ — Avec le chaperon entièrement jaune, le scape des antennes 
avec une ligne jaune en dessous, les jambes jaunes avec taches 
noires, écusson sans taches ; pour le reste semblable à la Ç . 

Espèce bien distincte par sa taille grêle et sa colo- 
ration. 

3. Odynère faible. Odynerus debilis. Sauss. Syn. Am. 
Waps. p. 155. 

Ç — Long. .32 pce. Noir, fortement ponctué; une tache au haut 
du chaperon, une autre audessus des antennes, une de chaque côté 
sur le prothorax de même que sur les flancs, 2 points sur l'écusson 
avec la bordure du 1er, du 2e et souvent aussi du 4e segment abdo- 
jninal, jaune ; tête ponctuée-rugueuse ; dos du mésothorax avec un 
sillon profond de chaque côté du milieu ; métathorax fortement ru- 
gueux, sans carènes distinctes ; écusson avec un sillon médian. Ailes 
subhyalines, obscurcies à la côte, le stigma noir. Pattes noires les 
cuisses terminées de jaune, les jambes jaunes, noires à l'extrémité les 
tarses jaunes. Abdomen à 1er segment tout couvert de rugosités 
avec un sillon médian, bordé de jaune à son sommet, de même que le 
2e et souvent aussi le 4e. 

(^ — A coloration semblable à l'exception du chaperon qui est 
jaune et bidenté et de l'extrémité des antennes en dessous qui est 
roussâtre. 1er segment abdominal rugueux comme dans la Ç. 

Capturé au CapRouge. 

4. Odynère chèvre. Odynerus capra, Sauss, ISyn. Am. 
Wasps, p. 163. 

Ç — Long. .53 pce. Noir ; une tache sur les mandibules, 4 taches 
sur le chaperon, le tubercule intra-antennaire, le dessous des antennes, 
un point en arrière des yeux, une ligne sur le prothorax interrompue 
aa milieu et dilatée aux côtés, 2 taches sur les écailles alaires, une 
autre tache au dessous, un point de chaque côté sur l'écusson, les 
pattes en partie avec 4 bandes à l'abdomen, jaune. La tête, le tho- 
rax et le premier segment abdominal, avec longs poils jaunâtres. 
Ecailles alaires brunes avec une tache jaune en avant et en arrière. 
Métathorax à face postérieure lisse, brillante, ses bords avec une forte 
carène allongée en pointe mousse aux angles. Ecusson avec un sillon 
médian. Ailes jaunâtres, enfumées, le stigma brun-jaune. Pattes 
noires avec les jambes et les tarses jaunes, les 4 jambes antérieures 
noires en dedans, les postérieures avec seulement une tache noire vers 
l'extrémité. Abdomen robuste, les segments 1, 2, 3 et 4 avec une 
bande jaune au sommet, le 2e avec sou disque poli, à peine ponctué. — 
C. 



140 LE NATURALISTE CANADIEN 

ç^ — Avec le chaperon jaune, une tache jaune sur toutes les hanches 
en dessous, les cuisses presque entièrement jaunes en avant, tous 
les segments abdominaux excepté le dernier avec une bande jaune. 

Les angles sub-épineux des bords du métathorax de 
cette espèce, avec sa face postérieure brillante, la distin- 
guent particulièrement de ses voisines. 

5. Odynère tigre. Odynerus tigris, Sauss. Monog. 
des Guêpes, p. 273» 

$ — Long, .40 pce. Noir avec taches jaunes. Chaperon noir, for- 
tement ponctué, son extrémité échancrée en avant, portant 4 taches, 2 
plus grandes vers le milieu et deux autres plus petites plus en avant» 
le tubercule intra-antenaire, avec une ligne en dessous du scape 
jaune, de même qu'une petite ligne en arrière des yeux. Thorax forte- 
ment ponctué, le prothorax avec une ligne sur le bord dilatée aux 
côtés, l'écusson avec une ligne partagée en 2 par un petit sillon, une 
bande sur le post-écusson, une tache sur les borda latéraux du meta, 
thorax, une tache au-dessous des ailes antérieures, jaune. Métathorax 
à face dorsale concave, unie, ses bords latéraux avec une carène sub- 
épineuse aux angles, cette carène plus ou moins tachée de jaune. Ailes 
subhyalines, avec une tache plus obscure dans la 1ère cellule cubitale, 
et une autre partant de la radiale et s'étendant jusqu'au bord de l'aile. 
Pattes noires, les jambes excepté à l'intérieur, avec l'extrémité des 
cuisses, jaune, les tarses brun-fauve ; les jambes postérieures jaunes 
avec l'extrémité noire. Abdomen à premier segment un peu plus petit 
que le suivant, pubescent et plus fortement ponctué, portant une bande 
jaune apicale. dilatée brusquement à ses extrémités, le 2e densément 
ponctué, portant aussi, de même que les trois suivants, une bande 
jaune apicale, en dessous le 2e segment seulement porte une bande 
jaune. — CC. 

Ç — Avec le chaperon jaune, les antennes roussâtres à l'extré- 
mité avec le dernier article noir et recourbé en crochet, point de 
taches jaunes sur les bords latéraux du métathorax, toutes les jambes 
jaunes, etc. 

Cette espèce, un peu plus petite que la précédente, se 
reconnaît surtout par le sillon médian de son écusson, les 
taches jaunes des angles du métathorax chez les Ç, le 2e 
segment abdominal plus fortement ponctué, etc. 

6. Odynère caparaçonné-de-blanc. Odynerus albo- 
phaleraius, Saussure. Syn. Am. Wasps p. 167. 



! 



XIX— FUMÉNIDKR. 141 

$ — Long. 50 pee. Noir, fortement ponctué ; une petite tache 
triangulaire à la base des mandibules, 4 taches sur le chaperon, le tu- 
bercule intra-antennaire, un point en arrière des yeux ; une ligne sur 
le bord du prothorax dilatée de chaque côté, 2 taches sur l'écusson 
une tache au dessous des ailes antérieures, en arrière du tubercule, les 
pattes en partie, une bande au sommet des segments abdominaux 1 à 
5, blanc ou jaune blanchâtre. Chaperon noir, grossièrement ponctué 
avec 2 taches en avant et 2 autres plus allongées près de la base. An- 
tennes noires, roussâtres en dessous, tant le scape que le pavillon. 
Thorax avec pubescence blanchâtre, le mésothorax avec une impres- 
sion de chaque côté du milieu le séparant dans toute sa longueur, 
L'écusson grand, poli, ponctué, avec une tache triangulaire de cha- 
que côté ; le métathorax à face postérieure concave et carénée au 
milieu, polie, lisse, ses bords latéraux avec une crête garnie de poils 
nombreux blanchâtres. Ecailles alaires jaunes avec une tache noire 
interne. Ailes enfumées-jannâtres, avec une tache plus foncée à la 
radiale, le stigma brnn-roussâtre. Pattes noires, l'extrémité des cuisses 
avec les jambes excepté en dedans, juune, les tarses fauves. Abdomen 
sessile, à premier segment un peu plus petit que le suivant, portant 
une carène transversale à son bord antérieur, ponctué et pubescent, 
les autres glabres, le 2e le plus grand, finement ponctué, les autres plus 
fortement, 1, 2, 3 et 4 avec une bande jaune au sommet, plus large 
sur un 1 et 2 et élargie au milieu sur le premier, l'extrémité 
noire. — CC. 

(^ — Avec le chaperon entièrement jaune, le scape des antennes 
avec une ligne jaune en dessous, le pavillon roux à l'extrémité avec le 
dernier article noir et replié en crochet, les cuisses en partie jaunes etc. 

1. Odynère champêtre. Odynerus campestris, Sauss. 
Syn. Am. Wasps, p. 181. 

çj — Long. 50 pce. Noir ; le chaperon excepté une tache noire au 
centre, le tubercule intra-antennaire, le dessous des antennes, le bord 
du prothorax dilaté aux côtés, une grande tache au dessous des ailes 
antérieures, une petite ligne derrière les yeux, une tache triangulaire 
de chaque côté sur l'écusson, le post-écusson, les pattes en partie avec 
des bandes à l'abdomen, jaune. Thorax fortement ponctué, à poils 
blanchâtres, le mésothorax avec une impression de chaque côté du mi- 
lieu visible seulement en arrière. Face postérieure du métathorax 
ponctuée, ses bords latéraux sans carènes. Ailes obscures le long de la 
côte, le stigma brun-fauve, les écailles jaunes traversées par une bande 
brun-fauve. Pattes jaunes, les hanches et les cuisses noires, l'extré- 
mité des cuisses avec les tarses, fauves. Abdomen fortement ponctué, 



142 LE NATURALISTE CANADIEN 

le 2e segment moins que le reste, le premier segment avec une bande 
jaune à l'extrdmite et une tache circulaire distincte de chaque côté, le 
2e avec une large bande jaune à l'extrdmite, cette bande fortement 
ponctuée, le 3e seulement avec une ligne ; l'anus noir. 

Var. Le chaperon jaune avec 2 taches noires. 

çj> — Sans taches au chaperon, le post-écusson sans taches ou seu- 
lement avec 2 points. La tache des flancs absente ou présente, seg- 
ments 3 et 4 avec ou sans bordure jaune. 

Espèce bien recoiinaissable par la coloration de son 
premier segment abdominal et surtout par la bordure for- 
tement ponctuée de son 2e segment. 

8. Odynère des-champs. Odynerus arvensis, Sauss. 
Syn. Am. Wasps, p. 270. 

Ç — Long. .50 pce. Noir, densément ponctué, avec taches 
d'un jaune orange ; le tubercule intra-antennaire, une tache en arrière 
des yeux, les mandibules, le dessous du scape des antennes, le bord 
du prothorax largement dilaté de chaque côté, les écailles alaires ex- 
cepté une tache brune au milieu, une tache au dessous, le post-écus- 
son, une bordure aux segments 1, 2, 3 et 4 de l'abdomen, avec les 
pattes, jaune foncé ou jaune-orange. Le chaperon jaune porte une 
tache noire au milieu. Face postérieure du métathorax ponctuée, non 
séparée du reste par une carène. Ailes enfumées, jaunâtres ourous- 
sâtres. Les hanches avec les cuisses excepté à l'extrémité, noires. 
Abdomen finement ponctué, son premier segment sans carène trans- 
versale quoique tronqué en avant, portant à son sommet une bor- 
dure s'unissant aux côtés à une tache circulaire et subinterrompue au 
milieu, le 2e avec une bordure simplu, mais très fortement ponctuée, 3 
et 4 avec une simple ligne. — R. 

cJ* — A chaperon sans tache. Le crochet des antennes noir ou 
testacé. Les bords latéraux de la face postérieure du métathorax 
rugueux. Le 5e segment souvent aussi avec une bordure. 

Espèce bien distincte par sa coloration, appartenant 
anx vrais Odynerus. 

9. Odynère grisâtre. Odynerus leucomelas, Sauss. Syn, 
Am. Wasps, p. 287, ? d^. 

Ç — Long. .45 pce. Noir, ponctué; une tache sur les mandi- 
bules, 2 au chaperon, une autrejau front, une autre en arrière de chaque 
œil, la bordure du prothorax, une tache sur les flancs, le post- 
écusson avec la bordure des segments abdominaux, blanchâtre. Meta, 



XrX — EUMÉNIDES. 143 

thorax fortement ponctué, ses bords formant des angles arrondis. Ailes 
subhyalines, leurs écailles avec une tache blanche. Pattes avec les 
cuisses noires, les jambes blanches avec une strie noire en dedans, les 
tarses et les genoux ferrugineux. Abdomen à 1 er segment court, à 
peine plus fortement ponctué que les autres, sans carène transversale, 
portant un petit sillon sur son disque, bordé -de blanc de même que les 
4 suivants. 

^ — A chaperon jaune, bidenté, une ligne sur le scape des an- 
tennes, le crochet de leur extrémité, les jambes, les tarses, le dessous 
des cuisses intermédiaires de même' que leurs hanches, jaune. 

Var. Le crochet des antennes noir. 

Capturé à Chicoutimi ; se rapproche par sa coloration 
de Valbophaleratus, mais peut toujours s'en distinguer par 
son absence de carène au 1er segment abdominal et par 
son écu&son sans taches. 

10. Odynère de-Pensylvanie. Odr/nerus {Slenodynerus) 
Pensylvanicus, Sauss. tSyn. Am. Wasps, p. 327. 

Ç — Long. 30 pce. Tête globuleuse. Noir ; le labre, une tache 
sur les mandibules, le scape des antennes en dessous, une tache dans 
le sinus des yeux, un point en arrière de ceux-ci, une ligne interrompue 
sur le bord du prothorax, une tache au dessous des ailes, le post-écus- 
son, la bordure des segments 1, 2 et 4, avec les jambes, jaune. Les 
écailles alaires ferrugineuses ; les ailes subhyalines, la cellule radiale 
enfumée. La face postérieure du métathorax non marginée en dessus, 
son sommet portant de larges ponctuations. Abdomen grêle, cylindrique, 
le premier segment très fortement ponctué, sans carène transver- 
sale. Le chaperon tout noir, sans taches. 

cf — Antennes ferrugineuses en dessous, le chaperon jaune. 

La plus petite de toutes les espèces que nous ayions 
encore rencontrée. 

2. Gen. Euménès. Etimenes, Latr. 

Tête transversale. Yeux échancrés. Antennes insé- 
rées vers le milieu de la face, le premier article allongé. 
Chaperon un peu plus allongé que dans les Odynères. 
Mandibules longues, dentées. Ailes avec une grande cel- 
lule radiale et 4 cubitales, dont la 2e plus petite, rétrécie 
vers la radiale, reçoit les 2 nervures récurrentes. Ab- 
domen à premier segment aminci, pédonculiforme, fort 
long, le reste formant une masse sub-globuleuse. 



144 LE NATURALISTE CANADIEN 

Mêmes habitudes que chez les Odynères dont ils ne 
se distinguent que par leur abdomen pédoncule. Une 
seule espèce rencontrée. 

Euménès fraternelle. Eumenes fraierna, Say, Say's 
Ent. I, p. 332, c??. . 

Ç cf — Long. 52 pce. Noire, ponctuée, avec poils jaunâtres ; le 
chaperon, le tubercule intra-antennaire, une ligne sur le scape des an- 
tennes en dessous, une petite ligne derrière les yeux, le bord du pro- 
tborax, le post-écusson, un point sur les flancs au dessous des ailes, 
les pattes en partie, avec une bande subapicale à tous les segments 
abdominaux, jaune-pâle. Le chaperon est fortement échancré en avant, 
dans les Ç il porte une grande tache noire au milieu. Antennes 
noires, dans les S^ l'extrémité est roussâtre avec le dernier article re- 
courbé en crochet. Thorax fortement ponctué ; métathorax sans au- 
cune cirène. Ecailles alaires fauves, plus ou moins tachées de jaune. 
Ailes jaunâtres, enfumées près de la côte. Cuisses noires avec l'ex- 
trémité fauve ; jambes blanches avec une tache noire en dedans, tarses 
fauves. Abdomen à premier segment allongé en pédicule, quoique 
beaucoup plus grêle à sa base. Le 2e segment campanuliforme avec 
sa bande apicale échancrée au milieu, et portant en outre une tacho 
elliptique, oblique, de chaque côté, les autres segments fort courts, 
avec leurs bande plus ou moins onduleuse. — CC. 

Ces insectes construisent leurs nids en terre et les at- 
tachent ordinairement à la surface d'une feuille, les appro- 
visionnant de chenilles ou autres insectes. 

(Â Continuer). 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



(.Continué de la page 124.) 

Nous rencontrons un gamin avec des gateaux en 
forme de cercles ou de rondelles qu'il porte enfilés dans 
son bras, nous en achetons quelques uns comme supple- 
ment à la simple tasse de café que nous avions prise pour 
tout déjeûner. La croûte était toute piquetée de graines 
que nous crûmes être de l'anis. Mais quelles graines et 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 145 

quelle pâte ; pour sûr que nos chiens n'auraient pas voulu 
en manger. Nous en fîmes goûter à plusieurs de nos 
compagnons, et tous proclamèrent qu'il n'y avait que des 
pal;iis arabes pour ^'accommoder d'une telle saveur. Aus-i 
n'hésitâmes-nous pas longtemps à profiter de la petite 
fenêtre du wagon pour nous en débarrasser. 

Le plus souvent se sont des bœufs que nous voyons 
attelés aux charrues, quelquefois cependant ce sont des 
mulets ou des ânes ; plus d'une fois nous avons vu un 
âne accouplé avec un bœuf, et une seule fois un âne 
accouplé avec un chameau. C'est l'unique occasion où 
nous avons vu le chameau employé comme bête de trait. 

Après avoir passé plusieurs villages arabes, tantôt à 
droite et tantôt à gauche de la route, et tous à peu près 
de même apparence, nous traversons, sur un superbe pont 
en fer, la branche Ouest du Nil, celle qui a son embou- 
chure à Rosette» Le fleuve a à peu près un peu plus 
d'un mille de largeur ici, et présente une fort belle appa- 
rence. C'est partout le même terrain et les mêmes cul* 
tures ; blé, orge, lentilles, lin, trèfles, fèves etc. 

A Tanta, nous passons l'embranchement du chemin 
de fer de Mansoura, se dirigeant vers l'Est, et de ce point 
la route prend une direction plus prononcée vers le Sud, 
c'est-è-dire s'écarte davantage de la Mcditerrannée, pour 
s'enfoncer dans les terres. Peu après, nous traversons la 
branche Est, celle qui a son embouchure à Damiette, sem- 
blablement sur un pont en fer, et nous nous trouvons en 
plein pays de Gessen, c'est-à-dire dans cette terre qu'occu- 
pèrent autrefois les Israelites, lorsqu'à la suite de la vente 
de Joseph, les autres enfants de Jacob ses frères vinrent 
s'y établir. C'est là que la seule famille de ce patriarche, 
dont les douze enfants formèrent les souches, se développa 
tellement sous la b*^nédiction du Seigneur, bien que fort 
maltraitée par ses maîtres, que lors de sa sortie d'Egypte, 
sous la conduite de Moïse, c'est-à-dire après s>'ulement 
215 ans, elle formait une nation de plus de trois millions 
d'âmes. 

Depuis longtemps déjà les yeux et les lunettes étaient 
braqués du côté du Sud-Ouest, dans l'espoir d'y découvrir 



146 LE NATURALISTE CANADIEN 

les pyramides qu'on pouvait, nous disait-on, voir de ce 
point. Nous les apercevons à la fin, sous forme d'un 
triangle de modeste dimension se dessinant sur l'hovizon 
lointain. Bien que nous ne pussions dès lors juger de leur 
masse imposante, nous ne pûmes cependant nous défendre 
d'une certaine émotion : nous avions sous les yeux Tune 
des plus étonnantes merveilles du génie de l'homme ; une 
œuvre de quarante siècles sofirait à nos regards ; le temps 
qui détruit tout, avait pour ainsi dire émoussé sa puis- 
sance sur cet ouvrage de la main des hommes ! 

A Benah, nous passons un autre embranchement du 
chemin de fer qui se rend à Ismalia sur le canal de Suez, 
et nous continuons toujours dans la même direction, jusqu'à 
ce qu'enfin nous pénétrions dans la ville et descendions 
dans la gare. 



YIII 



Le Caire; l'hôtel Roval 5 la ]an«:ue Arabe; les chiens; les enfants sans 
parents; panorama; la chibouque et le narguileh. — Lea Pyramides, 
la route qui y conduit ; as^cension dç Chéopa ; le Sphinx ; les Pyra-f 
mides de Sakkara ; les esclaves. 

A peine descendus dans la gare, nous nous empressons 
de nous assurer des voitures de place pour nous rendre aux 
hôtels, dont le choix n'avait pas été, cette lois, fixé d'a- 
Tance. Mais pendant que nous cherchons notre compa- 
gnon d'un côté, pour ne pas nous séparer, lui nous 
cherche d'an autre, si bien que nous nous trouvons à la 
fin seuls pour nous pourvoir d^un logement. Un jeune 
homme vient s'offiir de nous conduire, tout près de là, à 
l'hôtel Royal, tenu par un français, et où, assurait-il, nous 
nous trouverions fort bien. Il s'empare de nos petits sacs, 
eft nous le suivons à pied. 

Les rues offrent à peu près le même aspect qu'à 
Alexandrie, avec cette diflfjrence toutefois qu'elles sont 
beaucoup plus fréquentées ; la foule des voyous sales, dé- 
guenillés, criant, hurlant sans cesse, est ici beaucoup plus 



©15 QUÉBEC A JÉRUSALEM 147 

nombreuse. Les rues que nous enfilons sont aussi tor- 
tueuses et étroites, et presque toutes les fenêtr s des mai- 
sons présentent un balcon à trois chassis feisant sallie sur 
la rue. Cette saillie des balcons couverts permets, au 
moyen des chassis qu'ils portent, d'intercepter le moindre 
courant d'air de la rue pour le faire pénétrer à l'intérieur, 
ou du moins pour rafraîchir les personnes qui viennent 
s'y reposer, lorsque le soleil ne les couvre plus de ses 
rayons. 

Après environ dix minutes de marche, nous tournons 
à gauche dans une rue beaucoup plus large et plus pro- 
pre, d'apparence tout européenne, oil nous trouvons l'hôtel 
que nous cherchions. Le patron, M.. Raymond, nous ac- 
cueille avec une urbanité toute Parisienne, et nous prête 
d'autant plus d att ntion qu'il se trouvait froissé de ce que 
les autres membres de la caravane étaient passés devant 
sa porte, à lui français et catholique, pour aller descendre 
à quelques pas de là à l'hôtel d'Orient, tenu par un grec 
schismatique. Il nous donne des chambres au deuxième, 
grandes et bien confortables, dont le prix, y compris la 
pension, serait de 10 francs par jour; ce qui nous parut 
fort raisonnable. 

Nous nous empressons de prendre notre dîner et nous 
nous mettons de suite à la visite de la ville. 

Le Caire, la capitale actuelle de l'Egypte, est une ville 
d'au moins 300,000 âmes, dont les indigènes mêlés aux 
Arabes, forment la majeure partie. Elle est située sur la 
rive droite du Nil, à quelques arpents seulement de sa 
rive. Sa partie opposée au fleuve est beaucoup plus élevée 
que le reste, reposant sur un plateau escarpé qui domine 
toute la ville. C'est là que se trouve la résidence du Khé- 
dive ou vice-roi, la citadelle, la fameuse mosquée de Mé- 
hémet Ali, si remarquable par ses marbres précieux, etc. 
Sa latitude est de 30° 3' Nord, et sa longitude de 28*^ 
68' Est du méridien de Paris. Fondée dans le Ville 
siècle, elle fut la résidence des Califes Fatimites, qui 
gouvernèrent l'Egypte pendant plus de six siècles, alors 
que le Grrand-Turc de Constantinople n'avait pas encore 
étendu son bras de fer sur la côte Sud de la Méditer- , 



148 LE NATURALISTE CANADIEN 

rannée. Elle reçut, comme Alexandrie, en 1798, la visite 
de Napoléon 1er, qni s'en empara pour les françi'.is qui y 
furent maîtres durant trois ans et demi. Elle n'est qu'a 
trois lieues de l'cmpliicement qu'occupait l'ancienne 
Memphis, sur la rive gauche du Nil. 

La ville, telle qu'elle est aujourd'hui, se compose de 
deux parties bien distinctes :1e Vieux-Caire ou les faubourgs 
qui sont tout-à-fait Arabes, et la ville nouvelle qui a un 
aspect tout européen dans ses constructions, moins toute- 
fois ces dattiers qui projettent ça et là leurs stipes élancés 
au dessus des résidences, pour leur offrir lombre de leurs 
immenses parasols de palmes, et ces autres plantes tropi- 
cales qu'on rencontre dans les rues et places publiques : 
mûriers, sycomores, tamarins, acacias etc. 

Mais si les constructions peuvent parfois nous reporter en 
Europe, les costumes et le langage des rues nous ramènent 
aussitôt en Orient, Bien qu'on nous réponde presque 
partout en français lor.>-que nous entrons dans les bou- 
tiques, de toute part, dans les rues, ce sont des sons sacca- 
dés, gutturaux, qu'on dirait souvent plutôt tirés des en- 
trailles que de la poitrine, qui nous Irappent les oreilles. 
Singulier langage que cet arabe, qui exige un U'ï effort 
des poumons, qu'on croirait toujours les interlocuteurs 
fâchés lorsqu'ils s'échangent des paroles. On nous a rap- 
porté qu'un certain religieux s'était livré avec tant d'ar- 
deur à l'étude de l'arabe, que par suite des tfforts de poi- 
trine qu'il ht constamment pendant plusieurs jours pour 
rendre exactement les sons de cette langue barbare, il 
contracta une fluxion de poitrine dont il mourut peu après. 
Un peuple qui n'a que des aspérités, des bonds et des 
chutes dans sa langue, doit nécessairement posséder un 
caractère âpre, rude et grossier, sinon brutal. Tel e était 
la conclusion à laquelle nous en étions venu, lorsque nous 
entendîmes uue religieuse, de haute éducation et de fort 
bonnes manières, maniant la langue de Mahomet avec une 
délicatesse qui n'excluait pas une cei tame élégance. Ces 
sons hachés, grinçante, qu'on ne croirait pouvoir s'échapper 
sans grand effort de la poitrine, jevêtaient, en passant sur 
des lèvres féminines et françaises, uue élégance qui 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM. 149 

îie manquait pas d'au certain charme. Jusque là nous 
aurions cru que les doux épancht>ments, les tendres effu- 
sions dn cœur no pouvaient se trouver chez ce peuple, vu 
que ces sentiments nous paraissaient inc<mipatibies avec 
son langage aussi bien qu'avec ses allures extérieures. 

Nous avions iu quelque part que les chiens sont très 
nombreux au Caire, et qu'Us vivent libres dans les rues de 
ce qu'ils peuvent attraper par-ci, par là, sans connaître au- 
cun maître. Nous reconnaissons de tait que l'espèce canine 
a ici de nombreux représentants, qui dénotent, même par 
leur apparence extérieure, qu'ils ne sont guère soumis à 
la domesticité. On ne trouve pas chez eux cette variété 
infinie de taille, de couleur et de forme, que l'éducation a 
produite dans leur race chez les peuples plus civilisés. Ils 
sont tous de taille moyenne, très peu variés dans la cou- 
leur de leur robe, qui est d'un fauve pâle plus ou moins 
sale; le nez pointu, le poil assez long, les oreilles petites 
et droites, tout leur extérieur les rapproche beaucoup du 
renard et encore plus du chacal, qui, d'après les natu- 
ralistes, constitue leur souche primitive. 

L'extrême liberté, comme il arrive aussi parmi les 
hommes, produit de même la licence chez ces hordes indi- 
ciplinées de la race canine, dont les rues seules consti- 
tuent la patrie. Habitant un pays sans forêts, ce sont des 
sauvages que les nécessités de la vie rendent citadins sans 
pour cela les assujétir à la civilisation. 

La paix ne règne pas toujours dans cette république 
sans lois, ou plutôt q. i n'en connait qu'une seule, celle du 
plus fort. Ce n'est pas chez eux, comme chez l'homme, 
Vauri sacra famés, qui constitue la pomme de discorde, mais 
bien le besoin pur et simple de l'estomac qui est encore 
plus impérieux. Les Hélènes sont d'ordinaire assez com- 
munes pour répondre à toutes les convoitises, mais il ar- 
rive aussi, souvent, qu'une carcasse de lapin ou de pin- 
tade qu'une maladie aura fait trépasser, devient un casus 
belli pour ces habitants des pavés. On les voit souvent 
alors, r ngés en deux camps ennemis, non pas se choisir 
de chaque côté des Horaces et des Curiaces pour livrer le 
combat, mais se confondre dans une mêlée générale, oii 



150 LE NATURALISTE CANADIEN 

les dents et les griffes s'entrechoquent, le poil vole en flo- 
cons, le sang coule abondamment des plus faibles qu'où 
laisse étendus sur place à demi écorchés, jusqu'à ce qu'en- 
iin un parti prenant le dessus sur l'autre, s'empare de la 
proie et se retire en l'emportant en triomphe, pour se la 
partager dans leur propre quartier car chaque bande a 
ses qurtiers de retraite qui lui sont propres— tandis que les 
vaincus, serrant la queue et portant bas l'oreille, s'en re- 
tournent piteusement vers leur refage se lécher les plaies 
et épier le mom-^nt de reprendre une revanche. 

Mais il n'y a pas que les chiens, pensons-nous, qui ha- 
bitent la rue sans reconnaitre ni parents ni maîtres. De nom- 
breux petits de l'espèce humaine sont aussi dans le même 
cas. Ce sont, pour la plupart, des fruits du libertinage ou 
de la polygamie qui ne vaut guère mieux, qui, sans asile et 
sans ressources, cherchent ainsi sur le pavé de la rue à 
accaparer quelques restes ou à soutirer quelque paras des 
étrangers, en échange de légers services, pour se conser- 
ver l'existence. Nous envoyons sur toutes les places en 
groupes plus ou moins nombreux, qui nous poursuive ;it 
partout en tendant la main et en répétant sans cesse : 
bacchisk, bacchish. Bacchish est, pensons- nous, le premier 
mot que l'enfant apprend ici à articuler. Le costume de 
ces petits malheureux, garçons et filles, est invariablement 
une longue chemise en coton ou toile bleue plus ou moins 
sale, ouverte jusqu'à la ceinture que remplace une corde 
quelconque, avec un nippon sur la tête en guise de tur- 
ban, de sorte que la figure et la poitrine sont constam. 
ment exposées aux rayons du soleil brûlant de ces contrées. 
Aussi les ophthalmies et même la cécité sont-elles fort 
communes chez ces peuples. Cette habitude d'aller ainsi 
visage et poitrine nus en plein soleil, nous a fort intrigué, 
et bien des lois, nous nous sommes demandé pourquoi 
l'on ne se couvrait pas plus pour se protéger contre le 
soleil ? pourquoi, par exemple, n'avoir pas une coiffure à 
rebord pour projeter au moins quelque ombre sur la 
figure ?...Mais on ne raisonne pas jusque là, ici; hommes, 
femmes, ont été dès l'enfance habitués à se faire rôtir la 
face et la poitrine, et l'on continue comme si ou ne s'eu 



DÉ QUÉBEC A JÉRUSALEM 151 

trouvait nullement incommodé. Que le crâne soit bien 
couvert pour se protéger des insolations, c'est là le seul 
point important. Mais que nos lecteurs n'aillent pas croire 
que ce débraillement, ces nudités aient quelque inconvé- 
nient ici pour les mœurs; oh! point du toat. C'est tout 
simplement dégoûtant et rien de plus. L'eau passe si 
rarement sur ces épidermes, et la sueur qui y retient cons- 
tamment la poussière, qui est ici extrêmement abondante, 
y forme bientôt une croûte si ridée, une peau couenneuse 
si peu agréable, qu'on peut manquer de se couvrir, sans 
aucun danger d'attirer les regards. 

11 n'est pas rare de rencontrer dans des groupes de 10 
à 12 enf ints jouant ensemble, cinq, six d'entre eux, dans 
le costume de notre père Adam, incapables de se mettre 
les mains dans les poches. Le plus souvent un simple 
chiffon leur couvre le crâne, mais souvent aussi ils man- 
quent de toute couverture quelconque. 

La mosquée de Méhémet-Ali est un superbe temple, 
remarqu ble surtout par les marbres précieux qui entrent 
dans sa décoration. Elle est située sur la colline qui ferme 
l'horizon à l'Est de la ville et qui la domine tout entière. 
On peut de ce point saisir d'un coup d'œil le panorama 
entier du Caire et de ses environs. A nos pieds, en face, 
s'étend la ville avec ses terrasses, ses jardins, ses places 
publiques plantées d'arbres, ses palmiers élancés et ses 
nombreux minarets aux formes sveltes et grêles qui pro- 
jettent leurs maigres silhouettes sur les sombres résidences 
qui les avoisinent. Ces minarets sont en forme de tours 
ou de clochers, le plus souvent de figure octogonale, avec 
une double ou triple gallerie du haut desquelles les 
muezzins, matin et soir, appellent les croyants à la prière ; 
car l'usage des cloches est prohibé chez les enfants de Ma- 
homet. La voix de ces prêtres de l'erreur n'a rien du so- 
lennel de nos cloches, cependant ces appels et ces invoca- 
tions d'Allah (Dieu) sur tous les tons, avec l'âme qu'on y 
met souvent, ont quelque chose qui impressionne et qui 
contraste singulièrement avec les prétendues lumières de 
notre civilisation qui s'elforcent de nos jours, de faire dis- 
paraître même jusqu'à l'idée de la divinité de parmi le 



152 LE NATURALISTE CANADIEN 

peuple. Oh ! combien de fois nous nous sommes dit, en 
entendant ces appels réitérés à la prière : comme les cory- 
phées de la libre pensée et les athées qui conduisent ac- 
tuellement la patrie de nos pères à sa perte, pourraient 
avec profit, malgré la jactance dont ils se targuent, venir 
prendre ici des leçons de sagesse et de haute philosophie de 
l'ignare muezzin, répétant deux fois par jour, aux quatre 
points cardinaux : Il ny a de Dieu que Dieu, et Mahomet 
est son prophète, ou du superstieux iraan esclave de la lettre 
de son Coran qu'il a mission de prêcher ! 

Par dessus les constructions de la ville, toujours en 
face, coule le majestueux fleuve du Mil, au milieu de sa 
riche vallée, toute couverte de moissons au moment actuel, 
et que tous les ans il va rhabiller de son précieux limon 
pour renouveler sa fertilité. Ça et là, à travers ces moissons, 
s'élèvent les résidences des fellahs, groupées en petits 
villages, qu'ombragent d'ordinaire des arbres au vert 
feuillage, et que domine toujours le minaret de la mosquée. 
L'horizon de ce côté est fermé par la côte de sable qui ter- 
mine l'immense désert du Sahara, et qui semble vouloir 
petit à petit empiéter sur la plaine fertile. Plus rapproché 
de nous, mais toujours de l'autre côté du Nil, se trouve 
Boulaq, où les Khédives ont d'ordinaire leur résidence de 
campagne, avec des jardins d'un luxe tout a fait oriental. 

Si nous portons nos regards à gauche, nous voyons, 
encore de l'aiitre côté du fleuve, les pyramides de Ghiseh, 
qui dessinent sur l'horizon leurs masses sombres et impo- 
santes. 

A droite, c'est la campagne avec ses champs cultivés 
et les nombreuses villas semées ça et là dans tout le voisi- 
nage de la ville. La vallée, à l'endroit du Caire, est assez 
resserrée ; mais à partir de ce point en descendant, elle va 
toujours en s'élargissant, jusqu'à la rencontre de la Médi- 
terrannée, s'étendant là depuis Alexandrie jusqu'à Port- 
Saïd, c'est-à-dire sur une largeur de plus de 50 lieues. 

Réunis à nos compagnons de l'hôtel d'Orient, qui tout 
en payant le double de ce que nous donnions, nous, se 
plaignaient fort du service de leur maison, nous parcou- 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 153 

rons ensemble les diverses parties de la ville. Nous visi- 
tons d'abord le quartier des Juils, qui nous trappe avant 
toute chose par sa malpropreté. Ce sont des rues fort 
étroites, toutes pavées en cailloux ronds mal ajustés, où 
les pieds glissent à chaque instant sur des pelures d'o- 
range ou autres déchets qu'on y voit partout, La plupart 
de ces rues sont couvertes par des nattes ou paillassons 
pour intercepter les rayons du soleil. On donne partout 
en Orient le nom de bazars à ces rues ainsi couvertes où 
sont réunis les magasins de débit. Les boutiques où sont 
installées les marchandises : turbans, châles, coutelas, 
courbaches, pistolets, cotonnades, etc., etc, ne sont autres 
choses que des tablettes superposées dans l'enfoncement du 
mur, celle du bas étant un peu plus large pour permettre 
au marchand de s'y asseoir à la façon de nos tailleurs, et 
d'où, sans se dé])lacer, il étale et livre aux acheteurs les 
articles dont ils ont fait choix ; si bien qu'ici on ne pourrait 
dire qu'on est entré dans tel ou tel magazin, puisqu'on n'a 
franchi aucune porte, mais seulement qu'on s'est arrêté à 
telle ou telle boutique. Les étalages sont assez bien o-ar- 
nis, mais fort peu considérables quant à la quantité des ar- 
ticles. Un étalage comme celui de M. Z. Paquet, de S. 
Roch, par exemple, suffirait sans peine pour garnir les 
cases d'une rue tout entière. Remarquons toutefois que 
nous ne parlons là que des marchands indigènes, car 
pour les boutiques européennes, qu'on trouve dans toutes 
les villes, elles sont comme partout ailleurs à l'intérieur et 
souvent fort bien montées. 

Les patrons de ces boutiques du pays, juifs, mahomé- 
tans et même arabes chrétiens, sont ainsi accroupis, les 
jambes croisées, sur la dernière tablette de leur étalage» 
fumant fort gravement la chibouque ou le narghileh en 
attendant les chalands. Tout le monde fume ici, et on pa- 
rait les étonner grandement quand on leur dit qu'on ne 
fait aucun usage de tabac. La chibouque est une pipe 
ordinaire à fort long manche, souvent de 3 à 4 pieds- c'est 
la pipe des aristocrates turcs, par ce qu'elle ne se fume qu'à 
la maison. Le narguileh se compose d'une carafe en verre 
remplie d'eau, à laquelle est adapté une pipe avec un long 



154 . L« NATVftALlgTÉ CANADIBK 

manche flexible en caontchour. ; son transport est encore 
pins embarrassant nue celui de la chibouque. Les ou- 
rriers, roiiuriers, chameliers, etc., ne fument d'ordinaire 
ni la chibouque, ni le uarguileh, mais uniquement la ciga- 
rette ; ils en portent toujours une provision sur eux. C'est 
partout du tabac turc dont on fait usage ; on en tient des 
petits sachets dans ses poches arec un petit livret de pa- 
pier fort mince. Quand on vent fumer, on enlève un 
feuillet du livret, on y renferme une pincée de tabac tout 
haché, et voilà la cigarette prête. Les gourmets en fumée^ 
parmi lesquels, Dieu merci, on ne nous comptera jamais, 
proclament que le tabac turc est très doux et de foit bon 
goût. Nous voulons bien les en croire sur parole. 

Nous allons en corps faire visite à l'évéque, qui, 
comme nous l'avons noté plus haut, se trouvait au Caire 
dans le moment. Mgr Ciurcia est franciscain, et quand il 
vient ici, il prend sa résidence dans le couvent des moines 
de son ordre, (i) Nous montons des escaliers et enfilons 
plusieurs galleries et corridors, lorsque arrivés à une porte, 
nous vovons affiché au dessus : Clotitra. Ici, un Frère a le 
soin de nous avertir que les dames qui nous accompagnent 
ne peuvent aller plus loin, car au delà c'est la clôture mo- 
nastique. Laissant donc là nos belles dames, qui mau- 
gréent assez hautement contre le manque de galanterie 
de la part des moines, nous franchissons la porte et péné- 
trons dans les appartements de l'évéque. Nous nous 
açrenouillons d'abord pour recevoir la bénédiction du pré- 
lat et prenons place ensuite sur les divans du salon. Le 
bon évéque nous parut un bien digne homme mais souf- 

[1] Mgr Ciurcia, quelques mois plus tard, prit passage pour Naples 
sur le paquebot des messageries françiùses. Saisi par la fièvre avec son 
éua, de taibiesse habituel, il rendit le dernier soupir presque en face de 
Messine, moins de deux jours avant de touchier 2sap.es. Et, on le croirait 
à peine, le commandant du vaisseau, français et catholique [du moins 
sen^é devoir l'être], fit jeter à l'eau la dép'juille du saint éréque, lors- 
qu'avant moins de 48 heures il aurait pu la débarquer à Napies, ou qu'en 
bien moins de temps encore il pouvait la faire débarquer à Me.-eine. Mais 
l.-.r«qa'on fait ia guerre â D:eu lui-même, doii-on s'étonner qu'on ne res- 
pecte paâ deê repré«entaatâ ? 



^ DE QCtBBC A jâBUSArLCM 155 

frant et très faible. Après quelques minâtes seuleiaent 
de conversation, nous prenons congé du prélat pour ne 
pas le fatiguer, et allons poursuivre notre visite de la ville. 

Nous allons après souper voir nos compagnons de 
l'hôtel d'Orient, pour régler avec eux le programme de la 
journée du lendemain. 11 fut décidé que nous irions 
d'abord le matin aux Pyramides, et que dans Faprès midi 
nous continuerions notre visite de la ville. Les voitures 
étaient déjà retenues pour le voyage, à raison de 15 fr. 
par tète. Revenus à notre hôtel, notre patron nous dit 
qu'il pouvait en fournir, lui, pour 10 fr. seulement, mais 
le marché étant conclu, il fallait s'y tenir 

Vendredi, 25 mars. — Comme c'est aujourd'hui fête d'o- 
bligation, et que, pour profiter de la fraîche du matin, il 
faut être prêts à monter en voiture à 6|^a. au plus tard, des 
les 5h. nous étions rendus à l'église des Jéstùtes pour y 
cé.ébrer de suite. 

11 parait qu'ici, comme dans nos climats du no^d, le 
lever matinal n'est pas dans les habitudes des citadins, car 
lorsque nous laissâmes nos chambres vers les 4^h., tout 
était encore silencieux dans l'hôtel. Arrivés à la porte, 
nous la trouvâmes entrebaillée, mais avec les battants re- 
tenus par le lit d'un garçon de service, qui l'avait placé 
en travers de cotte porte, et qui ronflait sans inquiétude, 
^i bien qu'il nous en coûta un peu d'éveiller le pauvre 
diable pour qu'il nous livrât passage. 

Parvenus dans la rue, nous lûmes encore bien pins 
étonnés de trouver, ça et là sur les trottoirs, des lits qu'on 
y avait dressés et dans lesquels des personnes dormaient 
du sommeil le plus paisible. En certains endroits, ce 
n'était pas sur des lits que reposaient les dormeurs, mais 
bien sur la pierre même du pavé : ici une pauvre femme 
avec des enfants, là des enfants seuls tapis dans quelque 
coin, et de l'autre côté de la rue, une file de chèvres qu'on 
avait amenées des champs, et qui s'étaient emparé du 
trottoir pour y passer la nuit. 

Tel que convenu, dès les 6^h. nous étions prêts pour 
le départ ; Jious prenons place avec deux autres compa- 
guons dans uu superbe caioââe tr&iaé par d6u:x chevaux. 



156 LE NATURALISTE CANADIEN 

et notre convoi se composant dt^ 5 à 6 voitures semblables, 
les unes à la suite des autres, traverse la ville pour passer 
le Nil A son extrémité Ouest, sur le superbe pont en ter 
qui relie ses deux rivt's vers le haut de la ville. 

Dès que nojs sommes de l'autre côté du fli'uve, la 
route macadé misée et en assez bon état, est partout bordée 
d'une magnifique rangée d'arbres de chaque côté. Le 
chemin suit le fleuve à qu^»lques arpents seulement de la 
rive. Le soled est brillant, l'air encore tout saturé de la 
fraîcheur matinale n'est pasn encore assez réchauffé pour 
nous incommoder, et les effluves des trèfles, luzernes, sain- 
foins et autres cultures qui nous avoisinent, viennent de 
temps à autres nous enivrer de leurs parfums en dominant 
1 arôme des prés verdoyants et fleuris qui nous suit par- 
tout. Nos automédons Nubiens font, avec un certain air 
de triomphe, claquer leurs longs fouets sur la tête de 
leurs coursiers, qui de leur côté semblent prendre le sigtial 
plutôt comme un encouragt^ment que comme une menace, 
tant ils montrent d'empressement à franchir l'ombre des 
arbres qui se dessine en bandes obliques et symétriques 
sur la voie poudreuse. 

Ces arbres sont pre^quî exclusivement des acacias et 
des caroubiers, appartenant tous deux à la granle famille 
des Légumineuses, qui dans notre climat, n'a de repré- 
sentants que parmi les plantes herbacées, sauf quelques 
acacias qu'on trouve parfois dans les jardins. 

L'acacia d'Egypte, Acacia Nilotica, Delisle, est cet arbre 
piécieux qui produit la gomme arabique, article important 
de commerce, qu'on emploie aujourd'hui à une foule 
d'usages. C'est un arbre de 30 à 40 pieds, à feuilles deux 
fois pennées, composées de folioles très petites et fort élé- 
gantes, ce qui donne à la masse du feuillage une apparence 
légère des plus agréables. Les feuilles sont accompagnées 
d'épines stipulaires sur le rameau même. L'arbre forme une 
belle tète, à tronc droit et uni lorsqu'il est jeune, mais 
avec l'âge il se déforme et porte des excroissances et des 
nœuds d'où coule la gomme qu'on recueille pour le com- 
merce. C'est surtout en décembre et en mars qu'on fait 
la récolte de cette gomme ; les arbres goafllés de sucs peu- 



ETUDIEZ l'histoire NATURELLE 157 

dant l'inondation du fleuve, qui dure d'ordinaire de juin à 
septembre, la laissent alors s'extravaser sur le tronc, 
comme nous en voyons ici sur les cerisiers de nos jardiïis 
et les petits-merisiers de nos bois. C'est par centaines de 
sacs qu'on embarque cette gomme sur les paquebots qui 
font escale à Alexandrie. 

Le Caroubier, Ceratonia siliqua, Linné, quoique proche 
parent du précédent appartient cependant à une branche 
différente de la même famille, c'est celle des Césalpinées, 
qui n'a aucun de ses représentants parmi nos plantes in- 
digènes. îSi l'acacia, par son feuillage léger que le moin- 
dre souffle agite, peut être comparé à la jeune tille folâtre 
qui ne sait que rire et sauter, le Caroubier, lui, par son 
feuillage persistant, rigide et sombre, peut être une exacte 
figure de l'homme mûr, aux mouvements graves, aux 
préoccupations sérieuses, qui voit l'utile avant tout et ne 

sait que produire. 

A continuer. 



ETUDIEZ L'HISTOIRE NATURELLE. 



On nous trouve probablement importun en certains quar- 
tiers de revenir si souvent à la charge pour répéter à satiété : 
étudiez l'histoire naturelle. Cependant nous ne voyons pas 
encore qu'on soit mieux disposé aujourd'hui qu'autrefois, à 
prouver par les faits, que nos appels réitérés n'ont pas leur 
raison d'être. Tous les jours, pour ainsi dire, nous trouvons 
encore dans la presse des preuves évidentes de ce maiiijue 
complet de connaissances de la pirt de personnes qui prennent 
pour mission d'instruire le peuple. 

Nous l'avons dit plusieui's fois, et nous croyons devoir le 
répéter encore : ce manque de connaissance en fait d'histoire 
naturelle est une lacune dans notre éducation qui nuit consi- 
déiablement à notre littérature, et qui nous déprécie grande- 
ment aux yeux des étrangers. Gomment pent-on écrire sans 
avoir à tenir compte de la nature ? Les sciences même les plus 
abstraites, la philosophie intellectuelle, la métaphysique, la 



158 L« NATUTIALÏSTB CANADIEN 

théologie etc. ont à compter avec l'histoire naturelle. Car 
sujets nous-mêmes de la nature, c'est chez elle, qu'il faut aller 
chercher la base même des opérations de notre intelligence. 
Et comment en parler convenablement, si nous ne la connais- 
sons pas ? 

Loin de nous la sotte prétention d'exiger que tous nos 
lettrés soient des naturalistes proprement dits, des spécialités 
dans cette branche des sciences ; mais tous devraient au moins 
en avoir une connaissance suffisante pour pouvoir en parler 
partinemment, pour pouvoir se mettre à l'abri de ces bévues 
qu'on rencontre si souvent dans les écrits de nos nationaux. 

Dans le récent voyage que nous avons fait en Orient, il 
nous a été facile de nous convaincre de notre infériorité sous 
ce rapport, comparés avec les étrangers. Nous avons vécu 
pendant trois avec des européens, presque tous français; sur 
les 37 compagnons de voyage que nous avions, parmi lesquels, 
plusieurs dames, aucun n'était, à proprement parler, natura- 
liste, à l'exception d'un seul qui avait étudié en amateur la 
géologie et la minéralogie. Et tous, ecclésiastiques, militaires, 
bourgeois, et dames mômes, savaient parler pertinemment de 
la nature, savaient du moins douter dans l'occasion, pour ne 
pas s'aventurer sur un terrain qu'ils ne connaissaient pas, au 
risque d'y semer des balourdises comme on en voit si souvent 
se faire jour dans notre presse. 

Est il rien de plus assommant que ces hâbleurs qui se . 
posent en docteurs sur tous les sujets et toutes les questions, 
discourant de connaissances comme un aveugle le ferait des 
couleurs, et proclamant avec jactance les conclusions les plus 
absurdes, les bévues les plus révoltantes, avec un aplomb que 
pourrait envier le pacha turc le mieux convaincu de son rôle. 

Que dire, par exemple, d'un journal qui attribue à un 
climat des plantes qui ne peuvent s'y implanter, se plaint de 
productions naturelles qu'on ne saurait y rencontrer ? 

Ces réflexions nous sont inspirées par un article que nous 
avons lu dans la Gazette des Campagnes du 27 ultimo. Nous 
voulons croire que le rédacteur de cette feuille ne vise à aucun 
mérite littéraire, pouvant se rendre utile sans cette prétention, 
mais fautil du moins qu'il soit toujours exact, et qu'il s'abs- 
tienne de poser en savant devant ses lecteurs avec des mots 
qu'il ne connaît pas. La faute de ce rédacteur n'est pas tant 
de faire ses articles à coups de ciseaux dans les livres et jour- 
naux étrangers, que de donner comme sien ce que ses com- 



FAIW DIVERS liW 

plaisants ciseaux lui livrent ainsi gratuitement. Si des guille- 
mets ou une signature quelconque venaient vous avertir que 
vous êtes en pays étranger, vous sauriez faire la part du climat 
et du lieu ; mais il n'en est rien ; vous croyez lire de la rédac- 
tion, et voila que vous tombez tont à coup sur des noms in- 
connus et des procédés inapplicables. Ainsi, dans un article 
intitulé " Les Ennemis du Pommier," page 310 du numéro du 
27 avril, le rédacteur énumère parmi ces ennemis le ver blanc 
qui n'est que la larve du hanneton, le gui etc. Aurait-on, par 
hasard, rencontré le gui à Ste Anne? Ce serait là une décou- 
verte extraordinare, car nous n'en avons jamais rencontré en 
Canada. Nous avons vu le gui en France, depuis Dieppe jus- 
qu'à Bordeaux et Marseille, attaché en masses plus ou moins 
compactes aux branches de différents arbres, mais jamais 
semblable production n'a frappé nos regards en Amérique. 
Les botanistes Américains nous disent aussi que ce parasite ne 
se rencontre pas aux Etats Unis. 

Quant au ver blanc dont il est ici question, ce ne peut être 
la larve du hanneton, puisque cet insecte ne se trouve pas non 
plus en Amérique. Le ver blanc qui ravage ici nos pommiers, 
en les faisant souvent périr, est la larve de la Saperde, Saperda 
Candida^ dont nous avons à plusieurs reprises donné l'histoire. 

Gomment se fait-il que la Gazette des Campagnes, qui est 
publiée pour ainsi dire dans une école d'agriculture, puisse 
donner cours à de semblables inexactitudes ? . . .Nous pensons 
que là aussi, dans ces écoles, ou ne donne pas à l'histoire 
naturelle l'attention qu'on devrait, lui donner. 



'**'*^»^^^\û\ff\ff jf^ff^^^*^' ■ 



FAITS DIVERS 



Une coquille monstre.— Nous voyons par le San Fran- 
cisco Evening Bulletin que le Prof. Ward de Rochester, N. Y., 
qui arrive du Japon, rapporte plusieurs magnifiques spé- 
cimens de Tridacna gigas, coquille vulgairement appelé bénitier, 
dont l'un, qu'il destine au Bureau des Mines, mesures 36 
pouces de longueur, et 21 pouces dans son plus couit dia- 
mètre, et ne pèse pas moins de 528 livres. C'est évidemment 
un monstre de son espèce, puisque le Bénitiers de 100 livres 
seulement sont fort rares. Quelle immense quantité de car- 
bonate de chaux le mollusque a dû sécréter pour se couvrir 



160 LE NATURALISTE CANADIEN 

d'une rohft d'un si grand poids ! On sait que les Tridacna sont 
des CO |uilles bivalves. 

Taxidermie.— Il est presque impossible aux taxidermistes 
d'enlever la peau des oiseaux sans la souiller pinson moins de 
graisse, et dans les oiseaux bbincs surtout, il est souvent fort 
difficile d'en faire disparaître les traces. Voici le moyen le plus 
efficace de parvenir à ce but. Si c'est l'intérieur de la peau qui 
S8 trouve fortement graisseux, saupoudrez de plâtre et grattez 
la chair avec le taillant d'un couteau émoussé, répétant le 
saupoudrage et le grattage jusqu'à ce qu'il ne reste plus traces 
de graisse. Si ce sont les plumes qui sont souillées, lavez les 
taches avec de la térébenthine et saupoudrez de plûtre, ayant 
soin de renouveler le plâtre aussitôt qu'il est saturé de téré' 
benihine et de brosser et remettre en place les plumes qui 
auraient pu être dérangées. A la fin battez la peau avec une 
petite baguette élastique pour la débarrasser complètement du 
plâtre, et vous l'aurez toute revivifiée et toute prête à ôte 
montée. Le temps convenable pour cette opération, c'est 
lorsque toutes les broches ont été fixées, et que la peau est 
remplie et cousue ; il ne reste plus ensuite qu';\ donner la 
pose à l'oiseau en le fixant sur sa planchette ou son perchoir. 

Darwin. — Les journaux d'Angleterre nous annonçjiient 
dernièrement la mort du célèbre Darwin, l'inventeur de la 
sélection naturelle, de la filiation naluielle de tous Ihs êtres 
dans toute l'étendue de la série, depuis la monade, l'être le 
plus simple organisé, jusqu'à l'homme le chef d'œuvre delà 
nature, coiunie l'appelle les matérialistes. Il est vraiment 
étonnant qu'une utopie aussi lévoltante que le darwinisme ait 
pu recruier tant d'adhéi'ents dans la science ! Utopie dont le 
premier gros Jean venu fera grâce au simple énoncé. Allez 
donc cher chei vos ancêtres dans les cra'paurlsou les punais<>s!.. 
Remarquons toutefois (|ue les darwinistes se recrutent spécia- 
lement chez les libres-penseurs, et les protestants, qui au fond 
ne sont que des matérialistes, puisqu'ils ont éliminé le saciifice 
de leur croyance, tant dans leur simulacre de culte public, que 
dans leurs pratiques privées. Croirait-on que ce grand Dai-win 
a écrit un livre sur l'origine des espèces, sans avoir pu définir 
l'espèce, faire comprendre ce (|u'elle est ou ce qu'elle n'est pas ? 
Il y a des g^ns tellement ennuyés de frayer dans les sentiers 
communs du bon sens et de la raison, qu'ils sont toujouis prêts 
à embrasser une idée nouvelle, quelque absurde, quelque 
révoltante qu'elle soit ; le seul attrait de la nouveauté est tout 
puissant sur eux. Ajoutez à cela un parti pris de combattre 
toute révélation pour se faire une morale des plus faciles, et 
vous comprendiez le succès du darwinisme. 



LE 




Vol. XIII.— 6. CapRouge, Q., JUIN 1882. No. 149. 



Rédacteur : M. l'Abbe PROVANCHER. 



FAUNE CANADIENNE 



(Continué de la page 144.) 
Fara. XX. VESPIDES. Vespidœ. 

Tête transversale, avec les antennes insérées vers le 
milieu de la face» 

Chaperon aussi large que long, sa partie médiane 
prolongée en avant, plus ou moins échancrée au bord. 

Mandibules presque aussi larges que longues, tron- 
quées obliquement à leur extrémité, ne laissant paraître 
aucun vide entre elles et l'extrémité du chaperon» 

Yeux échancrés. 

Antennes légèrement en massue ; 1er article long, cy- 
lindrique, le 2e très petit, presque rond, le 3e allongé, 
conique. 

Ailes ployées longitudinalement dans le repos, portant 

une cellule radiale grande, 4 cubitales dont la 2e plus 
petite, rétrécie vers la radiale, reçoit les 2 nervures récur- 
rentes. 

Pattes ordinaires ; les jambes postérieures pourvues 
de deux épines, le premier article de leurs tarses sans di- 
latation ni oreillette. 

Abdomen généralement robuste, sessile ou subsessile, 



162 LE NATURALISTE CANADIEN 

à premier segment tantôt égal au 2e en diamètre, et tantôt 
plus petit ; femelles pourvues d'un aiguillon redoutable- 
Insectes vivant en sociétés, se construisant des nids 
communs, ayant des femelles fécondes $, des femelles 
stériles ou ouvrières g , et des mâles cf. Ils se construisent des 
nids,souvent d'un volume fort considérable, d'une espèce de 
papier qu'ils fabriquent avec la mousse du bois mort qu'ils 
triturent de leurs mandibules et à laquelle ils ajoutent 
une certaine liqueur lui donnant plus de consistance. Ils 
attachent ces nids aux branches des arbres, aux clôtures, 
charpentes etc., et d'autrefois, suivant les espèces, les 
creusent dans le sol. 

Leurs larves qui sont apodes, doivent être fournies, 
comme celles des guêpes solitaires que nous avons passées 
en revue, de la nourriture qui leur convient. Mais il y 
a cette immen&e différence entre les unes et les autres, 
c'est que tandis que chez les guêpes solitaires c'est une 
nourriture animale qui convient aux larves, chez les 
guêpes sociétaires c'est une nourriture toute végétale, le 
miel, le suc des fruits et le pollen des fleurs en formant la 
base. Et comme Dieu a tout coordonné ici bas avec une 
extrême sagesse, il a pourvu ces insectes sociétaires de fe- 
melles stériles destinées à être non seulement les ouvrières 
de la demeure, mais encore les nourrices de la progé- 
niture. 

On voit assez souvent les Gruêpes pénétrer dans les 
appartements en été pour y saisir des mouches et les em- 
porter pour la nourriture de leurs larves, mais ce n'est 
qu'après les avoir broyées, et triturées dans un suc parti- 
culier cueilli sur des fleurs qu'elles les servent ainsi en une 
espèce de bouillie à leurs élèves. Comme les G-uêpes tirent 
particulièrement des fruits mûrs les sucs qui leur convien- 
nent, c'est surtout avant l'époque où les fruits parviennent 
ainsi à maturité qu'on les voit de cette façon enlever des 
mouches. 

Les G-uêpes, quoique sociétaires comme les Fourmis, 
ont cependant cette différence avec elles, c'est que tandis 
que chez ces dernières, la société est pour ainsi dire per- 
pianente, ou du moins se prolonge durant plusieurs années, 



XX, — VESPIDES. 163 

chez les premières, la société n'est qu'annuelle. La Guêpe- 
înère fécondée, se réfugie dans quelque crevasse de bois 
mort, sous un copeau etc., pour y passer l'hiver; au prin- 
temps, étant seule, elle se construit un tout petit nid, de 
8 à 10 alvéoles, dans chacune desquelles elle dépose un 
œuf. L'éclosion donne naissance à d'autres femelles fé- 
condes, à des mâles et à des ouvrières. La famille ainsi 
augmentée travaille en commun pour une demeure plus 
spacieuse pour la 2e génération qui se montrera vers la 
fin de juillet. Et cette 2e génération travaillera elle-même 
pour une 3e en construisant ces nids monstres qu'on ren- 
contre souvent en octobre, mesurant de 12 à 15 pouces de 
de diamètre. 

Il n'est guère de personnes qui, pour peu qu'elles aient 
fréquenté les champs ou les taillis, n'aient fait connaissance 
avec l'aiguillon des Gruêpes. Leur piqûre produit souvent 
et presque instantanément des enflures considérables sur 
les lèvres, les paupières etc. Et ce qu'il y a de singulier, c'est 
que l'insecte pour l'infliger, le fait pour ainsi dire sans 
s'arrêter, en passant au vol ; c'est avec une telle célérité 
que souvent il ne nous a pas laissé le temps de le remar- 
quer. 

Cette famille pour notre faune se borne aux 2 genres 
qui suivent. 
1er segment abdominal coupé droit à sa partie antérieure, 

de même diamètre que le 2e 1. Vespa. 

1er segment abdominal se dilatant en cloche dès sa base, 

plus petit que le 2e 2, Polistes. 

1. Gen. Guêpe. Vespa, Reaumur. 

Prolongement du milieu antérieur du chaperon 
tronqué et presque échancré. Abdomen sessile, le pre- 
mier segment coupé carré en avant et de même diamètre 
que le 2e à sa jonction avec lui- Pour le reste, mêmes ca- 
ractères que dans la famille. 

Insectes de bonne taille, faisant leurs nids d'un carton 
spécial qu'ils confectionnent et qu'ils attachent aux bran- 
ches des arbres ou enfouissent dans le sol. Six espèces 
rencontrées. 



164 LE NATURALISTE CANADIEN 

Segments abdominaux 1 et 2 noirs, sans taclies, ou 

avec seulement une ligne blanchâtre au sommet. 1. RiaCUÎâta. 
Segments abdominaux tous plus ou moins tachés de jaune; 
Abdomen sans taches de roux ; 

1er segment avec 2 lignes transversales jaunes ; 

2e segment avec 2 points jaunes isolés... . 2. COîlSObrina. 

2e segment sans points jaunes 3. geinianîca. 

1er segment avec une seule ligne jaune ; 

Bordure jaune du prothorax aux épaules et 

au collier 4. diabolica. 

Bordure du prothorax aux épaules seulement. 5. media. 
Abdomen taché de roux à la base 6. rufa. 

1. Guêpe maculée. Vespa maculata, Fabr. St-Farg, 
Hym. i, p. 512. 

$ — Long. .90 pce. Noire, avec de longs poils blanchâtres; les 
mandibules excepté à l'extrémité, le chaperon excepté une strie lon- 
gitudinale n'atteignant pas le bord antérieur, le scape des antennes 
ea dessous, une tache quadrangulaire un peu au dessus de leur in- 
sertion, les orbites antérieurs se prolongeant jusque dans l'échancrure 
des yeux, de larges orbites postérieurs, le bord du prothorax, les 
epaulettes, une tache au dessous sur les flancs, une petite tache de 
chaque côté de l'écusson, quelquefois une autre au dessous sur le mé- 
tathorax, les jambes antérieures avec des bandes à l'extrémité de 
l'abdomen, jaune pâle. Le pavillon des antennes roussâtre en dessous. 
Ailes jaunâtres, enfumées. Pattes noires, les jambes antérieures avec 
l'extrémité de leurs cuisses et leurs tarses, jaune-pâle, toutes les jambes 
fauves en dessous avec une tache noire. Abdomen avec de larges 
bandes jaune-pâle sur les segments 4, 5 et 6, et une tache de chaque 
côté sur le 3e, toutes ces bandes interrompues au milieu, les 2 pre- 
mières portant un point noir de chaque côté, quelquefois contigu 
avec le noir de la base. — C. 

(^ — Avec bandes jaune-pâle ou blanches sur les segments 4, 5, 6 
et 7, chacune avec une petite échancrure de chaque côté, les hanches 
antérieures tachées de blanc en avant, leurs cuisses avec une bande 
en avant et une tache à l'extrémité des intermédiaires, blanches. 

§ — Plus petites, souvent sans aucane tache à l'écusson. 

Cette espèce, l'une des plus communes, attache d'or- 
dinaire son nid aux branches des arbres, et ces nids ont 
souvent à l'automne un volume considérable. Nous avons 
une fois trouvé une femelle de cette espèce au printemps, 
dans un cocon vide de ÏAUacus Polyphemus, où elle avait 



XX.— vespiDEs. 165 

passé l'hiver ; une antrefbis dans un trou qu'elle s'était 
creusé dans un tronc d'arbre renversé et pourri. 

2. G-uêpe cousine. Vespa consobrina, Sauss. Mono»". 
Guêp. Soc, 141, 21. 

9 — Long. .65 pc9. Noire avec poils noirs; le chaperon, les man 
dibules, une tacbe en carré entre les antennes, une ligne sur le scape 
en dessous, une autre dans i'e'chancrure des yeux, une ligne en arrière 
des yeux, les bords latéraux du prothorax, une tache triangulaire sur 
les flancp, une tache de chaque côté sur l'écusson, les pattes avec taches 
à l'abdomen, jaune. Les mandibules marginées de noir au côté in- 
terne, le chaperon marginé de noir en avant et partagé longitudinale- 
ment par une bande noire qui s'élargit peu avant son extrémité in- 
férieure. Les écailles alaires roussâtres bordées de jaune. Ailes lé- 
gèrement obscures, le stigma jaunâtre de même que le voisinage de la 
côte. Hanches noires, pans taches, les cuisses jaunes à leur sommet 
seulement. Abdomen robuste, tous les segments bordés de jaune posté- 
rieurement, cette bande jaune dilatée aux côtés ; le 1er segment porte 
en outre une ligne jaune interrompue au milieu sur sa tranche anté- 
rieure ; les segments 2, 3, 4 et 5 avec un point jaune isolé de chaque 
côté, vers le milieu, ceux du 3e quelquefois obsolètes ; anus avec une 
tache jaune de chaque côté. Segments ventranx 2, 3, 4 et 5 bordés 
de jaune postérieurement, cette bordure jaune largement dilatée aux 
côtés avec un gros poinî noir au milieu de cette dilatation. 

Les points de l'abdomen avec le reste de sa colora- 
tion la distinguent de toutes ses voisines. 

3. Guêpe germanique. Vesjm germanica, Fabr. Hym» 
1, p. 515. 

Ç — Long. .72 pce. Noire avec poils jaunâtres ; les mandibules, 
le chaperon, une strie médiane bifide au bas, une tache entre les an- 
tennes tachée elle-même de noir dans le bas, une tache dans l'échan- 
crure des yeux, de larges oi-bites postérieurs, tout le bord supérieur 
du prothorax, les écailles alaires avec une tache brune au centre, une 
tache au dessous sur les flancs, une tache triangulaire à chaque extré- 
mité de l'écusson et du post-écusson, jaune. Pattes jaunes, les hanches 
excepté une tache au dessous des 4 postérieures avec la base des 
cuisses, noir. Abdomen jaune, le 1er segment excepté une bande 
apicale, une ligne sur le bord antérieur, la base des segments 2, 3 et 
5, aoir; cette bande noire de la base s'avançant en triangle au milieu 
de chaque segment. — PC. 

Cette espèce, beaucoup moins commune que la pré- 



166 LE NATURALISTE CANADIEN 

cédente, est toujours bien reconnaissablc par le triangle 
que forme les bandes jaunes sur le dos de son premier 
segment abdominal. 

4. Guêpe diabolique. Vespa diahdica, Sauss. Monog. 
Guêpes Soc. 138. 18. 

Ç — Long. .60 pce. Noire, avec lons;3 poils jaunâtres. Les man- 
dibules, le chaperon, une tache quadranguluire échancrée en haut et 
en bas au dessus des antennes, le scape de celles-ci en dessous, une 
tache dans l'échancrure des yeux, de larges orbites postérieurs, une 
ligne sur le bord du prothorax avec les epaulettes, une tache triangu- 
laire sur les flancs, une double tache sur l'^cusson et le post-écusson, 
les pattes et l'abdomen en partie, jaune. Le chaperon porte à son 
milieu une strie verticale noire avec un point de chaque côté à son ex- 
trémité inférieure. Les hanches avec la base des caisses, noir, les 
hanches antérieures tachées de jaune en avant. Abdomen noir, avec 
une bande apicale jaune couvrant presque entièrement les derniers 
segïiients, cette bande étroite et interrompue au premier segment, et 
seulement échancrée au milieu sur les suivants, portant en outre un 
point noir de chaque côté sur les segments 2, 3, 4 et 5, ce point contigu 
à la bande noire de la base sur le 2e. — C. 

5. Guêpe moyenne. Vespa media, Oliv. Hym. i, p. 
510. 

Ç — Long. .62 pce. Noire avec poils bruns peu abondants ; les 
mandibules, le chaperon, une tache en carré au milieu du front, une 
tache dans l'échancrure des yeux, une double tache orbitale en arrière 
des yeux, une bande unie sur les epaulettes, une tache triangulaire sur 
les flancrf, une double tache sur l'écusson et sur le post-écusson, les 
pattes en partie avec des bandes à l'abdomen, jaune. Tache médiane 
du chaperon dilatée à sa partie inférieure. Antennes sans aucune 
tache. Ailes fauves de même que leurs éciilles. Pattes jaunes, les 
hanches avec les cuisses excepté à l'extrémité, noir. Abdomen noir 
avec une bande jaune au sommet de chaque segment, cette bande étroite 
et légèrement échancrée au premier segment, plus large avec une petite 
échancrure au milieu et une forte crénelure de chaque côté, dessous 
avec les mêmes bandes, — C. 

^ — Avec une tache au chaperon le partageant en deux dans 
toute sa longueur, point de taches sur le post-écusson, une tache sur 
le scape des antetmes en dessous; tous les segments abdominaux avec 
une bande apicale légèrement ondulée. 

g — Avec la tache du chaperon comme dans le c?, le scape des 
antennes aussi taché, point de taches sur le post-écusson et les bandes 
de l'abdomen auFsi larges que dans la Ç . 



XX. — VESPIDES. 167 

6. Guêpe rousse. Vespa rit fa, Lin. St-Farg. i, p. 517. 

§ — Long. .50 pee. Noire avec poils bruns ; les mandibules, le 
chaperon, une tache au milieu du front, des lignes orbitales dans l'é- 
chancrure des yeux, une ligne sur le vertex en arrière des yeux, les 
bords supérieurs du prothorax, une double tache en croissant sur 
l'écusson, une tache triangulaire sur les flancs, les pattes en partie, 
«ne double ligne sur le premier segment abdominal avec une simple 
au sommet de tous les autres, blanc. Chaperon partagé longitudi- 
nalement en deux par une strie noire. Antennes noires, sans aucune 
ttichi'. Ecailles alaires fauves entourées d'une ligne blanche. Ailes 
jaunâtres, légèrement enfumées. Pattes blanches, les hanches et les 
cuisses excepté à l'extrémité, noires. Abdomen robuste, les 2 segments 
basil-.iires ferrugineux, le premier avec une ligne blanche au bord anté- 
rieur et au sommet, le 2o avec une seule ligne blanche au sommet et 
une grande tache noire au milieu, cette tache échincrée en triangle 
de chaque côté, tous les autres noirs, avec une ligne blanche unie au 
sommet. — 11. 

Espèce bien remarquable par le fauve de son abdo- 
men et ses lignes blanches unies. Un seul spécimen pris 
à Chicoutimi. 

2. G-en. Poliste. Polîsle, Latr. 

Mandibules larges. Yeux échancrés ; chaperon à 
peine plus long que large, sa partie moyenne prolongée 
en avant, échancrée et sub-bidentée. Ailes comme dans 
les Guêpes. Pattes ordinaires ; tarses plus longs que les 
jambes. Abdomen atténué à la base sans cependant 
porter un pédicule distinct, le premier segment se dila- 
tant en cloche dès sa base et le 2e lui faisant ordinairement 
suite sans étranglement. 

L'abdomen atténué à îa base est le caractère qui per- 
met toujours de distinguer de suite les Polistes des Guêpes. 
Ces insectes ont à peu près les mêmes habitudes, cependant 
les Pohstes ne forment pas d'ordinaire des sociétés aussi 
nombreuses que les Guêpes; et leurs nids, toujours plus 
petits, laissent les alvéoles à découvert, la couverture ex- 
térieure ne les enveloppant pas complètement comme 
chez les Guêpes. Ces nids sont souvent aussi lixés dans 
une position horizontale, au lieu de perpendiculaire, 
comme ceux des Guêpes, au dessous des corps qui les 
retiennent. Une seule espèce rencontrée. 



168 LE NATDRALISTE CANADIEN 

1. Poliste pieds-pâles. Polistes pallipes, Lepell. Hym. 
i, p, 530. 

? — Long. .72 pce. Brun quelque peu roussâtre, avec taches foré 
Yariables dans leur disposition. Le chaperon triangulaire en avant, 
portant quelques grosses ponctuations sur son disque^ ses côtés et le 
devant bordés d'une ligne blanchâtre, les orbites antérieurs avec une 
petite ligne en croissant de chaque côté du milieu au dessus des an- 
tennes, jauno-pâle, de même que les orbites postérieurs ; les mandi- 
bules fauves. Une ligne sur le bord antérieur du prothorax, les epau- 
lettes, une tache triangulaire sur les jSmucs, une ligne transversale à 
la base de l'écusson, avec une autre sur le post-écusson, une ligne 
verticale de chaque côté du milieu sur la face postérieure du raéta- 
thorax, jaune pâle. Le métathorax finement strié transversalement en 
arrière. Le scape des antennes roussâtre en dessous. Ailes jaunâtres, 
fortement enfumées, leurs nervures fauves. Pattes noires, les jambes, 
les tarses avec l'extrémité des cuisses, fauves, les hanches postérieures 
avec une strie jaune en dehors, leurs jambes plus ou moins noires. 
Abdomen avec une bande jaune au sommet de tous les segments ex- 
cepté le dernier, cette bande éehancréo au milieu; le dernier segment 
brun-fauve. — C. 

(^ — Avec toute la face, la poitrine, les hanches en dessous, 
jaune ; le devant des cuisses jaune roussâtre. Abdomen avec une 
tache circulaire, jaune plus ou moins fauve, de chaque côté sur le 2e 
segment. Le dessous des antennes roussâtre, excepté à l'extrémité. 
Les ailes plus claires que dans la $ . 

Rencontré à St-Hyacinthe, à Chicoutimi etc. Très 
rare à Québec. 

Fam. XXI. ANDRÉNIDES. Andrenidœ. 

Tête courte, transversale, ou un peu plus étroite que 
le thorax. 

Yeux moyens, entiers. 

Antennes insérées vers le milieu de la face, le premier 
article plus long que les autres, souvent coudées entre le 
premier et le 2e article, l'extrémité légèrement épaissie. 

Chaperon variable, généralement large, sa partie mé- 
diane non projetée en avant, son bord antérieur tronqué 
ou arrondi. Mandibules étroites, plus ou moins dentées. 

Thorax court, subglobuleux, à écusson quelquefois 
spinifère. 



XXI— ANDRENIDES. 169 

Ailes avec une cellule radiale variable, 3 cubitales fer- 
mées et 3 discoïdales, jamais pliées en deux dans le repos. 

Pattes courtes, diversement modifiées suivant les 
genres, le premier article des tarses postérieurs toujours 
allongé, jamais dilaté en corbeille, mais tantôt muni de 
brosse ou de longs poils pour la récolte du pollen, cette 
brosse existant quelquefois en dessus et en dessous, et 
d'autre fois en dessous seulement ; tantôt dépourvu de 
telles brosses ; l'insecte vivant alors en parasite ou pourvu 
d'autres instruments pour la récolté du pollen. 

Abdomen toujours sessile quoique ne tenant au thorax 
que par une faible portion de son diamètre, généralement 
court, déprimé et arrondi à l'extrémité (les Célioxys ex- 
cepté), quelquefois pourvu de brosse en dessous pour la 
récolte du pollen. 

On réunit dans cette famille des insectes qui, à pro- 
prement parler, devraient en former plusieurs, puisque 
certains groupes ont un genre de vie tout different des 
autres. 

Tous sont solitaires, c'est-à-dire ne forment point de ces 
sociétés pour l'éducation des petits comme nous l'avons vu 
chez les Formicides et les Vespides, et tous préparent et 
mettent à la disposition de leurs larves une nourrittire 
végétale, particulièrement composée de miel ou suc des 
fleurs avec du pollen de ces mêmes fleurs. Mais comme 
tous ne récoltent pas le pollen de la même manière, les 
uns sont en conséquence pourvus d'instruments difiérents 
de ceux des autres, ceux-ci ayant à cette fin des brosses 
de poils raides à leurs tarses postérieurs et ceux-là de telles 
brosses sous l'abdomen, enfin d'autres sont totalement dé- 
pourvus de tels instruments et à l'abdomen et aux tarses, 
cependant ce ne sont point des carnassiers, leurs mandi- 
bules sont trop obtuses pour leur permettre la capture et 
le transport des proies. Comment pourvoiront-ils donc à 
la nourriture de leur progéniture ? Ce sera en profitant du 
travail des autres, en leur en usurpant le fruit. Les femelles 
épient à la porte des pourvoyeuses le moment où celles-ci 
. laissent la demeure pour aller et aux provisions, elles y pé- 
nètrent aussitôt et vont déposer leurs œufs sur les pronsions 



170 LE NATURALISTE CANADIEN 

déjà amassées, de sorte qu'à l'éclosion, des larves étrangères 
se Ironveroiit en contact dans le même nid, et auront à par- 
tager la nourriture. C'est ainsi que les larves des An- 
drènes, des Halictes, des Mégachiles, se voient réduites à 
partager leurs provisions avec celles des Sphécodes, des 
Nomades, des Célioxys. Qui n'admirerait ici la sagesse de 
la Providence ! Des insectes dépourvus d'instruments 
pour la récolte des provisions propres à leurs larves, sem- 
bleraient devoir périr infailliblement, mais voici que par 
l'instinct donné à leurs voisines, qui font des pKovisions 
surabondantes, elles peuvent leur confier, ou plutôt leur 
imposer leur progéniture dont la subsistance se trouvera 
ainsi assurée. Et nul danger pour l'intruse de se voir 
mettre à la porte par la propriétaire légitime, car l'un et 
l'autre sont impropres au combat, étant également apodes 
et dépourvues de tout instrument d'attaque ou de défense. 
Des nombreux genres qui composent cette famille tel 
que ci-dessus circonscrite, nous avons rencontré des repré- 
sentants des 18 qui suivent, auxquels nous en ajoutons un 
nouveau. 

Clef 'pour la distinction des genres. 

Insectes pourvus d'instruments pour la récolte du pollen : NIDI- 
FIANTS ; 
Tarses et jambes postérieurs munis de poils longs et 
raiJes, pour la récolte du pollen ; 
3 cubitales fermées, les 2e et 3e chacune avec une 
nervure récurrente ; 
Radiale terminée par un appendice court 1. Anthophora. 
Radiale à pointe arrondie et séparée de la 

côte 2. MelissoDes. 

2 cubitales fermées, jambes et tarses postérieurs 

avec une palette ; radiale simple , 3. Eucera. 

Tarses quelquefois, mais toujours les jambes et les 
cuisses postérieures avec le métatliorax, la 
base de l'abdomen et les hanches, munis de 
longs poils pour la récolte du pollen ; 
Yeux entiers; 

Trois cellules cubitales fermées ; 

Orbites antérieurs avec une fossette à leur 



XXI — ANDRÉNIDES 171 

partie supérieure ; un espace triangulaire 

nu pour le jeu de la tarière 4. Andrena. 

Orbites antérieurs sans fossette ; un espace 
linéaire nu pour le jeu de la tarière ; 
Labre c? transverse ; celui de la $ allongé 

avec carène simple au milieu 5. Halictus. 

Labre (S' triangulaire; celui de la Ç avec 

une carène bifurquée postérieurement 6. Agapostemon. 
Deux cellules cubitales fermées, radiale appendi- 

culée 7. Panurgus. 

Yeux obtuscment échancrés ; corps à couleurs métal- 
liques 8 Adgoohlora. 

Tarses et cuisses impropres pour la récolte du pollen ; 
abdomen pourvu en dessous d'une brosse à 
cette fin ; 

2 cellules cubitales fermées, la 2e recevant les 2 récurrentes ; 

Abdomen court, convexe, replié en dessous 9. Osaha. 

Abdomen plus ou moins allongé; 

Abdomen en ovale, assez plat en dessus ; ra- 
diale arrondie au bout, sans appendice ; 

Joues simples 10. MiiGACHiLE. 

Joues avec un appendice en forme de corne 

en dessous 11. Gnathocera, n. gen 

Abdomen ni allongé, ni en ovale ; 

Palpes maxillaires de 3 articles 12. Heriades. 

Palpes maxillaires de 4 articles; antennes (^ 

terminées par un crochet 13. Alcidamea. 

3 cellules cubitales fermées, la 2e et la 3e avec une 

nervure récurrente 14. Ceratina. 

Insectes dépourvus d'instruments pour la récolte du 

pollen et la confection des nids: PARASITES ; 
3 cellules cubitales fermées ; 

2e cubitale recevant la 1ère récurrente vers son milieu ; 
Ecusson avec 2 tubercules au milieu et une 
épine de chaque côté ; palpes maxillaires 
Abdomen fusiforme, sans pointes dans les J^. 19, Prosopis. 

1. Gen. Anthophore. Anthophora, Latr. 

Tête transversale ; yeux entiers ; mandibules étroites, 
pointues, munies d'une seule dent au côté interne ; langue 
presque cylindrique, garnie de poils avant l'extrémité. 
Ailes supérieures! avec une radiale assez large, appendi- 



172 LE NATURALISTE CANADIEN 

cnlce, 3 cubitales fermées, la 2e un peu rétrécie vers la 
radiale recevant la lore nervure récurrente vers son mi- 
lieu, la 3e en carré oblique, recevant la 2e nervure récur- 
rente dans sa ligne d'intersection avec la 4e, celle-ci sim- 
plement tracée. Antennes filiformes, assez courtes. Palpes 
maxillaires de 6 articles. Le premier article des tarses 
postérieurs long et dilaté, portant une brosse en dessous 
et de longs poils en dehors, de même que ses jambes, 
pour la récolte du pollen. Crochets des tarses bifides. 

Les Anthophores, comme tous les insectes de cette fa- 
mille vivent solitaires, c'est-à-dire ne constituent pas de 
sociétés comme le font les Vespides et les Apides. La fe- 
melle se creuse dans les terrains sablonneux des trous ou 
plutôt des cylindres, dont les parois se trouvent aglutinées 
par une certaine liqueur qu'elle dég-orge de sa bouche 
pour y déposer ses œufs. Le nid ainsi construit, elle va 
cueillir du miel sur les fleurs et du pollen au moyen des 
brosses de ses pattes, et en compose une boule dans laquelle 
elle dépose un œuf, mettant ainsi à la portée de la larve qui 
éclora de cet œuf, la nourriture qui lui convient. Puis 
closant ce premier dépôt par une cloison, elle ajoute une 
nouvelle boule avec un nouvel œuf, et ainsi de suite 
jusque vers l'extrémité du cylindre qu'elle clôt avec encore 
plus de soin qu'elle n'en a mis pour les divisions inté- 
rieures. On trouve ainsi de 15 à 20 cloisons dans un 
même cylindre, et rien n'empêche de croire que la même 
femelle ne puisse en construire plusieurs. Les larves 
qui éclosent en août ou septembre se nourrissent des 
provisions à leur portée et passent là même la saison 
rigoureuse dans l'engourdissement. Lorsqu'au printemps, 
la retour de la chaleur leur permet de nouveau le 
mouvement, elles passent à l'état de nymphe si elles n'y 
étaient déjà, et quelques jours plus tard, écloses à l'état 
parfait, elles percent et détruisent les cloisons de leur 
prison pour prendre leurs ébats dans les airs et travailler 
elles-mêmes à perpétuer leur race. Les mâles éclosent 
toujours les premiers et se montrent quelques jours avant 
les femelles. 

Des nombreuses espèces de ce genre, nous n'avons 
encoie rencontré que les 2 suivantes. 



XXI. — ANDRÉNIDES 173 

Abdomen à segments marginés plus ou moins distinctement 

de poils blancs 1. terminal's. 

Abdomen entièrement noir , 2. bomboides. 

1. Anthophore à- extrémité -fauve Anthophora ter- 
minalis, Cress. Trans. Am. Ent. Soc. ii, p. 292, cJ*$. 

Ç — Long. 48 pce. Noire, la face, le thorax avec les jambes 
postérieures couverts d'une pubescene jaune pâle; les 2 derniers seg- 
ments de l'abdomen avec une pubescence fauve, brillante ; le vertex 
et le disque du thorax avec poils noirs. Les segments abdominaux 2> 
3 et 4 terminés par une frange de poils blancs, plus apparente sur les 
côtés. Ailes subhyalines, le bord terminal légèrement obscur. L'ex- 
trémité des tarses fauve. — C. 

(5* Moins robuste, à pubescence plus longue, le chaperon, une 
tache de chaque côté, avec le labre, jaune. Bandes de l'abdomen 
complètes, les 2 segments terminaux avec poils noirs, le terminal pro- 
fondément échancré avec une touffe de poils blancs de chaque côté du 
ventre. 

2. Anthophore faux-bourdon. Ani/iophora bomboides^ 
Kirb. Faun. Bor. Am, iv, p. 871, d". 

(^ Long. 47 pce. Noire, avec poils blancs-j lunâtres sur la tête, 
le thorax et les 2 premiers segments de !•' abdomen ; le ventre avec le 
disque du thorax portent des poils noirâtres, les pattes sont aussi 
couvertes de poils noirs, avec la brosse en dessous des tarses fauve. 
Premier article des tarses postérieurs dilaté, aplati, avec une forte dent 
à sa base à son angle interne. Ailes hyalines, avec les nervures un peu 
ombrées, la cellule radiale distinctement appendiculée. — PC. 

Son abdomen presque partagé en deux par la villositô 
blanchâtre de ses 2 segments la fait reconnaître à première 
vue. 

2. G-en. Mélissope. Melissodes. 

Tête transversale ; yeux entiers» Antennes filiformes, 
celles des cT très longues. Palpes maxillaires et labiaux 
de 4 articles. Ailes supérieures avec une radiale à pointe 
arrondie et écartée de la côte, 3 cubitales fermées, la 1ère 
plus longue que la 2e, celle-ci en carré, recevant la ré- 
currente, de même que la 3e, près de son angle extérieur. 
Crochet des tarses bifides. 

Même habitudes que les Anthophores. 



174 LE NATRRALISTE CANADIEN 

Mélissode épousée, Meli'îsodes desponsa, Smith, Cat. 
Erit. Mus. ii, p. 310 $. 

Ç . — Long. 50 pce. Noire avec pubescence ochracée sur la tête 
et le thorax. Antennes avec le pavillon testacé en dessous, excepté les 
3 articles basilaires. Chaperon fortement ponctué, portant une légère 
pubescence brune. L'extrémité des mandibules d'un testacé pâle. 
Ailes subhyalines^ les nervures ferrugineuses. Pubescence des pattes 
et du corps en dessous entièrement noire. Abdomen avec pubescence 
ochracée à la base, le reste noir ; les jambes postérieures avec la base 
du 1er article des tarses postérieurs à pubescence d'un jaune pâle. 
Les crochets d'un ferrugineux brun. Le bord des segments abdominaux 
en dessous d'un testacé roux. 

Probablement la ç de Americana^ St-Fargeau. Mont- 
réal (Couper). Point vue. 

3» Geu. EucÈRE. Eucera^ Lat, 

Tête courte, transversale. Antennes filiformes, assez 
longues. Langue presque cylindrique. Palpes maxillaires 
de 6 articles Cellule radiale en fer de lance, pointue à 
son extrémité qui s'écarte un peu de la côte, mais sans 
porter d'appendice. Deux cellules cubitales fermées, la 2e 
fortement rétrécie vers la radiale et recevant les 2 ner- 
vures récurrentes, la 3e à peine commencée. Les jambes 
postérieures avec le premier article de leurs tarses forte- 
ment dilaté et muni de longs poils pour la récoite du 
pollen. Epines des jambes postérieures longues, aiguës 
et simples ; crochets des tarses bifides. 

Ces insectes se distinguent surtout des Anthophores 
par la disposition des nervures de leurs ailes. Une seule 
espèce rencontrée que nous croyons nouvelle. 

Eueère nue. Eucera nuda, nov. sp. 

$ — Long. .30 pce. Noire et presque sans villosité, la tête, le 
thorax avec l'extrémité de l'abdomen ne portant que quelques poils 
courts, blanchâtres. Chaperon noir, ponctué ; antennes noires, le 
pavillon roussâtre en dessous. Thorax poli, brillant, légèrement 
viileux sur les côtés. Ailes subhyalines, les nervures brunâtres. 
Pattes avec les 4 articles terminaux des tarses fautes, les jambes pos- 
térieures dilatés avec les poils jaunâtres à la base et noirs à l'extré- 
mité, très abondants. Abdomen poli, brillant, lisse, n'ayant que quelques 
poils jaunâtres sur les côtés et sur les 2 derniers segments. — R. 



XXr — ANDRÉNIDES. 175 

Une seule femelle capturée à Chicoutimi. 
4. Gren. Andrène. Andrena, Fabr. 

Corps ovale-elliptique; antennes assez longues; une 
petite fossette près de l'orbite supérieur interne des yeux. 
Chaperon convexe au milieu. Thorax fortement poilu. 
Ailes avec une cellule radiale rétrécie au denx bonts, sa 
pointe serrée contre la côté, 3 cubitales fermées, la 1ère 
aussi, grande que les 2 suivantes prises ensemble, la 2e 
et la Se rétrécies à la radiale et chacune avec une 
nervure récurrente, la 4e presque complète. Cuisses 
munies de longs poils pour la récolte du pollen, jambes 
postérieures avec leurs tarses aussi poilus mais peu 
propres à la récolte. Abdomen déprimé, portant un espace 
triangulaire nu sur le 6e segment pour le jeu de l'ai- 
guillon. 

Insectes de bonne taille, qu'on distingue surtout de 
leurs voisins par la fossette près des yeux et le dernier 
segment abdominal des ?» Onze espèces rencontrées. 

A continuer. 



— I (^> ■ ^ 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



(Continué de la page 157.) 

Le caroubier est un bel arbre de 25 à 30 pieds, à tête 
étalée comme celle des pommiers, à tronc raboteux, à bran- 
ches tortueuses et à feuilles pennées, persistentes, entières, 
coriaces, glauques en dessus et grisâtres en dessous. On 
utilise ces feuilles dans la préparation des cuirs, en raison 
dfi principe astringent qu'elles contiennent. Les fleurs, 
en petites grappes sur la partie nue des rameaux, sont 
d'abord d'un rouge foncé, puis passent au rose ; elles ré- 
pandent une odeur des pltis agréables. 

Les caroubes ou fruits du caroubier sont de grosses 
fèves renfermées dans des siliques ou gousses plus ou 



176 LE NATURALISTE CANADIEN 

moins arquées, qu'on mau^e souvent avec le fruit comme 
on le fait de nos pois mange-tout. Ces fruits se cueillent 
vers la mi-août. On rencontre souvent les indigènes avec 
des poignées de ces gousses qu'ils dégustent en se prome- 
nant dans les rues. On dit que ce sont ces fèves que l'en- 
fant prodigue enviait aux pourceaux dont il avait la garde. 
C'est aussi la fève sacrée des anciens Egyptiens qu'on re- 
trouve dans les tombeaux. Enfin c'est encore la fève que 
s'interdisaient les disciples de Pythagore, par ce que sa 
pulpe en cuisant prend une couleur rouge, semblable à 
celle de la chair crue, dont les Pythagoriciens ne pou- 
vaient manger. 

Le caroubier croît en Sicile, en Corse, et dans toutes 
les contrées circonvoisines de la Méditerrannée. 

A tout instant nous rencontrons des fellahs qui s'en 
vont avec leurs produits aux marchés de ville. Le plus 
souvent ce sont des fourrages verts, trèfles, luzernes etc., 
qui constituent la charge de leurs bêtes. De lourdes cha- 
rettes traînées par des buffles, ou des chameaux avec leur 
charge sur le dos, nous montrent des masses rouges que 
constitue le trèfle incarnat dont il sont chargés. 11 n'est 
pas rare de voir une femme avec 2 ou 3 enfants juchés sur 
la charge qui surmonte la bosse de la précieuse bête des 
déserts et qui ont l'air de se prêter avec satisfaction aux 
ondulations qui caractérisent la marche de cette désagré- 
able monture. 

Les Pyramides que nous avons toujours en face, et 
qui du Caire semblaient n'avoir rien d'extraordinaire, pa- 
raissant croître et s'élever sur le sol à mesure que nous en 
approchons. Nous touchons enfin leur base, et nous pou- 
vons les contempler dans toute leur majesté. Quelle 
masse imposante de pierres entassées là par la main de 
l'homme, et qui depuis 40 siècles semblent défier le temps 
qui détruit tout, à exercer sur elles son action ! 

Que de souvenirs historiques évoque la seule vue de 
ces monuments ! Depuis les potentats qui les ont érigés, 
combien de personnages célèbres ont arrêté sur eux leur 
regard, ont foulé de leurs pieds le sol sur lequel nous mar- 
chons ! Mais entre tous ces souvenirs du passé, c'est celui 



DE QUEBEC A JÉRUSALEM 177 

qui est le plus près de nous qui nous impressionne d'avan- 
tage On sait ce que fut la bataille des Pyramides le 21 
juillet 1708. Cest ici même que Bonaparte, à la tête de 
ses preux, tira Tépée contre les Mamelouks commandés 
par Mourad-Bey. " Soldats, s'écria le futur empereur, 
pour exciter le courage des siens, soldats, du haut de ces 
Pyramides, 40 siècles vous contemplent." Et on sait com- 
ment les enfants de l'islam, malgré leur courage, furent 
obligés de céder devant la valeur française. 

A peine ?ommes-nous descendus de voiture qu'une 
bande de Bedouins, tous jeunes et alertes, pieds nus et re- 
vêtus de longues chemises blanches, nous entourèrent en 
nous obsédant de leurs offres de service pour l'ascension 
du monument. Heureusement que le consul français du 
Caire avait eu l'obligeance de mettre à notre disposition 
l'un de ses cavas ; l'habit galonné de ce brave Maronite 
suffisait seul pour les rendre plus paisibles, et lorsqu'ils 
voulaient pousser trop loin leurs obsessions, il n'avait qu'à 
faire mine de mettre la main à la poignée de son sabre, 
que les enfants du désert prenaient aussitôt la fuite. 

Mais un officier Egyptien qui se tient toujours là in- 
tervint bientôt et mit fin à toute discussion. Le prix de 
l'ascension et de la visite intérieure est de 5 fr., dont la 
moitié pour le gouvernement et l'autre moitié pour les 
Bedouins servant d'aides et de conducteurs. 

L'ascension de la Pyramide de Chéops, la plus haute, 
est un exploit dont nous avions entendu maints voyageurs 
se glorifier comme d'un acte de hardiesse peu ordinaire ; 
mais arrivés au pied, nous n'y voyons rien de fort difficile, la 
masse de pierre étant constituée d'assises en retraites les unes 
sur les autres, nous offre ainsi des marches qui enlèvent 
toute difficulté à l'escalade. Il est vrai que ces marches 
qui forment les assises n'ont pas toute la même hauteur, 
et que parfois elles ont de deux à trois pieds d'élé- 
vation, mais avec l'aide des Bedouins qui, agiles comme 
des gazelles, sautent d'un bond sur la marche supérieure 
sur laquelle leurs pieds nus adhèrent sans aucun danger 
de glisser, rien de plus aisé que de se laisser ainsi hisser 



178 LE NATURALISTE CANADIEN 

d'une marche à l'autre, par deux guides qui nous tiennent 
chacun une main. Un troisième guide, dans l'espoir sans 
doute de quelque bacchish, se joignit aux deux que nous 
avions retenus — était-ce par ce que nous étions le moins 
lourd de la bande ? — et en moins de dix minutes, nous 
étions rendu sur la cime, au chant répété de Allah, Allah, 
de nos guides musulmans, nous étant contenté d'un seul 
instant de repos vers le milieu pour nous essouffler un 
peu. 

Les Pyramides de Ghiseh sont au nombre de trois, 
savoir : celle de Chéops la plus haute — celle dont on fait 
l'ascension— qui mesure 450 pieds de hauteur et 720 p. de 
base ; celle de Chéphren de 400 p. de hauteur et 600 p. de 
base ; et celle de Mycérinus de 162 p. de hauteur et 279 
p. de base carrée, c'est-à dire formant un quadrilatère 
régulier à faces égales. Elles ne sont distantes les unes 
des autres que de quelques cents pieds environ. 

En moins de vingt minutes, tous nos excursionnistes, y" 
compris les dames, étaient rendus sur le sommet do la 
ma.^se pierreuse, qui no se termine pas en aiguille comme 
on pourrait le croire, mais est tronquée de manière à offrir 
une plateforme pouvant contenir une trentaine de per- 
sonnes. Trois ou quatre seulement de nos compagnons, re- 
doutant le vertige, avaient refusé, d'entreprendre l'ascension. 
Les pierres de la plateforme où nous reposons sont toutes 
couvertes de noms d'excursionistes qui se sont reposés ici 
et nos Bédouins armés de stylets en acier nous sollicitent, eii 
vue du bacchish, de leur permettre d'en faire autant. Mais 
qu'importe qu'un nom canadien soit mêlé ici aux milliers 
de toute nation qui y sont inscrits. Qui de nos compa- 
triotes pourra jamais le retrouver dans cette mosaïque? 
Nous préférons donc jouir du magnifique panorama qui 
se déploie devant nous de ce point élevé, que de suivre 
l'opération de l'homme du désert, pour que son poinçon 
ne s'écarte pas des règles de l'orthographe dans son opé- 
ration. 

Quelques-uns de nos compagnons nous avaient de- 
vancés de quelques heures afin de se trouver au sommet 
de la pyramide au moment du lever du soleil, pensant que 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 179 

de ce point élevé, l'ast-re du jour, à son retour, devait 
chasser devant lui les ombres de la nuit, avec une mise en 
scène des plus extraordinaires. Mais ils furent grande- 
ment déçus dans leur espérance. L'Apollon de l'Orient 
n'a pas moins d'éclat que celui de l'Occident ; mais de 
même que la splendeur d'une cour ne consiste pas tant 
dans la seule majesté du prince qui y trône que dans 
l'éclat et les décorations de ceux qui composent son entou- 
rage, ainsi en est-il du soleil de l'Orient. Les flots de 
lumière qu'il verse sur la terre à son réveil ne rencontrant, 
dans cette atmosphère sans nuage, aucun objet pour mul- 
tiplier leurs rayons en les réfractant, s' a fî".! dissent aussitôt 
en se perdant dans l'espace sans limites, et ne nous pré. 
sentent d'ordinaire qu'une teinte assez pâle et uniforme. 
J^ous nous sommes plu bien des fois, dans ces contrées du 
Levant, à examiner l'astre du jour s'enfonçant dans la 
mer, immergeant des flots, ou surgissant derrière des 
cimes élevées, et jamais nous ne l'avons A'U avec ces dé- 
cors, cette pompe, cette variété de teintes les plus riches 
et les plus éclatantes, rose, violet, pourpre, orange, or, feu 
vif, tel que nous l'offrent les nombreux nuages de nos 
régions boréales, nuages le plus souvent qui semblent 
n'être destinés qu'à rehausser l'éclat de la cour de leur roi, 
ne se montrant qu'à son apparition ou à sa disparition de la 
scène de notre horizon. 

Les pyramides, avons-nous dit, semblent insulter au 
temps qui aurait sur leur masse éraoussé son action. Ce- 
pendant, en examinant de plus près, il est facile de recon- 
naître que le temps n'a pas été ainsi sans puissance sur ces 
masses colossales. Et ce serait miraculeux s'il en était au- 
trement; car si la gouttelette d'eau la plus pure finit, avec 
le temps, par creuser le roc le plus dur^ lorsqu'elle tombe 
toujours au même endroit, comment ces masses pierreuses, 
qui depuis quatre mille ans reçoivent et soleil, et humi- 
dité, et vents, et chaleur et refroidissements, auraient-elles 
pu ne pas souffrir de ces divers agents ? Aussi voyez à la 
base de Chéops ces amas de décombres; c'est le reste du 
glacis qui servait de revêtement à ces assises dont nous 
nous servons aujourd'hui comme de marches pour par- 



180 LE NATRBALISTE CANADIEPr 

venir jusqifaii sommet. La Pyî-amide même serait au- 
jourd'hui à moitié enterrée dans ces décombres, si Fou 
n'avait, depuis des siècles, utilisé ces pierres tombées pour 
les constructions du Caire. 

11 est probable que la construction des trois Pyra- 
mides de Grhiseh, de même que celle du Sphynx, datent à 
peu près de la même époque, cej^endant Chéops paraît; 
avoir souffert beaucoup plus que ses deux voisines. Le 
glacis sur celles-ci, à la distance de quelques cents pieds 
qui nous en séparent, paraît encore presque intact. îSi 
bien que nous croyions leur ascension impossible, lors- 
qu'un des Bédouins qui nous servaient d'aides, s'offrit» 
moyennant un certain bacchish, à aller arborer de suite un 
pavillon sur le sommet de Chephren. Chacun s'empresse 
de fournir quelques eous, et notre homme en moins de 5 
minutes, était déjà à escalader les assises de notre voisine. 
Le g-lacis nous paraissait, de notre poste, si partait, que 
nous ne savions comment il pourrait parvenir au sommet. 
Aussi le voyons-nous souvent faire des zigzags dans son 
ascension, suivre sur une plus ou moins grande distance 
les lignes horizontales des assises, pour trouver un pas- 
sage. A mesure qu'il s'élève, nous avons plus de peine à 
le suivre de la vue, et n'était sa longue robe blanche qui 
tranche si nettement sur la couleur de la pierre, il nous 
serait impossible de le suivre à simple vue. Il nous fait 
absolument le même effet qu'une chenille grimpant sur le 
lambris d'une maison. 

11 n'y avait pas encore 20 minutes qu'il avait laissé la 
cime où nous étions, que nous le voyons au sommet 
même de Chephr n faisant voler au vent un mouchoir 
blanc en guise de pavillon pour mieux se faire distinguer. 

Mais si Apolldn semble mépriser la scène que nous 
occupons dans le moment, pour y faire éclater sa splen- 
deur, il n'en est pas de même de l'immense panorama qui 
se déploie à nos pieds. Le point de vue est ici encore 
plus gn.ndiose et plus magique, pourrions-nous dire, que 
de la citadelle de la capitale Egyptienne. Nous embras- 
sons d'un coup d'œil toute la vaste vallée du Nil qui 
s'étend à perte de vue devant nous, partagée dans son 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 181 

miiieu par une bande argentée qu'y forme le fleuve majes- 
tueux et variée de chaque côté des nuances multiples 
qu'y présentent les moissons qui la couvrent, selon qu'elles 
sont plus ou moins avancées vers leur maturité. Le 
jaune doré des blés mûrs, le pourpre incarnat des trèfles, 
le vert uniforme et constant des prés, avec le gris sombre 
des habitations des fellahs, giouppées ça et là sur les 
hauteurs en villages que couronnent d'ordinaire les aitieis 
palmiers, nous présentent comme une de ces riches tapis- 
series des Gobelins, où les tons les plus proioncés s'af- 
fadissent en nuances plus ou moins douces, pour offrir à 
l'œil cette harmonie de l'ensemble qui flatte si agréable- 
ment la vue, tout en conservant aux divers objets qui y 
figurent les caractères propres qui les distinguent. 

A l'Est et à rOuest, au dessus des hauteurs que nous 
dominons, c'est le désert, la mer de sable qui s'étend à 
perte de vue. Si nous portons nos regards en remontant 
le fleuve, à 4 ou 5 lieues plus haut, nous voyons le groupe 
des pyramides de Sakkara dont nous distinguons 7 à 8 
cimes. 

Après environ une demi-heure de repos sur ce sommet, 
à respirer l'air frais et pur que nous y trouvions, et à 
admirer le magnifique point de vue qui nous y était offert, 
nous nous mîmes en devoir d'opérer la descente, La 
descenie est un peu plus facile que l'ascension, cependant 
elle exige plus de précautions, car un seul faux pas pour- 
rait avoir les conséquences les plus graves. Mais nos 
Bedouins avec leurs pieds nus ne glissent jamais sur la 
pierre, quelque usée qu'elle soit ; et fermement retenu par la 
main de chaque côté, nous sautons d'une marche à l'autre 
sans presque nous arrêter, si bien que quelques minutes 
seulement nous suffisent pour revenir à la base. 

Nous avions entendu maints voyageurs se vanter de 
l'ascension des Pyramides, comme d'une prouesse peu com- 
mune, et aucun se glorifier de la descente ou plutôt de 
l'ascension à l'iiiiérieur du monument. Cette dernière 
excursion est cependant plus pénible et tout aussi dan- 
gereuse que l'extérieure. 



182 LE NATURALISTE CANADIEN 

A une centaine de pieds environ au-dessus du sol, nos 
guides nous arrêtèrent à une ouverture conduisant à l'in- 
térieur. Chacun dépose ici surtout, blouse ou autre habit 
trop lourd pour avoir moins à soufîrir de la chaleur, et 
tenant dans iine main une bougie allumée, on se sert de 
l'autre pour s'appuyer sur les parois du conduit, en enfon- 
çant les doigts dans des trous qu'on a creusés dans la pierre 
à cette fin, tandis que nos guides se placent l'un en avant et 
l'autre en arrière, pour nous tirer ou nous poasser, suivant 
que nous avons à monter ou descendre, ou nous arrêter, 
s'il nous arrivait de glisser et de faire quelque chute. Dès 
l'entrée dans le conduit, nous prenons une descente fort 
raide, où nous ne trouvons que de faibles petits sillons 
transversaux, à tous les 4 ou 5 pieds, pour servir de marches. 
La bougie d'une main pour éclairer la marche, et l'autre 
appuyée dans les trous de la paroi, nous nous laissons 
glisser les pieds sur ces enjambées de géant, trouvant à 
chaque sillon le pied de notre guide en arcbout^int pour 
nous arrêter, en même temps que nous sommes retenus 
par l'autre qui nous suit par derrière. Nous descen- 
dons ainsi environ une cinquantaine de pieds, lorsque 
nous trouvons que la route prend ici une direction 
opposée, de descente qu'elle était, elle passe à une 
montée, et une montée des plus raidos et des plus difficiles. 
Il n'y pas d'air dans ce cachot, l'atmosphère est écrasante, 
aussi nous sommes tous essoufflés, haletants et la sueur 
nous ruisselle sur le corps. 

Dès le début même de l'ascension, voici qa'une énorme 
pierre semble vouloir intercepter le passage ; il faut l'es- 
calader, impossible de la tourner ; à gauche c'est la paroi 
verticale, et à droite un trou, un puits qu'on nous dit 
d'une profondeur inconnue et que nous n'avons nulle envie 
d'aller mesurer. L'un de nos guides grimpé sur la pierre, 
nous tire par la main, tandis que l'autre nous pousse par 
derrière. Pour les dames— car plusieurs nous suivent 
aussi ici— les guides les' prennent à bras le corps et les 
hissent comme des colis au dessus de l'obstacle. Nous 
continuons notre marche ; nous montons et nous montons, 
toujours avec la même chaleur et les mêmes difficultés, 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 183 

et nous parvenons enfin à la chambre du roi, qui nous offre 
un pavé plan où nous pouvons plus aisément nous reposer, 
et où nous trouvons un peu de lumière par une ouverture 
de quelques pouces que l'on a pratiquée dans l'épaisseur 
de la lourde masse pierreuse. Après quelques minutes de 
repos, nous reprenons notre ascension pour parvenir, avec 
les mêmes fatigues, à la chambre de la reine, qui est à peu 
près semblable à celle du roi, à une cinquantaine de pieds 
plus haut. 

De même que pour l'excursion extérieure, la descente 
s'opère plus facilement que l'ascension ; la plupart du 
temps nous nous appuyons sur les épaules de nos guides, 
et nous sommes toujours sûrs de trouver leur pieds en arc- 
boutants à chaque marche pour obvier à toute glissade. 
Nous repassons la grosse pierre avec le puits noir, et nous 
reprenons l'ascension pour retrouver la lumière du jour. 

C'est barrasses, épuisés, mais surtout écrasés par la 
iourde atmosphère do ces galeries intérieures que nous 
venons avec délices respirer l'air libre à l'ouverture. La 
sueur nous inonde, nous nous empressons de reprendre 
nos habits pour éviter un refroidissement trop subit. Nous 
remettons ce qu'il reste de nos bougies à nos guides et 
nous poursuivons la descente qui nous sépare encore du 
sol. Nos Bedouins, < vaut de parvenir au sol, ne manquent 
pas de tendre la main pour le bacchish. Nous otïrons un 
demi franc à chacun des nôtres, mais ils le refusent, 
disant que c'est un franc qu'il leur faut, " C'est fort 
bien, leur dimes- nous, en remettant l'argent dans notre 
poche; rendons-nous en bas, et vous vous arrangerez 
avec le président de la caravane." 

Ils reconnurent, mais un peu tard, que pour avoir 
voulu trop avoir, ils auraient beaucoup moins. Ils tendirent 
de nouveau la main, lorsque nous n'avions plus que quelques 
marches à franchir, en disant qu'ils se contenteraient du 
demi-franc offert. " Attendez, attendez ; tout s'arrangera 
en bas." Ils comprirent alors que le bacchish offert allait 
leur échapper, car l'officier turc qui surveille les visiteurs 
retient sur les cinq francs exigés de chacun, la moitié 
pour le gouvernement, et distribue l'autre moitié en parst 



184 LE NATURALISTE CANADIEN 

égales aux aides qui ont pris part à l'ascension. Il ne 
fallut rien.moins que l'intervention du cava mis à notre dis- 
position par le consul français pour nous débarrasser des 
obsessions de ces avides enfants du désert, qui témoi- 
gnaient un regret extrême d'avoir refusé ce qu'on leur 
avait offert. 

Nous allons ensuite visiter à quelques verges plus à 
l'Ouest, un ancien temple, dont la crypte existe encore toute 
entière, avec ses piliers, autant de monolithes carrés qui 
supportaient l'étage supérieur, e)icore droits à leur place. 
Nous voyons à une g'rande profondeur des tombeaux 
qu'on a débarrassés du sable qui les recouvrait ; ce sont 
des chambres assez spacieuses, aux parois parfaitement 
conservées, avec les sarcophages au milieu ; les person- 
nages sculptés dans la pierre même sont représentés 
couchés sur le tombeau. 

Nous trouvons en quantité sur le sable que nous 
foulons de nos pieds, de fort gros bousiers, dont nous ne 
manquons pas de faire ample provision pour notre musée ; 
ils sont malheureusement tous de même espèce, c'est 
ÏAteuchus sacer, L., le IScarabée sacré des Egyptiens. 

Un gamin vient aussi nous offrir un énorme oursin, 
dépouillé de tous ses ambulacres, et que nous refusons 
comme trop déterrioré. Mais quelle ne fut pas notre 
surprise, lorsque revenus à la ville, un de nos compa- 
gnons nous montra la même pièce avec une fracture au bout. 
Ce que nous avions pris pour un animal du jour déter- 
rioré par son séjour sur la grève au grand air, était un 
fossile parfait, tout l'intérieur ne composant qu'une masse 
solide parfaitement silicifiée» Nous ignorons si ce fossile 
avait été apporté d'ailleurs, ou si on l'avait trouvé là, sur 
les bords du Nih 

Nous passons devant le Sphinx qui, comme les Pyra- 
mides, est en partie enterré dans le sable que les vents 
poussent du désert, et nous nous arrêtons un instant pour 
en examiner plus attentivement la construction et les pro- 
portions. 

On sait que le Sphinx est un monstre qu'on trouve 
représenté sur presque tous les anciens monuments 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM. 185 

d'Egypte. Ce monstre se composnit de la iéle et du sein 
d'une femme, du corps d'an lion, d'une queue armée d'un 
dard et portait des ailes d'aigle ; le corps était toujours re- 
présenté couché et porté sur des pattes reposant à plat 
sur le sol. On dit que c'était l'emblème de la sagesse, de 
la prudence et de la force réunies. D'autres veulent que 
le Sphinx soit l'emblème du Nil dans ses inondations, par 
ce qu'alo'S le soleil parcourt les signes du lion et de la 
vierge. De toutes les représentatiojis de ce monstre, nulle 
n'est plus remarquable que celle que nous avons devant 
les yeux dans le groupe des Pyramides de Ghiseh, car 
c'est la seule à laquelle on ait donné des proportions 
colossales. Le monstre, lors de sa construction, pouvait 
avoir une centaine de pieds de hauteur, mais aujourd'hui 
on n'en voit plus pour ainsi dire que la tê(e, le reste étant 
enseveli sous le sable. Imaginez-vous une tête humaine 
d'une cinquantaine de pieds de hauteur sur une largeur 
proportionnée. Le nez a un peu souffert de l'action du 
temps, mais le reste est encore bien reconnaissable. 

Revenus au pied de Chéops pour reprendre nos 
voitures, nos Bedouins viennent nous sollici er de leur 
acheter un petit garçon de 9 à 10 ans pour lequel ils de- 
mandent 25 francs. On sait que l'esclavage règne encore 
en Egypte, surtout dans le haat du Nil. L'enfant, à ToBil 
vif et pétillant nous prenait par la main en nous sollicitant 
de l'emmener avec nous, pensant sans doute, que quelque 
fut le sort qu'on lui ferait, il ne pourrait qu'y gagner à 
changer sa position. Cotte offre et ce désir de l'enfant ne 
manquèrent point de no s attendrir profondément; nous 
avions sous les yeux un reste de ces usages barbares 
des civilisations anciennes. Cet enfant, sous nos soins 
pourrait peut-être devenir un personnage important, un 
guerrier valeureux qui irait peut-être un jour, grâce à 
féducaiion qu'il aurait reçue, se mettre à la tête des siens 
pour arracher la Nubie sa patrie, au joug de fer sous 
lequel elle gémit aujourd'hui ?' Peut-être, ce qui serait 
encore bien préférable, ferait-il un missionnaire qui irait 
délivrer les siens d'un esclavage encore plus pénible et 
plus redoutable que celui des Turcs, celui du démou qui 



186 LE NATURALISTE CANADIEN 

retient leurs âmes dans les voies dans la perdition. Dans 
tous les cas, il ferait un chrétien, et pourrait jouir de tous 
les biens que les enfants de Dieu possèdent dans la maison 
de leur père. Yiugt cinq francs est une somme minime 
et facile à trouver ; mais que ferions-nous de cet enfant 
dans notre pèlerinage dont nous ne sommes encore qu'au 
début ? Nécessité donc de refuser l'offre. Nos musulmans 
croyant que nous jugions le prix trop élevé, en vinrent à 
nous l'oflfrir pour 15 fr., 10 fr. et à la iin 5 f. (une piastre) ; 
mais encore une fois qu'en faire dans l'occasion ? C'est 
avec le cœur brisé que nous nous séparâmes de ces pauvres 
enfants du désert, plus chagrins, nous eu sommes sûrs, de 
ne pouvoir accomplir une œuvre si méritoire, qu'ils 
l'étaient, eux, de ne pouvoir toucher la pièce de 
monnaie qu'ils convoitaient, mais moins probablement 
que ne l'était l'enfant lui-même qui se voyait forcé de se 
soumettre encore au triste sort qui lui était échu en 
partage. 

Il passait à peine lOh. lorsque nous reprîmes nos 
voitures, et peu avant midi nous rentrions dans la ville, 
enchantés de notre excursion et de tout ce que nous 
avions vu. 

A continuer. 



■^^»*^^^^^r\ff\ffsff ^y^/t^/Nr^ • " 



LA GAZETTE DES CAMPAGNES" ET L'HISTOIRE 
NATURELLE. 



Nous soupçonnions bien que la petite pillule que nous 
avons administrée, dans notre dernière iivraisou, à M. Proulx, 
de la GazeWe des Campagnes, sevail trouvée uu peu amère ce. 
pendant nous étions loin de penser qu'elle lui en donnerait si 
fort sur les nerfs. 

Tout en protestant qu'il la trouve très convenable, il fait 
de telles grimaces en l'avalant, qu'il ne montre que trop quel 



LA "gazette des campagnes" et l'histoire naturelle 187 

désordre elle a causé chez lui. C'est, à tel point que le mot 
grossier s'échappe du bout de sa plume. 

Là dessus nous demanderons à M. Proulx, lequel des deux 
mérite davantage Tépithète de grossier : ou de celui qui re- 
prend, même en termes énergiques, une erreur considérable, 
une faute impardonnable ; ou de celui, qui en guise de ré- 
ponse, lance à son adversaire Tépithète de grossier? 

M, Proulx se plaint d'être éreinté, assommé. Mais, pauvre 
ami, ce n'est pas nous qui vous éreintons, vous assommons ; 
c'est la logique des faits ; c'est le raisonnement ; c'est le simple 
bon sens. 

Ce n'est pas notre faute, à nous, si, sans posséder les 
éléments des sciences naturelles, vous allez patauger dans ce 
domaine, comme le ferait un badigeonneur dans un atelier 
de peintre d'histoire. M. Proulx, en fouillant en aveugle dans 
la science, en fait jaillir des masses qui lui retombent sur le dos 
et l'assomment. Tl pousse les hauts cris; mais que n'est-il 
moins prétentieux et plus prudent ? 

Si nous avons dit plus haut que les erreurs de M. Proulx 
sont impardonnables, ce n'est pas par ce qu'il manque de 
science — ce qui probablement n'a pas dépendu de lui— mais 
c'est par ce qu'il qu'il s'érige en docteur pour enseigner les 
autres, sans s'apercevoir de ce qui lui manque. 

M. Proulx pour se défendre du reproche de plagiat, nous 
dit qu'il ne se sert jamais des ciseaux, qu'il se sert de ses livres 
et de ses journaux, comme l'avocat le fait des livres de loi. 
Mais quelle pitoyable logique ! Lisez, consultez, compulsez et 
livres et journaux pour vous guider dans notre pratique, rien 
de mieux; que vous ayiez continuellement le manuel à la 
main pour alligner vos ciboules ou biner vos betteraves, per- 
sonne n'y trouvera à redire ; mais du moment que vous laissez 
le champ pour monter à la tribnne du pédagogue, il vous 
faut changer de ton ; il faut alors que ce que vous donnez 
soit de votre science à vous, peu importe où et comment vous 
l'avez^acquise, pourvu qu'elle vous appartienne. Si parfois vous 
jugez à propiDS de l'emprunter à d'autres, la justice et les con- 
venances vous font alors un devoir de leur donner crédit de vos 
emprunts; et c'est ce que vous ne faites pas et ce qui vous 
entraine à ces erreurs qu'on vous signale, car le modeste geai 
se laisse trop souvent voir sous le plumage de l'orgueilleux 



188 LE NATURALISTE CANADIEN 

paon. D'un autre côté, puisque vous copiez si bien, que ne 
faites-vous usage de guillemets ou des signatures pour vous 
montrer honnête, et rendre à chacun ce qui lui appartient? 

Rien de plus fort, de plus convainquant, de plus impi- 
toyable que la logique des faits ; et nous voyons, avec chagrin, 
que M. Proulx dans sa réponse, vient donner une nouvelle 
confirmation à la proposition que nous avons toujours soutenue, 
sovoir : "qu'on a tort de tant négliger l'étude de l'histoire 
naturelle." 

M. Proulx nous demande s'il ne pourrait pas arriver, par 
accident ou autrement, que le gui s'implantât dans notre pays. 
Nous ignorons si la chose est possible ; du moins elle n'est pas 
probable. Mais à quoi bon cette question ? Allez-vous nous 
enseigner des remèdes contre des maux qui ne nous menacent 
en aucune façon ? des maux que nous ne connaissons pas ? 
N'avon-^-nous pas assez à nous défendre des ennemis qui nous 
attaquent aujourd'hui, sans nous occuper à nous prémunir 
contre d'autres qui ne se sont jamais montrés et qu'aucune 
probabilité n'indique comme devant bientôt apparaître ? 

Nous avons dit que nous n'avions jamais rencontré le gui 
en Canada et que les botanistes Américains nous disent aussi 
que ce parasite ne se ren(îontre pas aux Etats-Unis. Mais voici 
que M. Proulx veut réfuter cette proposition par ces paroles 
de Bocquillon : " le gui détruit presque complètement en 
Amérique les plantes à café!" Mais voila qui est charmant; 
M. Proulx prendrait-il le Brézil pour un état de l'Union Amé- 
ricaine ? Depuis quand le café est-il cultivé aux Etats-Unis ?... 

Mais de plus en plus naïf ce bon M. Proulx! "Le merle 
ou la grive de Dieppe, nous dit-il, a peut-être fait une excur- 
sion en Amérique, sans que vous le sachiez ?" Représentez- 
vous donc M. Proulx, posté sur la montagne qui avoisine sa 
demeure et armé d'une lunette pour observer les merles de 
Diepne traversant l'Atlantique ! M. Proulx a-t-il jamais en- 
tendu dire que l'Atlantique était peut-être un peu plus large 
que le St-Laurent vis-à-vis Ste Anne, et que les merles ne se 
hasardaient pas tous les jours à en entreprendre la traversée ? 

M. Proulx a l'air de croire que les noms sont de peu d'im- 
portance en histoire naturelle ; c'est une grave erreur. S'il se 
fut contenté d'avancer que le ver blanc ravageait les pommiers ; 
il était dans le vrai, il n'y avait rien à redire. Mais il a ajouté 
crue ce ver blanc était la larve du hanneton, et c'est là une 



''la gazette D?S CAMfAGjNES" FT L'HISTOIBE NATURELLE 189 

plume de paon qui ne peut couvrir le galbe disgracieux du 
geai et qui dénote de suite la supercherie. Ver blanc est un 
terme commun qui peut convenir à plusieurs insectes, mais si 
vous précisez, il faut y procéder avec attention, car autrement 
vous prêterez à des espèces des habitudes qui ne peuvent leur 
convenir. Ainsi le hanneton appartient à la famille des La- 
mellicornes, et les larves de ces insectes ne peuvent ronger le 
Lois, mais se nourrissent exclusivement des jeunes plantes 
tendres, comme choux, céréales, pois, tabac etc. ; tandis que 
la Saperde appartient à la famille des Longicornes, et les 
larves de ces insectes sont pourvues de mandibules assez fortes 
pour se creuser des trous dans le tronc même des arbres, 
pommiers, pruniers, érables etc. Cependant les larves de ces 
deux insectes sont des vers blancs, quoique différents de forme. 
On voit de là quelle immense différence peut amener le chan- 
gement d'un seul nom. 

Quant aux épithètes de grossier, assommeur, éreinteur, 
monopoliseur de science etc., elles ne nous affectent en aucune 
façon, c'est la ressource ordinaire des adversaires désarçonnés *, 
on remplace les arguments par des mots mal sonnants; nous 
en laissons tout le bénéfice à M. Proulx. 

M. Proulx nous fait en terminant une menace de porter 
certaines charges contre nous. Nous le prions de parier 
ouvertement, car son insinuation est bien plus capable de nous 
nuire qu'une attaque formelle. D'ailleurs qu'il ne craigne rien ; 
s'il peut nous éclairer, il nous rendra service; s'il nous signale 
des erreurs, nous les corrigerons. Rien ne nous fait plus de 
plaisir que d'acquérir de nouvelles connaissances dans la 
science dont nous poursuivons l'étude, peu importe de quel 
côté elles nous viennent. Gomme M, Proulx, nous avons 
assumé la tâche d'instruire les autres, et les fautes que nous 
commettons sont extrêmement regrettables, par ce qu'elles ne 
font pas tort à nous seulement, mais encore à tous ceux qui 
nous lisent. Loin de vouloir monopoliser la science, comme 
M. Proulx a la simplicité de l'énoncer, nous sommes continuel- 
lement en correspondance avec des savants pour nous éclairer 
déplus en plus, et rien ne nous plait davantage, lorsque nous 
connaissaissons quelque chose de nouveau, que d'en faire 
part à nos lecteurs. 



190 LE NATURALISTE CANADIEN 

BIBLIOGRAPHIE. 



Worms and Crustacea, by Alpheus Hyatt. — Ce petit 
volume in-18, de 68 pages, avec nombreuse gravures, est le 
septième d'une série de Guides pour l'enseignement de la 
Science, Guides for Science-Teaching, donl la Société d'histoire 
Naturelle de Boston a entrepris la publication. Ces volumes, 
la plupart copieusement illustrés, sont des résumés précis et 
exacts des sciences qu'ils traitent, œuvres de spécialistes de 
haute réputation et de grande autorité. Nos remerciements 
à qui de droit pour l'envoi de ce volume. Gî suit la liste de 
ceux déjà parus ou qui paraîtront prochainement. 

I. About Pebbles, par Alpheus Hyatt, Curateur de la So- 
ciété d'Histoire Naturelle de Boston, et Professeur de zoologie 
et de Paléontologie a l'Institut Technologique du Massachusets. 
15 cts. 

Get opuscule est une illustration de la manière dont on 
peut tirer parti pour l'enseignement d'un objet tout ordinaire. 
Ce fut la conférence d'ouverture du cours, et c'est elle qui fit 
naitre l'idée des autres qui l'ont suivie. 

n Concerning a few Com.non Plants, par George J. 
Goodale. 30 cts. Celui-ci est formé de deux parties qui 
sont reliées ensemble, et donne un rapport des organes 
principaux des plantes, et comment celles-ci peuvent 
être cultivées dans les salles d'école pour l'instruction 
des enfants. 

in. Commercial and other Sponges, par A. Hyatt. 30 cts. 

IV. A First Lesson In Natural History, par Mad. E. G. 
Agassiz. 
V. Corals and Echinoderms, par A. Hyatt. 
VI. Mollusca, par A. Hyatt. 
VIL Worms and Crustacea, par A. Hyatt. 35 cts. 
VIII. Insects, par A. Hyatt. 
IX. Fishes and Frogs. 
X. Reptiles and Birds. 

Les opuscules ci-dessus seront suivis par une série de 
de deux à quatre petits livres, du môme genre, sur 

The Common Metals and Minerais, par L.S. Burbank 
et Cie. 



FAITS DIVERS 191 

Les conférences qui ont fait naitre l'idée de ces livres 
sur l'enseignement de la science ont démontré le fait, qu'au 
moyen de spécimens, on peut apprendre à un auditoire consi- 
dérable à observer utilement la nature. 

On en a intruit de cette manière plus de 500 à la fois. 

S'adressera MM. Gina et Heath, 13 Tremont Place, Boston, 
Mass. 

The Coues Chec List of North American Birds.— C'est 
un volume in-8 de 165 pages, contenant la liste de tous les 
oiseaux de l'Amériijue du Nord, avec l'indication de l'ouvrage 
où chaque espèce se trouve décrite, l'étymologie des noms 
génériques et spécifiques et de plus l'accentuation de ces mêmes 
noms pour une exacte prononciatiou. Cet ouvrage, qui en est à sa 
2e édition, forme, ainsi augmenté, un dictionnaire d'ornitho- 
logie indispensable cà tous ceux qui s'intéressent aux oiseaux 
de nos contrées. — Estes et Lauriat, Boston, 1882. 

Nos remerciements aux éditeurs pour l'envoi de ce vo- 
lume. 



FAITS I>IVEJEiS. 

Température.— Juin nous à enfin apporté cette chaleur 
que mai nous avait obstinément refusée. Aussi il est beau de 
voir comme la végétation s'elTorce de compenser le temps 
perdu par nu redoublement d'activité. Les feuilles se déve- 
loppent et les fleurs se montrent avec une telle rapidité que, 
malgré l'habitude que nous en avons, chaque jour nous 
étonne par le pi ogres constaté sur celui qui le précède. Les 
pruniers, cerisiers, pommiers etc., maigre le retard de la 
saison, sont à peine en arrière sur l'époque ordinaire de leur 
floraison ; et les fleurs se montrent en telle profusion qu'elles 
nous font attendre une abondante récolte de fruits de toute 
espèce. 

Insectes. — Bien plus que les fleurs, les insectes semblent 
avoir souflért du retard de la saison. Les cousins, la mouche 
des maisons, la chrysomèle de la patate, ne s'étaient pas 
encoi-e fait remarquer avant le 20 juin, lorsque dans les années 
précédentes, ces aimables visiteurs étaient déjà dans leur 
complète diliusion dès le commencement de ce mois. 



LES CYPRIPEDES. 

Monsieur le Rédacteur, 

Voici le temps des herborisations revenu ; tous ceux qui forment des 
herbiers sont aux aguets pour saisir l'occasiou favorable de remplir lea 



192 LV. NATURALISTE CANADIEN 

lacunes qui ne peuvent manquer de se trouver surtout dans les collec- 
tions des débutants. Rien ne me fait plus de plaisir que de compléter 
un genre ou une famille, en rangeant toutes ses espèces à la suite les 
unes des autres. J'avais accordé une attention toute particulière, 
l'année dernière, aux Cypripèdes. Votre Flore à la main, j'étais par- 
venu à trouver dans les environs de Montréal même, les quatre espèces 
qui suivent sur les cin | que vous mentionnez : Cypripedium acaule^ 
Ait., commune ; C. i-pectab'de^ Willd., rare ; G. ptthesceus, Willd., 
la plus belle suivant moi, car si elle est inférieure en taille et par 
l'ampleur de sa fleur à la spcctahile, la multiplicité de ses fleurs lui 
donne plus d'éclat. J'ajouterai qu'elle est aussi beaucoup plus rustique ; 
avec un peu de soins, j'ai réussi à la garder dans mon jardin et à lui 
faire donner des fleurs beaucoup plus apparentes que dans les bois. 
Enfin le C. candidmn^ Willd. qu'on trouve presque toujours en com- 
paonie de l'acaule. Keste le 0. arletùium^ Ait., le Rani's head des 
anglais, que je n'ai pu encore rencontrer. J'ai parcouru et scruté 
tous les reconis de la Montagne de Montréal sans succès ; je pense 
que l'obtinée lête-de-hélier ne se trouve pas là. Je vous serais 
oblio"é, si vous vouliez bien me faire connaître dans quelle situation et 
à quels endroits vous l'avez rencontrée. 

Montréal 19 Juin 1882. M. 

Aussitôt la lettre ci-dessus reçue, nous référons à notre herbier, 
et nous trouvons que l'espèce en question, le Ci/pripedium arietimtm, 
y brille encore par son absence. Defjuis plusieurs années, nous avons 
accordé beaucoup plus d'attention t\ l'Entomologie qu'à la Botaniques. 
Cependant dans nos chasses, tout en poursuivant les insectes, nous ne 
manquons jauiais de renouveller connais.saiiCî avec toutes les plantes 
que nous rencontrons, et de remarquer surtout en quelle situation elles 
se trouvent. 

Nous nous rappelâmes que sir le bjrd même du CapRouge, à 
quelques arpents seulement de notre résidence, nous avions trouvé sur 
des rochers couverts de mousses et abrités par des pins rouges, une 
plante toute boréale qui nous avait fort surpris, c'était V Arclostaphilos 
uva-ursi, Spreng. de la famille des Ericacées, plante que nous n'avions 
encore rencontrée que sur les rochers dn bas du Fleuve. Nous pen- 
sâmes que la situation pouvait être favorable aux Cypripèdes et que 
peut-être nous pourrions y trouver notre plante. Donc, samedi le 24, 
armé de nos instruments de chasse, nous nous rendons à l'endroit in- 
diqué, et à notre grand plaisir, nous trouvons dès notre arrivée, notre 
plante en pleine floraison, souvent en compagnie de Vqlaule. La flîur 
est moins grosse et moins apparente que celle de cetqFaernière, mais 
la singulière disposition do ses sépales supérieurs -qui viennent se 
croiser sur le labelle, comme les cornes d'un bélier qui s'enroulent au 
dessus de son nez, lui donne une certaine originalité qui ne manque 
pas de frapper ceux qui l'observent. Les fleurs sont solitaires, mais 
les tiges sont d'ordinaire par touffes ou du moins presque toujours 
réunies plusieurs ensemble. 

Il va sans dire que nous en fîaes une provision assez ample pour 
en passer à ceux de nos amis qui nous en feiaient la demande. 



LE 




Vol. XIII.- 7. CapRouge, Q., JUILLET 1882. No. 151 

Rédacteur : 31. l'Abbé PROVANCHER. 



FAUNE CANADIENNE 



(Continué de la page 175.) 

Jambes et tarses postérieurs d'un teatacé roussâtre; 

Abdomen poilu 1. biCDlor. 

Abdorain nu ou à peu près 2. hildlis. 

Pattes unicolores ou à peu près, avec pubescence variée ; 
Thorax à pubescence dense, cachant les téguments ; 

Pubescence d'un faiive ochiacé 3. nïvalîs. 

Pubescence blanche ou jaunâtre ; 

Abdomen avec longs poils blanchâtres, surtout à la base.4. frigide. 
Abdomen nu ou à peu près ; 

Pubescence des pattes postérie ires brun-roussâtre. 5. viclna. 
Pubescence des pattes blanche ou blanchâtre ; 

Pubescence de la face noire sur le vertex et les côtés, ab- 
domen avec ) oils blanchâtres épars 6. hirticepS. 

Pubeêcence de la face blanchâtre sur les côtés, abdomen 

très poli à la base 7. placida. 

Thorax à peu près nu, laissant voir les tégnments ; 

Métuthorax avec un espace renfermé distinct, strié longitudi- 
nalement ; 
Segments 2, 3 et 4 avec lignes argentées sur les 

côtes 8. algida. 

Segments sans lignes de pubescence argentée. 9. p^rplexa. 
Métathorax sans espace renfermé distinct ; 



194 LE NATURALISTE CANADIEN 

M étathorax très finement ponctué 10. Integra 

Métathorax fortement rugueux 11. SÎmpIeX 

1. Andrène bicolore. Andrena hicolor^ Fab. Ent. Syst* 
ii, p. 310. 

Ç — Long. .50 pce. Noire; le thorax et le premier segment 
abdominal avec poils jaunâtres, le reste avec poils noirs, excepté les 4 
jambes postérieures avec leurs tarses qui sont d'un fauve-roux bien 
apparent. Chaperon bombé, en partie nu, densément ponctué. Poils 
du thorax longs et abondants. Antennes noires. Ailes hyalines, les 
nervures brun -jaunâtre. Abdomen déprimé, ovale-elliptique, poilu, le 
premier segment avec poils jaunâtres, tous les segments marginés au 
sommet d'une bande brun-roussâtre brillante, le 6e avec un espace 
triangulaire nu pour le jeu de la tarière. — AG. 

2. Andrène joyeuse. Andrena hilaris, Smith, Cat. Brit, 
Mus. 1, 112. 

Ç — Long. .42 pce. Noire avec pubescence ochracée sur la face 
et le thorax peu allongée et non assez dense pour cacher les téguments. 
Chaperon densément ponctué. Métathorax avec une espace renfermé 
distinct, fortement rugueux ; l'écusson avec grosses ponctuations peu 
denses. Ailes légèrement enfumées au sommet, les nervures brunes. 
Pubescence des pattes jaunâtre ; les 4 tarses postérieurs avec les 
jambes de la dernière paire, d'un testacé roussâtre, avec poils fauves. 
Abdomen ovale, très finement ponctué, les segments avec lignes de 
pubescence pâle sur les cô^és; l'extrémité fauve. — AC. 

Bien reconnaissable par ses jambes postérieures jaunes, 

3. Andrène de-la-neige. Andrena nivalis, Smith. Cat. 
Brit. Mus. 1, 118. 

9 — Long. .45 pce. Noire avec pubescence fauve très appa- 
rente. F:tce à pubescence plus dense et plus longue au milieu, parti- 
culièrement à côté des antennes ; vertex à poils très clairs. Thorax 
à pubescence très dense, fauve, cachant tous les téguments. Ailes 
Bub-hyalines, le stigma jaune, la 2e cubitale recevant la 1ère nervure 
récurrente au delà de son milieu, la 4e presque complète. Pattes 
noires avec pubescence fauve, particulièrement longue et abondante 
sur les jambes et les cuisses postérieures. Abdomen en ovale, déprimé,, 
noir, presque nu, ne portant que quelques poils fauves à la base et à 
l'extrémité, les segments avec une bande déprimée et lisse au sommet ; 
le 5e avec poils noirâtres, testacés au milieu, le 6e avec l'espace trian- 
gulaire nu pour le jeu de l'aiguillon. — R. 



XXI— ANDRÉNIDES. 195 

(^ — Semblable ; la face a seulement de longs poils jaunes. 
Capturée à St-Hyacinthe. 

4. Andrène froide. Andrena frigida, Smith, Cat. B. 
Mus. 1 p, 115, ?. 

Ç — Long. .48 pce. Noire; la face entourée sur les côtés de poils 
blancs, mandibules noires, antennes entièrement noires ; le vertex 
couvert de longs poils blanchâtres ; tout le thorax à poils longs et peu 
denses, blanchâtres, ne cachant pas les téguments ; le méthatorax 
finement ponctué. Ailes hyalines, les nervures et les écailles, brun- 
roussâtre. Pattes noires, les cuisses avec longs poils blanchâtres, de 
même que les jambes postérieures, les tarses à brosse brun-roussâtre, 
les articles terminaux brun-ferrugineux. Abdomen large, en ovale, à 
villosité longue et blanchâtre à la base, plus courte et brun-roussâtre 
à l'extrémité, les segments terminés par une bande polie, d'un brun 
cuivré. 

La longue villosité blanchâtre qui recouvre toutes 
les parties distingue surtout cette espèce. Capturée a 
Chicoutimi, au CapRouge etc. 

5. Andrène voisine. Andrena vicina, Smith, Erit. 
Mus. Cat. i, p. 112. 

Ç — Long. .48 pce. Noire ; le thorax avec les cuisses postérieures 
et le premier segment abdominal, avec poils jaunâtres, le reste 
avec poils noirs. La face en partie nue, le vertex avec poils noirs et 
le milieu, en dehors des antennes, avec poils jaunâtres ; le chaperon 
nu, à ponctuations fines, mais peu denses. Antennes avec le pavillon 
brun-roussâtre. Le thorax à poils abondants. Ailes hyalines, quelque 
peu jaunâtres, le stigma jaune. Pattes noires, les postérieures avec 
les jambes et les tarses fournis de poils très denses, brun-foncé. Ab- 
domen déprimé, ovale-elliptique, presque nu, n'ayant de villosité 
qu'à la base et à l'extrémité, de couleur brun-roussâtre, avec une 
bande au sommet des segments plus brillante et obscurément cuivrée, 
le 6e segment avec un espace triangulaire nu, pour le jeu de l'ai- 
guillon. — AC. 

cf — Avec poils plus abondants et de couleur plus claire. 

6. Andrène tête-hérissée. Andrena Jiiriiceps, Sniith, 
Brit. Mus. Cat. i, p. 116. 

Ç cf — Long. .38 pce. Noire, avec une longue villosité blanchâtre 
la couvrant presque de toutes parts, 'plus abondante sur la face et le 
thorax. Face au dessous des antennes toute couverte par une forte 



106 LE NATRBALISTE CANADIEN 

tonffii de Ion es pnils bl ir.cs. k vo'tex presque nu. Ailes liy^lme!»^ 
lésrèreuient ob-ciucies à l'extr 'raiti', le stiir'n^i .i^""e, la 2e ceilnle cn- 
bitîile fortement rotrécie vers la radiale. Pattes noires av^!C longs 
poils blancs, pe'i abondants. Abdo iien ova'e-elliptiijue, a*sez convexe 
chique scï^tnent avoc une bmde brun-rou<>âtre au soumiet munie de 
poils blanchâtres, les poils de rextrcniité aussi blanchâtre*. — PC. 

S^"! distingue facilement ties antres espèces par sa 
Tiliofcité. 

7. Andrène placide. Andrena jdacida, Smith, Cat B, 
Mus. 1. p. 112, 9. 

Ç — Long .40 pee. Noire; la fice avoc une pubescence blan- 
châtre yevi deii«e ; les antonm^s fiUMUgineuses en dessous à Text n^ m it». 
Le thorax co ivert d'une pubescence och''acéepâle p<»u dense. Ailes 
sub hyalines, les nervures ferrugiueuses-[iâle«, le> (?c;iillettcs testacies- 
rotissâtres. Li pubescence des pattes bl iTicliâtre en dessous, j lune- 
rois^âtre on dessus; les tarses fauves eu dossou«, leurs articles ttu-uii- 
naux ferrugineux. Abdomen oval oblong, pnli, brillant, segments 2, 
3 et 4 avec une fr.inge argentée étroite, plus étendue sur le» côt's, la 
fringe du seg nent anal brune. Ex dessous les segiuents ont une 
étroite frange blanchâtre. 

Capturé-» à Montréal au CapRouge etc. 

8. Andrène glacée. Andrena al^ida, Smith, Cat. B. 
Mus. 1, 116. 

Ç__Long. .40 pce. Noire; à pubescence grisâtre, légèrement 
0!?hracée sur le thorax. Me-^othorax avec fortes ponctuations peu 
denses, encore plus fortes sur l'écusson ; mét.ithorax rugueux par des 
stries longitudinales. Pattes à pubescence blanche, if^gèrement obs- 
cures au sommet. Abdomen ovale, brillant, noir foncé, la marge 
apicale des segments 2, 3 et 4 frangée do pubescence argentée, surtout 
sur les côtés ; l'anus légèrement fauve. — PC. 

9. Andrène perplexe. Andrena perplexa, Smith, Cat. 
Brit. Mus. 1, p. 118, Çc^. 

o ç^ Long. .40 pce. Noire; avec poi's blancs à la fac9, sur les 

côtés du thorax et les caisses, et jaunes sur le dis(juo du thorax, les 
jambes et les tarses postérieurs. Chiparon nu, à ponctuations 
grossières et peu denses, les côtés de la face et le vertex seulement 
fournis de j oils. Thorax à poils coirts et [eu abondants, laissant 
tous les téguments à découvert,» le métathorax avec un espace^J'en* 
fermé sur le disque, cet espace subtriangulaire et portant des &tries 



XXL— ANDRÉNIDES 197 

îoncitudiniles très distinctes. Ailes hyaline's, rextr(îniit(< l^o-èrement 
erifurnée, le stigm:i jaune. Pattes noires, les JHuibcs postérieures à 
poils j lunâtres. Abdomen noir, ovale elliptiii|ue, nu, n'aymt de poils 
qu'à l'extréinit" et sur les côtés, la moitié apicale des sejrmcnts plus 
finement et plus don-jément poniUuée que le reste, le 6e à poils 
j Minâtres, avec un espace triangulaire nu pour le jeu de l'aiguillon. — 
PC. 

Se distingue surtout de la précédente par son méta- 
thorax à espace renfermé et strié. 

10. Andrène entière. At/drena intégra, Smith, 1, 114 
$ — Long. .38 pce. Noire, à pubescence peu abondante, les fos- 
settes } rès des yeux, les jo tes, le thorax sur les côtés, les flincs, 
surtout ceux du inétithorax, à pubescence blanchâtre. Les antennes 
rnusf-âtres eu dessous à l'extrémité. Thorax poli, le méiathorax très 
finement ponctué. Ailes hyalines, légèrement obscurcies à l'extrémité, 
lésée lilies brunâtres. Pattes^ les antérieures presque nues, les pos- 
térieures à poils blanchâtres sur les cuisses et les jambes, et jaune- 
biU'iâtre sur les tarsos. Abdomen poii, brillant, en ovale allongé, 
les segments 2 et 3 marginés de poils blanchâtres sur les côtés, les 
segments terminaux à poils roussâtres. 

Cette espèce est remarquable par sa pubescence rare, 
peu apparente. 

il. Andrèns simple. Andrena simplex, Smith, Cat. B. 
Mus. 1 p. 114, ç. 

^— Long, .40 pce. Noire ; la fice finement striée au dessus de 
rinsertioii dos antennes, les côtés avec poils blanchâtres, le chaperon 
avec points et stries sembl mt avoir une directi )n trau^vorsale. Thorax 
très finement po:iet lé, ces ponctu itio:is distantes les unes des autres, 
à I ube>cence blanchâtre plus abondante sur les côtés. Ailes sub- 
hy lines, le stijçma jaunâtre, les écaillettes, testacé-sale. Patte brun- 
ro is>âtre, les tirses plus pâles, les jambes et les tarses fostérieuis à 
pubescence fuve. Abdomen très finement ponctué, les segments 
avec une étroite frange apicale de poils blancs, l'extrémité à poils 
jaunâtres. 

Capturée au CapRouge. 

4. Gron. Haltcte. Halictus, Latr. 

Tête transversale; point de fossette aux orbites su- 
périeurs d*'s yeux ; ci'ux-ci entiers» Antennes assez lou- 
gues, beaucoup plus dans les d" que daus les ç. Ailes 



198 LE NATURALISTE CANADIEN 

avec une cellule radiale pointue aux deux bouts, la pointe 
postérieure plus effilée que chez les Andrènes et serrée 
contre la côte ; 3 cellules cubitales fermées, la première 
presque aussi grande que les deux suivantes prises en- 
semble, la 2e en carré, la plus petite, recevant la 1ère 
nervure récurrente au delà de son milieu; la 3e rétrécie 
de plus de moitié vers la radiale et recevant la 2e récur- 
rente aussi au delà de son milieu ; la 4e à peine commencée. 
Abdomen ovale-elliplique dans les ç , presque cylindrique 
dans les d. Une espace longitudinal linéaire nu sur le 6e 
segment abdominal des ? pour le jeu de l'aiguillon. 

Ces insectes ont toute l'apparence extérieure des 
Andrènes, ils s'en distinguent surtout par la forme de la 
cellule radiale qui est toujours plus étroite, à pointe plus 
fine et plus serrée près de la côte, par l'absence de la 4e 
cubitale qui est à peine indiquée, l'absence de fossette aux 
orbites supérieurs et l'espace linéaire nu du dernier seg- 
ment abdominal des ç. 

Les Halictes ont aussi à peu près les mêmes mœurs 
que les Andrènes ; comme elles, elles creusent des galeries 
dans le sol pour y déposer leurs œuf&. Le tube principal 
de cette galerie atteint quelquefois 8 à 10 pouces de pro- 
fondeur, et de distance en distance, s'ouvrent sur ce tube 
principal des tubes secondaires d'environ un demi pouce 
de long, dans chacun desquels la ? dépose une boule de 
pollen et de miel pour y déposer un œuf, de sorte que le 
tube principal n'est qu'un couloir sur lequel s'ouvrent les 
chambres particulières qui doivent être la résidence ou le 
berceau de la progéniture. 

' Onze espèces rencontrées qu'on peut distinguer comme 
suit. 

Couleur noire ou brun-foncé ; 

Abdomen avec lignes transversales blanches ; 
Disque du métathorax finement ponctué ; 

Abdomen opaque par ses fines ponctuations.. 1. COriaceus. 

Abdomen lisse, brillant 2. ligatUS. 

Disque du métathorax lisse au sommet, finement 

aciculé à la base 3. distinctUS, n. sp. 

Disque du métathorax plus ou moins rugueux j 



XXI — ANDRÉNIDES 199 

Abdomen à 3 lignes blanches 4, dîSCUS. 

Abdomen à 6 lignes blanches 5. 6-CinCtUS, n. sp. 

Abdomen sans lignes transversales blanches ; méta- 

thorax fortement rugueux 6. scabroSUS, n. 5p. 

Couleur vert metallic plus ou moins prononcé ; 

Thorax fortement poilu 7. pîlosUS. 

Thorax nu ou à pubescence peu dense ; 

Face dorsale du métathorax à carène médiane 8. laBViSSimus. 
Face dorsale du métathorax sans carène médiane ; 
Tarses pâles ; 

Jambes noires ou brun-foncé 9. alMtarsiS. 

Jambes jaune-pâle 10. COnstrictUS, n. sj). 

Tarses noirs ou bruns ; 

Abdomen poli, lisse U. confuSUS. 

Abdomen ponctué, ovale 12. Ontariensis, n. sp. 

1. Halicte coriace. Halictus coriaceus, Smith, Brit. 
Mus. Cat. 1, 70. 

Ç — Long. .38 pce. Noir, finement et densément ponctué, ce qui 
lui donne une apparence subopaque ; pubescence fauve-pâle sur le 
thorax et les pattes, celle de la face peu abondante ; le chaperon à 
ponctuations fortes et peu denses. Métathorax à face dorsale finement 
ponctuée, son disque semi-circulaire, strié à la base. Ailes hyalines, 
le stigma jaune, la 2e cellule cubitale à côtés parallèles. Pattes cou- 
vertes de poils fauves. Abdomen poli, brillant, ovale-elliptique, 
avec une ligne de poils argentés à la base des segments 2, 3 et 4, leur 
sommet coriace, le 5e de couleur cuivrée. — CC. 

çj^— -Avec le labre taché de jaune au bord antérieur ; sa pubes- 
.cence blanchâtre. 

2. Halicte lié. Halictus ligatus, Say, Say's Ent. II, 

774. 

Ç — Long. .32 pce. Noir avec poils blanchâtres sur la tête, le 
thorax et les pattes. Le chaperon poli, brillant, avec ponctuations 
rares mais profondes. Métathorax très finement ponctué, sa face 
postérieure légèrement concave. Abdomen lisse, poli, brillant, les 
■segments 2 et 3 avec une ceinture de poils argentés à la base. La 
pubescence des pattes fauve-blanchâtre. 

J^ — Avec la partie antérieure du chaperon et le labre jaune-pâle, 
la face à pubescence grisâtre. Abdomen avec une ligne blanche à la 
base des segments 2, 3 et 4. Pattes avec les jambes et les tarses 
jaunes, les jambes postérieures avec une tache noire en dessus et en 
dessous. — C, 



200 LE NATURALISTE CANADIEN 

Se distingue du précèdent par ses téguments brillants 
et polis. 

3 Halicte distinct. Halictus dist inclus, nov, s p. 

ç^ — Lonir. .36 pee. Noir, la face, le thorax, surtout sur les côtés, 
avec les pattes, à pubescence blanchâtre. Ch iperon peu prolongé en 
avant, blanc-pâle à son extrémité ; niandib îles sans taches. Thorax 
très finement ponctué, poli, le métathoiax avec de fines stries loniii- 
tudinales à sa base, le reste lisse, . brillant. Ailes byilines, le bord 
apical à peine obscurci, les nervures brunes. Pattes noires, à pu- 
bescence blanchâtre, les tarses à poils ferrugineuf, leur dernier article 
jaunâtre. Abdomen noir, poli, lisse, à côtés parallèes, les 4 premiers 
segments terminés par une ligne argentée. 

Bien distinct par sa forme et sa coloration. 

4. Halicte à-disque-strié. Halictus discus, Smith, B. 
Mus. C;it. i, p. 70. 

Ç — Long. .42 pce. Noir, avec poils fauve [aie sur la face, le 
thorax et les pattes. La face et le disque du thorax à poils courts et 
peu abondants, le métathorax à f ice dorsale sans c irène, son disque 
poilu à la base et strié lon^itudinalement. Ailes hyalines, l'extrémité 
trèi légèreme it obscurcie, la 2e cellule cubitale presque en carré. 
Pattes à poils fauves denses bridants. AbJomen ovale-elliptique, poli, 
brillant, avec une ligne de poils argentés à la base des segments 2, 3 
et 4 le 6e à poils fauves avec un espace linéaire nu pour le jeu de 
l'aiguillon. — GC. 

ç^ — A abdomen presque cylindrique, avec les jambes et les tarses 
jaunes, excepté une tache noir près de la base des premières en avant. 

Se distingue toujours facilement du parallelus par son 
métathorax. 

5. Halicte à-6-ceintures. Halictus 6-cinclus, nov. sp. 

(^ — Long. .34 pce. Noir ; avec pubescence blanche longue et dense 
sur la face et le thorax, couvrant presque entièrement les téguments. 
Ailes hyalines ; les nervures brunâtres. Métathorax strié longitudinale- 
ment au sommet. Pattes noires avec joils blancs. Abdomen court, 
très finement ponctué, tous les segments avec u.ie marge de poils 
blancs au sommet. 

Capturé au CapRouge et à Chicontimi. 
6. Halicte scabre. Halictus scabrosus, nov. sp. 
d^— Long. .25 pce. Noir, avec pubcbcencc grisâtre, la face à 



XXT — ANDRÉ VIDES. 201 

ptibes once arg nt^e très dense ; TUîin-lib'iles noires; nntcnnes courtes 
fo tes, fortement fistoi)n.^es en ■lessous. Thoiax fortement ponctiid, 
le -iiétuthor.ix très nr^ne' x; l'c illes ihnrea noirâtres. Ailes hyilincs, 
iride.'cerite^, les nervures b urnîs. Pittes noires, les tarses briin- 
fonc»^. Abdo.nen pou allô igé, poli, brillant, à peine pubescent à l'es- 
tré.nit<?. 

Captnré A Chicontitni. E'^pèoe bien distincte par les 
fortos rugosités do. son métathorax. 

7. Halic^.e poilu; Halictus pilosus, S;ni(h, Brit. Caf. 
Mus. i, p. 71. 

Ç — Lon<?. .30 pce. Noir, portant de toutes parts des poils blan- 
cbâtres peu abon 1 ints. A netines longues, fi iform'^s, noires. Le 
niératborax poilu de toutes p-irts, «ans cuèies sur s.i fica dor.sile. 
Ailes hy ilines, le sti<r m j mno. lu 2e cj Iule c ibitale en cirré. P.itîes 
noires avec poils blancs, la brosse des tarses postérie irs j lunâtre. 
Abdomen convexe, pniiu, à b.indes argentées interrompues au milieu, 
l'extrémité avec poils blanc. — 

PiUs rare qto les pré '.éd-'iites. Pourrait être con- 
fondu avec le varians n'étaitMit la structure et la villosité 
de son raétathorax. 

8. Halicte très-fisse. Halictus lœvisumus, Smith, B, 
Mus Cat. i, p. 72. 

Ç — Lon^. .27 pes. D'un brun verdâtre avec poil.s blanchâtres 
courts et feu .ibo niants. Le chaperon finement ponctué. Antennes 
noires. Le mésothorax avec un sillon médian, le métathorax nu, à 
disque irrégulièrement strié à la b ise et poli au sommet. Ailes hyalines, 
le stigma j lune, la 2.; cellule cubitale légèrement rétrécie vers la 
radiale. Pattes brunes, avec poils jauiâtres. Abdomen poli, brillant, 
convxe, les bandes argentées en partie obsolètes, visibles s Milement 
sur les côtés, les segments médians subcuivre ix au sommet. — C. 

(J — Avec le labre jiune. les antennes longues, testacées en 
des^'ous ; les pattes j mnes, les hanches, avec les cuisses postérieures 
et une tache en dehors sur les 4 jambes postérieures, noir. Abdomen 
snbcylindri |ue, aV' c la marge apicale des segments déprimée et 
légèrement cuivreuse. 

9. Haliote tarses blancs. Halictus albit arsis, Cress, 
Trans. Am Soc. Phil, iv, 254. 

cJ* — Lon". .23 pce. Noir bronzé, poli, brillant, avec pubescence 



202 LE NATURALISTE CANADIEN 

blanchâtre courte, la face à pubescence blanche plus dense, le cha- 
peron avancé, quelquefois jaune à son bord antérieur. Antennes 
longues, brun-foncé, les 2 articles basilaires, noir. Thorax très fine- 
ment ponctué, le métathorax lonsitudinalement rugueux sur le disque, 
plus fortement sur les côtés. Ailes hyalines, les nervures brunes, les 
écailles noirâtres. Pattes noires, les genoux, les tarses, avec l'extrémité 
des jambes, jaune-pâle, les jambes postérieures ont aussi un petit 
anneau jaune à la base. Abdomen allongé, poli, brillant, légèrement 
pubescent à l'extrémité. 

Capturé au Sagnenay et au CapRouge. Dans les 
individus de petite taille, les genoux sont souvent sans 
taches. 

10. Halicte resserré. Halictus consh'ictus, nov. sp. 

Ç — Long. .30 pce. Vert brunâtre cuivré ou bronzé, le labre et 
les mandibules jaunâtres. Les antennes fauves en dessous. La tête, 
le thorax et les pattes avec une pubescence fauve- pâle, cette pu. 
bescence plus dense sur la face. Le métathorax à stries longitudinales 
irrégulières sur son disque, ses côtés polis. Ailes hyalines, très légère. 
ment obscurcies au sommet, le stigma jaune pâle. Pattes jaunes- 
roussâtres, les hanches, les cuisses postérieures avec une tache sur les 
jaoïibes, brun plus ou moins foncé. Abdomen à reflets verdâtres, la 
marge postérieure des segments polie, cuivrée, resserrée, avec pu- 
bescence blanchâtre aux côtés des segments 1 et 2 plus ou moins 
apparente. — C. 

Bien distinct par ses segments abdominaux étranglés 
aux sutures. 

11 Halicte confus. Halictus confusus, Smith, Cat, Brit. 
Mus. 1, p, 79, ?. 

Ç — Long. .27 pce. D'un vert obscur ; face presque nue, les mandi- 
bules roussâtres. Antennes noires, le pavillon obscurément roussâtre eu 
dessous. Thorax à pubescence blanchâtre sur les côtés, le mésothorax 
lisse, sans divisions distinctes, le disque du métathorax à stries irrégu- 
lières. Ailes hyalines, les nervures et le stigma jaunâtres, la 2e cellule 
cubitale presque en carré, la 3e retrécie vers la radiale. Pattes 
brunes, les tarses fauves, à pubescence jaunâtre. Abdomen con- 
vexe, poli, brillant, d'un vert moins apparent que sur le thorax, les 
segments avec une marge à pubescence argentée, beaucoup plus large 
sur les côtés, le 6e segment avec une ligne nue pour le jeu de la 
tarière. — R. 



XXI, — ANDRÊNIDES. 203 

Espèce bien remarquable par son vert obscur, qui n'a 
cependant pas l'éclat metallic des Augochlores. Capturée 
à St Hyacinthe, au Cap-Rouge, etc. 

12. Haliete d'Ontario. Halictus Ontariensis, nov. sp. 

^ — Long. .35 pce. D'un vert bronzé ou bleuâtre, fortement 
ponctué, presque nu, la tête et le tborax avec poils blanchâtres courts 
et peu denses; le chaperon avec une grande tache triangulaire 
blanchâtre, les mandibules et le labre sans taches. Antennes brun- 
foncé. Thorax poli, brillant, le métathorax finement strié à la base, 
lisse au sommet. Ailes hyalines, le stigma avec les nervures bruo- 
foncé. Pattes noires, à pubescence blanchâtre. Abdomen court, 
renflé, vert, fortement ponctué, les sutures après les segments 1 et 2 
fortement enfoncées. — Ontaiùo. 

Sa forte ponctuation et la tache blanche de sa face le 
font reconnaître à première vue. 

6. Gr, Agapostémon. Agapostemon, Gruérin. 

Tête subtriangulaire ; antennes allongées dans les c? ; 
le labre transverse et convexe, prolongé en un lobe sub- 
lancéolé et frangé aux côtés de poils raides ; la moitié 
apicale de ce lobe porte une carène qui se divise pour se di- 
riger obliquement de chaque côté ; le labre dans les d est 
transverse, très convexe et divisé par un sillon au milieu, 
s'avançant en avant en un lobe anguleux cilié à son bord 
antérieur. Palpes labiaux à 4 articles, les maxillaires à 6. 
Ailes comme chez les Halictes» Extrémité de l'abdomen 
comme dans les Halictes. 

C'est particulièrement la forme du labre qui distingue 
ces insectes des Halictes. Une seule espèce rencontrée. 

Agapostemon tricolore. Agapostemon tricolor, Lepell. 
ii, p. 289. 

Tête et thorax d'un beau vert metallic avec quelques poils blan- 
châtres. Le labre, les mandibules et les pattes, jaune. Antennes 
brunes, jaunes en dessous. Toutes les jambes avec une ligne noire 
en dehors, les cuisses postérieures aussi tachées de noir à l'extrémité, 
en dessus. Abdomen subcylindrique, noir avec une bande jaune en- 
foncée à la base des segments 2, 3 et 4, le 1er avec une bande jaune 
vers son milieu, cette bande rétrécie et interrompue à la ligne 
médiane, élargie aux côtés ; le dessous jaune, noir à l'extrémité. 

Insecte bien remarquable par sa coloration. 



204 LE NATURALISTE CANADIEN 

7, Greri. Panurge. Panurge, Latr. 

Tête assoz grosse, anssi 1 irge q\ie le thorax. AMtennes 
cotirtt^s, rn inMs>ue dans les 2 st^x-?s. Lnir^ue assez loiiiine, 
pres«]ue linéaire. P.ilp.-s à articles simples, phic^^s à la 
suite les uns des autres, les labiaux de 6 articles, les 
maxillaires de 4. Ailes antérieures avec une cellule radiale 
courte, tronquée à l'extrémité qn s'éca e de 1 1 côte et 
))orte un petit appendice; 2 cellnles cubilal-s lerm'es, la 
2e i'ort rétrécie vers la ra liale et recevant les 2 nervures 
récurrentes. Pactes odinaires, avec le premier aiticle 
d-'S t.irses postérieurs louiÇ et girni de longs poils pour la 
récolte du pollen, conjointement avec les autres poils des 
jamb .s du métathorax etc. 

Insectes de petite taille qu'on vo't d'orlinaire .lès l-'S 
premiers jours du printemps se creiser des g tleii.'s dans 
les sentiers battus. Oi dit q l'a la minière des H dictes» 
ils construisent une galerie conmune sur les côtés «le la- 
quelle chaque femelle se creuse une loge poiir y déposer 
ses œufs. Deux espèces rencontrées que nous croyons 
nouvelles. 

Fioe $ avec t.ichesj iiino-c'.iiir; ç^ pittes j lan;^-! 1. VSma'iS ». •sy. 
Fiice $ sans taches ; c? àchiperoi j;iuae. .. 2. SBitivllis n. sp. 

1. Panurge du-printemps Panu'g-is uernalis, nov sp. 

$ -Liiig. .25 pc . Noir avec poils jumies sur le vertex, le 
thorax et les pattes. ChipeiO'i grind, luisant, près nie m, ne portant 
nue quelques poils noirs avec 3 taeh ;> j unes, une en ligU'j vcrticile 
au milieu, et une autre plus large ilo chiju.î c3:é toa h mt les ye ix ; 
les tubercules lat 'raux aus>i j unies. A itenaes avec lu massue j lunâtre 
en dessous, .Vléuttho • ix on-t, ù loiu^ poils j lunes, sans rugosités 
distinctes, Aile-i liyilines, le tiers tenni lul iJgôreinent enfu né, le 
sti^ma noir. Pattes brun t'onctî avec poils jiunes, les antéiijures avec 
les wenoux jaunes, les tarses postérieurs ùvc le prenier article 
allongé et dilaté portant de longs [toils peu donses. AbJonvn ds 
foiine ovoïde, légèrement déprimé, toes les segments avoc la marge 
apicale luisante et enfoncée, C)UVorte d'une p ibescence blanchâtre, 
les terminaux avec poiis blanchâ rcs. 

cf —Avec tO'Jte la fice, les antennes eu dessous, une ligne i iter- 
rom^uo par le piolhorax, les tuboicuies latéraux, et toutes les pattes, 



XXT. — ANDRÊNIDES. 205 

d'un benii j lunp citron ; l'extrémitô des tarse' un pen obscure, le pre- 
mier niticlp dos postérieurs long, mais à peine dilate, à poils peu 
dt-nses. - C. 

L^'S c? sont surtout remarquables par leur pattes 
jauut's. 

2 Panurge de-l'été Vanvrs^va cPstivaHs, nov. sp. 

Ç — Long, .22 pco. Noir; la f.ice et le ch.iporon dens^niont 
ponctués, sans au une ticho. Tliorax poii, le inctaihor.ix lisse à l'ex- 
ception d'uite liiT le de fiiios strips huA mt le po>t-c'cussoti. Ailes liy- 
alines, ii'<rèreni('nt ob>curcics à l'extrc^mitt?, les nei vures brunes, U 
radiale à partir du lui ieu, tion(|'iée à l'extrémité avec un petit ap[>en- 
dic droit, l'attes noires avec une légère pubescence grisâtre, les 
jiiiibes postéiioures munies de pnils longs et den-cs à l'extérieur. Al> 
douii n allongi^, les segments tenidnés pir une cinture lisse sur 
la |uelle s'étend une rangée do cils brun=, l'estrén ité à f cils rou-sâtres. 
La f'.ice avec les fl incs portant une très légère p'ibescence griâtre. 

cf - Le chafioron av» c les côtés de la fice au dessous des an- 
tennes, j:iune cUiir ; les tarses avic un anneau à la base de toutes les 
jamb s, j lune lous-âire. Pour le re-te semblable à la fou. elle. 

Capturé au CapRougi'. Bien dittinot du précédent 
par sa coloration. 

8. Gen. AugOCHLORE Aitgochlnra, Smith. 

Tête transversale, la l'ace plus étroite à sa partie an- 
léritMirt', les yeux obturéniciit échancrés. Tons les tégu- 
ments pre.^que nus et d'un brun vert tn '^taille, quelquefois 
bleuâtres. AU^s avec une cellule radial.; rétrécie à ta 
pointe qui ne touehe pas t^xaclfrnenl la côte, 3 cnllules cu- 
bitales dont la 1ère est aussi grande que les 2 suivantes 
réunies. Abdomen ov. le-ellipliqne, convexe, générale 
ment brillant 

Ce sont des H dictes avee cette différence que leurs 
yeux sont échaiicré.s et leurs teii'iiments à couleurs métal- 
liques. Deux es[>èces rencontrées, t 

Face postérii.uro du métithorax onto iréo d'une carène, 1. ridiatUS. 
Face po-téiieure du uiétathorax sanscirène 2. pUTUS. 

1. Augoehlore radiée. Augochlora radiata, S.ty, rfay's 
Eut. ii, p, Hz. 

Ç — Long. .42 pce. La tête et le thorax d'un beau vert metallic, 



206 LE NATURALISTE CANADIEN 

l'abdomen noir bleuâtre, les pattes brunes, à pubescence fauve. Le 
labre noir au bord antérieur et cilié de poils fauves, les mandibules 
jaunâtres 4 la base. Antennes noires. Thorax avec poils jaunâtres 
nombreux mais courts, ne cachant point la couleur des téguments, 
ceux-ci densément ponctués, le métathorax à face postérieure entourée 
d'une carène, l'intérieur à stries transverses, partagé au milieu par 
un sillon, le dos à stries irrégulières. Les écailles alaires roussâtres. 
Ailes légèrement obscures, les nervures brunes, le stigma jaune, la 
cellule radiale distinctement appendiculée, la 2e cubitale presque en 
carré, recevant la 1ère nervure récurrente un peu après son milieu. 
Pattes brunes avec poils fauves. Abdomen d'un brun foncé bleuâtre, 
les sutures enfoncées et garnies de poils argentés, les segments 2, 3 
et 4 avec une impression transversale vers le milieu ; l'extrémité avec 
poils fauves. — PC. 

2. Augochlore pure. Augochlora pura, Say, Say's 
Ent. il, p. 773. 

Q — Long. .30 pce. D'an beau vert metallic, quelquefois bleuâtre 
ou purpurin. Chaperon fortement ponctué. Antennes noires. Thorax 
densément ponctué, à poils peu apparents, le métathorax à face pos- 
érieure sans carène, avec un sillon médian, son disque dorsal fine- 
ment strié. Ailes hyalines, légèrement enfumées, le stigma jaune, la 
2e cubitale la plus petite, recevant la 1ère nervure récurrente à son 
point d'intersection avec la 3e cubitale. Pattes noires avec poils jau- 
nâtres. Abdomen poli, brillant, vert, quelquefois à reflets bleuâtres 
ou purpurins, les segments finement marginés de brun au sommet. — 
PC. 

Espèce bien distincte de la précédente par son méta- 
thorax surtout. 

9. Gen. OsMiE, Osmia Latr. 

Tête courte, généralement plus large que le thorax ; 
ocelles en ligne à peine courbée sur le vertex. Thorax 
court, subglobuleux. Tous les articles des palpes labiaux 
insérés bout à bout. Mandibules bicaréués, bidentées. 
Cellule radiale courte, arrondie au bout, sans appendice ; 
deux cubitales fermées, la 2e fort rétrécie à la radiale et 
recevant les 2 nervures récurrentes. Crochets des tarses 
simples dans les 9 et bifides dans les c?. Abdomen court, 
convexe, recourbé en dessous et muni d'uiic biosse sous 
le ventre pour la récolte du pollen. 



XXr. — ANDRÉNIDES. 207 

L'abdomen recourbé de ces insectes permet à première 
vue de les distinguer de ceux des genres voisins. 

Les Osmies construisent leurs nids dans des trous 
laissés dans le bois par des larves d'autres insectes, des 
tiges creuses d'arbrisseaux etc. Ces nids sont construits 
en terre, qu'elles pétrissent de leurs mandibules et à la- 
quelle elles commun'quent une forte cohésion au moyen 
d'un liquide visqueux qu'elles dégorgent. Façonnés en 
forme de dés à coudre, ces nids sont placés à la suite les 
uns des autres dans la cavité rencontrée, de manière que 
le plafond du premier sert de fond au 2e et ainsi de suite. 
Si le trou choisi se trouve trop petit, il ne contiendra sou- 
vent qu'un ou deux de ces dés, mais lorsque l'espace le 
permet, on en trouve jusqu'à 7 et 8 à la suite les uns des 
antres. Aussitôt qu'une alvéole est ainsi formée, la fe- 
melle y dépose, avant de le clore, une masse de pollen et 
de miel dans laquelle elle dépose un œuf, de sorte que la 
larve à son éclosion aura de suite à sa portée la nour- 
riture qui lui convient. C'est au moyen de la brosse 
qu'elles ont sous le ventre que les Osmies recueillent le 
pollen des fleurs pour en composer, en y mêlant du miel» 

la pâtée convenable à leur progéniture. 
Quatres espèces rencontrées. 

Abdomen sans bandes argentées aux sutures j 
Couleur bleu d'acier ; 

Chaperon ? profondément échancré 1. Iignariël> 

Chaperon peu échancré ; (^ peu pubescent sur 

l'abdomen 2. Simlllima, 

Couleur brun-foncé obscurément bleuâtre 3. llgniCOlR. 

Abdomen avec bandes argentées aux sutures 4. buCCOniS. 

1. Osmie du bois. Osmia lignaritty Say, Say's Ent. ii, 
p. 776. 

Ç — Long. 40 pce. D'un brun verdâtre ou bleuâtre, avec poils 
blanchâtres. Chaperon échancré en avant. ' Antennes noires. Ailes 
légèrement enfumées, surtout dans la cellule radiale, les nervures et 
le stigma, noiiâtres. Ecailles alaires noires. Pattes noires, cuisses 
avec poils b'iinchâtres, les jambes et les tarses avec poils noirs. Abdo- 
men court, subglobuleux, le segment basilaire avec poils blanchâtres? 
le reste avec pois noirs; le dessous noir, les segments denséraent 
onotués avec une bande lisse au sommet. — C. 



208 LB NATURALISTE CANADIEN 

çf — Arec poils bl'mchâtres très lones et très flenses à la base. 

2. Osmie trè'ï-semblab'e Osmia nmillima, Smith, 
Ca». B. Mus. 1, p. 14-2. c?9. 

Ç — liOnsr, 42 pce. Duii bl-u foncé quelquef àsà lefl t.s verdâtres. 
Tête plus cou t? et pi s lirsre <|iie dims la pr^'c'dente, le chaperon « 
peine ('chancre. Tdute la face avec poils noirs, le ViMtex seul avec 
poils j iiinâtres. Li» thorax avec le premier segment abdon)inal couverts 
de poils jaunâtres. Ailes s';bhy ilines, f nfiiuicVs à l'extrc^niité. Pattes 
noires avec poils noirs. AbJomcn 'zlob ileux, brillant, avec poils noirs- 
excepté à la base ; dessous noir. — C. 

Se distingue surtout de la précédente par son cha- 
peron ? A peine échancvé. On trouve souvent les cellules 
de cette espèce sous dos écorces d»» bois mort. 

3 Osmie lignicole ('smia lignico/a, nov. sp» 

Ç — Long. .45 pce. Noire ; le thorax avec les 2 premiers seg 
ments ablominaux à pubescence jaune, plus claire sur les flmcs. La 
face à pubescence noire peu f mrnie. Les mxndibules avec 2 carènes 
bien prononcées. Le chaperon relevé ù son bord antérieur et sinué. 
Ailes hyalines, légèrement obsc l'-cii^s à .'extrémité. Pattes noires, les 
tarses à p ibescence jaunâtre. Abdomen cou' t, lobiiste, pl< buleux, 
noir avec pube^cence j 'Une sur les 2 [irciiiicrs segments et noir sur le 
leste, le ventre à pubcseeuce doîk^ ^ 

La coulent est qni'lqu»l'oi* obsoir^meiit verdât , mais 
sa face noire et son abdnin 'U i):>b swnt p^»rm^'tt t tou- 
jours (le ne pas la confondre avt>c U^s j récédt'ntc"*. ; elle 
est aussi de plus foite t.'iille C iptnrée an CapR(.uge. 

4. Osmie grossière. Osmia bvccouis, Say, S y s Eut. 
ii, p. 777. 

Ç — Lrn-j-. .30 pce. Noire, rres-iue nue, la fee, les côtés du 
thorax avec les pattes porlmt des ]oils blanchâtres courts et peu 
fournis. Cbajerou tronqué en avmt. Tête allongée en ariière des 
yeux. P^cailles aliiros noires, Thoax fineiient po ctué. Ailes 
byilincs, légèrement ob-:curcies à l'extrémité, les nervures noires. 
Pattes noires, les tarses po-^téii' urs iivc po.N fnuvc^. Abdomen noir, 
brillant, finement ponctué, les s turcs avec banales de duvet argenté 
plus larges aux côtés, l'extrimité avtc joils biunchâtrcà ; le dessous 
j.iiiiiâtre. 

Le iuTdo a 4 petites dents à son dernier segment ab- 
dominal. Nous avons rencontré les nids de cette espèce 



DE QUÉCEC A JÉRUSALEM 209 

dans des tiges du framboisier des jardins. Nous aroiis 
trouvé jusqu'à 5 alvéoles à la suite les unes des autres. 

A continuer. 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 

CContinué de la page 186). 
IX 

Le Mahomêtisme et les Musulmans,— Le dernier des Mamelouks. — Cos- 
tumes. — Le Vieux-Caire; la maison de la sainte-Vierge. — Le 
Musée Mariette ou de Boulaq. — Le Nilomètre. — Les Derviches 
tourneurs; les Derviches hurleurs. — Le quartier Turc. — Une noce ; 
une circoncision. — Les tombeaux des Califes. — Héliopolis, son obélis- 
que; l'arbre de la Vierge. — Départ du Caire pour Ismaïlia. 

Au moment ou nous traçons ces lignes sur l'Egypte 
(12 juillet 1882), la voix du canon, qui est ïultiiaa ralio de 
la diplomatie, sème la terreur dans Alexandrie et fait 
trembler de crainte les habitants du Caire mêra*^. L'Egypte, 
qui comme sa suzeraine la Turquie, est tenue en tutelle 
par les puissances Européennes oubliant sa faiblesse et 
son impuissance, s'est échappée, en des fanfarronades qui 
ont forcé ses protecteurs è prendre la verge de la correc- 
tion, pour la châtier de son insolence. Ou plutôt, laiévo- 
lution qui, parmi les enfants de l'islam ne connait de 
trêves que lorsque subjuguée, écrasée par une force 
majeure, elle est réduite à une impuissance absolue, a cru 
le moment favorable pour redresser la tête et jouer une 
nouvelle scène du drame qu'elle poursuit continuement 
depuis le moment où le Coran l'a armée de l'épée pour ré- 
pandre et maintenir sa religion de la chair et du sang. 

Mais le canon anglais qui donne l'antienne que vont 
poursuivre ceux de la Prusse,^de l'Italie, de la Grèce etc., 
leur feia bientôt comprendre qu'il faut autre chose que de 
l'audace et de la forfanterie pour en imposer aux nations 
civilisées, aux gouvernements dont les éternelles lois du 
christianisme forment la base. 



210 LE NATURALISTE CANADIEN 

Nous énumérons parmi les puissances occidentales 
rendues les premières à l'appel pour protéger leurs na- 
tionaux, pour faire respecter les droiis de la civilisation 
parmi ces enfants perdus du croissant, l'Angleterre, la 

Prusse etc., et la France où se trouve-t-elie donc ? Oh ! 

pour la France, depuis que les aveugles qui la gouvernent 
se sont mis en tête de faire la guerre à Dieu même, ce 
n'est plus ni au premier rang, où on la voyait toujours, ni 
même au deuxième qu'on peut la rencontrer dans le 
conseil des nations qui se partagent le gouvernement du 
monde; ses gouvernants ont assez à faire à supprimer les 
ordres religieux, à chasser le (Jhrist des écoles, à persé- 
cuter de pauvres filles qui ont encore la simplicité d'in- 
voquer le Ciel pour le salut de leur patrie, pour qu'ils 
puissent s'ijiquiéter si leurs nationaux n'auront pas à souf- 
frir des hordes indisciplinées de ces révoiutioiinaires orien- 
taux. On dit même que ce sont des renégats français qui 
sont à la tète de ce mouvement insurrectionnel, qui avisent 
et soutiennent Arabi-Bey dans sa rébellion. 

Arabi-Bey, le commandant des armées Eiryptiennes, 
s'est mis en tête do faire disparaître le Khédive Tewfic, 
de s'emparer du gouvernement, de rompre tout lien avec 
le Sultan de Constantnîople et de doter fEgypte d'une in- 
dépendance absolue. Mais il oublie que la sécurité, la 
véritable indépendan<^e pour les états, de même que pour 
les individus, ne se trouve qu'à l'ombre de la Croix, que 
dans les immuables principes proclamés au Calvaire ; que 
le Coran qui l'arme de l'épée aujourd'hui, en armera de- 
main un autre plus puissant que lui pour le renverser et 
le subjuguer. Où. sont les fruits des prétendues victoires 
du Coran sur la Croix ? 11 suffit de parcourir l'Orient pour 
pouvoir y lire, en caractères bien apparents sur le fron- 
tispice de toutes ses institutions: abandon, incertitude, 
arbitraire, droit du plus fort, et par suite : abâtardissement, 
pauvreté, ignorance, misère et avilissement. 

Et veut-on voir, comment à l'aide du Coran, on pro- 
cède dans ces révolutions où prime le droit du plus fort ? 
Ecoutez le récit du massacre des Mamelouks. 



DE QUEBEC A JERUSALEM 211 

Nous sommes au 1er mars 1811. Méheraet-Ali, établi 
vioe-roi de l'E'iypte après en avoir délogé les français au 
moyen des btiyonnettes anglaises et des Albanais sous ses' 
ordr<'s, se voyait à peu près maître du peuple hétérogène 
^li forme la population do ce pays, surtout depuis sa 
^""^^oire en 1805 sur Ibrahira-Bey, le commandant de ces 
faroitojjes Mamelouks, qui pendant plus de trois siècles 
avaienifoiirni des souverains à l'Egypte. Seuls les restes 
de cet(e .pleureuse tribu, vaincue mais non soumise, refu- 
saient de 'oconnaitre &on autorité. Le vice-roi, voyant 
qu il ne poii-git les dompter par la force, résolut de les 
perdre par la rvso. H invite le corps entier de ces guerriers 
à une fête qu'il vtM donner en l'honneur du départ de son 
fils Toussoun-Pachv pour la Mecque. Les Mamelouks s'y 
Tendirent sans défîaïue au nombre de 480. On les fêta avec 
splendeur et on les réga»^ avec cordialité, pour leur ôter tout 
soupçon. La fête terminée, on donna le signal du départ ; 
mais comme le palais est bâti sur le rocher même qui 
porte la citadelle et qui dom^4e toute la ville du Caire, il 
faut opérer la descente par uu chemin creusé à pic dans 
le roc. Les Mamelouks s'engagent sans déhance dans le 
défilé, mais arrivés au bas de la puite, ils trouvent la porte 
fermée. Au même instant mille soldat^ albanais embusqués 
se démasquent, et commencent un majisacre d'autant plus 
aff"reux que la défense était impossible. Les plus braves, 
le sabre au poing, tentent de se frayer un chemin à travers 
les albanais, mais ils -ne font que vendre chèrement leur 
vie, tous sont moissonnés par les balles meurtrières qui 
pleuvent sur eux ; seul, Arayn-Eey parvient smis blessur.^ 
jusqu'au haut du parapet, A la bouche même du fusil 
des soldats, il va être criblé de leurs balles; mais ii n'hésite 
pas un instant, il lance son cheval sur le parapet et se pré- 
cipite dans le vide, à une hauteur de 60 pieds. On ne s'oc- 
cupe plus de lui par ce qu'on le tient certainement pour 
mort. La monture perd la vie dans sa chute, et le cavalier 
roule tout meurtri au pied d -s murailles, cependant il 
peut se relever et se soustraire par la fuite aux poursuites 
de ses persécuteurs. 

Aucun étranger visitant le Caire n'omet d'inspecter le 



212 LE NATRBALiSTE CANADIEN 

rocher portant aujourd'hui le nom historique du saut du 
Marne iovk. 

Pendant que cette boucherie s'exécute au Caire, des 
scènes analogues complètent le massacre dans les diverse"^ 
provinces, si bien que la tribu entière fut anéantie en '^ 
seul jour. 

De tels actes de barbarie ne sont pas rares da^^ l'his- 
toire de l'islamisme, et le voyageur en Orient P^^^^ s'at- 
tendre à rencontrer à chaque p:\s un témoin ^^ souvent 
même une victime, de ces actes révoltants df cruauté. 

Doit-on en être surpris ? Le chrétien é'J^airé s'en rend 
facilement compte, 

A proprement parler, il n'y a que *eux sentiments qui 
dominent dans le monde, et au mo^^ii desquels on puisse 
gouverner les hommes: l'amour e^la crainte, Lo premier 
qui découle de l'abnégation, du sacrifice, a reçu sa confir- 
mation, son complément sur -'e Calvaire ; le second qui 
n'est que la conséquence du «roit du plus fort, est d'autant 
plus intense que les actes ^ui le font naître émanent d'un 
plus petit nombre de personnes, c'est-à-dire que ceux qui 
l'inspirent ont montrt' plus d'habilité et d'énergie à 
écarter leur rivaux pozir parvenir à la domination. Les 
sociétés en conséquence, seront d'autant plus calmes, joui- 
ront d'autant plus de paix et de sécurité, qu'elles sauront 
se soumettre aux douces lois de l'amour, qu'elles se rendront 
fidèles sujets de la croix; et par contre, elles seront d'autant 
plus livrées au trouble, à l'anarchie, à la persécution, que 
l'ambition pour affirmer ses prétentions rencontrera plus 
d'obstacles, aura à surmonter plus d'opposition. Or tel est 
le caractère distinctif des deux sociétés chrétiennes et 
musulmanes, des enfants de la croix et de ceux du crois- 
sant. Tandis que chez les premiers, le sacrifice, le dévoue- 
ment, la charité se traduisent partout en actes éclatants 
de bienveillance et d'amour ; chez les seconds, le cœur 
abruti, avili, raccorni ne connaît plus les sentiments nobles 
et généreux ; étranger au surnaturel, il se matérialise de 
plus en plus, et une t'ois à l'abri de la crainte, il se croit 
tout permis. " Mais quoi ! nous disait une femme musul- 



DE QUÉBEC A jéRUS/.LEM 213 

mane de Nazareth, vous enseignez, vous chrétiens, qu'il y 
aura une résurrection après la mort ? C'est là un beau conte. 
Les hommes, oui ! s'en iront dans le paradis de Mahomet • 

mais pour les femmes, une fois mortes, tout est mort 

Vous dites qu'il y aura déplus un enfer éternel ? passe 
pour les hommes ; mais pour les femmes, il n'en peut être 
être ainsi. Tenez.'chez nous, nous sommes quatre femmes, 
chacune a ses enfants ; toute la journée se passe en 
chicanes et souvejit en batailles pour les enfants; le soir 
arrivé vient le mari qui donne du baton à toute la bande. 
Et vous croyez que ce n'est pas là un enfer ? Et il faudrait 
encore en subir un autre? Oh ! le premier est bien suffi- 
sait ; après la mort tout sera fini pour nous, et ce sera bien 
juste !" 

Il nous arrive souvent, nous disait la supérieure d'un 
orphelinat de Beyrouth, de trouver le matin, attachés à 
notre porte, des enfants de 3, 4, 5 ans qui se sont épuisés 
à crier là une partie de la nuit. Ce sont les enfants des 
deuxièmes, troisièmes femmes de la polygamie, lesquelles 
trouvant un obstacle à de nouvelles unions dans ces petits, 
viennent ainsi les livrer pour s'en défaire. Tristes fruits 
de cœurs avilis par la crainte, qui ne conservent même 
plus les sentiments les plus ordinaires qu'inspirent la 
nature. 

En contact habituel avec les musulmans comme nous 
le serons dans tout le court de ce récit, donnons ici quel- 
ques détails sur leur religion, détails qu'on pourrait trouver 
assez facilement ailleurs, mais que la plupart de nos 
• lecteurs, nous en avons la conviction, préféreront avoir 
sous la main sans plus de recherches. 

Le Mahométisme, qu'on nomme aussi islamisme ou 
religion musulmane, et qui ne compte pas monis aujour- 
d'hui de 100,000,000 de sujets, doit, comme on le sait, son 
origine à Mahomet. Mahomat ou 31uhamecl naquit à la 
Mecque, en Arabie, l'an 570. Ce fut un aventurier hardi 
et intrépide. S'étant déjà distingué dans les armes par sa 
bravoure, il conçut, au commencement du septième siècle, 
le projet de fonder une religion nouvelle, pour parvenir 
plus sûrement à la domination. Ayant fait la rencontre 



214 LE NATURALISTE CANADIEN 

d'un moine apostat, ils s'ec tendirent tons deux pour former 
le credo de leur nouvelle croyance, dont ils adaptèrent les 
dogmes au caractère guerrier du peuple qui les entourait. 
Les doctrines sabéistes, judaïques et idolâtres qui parta- 
geaient alors les orientaux, furent fondues en un corps 
unique. La loi du sabre, nécessaire pour la propagation 
de la foi nouvelle ; le matérialisme si parfaitement d'accord 
avec le caractère oriental ; le fiitalisme, d'où découle le 
mépris de la mort, formèrent les bases de l'islamisme, ou 
religion des vrais croyants, qui se répandit bientôt dans 
toutes les contrées voisines. Le prophète, comme il s'ap- 
pelait lui-même, sut mettre à prolit, pour se donner plus 
de prestige, des accès d'épil 'psie auxquels il était parfois 
soumis. Il prétendit que ces crises n'étaient que la suite 
de la visite du îSaint-Esprit qui lui revêlait alors les mystères 
de la vraie croyance. 11 avait aussi accoutumé un pigeon 
à venir lui becqueter l'oreille pour y prendre des grains 
de blé qu'il y déposait secrètement ; c'était alors l'ar- 
change Gabriel qui lui apportait des messages célestes. Ou 
sait que i'oisivete est la plus douce jouissance des Orien- 
taux, le ciel qu'il promettait à ses adeptes était un séjour 
où les ruisseaux à l'eau la plus limpide ne cesseraient ja- 
mais de couler, où l'ombre ne ferait jamais défaut et où 
des femmes sans nombre seraient à leur disposition pour 
partager avec eux leur douce oisiveté. Tel est ce paradis 
de Mahomet auquel notre femme de Nazareth n'osait pas 
mêuie espérer. Des ablutions nombreuses, la circoncision, 
la privation de certains aliments, des j-ûnes mêmes avec 
de fréquentes invocations à la divinité, entrent dans les 
préceptes de l'slam. La polygamie y est permise ; un 
homme prendra autant de femmes qu'il en pourra avoir, ou 
plutôt acheter, car chez eux la femme est une chose, un 
meuble, une esclave, qu'on achète et dont on peut dis- 
poser à son gré. Dieu est Dieu, Mahomet est son prophète, 
telle est l'invocation que tout bon musulman a sans cesse 
sur les lèvres; si avec cela il peut faire un pèlerinage à la 
Mecque, au moins une fois dans sa vie, soit en personne 
ou par procuration, il est sûr d'aller en paradis, quelque 
soit la vie qu'il mène. Le livre contenant les préceptes de 
la religion de Mahomet se nomme le Coran. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 215 

Rien de surprenant si avec de tels dogmes, et le 
démon aidant, on a pu se faire de suite de nombreux par- 
tisans ; et si encore anjoard'tiui, avec l'indolence et l'igno- 
rance particulières aux peuples de l'Orient, des millions 
d'âmes croupissent encore dans ces funestes erreurs. 

Mais dira-t-on peut-être, vous pariez des Arabes d'E- 
gypte, des Juifs, des Nubiens qui habitent ce pays, et les 
véritables Egyptiens, les restes de ce peuple qui marcha 
longtemps à la tête des nations dans les sentiers de la 
science et de la civilisation que sont-ils donc devenus? 

On le croirait à peine, cependant le fait est indéniable. 
L'Egypte qui a fourni tant de personnages illustres dans 
l'histoire ; qui a été le berceau de Moïse ; le pays qui a per- 
mis aux douze enfants de Jacob de se développer si pro- 
digieusement, qu'en moins de trois siècles, ils formèrent une 
grande nation, ce peuple priviligié de Dieu, d'oii sortirait 
le Sauveur du Monde ; l'Egypte qui a servi de séjour à la 
sainte Famille, où S. Marc est venu fondé le second sxèse 
patriarcal de l'Orient, l'Egypte est pour ainsi dire aujour- 
d'hui sans Egyptiens, elle n'a plus de peuple qui lui soit 
propre. Ceux qui pourraient être avec plus de raison con- 
sidérés comme les véritables descendants de l'aneien 
peuple, de la nation des Pharaons, ce sont les Cophtes qui 
comptent à peu près 150,000 sur la population totale de 
2,000,000 qu'on attribue à ce pays. Mais les Cophtes pour 
descendre des anciens maîtres sont peut-être aujourd'hui 
ceux qui ont le moins de part à l'autorité ou au gouver- 
nement de leur pays. 11 n'y a guère que leur religion qui 
les distingue des autres nationalités avec lesq^ielles ils se 
partagent le sol» Les Cophtes sont tous chrétiens, mais 
malheureusement presque tous schisma tiques, ce sont des 
Jacobites, c'est-à-dire qu'ils partagent l'hérésie d'Eutyches 
dans l'unité de nature en Jésus-Christ. 

Depuis la conquête de Mahomet au septième siècle, 
les Arabes sont toujours demeurés les plus nombreux 
parmi les différentes nationalités qui se sont partagé le sol 
de l'Egypte. Aussi sont-ils parvenus à faire prévaloir leur 
langue, non seulement en Egypte, mais encore en Palestine, 



216 LE NATURALISTE CANADIEN 

en Syrie, en Algérie, en Tunisie etc. Ils se partagent en 
fellahs et en bedouins, les premiers étant ceux qui culti- 
vent le sol, et les seconds vivant de troupeaux et menant 
une vie errante. On compte en Egypte 2,690,000 fellahs 
et 60,000 bedouins. Les autres nationalités se répartissent à 
pen près comme suit : Turcs 12,000 ; Levantins, cVs' -à-dire, 
chrétiens Syriens, Grecs, Arméniens etc., n appartenant 
pas à la nation Cophte 10,000; francs, c'est-à-dire Euro- 
péens de différentes nationalités 7,000 ; Juifs 7,000 ; Nu- 
briens 5,000 ; ajoutez maintenant 30,000 esclaves dont 
20,000 nègres, 5,000 Abyssins et autant de Tchêrkesses 
vous arrivez à nne population totale de 2,891,000 qu'on 
attribue aujourd'hui à l'Egypte. 

Les costumes sont aussi variés que les nationalités. 
Hommes et femmes, parmi les fellahs, portent l'ample ca- 
leçon, les premiers y joignant une chemise d-^ coton ou- 
verte à la poitrine, et les dernières un sarrau bleu plis ou 
moins sale et en guenilles, auquel elles ajoutent en public 
une longue pièce de coton qui tombe de la tête jusqu'aux 
talons, et dont les pointes, retenues entre les dents, leur 
couvrent la figure lors ju'elles paraissent en public. Les 
hommes moins pauvres se couvrent la tête d'un tarbouch, 
les autres se contentent d'un taki qui est une simple calotte^ 
blanche, ou grise. Les enfants plus le souvent vont nus 
jusqu'à l'âge de 8 à 10 ans. Hommes et femmes vont ordi- 
nairement nu-pieds. 

La paresse chez le fellah, comme chez la plupart des 
Orientaux, est pour lui une espèce de divinité ; sa plus 
grande jouissance est de se livrer à l'oisiveté. Comme 
trois galettes dourah (l) suffisent à sa nourriture quoti- 
dienne, et qu'il croit être à une table de roi, lorsqu'il peut 
y ajouter une pastèque, un concombre, un oignon, de la 
chicorée, une gousse de caroubier ou quelques, dates, on 
voit qu'il lui est assez facile de se livrer à ses délices, si 
tant est qu'avec quinze francs il peut se nourir une année. 
Tel est le fellah. 



(1) On donne le nom de dourah, en Egypte, à la graine du millet Pa 
niçum italicum et à celle du nénuphar bttu, ISitmphcea cœrulea qui erv 
treut l'une et l'autre dans l'aliuienlulion. 



DE QUÉBEC A JÉRUSAÎiEM 217 

Mais dans les villes, les industriels mêlés aux étrangers 
nous présentent une variété de costumes et de tenues où 
scuvent les contrastes les plus bizarres se coudoient et s'en- 
tremêlent. Il n'est pas rare de voir des enfants nus so 
livrer à leurs jeux dans les places publiques, ou les hail- 
ons du l'ellah de la plaine se frôler avec la soie et les 
gallons d'or des bourgeois ou des employés civils. Le Caire 
est par excellence une ville aux contrastes. 

Mous poursuivons dans l'après midi notre visite de la 
ville. 

Un trait caeactéristic des mœurs du Caire, ce sont les 
sais dont se lait précéder toute voiture de promeneur. Les 
sais ou coureurs, sont déjeunes garçons, aux pids nus, le 
turban en tête, le bras armé d'un long fouet, qui s'en vont 
devant les voitures, criant continuement pour avertir le 
monde de se garer ; et quelque soit le train de l'équipage, 
le jeune gars n'est jamais en défaut pour laisser la voie 
libre aux coursiers. Us s'en vont criant, en faisant claquer 
leurs fouets : O â, ragel ; " gare, homme!" a, ya benl, da 
rack ! gare, ma fille, ton dos !" et malgré l'avertissement, il 
arrive souvent que le fouet tombe sur les épaules de 
groupes distraits ou peu attentifs. Les rues étroites en 
certains quartiers, et souvent sans trottoirs, mais plus en- 
core, pensons-nous, l'occasion pour ces pauvres diables de 
gagner quelques paras, nécessitent ce genre de précautions 
Mainte fois, surtout lorsque nous allions en voitures à 
deux chevaux, nous crûmes que notre sais allait faillir à sa 
tâche et céder le pavé à nos coursiers, mais toujours il 
leur tenait tète et leur livrait la route libre. 

Nous nous rendons d'abord au Yieux-Caire ou Fostat, 
qui s'étend comme un faubourg en remontant le Nil, pour 
visiter la maison de la Ste "Vierge, c'est-à-dire celle que 
Marie avec Tentant Jésus et S. Joseph habitèrent pendant 
quelque années. Ce sanctuaire est maintenant la propriété 
des Cophtes. Les moines schismatiques qui le gardent se 
prêtèrent d'assez bonne grâce, en vue du bacchish qui 
allait leur échoir, à nous le laisser visiter. 11 a l'air tout-à- 
fait antique; la cloison qui sépare le chœur de la nef est 
un travail d'ébénisterie fort remarquable ; elle est toute 



2 18 LE NATURALISTE CANADIEN 

chargée de découpures et d'arabesques incrustées avec 
beaucoup d'art. Ce sanctuaire est fort peu éclairé, si bien 
qu'il nous fallut des bougies pour pouvoir l'inspecter avec 
satisfaction. Les moines nous conduisirent dans la crypte, 
qui fut la demeure même de la sainre famille. On nous 
montra i'alcove taillé \ cl; ns le roc où reposait le divin en- 
fant, un bassin également taillé dans le roc où la Vierge- 
mère lavait son linge, l'endroit où ell-' allumait son feu etc. 
Nous nous agenouillâmes, pour houoner la présence de la 
sainte famille en ce lieu et gagner l'indulgence qui est 
attachée à sa visite* 

Nous revenons ensuite sur nos pas et traversons (à pieds 
secs dans le moment) à l'île de Roudah où se trouve sur 
la pointe, un monument assez curieux en lui-même et de 
fort grande utilité pour ce pays; c'est le Nilomètre. Le 
Nilomètre est un puits carré en juerre de taille portant des 
échelles graduées par coudé, destinées, comme l'indique 
son nom, à constater la crue du Fleuve lors de ses inonda- 
tions. Pour être prolit;ible, le débordement doit monter à 
dix-huit coudées, s'il atteint jusqu'à vingt-deux, il remplit 
tous les canaux et promet les plus belles récoltes» Au 
dessus de cette mesure, il serait nuisible. On connaît aussi 
par le nombre de coudées du débordement les villages 
qui ont pu profiter de l'inondation et qui seront taxés en 
conséquence pour le soutien du gouvernement. 

Nous passons ensuite au musée de Boulaq, ou musée 
Mariette du nom du savant français qni l'a formé. L'édi- 
fice, d'architecture assez modeste, est précédé d'un jardin 
fort bien entretenu et où nous voyons s'étaler les superbes 
fleurs des jardins des climats tropicaux. Des centaines de 
statues, de vases, de figures d'idoles, d'inscriptions de tout 
îrenre s'étalent sur les tablettes de ce musée et offrent à 
l'orientaliste de nombieux sujets d'étude. Depuis les 
momies des rois anciens jusqu'au ycarabée sacré et à la 
fève du Caroubier, l'histoire du pays qui fut le berceau 
des sciences, de ses rois, de ses mœurs, de sa religion, de 
ses productions, de ses divers gouvernements est écrite là 
en caractères inintelligibles au commun du vulgaire, mais 
que l'antiquaire soit fort bien distinguer et déchiffrer. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 219 

On s'amuse parfois à faire chercher à des naïfs la 
semaine des trois jeudis ; en Egypte la solution est conti- 
nuellement sous les yeux de tout le monde, .«i non poul- 
ies jeudis, du moins ponr les dimanches. En (fï't les mu- 
sulmans ont leur dimanche le vendredi, les Juifs le samedi 
et les latins le premier jour de la semaine. Ce jour étant 
le vendredi se trouvait par conséquent celui où les fils du 
Coran exécutent leurs exercices religieux, que les étran- 
gers ne manquent jamais de suivre au moins uuf' fois. Ce 
sont surtout les Derviches tourneurs et les Derviches hur- 
leurs qui attirent particulièrement l'attention des étrangers. 
Nous nous dirigeâmes donc vers les mosquées où s'exécu- 
tent ces exercices. 

Nous visitons en passant les restes d'une ancienne 
mosquée, aux proportions colossales, celle d'Amrou, ni 
si notre mémoire ne nous trompe. Amrou, lieutenant 
d'Omar, est à proprement parler celui qui lit la conquête de 
l'Egypte en 640 de notre ère, et qui fat le fonrlateur de la 
dynastie Arabe dans la terre des Pharaons. Comme par- 
tout dans l'antique Orient, les puissants ne semblaient 
attendre de célébrité que dans les tombeaux plus ou 
moins gigantesques qu'ils avaient soin de s'ériger, il con- 
venait que le père d'un peuple, le fondateur d'une dynastie, 
érigeât un monument digne de sa grande destinée. La 
mosquée dont une partie des pavés avec des centaines de 
colonnes, autant de monolithes portant leurs chapiteaux, 
sont encore en place, forme un immense quadrilatère dont 
le milieu est une cour à ciel ouvert bordée de portiques. 
Ce devait être un des plus vastes temples de son temps, 
moins toutefois la hauteur, dont les édifices les plus somp- 
tueux manquent encore aujourd'hui en Orient. Quelques 
chapiteaux gisent épars sur le sol, mais la plupart sur. 
montent encore les colonnes qui les portaient. On voit 
en certains endroits des indices de réparations pour la 
conservation de ces restes, comme des barres de 1er rete- 
nant des entablements ayant perdu leur équilibre, ou sou- 
tenant des arcades qui menacent de s'écrouler. Mais ces 
réparations paraissent toutes fort anciennes et le tout 
semble rester- dans un abandon complet. 



220 LE NATURALISTE CANADIEN 

Nous lions rendons de Jà à la-mosqnée des derriclies 
tourneurs où nous les trouvons en exercice. 

Les derviches sont des moines musulmans qui font 
profession de beanconp de vertus, prabablement par ce 
qu'ils n'en possèdent aucune. Au moyen de leur hypo- 
crisie et de leurs supercheries, ils en imposent au peuple, 
se font passer pour saints, pour inpirer de Dieu, ce qui leur 
permet de se rendre coupables de tous les méfaits impu- 
nément. Ils affectent toujours un air grave et mystérieux. 
Ou eu rencontre partout ; ici, occupés à dire aux simples 
leur bonne aventure, là à opérer des gnérisons imaginaires, 
souvent à étonner les si»ectateurs en jouant avec des ser- 
pents, ou en se faisant passer pour sorciers par des tours 
de passe-passe qu'ils jouent assez habilement» ^ous en 
avons vu un à Alexandrie tirer de sa chemise un petit ser- 
pent avec un scorpion qu'il manipulait de toute façon. Il 
voulut nous mettre l'un et l'autre dans la main, mais nous 
ne voulûmes pas y consentir. Le serpent était une cou- 
leuvre fort innocente, mais pour le scorpion, qui parfois 
avait l'air de montrer de l'irritation, nous ne pûmes com- 
prendre qu'on pût ainsi le manipuler sans rien craindre. 
Nous crûmes un moment qu'on lui avait tronqué l'aiguil- 
lon de manière à le rendre incapable de pénétrer dans les 
chairs, mais nous en étant approché assez près pour l'exami- 
ner à la loupe, nous pûmes constater que le dard était abso- 
lument intact. Probablement qu'à force de le manipuler, 
on en était venu à l'apprivoiser, à lui faire perdre toute 
envie d'user de son arme, qui est loin d'être mortelle, 
comme on s'est plu souvent à le répéter, mais qui cepen- 
dant n'est rien moins qu'agréable, la piqûre causant unein- 
flamation partielle souvent considérable, si bien qu'elle 
peut s'étendre de la main à l'épaule en gardant tout le 
bras tuméfié durant deux ou trois jours. Le même jon- 
gleur faisait aussi mairsts tours plus ou moins habiles avec 
des o-obelets, et tout cela en vue du bacchish qu'il solli- 
citait sans cesse. 

Mais revenons à nos tourneurs. 

Nous pénétrons dans une vaste salle av^^c un parquet 
en bois, contrairement à ce que nous voyons d'ordinaire 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 221 

en ces pays, et disposée comme pour un manègp. Une en- 
ceinte au milieu laisse tout autour une galerie séparée du 
reste par une balustrade à hauteur d'appui. Cette galerie 
semble réservée aux spectateurs, tandis que l'enceinte est 
uniquement pour les acteurs. A l'une des extrémités de 
cette enceinte, assis sur un tapis dans une espèce de niche, 
se tient le chef des jongleurs, qui semble commandera 
toute la bande. Douze à quinze derviches, vêtus de lon- 
gues robes blanches retenues a la ceinture par une lanière 
de cuir, pieds nus, sont distribués autour de l'enceinte à 
peu près à égale distance les uns des autres. Tous, les bras 
étendus en croix, tournent sur le pied gauche, ne se servant 
du pied droit que pour soutenir le mouvement en touchant 
le parquet de temps en temps; ils tournent avec une volu- 
bilité incroyable, si bien que leurs robes s'étendent pres- 
que horizontalement; chacun est fixé à sa place comme 
une toupie qui tourne sur elle-même. Un joueur de flute 
placé près dti président semble commander l'élan, et tous 
paraissent accélérer ou ralentir leurs mouvents suivant le 
lythme de la musique. De gravies et froids qu'ils semblent 
d'abord, leurs fi'^uies prennent à la fin une expression de 
fureur, leurs traits sont tuméliés. leur bouche est en écume, 
et ils tournent et tournent toujours. Après dix minutes, 
un quart d'heure de ce jt^u aussi stupide qu'insigniliant, 
nous croyons à tout instant L'S voir chanceler et tomber. 
C'est ce qui arrive d'ordinaire, nous dit-on; cependant 
tous tenaient encore bon ; mais comme nous ne voulions pas 
perdre l'occasion de voir aussi les derviches hurleurs qui 
exécutent leur jeu dans le même temps, nous laissons-la 
nos tourneurs tournant toujours, et nous nous rendons à 
une autre mosquée à quelque distance de la première, 
A continuer. 



■^**^^t^^f^nrJ^\ff\ff ff^-ff^^ ' 



SUR LA FECONDATION DES CYPPJPEDES. 

Les fleurs des Orchidées, si remarquables par leur beauté, 
leur parfum ou leurs formes étranges, ne le sont pas moins 
par leurs modes variés de fécondation. La " Naiuraliste Ca- 



222 LE NATURALISTE CANADIEN 

nadlcn''' a déjà entretena ses lecteurs delà manière dont le 
pollen de quelques-unes est porté sur le stigmate. (Volume 
XIE, page 242). 

Je désire ici relater quelques observations que j'ai faites 
dernièrement sur la fécondation du Gypripède pubescent. 

Il est évident que la fécondation ne pent y être spontanée, 
car le pollen est trop visqueux pour se détacher de lui môme 
de l'anthère, et d'ailleurs la surface stimatique est tournée vers 
le bas comme pour empêcher rien d'y tomber. 

Il faut donc un agent extérieur pour le transport du pollen, 
un insecte, comme pour la plupait des autres orchidées. ISliis 
comment l'effet voulu peut il se produire ?-Essayez d'introiuire 
une mouche, par exemple, dans le tablier d'un Cypripède et 
vous aurez bientôt la clef de l'énigme. L'insecte se met aussi- 
tôt à chercher une issue ; mais les bords du tablier sont pai'tout 
repliés à l'intérieur, et la large étamine stérile qui s'incline en 
dedans, comijlète le tour de l'ouverture. Impossible à notre 
insecte de franchir cette barrière, à moins qu'il ne s'envole, 
ce (jui est rare. Généralement il ne semble pas faire d'effort 
pour y atteindre; au contraire, il disparaît bientôt sous l'éta- 
mine stérile et va sortir par l'une des petites ouvertures laté- 
rales situées sous chacune des deux anthères. Même s'il est 
trop gros pour se glisser par cette voie, ce n'en est pas moins 
de ce côté (ju'il dirige tous ses efforts, tant le chemin piraît 
être bien tracé. J'ai vu une mouche, — espèce d'ichneumon, 
si je ne me trompe, — essayer en vain pendant des heures de 
passer vers .l'arrière de la fleur, mais jamais de s'échapper par 
l'ouverture béante audessus. Elle était entrée d'elle-même et 
je ne sais depuis combien de temps elle était enfermée dans 
cette trappe ; mais elle paraissait épuisée, et api'ès chaque effort 
elle retombait vers l'avant du tablier. Le lendemain je la re- 
trouvai dans la même position et immobile. Je la crus à bout 
de forces et la retirai de sa prison ; mais elle ne me donna pas 
le temps de Tétudier et s'envola aussitôt. 

Je plaçai alors dans la même fleur une plus petite mouche 
qui ne tarda pas à disparaître par le chemin indiqué plus haut 
et à se montrer ensuite à l'une des ouvertures latérales. Mais 
là, elle ne put passer facilement que la tête: le pollen gluant 
de l'anthère la retint par le thorax, et tous ses efforts pour re- 
gagner sa liberté furent inutiles. D'ailleurs l'ouverture aurait 
été sans cela à peine assez grande pour lui permettre de sortir. 



SUR LA FECONDATION DES CYPRIPÊDES 223 

Après une heure d'absence, je la retrouvai au môme point, ne 
pouvant ni avancer ni reculer. Le [lollen au bout de quelques 
jours pei'dant de saviscosilé lui aurait peut-être permis de s'é- 
chapper enfiu, mais je pris sur moi de la dégager : ce ne fut 
pas sans peine, car je ne voulais endommager ni la fleur ni 
l'insecte. En effet, Jes bords de l'ouverture sout fort peu élas- 
tiijues et dans le Cypripède pubescent, le bord du tablier est de 
plus maintenu en place par l'extrémité en pointe du filet de 
l'étamiue. 

La mouche une fois dehors, je lui laissai sa liberté dont 
elle se hâta de profiter, mais emportant une masse de pollen 
fermement fixée sur son thorax. Je n'avais pas réfléchi qu'ellt 
pouvait m'ètre encore utile dans mon observation ; car il étai) 
maintenant facile de comprendre que si l'insecte ainsi chargé 
de pollen avait été mis dans une autre fleur, il ne pouvait 
manquer d'y suivre la môme voie pour sortir et de laisser du 
pollen sur le stigmate en passant an dessous ; car les parois du 
tablier se rapprochent en effet de chaque côté du stigmate de 
manière à ne laisseï- de passage que sous la sni'face stigma- 
tique, qui est munie d'aspéiites destinées à retenir le pollen. 

Mais les mouches ne sont pas rares : une autre encore 
plus petite fut bientôt trouvée.. Je lui couvris de pollen le 
dessus du thorax et la plaçai dans la fleur. J'eus la satisfaction 
de la voir presque immédiatement sortir par la même issue 
que la précédente, et sans difficulté, comme elle était plus 
petite, mais après avoir accompli sa mission en laissant fixée 
aux aspérités du stigmate, une partie du pollen dont je l'avais 
chargée. 

Il faut donc pour féconder le Cypripède pubescent et, je n'en 
doute pas la plupart, si non tous les Cypripèdes, un insecte 
assez petit pour pouvoir passer sous le stigmate, mais d'autre 
part, assez grand pour ne pas quitter la fleur sans emporter du 
pollen en passant sous l'anthère. 

J'ai fait mes observations dans des fleurs en vase et n'ai 
encore pu étudier leur mode naturel de fécondation dans leur 
habitat. Il y (aurait donc encore à apprendre quels insectes 
visitent particulièrement les différentes espèces des Cypripèdes, 
et cela, à quelle époque de la floraison, à quelle heure du 
jour ; une autre chose importante serait de s'assurer de ce qui 
fait l'attraction de ces fleurs pour leurs visiteurs ailés ; car il 
n'y a aucune apparenee de nectar, bien qu'elles aient toutes un 



224 LK NATURALISTE CANADIEN 

parfum pins ou moins prononcé, même le Gypripède pubescent, 
quoiqu'en disenL les flores. 

J. A. GUIGNARD, 
Ottawa. 

Les observations de M. Gainard sont des plus intére'^santes, 
et sont d'autant plus précieuses que le nombre de ceux qui ob- 
servent ainsi la nature est restreint et que plus rares encore 
sont cenx qui communiquent ainsi leurs observations au pu- 
blic. Nous engageons fortement notre correspondant à pour, 
suivre ser recherches et à faire profiter les amis des sciences 
de ses déductions. 



NOUVELLES ENTAMOIOGIQUES. 

La Revue CoUnpléroIogique, de Belgique, qui n'en était 
encore qu'à sa sixième livraison, a cessé paraître faute d'en- 
couragement. 

Nous avons fait ces jours derniers la capture de la Cigale 
de diKSppt-ans, CIcoda septemdecim qui se montre rarement 
dans les environs de Qui'bec. 

L'^s insectes sont plus rares cette année aue nous ne les 
avons j imais vus, les hymér.op'ères surtout. C'est à peine si 
nous pouvons de temps à autres faire la capture de quelques 
Audrénides pour compléter l'étude que nous faisons actuelle- 
ment de cette famille. Il n'y a que les Guôi)es et les Bourdons 
qui paraissent n'avoir nullement soiilfert de la saison tout ex- 
traordinaire que nous avons. C'est à ceine si, depuis plus de 
deux mois, nous pouvons compter sur deux jours consécutifs 
de baau temps. 

Mais si les entomologistes se trouvent quelque peu dépis- 
tés dans leurs chasses, les cultivateurs, par contre, se l'éjouisseut 
de voir les ennemis ordinaires de leurs moissons considérable- 
ment, diminués. La chrysomôle de la patate ne s'est montrée 
que lorsq\ie la plante était en pleine végétation, avait déji 
presque toutes ses feuilles, de sorte que ses ravages ne pour- 
raient être sérieusement dommageables. Les chenilles des ga- 
deliers, Nemalus venlricosus^ se font aussi à peine reconnaître, 
cette année. Seule, la Sélandrie, Selandria rosœ, qui enlève aux 
feuilles de rosiers leur parenchyme presque complètement en 
arrêtant leiH- floraison, se montre plus nombreuse que jamais 
et semble n'avoir nullement soulTert de la saison. 

M. Couper a commencé dans le No 7 de son Canadian 
Sporlman and Naturalist^ une liste des Coléoptères Canadiens 
qui sera des plus inléi'essantes. 



X I Tïi 




Vol. XIII.— 9. CapRouge, Q., AOUT 1882. No. 152 



Rédacteur : 1. l'Abbé PROVANCÏÏER. 



FAONE CANADIENNE 



(Continué de la page 209.) 



10. Gen. MéGachile. 'Megachile, Latr. 

Têto plus large que le thorax, allongée en arrière des 
yeux ; mandibules quadridentées. Chaperon conyexe au 
milieu. Palpes maxillaires de 2 articles; les labiaux de 4 
avec le 3e inséré sur le côté du 2e» Cellule radiale ar- 
rondie au bout, sans appendice. Deux cellules cubitales 
fermées, la 2e recevant les 2 nervures récurrentes. Ab- 
domen des ? assez plat en dessus, plus convexe en des- 
sous, l'aiguillon à sa sortie se dirigeant en dessus; dans le 
J* l'extrémité recourbée en de.ssous. Crochets des tarses 
simples dans les ?, bifides dans les cf, ceux-ci ont d'ordi- 
naire une carène au 6e segment abdominal portant des 
dents ou échancrures et leurs tarses antérieurs dilatés et 
longuement ciliés. 

Les Mégachiles sont toutes de bonne taille. Elles con- 
struisent leurs nids sous les écorces ou dans le bois des 
arbres morts. Le cylindre une fois creusé, elles le tapis- 
sent de feuilles vertes qu'elles découpent de leurs mandi- 
bules suivant la forme voulue. Il n'est pas rare de trouver 
dans des jardins des rosiers n'ayant plus très souvent que 



223 LE NATURALISTS CANADIEN 

Je rachis de leurs feuilles, le limbe en ayant été ainsi taillé 
et enlevé. II arrive souvent que l'ouvrière, comme si elle 
se trompait dans son tai liage, laisse-là une pièce à moitié 
découpée pour en commencer une autre dans d'autres 
proportions. Les pièces découpées sont saisies par les 
pattes et transportées dans le cylindre creusé où elles sont 
ajustées pour le tapisser intérieurement. A mesure que 
le cylindre s'allonge, la femelle y transporte des boules de 
pollen et de miel dans chacune desquelles elle dépose un 
œuf, et qu'elle sépare les unes des autres par des cloisons 
également de feuilles découpées* 11 est proba,ble que 
chaque espèce fait choix d'un genre de feuilles particulier. 
Nous avons une fois pris une femelle au vol tenant entre 
ses pattes une portion de feuille de saule, maiîites et 
maintes fois nous en avons vu découper des feuilles de 
rosier dans notre jardin. Treize espèces rencontrées, dont 
2 nouvelles. 

MALES 

Tarses antérieurs dilatés ; 

Les 4 cuisses postérieures noires ; 

Dernier segment abdominal terminé par 4 

petites dents 1. latiîîianUS. 

Dernier segment abdominal avec une échancure au milieu ; 
Jambes antérieures jaunes, pubescence ochracée. 2. frigida. 
Jambes antérieures noires, pubescence blan- 

c"n?/::-3 = = « , 3. scrobicuîata. 

Toutes les caisses rousses. . „ , o . 4. feïîîOrata. 

Toutes les cuisses noires «... 5. pugnata. 

Tarses antérieurs simples ; 

Vertex à peine échancré, pubescence blanche.. 6. simplex, n. sp. 
Vertex fortement échancré, pubescence jaune 7. brevis* 

FEMELLES 

Abdomen allongé, à côtés subparallèles; 

Les 4 segments abdominaux basilaires avec un sillon 

transverse au millieu , 8. grandis. 

Segments abdominaux sans sillons transversaux ; 

Brosse de l'abdomen noire ... o ...... o .. . 9, obîoiîga, n. sp. 

Brosse de l'abdomen j;iune 7. breviS- 

Abdomen obconique, non à côtés parallèles ; 



XXI — ANDRÉ NIDES 227 

Brosse abdominale jaunâtre ou blanchâtre ; 
Segments abdominaux sillonnés transversale- 
ment „ 10, centuncularis. 

Segments abdominaux non sillonnés ; 

Pubsscence de toutes parts 11. mondica. 

Dos du thorax, vertex, segment anal, pres- 
que nus ; taille plus petite 12. Optiva. 

Brosse abdominale noire 13. melanophsa. 

L Mégachile larges-mains. Megachile latimanus, Say, 
Say's Ent. 1, p. 169. 

cf — Long. .50 pce. Noire, les mandibules avec la tranche infé- 
rieure rousse. Toute la face, y compris le chaperon, couverte de 
poils jaune-pâle longs et épais ; le vertex, le thorax, avec la base de 
l'abdomen et les pattes avec poils jaunâtres. Pattes antérieures 
jaune-roux, leurs hanches et le dehors de la cuisse, noir, celle-ci munie 
d'une longue et épaisse frange blanchâtre, les hanches avec 2 longues 
opines noires, l'épine de la jambe jaune, le tarse blanc, fortement 
dilaté, avec une grande frange blanche ; le reste des pattes noir, avec 
poils jaunâtres. Abdomen avec poils jaunes, plus abondants à la base, 
les sutures enfoncées avec poils blanchâtres, le 6e segment avec 6 
dents à son extrémité. 

Capturée à St-Hyacinthe. Espèce bien remarquable 
par les dents de son segment anal, 

2. Mégachile froide. Mégachile frigida, Smith, Cat. 
Brit. Mus. 1, p. 193. 

J* — Long. .55 pce. Noire, les mandibules rousses sur leur bord 
inférieur. Les antennes brun-ferrugineux avec le dernier article 
aplati ; la face avec le chaperon couverte de poils jaune-clair, longs et 
épais, le vertex, le thorax et l'abdomen avec poils jaune-ochracé. 
Les hanches antérieures munies de 2 fortes épines noires, leurs cuisses 
et leurs jambes roussâtres excepté à l'extrémité, les genoux noirs, les 
cuisses avec une frange jaune-claire longue et épaisse, le premier 
article du tarse dilaté et muni inférieuremant ds longs cils blancs re- 
courbés ; les tarses intermédiaires avec pubescence jaune, le premier 
article portant un appendice corné en dessous. Abdomen déprimé, 
large, assez court, à pubescence jaune-ochracée, dense, quoique un 
peu moins que sur le thorax, son segment terminal portant une pro- 
fonde échancrure arrondie au milieu et des petites dents plus ou 
moins distinctes de chaque côté. 

Capturée à St-Hyacinthe; se distingue delà précédente 



228 LE NATURALISTE CANADIEN 

par une plus forte taille, sa pubescence plus dense et 
ochracée et surtout par la coche médiane de sou dernier 
segment abdominal. 

3. Mégachile à-fossettes. Megnciiile scrobiculata, 
Smith, Brit. Mus. Cat. i, p. 191. 

(^ — Long. .55 }ce. Noire, une tache rous?se sur les mandibules; 
antennes noires, leur dernier article aplati et dilaté ; la face i-ouverte 
de longs poils blanchâtres, le vertex avec le thorax et la base de l'ab- 
domen avec poils jaunâtres courts et pea fournis, ne cachrint pas les 
téguments. Ecailles alaires noires avec une tuche rousse. Ailos by.i- 
lines-jannâtres, les nervures brun-roussâtre. Pattes noires avec une 
pubescence blanchâtre peu abondante, les cuisses antérieure.s jaunes, 
leurs jambes noires avec l'extrémité jaune, de même que leurs tnrses, 
ceux-ci avec les cuisses dilatés et ciliés de longs ' oils bi;incs. A'idomeii 
assez court, à pubescence blanchâtre plus abondante sur les côtés et à 
la base, les sutures avec buides argentées, apparentes surtout sur les 
côtés, les segments médians avec une fossette transversale vers leur 
milieu, la carène du 6e segment fortement échancrée au milieu, ses 
côtés avec une dent pçu prononcée. — PC. 

4. Mégachile cuisses-rousses. Mégachile femorata 
Smith, Brit, Mus. Cat. i, p. 188. 

cf — Long. • ,45 pc\ Noire; une tache rousse vers l'extrémité des 
mandibules. Antennes noires, leur dernier article aplati et dilaté, la 
^ace, le thorax et la ba.se de l'abdomen à pubescence jaunâtre, cette 
pubescence plus longue et blanchâtre au dessous des antennes. Ecailles 
alaires noires. Ailes hyalines jaunâtres, les nervures brun-roussâtre. 
Pattes très renflées; les hanches antérieures avec une longue épine 
noire en avant, toutes les cuisses rousses, avec une tache noire à la 
base, les postérieures avec une ligne noire en dessus, les antérieures 
avec longs poils blanchâtres en dehors, jambes dilatées. 

5. Mégachile combattue. Mégachile pngnata, Say, 
Say's Eut. 11, p. 783. 

(^ — Long. .40 pce. Noire, médiocrement velue, la f ice avec long» 
poils blanchâtres denses, le thorax avec poils jaunâtres ne cachant pas 
la surface. Ailes légèrement fuligineuses, les nervures roussâtres. 
Pattes noires avec longs poils blanchâtres ; les tarses antérieurs blan 
châtres, aplatis, dilatés, avec cils longs, denses et blanchâtres en des- 
sous, le premier article portant un long appendice creux en dessous 
dépassant le 2e article ; leurs jambes courtes et renflées à l'extrémité, 
les cuisses renflées en dessous, les hanches armées d'une longue éuine 
noire à leur extrémité. Abdomen en ovale allongé, densément et fînô- 



XXL—ANDRÊNIDlfS. 229 

ment ponctué, chaque seo;uient bordé d'une ligne arojcntée au s'^mmet 
ie terminal transversalement concave et échancré au milieu avec 
quelques dentelures peu prononcées de chaque côti. Les 4 tartes pos- 
térieurs brun-roussâtre. 

Ç — Très peu velue, la face presque nue ; le ventre avec la br^gse 
des tarses postérieurs à longs poils jaunâtres. 

Capturé 2 cT et 2 $ au CapRoug*^. 

6. Mégachile simple. MegacMle simplex, nov. sp. 

(^ — Long. .48 pce. Noire avec pubescence blanchâtre, plus abon- 
dante et plus longue sur les côtes de la face, les joues et les flancs- 
Antennes noires, filiformes, ie dernier article aplati, mais non dilaté. 
Thorax finement ponctué, à pubescence ne cachant pas les téguments- 
Ec'iiiles alaires noires, les ailes hyalines-jaunâtros, les nervures brunes. 
Pattes noires avec poils blanchâtres, les tarses avec poils fauves, les 
crochets roux avec l'extrémité noire. Abdomen noir, poli, brillant, 
assez allongé, plus étroit à sa base, le premier segment à face 
antérieure concave, avec longs poils blancs peu abondants, les autres 
presque nus, à sutures enfoncés et couvertes sur les côtés de cils ar- 
g'^ntës, la carène apicale allongée, étroite, faiblement échancrée au 
milieu. — R. 

Se distingue de toutes les précédentes par ses tarses 
si ui pies et sou segment anal dépourvu de denticules aux 
côtés. 

7. Mégaehile courte. MegacMle breuiSy Say, Say's 
Ent. il, p. 783 $ d. 

$ — Long. .40 pce. Noire, la face à pubescence blanchâtre peu 
abondante, la même pubescence se montrant aussi sur les flancs, le 
métuthoras, les cuisses et le premier segment abdominal. Vertex 
échancré postérieurement, à ponctuations denses, ces ponctuations 
eurore plus fines sur le mésothorax. Ailes subhyalines, légèrement 
fuligineuses, les nervures noires. Pattes noires, les tarses à pubes- 
cence roushâtre en des.'^ous, les crochets jaunes avec l'extémité noire, 
les éperons des jambes noirs. Abdomen à côtés subparailèles, peu 
veiu, les segments bordés d'une ligne blanchâtre plus ou moins dis- 
tincte, la brosse sous le ventre jaune-pâle. 

J* — Avec la face, le thorax, les cuisses et le 1er segment abdo, 
minai x pubescence jaune-pâle plus dense et plus longue. Jambéa 
antérieures simples, les tarses brun-roussâtre. Abdomen très court, 
son dernier segment faiblement échancré au milieu, sans dentelures 
bien distinctes aux côtés. 



230 LE NATURALISTE CANADIEN 

Commune, sa taille plus petite, sa tête échancrée en 
arrière et une pubescence moins dense la distinguent sur- 
tout de la simplex, Prov. 

8. Mégaehile grande. MegachUe grandis, Cress. Trans. 
Am. Ent. Soc. iv, p. 268, ç. 

Ç — Long. .75 pce. Noire; les côtés de la face avec poils blan- 
châtres peu abondants. Le chaperon à ponctuations fortes et peu 
denses, son bord antérieur deniiculé; le vertex finement ponctué. 
Thorax finement et densément ponctué, avec poils noirs et courts sur 
le disque, blancs et plus longs sur les flancs. Ecailles alaires noires '; 
ailes hyalines jaunâtres, les nervures noires. Pattes noires avec poils 
jaunâtres, les tarses avec poils fuuvtg, les jambes antérieures sub- 
triquêtres, portant en dedans une forte carène couronnée de cils courts 
fauves et terminée par un fort mucron jaune, aplati et bifide. Abdo- 
men allongé, à côtés subpa^alleles, le premier segment à face antérieure 
concave, et portant de longs poils blancs sur les côtés, les autres nus 
n'ayant qu'un duvet argenté aux côtés dans les sutures, tous à l'ex- 
ception du dernier traversés dans leur milieu par une profonde fossette, 
celle-ci moins prononcée sur ceux de l'extrémité. La brosse ventrale 
à poils jaunâtres. — R. 

Espèce remarquable surtout par sa taille et les fos- 
settes transversales de son abdomen. 

B. Mé£;aeh.ile oblongue. Megachile oblonga, n. sp. 

Q — Long. .45. Noire; la face, le thorax, avec poils jaunâtres 
peu aboudants. Mandibules entièrement noires. Ailes hyalines, légè- 
rement obscurcies à l'extrémité. Pattes noires avec pubescence brune 
peu apparente, les tarses bruns ferrugineux en dessous. Abdomen 
poli, brillant, oblong, obtus à l'extrémité, le premier segment avec 
quelques poils jaunâtres sur les côtés, les autres avec une petite ligne 
blanchâtre au sommet de chaque côté ; la brosse ventrale noire, de 
même que la pubescence des bords latéraux de l'abdomen. — E,. 

Une seule femelle. Diffère surtout de la pugnata par 
la couleur de sa brosse ventrale. 

10. Mégaehile guenille. Megachile centuncularis, St- 
Farg. Hym. ii, p. 337. 

Ç — Long. .70 pce. Noire, avec poils jaunâtres sur la face, les 
flancs et les pattes, et poils noirs sur le vertex et le dos du thorax. 
Chapercrî bombé, à ponctuations peu denses et peu proibndes, vertex 
finement ponctué. Thorax ponctué, k poils noirs et courts, le méta- 
thorax et les ûancs à poils plus longs et blanchâtres. Ecailles alaires 



XYA, — ANDRÉNIDES. 231 

noires ; ailes hyalines-brunâtres, les nervures noires. Pattes noires, à 
pubescence blanchâtre sur les cuisses, d'un jaune-fauve sur les jambes 
et les tarses; les crochets roux, noirs à l'extrémité. Abdomen eu 
ovale, à segments sillonnés transversalement, le premier avec poils 
blanchâtres sur leG côtes, les autres avec une ligne de duvet argenté 
aux sutures sur les côiés, cette ligne étant plus ou moins obsolète au 
milieu. — CC. 

Cette espèce est commune à l'Europe et à l'Amérique. 
C'est celle-ci surtout qu'on surprend souvent à découper 
les feuilles des rosiers de nos jardins. Les Mégachiles ne 
creusent pas leurs galeries dans le bois sain, mais elle sa- 
vent fort bien élargir et redresser les cavités dont elles 
s'emparent pour y construire leurs cellules en forme de 
dés au moyen des feuilles qu'elles découpent. On nous a 
apporté une bûchette d'Ostryer [Oatrija Virgmica) bois 
qu'on sait être très dur, dans laquelle on avait découvert 
en la fendant, 5 cellules de cette Mégachile à la suite les 
unes des autres, toutes formées de feuilles de rosier. L'in- 
secte s'était introduit dans l'intérieur par une branche, 
rompue qui avait fait pourrir le cœur du tronc, mais la 
partie inférieure surtout de sa galerie, que remplissait ex- 
actement son cylindre de celiuleG, se trouvait de toutes 
parts entourée d'un bois parfaitement sain. 

11. Mégachile mendiante. Mégachile mendica, Cress 
Trans. Am. Ent. Soc. vii, p. 126, 9. 

Ç — Long. .60 pce. Noire, la face couverte d'une pubescence 
blanchâtre. Antennes noires, brunes à l'extrémité en dessous. Le 
protborax, le mésothorax, les joues, les cuisses antérieures avec le pre- 
mier segment abdominal, couverts de longs poils jaune-blanchâtre. 
Ailes subhyalines, légèrement obscurcies. à l'extrémité. Pattes noires, 
les cuisses et les jambes avec poils blanchâtres, les tarses à poils rous- 
sâtres en dessous, les crochets roussâtres, noirs à l'extrémité, les épe- 
rons des extrémité des jambes jaune-pâle. Abdomen déprimé, large, 
obconique, les 4 segments basilaïres avec une dépression transversale, 
tous les segments bordés d'une pubescence blanchâtre, la pubescence 
du dos de l'abdomen est composée de poils blanchâtres entremêlés de 
noirs. 

Capturée à Chicoutimi; sa plus forte taille et sa viHo- 
sité plus abondante la distinguent de Vojdiva, Cress. 



232 LS NATURALISTE CANADIEN 

12. Mégaehile désirable. Megachile optiva^ Cress 
Trans. Am. Ent. Soc. ir, p. 268. 

? — Long. .50 pce. Noire, opaque: les côtés de là face avec longs 
poils blanchâtres, le chaperon avec poils plus courts, le vertex avec 
poils noirs. Tête plus large que le thorax, le dos du thorax avec poils 
noirs, le ni($tathorax, le prothorax et les flancs avec poils blanchâtres. 
Ecailles alaires noires ; ailes fuligineuses, les nervures noires. Pattes 
noires, avec pubescence cendrée, plus longue sur les cuisses en arrière, 
les jambes et les tarses avec poils jaunâtres, fauves au desP0v.s des 
tarses. Abdomen en ovale, les segments non traversés par des sillons, 
le premier à face antérieure concave, avec poils blanchâtres sur les 
côtés, tous les autres avec la suture frangée sur les côtés de poils 
argentés, la brosse ventrale jaune-fauve. — E. 

Se distingue surtout de la précédente par sa plus petite 
taille et Tabsence de fossettes transversales sur les seg- 
ments abdominaux. Capturée à St-Hyaciuthe, au Cap- 
Kouge, etc. 

13. Mégaehile mélanophée. Megachile melannpliŒa^ 
Smith, Brit. Mus. Cat. i, p. 191. 

Ç — Long. .50 pce. Noire, avec poils blanchâtres sur la face, le 
thorax et la base de l'abdomen, les joues avec le dessous des mandi- 
bules avec poils, fauves. Mandibules avec l'extrémité rousse ; le cha- 
peron finement ponctué. Ecailles alaires noires, les ailes légèrement 
fulio'ineuses. Pottes noires avec poils noirs, les tarses avec leurs ar. 
tides terminaux roussâtres, leurs poils fauves. Abdomen robuste, 
ramassé court, les 2 segments basiiaires avec pubescence blanchâtre, 
les autres avec poils couits, noirs, sans aucune traça de lignes argen- 
tées dans les sutures; la brosse ventrale noire. — C. 

L'abdomen racourci de cette espèce avec sa brosse 
ventrale noire, la fait facilement distinguer de toutes les 
autres. 

11. Gen, GrNATHOCÈRE. Gnathocera, nov. gen. 

Tête allongée, très fortement échancrée en arrière, 
avec les joues dilatées et se prolongeant en dessous en un 
appendice redressé en avant et creusé en cuiller en dedans. 
Cuisses non renflées. Abdomen à côtés parallèles, allongé, 
pour le reste semblables aux Mégachiles. 

La singulière conformation des joues de cette Méga- 
ehile nous a engagé à en former un genre nouveau. Nous 
en avons capturé 4 l'emeiles mais aucun mâle encore. 



XX'.— ANDRÉNTDES. 233 

Gnatoeère céphalique. Gnntocera cephalica, n. sp. 

Ç — Long, .60 pce. Noire, polie, brillante; tête allongée, forte- 
ment ochancrôe postérieurement, finement ponctuée sur le vertex, ces 
ponctuations devenant sur les joues très distantes, larges et enfoncées; 
la face couverte d'une pubescence blanchâtre sur les côtés de même 
que les flancs, le métathorax et le premier segment abdominal. Ailes 
hyalines, avec une bordure brune à rextrémité, les nervures ferru- 
gineuses. Les cuisses et les jambes à pubescence blanchâtre, les tarses 
avec poils jaunes. Abdomen allongé, à côtés parallèles, fioemcnt 
ponctué, les 3 premiers segments avec un sillon transversal, tous les 
segments excepté le dernier, terminés par une bordure argentée très 
apparente. 

Cet insecte est particuiièreraont remarquable par la 
forme allongée de sa tête. 

12. Gen. Hériade. Ileriades, Latr. 

Tête en carré, plus large que le thorax ; ocelles en 
triangle sur le vertex. Labre et mandibules courts dans les 
2 sexes. Palpes labiaux avec le 3e article inséré sur le côté 
du 2e. Cellule radiale ovale, oblongue, sans appendice; 2 
cubitales fermées ; la 2e rétrécie vers la radiale et recevant 
les 2 nervures récurrentes; la 3e commencée. Abdomen 
allongé, convexe en dessus; crochets des tarses simples 
dans les ?, bifides dans les d*. 

Petits insectes ayant les mêmes habitudes que les 
Osmies, c'est à-dire construisant leurs cellules d'un mortier 
spécial qu'elles logent dans des arbrissaux creux ou autres 
cavités Une seule espèce rencontrée, 

Hériade carénée. Heriades carinatum, Cress, Proc. 
Eut. Soc. Phil, ii, p- 883, c? ?. 

Ç — Long. .25 pce. Noire, très fortement ponctuée, la face avec 
pubescence blanche, cette pubescence plus longue sur les pattes. Tête 
en carré; antennes courtes, noires. Thorax presque alvéolé par ses 
ponctuations, presque sans pubescence, une partie des flancs granulée. 
Ecailles alaires noirâtres ; ailes légèrement fuligineuses, plus obscures 
près de la côte, Pattes avec pubescence blanchâtre. Abdomen sub- 
cjliiidrique, convexe, légèrement rétivci à la base, denséraent et uni 
formément ponctué, les segments à sutures enfoncées et frangées d'un 
duvet argenté, surtout sur les côtés, le premier à face antérieure con- 
cave et séparée du reste par une carène ; la brosse ventrale blan. 
châtre.— PC. 



234 LE NATURALISTE C!ANADi:SN 

cJ — A abdomen rsplia en gcgsous L roztramitéj les crochets des 
tarses roussâtres et bifides. 

Capturé à St-Kyaciuthe et au CapE-ougs, 

14. Gen. Cératine. Ceratina, Latr. 

Tête traiiGversale. Antennes assez longues, le scape 
peu allongé, le pavillon filiforme, le 3e article 2 fois plus 
long que le 2o= Ocelles en triangle sur le vertex. Mandi- 
bules fortes, tridentées ; les palpes labiaux à 4 articles, les 2 
terminaux petits et insérés près du sommet du 2e, les 
palpes maxillaires de 6 articles. Ecusson mutique. Cellule 
radiale à peu près ovale, son extrémité arrondie, s'écartant 
de la côte; 3 cellules cubitales fermées de grandeur pres- 
que égale, la 2e rétrécie vers la radiale et recevant la 1ère 
récurrente, la 3e élargie au milieu et recevant la 2e récur- 
rente. Abdomen convexe, presque en massue. Les jambes 
postérieures convexes en dehors, le 1er article de leurs 
tarses avec une brosse en dessous. 

Insectes ayant assez l'apparence des Mégachiles exté- 
rieurement, mais s'en distinguant surtout par les 3 cellules 
cubitales. Une seule espèce rencontrée. 

Cératine à-2-dents, Cerali/ia bideniata, nov. sp. 

^ — Long. .36 pce. Noire avec poils blanchâtres ; la face au des- 
sous des antennes avec le labre, jaune. Antennes noires. Thorax 
avec, longs poils blanchâtres, le tuctathorax très court. Ailes hyalines, 
les nervures ombrées de même que la partie près du stigma. Pattes 
noires le 1er article des tarses postérieurs dilaté avec une brosse 
roupsâtre en dessous. Abdomen court, convexe, presque nu, la marge 
apicale des segments plus lisse, testacée, le 7e avec une projection au 
milieu portant une éch mcrure qui la partage en 2 dents. 

Un seul spécimen ç^ capturé, bien reconuaissable par « 
son 78 segment abdominal. 

(N. B. La partie qui suit de la clef pour la distinctioQ des 
genres a été, par erreur, omise à la page 171). 

Insectes dépourvus d'instruments pour la récolte du 

pollen et la confection des nids : PARASITES ; 
3 cellules cubitales fermées ; 



SZI — ANDSÊNIDES. 235 

2e cubitale recevant la 1ère récurrente vers son milieu ; 
Ecusson avoc 2 tubercules au milieu et uns 
épine de chaque bôté ; palpes rsasiilaîres 

d'un seal article ... ^ ,..„,., „ = , <> „ , 15, S prolus. 

Ecusson bituberculé mais sans épines aux cotés 16. Nomada. 
23 cubitale recevant la 1ère réouvre^te au dslà 

de son milieu ; écussor. sans tube.ôules 17. Sphecoues. 
2 cellules cubitales fermées ; 

Abdomen conique avec pointes à Tôstrémité 

dans les J* .......= .... »o, . , ...... 18, CcBLioxTS. 

Abdomen fusiforme, sans peintes dans les (^ .. .19. Prosopis^ 

15. Gren. Epéole. Epeolus, Latr. 

Tête courte et large; thoras court, trapu; abdomen 
court, rebuste, sans instruments pour la récolte du pollen. 
Falpes maxilaires d'un seul article, las labiaux de 4. 
Antennes courte3, filiformes. Ecusson bilobé au milieu 
avec une épine de chaque côté. Ailes avec 3 cellules cubi- 
tales fermées, la 2e rétrécie vers la radiale, recevant la 1ère 
récurrente, la Se recevant la 2e récurrente, la 4e à peine 
commencée. Pattes à éperons simples. Abdomen sr.bcor. 
diforme, ofelong, ,rayé transversalement de bandes d'une 
pubescence jaune ou grisâtre, aigu dans les J et tronqué- 
obtus dans les Ç,le dernier segment dans ces dernières 
portant sur son disque un espace triangulaire déprimé, 
quelque peu rugueux, quelquefois avec pubescence argen- 
tée. 

La forme de l'écusson et les bandes pubescentes de 
l'abdomen permettent surtout de distir.guer ces insectes 
des Nomades. Deux espèces rencontrées. 

Ecailles alaires rousses , . . 1 , ri'.erQP.tUS. 

Ecailles alaires noires , , . = , ?. dGîlci.tn3. 

1. Epéole acheté. Epeolus mercaius, Eabo rroc. Eut. 
Soc. Phil. II, p. 895. 

$ — Long. .26 pce. Noir, rugueux, la face avec pubescence ar- 
gentée. Antennes entièrement noires. Les écailles alaires. les Stiber- 
cuies, les jambes et les tarses avec les genoux, rous. Thorax bcrdé 
en avant et en arrière d'une ligae grise, les flancs ave^ las côtés du 
métatborax portant des tacces de la même couleur, Aiies légèrement 
obscures, les nervures roussâtres. Abdomen avec 5 bandes cenJi'ées 



236 LE NATURALISTE CANADIEN 

le preuki-r >ei:mont b^rdr^ on outre d'iinc h'gr.e cendr('c intci-ronip'ie au 
il ;ôté.s.— R 

lia seul spt ciracii capturé à S. Joachim par M., l'abbé 
Huart. 

2. Epéole donné. Epeolm donatus, Ilarr. B. Mus. Cal. 
I, 256. 

? — Lon<r. .34 pce. Noir; la tête et le thorax à ponctuotions 
C')nflii''Mte?-, la f..c<' a »-t.c pube-c<'rice biaiK-hâîre aa dessus <lu chapcroM. 
Thorax avec une ligne blanchâtre sur le collier, une autre au dessus 
des écîiilles alaires, 2 autres plus petites sur le disque du niésothorax, 
une autre derrière l'écusson et les angles du niétathorax, Eciisson 
bilobé. Ailes légèrement obscures, les nervures noires. Pattes noires, 
les jambes avec tuboseeiice blanchâtre en dehors; les tardes roussâtre-. 
les postérieurs avec le premier article noir. Abdomen ovoïde avec uiie 
bande de pubescence blanchâtre au sojnniet de tous ies segmentai, cotte 
bande brièvement interrompue au inilieu ; le 1er stgmcut ayanii d 
■ plus toute su base couverte d'une seuibhible pubescenci-. — R. 

Capturé à Toronto, inais doit probablement aussi se 
rencontrer dans la province de Québec. 

16. Or^^'w. MoMADE. Nomada, Latr. 

Tête en carré transversal, plus large que le thorax, à 
face large et courte. Ocelles disposés en triangle sur le 
vertex. Antennes courtes, le pavillon hliforme, non en 
massue. Palpes maxillaires de 6 articles, les labiaux de 4. 
Mandibules étroites, unidentées. Ecnsson élevé avec 2 
tubercules sur le milieu. Ailes avec une cellule radiale 
simple, 3 cubitales fermées, la 1ère aussi grande que les 2 
suivantes prises ensemble, la 2e et la 3e rétrécies vers la 
radiale, chacune avec une nervure récurrente. Pattes sans 
poils pour la récolte du pollen, les tarses seuls avec une 
brosse en dessous, les épines des jambes simples. Abdo- 
men court, ovoïde. Insectes généralement roux avec taches 
jaunes. 

Les Nomades comme tous ceux qui nous restent à dé- 
crire de cette famille, sont dépourvus d'instruments pour 
la construction des nids et le transport des provi.^ions. 
Cependant leurs larves sont apodes et incapables de cher- 



XXf — ANDRÉ N'IDES. 237 

her elles-mêmes leur Jiourritnre. Comment ponrvoiroiit- 
elles à Id perpétuation de lenr race ? L'niiteur de tontes 
choses qni n'a rien laissé au liasar ' •> '-- nwa les m/'res d(> 
CCS insectes d'un instinct qu'il voulu accorih-r à 

d'autres. C'est à des nounices étrangères qu'elle:» con- 
fieront leurs progénitures. Les mères Nomades épient le 
moratuit où dt^s An'hophores ou .lutres uidifiar.ts sortent 
de leurs trous j>our aller chercher de n.'UvelKs pr(-visi(/ns, 
elles y pénètrent aussitôt et déposent un œuf dans la ])â>ée 
déjà ai)portée, et à l'éclosion, au lieu d'une seule larve que 
contiendra la ellule, il y en aura deux, pour partager les 
]irovisions. 11 doit arriver souvent sans'doute que l'intruse 
fait périr la véritable propriétaire, mais la Divine Sag'esse 
a pourvu les mères des nidifiants d'une bien plus grande 
fécondité que celle des parasites, afin, sans doute, de con- 
server l'équilibre nécessaire C'est à cette communauté 
d'habitation des larves des parasites avec d'autres diffé- 
rentes qu'est due sans doute la différence de taille si com- 
mune dans ces insectes à l'état parf lit. Si la larve du para- 
site peut résister sans périr à une nouriiture insuiSsante, 
sa taille, comme il arrive chez une fouie d'autres insectes, 
en souffrira proportionnellement lorsqu'elle passera à l'état 
parfait. Chaque parasite s'attache, paraît-il, à un genre 
particulier de nidifiants. 

Les Nomades sont assez nombreuses en espèces, cepen- 
dant nous n'avons . encore rencontré que les cinq qui 
suivent : 

Abdomen feiTugineux, immacnlé 1. Americana. 

Abdomen plus ou luoins taché de jaune ; 

Ecusson uiutique ; 

9 avec une seule tache jat'ne sur les 2e segment 
abdominal ; c? avec taclie-^ sur les segments 

2 3, -i, 5 etc 2. bislgnata. 

? avec t;iches jaunes sui- les segments 2 et 3, 
une bande sur le 4e, et une double tache sur 
le 5e ; d- ayant le plus souvent du jaune sur 
chaque segment — 3. macala^a. 

? avec une ligne jaune sur tous les segments, 



23B LTS flATUPvALîSTB CANADIEN 

celle du 2e le couvrant presque entièrement.. 4. îtîtGCla. 
EeassoTî avec une épÎLe (le e'iiaque côtô„ .. = .(,,,„, 5. pîîactata. 

1. Nomade à' Amérique. Nor:.ada Ar.iericana, Xirby, 
FauK. Eor, Am, iv, p. 269. 

Ç — Long. .33 pce. D'un ferrugineux obscur; un point Tîoir de 
chaque côté du clinperon ; les anterines d'un roux plus clair, le .scape 
noir en dessus. Thorax densément ponctué, avec une ligne osédiaRe 
noire ir.terrompue par I'dcusson et continuée sur le métathoras ; la 
poitrine avec une tache noire de chaque côté. Métathoras noir pos- 
térieurement en arrière et portant des poils blanchâtres sur ses côtés. 
AileB subhyalinei3, avec l'extrémité plus obscure et une lunule plus 
claire en avant, les nervures brunes. Pattes avec la base des hanches 
et des cuissec noire. Abdomen poli, lisse, d'un ferrugineux obscur, la 
base du premier segment avec la marge apicale des segments 2 et 3, 
noire. — R. 

Un seul spécimen capturé. Les espèces de ce genre 
étant tontes fort variables dans leur coloration sont par 
cela de même très difficiles à distinguer les unes des autres. 
La présente espèce cependant est bien reconnaissable par 
son absence de taches jaunes, 

2. îTcîïiade à-2-marques. Nomada bisignata, ëay, 
Say' Ent. i, p. 239; 

Ç — Long. .38 pce. Ferrugineuse; une tache noire entre les an- 
tennes s'unit quelquefois à une autre sur le vertex. Antennes rousses 
en dessous, noirâtres en dessus. Le vertex et le thorax rendus ru- 
gueux par des ponctuations denses. Thorax avec une ligne noire lon- 
gitudinale interrompue par l'écusson; le métathorax garni de poils 
blancs en arrière sur les côtés. Ailes passablement enfumées, avec 
une bande claire en avant de l'extrémité. Les pattes avec la base des 
hanches et des cuisses noire. Abdomen avec la base du 1èr segment 
et la marge apicale des autres, noire ; le 2e avec une grande tache 
jaune de chaque côté, et le 3e souvent avec un commencement d'une 
semblable tache. — C. 

Yar. Thorax noir avec 4 lignes ferrugineuses. 

j\ —Thorax et tête, noir, avec ou sous lignes ferrugineuses, por- 
tant une pubescence blanchâtre. Le enaperon avec le labre et les man- 
dibulea, jaune. Les hanches avec les cuisses excepté à l'extrémité, 
noir. Abdomen avec la tache jaune du 2e segment grande, eon^u- 
ente q"J.e!quefois au mileeu ; le 3e avec une bande jaune à la base et 
les 5e et 6e avec la marge apicale jaune. 



XXI. — ANDRÉNIDES 239 

Yar. Le premier senjmsnt avec une tache jaune de chaque côté 
au-d?ssus de la barre ncire ; quelquefois ce lor segmeat d'un brun 
foncé uuiforme. 

Variable non seulement dans sa eolcraticn, nsais encore dans sa 
sa taille 3 ? et 3 cf , 

g. Nomade maculée, llomada viacidaia, Oress. Proc. 
Eut. Soc. Phil, ii, p. 303. 

$ —Long. .40 pce. Ferrugineuse, finement et denscment ponc- 
tuée. Thorax avec une ligne longitudinale noire interrompue par 
l'écusson, le métathorax et les flancs avec une longue pubescence ar- 
gentée. Ailes légèrement obscures avec une bande claire avant l'ertré- 
milé, le stigma roux, les nervures brunes. Pattes sans aucune tache. 
Abdomen très finement ponctué, poli, brillant, la marge apic;ile des 
segments obscurément noirâtre, la base du 1er segment noire, avec une 
tache jaune au-dessus de chaque côté, le 2e avec une tache à la base 
de chaque côté, les 3e et 4e avec une ligne, quelquefois conâuente au 
milieu, le 5e avec 2 taches distinctes ; dessous sans taches. — C. 

Varo Une tache noire à ^l'insertion des antennes ; le îer et le 3e 
segment sans tache jaune ; les hanches noires à la base. 

Var. Un point jaune de chaque côté du chaperon ; les tuber- 
cules de l'écusson, ceux du prothorax, une tache de chaque côté en 
arrière du métathorax, jaune, le 6e segment avec une bande jaune. 

<S^ — La tête et le thorax, noir varié de ferrugineux, couverts d'une 
courte pubescene blanchâtre; le chaperon, le labre, la base de^ n^andi- 
bules, jaune. Antennes noires en dessus jisque verg leur moitié. Une 
ligne médiane sur le mésothorax, le métathorax presque entièrement, 
les flancs excepté une grande tache rousse au dessous des ailea anté- 
rieures, noir. Les hanches et la base des cuisses, noir. La tache jaune 
du 2e segment quelquefois détachée et d'autres fois anguleuse se rap- 
prochant du milieu et formant presque une bande; les segments 3, 4 
et 5 avec une tache jaune de chaque côté et quelquefois une ligne 
continue, et d'autrefois ces taches obsolètes sur les segments 4 et 5 ; le 
le dernier ferrugineux et bifide à l'extrémité. 

4. Nomade jaunâtre. Nomada luteola, St Farg. Proc. 
Ent. Soc. Phil. II, p. 282 ç. 

Ç — Long. .36 pce. Tête noire, le chaperon, les côtés de la face 
avec le scape en dessous et une tache sur les mandibules, jaune pâle, 
la partie noire de la face s avançant sur la partie jaune en une pointe 
de chaque côté. Antennes rousses, brunâtres en dessus. Thorax à 
pubescence jaunâtre, les téguments bruns variés de roux, le collier et 



240 LE NATURALISTE CANADIKN 

r<?cusson roux. Ailes avec une bande brune à l'extrémité, le stigraa 
roux, Pattes rou??o.-. l'^s h; ;:cho8 ;:Yec les cui'=ises postérieures excepté 
à l'exir' ~ ■ :-.iie bande jaune plus o-i moins 

ccliiîuc'éé ; c-:;.'iicin. :,..'■,! r. -; r cri:.>iac segaient, celle da 2j très large, 
celle du 1er étroite divisant la base, qui est noire, du sommet qui est 
roux. 

(^ — Avec les pattes, l'écusson, les tubercules, jaunes, la base des 
cuisses brune, les jambes postérieures avec une ligne noire en dedans. 

5 Nomade ponctuée. Nomnda pundata, Fabr. Proc. 
Ent Soc. Phil, ii, p. 296. 

Ç — Lang. .35 pee. Noire, fortement ponctuée avec une pubes- 
cence blancbâtre. Les mandibules, le labj-e, le cbaperon avec une tacbé 
au dessus, les joues et les orbites antérieurs, jaune pâle. Antennes 
rousses, noires à la base en dessus, le sc:ipe tacbé de jaune en dessous. 
Thorax noir, foitemcnt ponctué, les tubercules calleux jaunes, les 
écailles alaires rousses avec une tache jaune ; l'écusson bitubercnlé 
avec un point jaune et une épine blancbâtre de chaque côté. Ailes 
hyalines, obscurcies à l'extrémité, lé stigraa fauve. Pattes rousses 
avec les hanches noires, les cuisses postérieures noires en dehors. Ab- 
domen noir, avec une bande jaune au sommet de tous les segments, le 
premier taché aussi de roux au milieu. — R. 

Un seul c? capturé au Cap-Ronge. Les épines de l'é- 
cussou de cette espèce la distinguent facilement de ses 
voisines. 

18. G-en. Célioxys. CœHoxy$, Latr. 

Tête en carré transversal, plus large que le thorax. 
Palpes maxillaires de 2 articles, les labiaux de 4. Chaperon 
large, convexe. Ocelles en triangle sur le vertex. Eicusson 
élevé, portant une dent de chaque côté. Celkile radiale à 
bout arrondi, écarté de la côte. Deux cubitales fermées 
presque égales, la 2e rétrécie vers la radiale, recevant les 
2 nervures récurrentes ; la 8e à peine commencée. Cro- 
chets des, tarses simples dans les ?, bifides dans les cf. 
Abdomen conique, fendu horizontalement dans les ? à 
l'extrémité, plus largo et pins ou moins denté dans les d*. 

Insectes de bonne taille, plus ou moins velus, à abdo- 
men traversé le plus souvent par des bandes ou lignes 
de duvt't argenté. Parasites des M'^gachiles; 2 espèces 
rencontrés. 



XXr. — ANDRÉNIDES 241 

Tarses ro-ix 1 rufi'arSUS. 

Tarses noirs ... . 2 mœsta. 

1. Célioxys tarses-roux. Cœlloxys rufitaraus, Smith, 
Brit. Mus. Cat. ii. p. 271. 

(S" — Lang'. .48 pee. Noire ; la tête et le thorax ofrossièrement 
ponctués, La face avec une lougae et épaisse pubescence j nine blan- 
châtre, le vertex et le thorax avec cette pubtscence moins fournie et 
blanchâtre. Eccailles alaires brunâtres, E'usson subangiileux au mi- 
lieu et portant une dent de chaque côté longue et un peu recourbée. 
Ailes subhyaiines, le bord apical plus obscur, les nervures noires. 
Pattes noires avec pubescence sur les cuis.-es et les jxmbes, les tarses 
d'un beau roux clair. Abdomen conique, les 5 segments basilaires avec 
une ligne de duvet argenté au sommet, le premier portant en outre 
une tache triangulaire de ce même duvet sur les côtés ; le 5e se ter- 
minant de chaque côté par une pointe, le 6e ave une semblable pointe 
de cha(iue côté et en outre 4 autres au milieu, 2 en dessus et 2 en 
desso:-.s, ces dernières un peu plus longues. — C. 

Ç — A pubescence moins abondante, celle du chaperon courte, 
jaunâtre. Thorax presque nu, une ligue plus ou moins complète au 
collier, une ligne au dessus des ailes se terminant par une petite taehe, 
2 points en avant de l'écusson et .une ligne plus ou moins obsolète en 
arrière, de duvet argenté. Les pattes et l'abdomen com:ne dans le cJ*, 
le 6e segment avec la partie supérieure finement ponctuée et caréin'e 
au milieu, l'inférieure beaucoup plus longue et avec une petite dent 
de chaque côté en avant de l'extrémité. 

Bien reconnaissable par ses tarses roux, 

2. Célioxys triste. Cœlioxys iristis, Cress. Proc. Eut. 
Soc. Ph 1. ii, p. 403. 

Ç— Long. .45 pce. Noire, la tête et le thorax fortement ponctuée. 
La face avec une pube-cence blanchâtre courte, le chaperon cilié ea 
avant de poils jaunes. Thorax nu sur le dos. une ligne au collier avec 
le mctathorax et les flancs à pubescence blanchâtre peu fournie ; 
l'écusson avec une dent de chaque c3té. Ec ii;lcs alaires noires (quel 
quefois brunâtres). Ailes sabhyalines, )lus obscures au bord terminal, 
les nervures noires. Pattes noires avec courte pube«cence blanchâtte, 
les tarses avec poils jaunâtres en dessous. Abdomen brillant, à ponc- 
tuations peu denses, les 5 premiers segments avec une ligne argentée 
au sommet, le 6e très finement ponctué, si partie supérieure carénée 
au milieu, l'inférieure plus hmgue, avec une légère échanerure en 
avant du sommet. Le ventre plus fortement ponctué et avec les 5 
Usines arirentées. — CC. 



242 LE NATURALISTE CANADIEN 

Capturée au CapRonge, à Chicoutirai et à St-Hya- 
ejnthe. Bien distincte de la précédente par ses tarses 
noirs. Un spécimen a l'extrémité de sa 1ère cellule dis- 
coïdale de son aile droite traversée par une nervule de 
manière à former une petite cellule surnuméraire. 

A continuer. 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



(Continué de la page 221). 

La salie est à peu près disposée ici comme chez hs 
tourneurs, même musique, mêmes costumes, même dispo- 
sition des jongleurs en cercle. Il y a cependant cette dif- 
férence que des chaises sont disposées dans la galerie pour 
les spectateurs et que le chef derviche au lieu d'être ac- 
croupi dans une niche, se tient debout au milieu du cercle, 
comme dictant le mouvement à tous ceux qui l'entourent. 
Ce sont d'abord des inclinations peu profondes et en avant 
qu'on exécute en cadence, en accompagnant chacune d'un 
souffle bruyant qu'on tire avec ( ifort de la poitrine» Mais 
la musique accélérant son rythme, les sa uts deviennent 
plus prompts et plus profonds et le souffle se change en un 
îrrosrnement formidable. Le chef de la bande, vieillard à 
longue barbe blanche, touche à l'épaule un plus jeune 
que lui qui sort du cercle pour prendre sa place. La mu- 
sique alors redouble sa cadence, et toutes les têtes se 
courbent précipitamment, mais toujours en cadence et 
toujours en exhalant le bruyant grognement, touchant 
presque le pavé en avant et se redressant toujours à chaque 
fois ; les bonnets volent par terre, les cheveux obéissent 
aux mouvements, les ligures sont rubescentes et tuméfiées, 
et tous semblent n'être plus mnîtres de leurs mouvements, 
emportés par une force irrésistible, une véritable posses- 
sion. 

Nous restâmes plus de vingt minutes à observer cette 
pantomime, nous étonnant toujours de plus en plus, que 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM. 243 

ces hommos fussent capables de résister m longtemps à 
un jeu SI fatig'uaiit. Nous aurions désiré voir comment se 
termiu Mait la scène, mais comme nous avions encore bien 
d'autres choses à visiter, nous laissâm»'s nos hurleurs se 
débattre et pousser leurs hurlements pour porter nos pas 
dans d'autres quartiers de la ville; nous le regrettâmes 
d'autant plus qu'on nous avait ra})porié que souvent ces 
exercices se terminaient par des scènes tout-à fait extraor- 
dinaires. 

Le P. Damas qui a fait plus de dix voyages en Orient, 
décrit ainsi la conclusion d'un exercice des derviches tour- 
neurs auquel il avait assisté. 

" Depuis quelque temps, des femmes se tenaient près 
de la porte avec leurs petits enfants. Une sorte de maître 
des cérémonies s'approcha de l'une d'elles, prit son enfant 
et s'en alla le déposer au pied du chef des jont^leurs. Alors 
ie derviche se leva gravement, ap[)uya ses deux mains sur 
les épaules de deux de ses disciples placés à sa droite et à 
sa gauche, mit les pieds sur la p'tite créature et se tint de 
la sorte pendant quelques secondes. L'enfant pouvait avoir 
de huit à dix mois. Il ne poussa pas un c^i. On en pré- 
senta d'autres. La même chose se fit. Pas un ne pleura. 
Alors des hommes de tous âges vinrent se coucher tout de 
leur long à la place des enfants. 11 y en avait se})t ou huit 
à côté de l'un de l'autre. Ils étaient placés de manière 
que le pr mier avait la tête de son voisin près de ses pieds, 
et les pieds du même voisin près de sa tète. Et ainsi de 
suite, de manière que des deux côtés on vit tonj )urs des 
têtes et des pieds alternant. Les uns se couchaient sur le 
dos, les autres en sens inverse. Le grand derviche marcha 
gravement sur ce tapis de corps humaiîis. Oa s'apercevait 
qu'il ménageait ses pas, mais il mettait ses pieds sur la 
poitrine, sur le ventre, sur les reins des patients. Personne 
ne tressaillait. 11 allait jusqu'au bout, et puis revenait. 
D'autres hommes se succédèrent remplaçant les premiers. 
L'opération dura tant qu'il y eut du monde disposé à se 
prêter à cette cérémonie bizarre. 

" Depuis le commencement de la séance, je tournais 
de temps en temps mes yeux vers une quantité de sabres 



244 I'K NATURALlSTii; CANADIEN 

de haches, d'inptrnmonis de fer de tontes espècps, suspen- 
dus à la muraille autour de la niche du cht^f suprême. Je 
me demandais ce que cola voulait dire, et j'avais hâte d'eu 
avoir l'explication. Elle me fat donnée en ce moment» 
L'enceinte se vida enlièrernent ; le chef soul resta sur son 
tapis; alors deux derviches entrèrent dépouillés comme 
pour un bain. L'un d'eux était un petit vieillard, sec et 
leste ; l'autre, encore jiuine, avait d^s membres forts (4 bi'Ui 
pris. Tous deux saluèrent leur m^itre; dotachèreut ch \- 
cun un sabre du mur, et tout à coup, je vis le petit vieillnrd 
s'élancer d'un bond à l'autre bout de l'enceinte. Il tenait 
les deux extrémités du sabre dans ses mains. En retom- 
bant à terre il s'en donna un grand coup sur l'estomac avec 
le tranchant, et il nous re^carda. Il n'avait pas la moindre 
écorchure. Le second s'élança à son tour. Il était évidem- 
ment moins habile. Après chaque épreuve on voyait une 
trace rouge sur sa chair. Il crachait dans ses mains et se 
frottait vivement l'estomac pour faire disparaître les 
marques de sang". Cotte danse sinii^ulière dura quoique 
temps. Alors le jinine homme se retira. Le petit vieillard, 
mieux au fait, jeta son sabre, et décrocha un instrument 
singulier: c'était une boule de bois dans laquelle on avait 
enfoncé un fer de lance trè>-pointu. A la boule étaient 
attachées une multitude de petites chaînes de fer, qui 
pendaient on couronne. Le petit vioilhird lit tourner le f -r 
de lance dans sos deux mains étendues, avec une volubi- 
lité prodigieuse, la pointe en bas, la boule en haut. Toutes 
les chaînes emportées par la rotation eurent bientôt pris la 
forme horizontale. Tout à coup, le vieillard lance en l'air 
son instrument qui continue à tourner. Il inclinera têAo, 
et la pointe de la lance lui tomba sur la joue de la hauteur 
du plafond, alourdie par la boule de bois et les chaînes qui 
pèsent en dessus. Le ior aigu tourne plusieurs fois sur 
cette joue immobile. Le jeu cesse ; le vieillard lève la 
tète : la peau de sa joue était lisse comme un gant neuf. 
J'ignore par quels procédés les derviches font toutes ces 
jongleries; c'e.>:t rebutant à voir, mais c'est curioux, A cer- 
taines grandes "poques de l'année, un derviche passe à 
cheval sur une file d'hommes étendus. J'auiais voulu être 



DE QUEBKC A JlhlUSALEM 245 

témoin du spectacle; mais je na m3 sais jimais trouvé au 
Caire aax époques voulues." 

Nous non plus, nous n'avons pas été témoin de sem* 
blables fêtes, mais nous tetioiis de la b )ach.e d'une per- 
sonne dig-iie de foi qui y assista, le récit de ce qui s'y passa, 
et rien de plus révoltant. Il n'y avait là, nous dit notre 
narrateur, ni encliantemeiit, ni so' cellerie ; mais c'était 
simplement des fanatiques qui venaient librement se livrer 
à des mutilations et très souve^it à la mort, croyant par ce 
moyen obtenir d'emblée le paradis. 

Imaginez une centaine d'hommes couchés sur le sol, 
pressés les uns contre les autres et disposés comme nous 
l'avons rapporté des enfants, et sur lesquels, c'est-à-dire 
sur ce tapis humain, un derviche se promenant à cheval 
sans aucun égaid où la bête pourra mettre le pied. Le 
cheval hésite d'abord et semble chercher des vides où il 
pourra mettre le pied, mais ex ité de l'éperon, il se dé- 
cide hi<'ntôt, et parcourt la file ailant et revenant plusieurs 
fois. Ici c'et^t un bras, une jambe qui se cassent et dont on 
enSend le craquement des os; là un ventre crevé dont les 
entrailles s'échappent par les déchirures ; quelquefois l'a- 
nimal piqué fait un bond et met le pied sur une tête dont 
on voit jaillir la cervelle ou le crâne demeurer veuf de sa 
couverture, etc., etc. On ne peut rien 'imaginer de plus 
horrible! Et dire que de telles monstruosités se pratiquent 
encore en plein dix-neuvième siècle, et pour ainsi dire au 
milieu de nations civilisées! !! 

Nous nous rendons ensuite au quartier turc pour y vi- 
siter les bazars qu'on nous avait fort vantés» Ces bazars 
sont en (fî't plus riches et mieux disposés que ceux que 
nous avions visités à AlexanJrie. Ce sont à proprement 
parier des boutiques dont les étalages sont en partie à l'ex- 
térie-ur, comme on en voit en beaucoup d'endroits à Paris, 
mais avec cette différence que la rue est partout couverte 
et que le com[>t(.ir du débitant semble plus appartenir à 
la rue qu'à l'intérieur de la boutique. 

Ces bazars sont d'ordinaire fort achalandés et présen- 
tent par f ,'i.s un assez joli coup d'csil. Mais c'est toujours 
à la façon orientale, c'est-à-dire que la symétrie, la classid- 



246 LE NATURALISTE CANADIEIf 

cation dos articles fait complètement défaut. C'est irré- 
gulier, c'est biz irre, c'est dépareillé, comme la foule qui 
encombre les rues, comme les costumes divers qui se cou- 
doient partout. Le gudien d'une tablette où s'étalent des 
pipes d'un sou, des trompettes de deux sous, des revolvers 
en fer blanc avec des bijouteries de verrp, montées en 
cuivre, vous ofFi ira pariois une tabatière d'or émnillée et 
couverte de diamants, qu'il tire d'un vieux coffre en bois en- 
veloppée dans une gutMiiile. — Combien demandez-vous? 
— Cinq mille francs. -Vous faites un signe n^'gatif, et le 
marchand sans rien perdre de son flegme, renvelopi)e son 
bijou dans son chiffon, le replace dans son vieux coffre, 
et tout est dit. 

La plupart de nos visiteurs ne voulurent pas quitter les 
bazars snîis y faire quelques petites emplettes ; plusieuis 
se pourvurent de courbaches de nerfs d'hyppopotame en 
vue des courses à cheval que nous aurions bientôt à faire, 
pour nous, nons nous contentâmes d'un grand turban blanc 
avec bord et frantje rouge et jaune pour ajouter à notre 
chapeau de paille d<i riz afin de mieux nous protéger 
contre les ardt^urs du soleil. 

En revenant par l'une des rues principales, nous re- 
marquâmes en un ctM'tain endroit une certaine procession 
avec musique en tête. C'est une noce, répétait-on de tot.t 
côté ; nous nous en rapprochons pour mieux l'examiner» 
Derrière la musique, qui ne valait pas tout-à-fait celle de 
la bande nationale de Paris, marchait la mariée, complè- 
tement soustraite aux regards par un dais que quîitre 
hommes portaient au dessus de sa tête et dont les tentures, 
en riche soie rouge avec fleurs en couleurs, touehaitMit 
presque au sol. Une vingtaine de personnes, toutes riche- 
ment costumées suivaient ce dais. Nous pensions ne pou- 
voir voir rien de plus, lorsqu'un indiscret zéphir, à la tra- 
versée d'une rue, vint tout à coup faire voler un pan de 
la tenture au dessus du dais et exposer aux yeux des 
profanes ce qu'elle devait constamment couvrir. L'expo- 
sition fut d'assez coûte durée, mais avant, q /on eût pu 
ramener le malencontreux pan à sa place, nous pûmes 
tout à notrt aise voir la précieuse pièce qu'on soustrayait 



DE QUEBEC A JÉRUSALEM 247 

ainsi aux reg'ards. La mariée, tonte couverte de soiries 
aux plus riches couleurs, était une asst z jolie fillette de 10 
à 11 ansa en juger par l'apparence. Kile était accom- 
jiagnée d'une suivante qui lui paraissait bien supérieure 
en taille et en âge. Quant au marié, il ne fallait pas le 
chercher là; il était à son logis attendant qu'on vint lui 
livrer la marchandise, ce meuble, cette chose qu'il ap- 
pellera sa femme et qu'il avait payée en beaux deniers 
comptants à son père, à sa famille. C'est ainsi que se font 
les mariages dans la haute société musulmane, 

La polygamie est à peu près chez les musulmans ce 
qu'elle était sous la loi Mosaïque chez les Hébreux, moins 
toutefois l'état d'avilissement et de dégradation où les lois 
du Coran ont amené aujourd'hui la femme, qui est encore 
au dessous de l'esclave, c'est une chose, une béte de somme 
qu'on achète et dont on peut user à volonté. Bien qu'il y 
ait plusieurs femmes dans un ménage, toutes ne sont 
cependant pas sur le même pied. La première seule est 
sensée l'épouse légitime, les autres sont des esclaves, des 
servantes; on les désigne d'ordinaire par le rang qu'elles 
occupent dans la famille, deuxième, troisième, quatrième 
femme. A part les aristocrates, les grands seigneurs, qui se 
payent le luxe d'un harem nombreux, il est rare que dans 
les familles on dépasse le nombre de tr^is ou quatre femmes, 
et beaucoup se contentent même d'une seule» 

Les Arabes d'Egypte sont à teint plus ou moins ba- 
sané, mais de figure assez agréable. 11 n'y a rien d'irrégu- 
lii*r et de choquant dans leurs traits. Les enfants surtout 
sont fort gentils, vifs, pétulants, au regard subtil et intelli- 
gent. 

On sait que dans ces climats tout est précoce ; la pu- 
berté vient bien plus à bonne heure là que chez nous. On 
a eu des exemples de filles qui sont devenues mères à huit 
ans. Généralement les mariages se font de 10 à 13 ans 
pour les filles et de 12- à 15 ans pour les garçons. Mais si 
tout est ainsi précoce, la vieillesse et la décrépitude suivent 
aussi la même pente. La jeune fille fraîche, épanouie qui 
contracle mariage à 12 ans, 13 ans, est déjà vieille à 25, 30 
ans; elle est usée, fanée, défaite. On ne rencontre nulle 



21S LE NATURALISTE CANADtEN 

part de ces redondances de chair comme on en voit si son- 
veiit cht'Z nous; l'embonpoint est iticonnu ch*'Z ct^s popu- 
lations. Sans être rigoureusement éthique, on se tient par- 
tout dans un état mitoyen, ni gras, ni maigre, ou plutôt 
maigre que gras. 

Nous venions à peine de laisser la noce, que nous ren- 
controns un autre procession, aussi avec musique en tête, 
mais d'un genre différent La marche s'ouvre par une ban- 
nière en cuir sur laquelle sont frappés en or force rasoirs, 
ciseaux, et autres instruments dont nous n'avons pu ima- 
giner l'usag'e. Derrière la bannière suit ; n gamin à cheval, 
suivi lui-même de la musique. Une troupe d'enfants se 
pressent et se bousculent pour se tenir le plus près tout en 
suivant la marche. — Q.i'est-ce, qu'est-ce? demandâmes- 
nous.— C'est, nous réj)ondit on, une circoncision. En cff't, 
Mahomet, tant pour singer le symbole religieux des Hé- 
breux, que comme mesure d'hygiène pour son peuple, a 
ordonné la circoncision ; mais chez les musulmans, ce 
n'est qu'à l'âge de sept ans qu'on la pratique. Le bambm 
qu'on allait ainsi opérer était celui-là même qui était à 
cheval à la suite de la bannière. Ivichement habiiié et sans 
doute inconscient de ce qui allait lui arriver, il dégustait 
une orange, tout tn s'amusant à voir la foule de gamins 
qui se pressait autour de lui. 

Nous retournons ensuite à notre hôtel en traversant la 
principale place publique du Caire, qui est un grand carré, 
ou plutôt un grand jardin avec une large rue sur chacun 
de ses quatre côtés. Arl)res, fleurs à profusion, gazons ton- 
dus, kiosques pour musiciens, sièges, etc., rien ne manque 
de tout ce qu'on rencontre dans les places publiques des 
grandes villes d'Europe. Nous remarquoris que des musi- 
ciens prennent place dans l'un des kiosques qui nous 
avoisinent, loisquVncore aucun auditeur n'était rendu. 
Nous nous y transportons et nous nous mettons à l'aise 
dans les nombreux fauteuils qui sont là vides eu 
attendant des occupants. Nous venions à peine de nous 
asseoir qu'un employé se présente en tendant la main et 
et en répétant: dix ce/z/rwe.s (deux sous). Eh! oui, dîmes- 
nous à notre compagnon, c'est toujours le sempiternel bac- 
chish qui nous poursuivra tant que nous serons on Orient. 



DE QUÉBEC A JÊSUSiLEAI 249 

Cette mnsiq ne n';iy;-int rien de bien attrayant pour nous, 
nous l'abanflonnons après qu-lques minutes seulement 
pour nous dirig^n- à notre hôte! où nous rentrons vers les 
sept heures, fatig-ués mais fort satisfaits de tout ce que nous 
avions vu dans la journée. 

Le Caire, samedi, 26 mirs. — C'est aujourd'hui que nous 
devons quitter le Caire pour Ismaïlia sur le canal de Suez, 
où, grâce à la bienveillante gT-ucrosité de M. de Lesseps, 
un canot à vapeur nous trausportera à Port-S .ïd dtmain 
où nous rencontrerons notre vaisseau le Scamandre. Mais 
comme le train ne part qu'à 11| hs. nous avons encore tout 
le temps de faire l'excursion d'Hôliopolis que nous avions 
remise à ce ma',in. 

Le temps est toujours raagiiiîique, et la chaleur très- 
supportable, grâce surtout à u;;e brise rafraîchissante qui 
souffle presque constamment. 

Vers les sept heures, six voitures à deux chevaux nous 
attendaient pour l'excursion ; c'est une course de guère 
plus de deux milles en pleine campagne. Mais voulant 
voir le plus possible des environ-* de la ville, nous déci- 
dâmes de passer par un cheinin où nous visiterions les 
tombeaux de Kalifes, pour revenir par l'autre qui lui est à 
peu près parallèle. Nous euiilons donc les rues à grand 
trot, chaque voiture précédée de son sais qui s'en va criant 
et ne ménageant nullement les épaules de ceux trop lents 
à se garer, de son fouet toujours en mouvement. Mais à 
p^ine sommes nous en dehors de la ville, que nous tombons 
sur un chemin de sable mouvant où les roues s'enfoncent 
de manière à fort incommoder nos bêtes qui ont à tirer de 
lourdes voitures, chargées chacune de six personnes. Nous 
atteignons à peine les preraier:5 tombeaux, que les chevaux 
de la voiture qui nous précède s'arrêtent, refusant de tirer 
davantage. Tout aussitôt les nôtres en font autant. Le 
cocher nubien, croit qu'en faisant jouer son Ibuet il va 
vaincre leur obtination, et s'exécute d'importance. Mais 
les pauvres bêtes refusent obstiaérnent et tentent de ré- 
pondre aux coups par des ruades. L'un d'eux est en tra- 
vers dans ses traits et rend cmip pour coup. Mous mettons 
aussitôt pied à terre, et nos deux brutes t'e nubiens, cloués 



250 LÉ NATURALISTE CANADIE?* 

à l'impériale, sont toujours à fouetter sans se mettre en 
peine de remettre les bêtes en place. " En vérité, nous 
dit un compagnon, je ne sais quels sont les plus bêtes, de 
ceux qui sont dans les timons ou de ceux qui siègent sur 
l'impériale " Et saisissant alors l'homme au fouet par le 
collet, il le dégringole de son siège et l'étend sur le sable» 
Laissant nos cochers réparer le désordre des attelages, 
nous alloïis à pied visiter les premiers monuments qui dé- 
notent dans leur construction, un haut degré de perfec- 
tion dans l'architecture Arabe, mais qui malheureusement 
sont dans un pitoyable état de conservation. Mais nos 
bêtes ne paraissant guère mieux disposées qu'auparavant 
à vaincre la résistance du sable mouvant, nous nous déci- 
dons à aller prendre l'autre route, qui étant macadémisée, 
n'offre pas le même inconvénient. A peine sommes-nous 
sur le chemin dur, que nos pauvres bêtes semblent oublier 
leur misère et reprenent le trot sans résistance. Nous 
parcourons une magnifique campagne, où de superbes 
villas viennent de temps en temps rompre la monotonie 
des cultures. Après environ une demi-heure de marche, 
nous passons devant Matarieh pour visiter de suite les 
ruines d'Héliopolis qui se trouvent à quelques arpents 
seulement plus loin. L'ancienne ville du soleil (Héliopoliè) 
ne montre plus aujourd'hui au visiteur que l'endroit où 
elle gisait autrefois, emplacement qui se distingue seule- 
ment du reste par le tertre qu'y ont formé ses décombres 
et par un superbe obélisque, le seul qui reste aujourd'hui 
sur pied, avec la colonne de Pompée, dans la basse- 
Egypte ; on le dit contemporain d'Abraham. Ce monu- 
ment est le mieux conservé de tous ceux que nous avons 
A^us, et les hiéroglyphes qu'il porte paraissent encore 
toutes fraîches. Nous pénétrons dans un champs de fèves 
au miheu duquel il s'élève, pour l'examiner de plus près. 
Le monolithe, de granit rose et de forme quadrangulaire, 
sort de terre sans rien pour le protéger, et ne montrant 
ni socle ni base. On nous dit qu'un tiers au moins de sa 
hauteur, c'est-à-dire une vingtaine de pieds, se trouve en- 
foui dans le sol, par les décombres qui l'ont entouré et sur 
lesquels on cultive aujourd'hui. Sa base mesure six pieds 
de largeur, et sa hauteur 63 pieds sans y corapreudre le 



DB QUÉCEC A JÉaUSALKM 251 

piédestal enfoui sous terre. Cet obélisque n'était pas le 
seul qui ornait Ht'-liopolis, ceux du mont Citorio, et de la 
place du peuple, à Rome, \iennent aussi de la ville du 
Soleil. 

Nous leprnons nos voitures pour retourner d'ici et 
visiter en passant Matarieh où -se trouve l'arbre sous le- 
quel se re[)osa la sainte famille et où elle rtemenra dit-on 
pendant deux ans. Oui, nu jour sous l'action brûlante 
de ce soleil de feu qui nous énerve, après avoir affronté le 
simoun qui tue dans ces dés»'rts arides, arrivait ici une 
jeune femme portant un enf.uit. Et cet enfant était Dieu. 
Venu dans le monde pour le sauver, le monde ne voulait 
pas le reconnaître. Fuyant la colère d'Hérode qui voulait 
le faire périr, celai qui g-ouverne le monde même, s'en 
venait avec sa s .inte mère chercher un refuge en Egypte. 
Celui qui conduit la vierge mère avec son enfant est le 
grand S. Jo^ejjh. Pendant sept ans, la plus auguste des 
familles qui paraîtront jamais sur la terre habitera ce sol 
de l'Euypte, jettera dans ces deserts cette semence secrète 
qui germera, quelques années plus tard, pour produire un 
peuple d'adorateurs en esprit et en vérité, de véritables 
enfants de la croix. En vain Hérode s'agitera sur son 
trône; ses juiissaires sur les traces des fugitifs se croiront 
un moment sur le point de les saisir ; encore un instant, 
et ils vont mettre la main sur eux. Mais Marie et Joseph 
avec leur précieux enfant s'appuient contre un arbre pour 
se reposer, et voila que le tronc de cet arbre, d'après la 
tradition, s'enti ouvre pour les recevoir, les dérober aux 
regards et les mettre en lib'rté lorsque les émissaires re- 
nonceront à leur poursuite inutile ; et c'est cet arbre que 
nous avons sous les yeux! Avec quelle émotion nous nous 
agenouillons sur ses racines, nous appliquons nos lèvres 
sur son écorce, nous palpons son tronc de nos raains. 

L'arbre de la Vierge est aujourd'hui renfermé dans un 
jardin, la propriété du gouvernement Egyptien, mais qu'on 
nous permet facilement de visiter. C'est un Sycomore, c'est- 
à-dire une espèce de figuier, Ficus spcomorus dont le tronc 
déformé, en partie évidé et mesurant dix-huit pieds de 
circonférence, se partage à peu de distance du sol en troiîà 



252 LE NATURALISTE CANADIEN 

grosses branches fournissant une mafS3 considérable de 
A'erdure. Nous dét^irions beaucoup en prendre qu^h^ues 
feuilles pour notre herbier, mais nous n'osions le f lire dans 
Ja crainte d'offenser les gardiens, lorsqu'un jeune homme 
de notre troupe, moîitant sur la clôtait», détacha une por- 
tion coJisidérable de l'extrémité d'une branche, qui put 
satisfiiire le désir d'un chacun. Nous avons pu depuis 
nous procurer de ses fruits ; ce sont des Hg-ies beaucoup 
plus petites que celles du commerce ordinaire, avec l'ex- 
trémité pointue, en forme de toupie. 

Tout près de l'arbre, coule dans des bnssins de pierre, 
une superbe source d'eau limpide et rafraîchissante, la 
seule source d'eau douce naturelle dit on, dans toute la 
basse-Egypte. Nul doute que la mère de Jésus lit un 
usage journalier de l'eau de cette source durant son séjour 
en ce lieu. 

Le vice-roi d'Egypte offrit l'arbre de la Yierge avec 
son jardin à l'Impératrice Eagénie, lors de sa visite en ce 
lieu, mais pour des considérations politiques dont nous 
n'avons pu nous rendre compte, la pieuse Impératrice 
crut ne pouvoir accepter le cadeau. 

Nous rentrons en ville peu après dix-heures, c'est-à- 
dire n'ayant guère que le temps de prendre notre dîner 
et de préparer nos malles pour le départ. 

Bien qu'il y ait <les chevaux, des mulets et des a oiturps 
au Caire, la monture la plus ordinaire est cependant le 
baudet ; on en compte 40,000 dans la ville, et riches et 
pauvres en font usage, depuis le fellah avec ses pieds nus 
et sa chemise en guenilles, jusqu'à la bourgeoise musul- 
mane, qui, à califourchon et couverte de son grand voile, 
ne laisse voir que ses yeux et ses bottines de cuir jaune. 
Voulant essayer de cette monture avant de quitter la ville, 
nous en faisons venir deux pour nous conduire à la gare. 
Nous confions nos petits saes aux sais chargés de les con- 
duire et enfourchons les aliborons. Nous sommes à peine 
en selle, que nos gamins se mettent à fouetter leurs bêtes ; 
elles prennent aussitôt vin galop fort désagréable par ses 
secousses ; nous répétons à notre sais d'avoir à retenir son 
fouet, que nous voulons aller plus doucement; il croit que 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 253 

lions demandons le contraire et redouble ses coi"i\">s. Nous 
allions viier de bord pour faire entendre raison à notre 
stnpide gamin, lorsque tout à co ip, la bête de M. Boldnc 
s't'javre sur un pavé glissant et étend son cavalier sur le 
trottoir, aux grands éclats de rire de la bande de gamins 
cjni nous suivent. Mais la chute était sans conséquence, 
on se remet aussitôt en st lie et on réu'^sit à faire cora- 
])ren(lre à nos conducteurs que nous désirions une allure 
plus lente et plus paisible ; au^si nous parvenons de ce 
point sans encombrt' à la gare. Ces petits ânes bien con- 
duit.s, sont sans contredit d^^s montures des plus agréables 
et des moins fatigantes; ajoutons qu'on se les procure pour 
une bagatelle. Pour un franc on peut chevaucher ainsi 
une grandiî demi-j)urnée. 

A ll|h. le train s'ébranle et nous volons à l'Est vers 
Ismaïlia. Quelques minutes seulement après avoir laissé 
la g.ire, nous uous trouvons déjà en plein désert. C'est 
une plaine sablonneuse nue la plupart du temps, ou pré- 
sentant deci de là quelques touffes d'arbrisseaux rabougris 
que broutent des chèvres ou des moutons. A notre droite 
nous laissons le Mokattara, cctie montagne au pied de la- 
quelle' s'étend la célè'ore forest pétrifiée, c'est-à-dire où l'on 
trouve dt'S arbres reîiverséS; des troncs mesurant de 30 à 
40 pieds de longueur, avec branches, rameaux, écorce, le 
tout siliciUé, changé en pierre. Nous avons fort regretté de 
n'avoir pu la visiter. A notre g:îuche, c'est Héliopolis que 
nous venions de visiter, dans cette terre de Gessen que 
cultivèrent les enfants de Jacob, dont la descendance 
forma le peuple de Dieu, chez lequel prit naissance le 
Sauveur des hommes. 

Quelle immense solitude que le désert ! quelle dé- 
sespérante monotonie! quelle décourageante aridité! La 
plaine sablonneuse s'est ondulée comme l'élément liquide 
agité par une brise légère. On dirait une mer saisie par 
un froid violent qui l'a figée instantatiéinent avec toutes 
ses aspérités, ou mieux encore, moins la couleur, nos 
plaines boréales couvertes de neige, à surface striée et 
sculptée exactement de la même manière. 

Mais si le désert en général nous ennuie par sa nudité, 
sa monotonie constante, sans même nous éblouir, nous 



254 LE NATURALISTE CANADIEN 

frapper comme la mer par son immensité, qui nous plonge 
dans le vague, nous enlève aux réalités de la vie physique 
pour i^ous égaror d ns des rêveries sans fin, nous dominer 
par les seules voix d'éléments sans contrôle et sans limites 
il n'eu est pas ainsi de celui que nous traversons en ce 
moment. Rien de plus facile que de le peupler, par la 
pensée, de tous les grands personnages qui ont marqué de 
l'empreinte de leurs pieds le sable sur lequel nous volons 
en ce moment emportés par le souffle de la vapeur. Le 
désert qui sépare l'Afrique de TAsie, est, dit le F» de 
Damas, " le chemin royal de la gloire." En effet, les plus 
célèbres personnages de tous les âges, tant anciens que 
modernes, ont marché sur ces sables, sont passés par ici. 
Abraham, le père des croyants, avec son épouse Sara qu'il 
donnait pour sa sœur pour mettre sa beauté à fabri des 
poursuites des Egyptiens; Jacob, le père des tribus disrael, 
venant y embrasser de nouveau le his de Rachel qu'il 
croyait avoir été dévoré par une bête féroce; Sésostris 
avec ses soixante-mille chevaux qui s'en reviennent 
chargés des immenses richesses qu'il a enlevées à Salomon 
pour en gratifier l'Egypte ; Nabuchodonosor, roi de Baby- 
lone, qui est envoyé par le Seigneur, pour châtier l'Egypte 
et détruire Memphis ; Cambyse, roi de Perse, le meurtrier 
de son frère, l'époux incestueux de ses deux sœurs, vient 
aussi à son tour faire la conquête do la terre du Soleil ! 
Mais voici le plus grand conquérant des temps anciens, la 
terre se tait en sa présence, dit l'écriture, c'est Alexandre- 
le-Grrand qui part de la Macédoine, rase Gaza en passant, 
et vient jeter les fondements de la ville qui portera sou 
nom et gardera ses cendres. Voyez paraître encore la 
voluptueuse Ciéopâtre dont les charmes subjuguent les 
héros de Rome. Antoine qui s'en va avec elle faire la 
guerre aux Parthes. Hérode le grand qui se soumet à 
Octavien, puis Mahomet, Saladin, Omar etc., etc. Mais 
voici que se présente un étendard avec un signe tout dif- 
férent de tous ceux qu'ont portés ceux des conquérants 
de ce pays jusqu'à ce jour; c'est celui de la Croix et à sa 
suite Beaudoin qui vient rendre ici le dernier soupir. A 
l'ombre de ce nouvel étendard, remontons iiii peu ce 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 255 

désert et voyons une nombreuse armée de conquérants 
d'an nouveau genre, étalant les trophées de nombreuses 
victoires qu'ils ont remportées, non pas sur des nations 
rivales, des puissances étrangères, beaucoup plus difficiles 
que celles-là, sur la chair et ses convoitises, le monde et 
ses promesses, les plaisirs et leur inanité. Ce sont les 
Antoine, les Paul, les Pacôme, qui s'en vont peupler les 
plaines arides de la Thébaïde. et fonder un royaume nou- 
veau à Jésus-Chrit. S. Jérôme affirme qu'on compta 
50,000 tête à une réunion annuelle, des seuls enfants de 
IS. Pacôme» 

En ces temps là, nous dit M. de Montalembert, '' c*était 
une sorte d'émigration des villes au désert, de la civilisa- 
tion à la simplicité, du bruit au silence, do la corruption à 
l'innocence. Une fois le courant établi, des flots d'hommes, 
de femmes, d'enfants s'y précipitent, et y coule pendant 
un siècle avec une force irrésistible. Citons quelques chif- 
fres. Pacôme, mort à 56 ans, compte 3,000 moines sous 
sa règle ; ses monastères de Tabenne en renfermèrent 
bientôt 7000. Rien n'était plus fréquent que de voir deux 
cents, trois tents, cinq cents monies sous un seul abbé. 
Près d'AvTinoé (aujourd'hui Suez), l'abbé îSérapiou en gou- 
vernait 10,000, qui, au temps de la moisson, se répandaient 
dans la campagne pour scier les blés etgagner ainsi de quoi 
vivre et faire l'aumône. On va jusqu'à affirmer qu'il y 
avait en Egypte autant de moines au désert que d'ha- 
bitants dans les villes. Les villes même en étaient inon- 
dées, puisqu'on 356 un voyageur trouva dans la seul ville 
d'Oxyrynchus, sur le Nil, 10,000 moiues et 20,000 vierges 
consacrée à Dieu. 

Et comme s'il était de règle que tout les grands génies 
du monde payent leur tribut à l'Egypte, voici que l'Alex- 
andre des temps moderne, Napoléou, vient lui-même faire 
retentir de son nom la terre des Pharaons. Et les Marc, 
les Athanase, les Cyrille, les Origène, que d'autres encore 
pourrions-nous mentionner qui sont passés par ces plaines, 
ont comme nous traversé ces déserts. 

Nous sortons du Caire par la même ligne qui se dirige 
sur Alexandrie; à Béna, nous laissons cette ligne qui tra- 



256 LE NATURALISTE CANADIEN 

verse ici la brandie est du Nil, ponr prendre une direc- 
tion opposée, allant direGtpni''nt à l'E-f. A Zagazig nous 
coupons lo canal qui amène l'eau dii Nil n Ismaïiia et de 
là à Suez, car toute l'ifhsuie est privée dVau douce, ses 
sources ne donnant qu'une eau saumâtre impotable. Ce 
canal a 60 pieds de large ir, 7 de profondeur et 50 lieues 
de longueur, car l'une de ses branches part di Caire 
même, et se réunit à l'autre qui part de Zagaziii- pour se 
diriger à Ismaïiia et de là se rendre jusqu'à Suez sur la 
mer Rouge. On continuera bientôt une autre branche 
jusqu'à Port-Saïd, car les conduits en fonte qui à présent 
lui amènent l'eau d'ism aïiia, sont depuis longtemps re- 
connus insuffisants. 

A 5h. P. M, nous de'>cendions dans la gare d'Ismaïlia 
sur le canal même de Sue z et au milieu de sa longueur. 
(Â continuer.) 

SOCIETE FRANÇAISE DE BOTANIQUE. 

Des botanistes français éminents se .«ont entendus dernière- 
ment poiu' former une nouvelle société de Botanique qui pût 
être d un accès pins facile que l'ancienne Société Botanique de 
France qui exige 30 francs de (^ontiibniion annuelle de la part 
de ses membre-s, et ont adopté le nom de Société française de 
Botanique. Le but de cette Société est de concourir aux progrès 
et aux applications de la science des plantes en publiant les 
travaux de ses membres. 

A cette fin la Société publie nue Revue mensuelle à la- 
quelle tous les membres sont in vives à collaborer. 

La contribution annuelle est fixée à 10 fr. et cette coti- 
sation donne droit en même temos à la réception de la Revue. 

Tous les botanistes, tant de France que de l'étranger sont 
invités à faire partie de la Société. 

La Société lïadmet dans sa Revue aucun écrit faisant al- 
lusion, soit à la politique, soit à la religion. 

La Société ne prenant d'opinion pour aucune des écoles, 
publie les travaux sons la responsabilité entière des auteurs. 

Voici quels sont les membres du Comité Provisoire de la 
Société. 

MM. Dr E. Tison, lauréat de la faculté de médecine à Paris. 
Al. JoriJan, à Lyon. 
I)r X. Gil lot, à Au tun. 
H. Olivier, à Autheuil. 
G. Bouvet, à Angers. 
5ccrefaire; A. Lucante, à Courrensan (Gers). 
Trésorier : Em. Sarromejean, ù Cacarens, par Lannepax (Gers) 



I_.E 




p%-r"'-r"'''2'^"^^'ii"ii''"'j>>'''T">si^"f ^^^^'f^-^^r-W'%^'YW'^'^^ 



Vol. XIII.- 9. CapRouge, Q., SEPT. 1882. No. 153 



Rcdacteiir: M. I'AbbC PRDVAM'IIER. 



FAUiXE CANADIENNE 



(Continué de la page 242.) 

17 G-en. Sphécode, Sphecodes, L-àir. 

1 été courte, transversale. Palpes m.^xillaires de 6 ar- 
ticles, les labiaux de 4. Aiitemies coutlées dans le.s 9, 
simplement arquées dans les J*. Eeusson peu saillant, 
mutique. Cellule radiale se terminant en pointe, celle-ci 
écartée de la côte et un peu appendiculée. Trois cellules 
cubitales fermées, la 1ère aussi grande (]ue les 2 suivantes, 
la 2f' la |)lus pet te, en cirré, recevant la 1ère nervure ré- 
cuirei;tt', la 3e rétrécie roitement veis la radiale vi r.ce- 
vant la 2e récurrente. Epines des j inibes siuq)les ; cro- 
chfts des tarses bdides. 

Insect» s de inovenne taille, pa'-asites des Andrèiies et 
des Halictes autour des trous des quelles ou les voit sou- 
vent voltir^er. Une seule espèce rencontrée. 

Sphéccde à-2-CDuleurs. Sjihecoies dichroa, Smith B it. 
Mus Cat. 1, p. 38. 

Ç — Lonjr. .32 pce. Noire nvoc l'iibiloinon r.Mue ; li f ice ;iveo 
aiie légère pube.-ccnce «rri^âtie. D.)-* du ihor.i.x poli, biiil.iiit, à jmiio- 
tnations peu den.ses, une liirne de davct b un eu îinièœ de rocu-sou ; 
le métatborax fortement rugueux, subaivéolc, sou disque séparé du 



258 LE NATURALISTE CANADIEN 

reste par un rebord. Eciiilles ulaires noires ; ailes subhyiilines, les 
nervures noives. Pattes noires avec une légère pube.-cenc3 grisâtre. 
Abdomen elliptique, poli, brillant, d'un beau roux avec l'extrémité 
noire. — C. 

Capturé au CapRonge et à Si-Hyacinthe. 

19 Gen. Prosopis, Prosopis. Fabr. 

Tête transversale, ocelles en triangle sur le A'ertex. 
Antennes comtes, simplement arquées Mandibules sans 
dents ou simplement échancrées au bout. Palpes maxil- 
laires de 6 articles, les labiaux de 4, tous à la suite les uns 
des autres. Ecusson un peu convexe, mutique. Cellule 
radiale un peu appendiculée. D.'ux cellules cubitales 1er. 
mées, la 1ère un peu plus grande que la 2»', celle-ci rece- 
vant les 2 nervures récurrente.*, la 1ère de celles-ci faisant 
suite à la lèie nervi re transversale ou l'approchant de très 
près. Epines de toutes les jambes simples ; crochets des 
tarses unidentés, 

Insectf^s presque eiîtièrement dépourvus de pubes- 
cence, abdomen elliptique. Deux espèc *s rencontrées. 

Pattes noire» sans aucune tache 1. baSElliS. 

Jao bss postérieures aiinelées de blanc à la base 2. affinis. 

1. Prosopis aux-ailes-à-base-claire. Prosopis basalis, 
Smith, Brit, Mus Cat. i, p. 23. 

Ç — Lonpr. .33 pce. Entièrement noire, la tête et le thorax 
opaques, tiè-i finement ponctués. Mandibules longues, se joignant pir 
la pointe en lai-sant un vide au des-ous du labre, orbites supérieurs 
avec un petit >ii!on tout près des yeux. Tubercules avec une ligne 
courbe de cils argentés. Mésothorax i npressiomié au milieu en avant. 
Ecailles alaircs noirâtres, les ai es subhy dines, légèreuient ob>cares au 
milieu, claires à la base, les nervures nou'es. Pattes noires sans au- 
cune tache, les tarses avec une légère pubescence blanchâtre, les cro- 
chets rou^^âtres. A')domeii poii, brillant, le 1er segment avec une 
ligne de duvet aigenié de ch iqne côté, le 2j impressionné transversale- 
ment au milieu, près de la base. 

(^ — La f.ice au dessous des antennes de môme que la moitié an- 
térieure du ?cipe (jui est fmtenient dilaté en cœur et concave en des- 
sous, jaune ; le pavillon est inséré au milieu di scape dilaté. Les 
jambes antérieures en avant, les intermédiaires, la base des postérieures 
avec le picmicr ai tic. o des taises de ces deruicres, jaune. 



XXII — APIDES 259 

La dilatation da scape des antennes de cette espèce 
est tout-à-fait remarquable. 

Capturée à St-Hyacin<he, à Chicoutimi, etc. 
2. Prosopis alliée, frosopis affi/iis, Smith, Brit. Mus 
Cat. p. 24. 

Ç— Long. .23 pce. Noire, une tache orbitale triangulaire au 
desso'is des îintenne?, un eligne de ch;iqiie côté sur le collier, manquant 
quelquefois, les tubercules, avoc un anneau à la base des 4 jambes pos- 
ti^rieures, blanc-j t'uiâtre Tête et thorax opaques, finement ponctués, 
l'abiloraen poli, brillant. Métiithornx alv«^olé sur le di-que. Ailes sub- 
hyalines, plus claires à la base. Abdomen avec une petite ligne de 
duvet ar^ento, de chaque côté au so^nuiet du premier segment ; l'ex- 
trétiiité avec quehjues poils noirs. — C. 

cf — Avoc toute la face, les tarses, le devant des jambes antérieures, 
et une large anneau à la ba^edes 4 juubes postérieures, blanc j tuuâtre. 

Fam. XXII. APIDES. Apiclœ, 

Tète courte, transversale ; ocelles en triangle sur le 
vertex. Antennes insérées vers le milieu de la face, fili- 
formes, coudées, le 2e article très court, nodnieux. 

Lmgne presque cylindrique, liés longue. Chaperon 
allongé; labre transversal. 

Thorax court, robuste, ordinairement très velu. 

Ailes aveu une cellule radiale allongée et 3 cubitales 
fermées. 

Pattes moyennes; les jambes postérieures avec ou 
sans épines à leur extrémité, munies d'une corbeille, c'est- 
à-dire avec leur face externe aplatie, dilatée, nue et bordée 
de poils pour la récolte du pollen; le premier article du 
tarse fort long et dilaté à l'angle externe de sa base eu 
forme d'oreillette pointue ou mutique, muni d'une forte 
brosse on dessous, et d'une ctrbtille semblable à celle de 
la jambe. 

Abdomen sessile, obtus à son extrémité, toujours plus 
ou moins velu muni d'un aiguillon redoutable dans les ?. 

Des mâ'es pourvus d'ailes, des f.'melles fécondes et 
des femelles infécondes ou ouvrières. Insectes sociétaires. 



260 LE NATURALISTE CANADIE^ 

Larves aj-'odes, se nourrissant de miel qne les ou- 
vrières on femelles ini'< condes leur dégorgent dans la 
bouche, ou d'une pâtée de pollen et de miel qu'on met à 
leur disposition. 

Les insectes de cette famille sont les ]-)lus ancienne- 
ment connus pour avoir été exploités par l'homme. Vivant 
en sociétés pérennes, c'est-à-dire de longue durée, ils font 
pour la saison rigoureuse, des provisions de miel que 
l'homme a su leur ravir dès les temps les i)lus anciens. La 
cire aussi qui seit aux abeilles dans la construction, ou 
plutôt l'aménagement intérieur de leurs demeures, a été de 
même utilisée par l'homme dès les temps aiicitns Et 
comme le Créateur a tout mis ici bas à la dis[)osi!ion de 
l'homme, il a peimis que l'abeille, avec un no ubre assez 
restreint d'autres insectes, put et le soumise à la dom^'sti- 
cité pour le plus pvand avantage de son posse.^seur ; do 
telle façon qu'aujouid'hui cet utile ins< de, tibandonné à 
lui-même, ne pourrait qu'avec peine se conserver l'exis- 
tence, ou du moins ne parviendrait jamais à cet état floris- 
sant, à cette multiplication étonnante qu'il atteint ^ous les 
soins de l'homme. 

Cette intéressante famille, assez restreinte en genre», 
se bornerait pour nous aux seuls génies Bt)urdon et Àpathe, 
si la domestication de l'Abeille n'avait au-si permis de la 
faire prospérer même sous notre climat. 

Jambes postérieures sans éj.ines à rextrétnité 1. Ap;«. 

Jambes postérieures avec 2 épines à l'extrémité; 

Mandibules niuUidentées 2. BoMBUS. 

Mandibules avec une seule cocbe 3. A patuus. 

1. Gen. Abeille, Apis, Linné. 

Ailes avec une cellule radiale étroite et fort lonn^ue 
d'égale largeur dans toute sa longueur, son bout posté- 
rieur arrondi et séparé de la côte ; 3 cubitales fermées, la 
2e très rétrécie vers la radiale, très allongée du côte exté- 
rieur, recevant la 1ère nervure récurrente, la 3e étroite, 
oblique, recevant la ze récurrente ; la 4e seulement com- 
mencée. Jambes postérieures sans éperons. Une dent à la 



xxTi, — APrcEs. 261 

bnsf^ dt^ l'angle extéiienr du 1er article du tarse postérieur. 
Crochets di'S tarses bilides. 

insectes intioduits de l'ancien continent, formant des 
soeiéfés très nombreuses pérennes, c'esl-à-dire durant plu- 
sieurs années. Chaque f-ocii'té composée d'une seule 
femelle féconde cjuon désigne par le nom de Reine ou de 
Mère, d'un grand nou)br<', souvt-nt plusieurs milliers, de 
femelles infécondes ou ouviières, et d'un certain nombre 
de m.âles ou frelons. Comme les Mèies, les Ouvrières et 
les Mâh'S ont des fonctions diflértiites à remplir, leur orga- 
nisation est aussi un peu différente. 

La Mère seule est chargée ou plutôt douée de la fa- 
culté de pendre des œul'ï; jiour la perpétuité de l'espèce; 
aussi la ponte est-elle pour ainsi dire sa besogne de chaque 
jour. Chargée d'un grand nombre d'œufs, elle a pour cette 
fin l'abdomen beaucoup plus développé que chez les ou- 
vrières, sa longueur doublant souvent celle de ces der- 
nières. Ne tiavaillant point, elle n'est point pourvue des 
instruments du travail ; ses pattes postérieures sont dépour- 
vut-s de ces palettes propres à l'ouvrière {)our la récolte du 
pollen, ses jambes et ses tarses sont convexes et garnis de 
poils à l'extérieur. Elle dépose ses œufs dans les alvéoles 
que les ouvrières construisent à cette fin. Supérieure et 
lieine de la communauté, tons s'em pre.- sent de lui mon- 
trer en toute circonstance des marques non équivoques de 
respect et de soumission : on s'écarte à son passage, on lui 
fa-t hi t(.ilette, et on lui présente f-a nourrituie, presque en 
tremblant, en go ttehttesdu miel le plus pur, au bout de 
la langue que l'on allonge vers elle à cette fin. 

Chirgée seule de la reproduction, elle connait elle- 
même les difTt'r.'Uts genres d'œufs qu'elles pond et les dé- 
pose daiKs les alvéoles propres à chaque lin qu'ont prépa- 
rées les ouvrières : quelques uns devant donner nais- 
sance à d'autres lîeines pour Ibrmer de nouvelles sociétés, 
le plus o-raiid nombre à des ouvrières, et d'autres enfin à 
des mâles On dit qu'une seule Mère peut poiuire de 
50,000 à 75,000 œuls dans une seule saison. La Mère ne 
sort au ornnd air que quelquefois seulement dans sa vie, 
la première lois lorsqu'elle s'est séparée de la société pour 



è62 LE NATURALISTE CANADIEN 

aller formpr nne société nouvelle, et ensuite pour la ren- 
contre des mâles dans les airs pour la fécondiition, ce qui, 
assure-t-on, n'arrive qu'une fois dans chnque sait^on. 

Des trois sortes d'habitants qui composent une fumille 
ou société d'A6eilles, les Ouvrières so t les pins petites, 
étant dépassées en taille et par la mère et par les mâles. 
A elles incombent tous les travaux de l'habitation ; con- 
struction de la demeure, ou du moins son nménai^einent 
intérieur, construction des alvéoles pour les provisions et 
l'élevage des larves, récolte et transport du miel, du pollen, 
du propolis et de la cire, les soins ordinaires de propreté 
dans la demeure, son aeration, sa défense contre les enne- 
mis etc. 

Les provisions que les ouvrières doivent récolter pour 
les besoins de 1 habitation sont donc de quatre sortes, 
savoir : propolis, cire, pollen et miel. 

Le propolis est une matière résineuse que 1 -s Abeilles 
récoltent sur les bourgf^ons des arbrt^', tels que bouleaux, 
peupliers etc. Il leur sert comme de ciment pour fermer 
les fentes et les trous s'il s'en trouvait quelque p.irt dans 
l'habitation, afin de la mettre complètement à l'abri des in- 
tempéries de l'air. Les Abeilles dans les ruches que nous 
leur cffrons trouvent de suite une demeure presque com- 
plètement à l'abri de l'air extérieur, mais à l'état de na- 
ture, lorsque ce sont les cavités des arbres qui leur servent 
de retraites, elles sont obligées d'employer b.'aucoup plus 
de propolis pour la disposition convenable du logement. 

La cire qui sert à la confection des alvéoles dont se 
composent les gateaux qui remplissent les ruches, est un 
produit p'irticulier des Abeilles, c'est le résidu de leur 
transj>iration ou transsudation qui se dépose en forme de 
lames très fines sous les arceaux ventraux de leur abdo- 
men. La dent dont est pourvu l'angle du premier article 
de leurs tarses postérieurs, est spt^cialement de.-tinée à 
extraire ces lames de cire des arceaux de leur abdomen. 
Ces lames ne sont encore sans doute que la matière brute 
de la cire, car une lois retirées au moyen de leurs pattes, 
elles les portent à leur bouche et les pétrissent en tout sens 
en les humectant sans doute d'une liqueur particulière. 



XXTT— APIDES. 263 

puisque ou los voit aussitôt changeur de coaleur et de con- 
sistance. 

Les gatenux dans les ruches sont des plaques verti- 
cales portant de chaque côté les alvéoles hex;igonales qui 
les composent. Ils sont placés les uns à L» suite des autres 
à une distance suffisante pour que deux abeilles puissent 
s'y rencontrer. 

C'est dans les alvéoles de c^s gateaux que les ou- 
vrières déposent ici le miel et là le pollen qui serviront à 
la nourriture de la famille. C'est aussi dans ces alvéoles 
que les mères déposent leurs œufs pour la génération qui 
doit suivre. 

Le miel est recueilli sur les fleurs par les ouvrières au 
moyen de la longue trompe on langue dont elles sont pour- 
vues, ingurgité dans I'l'stonfiac et déjjorgé ensuite dans les 
alvéoles. Les ouvrières seules font la récolte du rniel, car 
la mère et les mâles qui s'en nourrissent exclusivement, ne 
vont jamais le chercher au dehors. 

Le pollen qui est la poussière que renferment les an- 
thères des fleurs sert particalièreni >nt à la noariilare des 
ouvrières et entre en certaine proportion avec le miel dans 
la composition de la bouillie qu'on sert aux larves; on en 
fait des provisions tant pour les larves que pour les ou- 
vrières elles-irêmes, lorsque par les mauvais temps elles ne 
pourront se répandre au dehors. 

Les hirves étant apodes, il faut que les nourrices leur 
présentent la nourriture qui leur convient. Et comme à 
chique génération il faut une nouvelle Mère, tant pour 
obvier à un accident q-n priverait la famille de la sienne, 
que pour Ibnder une nouvelle société, 2 ou 3 œufs de Mère, 
sont d'ordiuane pondus dans d's loges particulières. Ces 
loge sont le plus souvent le double de la grandeur des autres, 
et même il arrive parfois qu'on lu» les forme qu'en brisant 
la cloison entre deux loges contiguës. Les Ouvrières pren- 
nent un soin tout particulier de ces M ères-e niants, elles 
leur prodiguent une nourriture et p'us ab omlaiite et plus 
pure pour qu'elles puissent acquérir toute leur perfection. 
A féclosion de ces nouvelles Mères, on met à mort celles 
qui étant surnuméraires deviennent ainsi inutiles. 



264 IE NATtTRALISTE CANADIEN 

La nonvelle éclosion donne d'ordinai^'c un tel snroroit 
d'hal)it;ints qu'ils ne peuvent plus loger tous dans la ruche, 
aussi les voit-on le soir se tenir en masse plus on moins 
considérable sur les parois extérieures. A un moment 
dojiné, ordinairement après deux ou trois jours, Cf nouvel 
essaim avec sa nouvelle Mère, abandonne l'ancienne de- 
meure et s'élance dans les airs pour aller se lixer quelque 
part ailleurs et y fonder une nouvelle société. C'est alors 
que le propriétaire s'emj>vesse de recueillir cette nouvelle 
famille et lui fouiuit une ruche nouvelle pour sa demeure. 
La sortie des essaims n'a jamais lieu (jue jiar un beau tt^raps 
et toujours entre neuf heures du matin, et trois de l'aprés 
midi. L'essaim dans les airs produit un bourdonn*'mtmt 
qu'on entenil à une assez grande distance. Les Abeilles 
volent toutes en se croisant en tout sens, et la masse jirin- 
cipale s'en va se d''pl^)ç;irit de ci de là suivant la direction 
que prend la Mère qui en forme comme le centre. On 
leur lance du sable, on les asperge d'eau et on bit du tam- 
bour pour leur l'aire croire à nu oraQC^" et les engager à se 
mettre à l'abri. Du moment que la Mère s'est posée quelques 
part, toutes viennent s'abattre sur l'endroit <ù elle s'est 
fixée, une^branche d'arbre, une perche de clôture etc., se 
tenant toutes les unes les autres par les pattes de manière 
à Ibrmer une masse d'un volume considérable, pouvant 
former de un à deux gallons. C'est alors qu'mi leur jiré- 
sente la nouvelle ruche dans laquelle elles se rangent 
bientôt, et le soir arrivé on les transporte au lieu où on 
veut les conserver. 

Les mâles ou Frelons ne récoltent point, ne travaillent 
point, comme ils sont souvent assez nombreux et qu'un 
seul d'entre eux ett néces^aire, les Ouviières savent s'en 
défaire en les mettant à mort. Nos abeilles domestiques 
se rangent toutes, pensons-nous, d.ms l'espèce suivante. 

Abeille mellifère, Apis, mellifera, Linné. 

D'ut) brun iioiiâtn^, à poils d'un ccmlrô rou^.-âtro, plus noiiibrcux 
sur 1(! thorax. B l^e di\s 3 ■, 4) et 5i .>*C2ii)onts abdominaux portant une 
li>ièie otioite de [oils baiicliâtie.-. Ailes transparentes, nervures 
brunes. 

Miro Ç - Long. 80 pcc. Antennes d'un brun rous^âtre en des- 



XXTT.— APIDES 265 

pons. Vertex nvec foils noirs, lonps. Abdon^on nllon£ri.<. coniqiip, noir, 
d'un roux Insn et iiss'z velu en dessous. Pattes antérieures noires^ à 
poils cendiés, leurs tarse? d'un roux brun ; les interjuédiaires avee le 
bout (les jambes et les tarses roux ; tes i osti^rienres rousses, arec les 
cui>ses noires et les jambes brunes. Ailes plus courtes que l'abdomen. 
Ouvrière g — Lonp. 48 i ce. Bout du drrnicr article des antennes 
seul brun roussâtre. Pattes noires, avec foils des jambes et des tarses 
loux. Ailes aussi longues que l'abdomen. 

Mâ'os çj^ — TiOn<r. 55 pc:>. Antennes entièrement noires ; 5e et 6e 
seirmeuts de l'abdomen bien garnis de poils noirs. Pattes noires. Ab- 
domen très obtus, défasse par les ailes. 

I^es inâh^s qu'on voit surtout vors l'antomne se recon- 
naissent l'iicilernent au vol ; contrairement aux ouvrières, 
ils se tiennent dans une position verticale dans le vol. Ils 
ne volent d'ordinaire qu'autour des ruches. 

2. Gen. Bourdon, Bombus, Fabr. 

Des femelles f'^condes, des femelles infécondes et des 
mâles, tous pourvus d'ailes. Cellule radiale étroite, lons^ne, 
ayant le bout séparé de la côte ; 3 cubitales fermées, la 
1ère presque entièrement séparée en deus par une nervule 
transverse, la 2e élargie à sa base du côté ititerne et rece- 
vant la 1ère nervure récurrente, la 3e élargie à sa base du 
côté externe et recevant la 2e récurrente; la 4e n'étant pas 
même commencée. Jambes postérieures avec 2 épines à 
leur extrémité, munies d'une corbeille de même que le 
premier anicle de leurs tarses, celui-ci dilaté à l'angle ex- 
térieur de sa base en forme d'oreillette pointue. Corps 
très velu. 

L>>s Bourdons forment des sociétés comme les Abeilles, 
mais avec cette difference que chrz eux ces sociétés ne sont 
qti'annuelles et non pén-nnes. iSeules les femelles fécon- 
dées résistent à l'hiver, tous les autres périssent. 

La femelle fécondée qui a passé l'hiver dans la terre, 
dans un creux d'arbre etc., se montre de bonne heure au 
printemps et commence presque aussitôt à préparer sa 
dem» ure qu'elle établit, suivant les espèces, dans la terre, 
sur le sol, sous des herbi s etc. La première ponte lui don- 
nent des ouvrières qui s'occupent aussitôt à agrandir la 



266 LE NATURALISTE CANADIEN 

dcmonro ot A pourvoir anx provisions. Lps larves des Bo'ir- 
dons sont nonrrie^s av^c une» i)âtée de pollen et de miel, et 
non avec nm» bouillie comme ce les des Abeilles. La Mère 
dépose ses œnt's dans ntie boul«' de cette pâtée, et les 
larves aussitôt éclost-s la lonjrent d'elle!--niêines. A mesure 
que la provi^i'ni de l'intérieur de la boule diminue on 
aji'Ute de nouvelles niasses à l'extérieur, et de là ces» formes 
irrégulières que présentent les nids. Les larves parvenues 
à mîiturilé se filent elles mêra^^ nue coque dans laquelle 
elles s'enf(»rmpnt pour subir la métamorphose. 

L»'s B)urdons forment aussi liMirs log 's <le cire, mais 
cette cire d'an gris jaunâtre, est d'une toute autre nature 
que celle des abeilles, elle n» fond pis étant chmff'e. 
Commis ces iiisectes périsstMit pour la plupart à l'automne, 
et que d'un autre côté b>s femelles fécondées qui hivernant, 
le font dans un état d'engourdissement sans prendre de 
nonrritur»^ les provisions de miel qu'on trouve dans les 
nids des Bourdons sont d'ordinaire peu considérables. Les 
mâles, plus petits que les 9, se montrent d'ordinaire vers 
Tautomne. 

Les femelles et les ouvrières des Bourdons sont pour- 
vues d'un aiguillon redoutable, mais elles sont beaucoup 
moins jiromptes que les Guêpes à en faire us.ige, et on 
peut beaucoup plus facilement s'en garer, vu surtout le 
vol lourd et les allures peu dégagées de ces insectes. 4 
espèces rencontrées. 

Thorax entièrement jiune 1. COnSiUiilis. 

Thoiax j lune traversé d'une bande noire ; 

Abdomen jiune et noir ; 

Les 4 premiers sesmcnts jaunes 2. ferv'dns. 

Les segments 2 ot 3 jaunes 3 terricola. 

Abdomen j lune, roux et noir 4- ternarlUS. 

1. Bourdon semblable. Buinbus consimilis, Cress. 
Proc. Eut. Soc. Phil, iii, ]>. 41. . 

9 § — Loiifr, .55 pce. Noir avec pubescence jaune. La face noire 
avec une touffe de poi!s jaunes sur le vertex et au dessous des antennes. 
Th'>rax eiitièreiuent j luiie. Ailes subhyiline^, un peu plus obscures 
près de la côte. Pattes noires avec poils noirs, les tarses roux en des- 
sou.s. Ab lom 'n court. subi,Hob deux, les 2 segments basilaires jauunes, 
le roote uoir, veutre uoir — AC. 



XXIT— APIT>ES. 267 

cf — Av'^cle chipf^ron et lo l.ibip jnine-:, le scrrpa d^'« ;int nnes 
au?>i t idle (Ir j lime on dcs-ou*. 

2 Bourdon arr^ent. Bumb//sfer>jid//.<,Y hr Proc Ent. 
Soc. Phil, il, p. 93. 

$— Loriîr. .80 r ce. Tête noire, Thnr;ix jaine sur lo (lis et les 
cô't^.«, !ivec une b Hide noire entre les ;iilfs ; ctflle^ci liy i ities-brunes, 
foncées vers Ir côte Pattes noires, l.i bro>se des tnr-es i ostérieurs 
rousse. Abdomen j nine en-dtssiis, excepté leg 2 derniers segmenta 
qui !-ont noirs. — C. 

Var. Le jiune plus foncé ; la b'lnde noire <lii thorax plus large, 
et la fice ainsi que le vertex avec jUeLjues poils jaunes. 

§ — Même coloration. 

d^ — Tête jiune sur le front et le vertex, le thorax d'un jaune 
rou*'âfre en dessus mêlé de blinc sur les flincs. Ailes subliyaiines. 
Le>' 4 premiers se;j:nients abdominaux j lunes avec la ba,-e du 5'. 

3. Bourdon terrieole. Bombus lerricola, Kii by, Proc. 
Ent. Soc. Phil. ii. p. 99, ?c^. 

$ — Long. .80 pce. Tête noire. Thorax avec la portion anté- 
rieure jaune, le reste noir, excepté (]Ut'li|Uos poils jiunes mêlés aux 
noirs sur l'écasson. Ailes brunâtres, plus foncées vers la côte. Pattes 
noires, les cuisses avec poils bruns en dehors, la brosse des tarses pos- 
térieurs rousse. Abdomen noir, avec les segments 2 et 8 jaunes, de 
même que le sonjn,et du 5e. — C. 
§ — Même coloration. 

J* — Ijûncr. 60 pce. La tête avec poils jaunâtres sur le vertex et 
une touffe au-dessous des antennes de poils entremêlés jaunes et noirs. 
L'écusson sans poils jaunâtres; les caisses avec poils jaunâtres en 
arrière. 

4 Bourdon à-3-couleurs. Bombm ternaiiiis, Say, Say's 
Ent. ii, p. 788. 

Ç — Long. 70 pce. Tête noire, plus au moins jaune sur la face et 
le vertex. Thorax noir sur le dos au milieu, la partie antérieure, les 
côtés avec la partie postérieure, jaune. Ailes brunâtres, plus foncées 
vers la côte. Pattes noire , le-> tarses bruns. Abdomen avec les seg- 
ments 1 et 4 jaune- citron, 2 et 3 d'un fauve brillant, et le reste noir; 
le dessous noir. — G. 

(5^ et 5 avec la mêuie coloration. 

Le pvomior de nos Bonvdons à se montrer au prin- 
temps, dès que ie^ saules sont on fleur. 



26S LB NATURALISTE CANADIEN 

3. G-en. Apathe. Apnfhits, Newman. 

Forme et apparence des Bourdons avec les diver- 
gences qui suivent. J:imbes postérieures dépourvues de 
corbeille, convexes extérieurement. Premier article des 
tarses postérieurs s;ins échaiicrure ni dent à sa base en 
dessus. Dans les ?, l'abdomen es^t couibé en dessous à 
l'extrémité, et le segment terminal a ses bords mari^inaux 
élevés en arrière. Les mandibules n'ont qu'une seule petite 
coche, tandis que dans les Bourdons elles sont distincte- 
ment dentées. Dans les c?, les jambes postérieures sont 
convexes et couvertes de poils épais et serrés, tandis que 
dans les Bourdons leur surface est concave avec quelques 
poils et frangée de cils aux bords. 

Les Apathes n'ont point d'ouvriers ou de neutres 
comme les Abeilles et les Bourdons, ils vivent en parasites 
dans les nids de ces derniers. Quatre espèces rencontrées. 
Abdomen en majeure partie noir ; 

Segment Ijiune 1. laborlosus. 

Segment 4 et 5 j «unes 2. Ahstoni, 

AbJomen en ninjeure juutie jaune ; 

Tarses roux, tous les segments abdominaux 

jaunes au sommet., 3. elatus. 

Tarses noirs, abdomen noir à l'extrémité... 4. CitrinUS. 

1. Apathe laborieux. Jipathus laboriosus, Fabr. Ent. 
Soc. Phil, ii, p. in. 

Ç — Long. 1 pee. Tête noire avec queques poils jaunes sur le 
vertex. Thorax jaune sur le dos et les côtés, la pubescence noire 
épais.-e sur le disque. Ailes subhyalines violettes, plus obscurcies 
vers la côte. Pattes noires. AbJomen avec le 1er segment j «une, 
tout le re?te noir. Le 2e segment quelquefois porte quelques poils 
jaunes au milieu à la base. 

Bien reconnaissable par sa forte taille et sa coloration. 
Un seul spécimen ? capturé au Cap-Rouge. 

2. Apathe d'Ashton. Apathus Ashfoni, Cress. Pro. 
Ent. Soc. Phil. Ill p 42. 

$ — Long. 70 pee. La tête noire, le vertex avec quelques poils 
jaunes mêlés aux noirs. Le dessus du thorax est jaune en s'c-tendant 
de chaque côté en avant des ailes, le milieu du disque entre les ailes 
est noir, le reste des flancs et tout le dessous, noir. Ailes hyalines- 



BUR LA FECONDATION DES CTPRIPÈDE8 269 

fuliirineuses. Pattes noires avec les tarses bruii-roiissâtre à part le 
premier article ; les jambes avec le 1er article des tardes sont terminés 
par une courte frange jaune-) aie. Abdon)en robuste, b illant, courbtS 
en dessous à restrémité, les côtés du 3e segment avec les 4e et 5e 
jaune-pâle, le reste noir. Les seguunt 4 et 5 souvent plus ou nioins 
noirs, eux aussi, au milieu. — R. 

Capturé une seule ç an Cap Roucre. 

3. Apathe élevé. Apathus elaius, F-àhr^ Proc. Ent.Soc. 
Phil. II, p. 114. 

cj — Lonsr. 70 pce. Tête noire, avec poils jiunes au milieu et sur 
le vertes; thorax jaune, traversé [)ar une bande noire entre les ailes; 
celles ci subhyilines avec les nervures brunes. Pattes noires, les cuisses 
avec ongs poils jaune-pâle, les tarses ronssâtres. Abdomen allongé, 
toit couvert d'une pubescence jiune dorée ; cette pubes^cence plus 
abondante au sommet des segment^, montre tout l'abdomen rayé trans- 
versalement do bandes jaunes et brunes, l'anus fauve. — R. 

Un seul spécimen capturé à Ste Anne de Lapérade. 

4. Apathe jaune-citron. Apathus cilrinus, Smith, Brit. 
Mus. Cat. 11, 385. 

cf — Long. 65 pce. Tête noire, à poils noirs entremêlés de jaunes 
sur le vertex. Thorax j lune citron, le milieu presque noir, et le j lunc 
s'étendant sur les flmcs au dessous des ailes. Ailes hyalines, jaunâtres 
vers la côte. Pattes noires, les tarses pâles, le dedans du 1er article 
des postérieurs doré sous certain jour. Ab lomeu allongé, les 3 pre- 
U)i !s segments jaunes, le reste noir, le 4j souvent plus ou moins 
jaune sur les côtés. 

Un seul spécimen pris au CapRonge. 



•'**t^«-ff^4r4f\it\ff ff'^i^-ff^ ' 



SUR LA FECONDATION DES CYPRIPEDES 

(Cunlinuation du la page 221^ 



J'ai décrit, dans le numéro de juillet, ce qui em- 
pêchait un ins«>cte de sortir par l'ouverture .sui)érieare 
du tiil)lier lorsqu'il y était une fois entré. Il n'est pas 
moins intéressant de remarquer comment il est conduit à 



270 LE NATURALISTE CANADIEN 

y pénétrer du dehors pir cette ouverture et point par les 
autres. 

En premier lien, celles qui sont situées sons chaque 
anthère lui sont réellement inaccessibles par leurs dimen- 
sions, leur t'oime, leur position, en partie c.ichées comme 
elles le sont sons les pétales latéraux qui s'inclinent plus 
ou moins an-des-us. Ce n'est même pas sans quelque effort 
que rinst'Cte peut s'«'chapper par là quand il y arrive de 
l'intérieur. 

L'ouverture supérieure, tout au contraire, est d'un 
abord on ne peut plus facile; elle est au moins six fois plus 
gran<le ijue les autres et rien ne l'obstrue. De plus Téta- 
mine stérile s'applique exactemejit à droite et à gauche sur 
les deux replis triangulaires adjacents du tablier, et Ct>s 
trois parties sont déprimées vers le bas en forme de gout- 
tière, jusqu'à un quart de pouce environ du fond du tab'ier 
où elles ne laissent que le passag • conduisant sous le stig- 
mate. Aijisi se trouve formée pour le visiteur ailé une 
passerelle des pins coinmodt^s pour lui faciliter l'accès vers 
les doux sucs qu'il vient chercher. 

En résumé, l'insecte attiré par la couleur brillante de 
la fleur, puis alléché par son parfum, y trouve son chemin 
tout tracé. Il doit passer d'abord sous le stigmate, y 
laissant du pollen dojit il [)eut s'être déjà chai-gé, puis sous 
une anthère pour y f lire nouvelle provision de pollen au 
bénélice des fleurs qu il ira ensuite visiter. La féconda- 
tion croisée est donc à très peu près la seule possible et 
elle est sans df)'ite, stdon la règle génér le, la plus lavorable 
à la reproduction du Cypripè le, puisque nonsvoyojis tous 
leurs organes si admirablement disposés pour am ner ctte 
fln. 

.fe puis ajouter que, les an lées précédentes, je n'avais 
jamais obtenu de Iruit de Cypiipèdes dans moM jardin, 
faute naturellement des insectes particuliers à leur habitat ; 
mais cette année, j'ai fécondé au moyen de mouches une 
fleur de Ci/pripedium pubeacens et une de C spectabile, et 
toutes deux ont paifuitement formé leurs capsu'es. 



FÉCONDATION d'oRCHIDÊFS 271 

SUR LA FÉCONPATION DU CAI.OPOGON PUI.CHELT.US 

J'ai été anssi carienx d'cHudior cette Orchidée qu;int 
à son mode de fécondation, qui paraissait devoi prrseiiter 
des particularités intéressanses, car l;i fleur s'éloigne no- 
tablement du type ordinaire dans la même famille. 

D'abord, l'ovaire n'étant nullement tordu, comme il 
l'est dans presque toutes les autres Orchidées, Télrcrant ta- 
blier se dresse verticalement, orne de f-on aigrette de Liiiièn s 
jaunes et blanches qui se détachent si agréablement sur le 
pourpre brillajit de toutes les autres paitifs de la flei-.r. 
La colonne, (jui est à peu près aussi loi <2ue que le t;:l)litr 
se projette an contraire en avant en forme de spalule ;ii- 
quée se recourbaiit verv« le haut. Elle se termine pur un 
petit ronflemeni qui contient l'iiulhèie et dont la face toui- 
llée vers le tablier constitue la surface stiuiiiitique. 

A l'aide d'une barbe de plume, on peut, dans une fli'.ir 
bien développée, soulever l'anthère d'arrière en avant 
comme le couvercle d'une boîte, et, en la renversant, on y 
voit les masses polliniques d'un jaune vif qui nniplissent 
les deux cellules ovoïdes séparées par une mince cloison. 
Comme dans l'Orchis, ces masses sont composées de j^rains 
réunis par des lils élastiques de la plus grande iijiesse, et 
toute l'anthère correspond A celle de i'Oichis que 1 on sujv 
poserait repliée sur elle-même, le bord sup rieur des c--l- 
lules s'appliquan<^ sur le haut du stigmate, i^eulenient les 
ce.'lules sont ici juxtaposées et restent ouvertes ; il n'y a 
point non plus de caudicules, et le rétinacle ne consiste 
qu'en deux gouttelettes visqueuses à l'txtrémité même des 
pollinies, ce qui suffit pour les faire adhérer instant iiu'>- 
ment à tout ce qui touche ce point, pour peu qu'il y ait 
contact. Il n'y a donc pas de bursicule élastiijue i)our 
protéger le rétinacle ; mais par contre, l'anthère tout en- 
tière, si on la lâche après l'avoir soulevée, retombe aussitôt 
dans sa niche, grâce à un hlament élastique qui la relient 
à l'avant et fait l'office de eh irn ère. Ce merveilleux 
agencement compense, à la fois, l'absence de bursicule et 
les dimensions restreintes des cellules comme protections 
des pollmies. Je n'ai jamais pu rem irquer que l'anthère 
s'ouvrît spontanément, même quand la piaute était violem- 



272 LE NATURALISTE CANADIEN 

ment agitée ; et ceci m'induisit à croire que comme pour 
tant d'autres fleurs u i af^t^it extérieur est indispensable 
pour transporier le pollen sur le stiginit •. 

La question était alors de chercher à savoir quels 
insectes visitaient les Calopogons, et le pourquoi et le 
comment de leurs visites. 

U n'y a aucune exsudation apparente de nectar, mais il 
est facile de voir que le milieu de la finir régorge de sucs, 
et si les insectes savent les apprécier et les recueillir, la 
colonne ailée leur offre un marchepied dans la position la 
plus favorable possible pour leur permettre d'en faire leur 
profit. Alors, tandis qu'ils y sont occupés, les pollinies se 
trouveront derrière eux et ne pourront comme dans TOr- 
chis s'attacher aux parties antérieures du corps. Mais les 
pattes ne serviront-elles pas aussi bien au transport du 
pollen ? c'est, par exemple, ce qui a lieu pour les Asclé- 
piades dont oti trouve les masses polliniques fixées aux 
pattes de papillois, d'abeilles, de fourmis et autres insectes 
qui les visitent. 

Il fallait pourtant quelques faits pour justifier cette 
induction. Je visitai à plusieurs reprises un petit maiais 
tourbeux, riche en Calopogons, en ce moment dans toutes 
leur gloire ; c'était au mois de juillet dernier. J'y remar- 
quai plusieurs anthères dont les pollinies avaient été enle- 
vées, et plusieurs stigmates fécondés; mais, une seule fois, 
je pus voir un insecte se p ser sur une fl^'ur. C'était un bour- 
don qui arrivait à un Calopagon en même temps que moi 
et que ma présence eflraya comme il commençait à se poser 
sur la colonne. Il s'envola aussitôt et sans avoir dérangé 
les pollinies. Cependant mon induction était confirmée par 
ce que j'avais vu. Un insecte aussi pesant que le bourdon 
ne peut que faire fléchir la colonne où le renflement de 
l'extrémité lui offrira le meilleur point d'appui, et à peu 
près inévitablement, il soulèvera l'anthère dans ses mouve- 
ments. Alors, souvent au moins, sinon chaque fois, les pol- 
linies s'attacheront à une patte qui pourra ensuite les porter 
soit sur le stigmate de la même fleur, soit sur celui d'une 
autre. 



DE QUÉBKO A JÊROSALUM 273 

Pour me rendre mieux compte du procédé, je posai 
sur la colonne d'une fleur une mouche de maison que je 
tenais par les ailes, mais elle se trouva irop faible pour pro- 
duire ancun cffA sur l'anthère. J'essayai alors avec une 
mouche à viande qui en effi't souleva l'anthère et eut bien- 
tôt les pollinies fixt'-es aux pattes ; ensuite, dans ses ^'iïjrts 
pour échapper, elle les porta contre le stigmate dont la 
viscosité les retint aussitôt. Ainsi fut complété le trans- 
port du pollen depuis l'anthère au stigmate par une mé- 
thode au moins très semblable sinon identique à celle de 
la nature. 

De même que pour le Cypripède pubescent, je recon- 
nais que je suis loin d'avoir épuisé le sujet : de nouvelles 
observations sont nécessaires. Quelque autre ami de la 
nature pourra peut-être jeter plus de lumière sur ces points 
intéressants de la science. 

J. A. G. 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 

{Continué de la page 242). 

X 

I^maïlia.— Le priuce Rodolphe d'Autriche.— Le Canal de Suez.— Port-Saïd. 
—Jaffa. 

Isma ilia est une jolie petite ville d'environ 15.000 âmes, 
bâtie sur le bord du lac Timsah, que traverse le Canal de 
Suez. Cette ville fondée par M. de Lesseps en 186:2, est à 
égale distance de Port-Saïd sur la Méditerrannée et de 
Suez sur la mer Rouge, aux deux extrémités du canal dont 
la longueur totale est d'enviren 40 lieues. C'est à Ismaïlia 
que le^canal d'eau douce venant du Caire, change de direc- 
tion pour se rendre à Suez. La ville possède une église 
catholique que desservent deux Pères franciscains. C'est 



274 LE NATURALISTE CANADIEN 

là que M. de Losseps a fixé son principal bureau d'afFiiires, 
lors de la construction du canal, et que réside aussi son 
fils comme surveillant des intérêts de cette gigantesque 
entreprise. 

Nous trouvons à notre arrivée toute la ville sur pied 
et en habits de fête ; c'est que le prince Rodolphe, l'hé- 
ritier présomptif de la couronne d'Autriche, venait d'y ar- 
river de son retour de Suez et devait y passer la nuit, 
étant l'hôte de M. de Lesseps. 

L'hôtel principal se trouvant encombré par l'affluence 
des étrangers, nons allons, sur la recommandation des PP. 
franciscains, prendre notre gîte, avec notre compagnon, 
chez un M, Michel, français, tenant une maison de pension» 
La maison toute neuve laissait encore un peu à désirer du 
côté de l'ameublement, mais les gens savaient par leur pré- 
venance et leur politesse faire oublier les commodités qu'on 
aurait pu trouver ailleurs. 

Nous allons dans la soirée faire un tour jusqu'au bord 
du lac pour jouir surtout du magnifique coup d'œii que 
présentait l'illumination de la ville entière en honneur du 
prince. La longue rue qui conduit au quai ii'oiFrait de 
toutes parts que feux étincelants, et aux arches qu'on avait 
dressés sur le pont du canal, de même qu'à la résidence 
de M de Lesseps, pendaient des milliers de lanternes 
chinoises de toutes couleurs et de toutes formes. L'at- 
mosphère brûlante des sables du désert, au contact de l'é- 
vaporation des eaux du canal et du lac, s'était saturée d'une 
humidité tiède des plus agréables, pour ajouter aux 
charmes d'une nuit pure, d'un ciel sans nuages, dont les 
astres scintillants semblaient percer de leurs r .yons les 
eaux limpides du lac. 

Dimanche Tl mars.~he Prince Rodolphe devant as- 
sister à une messe à 7h. pour partir ensuite, et nous-mêmes 
devant aussi prendre le vaisseau à 8h., dès avant 6h. nous 
étions à l'église des PP. franciscains pour la célébration 
de nos messes. L'Eglise et la résidence des PP! sont de 
dimensions fort modestes, cependant l'ensemble présente 
un coup d'œil des plus agréables, grâce à la culture intel- 
ligente du jardin des bons religieux qui entoure et la 



DE QUÉBEC A JÉRUSi»LEM 275 

maison de Dien et celle de ses ministres. Isolé des autres 
hahitations sur le côté Est de la grande voie, leur établis- 
sement fait l'effet d'un oasis au milieu du désert par la 
luxuriante végétation des vignes, oliviers, abricotiers, mû- 
riers, poiriers etc., qui croissent par leurs soins. Les bons 
Pères nous font goûter un vin excellent qu'ils fabriquent 
eux-mêmes de leur propre culture. 

Notre déjeûner pris, nous laissons à la porte de l'église 
une foule compacte de curieux avides de voir l'héritier 
présomptif de la couronne impériale d'Autriche, et nous 
nous rendons au quai pour prendre le vaisseau qui doit 
nous conduire à Port-Saïd. 

Comme nous l'avons expliqué plus haut, c'est grâce à 
l'obligeance de M. de Lesseps que nous avons pu faire ce 
trajet qui nous permet de traverser le désert et de navi- 
guer sur une moitié de la longueur du fameux canal qui 
unit les eaux de la Méditerrannée à celles de la mer Rouge, 
en séparant l'Afrique de l'Asie. 

Arrivés au quai, nous trouvons la plupart de nos com- 
pagnons déjà installés à bord et attendant le moment du 
départ. Le vaisseau à notre disposition est la Maritza, 
superbe canot à vapeur, n'ayant environ qu'une quaran- 
taine de pieds en longueur, mais aménagé avec un luxe 
tout oriental. Le petit salon, qui peut contenir une ving- 
taine de personnes, est tout entouré de divans moelleux, 
recouverts d'un velours rouge des plus riches. Il va sans 
dire que nous sommes obligés, vu notre nombre, de nous 
distribuer dans les divers compartiments de l'embarcation, 
qui sur le tillac d'avant, qui sur l'arrière avec les 2 hommes 
qui forment tout l'équipage, et les plus heureux, au nombre 
desquels nous nous trouvons, sur les moelleux coussins du 
salon, autour de la table qui en occupe le centre. Mais le 
temps est superbe, la brise assez fraîche et l'eau du canal 
à peu près sans mouvement ; chacun est content de son 
sort et s'estime heureux de pouvoir jouir d'une telle navi- 
gation. 

Nous prenons sur le sable, en nous rendant au quai, 
une énorme sauterelle, fort rapprochée par la forme et les 
couleurs, de celles que nous avions vues en Floride ; c'est 



276 LE NATURALISTE CANADIEN 

la célèbre sauterelle d'Afrique, Acridmm peregrinum, le 
Criquet voyageur, que le vent pousse assez souvent sur la 
côte européenne de la Méditerrannée et qui y cause alors 
des dégâts si considérables. Ce criquet, ou sauterelle 
comme on l'appelle, qui détruit parfois les moissons complè- 
tement et fait disparaître toute verdure en quelques jours 
seulement, est par contre une ressource pour les pauvres, 
dans plusieurs contrées de l'Asie, qui en usent comme 
aliment. On \oit souvent à Bagdad, dans la Turquie 
d'Asie, des sacs de cette sauterelle, er.tasséssur 1 s marchés, 
comme on le fait ici des sacs des céréales. C'est aussi de 
cette sauterelle que S. Jean Baptiste, le plus grand des en- 
fants des hommes, se nourrissait dans le désert. Réduite 
en poudre, on la mêle à la farine pour en faire des galettes» 
on l'assaisonne aussi au beurre pour en faire un aliment 
que plusieurs voyageurs assurent n'être pas du tout désa- 
gréable. Nous voulons bien les en croire sur parole. 

Nous voyons aussi en passant un musulman sur un 
banc de sable, faisant ses prostrations du côté de la 
Mecque. Il se prosterne le front jusqu'à terre, s*^ n lève et 
se prosterne de nouveau jusqu'à 5 et 6 fois de suite, et c la 
sans s'occuper en aucune façon de ceux qui, comme nous, 
peuvent s'amuser à l'examiner. Tout en dé[)lorant le motif 
de tels actes de piété, nous ne pouvons nous défendre d'ad- 
miration pour le zèle qu'il met à les exécuter. Q le ne 
feraient pas de tels gens, s'ils venaient à ouvrir les yeux à 
la véritable lumière ! 

Le lac Timsah, que traverse h^ canal de Suez, nous a 
paru mesurer à peine deux milles de largeur. Sans impor- 
tance au milieu de l'isthme avant la construction du canal, 
il constitue aujourd'hui un p^^rt intérieur qui ne contri- 
buera pas peu à la prospérité de la jeune ville qui s"élève 
sur ses bords. Quelques minutes nous suffisent pour le fran- 
chir et nous nous trouvons à voguer sur les eaux du canal 
maritime même, ayant l'Afrique à notre gauche et l'Asie à 
notre droite, puisqu'en ouvrant ce canal on a interrompu 
l'isthme qui formait le trait-d'union entre les deux con- 
tinents. 

A M. de Lesseps revient l'honneur d'avoir exécuté 



DE QUÉBKO A JÉRUSALEM. 277 

cette gigantesque entreprise, mais lidée de sa possibilité 
en avait été conçue bien avant lui. On l'attribue en 
premier lieu au grand Pape Sixte-Quint, puis à Napoléon 
premier pendant les trois ans qu'il occupa le pays des 
Pharaons, après sa conquête en 1798. A M. de Lesseps 
revient aussi l'honneur de la réouverture du c^nal d'eau 
douce qui amène l'eaa du Nil à la ville de Suez. Suez ne 
possédant que quelques mauvaises sources d'eau potable, 
et les pluies étant très rares en cet endroit, dès les temps 
anciens, les rois d'Egypte a\ aient obvié à cet inconvénient 
en amenant jusqu'à la mer Kouge, les eaux du Nil. On dit 
qu ' c'est Ptoléraée Philadelphe qui le premier mit cette 
idée à exécution. Mais les diiï '-rentes dynasties qui ont 
depuis régné sur l'Egypte, ayant, les unes après les autres 
plus ou moins négligé la prospérité de ce riche pays, le 
fameux canal conçu par Sésostris, exécuté par Néchos, 
Darius et Ptolémée Philadel[)he, puis restore par Amrou 
sous la domination Arabe, était depuis lon2:temps rempli 
et oublié, lorsqu'en 1864, au grand contentement des 
habitants dn Saez, M. de Lesseps y fit de nouveau cou- 
ler les eaux du Nil. 

Lorsqu'on construisit, en 1858, le chemin de fer qui 
unit le Caire à Suez, distance de 34 lieues, il y avait sept ans 
qu'il n'était pas tombé un grain de pluie à cette dernière 
ville, et les sources étant presque entièrement taries, elle 
devenait par suite presque inhabitable. Mais du moment 
que la voie ferrée fut ouverte,des chars léservoirs amenèrent 
chaque jour du Caire l'eau nécessaire à la consommation 
de la ville, et enfin en 1864, l'eau put couler d'elle même 
dans le nouveau canal. 

Il resterait à compléter ce canal en le continuant 
d'Ismaïlia à Port-Saïd, car les tuyaux en fonte qu'on a en- 
foncés dans la berge du canal maritime entre ces deux 
villes sont devenus insuffisants par suite de l'accroissement 
en population de la dernière, laquelle, placée à la tête du 
canal, ne peut manquer de devenir Tun des ports des plus 
considérables de la Méditerrannée, comme entrepot du 
commerce de l'Europe avec l'Asie et l'Afrique. 

" Partout où un musulman touche le sol, c'est 



278 LE NATURALISTE CANADlEtf 

la stérilité, " dit-on parmi les chrétiens en Orient, et ce 
proverbe a encore une plus juste application à l'égard des 
gouvernements qu'à l'égard des individus. Si le gouver- 
nement de Tewfic qui préside aujourd'hui (au plutôt na- 
guère, car depuis la révolte d'Arabi l'autorité de Tewfic 
n'est rien moins que problématique,) si, disons-nous, le 
gouvernement Egyptien eut été plus jaloux de la prospé- 
rité de son pays, il y aurait longtemps déjà que cette amé- 
lioration eut été réalisée, mais quand on est musulman il 
faut viser d'abord à se donner même jusqu'au superflu, 
avant de songer à accorder le nécessaire aux autres. 

Notre petit vapeur fend les eaux du canal avec une 
vitesse surprenante, le courant d'air établi par la marche 
rend l'atmosphère très supportable, et la surface de cette 
masse d'eau claire et limpide, faiblement ridée par une 
brise légère, répand une fraîcheur qui nous fait trouver 
notre navigation des plus agréables. 

Yu le peu d'élévation de notre vaisseau, nous ne 
voyons le plus souvent que les berges du canal, qui s'éloi- 
gnent en talus parfois recouverts de moellons, mais sou- 
vent aussi laissés à découvert. 11 arrive cependant de temps 
à autre qu'un abaissement de la berge nous permet de porter 
la vue sur un horizon plus éloigné ; mais c'est partout le 
même aspect, la plaine aride, le sable desséché, le désert. 
Fréquemment nous faisons des rencontres, et de vaisseaux 
de très fori tonnage et de toute nationalité, français, anglais, 
turcs, autrichiens etc. Mais ces rencontres ne nuisent eu 
rien à notre course, car le canal est une véritable rivière 
par ses dimensions, et sauf le sable que le vent jette des 
rives en certains endroits, la navigation pourrait s'y faire 
aussi rapidement que sur un fleuve ordinaire. 

La traversée de l'isthme entre Suez et l'ancienne 
Péluse dans le voisinage de Port-Saïd, est de 38 lieues, 
mais le canal, par certaines cour Des qu'a nécessitées la 
nature du sol, en mesure 40. Sa largeur est de 300 pieds 
à la ligne d'eau et de 66 à la base, sur une profondeur de 24. 
Comme le niveau des deux mers est identique, il n'a né- 
cessité aucune écluse, aussi le courant est-il presque nul 
dans toute sa longueur, si ce n'est en approchant de Suez 



DE QUEBEC A JÉRUSALEM 279 

OÙ le flux et le reflux de la mer Rouge se font sentir. Le 
canal dans son parcours traverse quatre lacs savoir : les 
lacs Amers peu distants de Suez, le lac Timsah au milieu 
de sa longueur, puis le lac Eallah et eniin le lac Menzaleh 
qui n'est séparé de la Méditerrannée que par une étroite 
langue de terre sur laquelle est bâtie Port-Saïd. 

A quelque distance d'ismaïlia, nous passons le village 
d'El-G-uisr où se trouve une église dédiée à la sainte 
Vierge, par ce que de temps immémorial on a prétendu 
que la sainte Famille s'était reposée là dans sa fuite en 
Egypte. 

Nous faisons peu après la rencontre d'une bande de 
grues, au nombre probablement de plus d'un cent, se diri- 
geant vers le sud, et de temps à autres nous voyons d'é- 
normes pélicans, paraissant suivie le cours du canal dans 
leur vol lent et lourd, sans doute pour se livrer à leur 
pêche en tûreté lorsqu'aucun vaisseau ne se trouve en 
vue. 

A 10. 30h. nous débarquons à Kantara, village sur la 
rire gauche du caîial où nous devons prendre le dîner. 

]!^ous voyons sur l'autre rive une caravane d'une cin- 
quantaine de chameaux revenant de la Mecque. On faisait 
opposition au passage des pèlerins, par ce qu'on voulait 
les astreindre à une quarantaine, sous prétexte qu'ils 
pouvaient rapporter la peste de leur excursion dans le sud. 
Tout le monde sait quel engin on possède dans les qua- 
rantaines en Orient pour extorquer l'argent des voyageurs. 
Ce ne sont nullement les précautions sanitaires que l'on 
a en vue; mais uniquement une occasion de vexher les 
étrangers pour les mettre à contribution. Etes-vous astreint 
à une quarantaine, de trois jours, cinq jours ? vous composez 
avec les officiers, et moyennant 5 fr., 10 fr., 15 fr., vous vous 
en libérez sur le ch^mp. Le gouvernement n'en devient 
pas plus riche, vu l'honnêteté des officiers civils, mais 
ceux-ci sont satisfaits, ils montreront plus de zèle dans une 
autre circonstance, et on n'exige rien de plus. 

Commencé en 1858, le canal de Suez était ouvert à la 
navigation en 1869 ; dès 1867, un petit navire de commerce, 



280 LE NATURALISTE CANADIEN 

le Prùno, de 80 tomieanx, avait pu passer le premier des 
eaux de la Médit rranuée à celles de la mer Rouge, mais 
son ouverture défini tire date de deux ans plus tard. Le 
nombre de mètres cubes à extraire pour l'excavation a été 
de 74, 112, 130. On a calculé que le nombre de paniers de 
terre enlevée, mis à la file, aurait fait trois fois le tour du 
monde. 

Par ce canal, le trajet de l'Europe aux Indes, de trois 
mois, a été réduit à six semaines et abrégé de 3276 lieues. 
Aussi le trafic par cette voie a-t-il toujours été croissant 
d'une façon tout extraordinaire ; de 435,911 tonneaux 
qu'il était en 1870, il comptait en 1881, après 11 ans seule- 
ment d'usage, 5.794,401 tonneaux; et les recettes s'augmen- 
taient dans la même proportion ; de 5 millions de francs en 
1870, elles atteignaient le chiffre de 51 millions en 1881. 
M. de Lessops calcule qu'avant cinq ou six ans ces recettes 
s'élèveront à 12,000 tonneaux et à pas moins de 120,000,000 
de francs. 

Le trajet d'une mer à l'autre se fait actuellement en 
18 heures de marche, et l'on espère, après certaines opéra- 
tions de dragages qui se poursuivent sans cesse, permettre 
une plus grande vitesse qui abrégera encore ce tem[)S 
de quelques heures. Il y a eu assez fréquemment des 
échouages de vaisseaux, mais comme i)artout le fond est 
en sable, le renflouage a toujours été facile. 

Nous profitons de la coûte étape (jue nous faisons à 
Kantara pour faire une petite visite au désert, car jusqu'ici 
nous ne l'avions vu qu'à distance ou sans pouvoir rien 
examiner, emporté par les locomotives des voies ferrées. 

A quelques centaines de pieds seulement de l'hôtel où 
l'on nous sert le diuer, c'est une plaine nue et déserte qui 
s'étend jusqu'à la vallée du Ni!. Nous sommes surpris de 
trouver tout d'abord une mare d'eau saumâtre assez étendue, 
mais peu proionde. Les bords d^'sséch'^s de cette mare sont 
assez fermes pour qu^on puisse y marcher sans crainte de se 
souiller, mais quelle stérilité ! Ça et là, sur de petits tertres 
de peu d'étendue, quelques petits arbustes rabougris dont 
les racines semblent disputer le sable au vent qui les ronge 
de tout côté, mais nulle-part de fleurs ni de ces herbes 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 281 

qu'on trouve partout ailleurs sur les rivages. Nous cher- 
chons en vain sur la grève ou au bord de l'eau pour des 
mollusques, uulle \mrt de traces. A part de nombreux 
petits lézards abrités sous presque chaque touffe d'arbustes 
que nous rencontrons, nul signe de vie à cet endroit. 
Ces lézards sont d'une extrême agilité, c'est à peine si nous 
pouvons bien reconnaître leur forme, lorsqu'ils passent 
d'une butte à l'autre en recherche de retraite pour se sous- 
traire aux regards. 

Revenu à la maison, qui s'élève sur la berge même du 
canal, c'est-à-dire sur le sable retiré de son excavation, 
nous trouvons sur une vieille souche de palmier, en dehors, 
de la clôture d'un jardin, de jeunes pousses très vigou- 
reuses, portant des palmes de 8 à 10 pieds de longueur, et 
à leur base, tout près de terre, de superbes panicules de 
fleurs toutes prêtes à s'ouvrir. Nous ne pensions pas qu'on 
pût si facilement atteindre ces fleurs, lorsque presque tou- 
jours nous les voyions pendre au haut de? stipes à 50 ou 
60 pieds au dessus de nos têtes. Ce palmier était le dattier 
commun, Phœnix dactylifera. 

Mous remarquons sur le sable de nombreuses fourmis, 
assez semblables aux nôtres par la forme et par la taill<>, 
mais se tenant dans une attitude toute différente. Dans la 
marche, et la plupart du temps aussi dans le repos, elles se 
tiennent l'abdomen redressé dans une position verticale, ce 
qui leur donne quelque ressemblance avec plusieurs es- 
pèces de nos staphylinides. Ces fourmis appartiennent au 
genre Myrmecocystiis, si nous ne nous trompons, elles sont 
communes presque partout en Orient. 

On nous montre aussi, dans la cour de l'hôtel, une 
gazelle qu'on retenait en captivité. Le gejitil animal est à 
peu près de la taille d'un veau de 3 à 4 semaines, mais de 
forme beaucoup plus svelte et plus élégante. L'agilité des 
gazelles est proverbiale, aussi leurs pattes longues et grêles, 
leur corps élancé, leurs flancs rentrés, tout parait calculé 
chez elles pour une course rapid'"». On les rencontre dans les 
déserts par bandes souvent de 40 à 50, broutant ensemble 
l'herbe et les broussailles qu'elles rencontrent par-ci, 
par là, surtout dans le voisinage des oasis. Leur chair est 



282 LB NATURALISTE CANADIEN 

très estimée, surtout des Arabes et particulièrement des 
bédouins. 

Mais nous reprenons bientôt nos places sur la Maritza 
et poursuivons notre navigation sur le canal. 

Nous remarquons sur le pont de notre vaisseau un 
grand seau tout plein de clovi&ses, qui nous paraissent iden- 
tiques avec celles que nous avions rencontrées à Cette, 
Venus verrucosa. 

A 3h. P. M. nous débouchons dans la Méditerrannée, 
où, parmi les vaisseaux mouillés dans le port, nous distin- 
guons notre Scamandre tout prêt à nous recevoir. Mais 
comme on faisait difficulté de laisser débarquer les pas- 
sagers des vaisseaux venant de la mer, sous prétexte de 
peste, nous accostons au quai pour visiter la ville avant de 
nous installer de nouveau sur le Scamandre. 

Port-Saïd est une jolie petite ville, sur la langue de 
terre qui sépare le lac Meiizaleh de la Méditerrannée, Ses 
rues larges et propres, ses constructions toutps récentes, 
son voisinage immédiat de la mer où elle repose presque 
à fleur d'eau, lui donnent un air de fraîcheur qu'on ne ren- 
contre pas d'ordinaire dans les villes du Levant. Son port, 
que protège une immense jetée qui s'avance dans lu mer, 
voit continuellement dans son enceinte des vaisseaux de 
presque toutes les nations, anglais, français, turcs, autri- 
chiens, italiens, hollandais, espagnols etc. Cette ville nais- 
sante ne peut manquer de s'augmenter rapidement, vu sa 
position comme lieu de ravitaillement pour les vaisseaux 
voyageant aux Indes ou à la Chine. Les Pères francis- 
cains y. ont une église pour les catholiques de l'endroit et 
les Sœurs du Bon-Pasteur, en outre de leur œuvre de 
miséricorde, y tiennent un orphelinat et distribuent l'ins- 
truction à toutes les nationalités sans aucun égard à leur 
croyance : catholiques, juifs, musulmans, schismatiques 
grecs, arméniens, cophtes etc. 

Pour la première fois, depuis notre départ, nous rece- 
vons des nouvelles du Canada, par des lettres à M. Bolduc 
qu'il trouve en arrêtant au bureau de poste. Quant à nous, 
nous demeurons encore sans rien recevoir. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 28$ 

Nous entrons en passant dans un mag-azin de photo- 
graphies, où nous pouvons nous pourvoir à assez bonnes 
conditions, de vues, de costumes, lieux, monuments etc., les 
plus intéressants de l'Orient. 

Vers les 5h. nous remontons sur le Scamandre qui lève 
l'ancre presque aussitôt pour se diriger sur Jaffa où nous 
devrons aborder le lendemain matin. 

Nous retrouvons notre vaisseau tout changé, par un 
encombrement inusité de passagers. Ces passagers russes, 
grecs, polonais, dalmates etc., étaient presque tous de la 
classe pauvre ou du moins peu aisée. Partis de Constan- 
tinople, Smyrne et autres ports sur un vaisseau autrichien, 
ils n'avaient pu prendre terre à Jaffa, vu l'état de la mer 
dans la nuit de vendredi, et force leur avait été de se 
laisser emporter jusqu'à Alexandrie, pour être transbordés 
sur notre vaisseau pour revenir à Jaffa, car comme 
nous iis se rendaient à Jérusalem pour les fêtes de la se- 
maine sainte. L'encombrement était tel qu'il était difficile 
de pouvoir circuler sur le pont, hommes, femmes, enfants 
accroupis ou étendus pour se livrer au sommeil, en occu- 
pant presque entièrement la surface. Heureusement qu'on 
ne leur permettait pas de pénétrer dans le salon ni de 
monter sur la dunette, leur mise négligée, leur malpropreté 
trop apparente nous faisaient augurer que leur société n'eut 
été pour nous rien moi .s qu'agréable. 

La mer avait eu le temps de prendre un calme relatif 
et nous n'eûmes nullement à souffrir de son agitation. 

Nous trouvâmes aussi parmi les passagers de chambre 
de nouvelles recrues dont quelques-unes faisaient partie de 
notre caravane, telle que MM Digard père et His, de Paris, 
et M. Grasnault-G-iiérin, de Luynes. Avec eux se trouvaient 
aussi quÉ^tre Trappistes, dont un abbé mitre, portant croix 
pectorale et anneau à la manière des évèques. Ces reli- 
gieux étaient tous français et nous intéressèrent vivement 
par leur conversation. Ils venaient visiter TOrient dans 
le but d'y fonder une maison de leur ordre. On le croirait 
à peine si nous n'en avions tous les jours des exemples sous 
les yeux, c'est chez les barbares, parmi les nations à demi 
civilisées, chez les infidèles que les coryphées du christia- 



284 LE NATURALISTE CANADIEN 

nisme et de la civilisation, que les bienfaiteurs de l'huma- 
nisé so it forcés d'aller planter leur tente. Ce sont les enne- 
mis naturels du christianisme qui accueillent les ministres 
du Dieu de charité, lorsque les juifs modernes de la civili- 
sation, les pharisiens de la nouvelle loi les persécutent et 
les pourchassent. Nouvelles Jérusalems, Palestine de 
l'Occident, tremblez. Vous rejetez la lumière, et déjà la 
lumière s'éloigne de vous. In propria venit, et sui eum non 
receperunt, il est venu chez les siens, mais les siens n'ont 
pas voulu le recevoir, chantaient les prophètes au temps 
du Christ ; et l'on s lit quel fat le châtiment de cet aveu- 
glement. Mais plus coupables que les Juifs, nos barbares 
moderniseurs s'ennuient de la lumière qui brille constam- 
ment à leurs yeux, ils veulent la faire disparaître. Nolumus 
hune regnare super nos, nous ne voulons pas que ce Christ 
règ'iie plus longtemps sur nous, et ils lui ferment leurs 
portes. Attendez ; le châtiment ne tardera pas longtemps 
d'arriver. Aveugles entêtés, déjà ils périclitent dans les 
combats qu'ils ont à livrer dans la plaine, et ils ne veulent 
plus du secours que les bras élevés des Moïses sur la mon- 
tagne leur attirent du Ciel. Achevez votre œuvre ; faites 
disparaître jusqu'au dernier de ces Moïses, » t les Amalécites 
qui déjà l'emportent sur vous, vous tailleront à merci ; la 
lumière se retirera pour vous laisser dans les ténèbres, des 
Titus surgiront de toutes parts pour vous assiéger, vous 
réduire à la famine, renverser vos murs et faire de vos 
villes opulentes et orgueilleuses, des monceaux de ruines 
baiîïnant dans le sang de leurs habitants. 

Oui ! aujourd'hui ces mêmes religieux qu'on chasse de 
France, d'Italie, d'Allemagne, etc., parce qu'ils prient pour 
ceux qui ne le font pas, par ce que pour tout le bien qu'ils 
font à leurs frères, ils ne demandent pour récompense que 
la liberté d'en faire davantage, sont accueillis avec empres- 
sement, sont respectés, appréciés par les musulmans en 
Algérie, les hérétiques en Angleterre, les schismatiques de 
toute dénomination en Egypte, en Palestine, en Syrie etc. 
Les Frères des écoles chrétiennes à Jérusalem voient jus- 
qu'aux fils des Pachas turcs se ranger sur leurs bancs à 
côté des Arabes, des Juifs, des Grrecs, Arméniens et autres 
schismatiques. Les Sœurs du Bon-Pasteur, de S. Joseph 



DE QUÉCEC A JÉRUSALEM 285 

de l'Apparition, de Nazareth, les filles de Sion voient par- 
tent dans lenrs écoles le même mélange, et partent d'un 
commun accord, on rend hommage à leur vertu, à leur 
dévouement, à lenr charité. Il n'y a que chez les leurs 
qu'on méconnaît leur mérite, qu'on méprise leur sacrifice, 
qu'on refuse leurs services. Attendons ; ces épreuves 
n'auront qu'un temps; on ne se moque pas impunément de 
Dieu. 

Le Supérieur Abbé nous dit qu'il avait trouvé en 
Egypte moyen d'y fonder un établissement à des conditions 
assez avantageuses, mais qu'il voulait avant d'arrêter défi- 
nitivement son choix visiter la Palestine et la Syrie pour 
voir s'il ne trouverait pas quelque part de plus grands 
avantages encore. 

Notis ne fûmes pas peu surpris en conversant avec 
ces roli<j;ieux de reconnaître un frère que nous avions vu 
à Québec en 1877, lorsqu'il accompagnait un Père faisant 
vente de leur extrait breveté d'arnica. 

Lundi, 28 mars.~he soleil n'était pas encore sur l'hori- 
zon, que nous étions déjà sur le pont, avide de pouvoir 
contempler cette Terre-Sainte, but de notre voyage. Elle 
se montre enfin, cette terre de Judée, droit en avant de 
nous. La côte peu élevée nous parait partout aride et 
déserte ; elle se détache d'une longue chaîne de montagnes 
de la Judée que précède la plaine de Saron qui s'étend 
jusqu'au bord de la mer. Les rayons obliques du soleil 
levant dorent les sommets dénudés des mont;igne& en rete- 
nant encore dans l'ombre la plaine qui s'étend en avant, 
ce qui nous fait paraître la chaîne beaucoup plus rappro- 
chée qu'elle ne l'est en réalité. 

La voilà donc devant nous cette terre do Judée, cette 
terre promise aux enfants d'Israël, cette terre où Dieu s'est 
pltT à se commtmiquer à l'humanité plus qu'en tout autre 
endroit, puisqtie là, tout près, a été le berceau du genre 
humain, l'Eden qu'a habité notre premier père ; là, la 
seconde naissance de l'humanité sur la montag-ne qui reçut 
Noé sauvé du déluge ; là enfin la régénération de l'homme 
dans l'œuvre de sa rédemption par le fils de Dieu lui-même. 
C'est cette terre qu'ont foulée de leurs pieds les plus grands 



286 LE NATURALISTE CANADIEN ■ 

personnages des temps anciens : Adam, Noé, Abraham, 
David, Jrrémie, Isaïe, Daniel, Elie, Elisée, Jean-Baptiste le 
plus grand des enfants des hommes, Joseph le juste par 
excellence, Marie la plus parfaite des créatures sorties 
des mains du Créateur, et enfin le fils de l'Eternel lui-même. 
Ce sont ces montagnes qu'il a parcourus, ce sont ces rochers 
qui ont répercuté sa voix, qui ont été les témoins de ses 
miracles et de ses prodiges, c'est ce sable qu'il a marqué de 
l'empreinte de ses pieds, que nous allons nous-même tou- 
cher dans quelques heures. Avec quelle satisfaction nous 
embrassons da regard le vaste horizon qui se déploie devant 
nous, depuis le Carmel à notre gauche, où les monts de 
Judée se perdent dans la mer, jusqu'à Graza, à notre droite, 
où le rivage se courbe pour unir l'Arabie à l'Egypte. Nous 
avons peine à nous arracher à la méditation que nous ins- 
pire la vue de ces lieux, pour obéir à la clochette qui nous 
invite au déjeûner. 

Le repas est bientôt pris et nous remontons sur le pont 
pour poursuivre notre inspection. Mais déjà nous nous 
trouvons en face de Jaffa et tout rapprochés de la côte. 
La vieille Joppé se présente à nous sous l'aspect le plus 
riant. La côte, plate et unie, se relève en cet endroit pour 
former un monticule sur lequel est assise la ville des Phi- 
listins. Ses maisons à toit plat, comme partout en Orient, 
s'échelonnent les unes sur les autres suivant la déclivité 
du rocher, jusqu'à ce que les plus basses touchent la grève 
même. Nous passons à côté de la frégate du Prince Ro- 
dolphe qui est mouillée là et nous nous rapprochons da- 
vantage du rivage pour y jeter l'ancre. Les chaloupes sont 
aussitôt mises à la mer et nous descendons dans la pre- 
mière qui gagne la terre aussitôt. 

La mer est relativement calme, cependant nous voyons 
la lame se briser en jaillissant sur des brisants qui s'avan- 
cont droit en face de la ville, car Jaffa n'a pas de port, et 
l'abordage dans les gros vents y est fort difficile et souvent 
impossible. 

Comme à Ismaïlia, nous trouvons toute la ville en 
habits de fête, en vue du Prince Rodolphe qui doit incon- 
tinent y descendre. De notre chaloupe le coup d'oeil est 



FAITS DIVERS 287 

vraiment enchanteur. Tontes les terrasses sont couvertes 
de gens avides de voir l'héritier de la couronne d'An tricha ; 
les femmes surtout, avec leurs longs voilas blancs qui les 
enveloppent jusqu'aux pieds, produisent dans l'ensemble 
une variété de tons des plus agréables. En moins de cinq 
minutes nous avons franchi lespace et nous mettons le 
pied sur les rochers qui bordent le rivage, à quelques pieds 
seulement des murs qui entourent la ville. Nous trouvons 
la rue que nous devons suivre occupée par une foule com- 
pacte, mais deux tiles de soldats tiennent le milieu libre à 
travers lequel nous passons jusqu'au couvent des francis- 
cains, qui n'est qu'à quelques pas seulement de l'endroit du 
débarquement. 

A continuer. 



FAITS I>IVERS. 

L'Airelle ponctuée. — Ce qui nous manque pour com- 
pléter, reclitîer, perfectionner la faune et la flore de noti-e pays, 
ce sont des observateurs. On marche sur les plantes, on écrase 
du pied l'insecte que l'on rencontre, sans se mettre en peine 
de remarquer la forme, l'apparence, les allnres que présente 
l'une OQ l'autre, sans se rendre compte même si on a jamais 
fait telle rencontre, remarqué telle plante ou tel insecte, et ce 
serait là cepeniant le seul moyen de contrôler les observations 
déjà faites et consignées dans des écrits, soit pour en confirmer 
les descriptions ou les rectifier si le besoin en était. 

Nous ne nous déplaçons jamais, pas même de qnelques 
arpents, sans remarquer tout ce qui frappe nos regards. Et 
combien de fois nos observations ont amené des découvertes 
des plus agréables pour nous et fort avantageuses pour la 
science. Ainsi, ici même, au GapRoiige, nous avons pu 
constater la pi-ésence du Triosteitm Americanum, du liard, Po- 
puhcs Canadensis^ du raisin d'ours, Arciostaphylos uva-ursi^ de 
la Clématite rose, Atragene Americana, et tout dernièrement, 
comme nous l'avons mentionné dans notre dernière livraison, 
du Gypripède ariéUiire. (1) Nous venons encore aujonrd'hni 
constater une nouvelle rencontre qui ne nous a peu surpris, 
c'est celle de l'airelle ponctuée. Vaccinium vitis idœa, que nous 
avons trouvée sur les rochers bordant le Fleuve à Sillery. 
Cette plante ne se rencontre d'ordinaire que sur les rochers à 
l'eau salée, souvent mêlée à la Caraarine, Empclrum nigrum 
pour couvrir les masses pierreuses des îles du Golfe. On 



1. Notre correppomlant, M. Guignard, nous informe qu'il a aussi ren- 
contré le Cypridium arielinum dans les environs d'Uuuwa. 



28 8 LB NATURALISTE CANADIEN 

donne, dans le bas dn Fleuve, le nom de pommes de terre anx 
fruits de l'airelle ponctuée, qui sont de la grosseur d'un gros 
pois et dont on Tait des confitures assez agréables. 

L'Asclépiade de Cornut. — Quel est le nom de la plnnte 
qu'on 'd\}[ie[Ui pclils cochona, nous demandait un ami que nous 
rencontrions tout dernièrement. — Mais c'est la Sarracénie, qui 
porte des feuilles cieuses en forme de pots et qui croît dans 
les marais ou plutôt les savannes. — Non pas. c'est une plante 
l.iiteuse, qui croît sur le bord des chemins, dont la fleur 

doinie de belles soies — Et là dessus nous sommes à 

chercher parmi les [)hmtes laiteuses, pissenlits, réveille-matin 
etc., sans pouvoir réussir à rencontrer les vues de notre ami. 
11 est vraiment étonnant de voir quelles descriptions impos- 
sibles nous l'ont souvent de plantes ou d'insectes, ceux qui 
n'ont pas l'habitude d'observer, lorsque par hasard un spéci- 
men d'histoire naturelle attire leur attention. Nous donnions 
un sou à tout enfant nous appoi'tant un insecte que nous 
n'avions pas dans notre collection. Un jour, nous ai-rive un 
esniègle tout triomphant :— Oh! c'est pour ie coup que vous 
allez me payer, car j'en ti(in3 un que vous n'avez certainement 
pas; je n'en ai jamais vu de pareil. — Mais qu'a-t-il donc d'ex- 
traoï-dinaire ? — 11 a deux têtes. — Deux têtes ? — Oui ! deux têtes, 
bout à bout, l'une à la suite de l'antre. Tenez, voyez. Et il 
nous met dans la n)ain un Philonthe, un insecte des plus 
communs. Plusieurs gi;nres de Staphylinides, comme les Phi- 
lonthes, les Pédères etc., ont le prothorax resserré en avant et 
en ariière et souvent de même dimension que la tête ; et c'est 
ce thorax que notre gamin avait pris pour une seconde tête. 
Combien de fois nous avons été régalé de descriptions tout 
aussi merveilleuses que celle de cet insecte à deux têtes, lors{iue 
la olupart du temps, il ne s'agissait que d'êtres tout or^linaires 
et fort' communs, mais qu'on ne s'était jamais donné la peine 
d'observer. 

C;^ qui nous dépistait dans la description de notre ami, 
c'était les soies qu'il mentionnait, car nous étions à repasser 
les plantes poui- trouver dans lesquelles la fleur pourrait pré 
senterdes soies. Il nous vint à l'idée, après nous être séparé de 
l'ami, que ce pourrait bien être de la soie au lieu de soies, et que 
ce pourrait être aussi plutôt le fruit que la fleur qui serait ainsi 
chai'gé. Et de suite nous avions notre plante, l'Asclépiade de 
Cornut, Ascl''pias Cormdi, (]ui croît le 1 »ng chemins, qui esta 
suc laiteux, et dont la gous-e renferme une soie qu'on a essayé 
plus d'une fois d'ulilism-. Nous igiioi'ions qu'on donnât quelque 
pai't le nom de pclli-cochon à cette plante, car partout c'est 
sons le nom de cotonnier qu'on la désigne. C'est sans doute la 
forme de la gousse qui a fineljue ressemblance avec le giouin 
de ranimai fouiUeurqni lui a valu ce nom-vulgaire en certains 
quartiers. Le Naturaliste s'est déjà, à plusieurs reprises, occupé 
de cette plante, notamment au vol. V page 68. 



LE 



à 



^ ^^^^X^P ^^^^^88 '^^ 6 '^ V 




Vol. XIII.-IO. CapRouge, Q., OCTOBRE 1882. No. 154 



Rédaetcur : M. l'Abbé PROVANCHER. 



FAUNE CANADIENNE 

HYMÉNOPTÈRES 



ADDITIONS ET COPtKEOTIONS. 

Il s'est écoulé un temps si considérable depuis que le 
commencement de cet Ordre a été livré à l'impression, 
que la poursuite de nos chasses et de nos études nous per- 
met d'y joindre aujourd'hui de nombreuses additions et 
d'y faire aussi des corrections en assez grand nombre. 

Nul doute que les chasses se poursuivant, surtout si 
elles peuvent être opérées en diff rents endroits, on ne 
puisse encore plus tard ajouter considérablement au nom- 
bre des espèces déjà décrites. 

Nous conseillons aux amateurs, pour un usage plus 
prompt et plus effectif des descriptions de cet ordre, de 
faire au crayon les corrections indiquées, à leur endroit 
propre, ou du moins d'y noter les renvois aux présentes Addi- 
tions afin de ne pas s'exposer à faire erreur en les omettant. 

Fam. I. TENTHRÉDINIDES, Vol. X, p. 11. 
Après le genre Abia, p. 17, ajoutez le suivant : 

Gen. AcoRDULÉCÈRE. âcordulecera. Say. 
Tête forte, transversale. Antennes courtes, non en 
massue, de 6 articles, les 2 premiers semblant n'en faire 
qu'un, le 3e plus long que les 2 premiers réunis, le dernier 



290 LE NATURALISTE CANADIEN 

presque globuleux. Thorax court et robuste. Ailes avec 
une cellule radiale et 3 cubitales, la 1ère longue, courbe, 
plus large à sa b isp, recevant la 1ère nervure récurrente 
vers son extrémité, la 2e assez petite, allongée, recevant la 
2e récurrente vers son milieu; point de cellule lancéolée. 
Les ailes inférieures avec une cellule discoïdale. Pattes 
courtes, les 4 jambes postérieures avec un éperon latéral. 
Abdomen court et robuste, avec un espace membraneux cà 
la suite de ses plaques basilaires. 

Petits insectes ayant assez l'apparence extérieure des 
Sélandries, mais s'en distinguant facilemoit par leurs an- 
tennes qui n'ont que 6 articles. 

Acordulécère grasse. Acordulecera saginata, nov. sp. 

$ — Long, .15 pes. Noire, polie, brillante ; le chaperon, le labre, 
les palpes, les joues, les (5c:nlles alaires, avec les pattes, blanc. An- 
tennes courtes, le scape poilu. Thorax poli, brillant, sans aucune tache. 
Ailes fortement tachées de brun à l'endroit du stigina, celui-ci fort 
grand, noir, la nervure de séparation entre les cellules cubitales 1 et 
2 en partie oblitérée. La base des hanches avec les tarses postérieurs, 
noir, les 4 tarses antérieurs noirs seulement vers l'extrémité. Abdo- 
men avec l'espace membraneux de la base, blanchâtre, le reste noir, 
sans aucune t che ; l'extrémité obtuse et garnie de poils blanchâtres. 

Un seul spécimen $, se distinguant surtout de la dor- 
snlis, Say, par l'absence de taches au thorax. 

Après le genre Euura, X, 51, ajoutez le suivant: 
Gen. Crésus. Crœsus, Leach. 

Tête courte, transversale. Antennes de 4 articles, 
longues, grêles. Ailes antérieures avec une cellule radiale 
et 4 cubitales, la 2e longue recevant les 2 nervures récur- 
rentes, la 1ère et la 3e petites. Cellule lancéolée pétiolée, 
Cor[;S trapu, court, avec les pattes postérieures aplaties et 
dilatées aux jambes et au 1er article des tarses. 

Ce genre se distingue surtout des Némates par la di- 
latation des pattes postérieures. Les larves qui sont at- 
ténuées à l'extrémité, portent six pattes pectorales, 12 
abdominales et 2 anales. On les trouve sur les saules et 
autres arbres. Elles se renferment dans un cocon dans la 
terre pour subir leur métamorphose. 

Une seule espèce rencontrée. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 291 

Crésus à-larges-tarses. Crœsm latitarsus. Nort. Proc. 
Elit. Soc. Phil, i, p. 179, ç. 

? — Long. .30 pee. Noir bleuâtre, le labre avec les palpes, bru- 
nâtre. Chaperon fortement échancré. Ailes hyalines avec une bande 
transversale lé^èreiDent obscure à l'endroit du stiç^nia, celui-ci noir de 
niêine ([ue les nervures. Pattes noires, les trochantins postérieurs, 
avec un large anneau à la base de toutes les jambes, blanc, les jambes 
postérieures aplaties à l'extrémité, leurs tarses avec le premier article 
plus long que tous les autres réunis, et fortement dilaté. Abdomen 
large, sans aucune tache. — R. 

Geii. Nematus, Jur. Vol. X, 52. 

Aux 13 espèces mentionnées, ajoutez les 3 suivantes : 

14. Némate cuisses-rousses. NenuUus fulvicrus, n. sp. 

Ç — Long. ,23 pce. Noir avec rabdomen et les cuisses posté- 
rieures roux: le labre avec les palpes blanchâtres. Chaperon à peine 
échancré. Thorax finement ponctué, noir, sans aucune tache. Ailes 
hyalines, légèrement obscurcies à l'endroit du stigma, celui-ci noir de 
même que les nervures. Deuxième cellule cubitale longue, recevant la 
2e récurrente tout près de son extrémité ; cellule lancéolée pétiolée. 
Pattes brun-rous>âtre, les cuisses postérieures rousses, les hanches 
noires, les 4 trochantins postérieurs blanchâtres. Abdomen court, 
robuste, entièrement roux jaunâtre, à l'exception du segment terminal. 
La nervure divisant les 2 premières cellules cubitales en partie ob- 
solète. — R. 

Espèce bien distincte par sa coloration. Capturée à 
St-Hyacinthe. 

15, Némate dos-jaune. Nematus luteotergum. Nort. 
Trans. Ent. Soc. Phil., I, p. 206, d ç. 

Ç — Long. .32 pce. Noir; le chaperon, le labre, les mandibules, 
les joues, toute la face au dessous des antennes excepté une petite ligne 
au dessous de chacune d'elles, les bords supérieurs du prothorax faisant 
un angle droit avec une ligne au dessous des écailles alaires, blanc- 
jaunâtre. Le chaperon et le labre arrondis tous deux en avant. An- 
tennes aplaties, le 4e article plus long que le 3e. Un fort sillon sur le 
vertex de chaque côté des ocelles. Ailes hyalines, légèrement enfu- 
mées, les nervures et le sigma, noir. Pattes noires, celles de devant 
en avant avec l'extrémité des hanches, blanches. Les placjues basi- 
laires avec l'abdomen, excepté une tache à la base et une autre à l'ei- 
trémité, d'un jaune-roux; tarière noire. 



293 LE NATURALISTE C \NADIEN 

(^ Avec les antennes plu»' longne?, le? orbites postérieurs en 
partie blancs, les angles antérieurs noirs et les pattes plus variées de 
blanc.-PC. 

Capturé à Chicoutimi. 

16. Némate de la-galle-du-saule. Nematns s. pomum, 
Walsh. Trans. Am, Eut. Soc , i, p. 216. 

$ — Long. .25 pce. D'un jaune-miel brillant. Une tacbe en 
carré sur le vertex, les sutures du thorax, la partie médiane du méso- 
thorax presque entièrement, l'extrémité des tarses avec le milieu du 
dos des segments abdominaux basilaires, noir. Chaperon échancré ; 
antennes assez courtes, noires, roussâtres en dessous et à l'extrémité. 
Ai'es hyalines, les nervures brunes, le stigma jaune-} aie, bi un-foncé à 
l'extrémité. La poitrine et les pattes, jaune-miel sans aucune tache. 
Abdomen allongé, t-iché de noir à la base au milieu des segments. 

Se distingue surtout du vef/tricosus par sa taille moins 
robuste et sa poitrine sans tache. 

Après le genre Dolerus, Leach, X, 69, ajoutez le suivant : 
Geu. DINÈVRE. Dinevra, Dahlb. 

Tète très-courte, transversale, presque aussi large que 
le thorax. Antennes longues, sétacées, de 9 articles. Corps 
court et trapu. Ailes antérieures avec 2 celules radiales 
séparées par une nervnle droite, oblique, et 4 cubitales, la 
1ère petite, arrondie, la 2e la plus longue, recevant les 2 
nervures récurrentes, la 3e tétragonale, à peine plus large 
en arrière; cellule lancéolée pétiolée ou contractée au 
milieu; ailes inférieures avec une ou deux cellules disco- 
ïdales. Abdomen court, trapu. 

Ces insectes ont toute l'apparence des Sélnndries ; mais 
ils s'en distinguent surtout par les nervures de leurs ailes. 

Deux espèces rencontrées, dont une nouvelle. 

Couleur jaune 1 , Americana, n. sp. 

Couleur noire , 2. Inteipes. 

1, Dinèvre d'Amérique. Dineiira Americana, n. sp. 

V — Long. .32 pce. Dun jaune uniforme dans toutes ses parties; 
les antennes, les tarses, les jambes postérieures avec les caisses, plus 
ou moins noires. Ailes hyalines à l'extrémité, enfumées à la base, la 
2e cubitale avec i;n point opa |ue vers son milieu ; les ailes inférieures 
avec une seule cellule diseoïdale. Abdomen trapu, cylindrique. — R. 



ADDirroNS RT coBRECnoNî at:x hyménoptères. 293 

Un seul spécimen ç capture à Chicoutimi. Cette 
espèce, qui par sa cellule lanci^olée contractée, appartient au 
sous-genre Heinicliroa de tSt^-phenson, est la 1ère de ce 
sous-genre mentionnée sur ce continent. 

2. Dinèvre pieds -jaunâtres. Dîneur a luleipes, Nort. 
Trans. Am. Eut, Soc. viii, 11. 

cf — Long, .19 pce. Noire; antennes longues, sétac^es. Ecailles 
alaires noiies. Ailes hyalines, nervures brunes, stigma jaunâtre. Cel- 
lule lancéolée pétiolée ; ailes inférieures avec 2 cellules dir-coïdales. 
Pattes pâles, les hanches avec les cuisses, excepté à l'extrémité, noir, 
les tarses postérieurs avec i'(;xtrémito de leurs jambes plus ou moins 
obscurs. Abdoraon déprimé, poli, brillant, entièrement noir. — R. 

Un seul spécimen capturé à Chicoutimi. 

G-en. Selandria, Leach. Vol. X, 97. 

Espèce 1. S, vitis, Harris, X, 98. 

Cî-suit la description du cf. 

Toit le dessous jaune-;.âle, y compris les pattes; mésothorax tout 
noir. Abd'imen avec le dos seulement noir, l'extrémité, les côtés, 
jaune-pâle de même que le ventre. 

L'espèce 8, S. flavicornis, Prov. p. 100, est la Selandria 
halcion, Harris. Trans. Am. Eut. Soc., I, p. 232. 

Puis ajoutez l'espèce suivante : 

12. Sélandrie pauvre. Selandria pauper a, nov. sp. 

Ç_IjOng. 20 pce. Noire; le vertex avec un sillon de chaque 
côté des ocelles. Ecailles alaires jaunes. Mé.sothorax avec le lobe 
médian sillonné au milieu. Ailes hyalines, les nervures noires, le 
stigma aut-si noir, marginé de roussâtre au bord interne. Ailes infé- 
rieures sans cellules discoïlales. Pattes noires, l'extrémité des cuisses 
avec les jambes, excepté à l'extrémité. bl;inc, de même ijue la base du 
premier article des tarses postérieurs. Abdomen trapu, noir, luisant, 
la tarière surtout. — R. 

Voisine de la liliœ, mais s'en distinguant surtout par 
l'absence de cellules di>coïdales aux ailes inférieures. 
Gen. Macrophia, Dahlb. Vol. X, 101. 

Aux 16 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

n. Macrophye belle. iMicro/tht/a putchella, Klug. 
Trans. Am. Ent. Soc. I, p. 268, Ç d". 



294 LE NATURALISTE CANADIEN 

Ç — Long. .32 pce. Corps court et robuste, noir ; le chaneroTTy 
le labre, les mandibules, les palpes, les écailes al lires, les bords du 
prothorax, une bande sur les flancs, l'éciisson, les hanches, les trochantins 
avec les 4 pattes antérieures, jaune-pâle. Chaperon et labre éch;in- 
crés, le dernier pubescent. Antennes courtes, l'article 3 aussi long 
que 4 et 5 réunis. Tête large, ponctuée, rugueuse, les flancs encore 
davantage. Ailes hyalines, légèrement enfumées, la 2e cubitale aussi 
longue quoique moins large que la 3e. Pattes jaune pâle, les posté- 
rieures, avec l'extrémité des cuisses, la base et l'extrémité des jambes, 
la base et l'extrémité du 1er article des tarses et l'extrémité de tous 
les autres articles, noir. Abdomen robuste, noir, le dernier segment 
bordé de jaune. — R. 

Voisine de Vepinotus et s'en distinguant surtout par la 
tache de ses flancs. Capturée à Bécancour. 

Gren. Pachyprotasis, Hartig. Vol. X, 107. 
L'espèce 2 P. delta, Prov, est Tenthredo delta, Prov. 

G-en. Taxonus, Meg. Vol. X, 164. 

Aux 6 espèces décrites, ajoutez la suivante: 
7. Taxon robuste. Taxonus robustus, nov. sp. 

$ — Long. .29 pce. Noir avec l'abdomen roux, fort, lobut-te 
la bouche, les palpes, les écailles alaires, une tache en avant, une autre 
sur le bord supérieur du prothorax, avec les hanches excepte à la base,. 
blanc. Vertex sillonné de chaque côté des antennes, celles-ci entière- 
ment noires. Pattes rousses, les tarses plus ou moins bruns, de mêaie 
que l'extrémité des jambes postérieures, tous les tiochantins avec un 
anneau noir à la base. Ailes légèrement fuligineuse.-*, le stigma noir 
avec une grande tache blanche à la base. Abdomen fort, allongé, cy- 
lindrique, le 1er segment avec les 2 derniers noirs, le reste roux. 

Un seul spécirnen Ç capturé à Cbicoutimi. Bien dif- 
férent de ïunicinctus par sa plus forte taille et son abdomen 
roux. 

Gen. Strongylogastee, Dahlb. Vol. X, 166. 

Aux 8 espèces décrites, ajoutez les 4 qui suivent : 

Une erreur dans l'énumération des espèces dans la 

clef systématique p. 216, a fait omettre la description de 

celle qui suit : 

9. Strongylogastre poli. Strong/jlognuter i)oJilus, \\. .^p 
9 — Long. .25 pce. Noir; le chaperon, ie labre, les ceaillcg 



ADDITIONS ET COEREOTIOîfS ADX HYMÉNOPTÈRES. 295 

alaires, les angles antérieurs, avec les genoux et un petit anneau à la 
base des j;inibes postérieures, blanc. Chaperon allongé, rétréeî et 
échancré en avant. Sillons à côté des ocelles médiocrement profonds. 
Antennes moyennes, assez fortes. Thorax poli, brillant. Ailes hya- 
lines, nervures et stigina, noir ; les 2 cellules radiales séparées par une 
nervure très oblique et flexueuse ; cellule lancéolée ouverte à l'épaule i 
ailes inférieures $ avec 2 cellules discoïdales. Les pattes avec les 
trochantins et les côtés des plaques basilaires, roux. Les jambes pos- 
térieures excepté un anneau blanc à leur base, noires de même que 
leurs tarses, Abdonien cylindrique, allongé, poli, brillant, noir, tous 
les segments finement murginés de blanc à l'extrémité. — R. 

10. Strogylogastre cornes-pâles. Strong ylog aster pal- 
lidicornis, Mort. ïrans, Am. Ent. îSoc. ii, p. 21G, Ç. 

9 - Long. .40 ! ce. Noir ; le chaperon, le labre, de larges lignes 
orbitales dilatées extérieurement sur le vertex, les joues, une ligne sur 
le bord postérieur de la tête, les 4 articles terminaux des antennes, les 
éciiilles alaires, les angles antérieurs, la tache en V, une tache immé- 
y diatement au dessous de chaque aile, l'éciisson, le post-écusson, une 
ligne transversale sur le métathorax, les hanches excepté à la base 
avec les trochantins, blanc ou jaune-pâle, les pattes, avec l'abdomen y 
compris les plaq es basilaires, roux-clair. Chaperon médiocrement 
échancré, labre grand, arrondi en avant. Antennes longues, un peu 
plus épaisses vers l'extrémité. Ailes subhyalines, les nervures noires, 
le stigma brun, avec la moitié basilaire pâle, le Costa jaune ; cellule 
lancéolée avec une nervule transverse oblique ; ailes inférieures avec 
cellules discoïdales. Abdomen allongé, cylindrique, légèrement obscur 
à l'extrémité ; valves de la tarière noires. — R. 

Cette superbe espèce à été capturée au CapRouge et 
à Chicoutimi; très rapprochée de l'a/A/ca/is, Suy, mais ayant 
beaucoup plus de taches blanches. 

12. Strongylogastre ceint-de-roux, Strongi/hgaster 
rubro-cinctus, AUantus rubioc. iMort, Trans. Am. Ent. Soc. ii, 
p. ^17, c?9. 

9 — Long. .28 pce. Noir ; le chaperon, le labre, les écailles alaires, 
les bords supérieurs du prothorax avec les hanches et les trochantins, 
blanc. Chaperon largement échancré. Antennes peu allongées, grêles. 
Tête très grosse, avec un sillon sur le vertex de chaque côté des ocelles, 
finement ponctuée, de même que le thorax. Ailes hyalines, le stigma 
noir, blanc à la buse; les 2 cellules radiales séparées par une nervure 
oblique ; cellule lancéolée cvec une nervule transverso oblique. Ailes 



296 LE NATURALISTE CANADIEN 

inférieures 9 avec 2 cellules discoïlales, les cellules intérieures Î!?- 
complètes. Pattes rouss^âtrés, un très petit anneau à l'extrémité de» 
cuisses postérieures avec les tarses de la même paire, noir. Abdomen 
déprimé, noir, avec une grande tache rout-se sur les segments médians, 
le ventre roussâtre. Quelquefois l'abdomen est roux avec seulement 
la base et l'extrémité noires. — R. 

Capturé au CapRouge. 

12. Strongylogastre à-pieds-bariolés. Strongylogaster 
soriculatus, nov. sp. 

Ç — Long. .32 pce. Noir, allongé, poli, brillant; le chaperon, le 
labre, les };alpes, les mandibules, les bords supérieurs du prothorax, 
avec une tache sur les côtés des plaques basilaires, blanc. Antennes 
sétacées, assez courtes. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, noir • 
cellule lancéolée ouverte, sans nervule transverse ; ailes inférieures avec 
2 cellules discoïdales. Pattes rousses y compris les hanches et les 
trochnntins avec la base du ventre; les genoux avec un anneau à la base 
des 4 dernières jambes, blanc, les postérieures à part cet anneau et 
une petite tache rousse en dedans à l'estrémité, avec leurs tarses, brun- 
foncé. Abdomen cylindrique, allongé, noir, les segments plus ou moins 
distinctement marginés de blanc, le dernier aussi blanc. 

Capturé à Chicoutirai et au CapRou^e ; voisin du 
politus, mais s'en dis^tingnant par ses hanches toutes rousses 
et non blanches à l'extrémité, sa taille plus allongé, son 
abdomen non élargi au milieu, etc. 

Gen. Tentheède, Leach, Yol. X, 193. 

Aux 18 espèces décrites, ajoutez les 7 suivantes, ce qui 
iorcera à modifier comme suit la clef systématique de la 
page 194. 

1( 5) Antennes blanches à l'extrémité; 

2( 3) Abdomen noir 1. grandis, p. 195. 

3( 4) Abdomen entièrement roux 19. jOCOSa, n. sp. 

4( 3) Abdomen roux avec l'extrémité noire 20. COUfUSa- 

5( 6) Antennes entièrement rousses 2. mellilia, p. 195. 

6( 5) Antennes noires, rou^•ses à la base seulement ; 

7(10) Abdomen roux | 

8( 9) Flanos jaunes 5. verticalis, J', 1-197. 

9( 8) Flancs noirs... 3. baSllanS, p. 196. 

10( 7) Abonien noir, les segments 4 et 5 jaune-roux 

4. ungulata, p. 196. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 297 

11(14) Antennes noires, pâles en dessous; 

12(13) Abdomen ro.ix, noir à la base et ù l'extrémiti?. 21. delta, p. 1 08. 

13(12) Abdomen entièrement roux jaunâtre 22. 14-puilCtata. 

14(11) Antennes entièrement noires; 

15 21) Tête plus ou moins jaune au dessus des antennes; 

16(17) Abdomen jaune ou à bandes jaunes.. 5. verticalis, $,196. 

17(20) Abdomen noir en dessus, ventre blanc ; 

18(19) Une tache anguleuse sur les flancs.,... 6. angUlifera, p. 197. 

19(18) Point de tache sur les flancs 113. lobatîl. 

20(17) Abdomen en partie roux ; flancs pâles 7. eximia. 

21(15) Tête toute noire au dessus des antennes; 

22.34) Abdomen noir; 

23(26) Ventre blanc; pattes rousses; 

24(25j Une tache blanche à la poitrine ; abdomen Ç avec 

une tache blanche à i'extrémiti)... . 8. lineata, p. 198 
25(24) Poitrine rousse ; dos de l'abdomen Ç 

sans tache 9, melliCOXa, p. 198. 

^6(23) Ventre noir; 
27(,30j Pattes roussis; 

28(29) Poitrine rousse; flancs roux 10. rufopeCtUS, p. 199. 

29(28) Poitrine noire; flancs noirs 11. rufipes, p. 199. 

30(31) Pattes noires; ailes foncées 12. atroviolaceus, p. 200. 

31(30) Pattes, noir et blanc; ailes hjaUnes; 

32(33) Ecusson blanc... 13. decorata, p. 200, 

33(32) Ecusson noir 24. cinctitibUS. 

34(22) Abdomen plus ou moins roux ; 

35(36) Hanches rousses 14. varians, p. 200. 

36(37) Hanches noires 25. semirubra. 

37(^36) Hanches blanches, du moins en dessous ; 
38(39) Cuisses postérieures blanches, noires à 

l'extrémité 15. palliCOXa, p. 201. 

39(38) Cuisses postérieures rousses ; 

40(41) Poitrine noire, sans tache 16. mutans, p. 20 1. 

41(40) Poitrine blanche; 

42(43) Deux points ovales blancs à la base des 

antennes 17. Signata, p. 201. 

43(42) Point de points blancs à la base des 

antennes 18. rufopsdibUS, p. 202. 

4. Tenthredo cingulata ?,Prov. p. 196. Cî-s dt la 
description du c?. 

cT— Le tfcape brunâtre en dessus; une tiche jaune en arrière des 



298 Ll NATURALISTE CANADIEN 

yeux, une autre sur le? flmcs ; les segments abdominaux 2, 3 et 4 
jaunes; les cuisses po-^térieures noires, 

19. Tenthrède guaie. Tenthredo j'ocosa, nov. sp. 

Ç — Lonp;. .30 pce. Corps peu allongé assez robuste ; thorax noir, 
abilonien jaune. Le chaperon, le labre, les mandibules, les joues, les 
orbites antérieurs, une tache de chaque côté sur le vertex en arriéré 
des yeux, les 4 articles termi'\aux des antennes, les écailles alaires, les 
bords du prothorax, l'écnsson, 2 taches sur les flancs avec les trochan" 
tins et l'extrémité des hanches, jaune-pâle. Pattes d'un jaune rous- 
sâtre, l'extréniité des cuisses postérieures plus ou moins obscure. 
Antennes longues, grêles, noires, blanchos à l'extrémité, les 2 articles 
basilaires marqués aussi de blanc au sommet. Les hanches noires, 
ies postérieures médiocrement allongées, portant une bande jaune en 
dehors. Ailes hyalines-jauuâtres, les nervures brunes, le stigma jaune; 
la cellule lancéolée avec une très courte nervule droite ; ailes inférieures 
avec 2 cellules di>cnïdales. Abdomen trapu, déprimé, entièrement 
jaune y compris les valves de la tarière. — E,. 

Capturée à St-Hyacinthe. 

20. Tenthrède confuse. Tenthredo confusa, JNort. 
Trans. Am Eut. tSoo. ii, p. 241, d". » 

^ Lon"-. .28 pce. Noire; le chaperon, les mandibules, le lobe 

médian du mésothorax, l'écusson, avec les pattes et l'abdomen en partie, 
roux. Antennes courtes, noires à la base, rousses au milieu et blan- 
châtres à l'extrémité. Le labre avec les écailles alaires, blanc. Ailes 
hyalines les nervures et le stigma, noir, le dernier taché de blanc à la 
buse. Pattes rousses, les hanches noires, l'extrémité des cuisses et des 
jambes postérieures avec la base de leurs tarses, noir, le reste de ces 
tarses blanc. Abdomen court et peu robuste, roux avec les trois 
segments terminaux noirs. — R. 

Espèce bien remarquable par sa coloration. Un seul 
spécimen pris au CapKouge. 

21. Tenthredo delta, Prov. est le Pachi/protasis delta., 
Prov. p. 108. Cet insecte appartient plutôt aux Tenthrèdes 
qu'aux Pacliyprotases. 

22. Tenthrède à-14-taehes. Tenthredo \^-punctata, 
Nort. Trans. Am. Ent. Soc. ii, p. 241, d" ?. 

Ç Lonf. .34 pce. D'un blanc jaunâtre varié de noir ; l'extré- 
mité des mandibules, une tache à l'endroit des ocelles, les 3 lobes du 
niésothorax au milieu de leurs dis(iues, le métathorax en partie, le 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 299 

disque des plaqties basilaires, uno t;iche à la poîtiine, les tnrses post(5- 
rieurs avec une Uirne en dehors de leurs j iinbes et le dessus des an 
tennes,, noir pins ou moins foncé, le reste d'un jaune pâle nnifornip. 
Antennes longues, grêles, noires en dessus, pâles en dessous. Ailes 
hyalines, les nervures brunâtres, le sîignia blanchâtre. Les cuisses 
plus ou moins tachées de brun en dessus, avec un putit anneau li l'ex- 
trémité. Abdomen robuste, cylindrique, allongé, pâle, avec la suture 
des segments brune, et 7 points noirs ou bruns sur cha(jue côté. — R, 

Espèce bien distincte par sa couleur pâle. Capturée 
à St-Hyacinthe. 

23. Tenthrède lobée. Tenlkredo lobata, Nort. Allantus 
lob, Nort. Trans. Am. Ent. Soc. ii, p. z29, $. 

Ç — I<ong. .45 pce. Noire; la tête en partie, tous les bords du 
prothorax, les écailles alaircs, la tache en V, les carènes du métatho- 
rax, les côtés des pla(jues basilaires, une tache circulaire au dessus des 
hVnches postérieures, les 4 pattes postérieures en avant, tous les tro- 
chantins, les jambes fostérieures exe p té à l'extrémité, avec les côtés 
du ventre, blanc, La tête est d'un blanc jaunâtre avec le derrière 
noir et une tache noire aux ocelles trilobée en avant .«-'étendant jusque 
sur le vertex, touchant les yeux en dessus et envoyant un rameau en 
arrière jusque vers leur milieu. Ailes hy lines, le stigma brun, pâle 
à la base. Abdomen allongé, cylindrique, avec les sutures ob-c iré- 
ment marginées d'une ligne pâle. — R. 

Capturée à St-Hyacinthe. 

24. Tenthrède à-jambes-eeinturées. Teiithredo cÀuc- 
titibiis. Cress. Trans. Am. Ent. ;?oc. li, p. 239, 9. 

Ç — Long. .52 pce. Noire, le chaperon, le labre, les ycai 11 es alaires, 
les hanches et les trochantius, blanc. Chaperon médiocreuient échan- 
cré. Antennes moyennes, les articles dilatés au sommet. Les flancs 
avec une tache blanche en ligne transversale. Pattes noires, les 4 
cuisses antérieures blanches excepte à la base, de même que leurs 
jambes excepté à l'extrémité, tons les articles des tarses blancs à la 
base ; les pattes postérieures avec la base des cuisses et un large an- 
neau au milieu de leurs jambes, blanc. Ailes hyalines-jaunâtres, leg 
nervures noires, la base du stigma pâle. Abdomen robuste, entièrement 
noir. — K. 

Capturée au CapRouge. 

25. Tenthrède semi-rouge. Tenthredosemi' rubra, Nort. 
Trans. Am. Eut. Soc. li, p. 236, ?. 



300 LE NATURALISTE CANADIEN 

Ç— Loncr .50 pce. Thnrax noir, abdomen roux ; le chaperon, 
le l;ibre, le? maiiflibiiles excepté à l'extrémité, un point sur les joues, 
les éc lilies alaires, les anL:;les antérie>irs, les côtés des plaques basi- 
laires avec une tache au des-^ns des hmches postérieures, jaune-[âle. 
Tête fort grosse, excavée aux côtés des ocelles; antennes longues, les 
articles plus gros à l'extrémité. Ailes hyalines, légèrement jaunâtres, 
les nervures brunes, le stigma roux, pâle à la base. Pattes noires, les 
4 jambes antérieures, l'extréii'ité des cuisses de la première paire en 
avant, avec le dernier article des tarses postérieurs, blanchâtres. Ab- 
domen allongé, cylindrique, les 2 premiers segments noirs, le reste 
roux.— PC. 

Capturée au CapRouge. 

Gen. Lyda, Fabr. Vol X, 202. 
Aux 8 espèces décrites, ajoutez les 3 suivantes. 

9. Lyde de-Chicoutimi. Lyda Chicoutimiensis, Huart, 
Nat XI, p. 149. 

Ç Loiio'. .50 pce. Noire; le tiers basilaire des antennes, une 

tache soulevée, allongée, lisse, oblique, touchant presque l'œil de son 
extrémité extérieure au dessus de l'insertion de chacune, les mandibules 
avec les pattes, jaune-rous^âtre ; un i oint au dessus de chaque œil, une 
ligne de chaque côté s'ir le derrière de la tête, les écailles alaires, le 
bord supérieur du piothorax, une tache près du bord inférieur, l'écus- 
sou les bords latéraux du dos, une ligne au sommet des segments ven- 
traux, blanc ou jaune pâle. Antennes avec le 3e article aussi long que 
les 2 suivants réunis. Le vertex et le mésothorax avec de gros points 
enfoncés. Les hanches noires, les ja^ bes antérieures avec une forte 
épine latérale. * AilcN hyalines avec une tache légèrement obscure à la 
base du stigma, les nervures brunes, la 2e cellule brachiale sans ner- 
vure transverse. 

Une seule ? rencontrée. Son écusson blanc, les di- 
verses taches du vertex, les 2 taches obliques roussâtresdu 
milieu de la face, et sa plus forte taille, la distinguent sur- 
tout de la macidivetitris. 

10. Lyde discolore Lyda discolor, Cress. Trans. Am. 
Ent. Soc. viii, p. 26. 

9— Long. .50 pce. Testacée avec taches plus pâles; le chaperon, 
le- joues, une lâche de chaque cÔté sur le vertex, le lobe médian du 
^ésothorax, une bande sur ses lobes latéraux, l'écusson, les éc:;illes 
ablircs avec la poitrine, blanc ou jaune pâle j l'extrémité des mandi- 



ADDTTIOXS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 301 

bules, une tache raediane sur le vertex, avec une autre de ch;ir|ne côté 
plus ou moins distincte, les sutures du thorax .ivr'C l'estréiiiito de 
l'iibdoinen, noir ou brun-ioncé. Ailes hyalines, les nervures et le sti;^ 
ma jaunes, le dernier taché de brun à la base, la 2e cellule brachiale 
sans nervule transverse. Pattes de la couleur du corps, lesjaii;bcs 
antérieures avec une lot:gue épine latérale. Abdomen lar<re, déprimé, 
testacé, ses segments finement marginés de noir au sommet, l'extré- 
mité tachée de brun. — R. 

Un seul spt'-'C'impn cipinré au CapKonge. 
11. Lyde de-Provancher. Lyda Provancheri. Huart. 
Nat. XI, p. 148. 

$ — Long. .40 Douce. Nuire; une ligne bordant le chaperon et 
recevant trois lignes perpendiculaires, l'une au milieu montant jusque 
vis-à-vis les points d'insertion des antennes, et les deux autres, un peu 
plijs longues, longeant les côtés internes des yeux, les mandibules ex 
cepté à leurs extrémités, les palpes, une tache longitudinale à la partie 
inférieure des joues et touchant les yeux, les écailles alaires, d'un jaune 
pâle ; le dessous de l'abdomen excepté une tache à la base de chaque 
segment, une bande assez largo bordant le dessus, une bande trans- 
versale sur le milieu des segments 4 et 5 en dessus, d'un jaune roux; 
les antennes, de longueur u;oyenne, couvertes d'une pubescence courte 
et peu dense, jaunes excepté une grande tache sur le dessus du premier 
article, qui est un peu blanchâtre à son extrémité supérieure et revêtu 
d'une pubescence plus longue ijue celle des autres ; l'article 3 presque 
aussi long que les trois suivants réunis; pattes pubescentes, d'un jaune 
roux, excepté une tache plus ou moins étendue sur les cui.sses. Vertex 
rugueux, brillant. Ailes hyalines, les supérieures traversées à leur 
milieu par une bande étroite légèrement enfumée ; stigma noir avec 
une tache blanche à la base ; les nervures noires, pâles à la base ; la 2c 
cellule brachiale avec une nervure transverse interrompue presque au 
milieu de sa longuetir. 

Une seule ? rencontrée. Cette espèce est voisine de 
la L.fasciata, Nort., elle s'en distingue surtout par ses an- 
tennes jaunes et l'absence de taches sur le vertex. 

Fam. II. UROCÉRIDES, Vol X. p. 225. 

Gren. XlPHlDRlA, Lntr. p. 232, aux 2 espèces décrites, 
ajoutez la suivante. 

3. Xiphidria Provancheri, Cress, Tran^, Ain Eut. 
Soc. viii, p. 49. Xiphidion Canadense, Prov. X, 233. 



302 Î-E NATURALISTE CANADIEN 

M» Cresson, avec raison, a retranché notre genre 
Xiphidion, par ce que la nervulation des ailes chez les 
Xiphidria est trop variable, pour former an genre distinct 
d'une variation qui peut n'être qu'accidentelle. 

Fam. III EVANIIDES. Vol. X, p. 234. 

G-enre AulaCUS, Jurine p. 236. 

Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

3. Aulaque tarses-roux. Aulacus rufitarsis, Cress. Proc. 
Eut. Soc. Phil, iii, p. 134, ?. 

Ç —Long, .45 pce. Noir avec l'abdomen roux; le vertex, l'occi- 
pi;t et les mandibules, polis. La fitce légèrement pubescente. Les 
antennes plus longues que la tête et le thorax. Thorax gibbeux, strid 
profondément en travers. L'écusson aussi strié transversalement et 
avec 2 courtes impressions longitudinales. Ailes hyalines, légèrement 
enfumées, le eosta fuligineux, les nervures noires de même que le 
stigma, la nervule divisant les cubitales 2 et 3 presque entièrement 
oblitérée. Pattes noues, les hanches rugneusàs, les cuisses polies, les 
tarses toux pâle. Abdomen d'un roux brillant, la tarière plus longue 
que l'abdomen, jaune, ses valves noires. — PC. 

Une seule ç rencontrée. 

Après le genre Aulacus, ajoutez le suivant. 

Gen. Pammegischia, nov. gen. 

(De pammegas, très grand, et ischion, hanche). 

Tête hémisphérique, unie au thorax par un cou fort 
allongé, courte inférieurement, à front convexe, yeux petits, 
portant les antennes vers son milieu. Mandibules biden- 
tées. Antennes filiformes, grêles, de 15 articles, le premier 
allongé et renflé à son sommet faisant saillie en dedans, le 2e 
presque aussi long que le premier et plus fort que le 3e, 
les suivants plus allongés et diminuant de longueur à me- 
sure qu'ils se rapprochent de l'extrémité. Thorax de 
longueur moyenne, le prothorax fortement allongé en cou 
pour recevoir la tête, le mésothorax gibbeux en avant et 




ADDITIONS ET r CORRECTION'S AUX HYMÉNOPTÈRES. 303 

ridé en travers. Ailes avec une grande cellnle radiale 
atteignant l'extrémité, 3 cubitales, dont la prem, ère grande, 
reçoit la 1ère récurrente vers le milieu de son côté, et non 
au point d'intersection de la nervure qui la sépare de la 
'2e, comme dans les Aulacus ; 3 cellules discoïdales parfaites. 
Ailes inférieures sans autre nervures que la costale. Pattes 
grêles, de longueur médiocre, avac les hanches postérieures 
renflées et fort allongées, fig 1, se prolongeant en dedans au 
delà de l'insertion des trochantms. Abdomen court, 
ovoïde, briôv^ement pédicule, inséré sur le dos du mé- 
tathorax qui s'allonge en pédicMile pour le recevoir. 
Pig. 1. Tarière grêle, un peu plus longue que l'abdomen. 
Les hanches postérieures allongées et la disposition 
des nervures des ailes distinguent particulièrement ce 
genxe des Aulacus^ dont il est voisin. Dans ces derniers, la 
nervure divisant les 2 premières cubitales en se joignant 
avec la 1ère récurrente forme un X au point d'intersection, 
tandis que dans ceiui-ci, la première récurrente est reçue 
bien avant le point d'intersection. Une seule espèce ren- 
contrée. 

Pammégischie de-Burque. Pammegischia Burquei, n. sp. 
Ç — Long. .38 pce. D'un jaune rous>âtre uniforme dans toutes 
ses parties. Tête polie, luisante. Tout le thor.ix fortement rugueux, 
le mésothorax ridé en travers. Ailes hyalines, les nervures brunâtres 
le stigma jaune, plus obscur à la base. Les yeux, les ocelles, l'extré- 
mité des tarses avec les valves de la tarière, noir. — II. 

Nous dédions avec plaisir ce bel insecte à M. l'abbé 
Barque qui en a fait la capture à St-Hyacinthe. 

Fam. IV. ICHNEUMONIDES, Vol. X, p. 257. 

G-en. Ichneumon, Lin. p. 265. 

Aux 67 espèces décrites, ajoutez les 15 qui suivent, ce 
qui force à modifier comme suit la clef systématique de la 
page 266 et suivantes. 

FEMELLES. 

§ Abdomen noir ou bleu, sans taches^ si ce n'est quelquefois au som- 
met du premier ou du dernier article. 
1(34) Abdomen noir ou bleu, sans taches ; 



304 LE NATURALISTE CANApIE^ 

2(21) Pattes postérieurs noires, leurs jambes sans taches; 
3(16 j Extrémité de l'abrlomen immaculée; 
4(13) Ailes fuligineuses obscures ; 

5( 6) Tête grosse, en carré.- 1. saucius. Vol. X, p. 259. 

6( 5) Tête ordinaire ; 

7(10) Post-pétiole ponctué ; ailes à reflets violets ; 

8( 9) Ecussonnoir; stigma noir , 2. viola, X, 289. 

9( 8) Ecusson blanc; stigme fauve 68. caliginOSUS. 

10( 7) Post-pétiole finement aciculé ; 
11(12) Hincbes postérieures sans brosse en 

dessous 3. malacus, X, 290. 

12(11) Hanches postérieures avec une brosse 

en dessous 2. cincticornis, X, 290. 

13( 4) Ailes hyalines ou légèrement obscurcies ; 
14(15) Couleur bleue; écusson blanc sur les 

côtés seulement 9. caeruleus, X, 292. 

15(14) Couleur noir-bleuâtre ; disque de l'é- 

cusson tout blanc 12. subcyaneus, X, 293- 

16( 3) Extrémité de l'abdomen tachée de blanc; 

17(18) Trochantins postérieurs blancs. 15. extrematatis, X, 294. 

18(^17) Trochantins postérieurs noirs ; 

19(20) Post-pétiole large; thorax avec l'écusson blanc 

seulement; ailes enfumées.. 13. bimembîis, X, 293. 
20(19) Post-pétiole étroit ; thorax avec plusieurs taches 

blanches; ailes claires... 14. brevicilictor, X, 294. 
21(33) Pattes postérieures noires? ou bleues ; leurs 
jambes tachées de blanc ou de jaune; 

22(23) Mésothorax brun-ferruginueux 6. centrator, X, 291. 

23' 22) Mésothorax noir ; 

24(32) Extrémité de l'abdomen immaculée; 

25(29) Ecusson noir ; 

26(^27) Caisses renfles; une ligne orbitale pâle 

au dessus des antennes 18. pravus, X, 295. 

27(28) Cuisses renfli-es ; tête sans aucune tache. 69. corvinus. 
28(27) Cuisses grêles ; tête sans aucune 

tache. 17. p'IoSUluS, X, 295. 

29(30) Ecusson noir taché de blanc sur les côtés 

seulement 10. navus, X, 292. 

30(31) Ecusson blanc ; uiétathorax taché 

de blanc 22. otiosus, X, 297. 

31 1 30) Ecusson blanc ; métathorax im- 

• maculé 21. unifasciatoriiis. X. 296. 



ADDITfOVS ET CORRECTIONS AUX IITMÉVOPTÈaES. 305 

32(24) Extrémité de l'abdomen tichée 

de bl.inc 16. stygicus, X, 294. 

33(21) Pattes postérieures ferrugineuses ; ex- 
trémité de l'nbdomen t.ichée de 

bl.inc 27. helvipei, X 299. 

§ § Abdomen noir avec hamles on ftichfis blanche'^ oujiunes, ces taches 

queJqw'/ois variées Je ferrugineux. 
34(33) Abdomen noir aveo bmdes noires ou jaunes ; 
35(36) Le 2e .«egment seulement .-ivec une bande 

blanche ou jaunâtre 20 feralis, X, 319. 

36(37) Le 2e, et souvent aussi le 3e seirment, avtc 
une b:ini]e jiune au sommet, serments 

terminaux ferrugineux 38. SUbdolUS, X, 354. 

37(36) Le 2e segment fauve, les segments 3, 4 
et 6 avec une bande blmchàtre 

^ au sommet 39. jUCUndU5, X 354. 

§ § § Abdomen ferrugineux avec Vexlrémite noire. 

38(46) Abdomen ferrugineux, son extrémité noire; 
39(40) Segments 2 et 3 d'un roux plus ou moins 

obcur 75. UStUS, n. sp. 

40(41) Segments 1, 2 et 3 roux, l'extrémité sans 

tache [aie 47 nigrovariegatus, X, 357. 

41(40) Segments 1, 2, 3 et souvent 4, roux, l'extrémité 

avec une tache pâle ; 
42(45) Antennes à article 3 deux fois plus long que 4 ; 
43(44) Extrémité de l'abdomen avec une tache 

pâle 49. caudatus, X, 358. 

44(43) Extrémité de l'abdomen sans tache 

pâle 50. inslabilis, X, 358. 

45(42) Antennes à article 3 à peine plus long 

que 4.. 48. humilis, X, 358 

§ §§ § Abdomen roux oii ferrugineux^ les segments 1, 2, et 3 quelqve- 

foi.t^ tachés de noir ; le sommet, roux. 
46(38) Abdomen roux ou ferrugineux, son extrémité rousse; 
47(55) Ailes fuligineuses; 
48(49) Hanches postérieures avec une brosse en 

dessous. 51. grandis, X, 359. 

49(48) Hanches postérieures sans brosse en des.sous ; 

50(51) Ecusson noir; antennes grêles 52, rufiventris, X, 359- 

51(52) Ecusson noir; antennes grenues, en 

roulées 56. iusolen». X, 861 



306 LE NATURALISTE CANADIEN 

52('51) Ecusson pâle; 

53(54) Jambe?» postérienres blanches à la 

base 54. devinctor, X, 360. 

54(53) Jambes postérieures d'un ferrugineux plus 

ou moins fonc^ 55. lividuIUS, X, 360. 

55(47) Ailes hyalines on snb-hysilines ; 

56(61) Thorax entièrement noir ; 

57(60) Antennes avec un anneau pâle; 

58(59) Jambes jaunes ; abdomen à segments plus ou 

moins noirs à la base 57. Canadensis, X, 361' 

59(58) Jambes rousses ou ferrugineuses ; abdomen 

entièrement ferrugineix. 59. funeStUS, X, 362, 

60(57) Antennes sans anneau pâle ; face 

jaune 77. paradoxDS, ". sp. 

61(62) Thorax noir; métathorax taehé de 

blane 60. W-album, X, 362. 

62(68) Thorax noir; le métnthorax sans taches 

blanches; le méso et quelquefois a\issî 
le métathorux plus ou moins ferrugineux ; 

63(64) Jambes postérieures avec un anneau 

pâle 78. annuljpes. 

64(67) Jambes postérieures ferrugineuses, noires 

à l'extrémité ; 
65(66) Dernier segment sans tache jîiune.. . 50. instaMIÏS. X, 358. 
66(65) Dernier segment avec une tache jaune ; 

tarièie saillnnte 58. veloX, X, 361, 

67(64) Jambes postérieures entièrement ferrugineuses; 

tarière non saillante 6i. seminiger, X, 364, 

68(62) Thorax entièrement ferrugineux, noir 

seulement aux sutures; 
69(72) Post-pétiole aeiculé ; 
70(71) Deuxième segment abdominal non 

ponctué 67. proximus, X, 365, 

71(70) Deuxième segment abdominal dis- 
tinctement ponctué 80. nanus. 

72(69) Post-pétiole ponctué 81. soror. 

MALES. 

§ Abdomen noir ou bleu,, taché seulevirnt quelquefois au premier ou 
au dtrnier segment. 

1(48) Abdomen noir ou bleu, sans taches, si ce n'est 

quelquefois au premier ou au dernier segment; 



ADDITIONS ET CORRECTIONS ATTX HY.MÉXOPTÈRES. 



307 



2(16) Pattes poiit°rieures entièrement noires; 

3( 4) Antennes jaune-orange, noires à la base et à 

l'extrémité 7. flivicornis, X, 291. 

4( 5) Antennes noires, sans anneau |âle 70. pepticUS. 

5( 4) Antennes noires, avec un anneau pâle ; 
6(11) Extrémité de l'abdomen sans tache; 
7(10) Ailes fuligineuses, foncées ; 

8( 9) Face entièrement noire 5. galenuS, X, 290. 

98) Fuce blanche 21. unifasciatorivs. X, 296. 

10( 7) Ailes hyalines ou snb-hyulines 8. acerbus, X, 291. 

11 ( 6) Extrémité de l'abdomen avec taches pâles; 
12(15) Post-pétiole entièrement noir ; 

13(14) Trochantins postérieurs noirs 14 brevicinctor. X 294. 

14(13) Trochantins postérieurs blancs.. 15. eXtrematilUS, X 294. 
15(^12) Post-pétiole marginé de blanc au som- 

^ met 11. citatUS, X, 193. 

16(42) Pattes postérieures noires, leurs jambes plus 

ou moins blanches ; 
17(27) Antennes avec un anneau f â!e ; 
18(26) Extrémité de l'abdomen sans taches ; 
19('23) Post-pétiole entièrement noi»* ; 
20i^21) Jambes postéiieures blanches, noires à l'extrémité, 
les 4 hanches antérieures avec leurs trochan- 
tins, blanc 19. vagans, X, 295. 

21(22) Jambes postérieures avec un anneau blanc à la base; 

les trochantins po-térienrs blancs.. 10. navus, X, 295. 
22(21) Jambes postérieures avec une ligne blanche à la 

base en dehors 20. SUblatuS, X, 296 . 

23(19) Post-pétiole avec une tache ou bande blanche au 

sommet. 
24(25) Métathorax immaculé.. .... 21. unifasciatoriuS, X, 296. 

25(24) Métathorax avec 2 taches blanches en 

arrière 20. SUblatUS, X, 296. 

26(18) Extrémité de l'abdomen marquée de 

b'anc Amhlyt. impruvisus,'K\, Q, 

27(17) Antennes entièrement noires; 

28(41) Post-pétiole entièrement noir; 

29(40) Métathorax immaculé ; 

30(35)Jambes postérieures blanches ou jaunes, noires 

à l'extrémité ; 

31(32) Ailes brunes 23. bronleus, X, 297. 

32(31) Ailes subhyaliDes ; 



308 LE NATURALISTE CANADIEI^ 

33(34) Tarses postérieurs blancs, annelés de noir ; les 

4 hanches ant(^rieures blanches. 24. cinctitarsis, X, 29T, 
34(33) Tarses postérieurs tout noirs, toutes les 

hanches blanchies Amblyt. nllus, Xî, 1. 

35(30) Jambes po^-térieures noires, avec une lij:ne 

blanche en dehors ; 
36('39) Post-pétiole grossièrement aciculé; 
37(38) Abdomen noir, segment 2 uniformément rugueux; 

hanches postérieures marquées de 

blanc Amhlyf. nitus, XI, 7, 

38(37) Abdomen noir bleu, segment 2 grossièreujent et 

longitudinalement rugueux à la base au 

milieu; hanches postérieures tout 

noir AnihJyt. Stadaronenxis^ XI, 7. 

39(36 Post-pétiole poli o' ponctué 12. SUbcyaneUS, X, 293. 

40(29) Métathorax avec 2 taches blanches en 

arrière 20. SUblatus X, 296. 

41(28) Post pétiole taché de blanc au somuKjt. 9. caeruleUS, X, 292. 

42(16) Pattes postérieures ferrugineuses ; 

43(44) Hanches postérieures ferrugineuses, extrémité de 

leurs cuisses, de leurs jambes et leurs tarses 

entièrement, noir ; forme grêle.. 26. puerilis, X, 298, 
44(43) Hanches postérieures noires ; 

45(46) Ecussonnoir; face jaune 25. SimilariS. X. 298, 

46(47) Enis.-OM taché de b anc ; fice j lum-.. . Amblyt. Inclut;^ XI, 8. 
47(46) Ecus.-on jiune; faeo noire avec les côtés 

jâies 27. helvipes, X, 299. 

§§ Abdomen noir, à segments marginés de blanc. 
48(49) Abdomen i oir, avec bandes blanches à tous les 

segments 28. alboittarginatus, X, 79^, 

S8 8 Abdomen noir et jaune, varié quelquefoia de ferrugineux. 
49(78) Abdomen noir et jaune, quelquefois varié de 

ferrugineux ; 
50(66) Extrémité de l'abdomen noire, immaculée; 

51(52) Antennes avec un ai.neau pâle 71. SUadUg» 

52(^51) Antennes sans atuieau pâle; 

53(54; SvgUiCiit 3 avec une bande jaune peu distincte à 

la base ; pattes jaunes 23. brOnteuS, X, 29-7. ; 

54(55) Segments 2 et 3 jaune , vaiiés à la bas et 

au sommet, et quelquefois au milieu, 

de ferrudueux 72. Versabilîft 



! 



ADUrTIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 309 

55,56) S>'giiiiMit> 2 et 3 j nines, plus ou moins 

noirs au sommet 30. CDmeS, X, 350. 

56(59) Segments 2 et 3 jaunes, plus ou moins 

noirs à la base ; 

57 58; Gi^^t-nC'-lh's profonds; tnille 

"'"yi'î"' 31. trizoiiutu§, X, 350. 

58 57j Gaï^tioelK's peu distincts, subob-olèics. 34. vescus, X, 352, 
59(56) Segments 2-4 plus ou moins j.iunes, quel- 

quelois aussi le post-pétiole; 
60(63) Buse des segments 2 4 jaune, le sonjmet noir ; 

■61(62) G istrocelles profonds ; taille forte 29. cornes, X, 300. 

€2(61) Gastrocelles subobsolètes; taile 

petite 35. poinillus, X, 349. 

63(60) Bise des segments 2-4 noire, le commet jiune, 

V extrémité du premier segment jaune; 
64(65) Taille grande ; lignes orbitales com- 
plètes 73. munlficus. 

65 64) Taille moyenne ; oibit;>s interrompis... 32. laetus, X, 351. 
66(69) Extrémité de l'abdomen noire, marginée de 

blanc ou de jaune ; 
67(63) Mésothorax noir avec une tache jaune médiane; 

abdomen large, noir avec bandes 

jaunes 36. f lavizonatus, X, 353. 

68^67) M'Sothorax avec 2 .ignés jaunes; abdomen 

étroit, giêle à la base, jaune avec 

bandes noires 37. comptus, X, 353. 

69(66) Extrémité de l'abiomen fauve, (juelquefois 

marqué de blanc ou de jaune ; 
70(75) Antennes sans anneau j^le ; 
71(74) Post-pétiole aciculé ; 

72^73) Soi^mcnts 5 et 6 noirs, 7 fauve 74. Inconstant. 

73 72) St!g nents 5-7 fiiives ou ferrugineux. 40. crêperas, X, 354. 
74(71) Pust-pétiole ponctué, pre.s.|ue ui.i... 33. mîuiicus, X, 351. 
75(70) Antennes avec un anneau pâle; 

76(77) Post-pétiole aciculé 40. creperus, var. X. 354. 

77(76) Pust-pétiole uni, |âle 41. paratus, X, 355. 

§ § § Ah(^ omen jaune- safran, noir à l'extrémité, 

78(79) Abdomen j lune-safran, les 3 ou 4 segments ter- 
minaux noirs; pattes entièrement 
jauiius 42. uillvus, X, 355. 



310 LE NATURALISTE CANADIEN 

§ § § § -Abdomen plus ou moins ferrugineux, son extrémité 
touj'))irs noire. 

79(99) Abdomen ferrugineux, noir à l'extrémité; 
80^81 j Segment 3 ferrugineux à la base, les autres 
segments noirs ; ailes subhyalines ; la 
face, récu?son et les pattes, 
jaune .• Âmhlyt. Quehecensis^ XI, 10. 

81(80) Segments 2 4 plus ou moins ferrugineux ; 

82(,83) Ailes fuligineuses 52. rufiveutrls*. 

83(82) Ailes hyalines ou subhyalines ; 

84(95) Antennes sans anneau pâle; 

85(83) Eciisson noir ; 

86(87) Ecailles alaires fauves ou brunes. .. 44. cervulus, X. 356. 

87(86) Ecailles alaires blanc pur 45. decoratu§ X, 356. 

88(85) Ecusson plus ou moins pâle; 

89(90) Hanches postérieures tachées de blanc. Amhlyt. eleclus^'S.l^ 

90 89) Hanches postérieures noires ; 

91(92) Ecusson plat; post-pétiole finement aci- 

calé Amblt/t. Qnebecensis, ^\, 10. 

92(91) Ecusson convexe ; 

93(94) Post pétiole finement aciculé 50. Iiistabilis. 

94(93) Post-pétiole indistinctement gra- 
nulé 46. laclivynians, X, 357. 

95(84) Antennes avec un anneau fiâle ; 

96(97) Pattes rouses ; écisson pâle 43. fiiiitimuii, X, 356. 

97(98) Pattes noires , ecusson noir. 76. nigripes. 

98(97) Pattes rousses; ecusson noir. -, 75. ustus. 

§ § § § § Abdomen rour ou ferrugineux^ les segments 1, 2 et 3 plus ou 
moins noirs à la base ou au sommât, l' extrémité jamais noire. 

99(79) Abdomen ferrugineux, l'extréniité jamais noire ; 

100(110) Ailes fulligineuses, foncées ; 

101(109) Anten les sans anneau pâle ; 

102(107) Pattes postérieures entièrement noires ; 

103(1(14) Tèle grosse, en carré, joues convexes 51. grandis, X, 359. 

104(103) Tête petite, subtriangulaire, joues aplaties ; 

105(106) Ecusson noir ; post-pétiolé aci- 
culé 52. rufiveiitris, X, 359. 

106(105) Ecusson taché de blanc ; post-pétiole gros- 
sièrement rugueux. 53. placidtis, X, 360. 

107(108) Pattes postérieures noire-, l<Mirs jambes 
tachées de blanc latérulemeut à la 



ADnmnNS et CORRKCTfON'S AUX HYMÉNOPTÈRES. 311 

base ; éciissoii blanc 54. devinctor, X, 360. 

108(107) Pattes postérieures nnires, leurs cuisses 
et le ir» juiubes ferrusritiea^es ; t^cus- 

i-on noir 52. rufivenfris, var. X, 359. 

109(101) Antonnes avec un anneau pâle.. .. 56. insoleiis, X, 361. 
110(100) Ailes hyalines ou subhy.ilinos ; 
111(118) Antennes sans anneau pâle ; 
112(115) Abdomen ferrugineux, la base des seg- 
ments plus ou moins noire ; 

113(114) Tête et thorax noirs 40. creperus, X, 354. 

114(113) Tête et thorax ferrujjineux ...,.,. . 65. voleiis, X, 364. 
115(112) Abdomen ferrugineux, le 1er segment 
seulement noir, ou entièrement 
ferrugineux ; 
116 117) T^horax noir ; stigma fauve ... .yl'?iWy<. unbioignit, XI, 12. 
117(^116) Thorax roux ; stigma brun .. .. 79. rubicuudus 
118(^111) Antennes avec nn anneau pâle ; 
119^124) Hanches postérieures noires, ou taehiSes de blanc ; 
120(121) Abdomen roux ou ferrugineux, sans taches 
de brun aux segments 2 et suivants ; 
chaperon avec une impression 

médiane 61. duplicatus. 

121(120) Abdomen roux ou ferrugineax avec 
taches brunes aux segments 2 et 
suivants j 
122(123) Métathorax taché de blanc... 60. W-albuin, X, 362. 
123(^122) Métathorax noir ou fauve, sans 

tache de blinc 63. scltulUM, X, 363. 

124(119) H inches postérieures ferrugineuses ; 
125(126j Abdomen avec une bande blanche 

[ilus ou moins distincte ,. 65. volons, X, 364. 

126(125) Abdomen sans bandes blanches ; 
127(128) Jambes postérieures noires avec un 

anneau blanc 62. annulatus, X, 363. 

128(127} Jambes postérieires entièrement 

jaunes... 68. mucronatus, X, 364. 

A corUinuer. 



312 LE NATURALISTE CANADIEN 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



(Continué de la page 287). 

XI 

Jaffa. — La maison de Simon-le-Corroyeur. — Les jardins ; la chambre des 
pestiférés. — Le départ; nos montures. — La fontaine Abou-Nabbout *, 
la demeure de Tabithe. — La plaine de Saron. — Lydda, Ramleh. — 
L'atelier de Nicodème. — La tour (ies 40 martys. — Latroun ; Em- 
moas. — Saii-^. - Abougosch. — Vue de S. Jean in-Moiitana ; 
Torrent du Terébmthe — Vue de Bethléem, du mont des Oliviers, 
de Jérusalem ; entrée dans la ville sainte. 

J;ifFa ou Japha est raiicicnne Joppé de l'écriture. Cost 
une ville des plus anciennes da monde ; certaines traditions 
veulent même qu'elle existât avant le déluge. Détruite 
par le catHcly>me, le iils de Noé Japhet l'aurait rebâtie et 
lui aurait donné son nom. Quelques uns veulent aussi que ce 
soit là < ue Noé aurait couî-tiuii son aiche. Ce qu'd y a de 
certain, c'est que cotte ville est très Hucienne Cétiiit le 
seul port de m^r que possédassent les Israélites. C'est à 
Jatl'a que le roi de Tyr, Hiram, faisait transporter les pré- 
cieux bois de cèdre qu'd tirait du Liban et qu'il livrait à 
Salomon pour la construction du temple du très-Haut. 
C'est aussi à J;iff<i que le prophète Jonas s'embarqua sur 
un vaisseau faisant voile pour Tarsis, pour se soustraire à 
l'ordre du Seigneur d'aller prêcher la pénitence à Nmive. 
On sait le naufrage qui s'en suivit et comment le prophète 
fut remis sur le rivage par une baleine qui l'avait avalé. 
Tour à tour possédée par les Machabées, les Romains, les 
Arabes, les Perses, les Turcs, les E2'yi)tiens, elle fut autant 
de fois détruite et rebâtie. S. Louis l'entoura d'une mu- 
raille flanquée de vingt quatre tours que le sultan Kibars 
rasa quelques années plus tard. 

Mal bâtie, à rues étroites, tortueuses et malpiopres, 
la ville ne renferme plus aujourd'hui que 6 000 habitants, 
dont un millier à peu près sont citho iques, les musul- 
mans seuls y compta .t pour plus de 4,0^0. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 313 

Nous étions à peine rendus avec nos b;igngP6 an cou- 
vent des PP, franciscains, que le Prmce Iiodolph<» ojiera 
son débarquement, et vint aussi saluer les bons rt ligieux. 
Nous venions de terminer notre Te Deum, pour lemercier 
Dieu de notre heureuse navigation, qu > le Prince se pré- 
senta pour y accomplir le même acte de religion. L»' P. 
Gardien le reçut à la porte de l'église et lui présenta l'eau 
bénite et l'encens. 

On se montre généralment avide de voir les jçrands 
personnages, ceux que U'ur naissance, leur génie ou leurs 
vertus élèvent au dessus du commun des hommes; on se 
plait à rechercher dans leurs traits quelques rayons de 
cette autoyté émanée de Dieu qui s'est rep(>sé sur eux, 
quelques signes extérieurs des privilèges dont les a favorisés 
la Provi<lence ; mais tous ceux qui ont épié dans ces sen- 
timents la ri-ncontie du Prince Ivodol[)he à son débarque- 
ment a JafFt, ont été grandement dv'çus dans leur espé- 
rance, surtout en examinant sa mise. En simple habit de 
chaise à petits carreaux gris et noir avec culottes se ter- 
minant au dessus du genou, on aurait plutôt reconnu, 
dans cet accoutrement, un vulgaire coureur de taillis, que 
l'héritier de la cou roniu' de l'un des plus vastes em|)ires 
du monde Sou precrpteur, son oncle, l'ex-Griand Duc de 
Toscane, malgré ses cheveux blancs, portait aussi le même 
costume. Du reste, pour le Prince, bonne figure, tt^iiL 
blond, traits réguliers, front large et découvert, et rien qui 
dénote la morgue et les sottes {)rétentions. Si tenue pen- 
dant la cérémonie religieuse fut tout-a-fait digne et res- 
pectueuse. 

Comme If départ av;iil été fixé pour les deux heures 
de Taprès midi, on s'empresse dès le matin de fane quel- 
ques petites excursions dans la ville. 

Et tout d'abord nous faisons la connaissance du Frère 
Liévin qui doit nous guider dans toutes les pérégrinations 
que nous aurons à faire dans la Terre-Sainte et la Syrie. 
Depuis vingt-deux ans, ce bon Frère est presque constam- 
ment occupé à conduire ;iiu>i des voyngeurs dans toutes 
les endroits mémorables de d-tte contrée, fii.^ant le fr;ijet 
de Jérusalem à Beyrouth et Baalbek jusqu'à quatre et cinq 



314 t^ VATUîlALISTE CAMVOfEJI 

fois chaque année. Le Frère, qui n'a encore que la soixan- 
taine, a la barbe et les cheveux tout blancs, ce qui n'eni- 
péche pas qu'il puisse mettre à bout les plus forts cavaliers 
qui entreprendi aient de le snivre II est fl imraand d'origine. 
Il ef^t l'auteur du Guide Indicateur de la Terre-Sainte, (]ae 
tous les pèlerins des Saints-Lieux ont constamment à la 
main. Ayant fait une étude spéciale de tous ces lieux, il 
est lui-même un livre vivant et des mieux renseignés» A 
chaque endroit rendu mémorable par quelque fait saillant, 
il nous fait l'historique du lieu, nous rapporte le fiiit, et 
sait s'arrêter aux preuves les plus convainquautjs, lorsqu'il 
y a eu dissidence sur quelque point. 

Nous allons à sa suite, à quelques pas seulement du 
couvent des PP., mais à travers di"S montées, des descentes, 
dos voûtes, des couloirs tortueux où le meilleur chien de 
race pourrait se perdre, visiter la maison de îSimon-le-Uor- 
royeur, où logeait râ[)ôtre 8. Pierre et oii il reçut les en- 
voyés du centurion Corneille, de Césarée. Ayant vu en 
révélation des anges descendre du Ciel une nappe remplie 
de toutes sortes d'animaux, purs et impurs, qu'on lui ofî-ait 
en nourriture, il com[UMt que la rédemption n'était pas 
seulement pour les enfants d'Israël, miis qu'elle devait 
s'étendre à tous les gentils, aussi enrola-t-il avec joie Cor- 
neille parmi les enfmts du Christ. La maison est aujour- 
d'hui convertie en une petite mosquée, n'ayant lien de re- 
marquable; son mihrab (1) est s;ins aucun ornem -nt et son 
pavé est recouvert il'uue simple natte. 

JS'ous passons dans le march' qui n'a de rem ir- 
quable qu'une grande variété de cv)stumes de toute des- 
cription. On y voit force étalages d'orang.>s et de citrons, 
principale production deJatia. NTous y voyoïs aussi des 
femmes avec des p.miers d'ame ides toutes vertes, qu'on 
mange en entier avec le brou. Nous en goûtons une, nous 
lui trouvons une saveur acide assez agréable, mais nous ne 
pouvons nous défendre de condamner la vente de fruits 
encore tout verts, n'étant guère qu'à mi-grosseur, lorsque 

( 2) Le mihrab e^t une niche plus ou moins riche, dans les mosquées, 
vers laquelle tous les musulmans se tournent en priant. Le mihrab est 
toujours placé du côté de la Mecque. 



DE QUÉBEC A JÉRUSATFM 315 

parvenus à mntnrité ils auraient double valeur. C'est 
Tent'int gourmand qui ne saurait attendre et (jni satisfait 
son goût de tout ce qu'il rencontre. 

En poursuivant vers le N. E , on rencontre de magni- 
fiques jardins ou plutôt vergers, car ce sont bien plus les 
arbres fruitiers, orangers, citronniers, grenadiers, vignes, 
banajiiers, etc., qui les rendent célèbres, que la culture 
qu'on leur donne, laquelle très souvent est fort néo-ligée» 
Nous voyons là des oranges grosses comme nous n'en 
avions encore jamais vu; c'est comme des moyennes ci- 
trouilles» Les marins, nous dit-on, perçoivejit jusqu'à deux 
lieues en mer les 'ffln\es de ces aibns fr-titiers loisqu'ils 
sont en parfaite floraison. 

Au delà de ces jardins, tout près de la mer, se trouve 
un couvent d'Arméniens fcchismatiques, dans lequel on 
montre aux voyageurs la salle des [)estiférés, c'est-à-ilire, 
cette salle où l'on préti'ud que JNapoléon fit empoisonner 
ses soldats atteints de la peste, pour leur épargner d'être 
massacrés par les Turcs après son départ. 

Nous prenons le. dîner dans le réfectoire des Pères et 
aussitôt après on s'occupe des préparatifs du départ. 

Nous avions retrouvé nos selles euroi)éennes parmi 
les bagages débarqués du Scani'indre, **t les avions re- 
mises aux monkresl^l) ehirgés de nous conduire. 

Nos montures occupent presque complètement une 
petite rue inégale, tortueuse, [)avée en [)ierres mal jointes 
tout en arrière du ouvent; nous allons y faire une visite. 
C'est à peine si nous pouvons nous frayer un chemin à 
travers les chevaux, mulets, ânes, pressés li's uns contre 
les autres. Nous parvenons à la lin à retrouver notre selle 
numéro 35, sur un jeune cheval de fort belle ai^parence. 
Nous retournons au couvent [)our i)rendre notre ombrelle 
et attendre l'heure du départ. 

Il est 2 heures passées et ordre est donné de monter à 
cheval. Nous passons de nouveiiu à travers les montures, 
mais sans pouvoir retrouver l.i nôtre, on les avait changées 

( l ) Les nioiikres ou muletiers .sont de vigoureux jeunes gens chargés 
du soin des bélea dans les caravanes. 



316 LE NATURVLISTE CANADIEV 

déplace. Presque tons les pèlerins étMieîit dr]h en selle. 
et nous étions eue n'e à ch Teller notre jeune ch v.il. Il se 
trouvait bien encore près de nous un cheval sans c ivalier» 
mais il portait une selle arabe, et nous tenions à conserver 
l'européenne que nous avions aclu^tée à P.iris. Ne voulant 
pas ainsi faire l'échinge, force no is fut de fiire l'iusp.'Ction 
des selles pour retrouver notre numéro 35. Nous le retrou- 
vons à la tin, occu|)é par un cavalier qui paraissait s'en ac- 
commoder fort bien. Permettez; vous avez sans doute ap- 
porté une selle de France. — Pas du tout; j'ai pris la 'pre- 
mière monture prête que j'ai rencontrée. — Et de cette 
façon vous vous êti's e'npiré de ma pr()i>riété, car cette selle 
numéro 35 a éié, p.r moi, ;ich*'tée à P..ris;je vous prierai 
de vouloir bien me la céder — C'est bien dommage, car 
je m'en trouvais fort bien.— Je veux le croire, mais 
puisque vous vous êtes résigné aux sell s arabes, veuilhz 
allez jouir des aurcments qu'elles |>résentent, en prenant 
cette mouture qui re>te encor»' in» ccupée. Et là dessus, 
notre compagnon laisse la place, que nous occupons aus- 
sitôt. 

Nous nous trouvons fort bien assis et reconnaissons 
notre jeune bête C'est un étalon arabe de 4 ans, fort 
élégant, mais qui parait montrer un peu trop de pétulance, 
il avance, recule, frappe le pavé de ses fers, mordille ses 
voisins, et ne peut rester tranquille. — De grâce, dime:t-nous, 
partons bientôt, car je crains quelque accident. 

Voulant le retenir plus tranquille, nous saisissons les 
rênes; et le voilà aussitôt à reculer, heurtant de son crou- 
pion et chevaux et cavaliers, au grand mécontentement de 
ceux-ci, qui ont aussi peine à retenir leurs bêtes. N'ayant 
ni éperons ni coui bâche, nous le fr;ij)pons de notre om- 
brelle; mais notre animal va toujours à leculons, jusqu'à ce 
que rencontrant un étalage d'oranges que tenait uiu- bonne 
femme, il renverse la table au grand effroi de la mar- 
chande, et va s'appuyer la croupe sur la maison voisine 
pour se cabrer. Mais un moukre, en mâchant force gros 
mots arabes que nous ne pouvons comprendre, a déjà saisi 
la bride et ramène l'animal à la raison. Allons, dimes- 
nous, ça débute a>sez mal ; espérons que ça tournera bien- 
tôt autrement. 



DE QTJÉBKC A JÉRUSALEM 317 

Enfin nous voila en marche, et notre anima) se tran- 
qiiili-e à mesure que nous avançons. 

Nous avons à peine franchi h^-s limites de la vill»», que 
nous nous trouvons dans une allée boidée de chaque côté 
d'une hiiie d'énormts nopals, étalant leurs épines en ro- 
settes à travers lesquelles se montrent fréquemment les 
têtes hideuses de nombreux lézards noiiâtres, qui nous re- 
gardent passer, et séparant de la route des verjrers sans 
lin d'orangers, de citroniers, de greuiidiers en fl urs qui 
embaument l'air de leurs émations. Les orang-ers, en même 
temps qu'ils plient sous le poiiis de leurs pommes d'or, nous 
montrcnts des fleurs tout épiUiouies, piincipal foyer de 
leurs parfums ; les citroniers retiennent encore la couleur 
verte à leur» fruits ; et les grenadiers n'éialent encore que 
leurs fleurs comme des roses écarlates du plus vif éclat. 
Ça et là, au milieu de ces vergers, se montrent des bana- 
niers au feuillage tout tropical. Ces feuilles minces, lon- 
gues souvent de 6 à 8 i)ieds sur une laigeur de 15 à 18 
pouces, à limbe lisse, d'un vert souvent lavé de pourpre, 
aux bords gracieusement ondulés, nous rappellent ces 
goémons qn on rencontre se promenant au courant aux 
bords de la mer. El comme protecteur île tous c-s arbres 
lie médiocre hauteur, les tiers palmiers lancent de ci de là 
vers le ciel leurs parasols de verdure couronnant leurs 
tiges grêles et nues. 

De temps en temps aussi sur le bord de la route, nous 
renouvelons connaissance avec un arbre que nous avons 
rencontré la première fois en Géorgie et en Floride, c'est 
le mélia azéderach. Cet arbre, comme l'oranger, le citro- 
nier, le grenadier, etc., n'est pas indigène ici, mais y a été 
importé de la Perse depuis longtemps, et s'y est pour ainsi 
dire naturalisé. 11 fournit de superbes sujets pour l'onie- 
mentation des rues; sa taille ne dépassa. it pas la moyenne, 
son tronc étant toujours droit et uni et sa tête se couvrant 
au printemps d'une masse compacte de fleurs d'un beau 
blanchâtre lilacé. Les rues du Caire et d'Alexandrie nous 
en montrent de nombreux spécimens de la i)lus belle 
venue. 



318 LE NATURALISTE CANADIEN 

Orancei's, citroniprs, grenadiers, palmiers, bananiers, 
cyprès, mûriers, sycomores, etc., le botaniste reconnaît de 
suite qu'il est ici en pleine végétation tropicale, et il cher- 
che en vain des représentants des productions de nos 
climats du nord. 

Après environ 20 minutes de marche, nous rencon- 
trons une riche fontaine en marbre blanc sur une place 
ombragée de cyprès et de sycomores. C'est la fontaine 
d'Abon-Ndbbont, du nom du gouverupur de Jaffa, qui la 
fit construire au commencement de ce siècle. C'est à quel- 
ques pas seulement au nord de cette fontaine, dans un 
vieux cimetière qu'on commence à livrer à 1 1 cnltnre, que 
se trouve les ruines de la maison de Tabithe, cette sainte 
veuve que ressuscita l'apôtre !S. Pierre, comme on le lit 
aux actes des apôtres. 

En ce temps là, disent les Actes, il y avait à Joppé, 
une femme de grande réputation par sa sainte vie et ses 
œuvres de charité, du nom de Tabithe. Cette femme 
étant venue à mourir, on envoya à S. Pierre qui était alors 
è Lydda pour le prier de venir à Joppé sans délai. Pierre 
s'y rendit avec les délégués, et arrivé à la maison de la 
morte, les veuves et les pauvres femmes qui y étaient ré- 
unies attendrirent l'apôtre en lui montrant les habits 
dont elle les avait revêtues et en déi)lorant la perte 
de leur bienfaitrice. Pierre s'étant agenouillé pour 
prier, dit à la mo.te : Tabithe, lève-toi ; aussitôt elle ouvrit 
les yeux et se mit sur son séant. Et l'apôtre la rendit 
toute pleine de vie à ses protégées. 

On montre des loges sépulcrales dans l'une desquelles 
la tradition veut que la sainte femme ait été inhumée, et 
tous les ans, le IVe dimanche après pâques, il se fait là un 
grand concours de peuple pour honorer les vertus de 
Tabithe et le miracle dont elle tut l'objet. 

Laissant à gauche la fontaine d'AhouNabbout, nous 
passons bientôt à droite la 1ère tour. Ces tours on corps 
de gardes ont été érigées en 1860, par le Pacha de Jéru- 
salem Souraya, contre le brigandage des bédouins. Elles 
sont échelonnées de distance eu distance sur la route de 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 31 9 

J;ifF;i à .TénisaU'in et occnpt'ps ch; cnue par d^mx so'dats 
de la trouju' ii régiiiièie appelés E;.chibouzoiiks (gen- 
d'armes.) 

Nous hommes maiiitoiitiiit dniis ia fameiiso plaino de 
Saron, vantée par le piojihète Isaïe. C'est ici que Samson 
incendia les blés des Philistins en attachant des flambeaux 
à Ja queue de renards qu'il lança au milieu de leurs mois- 
sons. La plaine qui s'étend de la mer aux montagnes de 
la Judée, mesure 8 lirues de large sur environ 80 de lon- 
gueur. Le sol est une argile siibionneuse des plus fertiles, 
aussi tronve-t-on tous les eiidruit.s non mis en culture cou- 
verts d'un riche tapis de verdure, qu'emailleiit de!< fleurs 
sans nombre, parmi lesquelles dominent surtout l'anémone 
et la tulipe en certains endroits. Quelle population ne 
pourrait pas nouirir une telle plaine si elle était de toute 
part livrée à une cultuie intelligente? Nous passons par- 
fois à travers des blés que nos montures dépa^^sent à peine 
et dont les lents balancements au soufîie du zéphir déno- 
tent le poids qui allourdit leurs épis. 

Nous poursuivions tranquillement notre route, lors- 
qu'un compagnon en arrière de nous, tomba de son cheval, 
par suite d'un faux pas qu'avait fut l'animal en mettant le 
pied dans un trou. Nous étant retourné pour voir ce qui 
en était, nous ne savons quel mouvement nous imprimâmes 
à nos rênes, mais voila notre aninial, que nous cioyions 
détorm:iis paisible qui repreiul sa course à reculons, heur- 
tant les niontures qui nous avoisinent ; il se trouve bien- 
tôt sur une lourde voiture à trois chevaux qui nous suivait. 
Arrêté dans sa marche, il se cabre presque verticalement, 
si bien que le pôle de la voiture vient nous frapper entre 
les épaules en menaçant de nous faire rouler sous .es pieds 
des bêtes. Les chevaux de la voiture opèrent aussi un 
mouvement de recul, et voilale véhicule qui menace de dé- 
verser son contenu dans un ibssé que nous longions. Nous 
allions être désarçonné, lorsqu'arrive un moukre qui saisit 
notre animal à la bride et nous pernirt de desdntlre. — 
Eh! nous crie l'i.rabe, rien de surprenant, vous menez ce 
cheval au ^/e^. — Mais que voulez-vous dire?~Vous ne 
tirez qu'une rêne à la fois. — Mais n'esl-ce pas ce qu'il laut 



320 L"R NATURALISTE CA.NADIEN 

faire, quand nous voulons chang-^r dt> directioii ? —Et non, 
il faut toujours tirer les 2 rênes à la fois; portani la m un 
à droite, si vous voulez aller de ce côt' là, et à gauche si 
vous voulez aller de l'autre. -C'est ce que j'ignorais ; mais 
pour cet animal, vous le mènerez au Klet on à la cordelle 
comme bon vous semb era, pour moi, je nen veux plus; 
il m'en faut un autre. 

Et tous nos compagnons d'approuver notre décision, 
surpris qu'ils étaient que l'animal ne nous eiit désarçonné 
par ses cabivments. — Alors, dit le moukre, nous allons 
changer, vous allez prendre mon mulet et je monterai 
votre cheval. — Très bien, changez les selles. Nous les 
changerons ce soir, à Ramleh. — Mais non, que ce soit de 
suite; puisque j'ai fait les frais d'acheter une selle euro- 
péenne à Paris, je veux m'en servir, et ne pas m'exposer à 
me blesser avec vos itffieuses selles arabes. 

Si jamais nous nous sommes applaudi d'avoir fait un 
échange, c'est bien cette fois; car nous (^ùmes dans ce 
mulet, sans contredit la meilleure bête de toute la cara- 
vane. Animal p;iisible^ au pas sûr et long, nous n'avions 
qu'à le laisser faire dans les pas difficiles et nous n'avions 
rien à craindre Aussi ne voulûraes-iuius plus nous en 
séparer du reste du voyage. 

{A continuer.) 



MINKRACX. 

Tous ceux qui s'occupent de minéralogie trouveront 
chez M. A. E. Foote, de Philadelphie, la plus grande col- 
lection de spécimens qu'on puisse désirer, puisqu'elle n'en 
comprend pas moins de 40 tonnes, coûtant au-delà de 
150,000, la plupart à l'état cristallisé. 

La seule liste des prix des spécimens forme un catalogue 
du plus grand intérêt. Voir l'annonce à la couverture. 



LE 




Vol. XIII— 11. CapRouge, Q., NOV., 1882. No. 155. 



Rédacteur: M. l'Abbé PROVANCHER. 



FAUNE CANADIENNE 



HYMÉNOPTÈRES 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



CContinué de la page 311). 

68. Ichneumon obscur. Ichneumoti caliginosus, Cress. 
Proc. Ent. Soc. Phii. iii, p. 144, 

Ç— Long. .55 pce. Noir, l'abdomen plus ou moins bleuâtre, 
court et passablement robuste. Antennes enroulées avec un anneau 
pâle au milieu. L'écusson blanc ; aréole centrale du métatborax en 
carré irrégulier. Ailes fuligineuses, le stigma brun-roussâtre. Pattes 
sans aucune tache, les hanches postérieures sans brosse. Abdomen 
court, en oval allongé, noir-bleuâtre, le post-pétiole ponctué. 

Pris 4 spécimens ç. 

69. Ichneumon corbeau. Ichneumon corvinus, Cress. 
Trans. Am. Ent. Soc. vi, p. 145, $. 

Ç Long. 35 pce. Noir brillant, faiblement ponctué, tête sans 

aucune tache. Antennes fortes, à articles courts, enroulées, noires 
avec un petit anneau blanc vers le milieu. Ecusson aplati ; niétatho- 
rax densément ponctué, excavé en arrière, ses angles tuberculeux, son 
aréole centrale grande, en occupant toute la longueur. Ailes légère- 
ment enfumées. Pattes avec les cuisses renflées, les tarses brun-rous- 



322 LE NATURALISTE CANADIEN 

sâtre, toutes les jambes avec une tache blanche en arrière au dessus 
du milieu. Abdomen largement fusiforme, le 1er segment large au 
sommet et finement aciculé, le 2e plus fortement ponctué que le 3e, 
les gastrocelles petits, le segment termiaal obscurément taché de blanc ; 
tarière apparente. — PC. 

Yoisiu du planus, mais s'en distinguant surtout par sa 
taille plus petite, sa têle et son thorax immaculés, etc. 

70. Ichneumon brûlé. Ichneumon pepticus, Cress. 
Trans. Am. Ent. Soc. vi, p. 148, c?. 

(^ — Long. .62 pc8. Noir; la face excepté une bande médiane 
et une tache en avant du chaperon, la base des mandibules, les orbites 
interrompus en arrière des yeux, le scape en dessous, les bords siipé_ 
rieurs du prothorax, une tache S'jr l'écusson souvent bifide en arrière 
les 4 hanches antérieures en dessous, une ligne en avant sur les 4 
cuisses antérieures et leurs jambes, blanc. Pattes postérieures entiè- 
rement noires. Antennes longues, sétacées, dentées en dessous. Aréole 
centrale du métathorax transversale, peu distincte. Ailes hyalines, 
légèrement obscurcies vers l'éstréinité, nervures et stigraa, noir. Ab- 
domen fort, allongé, le premier segment aciculé, les gastrocelles grands 
et très profonds. — R. 

Capturé à St-Hyaciuthe. Probablement le mâle de 
Orpheus. 

71. Ichneumon certain. Ichneumon suadus, Cress. Trans. 
Am. Ent. Soc. vi, p. 160, J. 

(^ — Long. .40 pee. Assez grêle, noir; la face, les mandibules, 
les orbites interrompus sur le vertex en arrière des yeux, les joues, le 
scape en dessous, un anneau aux antennes, le collier, les bords et les 
sutures du prothorax, les écailles alaires, une ligne au dessous, la 
poitrine, la suture des flancs du métathorax, une petite tache sur le 
disque du mésothorax, l'écusson et le post-écusson, une tache en zig- 
zag sur la face postérieure du métathorax, les 4 hanches antérieures 
avec leurs trochantins, les postérieures en dessous, les tarses, la marge 
apicale des segments 1, 2 et 3, blanc ou jaune-pâle. Ecusson convexe ; 
métathorax rugueux. Aiies hyalines, les nervures et le stigma, noir, 
le dernier taché de blanc à la base. Pattes jaune-roussâtre, les 4 
cuisses antérieures avec une ligne en dehors, un petit anneau à l'ex- 
trémité des postérieures avec l'extrémité de leurs j imbes, noir. Ab- 
domen dépriii.é, à pédicule grêle, gastr celles subobsolètes, avec le 2e 
segment souvent aussi marginé de jaune à la base. — E.. 

Capturé à St-Hyacinthe. La tache du mésothorax 
manque quelquefois, de même que celle de la poitrine. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES, 323 

72. Ichneumon changeant. Ichneumon versabilis, Cress. 
Trans. Am. Eut. Soc. vi, p. 161, d". 

(^ — Lona;. .46 pce. Noir ; la face, les orbites antérieurs, le scape 
en dessous, le collier au milieu, les écailles alaires, une ligne en avant, 
une autre au dessous, l'écusson, les 4 ja.i.bes antérieures avec l'extré- 
niité de leurs cuisses, la base des jambes postérieures a'/ec les segments 
2 et 3 de l'abdoinen, d'un jaune plus ou moins roussâtre. Antennes 
sétacées, assez courtes, plus ou raoin* rousses en dessus. Métathorax 
rug'ienx, l'aréole centrale large, arrondie en avant. Ailes hyalines- 
jaunâtres, les nervures et le stigma jaunes. Hanches noires, les pattes 
postérieures noires, avec le tiers basil.-iire des jambes et un anneau à la 
base de ch.ique article des tarses, jaune. Ablomen finement ponctué, 
poli à l'extrémité, les segments 2 et 3 jaunes variés de ferrugineux ou 
de brun à la base et au sommet, quelquefois aussi au milieu, les gas- 
trocelles grands et profonds. — C. 

C«"tte espèce est très variable dans sa coloration ; elle 
est très rapprochée du cornes, ayant cependant l'abdomen 
bien plus finement ponctué. 

73, Ichneumon généreux:. Ichneumon muni/lcus, Cress. 
Trans. Am. Eut. !Soc. vi, p. 162, d ; Ich. nobilis. Cress, (nec 
Wesm.) Proc. Ent. Soc. Phil, iii, p. 155, c? 

çf — Long. .64 pce. Noir ; la face, des lignes orbitales complètes, 
le scape en dessous, le" éciilles alaires, une tache en avant, une petite 
ligîie au dessous, les bords supérieurs et inférieurs du prothorax, une 
tache sur les flancs, deux petites lignes sur le dos du mésothorax, les 
écussous, tout le sommet du métathorax, les 4 pattes antérieures avec 
leurs hanches et leurs trochantins excepté une tache sur les cuisses eu 
dehors, les segments abdominaux 1, 2, 3 et 4 cxce[ité à la base, jaune. 
Les pattes postérieures, toutes les hanches, les cuisses avec l'extrémité 
des jambes, noir. Ailes hyalines, jaunâtres à la base et légèreuient 
enfumées à l'extrémité, le stigma jaune. Abdomen allongé, les der- 
niers segments souvent marginés de roussâtre, le 2e fortement ponctué 
à la base, los <i-astrocelles grands et proforirls. — C. 

Se distingue sursout du lœtus, par sa plus forte taille. 
La tache du métathorax manque quelquefois. 

74. Ichneumon inconstant. Ischneumon inconstans. 
Cress. Proc. Eut. Soc. Phil., lii, p. 153, cT. 

j» — Long. .57 pce. Noir ; la face, le vertex en partie, le scape 
en dessous, les écailles alaires, une ligne en avant, une autre au des- 
sous, l'écusson, le post-écusijon, une tache sur chaque côté du meta* 



324 LE NATURALISTS CANADIE^ 

thorax, les pattes avec les segments abdominaux 1, 2, 3 et 4, roux ou 
jaune fauve. Ailes hyalines-jaunâtres, le stigma jaune. Hanches 
noires plus ou moins fauves à l'extrémité. Les pattes postérieures 
avec les cuisses et l'extrémité des jambes, noir, le reste fauve. Abdo- 
men allongé, finement ponctué, les segments 2, 3 et 4 fauves avec une 
bande noire à la base, le 1er souvent aussi avec l'extrémité fauve, 5 et 6 
noirs et le 7e roux. Aréole centrale du métathorax en carré. Gas- 
trocelles larges et profonds. — C. 

Le métathorax est quelquefois sans tache. Nous pen- 
sons que Vinfucalns de M. Cresson n'est qu'une variété de 
de celui-ci, car les couleurs sont assez inconstantes dans 
cette espèce, le jaune étant souvent remplacé par du 
fauve roussâtre, le premier segment abdominal de même 
que le métathorax étant quelquefois sans taches et d'autre 
fois plus ou moins marqués de jaune-fauve. "Voisin du 
creperus et s'en distinguant surtcat par ses segments ab- 
dominaux 5 et 6 qui sont touiciirs noirs. 

Il est probable que les $ da cette espèce et des es- 
pèces voisines, telles qîse crevzrus, mimicus, lœtus, cornes, 
veisabilis, munificus, eic, diSierent grandement des cf en 
coloration, puisque ces derniers sont toujours très nom- 
breux et qu'on ne conaait pas encore leurs femelles. 

'iO. ïcIine'%i2non grillé. Ichneumon ustus, nov, sp. 

Ç — Long» .35 pce. Noir, ponctué ; la faee sans taches. An- 
tennss longuss et grêles, noires avec un annaiia blanc au milieu. 
Thorax asse:: rebuste, aoir sans aucune tache; les écailles alaires 
noires. Ailes hyalines, le stigma d'un fauve-brun. Pattes noires, les 
antérieures ferrugineuses à la base. Abdomen robuste, noir, les seg- 
ments 2 et 3 d'un, roux plus ou moins obscur, tarière saillante. 

(J — Plus grêle, l'abdomen avec les segments 2 et 3 roux, les 
gastrocelles s'uaissant V an à l'autre pur uae dépression de la base du 
2e segment. 

Cap (Tiré au (japRouge et à St-Kyacinthe. 

76. Ichneumon pieds-noirs. Ichneumon nignpes, nov. 
sp. 

c5^ — Lcng. .38 pce. Noir avec l'abdomen en partie roux, grêle ; 
2 petites lignes orbitales au dessous des antennes, l'écusson avec une 
tache L l'extréarlté de l'atdomen, blanc. Antennes sétacées, grenues, 
avec un anoeau jaune au milieu. Ecusson soulevé, blanc. Ailes hy- 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HTMÉNOPTiRES. 325 

alines, les nervures et ie stîgraa brun-foncé. Pattes noires, les jambes 
et les tarses des 2 paires antérieures plus oa moins jaunâtres en avant: 
les cuiEEes post-^rieures avec un peiit anneau roux à la b-se, hs éperons 
de leurs jambes, blancs. Abdomen allongé, grêle, les segments 2 et 3 
plus ou moins complètement roux, le reste noir avec une grande tacUe 
blanche sur les 2 derniers segments. 

Espèce bien remarquable par ses pattss noires. Cap- 
turée au CapRouge. 

'77. Ichnaunion paradoxal. Ichnswnon paradoxus^ 
no7, sp. 

9 — Long. .44 pce. Noir avec l'abdomen roux; la face entière- 
ment, les mandibules, les palpes, le scape en dessous, les écailles alaires, 
une ligne en avant, une autre au dessous, l'écusson avec les pattes, 
jaune. Antennes de longueur moyenne, plus minces à l'extrémité, 
grenues, droites. Tête rétrécie en arrière des yeux. Ecusson con- 
vexe, jaune. Ailes légèrement obscures, les nervures brunes, le stigma 
jaune. Pattes jaunes, les hanches noires, les 4 antérieures avec leurs 
trochantins jaunes en dessous, les cuisses noires, les 4 antérieures plus 
ou moins jaunes en avant, et à l'extrémité, avec l'extrémité des articles 
de leurs tarses, noir. Abdomen roux, convexe, le premier segment 
noir, roux au sommet seulement, finement aciculé, gastrocelles trans- 
versaux. — R. 

Espèce tout-à-fait singulière, la tête, les antennes, le 
thorax étant ceuz des mâlss avec un abdomen de femelle. 
Voisine du. funestus, mais s'en distinguant surtout par sa 
coloration. 

78. Ichneumon pieds-9.nrîelés. Ichneumon anmilipes* 
Cress. Proc. Ent. Soc. Phil., iii, p. 170, ç ; pusillus, id., p. 
171, ?. 

Ç — Long. .30 pce Roux, la tête et le thorax plus ou moins 
noirs ; un anneau aux antennes, l'écusson, un anneau aux jaœbes pos- 
térieures avec le veutre à la base, jaune-clair. Antennes fortes, 
courtes, enroulées, rousses à la base, jaunes au milieu et noires à 
l'extrémité. Thorax noir, le dos du mésothorax roux, une tache 
rousse plus ou moins étendue de chaque côté du métathorax. Pattes 
rousses, les jambes postérieures noires avec un anneau jaune, leurS 
cuisses aussi noires avec la base rousse. Ailes subhyalines, le stignia 
fauve. Abdomen ovoïde, entièrement roux, les derniers segments plus 
ou moins jaunâtres ; tarière sortante. 



326 LE NATURALISTE CANADIEN 

Espècft identique en coloration avec la signafipes^Grefis., 
mais d'nne bien plus petite taille. 

79. lehneunion rubicond. Ichneumon rubicundus, 
Cress., Proc. Ent. Soc. Phil, iii, p. \1(\, d ?. 

(^ — Long. .37 pce. D'an roux pâle, denséraent ponctué. An- 
tennes assez cnurte^!, rousse'^, avpc un anneiu pâle dans les Ç. Ecus?oa 
]és;èrement convexe, poli, jaune dans les (J, ses environs noirs. Ailes 
subhyalines, les nervures brunes, la nervure moyenne brièvement ap- 
pendiculée. Métathorax ponctué, arrondi avec une courte pointe 
aiguë aux angles,à aréole centrale allongée, avec les sutures noires. 
Pattes de la couleur du corps, les poster eures avec l'extrémité des 
cuisses et des jambes, noir. Abdon)en allongé, denséraent et finement 
ponctué, les segments étroitement inarginés de noir au sommet, le 1er 
finement aciculé, le 2e à gastrocelles obsolètes. — R. 

Espèce bien distincte par sa coloration. 

80. Ichneumoa nain. Ichneumon nam^s, Cvess, ïrans. 
Am. Ent. Soc. vi, p. 184. 

Ç — Long. .25 pce. Roux ; le derrière de la tête, les environs de 
l'écusson, les hanches postérieures en partie, avec leurs cuisses et leurs 
jambes, excepté à la base, noir. Antennes fortes, à articles courts et 
serrés, noires, avec un anneau jaune vers le milieu, plus épaisses à 
l'extrémité et enroulées. Les palpes, les écailles alaires, quelquefois 
une petite ligne au dessous, une ligne sur le collier, les 4 hanches an- 
térieures avec tous les trochantins, jaune-pâle. Ailes hyalines, les 
nervures et le stigma, brun-foacé. Métathorax finement ponctué, ses 
angles latéraux matiques. Pattes fortes, les cuisses postérieures noires 
excepté à la buse. Abdomen entièrement roux, le post-pétiole indis- 
tinctement aciculé, le 2e segment très-finement ponctué ; tarière noire, 
sortante. — R. 

Capturé au CapRouge. La plus petite espèce de ce 
genre. 

81. Ichneumoa sœur. Ichneumon soror, Cress. Proc. 
Ent. Soc. Phil, iii, p. 185, ?. 

Ç — Long. .40 pce. D'un roux brunâtre avec les sutures du 
thorax noires. Antennes avec le scape roux en dessous, noires, avec 
un anneau pâle au milieu, enroulées, à articles courts. Deux lignes 
orbitales sur le vertex, l'écusson avec une ligne sur le postécusson, 
jaune clair, M tathorax ponctué, l'aréole centrale étroite, arrondie en 
avant et échancrée en arrière. Ailes sub-hyalines, le stigma brun. 
Pattes rousses, l'extrémité des cuisses et des jambes postérieures, plus 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AÏÏX HYMÉNOPTÈRES. 327 

OU moins brune; les hanches tachées de noir, de jaune et de roux. 
Abdomen ovoïde, à post-pétiole ponctué, entièrement roux avec une 
tache jaune bien distincte à i'extré:nité ; tarière sortante. — R. 

Yoisiu du. proximus, mais en différant surtout par son 
post-pétiole ponctué, son thorax plus robuste, son abdo- 
men plus large, etc. 

Gen. Amblyteles, Wesm. Vol. XI, p. 4. 
Aux 18 espèces décrites, ajoutez les 5 suivantes. 

19. Amblytèle des-montagnes. Amblyteles montanus. 

Cress. 

Ç — LcriG:. .32 pce. D'un beau bleu, sans aucune tache. An- 
tennes longues, dressées, grêles, avec un large anneau blanc au milieu. 
Thorax fortement ponctué, l'aréole centrale du métathorax plus longue 
que large. Ailes subhyalines-jaunâtres ; les jambes antérieures avec 
une ligne blanchâtre en avant. Abdomen allongé, poli à l'extrémité, 
le post-pétiole acicilé, les gastrocelles profonds, obliques. — R. 

(^ Sans anneau blanc aux antennes. 

20. Amblytèle effacé. Amblyteles expunctus, Cress. 
Proc. Eut. Soc. Phil, iii, p. 147 cf. Tragus Provancheri 
Burque, Nat. Xl^^. 128. 

J*— Long. .60 pce. Noir; tête rétrécie en arrière des yeux, sans 
aucune tache; antennes peu allongées, robustes. L'écusson, les écailles 
alaires, une ligne au dessous, une autre en avant, blanc pur ; les 4 
jambes antérieures avec l'extrémité des cuisses, d'un blanc jaunâtre 
sale. L'écusson peu soulevé, poli, aplani. Métathorax ponctué-rugueux 
à disque peu soulevé, sans aréole bien distincte, ses flancs fortement 
rugueux. Ailes hyalines, les nervures brunes, le stigma quelque peu 
roussâtre, l'aréole triangulaire. Abdomen ponctué-rugueux, poli à 
l'extrémité, le post pétiole plus étroit que la base du 2e segment, dé- 
primé au sommet et soulevé en une projection obtuse au milieu. 
Gostrocelles petits, obliques, peu profonds, tout près des ang'es de la 
base; segments 2 et 3 obscurément marginés de roux au sommet; le 
ventre plan, lisse, sans aucune carène. 

Capturé à St-Hyacinthe et à Chicoutimi. M. Cresson a 
fait lui-même l'identificatioa de l'espèce ; cependant il nous 
répugne encore de ranger cet insecte parmi les Amblyteles, 
son aréole triangulaire l'en exclut de suite. Nous pensons 
qu'il appartiendrait avec bien plus de raison au genre 
Trogus, où l'avait d'abord rangé M. l'abbé Burque. tSi la 



328 LE NATURALISTE CANADIEN 

conformation de son métathorax et de son écusson n'est 
pas exactement celle des Trogus, d'un autre côté son aréole 
triangulaire et la forme de son post-pétiole sont absolument 
comme dans ce genre. Dans tous les cas, le nom spécifique 
de M. Cresson doit toujours rester le même. 

21. Amblytèle marginé. Ambly teles marginatus, nov. 
sp. 

9 — Long. .52 pce. Noir; le labre, les mandibules, des lignes 
orbitales au dessus des antennes, le collier en dessus, les écailles alaires, 
les bords supérieurs du prothorax, une ligne au dessous des ailes anté- 
rieures, une autre verticale au dessous des postérieures, l'écusson, le 
post-écusson, une tache de chaque côté du métathorax en arrière, deux 
autres plus petites en avant de celles-ci, des taches sur les hanches, tous 
les trochantins avec le sommet de tous les segments abdominaux, 
jaune. Antennes longues, noires, avec un grand anneau jaune, plus 
au moins roussâtres en dessous à la base. Ailes légèrement enfumées, 
le stigma jaune. Pattes entièrement rousses, les hanches noires avec 
taches jaunes. Abdomen robuste, déprimé, obtus à l'extrémité. — R. 

Voisin du robustus, Cress, mais s eu distinguant surtout 
par les marges jaunes de ses segments abdominaux. 

22. Amblytèle boréal. Ambly teles borealis, nov. sp. 

Ç — Long. .36 pce. Noir; les mandibules rousses; la face sans 
tache; l'écusson avec un anneau à la base de toutes les jambes, jaune- 
pâle. Antennes enroulées, à articles courts, noires avec un large an- 
neau-pâle au milieu. Les écailles alaires roussâtres. Ailes légèrement 
fuligineuses, le stigma fauve. Pattes noires, les tarses avec les jambes 
antérieures roussâtres. Abdomen poli, brillant, noir avec une bande 
rousse mal définie à la base du 2e segment, le 1er poli, lisse, les gas- 
trocelles peu profonds. 

Un seul spécimen $ pris à Chicoutimi. De bien plus 
petite taille que le rufizonatus. Cette espèce doit être fort 
variable dans sa coloration, le noir passant au roux, mais 
sa plus petite taille suffira toujours pour la distinguer. 

23. Amblytèle de-Norton. Ainblyteles Nortoni. Cress. 
Trans. Am. Eut. Soc. i, p. 304, ?. 

Ç — Long. .45 pce. Noir, grêle, avec la tête large et les antennes 
très longues. Un anneau au milieu des antennes, des lignes orbitales 
en avant, l'écusson avec une tache sur les deux derniers segments de 
l'abdomen, blanc. Aréole centrale du métathorax en carré allongé. 



ADDITIONS Eï CORRECTIOKS ADX HYMÉNOPTÈRES. 329 

Ailes subhyalines, le etigma jaune. Pattes noires, les 4 jambes an- 
térieures avec les tarses d'un jaunâtre sale, les cuisses postérieures aveo 
un petit anneau roux à la base. Abdomen avec les segments 2 à 4 et 
l'extrémité du premier d'un ferrugineux plus ou moins foncé, quelque- 
fois presque entièrement noir, le reste noir avec une tache blanche à 
l'extrémité. 

Espèce bien remarquable par ses longues antennes. 

G-en. Trogus, G-rav., XI, p. 33. 

Aux 5 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

6. Trogus de-Cope. Trogus Copei, Cress. Trans. Am. 
Ent. Soc. il, p. 94, d. 

(^ — Long. .83 pce. Noir; la face avec une tache pâle de chaque 
côté. Tête non rétrécie en arrière des yeux. Ailes fortement enfumées. 
Aréole centrale du métatborax triangulaire, soulevée, polie. Pattes 
noires, les jambes antérieures blanchâtres en avant. Abdomen robuste, 
allongt'', sub-cylindrique, convexe, entièrement roux à l'exception du 
pédicule, le post-pétiole non soulevé en avant de l'extrémité. — R. 

Capturé à St-Hyacinthe. Son post-pétiole simple em- 
pêche surtout de le confondre avec le Canadensis, 

G-en. Platylabus, Wesmael, XI, p. 35. 

Aux 6 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

7. Platylabe du-CapRouge. Platylabus Rubri Capensis, 
nov. sp. 

? — Long. .22 pce. Noir; les joues, une tache sur les mandibules, 
les écailles alaires auec un point en avant, une petite ligne au dessous 
et une autre sur les bords supérieurs du prothorax, et une tache sur 
l'écusson, blanc. Antennes longues, noires, avec un petit anneau blano 
au delà du milieu. Métathorax avec une aréole en carré, polie, bril- 
lante au milieu. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, noir. Pattes 
d'un beau roux, les postérieures avec l'extrémité des cuisses, des 
jambes, et les tarses, noir. Abdomen fusiforme, le 2e segment beaucoup 
plus large au sommet qu'à la base ; tarière sortante. — R. 

Voisin du scuiellatus, Prov. mais s'en distinguant sur- 
tout par la coloration de ses pattes. 

1. Plytylabus scuiellatus, Prov. XI, p. 36, d". 

9— La face sans lignes orbitales blanches. Ailes légèrement en- 
fumées. Le 2e segment abdominal à peine lavé de roux. Tarière 
moins du quart de l'abdomen. 



330 LE NATURALISTE CANADIEN 

Capturé au CapRouge. 

Ceiu Ph^ogenes, Wesmael, XI, p. 38. 

Aux 5 espèces décrites, ajoutez les 7 qui suivent, ce 
qui porte à modifier comme suit la clef systématique pour 
leur ideiitificatiou. 

Thorax et abdomen noirs; 
Hanches noires; 

Cuii??es intermédiaires noires 6. aterrlmus, n. sp. 

Cuisses intermédiaires rousses 7. nigricornis, «. s/>. 

Hanches rousses 8. OaspesiaMcas, «. sjt>. 

Thorax noir, abdomen roux; 

Ecu:-son taché de blanc 9. tîiberculifer, n. sp. 

Ecusson noir ; 

Antennes avec un anneau pâle 10. Falardeaui, n. sp. 

Antennes sans anneau pâle ; 

Cuisses et jambes postérieures noires 

à l'extrémité 1. liebriis, XI, 38. 

Pattes entièrement rousses 11. orbus, n. sp. 

Thorax plus ou moins roux ; 
Ecusson roux ; 

Toutes les cuisses rousses; tête transversale; 

Ecailles alaires rousses 4. Il el vus, XI, 40- 

Ecailles alaires blanches; 

Abdomen noir à l'extrémité. 2. tuberciilifroiis, XI,39. 
Abdomen entièrement d'un roux pâle 3. iMellineis, XI, 39. 
Cuisses postérieures noires; tête allongée. 12. quadriceps. 
Ecusson blanc, ou jaune-pâle. 5. pyrifbrniis. XI, 40. 

6. Phéogène très-noir. Phœogenes aierrimus, nov. sp. 
^ — Long. .40 pce. Noir, à l'exception des 4 jambes antérieures 

et de leurs tarses qui sont d'un roux ferrugineux. Tête large, trans- 
versale. Antennes courtes, robustes, à articles courts. Aréole cen- 
trale du métathorax longue et étroite. Ailes subhyalines, l'aréole 
grande, le stigma noir. Abdomen grêle, allongé, la suture entre les 
segments 2 et 3 plus ou moins roussâtre. 
Capturé au CapKouge. 

7, Phéogène cornes-noires. Phœogenes nigricornis, 
nov sp. 

J" — Lopg. .30 pce. Noir avec les pattes rousses, les mandibules 
rousses • la f ice finement ponctuée avec une tache triangulaire blanche 
de chaque côté. Antennes unies, pubescentes, fortes, atténuées à Tex 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 331 

trémit(5. Les écailles alaires noires. Ailes hyalines, le stiiTma noir. 
Pattes rousse.'^, avec les hanches, les cuisses postt^rieiires. l'extrémité de 
leurs jambes et leurs tarses, noi-r. Abdomen assez court, arqué, poli, 
brillant, entièrement noir, le premier segment canaliculé à l'extré- 
mité.— R. 

Se distingue surtout du Gaspesianus par l'absence de 
cercles blancs aux jambes postérieures. 

8. Phéogène de-Gaspé. Pkœogenes Gaspesianus, nov. 
sp. 

Ç — Lons:. .23 pce. Noir, poli, brillant, avec les pattes rousses ; 
les mandibules avec les écailles alaires l'otissâtres. Antennes assez 
longues, plus fortes à l'extrémité avec ua annean blanc plus où moins 
parfait au n)ilieu.. Thorax finement ponctué, les flancs polis, brillints. 
Ailes sub-hyalines, les nervures et le stigma brun-foncé, aréole pen- 
tagonale, assez grande. Pattes d'un beau roux clair y compris les 
hanches et les trochantins, les jambes postérieures noires avec un an- 
neau blanc, près de la base, l'extrémité de leurs cuisses, avec l'extré- 
mité des articles de leurs tarses aussi noire. Abdomen fusiforme, 
brillant; tarière courte, cependant sortante — R, 

Capturé à Douglastown (Gaspé). 

9. Phéogène tuberculifère. Phœogenes tuberculifer, 
n. sp. 

9 — Long. .20 pce. Noir, avec une tache blanche sur l'écusson et 
le post-écusson. Antennes noires, sétacées, à peine plus longues que 
le corps ; métathorax scabre ; écailles alaires blanchâtres; l'écusson et 
le post-écnsson avec une tache blanche. Ailes hyalines, le stigma bru- 
nâtre. Hanches noires, les 4 pattes antérieures avec la base des 
cuisses et l'extrémité des jambes, noir, les postérieures avec les cuisses 
noires, rousses à la base, leurs jambe rousses, noires à la base et à 
l'extrémité, leurs tarses noirs avec un grand anneau blanc. Abdomen 
noir à là base et à l'extrémité, le premier segment avec un fort tuber- 
cule de chaque côté vers le milieu ; tarière à peine visible. — R. 

Espèce bien remarquable par ses écnssons blancs. 

10 Phéogène de-Falardeau. Phœogenes Falardeaiii, 
nov. sp. 

Ç — Lone. .19 pce. Noir; le labre, les mandibule", les antennes, 
les pattes avec l'abdomen en partie, roux. Tête grosse, transversale, 
la face courte et large. Antennes fortes, à articles courts, enroulées, 
rousses à la base, avec un anneau pâle au milieu et noires à l'extrémité. 
Ecailles alaires juunes. Métathorax avec une aréole centrale eu carré 



332 LB NATURALISTE CANADIEN 

allongé. Ailes hyalines, les nervures et le stigma brun plus ou moins 
fence. Pattes rousses, les postérieures avec l'extrétuité des cuisses e' 
des hanches, plus ou moins obscure. Abdoman fasiforins, poli, brillant, 
pointu à l'extrémité, roux, le premier segment noir avec les derniers 
plus ou moins obscurs. 

cf — Toute la face avec le scape en dessous jaune, les 4 haaohes 
antérieures avec leurs trochantins, blanc, les hanshes postérieures 
noires à la base, rousses à l'extrémité. Abdcmsa alloogâ, noir à la 
base et à l'extrémité. — AG. 

Dédié à M. 1. J. Falardean, de St-Roch ds Québec, 
grand amateur d'ornithologie et d'eiitomologis. 

11. Phéogène crphelin. Phœogenes orbus, nov. sp. 

(J — Long. .28 pce. Tête et thorax noirs, abdomen roux, excepté 
à la base et à l'extrémité. La face, les palpes, les écailles alaires, les 4 
hanches antérieures avec leurs trochantins, blanc. Antennes longues, 
j&liformes, roussâtres, brunes en dessus. Thorax déprimé, allongé, lo 
métathorax inerme, à lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, le 
stigma jaune. Pattes rousses. Abdomen étroit, allongé, atténué aux 
extrémités, les gastrocelles obsolètes, mais le 2e segment avec une 
impression transversale à la base. — R. 

Capturé au CapRouge. 

12. Phéogène à-tête-earrée. Phœogenei quadriceps^ 
Cress. Trans. Am. EuL Soc. i, p. 312, cf?. 

cf — Long. .38 pee. Roux avec la tête et les 2 derniers segments 
de l'abdomen, noir. Les mandibules avec les antennes, rousses, les 
dernières noires à l'extrémité. Tête en carré, fort épaisse en arrière 
des yeux. Thorax allongé, subcylindrique, entièrement roux, à l'ex- 
ception des sutures en arrière de l'écusson. Pattes de la couleur du 
corps, les postérieures noires, A l'exception de la base des cuisses et de 
la base des articles des tarses. Abdomen linéaire, plus long que la 
tête et le thorax réunis. Gastrocelles obsolètes. Ailes subhyalines, 
les nervures et le stigma, noir. — R. 

La tête de cette espèce rappelle celle des Odonto- 
mères. 

G-en. Stilpnus, G-rav. XI, p. 41. 

Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 
3. Stilpne lisse. Stilpnus lœvis, nov. sp. 
9 — Long. .15 pce. Noir, brillant, avec les pattes et l'abdomen 
roux. Face large, tuberculeuse au milieu. Antennes à articles courts 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 333 

et épais, plus allongés à la base, noires, roussâtres à la base. Thorax 
court et épais, le métathorax à lignes soulevées distinctes. Ailes 
hyalines, les stigma grand, noir, l'aréole pentagonale. Pattes rousses, 
y compris les hanches et les trochantins, les jambes postérieures à peine 
obscurcies à l'extrémiié. Abdomen poli, brillant, déprimé, roux, ave^ 
le premier segment et l'extrémité, noir, le premier peu élargi au som- 
met, le reste presque en forme de losange dans son ensemble ; tarière 
à peine visible. — R. 

La forme de l'adomen, plus encore que la grandeur du 
stigma, ne permet pas de confondre cette espèce avec les 
genres voisins. 

G-en. Phygadeuon, Gravenhorst, XI, p. 65. 

Aux 28 espèces décrites, ajoutez les 18 suivantes. 

De même que pour les Ichneumons, nous séparons les 
(^ des ç dans la clef systématique qui suit, afin de rendre 
l'identification plus facile et plus siire. 

FEMELLES. 

1(9) Thorax et abdomen, noir ; 

2( 5 ) Pattes noires; 

3(4 ) Jambes postérieures entièrement noires.. 1. BlSlkel, XI, 67. 

4(3) Jambes postérieures tachées de blanc à la 

base 2. maculatus, XI, 67. 

5( 2 ) Pattes rousses; 

6( 7 ) Toutes les hanches rousses 4. maturug; XI, 68. 

7(8) Les 2 hanches antérieures noires.... 3. SlgnatUS, XI, 68. 

8( 7 ) Les 4 hanches antérieures blanches 29. Lavoiei, n. sp. 

9(1) Thorax noir ou roux ; abdomen plus ou 
moins roux; 
10(52) Ecusson noir; thorax noir ; 

11(12) Face jaune 13. segais, XI, 71. 

12(11) Face noire ; 
13(30) Hanches postérieures noires ; 
14(23) 1er segment abdominal noir ; 
15(18) Antennes avec un anneau pâle au milieu ; 
16(17) Pattes noires ; tarière du quart de l'ab- 
domen environ 7. rubrocinctus, XI, 69. 

17(16) Pattes rousses ; tarière aussi longiie que 

l'abdomen 18. ca'udatUS, XI, 73. 

18(15) Antennes sans annean pâle ; 
19(22) Abdomen noir à l'extrémité; 



334 LE NATURALISTE CANADIEN 

20(21) Tarière du quart de l'abdomen environ. 12, Ovalis, XI, 71. 
21(20) Tarière presque aussi longue que l'ab- 
domen 15. lucens, XI, 72 

22(19) Abdomen loux à l'extrémité ; tarière presque 

aussi longue que l'abdomen 24. inflatuS XI, 75. 

23(14) Premier segment abdominal roux ; 

24(27) Cuisses postérieures noires ; metatborax forte- 
ment mucroné ; 

25(26) Pattes noires ; les 4 jambes antérieures blan- 
châtres en avant 20. mucroiiatus, XI, 73. 

26(25). Pattes rousses ; métathorax à peine ex- 

cavé postérieurement 30. vulgaris. 

27(24) Cuisses postérieures rousses, noires à l'extrémité 
seulement, métathorax à angles sub-épi- 
neux seulement ; 

28(29) Abdomen entièrement roux 19. abdominalis, XI, 73. 

29(28) Abdomen noir à l'extrémité ; les pattes pos- 
térieures avec 3 anneaux blancs. 34. 3-ailîlulatUS, n. sp. 

30(13) Hanches postérieures rousses ; 

31(42) Abdomen à premier segment noir ; 

32(39) Antennes avec un anneau blanc ; 

33(34) Le scape entièrement noir 35. MignaulU, n. Sp. 

34(33) Le Bcape roux, du moins en dessous ; 

35(38) Tarière à peine sortante; cuisses posté- 
rieures noires à l'extrémité ; 

36(37) Abdomen largement arrondi à l'extré- 
mité 10. suMuscus, XI, 70. 

37(36 j Abdomen atténuée en pointe à l'extrémité. 45. acauduS, n. sp. 

38(35) Tarière de plus de la moitié de 

l'abdomen 37. Lechevallieri, n. sp. 

39(^32) Antennes sans anneau blanc; 
40(41) Abdomen ovale, tarière du quart de 

sa longueur environ 38. COmutUS, n. sp. 

41(40) Abdomen linéaire; tarière à peine 

sortante 46. attenuatUS, n. sp. 

42(31) Abdomen à premier segment roux; 

43(46) P]xtrémité de l'abdomen noire tachée de blanc; 

44(45) Cuisses noires; scape noir 6. inhabilis, XI, 69. 

45(44) Toutes lee cuisees rousses ; scape roux 

en dessous 8. alacris, XI, 69. 

46(49) Extrémité de l'abdomen noire, sans 

tache de blanc ; 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 335 

47(48) Tête et thorax, roux ; tarière longue. 9. OCCidental.iS,XI,70. 

48(47) Tête et thorax, noir ; tarière courte. 34. 3-annulatuS, n. s/>. 

49(46) Extrémité de l'abdomen rousse ; 

50(^51) Cuisses fortement renflées et contour- 
nées ; tête en carré 22. Crassipes, XT, 74. 

51(50) Cuisses grêles, ordinaires ; tête globu- 
leuse 23. rotundiceps, XI, 74. 

52(10) Ecusson blanc, jaune au roux; thorax plus 
ou moins roux ; 

53(56) Ecusson blanc ; 

54(55) Tête noire ; antennes noires à la base.. 28. planus, XI, 76. 

55(54) Tête rousse, antennes rousses à la base 20. roTbUStus, XI, 75. 

56(^53) Ecasson roux ; 

57(61) Tête et thorax, noir ; 

58(59) Abdomen noir à l'extrémité 42 terminatus, 7i. sp. 

59(60) Abdomen entièrement roux 21. major, XI, 74. 

60(59) Abdomen à bandes alternes de roux et de 

noir 44 aîtemaiis. II. sp. 

61(57) Tête et Thorax roux ; antennes noires à la 

buse 43 rubricus, n. sp. 

MALES. 

1(4) Thorax et abdomen, noir ; 

2(3) Antennes avec un anneau blanc 1 Blakei, XI, G7. 

3( 2 ) Antennes sans anneau blanc 20 mucrcnatUS, XI, 73. 

4( 1 ) Thorax noir, abdomen plus ou uioins ro;!X ; 

5(23) Hanches postérieures noires ; 

6(21) Face noire ; 

7(22) Ecusson noir ; 

8(16) Scape entièrement noir ; 

9(12) Métathorax fortement mucroné, 

10(11) Ecailles alaires noires 20. miîCronatUS, XI, 73. 

11(10) Ecailles alaires blanches 31. orbitalîs, «. sp. 

12( 9 ) Métathorax muioné ou submucroiié ; 

13(^14) Jambes postérieures noires, roussâtres à 

la base 32, CephalicUS, n. sp. 

14(i.5) Jambes postéiicures rousses, noires à la 

base et à l'extrémité 12. ovalis, XI, 71. 

15(14) Jambes postérieures rousses, noires à l'ex- 
trémité seulement 33. parallelus, n. sp. 

16(20) Scape roiix en dessou.s ; 

17(18) Cuisses postérieures noires 16. pubescens, XI, 72. 



336 LB NATURALISTE CANADIEN 

18(19) Cuisses postérieures rousses, noires à l'ex- 
trémité seulement 36. aciCUlatUS, n. sp. 

19(18) Cuisses postérieures d'un roux sale, plus 

obscures au milieu, petit, grêle. 39. autumnalis, n. sp. 
20(16) Scape blanc en dessous ; les 4 hanches 

antérieures blanches 26. palliCOXUS, XI, 75. 

22( 7 ) Ecusson blanc ; 

21( 6 ) La face, les 4 hanches antérieures avec 

leurs trochantins, blanc 14. impreSSUS, XI, 71^ 

23( 5 ) Hanches postérieures rousses ou jaunes ; 
24(31) Face noire ; 

25(26) Antennes rousses 25. ruflCOrnis, XI, 75. 

26(25) Antennes noires ; 

27(28) Face fortement pubescente 40 subspinosUS, n. up. 

28(27) Face glabre ; 

29(30) Métathorax inerme, resserré à la base.. 41 COnStriCtUS, n.sp, 
30(29) Métathorax sub-épineux aux angles. .. 24. inflatUS, XI, 75' 
31(24) Face blanche ; 

32(23) Toutes les hanches rousses 11. nitidulus, XI,70. 

33(32) Les 4 hanches antérieures blanches. 17. albiCOXUs, XI, 72. 

{A continuer.) 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



(Continué de la page 320.) 

Continuant notre route, nous passons bientôt après la 
2e tour de garde, puis, plus loin, la troisième, et tombons 
dans une forêt de vieux oliviers. Cette forêt doit son 
origme à Colbert, ministre de Louis XIV, qui avait établi 
une ferme en cet endroit. Napoléon I, dans son trajet à 
S. Jean d'Acre, campa à l'ombre de ces oliviers. 

Après la 4e tour de garde, nous passons devant un 
gros village arabe, Sarfand, dans le voisinage duquel se 
trouvait autrefois Greth qui fut la patrie de Groliath, de ce 
géant que terrassa David d'un coup de fronde. Geth, qui 
n'est plus aujourd'hui qu'un amas de ruines, possédait au- 
trefois un roi. 



DK QDÉBKC A JÉRUSALEM 337 

Un peu plus loin, nous laissons è gauche la 5e tour de 
garde et après quelques minutes seulement, nous entrons 
dans Ramleh où nous pénétrons jusque dans la cour du 
couvent. 

Telle est la route qui mène directement à Ramleh; 
ceux qui préfèrent passer par Lydda, doivent, après la ren- 
contre de la 1ère tour, à un certain Ouéli (1), prendre une 
route à gauche, et, après avoir passé plusieurs villages 
musulmans, ils arrivent à Lydda ou Diospolis, qui est l'an- 
cienne Lod de la Ste Ecriture. Lydda, qui ne compte 
que quelques catholiques seulement, a une population de 
5,000 habitants à peu près. Elle est sale et mal bâtie et 
n'a de remarquable que l'église S, Georges qui possédait 
autrefois le corps de ce martyr, dont il était originaire, et 
l'emplacement de la maison d'Euée, ce paralytique que 
guérit le prince des Apôtres. S. Pierre, disent les Actes, 
étant venu visiter les saints qui étaient à Lydda, y trouva 
Enée que la paralysie retenait cloué sur son grabat depuis 
huit ans. Enée, dit l'apôtre, lève-toi, et fais toi-même ton 
lit. Et le paralytique se leva guéri. 

De Lydda la route ramène à Ramleh où l'on arrive 
après moins d'une demi-heure de marche. 

A Ramleh, comme à Jaflfi, et comme nous les trouvons 
encore à. Jérusalem, Bethléem, Nazareth, etc., nous sommes 
hébergés par les Pères franciscains, qui accueillent avec 
bonté tous les pèlerins qui se présentent, à quelque natio- 
nalité qu'ils apparti'^nnent et quelque soit la religion qu'ils 
professent. Admirable institution que ces couvents d'hos- 
pitaliers ! Le pèlerin en Terre-Sainte, grâce au dévouf- 
ment des généreux enfants de S. François, de ces pauvres 
volontaires qui se font, par esprit de pénitence, les servi- 
teurs de tous, est sûr d'être accueilli partout par des frères, 
qui souvent, comme à Ramleh, ne comprendront pas même 
son langage, mais toujours, par des signes de bienveillance, 
sauront lui faire comprendre qu'il peut compter sur leur 
abnégation et leur dévouement pour les soins matériels de 
la vie, soins qu'il chercherait vainement à se procurer à prix 



(1) Onéli, petit monument funèbre. 



338 Lï NATURALISTE CANADIEN 

d'arqent dans la plupart des lieux qu'il anra à visiter. 
Brisé pnr la fatigue, épuisé par la chaleur, il trouvera par- 
tout des figures sympatiques, qui oublieront leur pauvreté 
volontaire, pour mettre à sa disposition un comfort pré- 
cieux, que les bourses les mieux garnies seraient encore 
impuissantes à acquérir ; et tout cela gratuitement, pour 
le seul avaîitage de fournir à des chrétiens les moyens de 
mieux connaître J. C, et à ceux qui le méconnaissent en- 
core, l'occasion de remarquer comment ses disciples pra- 
tiquent les préceptes de charité fraternelle qu'ils ont reçus 
de lui. 

Les franciscains ne possèdent p^s de couvent propre- 
ment dit à Ramleh, il n'y ont qu'une hôtellerie que désor- 
vent 5 ou 6 frères italiens ou esp-igiiols. 

A peine sommes-nous descendus de cheval, dans la 
cour du couvent, que les moukres viennent s'emparer de 
nos bêtes, et que nous pénétrons à la suite des Pères qui 
viennent nous saluer, sous leur toit hospitalier. Mous trou- 
vons dans le passage même nos menues malles déjà ren- 
dues avant nous, et notr>' Président nous distribue aus>itôt 
nos chambres où nous sommes libres de nous retirer de 
suite. Mais nous j)roKtons des quelques heures de clarté 
qui nous restent encore pour visiter un pc^u la ville, mal- 
gré l'extrême fatigue dont chacun se plaint, La plu[)art 
montaient à cheval pour la première fois, et tous étaient 
harassés d'une aussi longue course comme début sous un 
tel climat. Ceux surtout qui avaient fait le trajet sur des 
selles arabes, pouvaient à peine marcher. Ces selles, à 
rembourrage 1res dur, ont le dos presque plat et fort large, 
de sorte que leurs côtés viennent en peu d-.* temps à para- 
lyser les muscles des cuisses. 

Nous nous rendons d'abord sur la terrasse de l'hospice, 
d'où nous jouissons d'un magnifique point de vue, pouvant 
presque d'un seul coup d'œil embrasser la vaste plaine de 
Saion, df.'puis le Carmei (]ui la borne au nord en se joi- 
gnant à la mer, jusqu'à Graza où elle se perd dans ledé>ert. 
De ce point de vue, là plaine n'est qu'un immense ta[)is de 
verdure, émaiilé ça et là de villages arabes qui se dessinent 
sur toutes les eminences par leurs constructions gris- 



©■ QUÉBKO A JÉRUSALEM 339 

sombre sur le fond commun, lorsque des palmiers, comme 
à Bir-Zébik, Lydda, etc., ne viennent pas les distino^aer 
davantage. 

Nous visitons d'abord la vieille église S.Jean-Baptiste, 
où le général Bonaparte fit dresser des ambulances sur les 
tombes des anciens croisés; cete église à trois nefs ter- 
minées par autant d'absides, est aujourd'hui convertie en 
mosquée. Puis nous passons aux vasques de Ste Hélène; 
immense citerne dans laquelle nous dessendons par 27 
marches. Nous nous trouvons alors dans un souterrain 
soutenu par 27 arches répondant à autant d'ouvertures par 
où les eaux du ciel venaient dans le réservoir. Puis enfin 
nous abordons la Tour des quarante martyrs. Vaste coiis- 
t''uction aujourd'hui abandonnée et ouverte à tous les 
vents, n'occupant pas moins de 100 mètres carrés, La tra- 
dition veut que ce soit là le tombeau des 40 martyrs de 
{Sébaste en Arménie, qu'on aurait rapportés là; et d'autres 
prétendent aussi que la !Ste Famille dans sa fuite en 
Egypte se soit reposée en cet endroit ; mais ces deux tra- 
ditions ne paraissent pas mieux appuyées l'une que l'autre, 
et nous serions plutôt porté à croire avec le Frère Lievin, 
que c'est là un ancien caravansérail à la disposition des 
voyageurs, comme on en voit encore en beaucoup d'autres 
endroits. 

Nous rentrons au couvent sur les sept heures, des 
mieux disposés pour faire honneur à la table des bons re- 
ligieux. 

Ramleh est l'ancienne Arimathie, patrie de Joseph 
d'Arimalhie et de Nicodèrae qui tous deux ensevelirent le 
corps du ^Sauveur. On sait que Joseph d'Arimathie f lisait 
partie du sanhédrin ou sénat des Juifs qui cond;irana Jésus, 
et qu'à plusieurs reprises, cet homme droit prit la défense 
du juste et s'efforça de le sauver. Quant à Nicodème, 
c'était un ouvrier en bois; on veut que ce soit lui qui ait 
le premier représenté le Christ en sculpture, et ou tient 
comme sorti de ses mains le crucifix miraculeux que l'on 
vénère encore dans l'église de Lucques en Italie. 

Le couvent des franciscains est bâti sur remplace- 
ment de là demeure de Nicodème, et, à l'entrée de l'église, 



340 LE NATURALISTE CANADIEJè" 

se voit son atelier même qui est converti en chapelle et 
dans lequel nous pûmes célébrer le lendemain. 

Le souper terminé, nous nous rendîmes presque de 
suite à l'église pour la prière du soir, et chacun ensuite 
gagna sa chambre, tous se sentant pressés de se livrer au 
sommeil ou du moins de prendre un peu de repos. 

ilfarû?/ 29 mars.- Le départ ayant été fixé la veille à 
5 heures, dès les 4 h. les messes se célébraient aux diffé- 
rents autels. Nous eûmes la chance de pouvoir célébrer 
dans l'atelier même de Nicodème. 

La tasse de café noir (sans lait) qui fait à elle seule, 
avec un morceau de pain, le déjeûner en Orient, est bien- 
tôt prise, et dès avant 6 h. nous soaimes tous à cheval et 
en route pour Jérusalem, que nous devons atteindre vers 
les 5 h. 

Nous traversons un cimetière musulman, et nous re. 
prenons aussitôt la grande route à travers la plaine de 
Saron. La plaine est à peu près la même qu'en avant de 
B-amleh, des champs cultivés par-ci par-là, et en certains 
endroits une telle profusion d'anémones, qu'elles forment 
un tapis continu du rouge le plus vif. Près des pièces 
cultivées nous voyons une quantité considérable d'énor- 
mes bulbes que la charrue a retirés du sol. Us égalent les 
navets ordinaires en grosseur et on en remplirait des voi- 
tures. Ce sont ceux des asphodèle, Asphodelus luteus. Nous 
passons successivement les tours de garde Nos 6 et T. 
Après cette dernière, on A'oit sur le sommet d'une colline 
à gauche, Abouchoucheh qui occupe l'emplacement de l'an- 
cienne ville de Grezer, qui avait pour roi Horam lors de 
l'entrée des Israélites dans la terre promise. 

Nous rencontrons ça et là des ruisseaux coupant la 
route que nous traversons sur des ponts en maçonnerie. 

Après la 10e tour de garde, nous entrons à gauche à 
Latroun, qui ne se compose que de qielques maisons. 
D'après la tradition, ce serait là la patrie du bon larron, 
l'Egyptien Dismas. On veut que la Ste Famille, lors de sa 
fuite en Egypte, ait cherché un refuge dans la cabane dj 
cet heureux brigand, ou plutôt du père de ce célèbre larron. 
Celui qui devait le premier entrer dans le Ciel à la suite du. 



DE QUÉBEU A JÉaUSA'.EM 341 

Sauveur, enfant alors, était déjà rongé par la lèpre. Sa 
mère ayant lavé son enfaut dans l'eau qui avait servi au 
même usage à la Ste Vierge, l'enfant fut sur le champ 
guéri de sa hideuse maladie, ce qui ne l'empêcha pas d'ex- 
ercer plus tard le brigandage à la suite de son père, jus- 
quà ce qu'étant tombé entre les mains de la justice, il fut 
condamné à expier ses crimes sur la croix en compagnie 
de Jésus. Mais la grâce qui l'avait prévenu dès son en- 
fance, lui paria encore à ses derniers moments, et il fut 
assez heureux pour suivre son inspiration. " Seigneur, " 
dit-il, "je n'ai que ce que j'ai mérité, mais vous, vous êtes 
l'innocence même; souvenez-vous de moi lorsque vous 
serez dans votre royaume. — En vérité, je vous le dis, 
répliqua le Christ, aujourd'hui même, vous serez avec moi 
en paradis. " 

Latroun qui a possédé autrefois une belle église, n'est 
plus habitée aujourd'hui que par quelques fellahs et par 
deux bachibouzonks. 

A quelques arpents seulement de Latroun, se trouve 
Amoas qui est l'ancienne Emmaus oii Judas-Macchabée 
délit Greorgias le général de l'armée d'Antiochus Epiphane, 
roi de Syrie. Les grecs lui donnèrent le nom de Nicopolis 
qu'elle porta longtemps. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un 
petit village qui n'a de remarquable que les ruines d'une 
ancienne église qu'on était à déblayer au moment où nous 
la visitânjes. Une partie de l'abside avec le commence- 
ment dus trois nefs étaient déjà découverts jusqu'aux dalles 
de marbre qui ornaient le pavé. Quelques auteurs veulent 
qu'Emmaus-Nicopolis soit l'Emmaus de l'Evangile, où le 
Sauveur se ht connaître aux deux disciples le jour même de 
sa résurrection. On ajoute qu'un religieuse Carméhte, 
morte dernièrement en odeur de sainteté à Bethléem, qui 
avait déjà opéré plusieurs miracles, aurait prédit qu'en y 
faisant des fouilles, on trouverait une inscription qui ferait 
disparaitre tous les doutes et établirait définitivement que 
c'est là même que le Sauveur s'e-st montré aux deux dis- 
ciples. En attendant, nous pensons qu'il est plus sûr de 
s'en tenir au texte de S. Luc et à l'opinion du Fre Liévin, 
qui est une autorité en fait de géographie des Lieux-Saintsi 



342 LΠNATRBALTSTE CANADIEN 

et de ne trouver le véritable Emmans qu'à Quobobeh qui 
est à 60 stades de Jérusalem et non à Amoas-Nicopolis qui 
en est à 160. 

A partir de Latroun, nous laissons définitivement la 
plaine de Saron pour entrer dans la chMÎne des montaiçnes 
de la Judée. Nous laissons la vie, l'aspect riant et fertile 
de cette immense plaine, pour gravir ces monts nus. arides 
et désolés, où de rares bruyères, quelques houx misérables 
et d'autres arbustes épineux suffisent à peine à cacher ça 
et là les assises crayeuses qui s'étalent de toutes parts. Ce 
ne sont pas ici des mamelons arrondis, des têtes gracieuses 
revêtues d'une chevelure d'arbres et d'arbrisseaux ; mais 
partout se montrent, comme entassés les uns sur les au- 
tres, tant les dépressions qui les divisent sont étroites, des 
sommités de pierre gris-jaunâtre, réfléchissant les rayons 
du soleil, en retraite les unes sur les autres, à cassure tran- 
chante, que sillonnent par-oi par là des torrents maintenant 
à sec, mais qui dans la saison des pluies forment des cou- 
rants impétueux pour les laver et les ronger. 

Nous passons bientôt la lie tour de garde, '^t nous 
nous enfonçons dans une gorge à pente assez prononcée qui 
suit un torrent maintenant sans eau et que nous traversons 
plus loin sur un pont en maçonnerie. 

Nous faisons la rencontre, au détour d'un monticule, 
de trois femmes portant sur leurs têtes de lourds fagots 
qu'elles viennent d'arracher au flanc de la montasjne. 
Nous disons arracher, car la racine qu'elles ont conserv^ée 
se montre plus volumineuse, et par conséquent plus pré- 
cieuse comme combustible, que la tige grêle et tortueuse 
de ces arbrisseau épineux. Vêtues d'un simple sarreau en 
toile bleue, sale et tout effrangé, elles le relèvent jusqu'à 
la hauteur du genou pour n'en être pas embarrassées 
dans la marche et le retiennent serré à la taille par une 
corde à laquelle est aocrochée la serpette qui leur a s rvi 
pour leur extraction et leur émondage. Les pieds et les 
jambes nues, elles cheminent ainsi à travers épines, cail- 
loux pointus et autres aspérités de la ronte, sans tenir 
compte du soleil qni leur rôtit la figure et la poitrine 
qu'elles ue prennent aucun soin de se couvrir. Leurs 



DE QDÉBEC A JÉRUSALEM 343 

charçjîs paraissant énorm^^s. aussi les voit-on souvent 
plier sous le {"aidt'au, et s'aider les unes l"S autres pour 
bien asseoir le faisceau sur lenrs têtes. Quel esclavai^e! 
et dire que ces misérubles, qui toutes îrois, il est possible, 
appartiennent au même maitre, au même tyran, auront 
peut-être encore à goûter du bâton une fois arrivées au 
lojjfis. pour n'avoir [las allour;li davantage leurs fardeaux en 
lt\s faisant plusanipK'S. Q le n'ouvreut-t>lles les yeux, ces 
esclaves de.s homnu's et du de'Muoii, aux Inmières lin chus- 
tianisme, qui les affranchirait de la double servitude à 
laquelle elles sont soumises ! 

Mais déjà les 12e et 13e tours sont franchies, et nous 
passons dans la vallée des vieux oliviers de Saris, l'an- 
cienne S irim où David s'arrêta dans sa fuite avec sa 
troupe, et a[irès quelques minutes, nous touchons Abou- 
gosh, où nous nous nous arrêtons sur le penchant d"une 
colline semblablement couverte d'oliviers pour y prendre 
le dîner. Des tapis sont étendus à l'ombre sous les vieux 
arbres, et rangés autour, assis sur nos jambes à la façon 
des anciens patriarches et des habitants du jour de ces 
contrées, nul ne se plaint du man(juedesiège, trop heureux 
sommes-nous, de voir étalésdevant nous, œufs durs.quartiers 
de poulets, oranges, etc., qui vont renouveler nos forces 
pour nous permettre de continuer notre route incontinent. 

Pour nous, suivant notre habitude, le repas est bien- 
tôt pris, et pendant que la plupart se livrent à une sieste 
sur les tapis mêmes qui nous ont servi de nappes, nous 
inspi-ctons les broussailles du voisinage à la recherche de 
fleurs et d'insectes. Nous sommes bientôt rejoint par M. 
Gasnau t-Gruérin, qui lui, fait une revue de tous les cail- 
loux qui louchent le sol, dans l'espoir d'y rencontrer quel- 
ques spécimens de minéralogie dignes d'intérêt. Nos goûts 
communs nous rapprochant, nous devenons de ce jour 
deux compagnons inséparables pour poursuivre nos 
chasses et nos rechercht>s. Plus heureux (jue lui, pendant 
qu'il ne trouve autre chose que des débris de la roche qui 
forme les montagnes t;ue nous traversons, nous cueillons, 
d'ab >rd parmi les plantes: deux papavéracées, le coque- 
licot commun Papaver rhœas, et un autr que nous croyons 



344 LB NATURALISTE CANADIEN 

être le Papaver dubium. Nous sommes tout surpris de 
tomber tout à coup sur de larges talles de mig'nonette tout 
en fleur, nous nous empressons de les flairer, à notre 
grande surprise, elles sont inodores ; nous reconnaissons 
alors, au calice à 4 divisions, que nous avons affaire au 
Reseda luteola. Un petit arbrisseau, à fleurs papilionnacées 
d'un jaune brillant, se montre en si grande quantité qu'il 
forme de larges massifs en certains endroits ; nous croyons 
d'abord reconnaître le genêt commun avec lequel nous 
avions fait connaissance sur la montagne de Lourdes, mais 
examiné plus attentivement, nous constatons que c'est une 
espèce différente, c'est le Genista monosperma, le nolem des 
Arabes. 

Quant aux insectes, s'ils ne sont pas nombreux en 
espèces, les individus par contre se montrent en quantité 
considérable. Nous prenons d'abord sur le bord du chemin 
des bousiers à pattes postérieures très longues qui leur 
servent à rouler dans des trous préalablement creusés des 
boules de fiente dans lesquelles ils déposent leurs œufs et 
dont se nourriront leurs larves, c'est le Sisiphus muricatus, 
puis, sur le genêt, une grosse cantharide brune, avec le 
devant du prothorax rouge, c'est VEpicauta verticalis, 
lUiger, pensons-nous ; puis 2 espèces d'Andrènes et un 
Halictus, l'une des Andrônes et VAndrena rutila de iSpinola, 
si nous ne nous trompons etc., etc. 

Abougosch, au pied de laquelle nous reposons, est 
l'ancienne Cariathiarim de l'Ecriture sainte. C'est dans la. 
maison d'Abinadab, à Grabâa, sur la hauteur de Caria- 
thiarim, que demeura pendant 20 ans l'arche d'alliance et 
d'où David vint la chercher pour la transporter à Jé&usalem, 
chantant et dansant devant elle pour témoigner sa joie; 
environ 1033 avant J, C. 

Cariathiarim est aussi la patrie du prophète Uri, qui 
fut mis à mort par le roi Joachim pour avoir prophétisé 
contre sa ville. 

Au N. O. du village on voit une construction qui se 
distingue de toutes les autres par ses dimensions, c'est 
l'Eglise de Saint-Jérémie, que les musulmans en 1489 en- 
levèrent auT chrétiens après avoir massacré neuf Pères 



DE QUÉCBC A JÉRUSALEM 345 

franciscains qui en avaient la garde, cette église est ajour- 
d'hui dans un triste état d'abandon et de délabrement, ser- 
vant souvent à loger les chevaux et autres bêtes de somme 
des voyageurs. 

Il est déjà 2h. passées, la sieste est terminée et l'ordre 
de partir est donné. Chacun de reprendre sa monture 
et de s^ remettre à son rang pour la marche. 

Mais voici qu'une dame anglaise, avec deux cavaliers 
qui la suivent, s'en vient traverser la troupe de notre cara- 
vane encore toute pêle-mêle sur la route. Le cheval de la 
dame heurte celui d'un des nôtres qui n'étant pas suffisam- 
ment retenu par son cavalier, se tourn*' aussitôt en travers 
et envoie force ruades au nouveau venu. La dame de crier 
alors avec effroi et toute prête à rouler sur le sol, lors- 
que les moukres viennent saisir ie.s bêles, et déposer la 
cavalière sans connaissance sur le bord de la route. On 
craignit un moment qu'elle n'eut les jambes cassées par 
les ruades reçues, mais heureusement que les deux bêtes 
étaient trop près l'une de l'autre, et que les pieds du 
cheval rueur ne touchèrent qu'au dessous du ventre de 
l'autre sans atteindre les jambes de la dame. Elle se remit 
bientôt et en tut quitte pour sa frayeur, sans autre consé- 
quence. Nous conclûmes tout de même de cet incident 
qu'il faut en toute circonstance veiller attentivement sur 
nos bêtes, si nous ne voulons pas nous exposer à des acci- 
dents qui parfois peuvent être très sérieux. 

Nous laissons à droite Soba que nous voyons perchée 
sur une montagne conique des plus élevées de cette chaîne. 
îSoba était autrefois une place forte, mais elle fut prise et 
démantelée par Ibrahim-Pacha en 1834, et n'est plus au- 
jourd'hui qu'un village sans importance d'environ 500 ha- 
bitants. 

Nous descendons plus loin dans une vallée toute 
plantée d'oliviers, de figuiers et de vignes, cultures qui 
contrastent agréablement avec les denudations que nous 
avons remarquées jusqu'ici. Nous traversons sur un pont 
en maçonnerie le torrent qui coule au milieu de cette 
vallée. 



346 LE NATURALIPTK CANADIEN 

A mesure que nons franchissons quoique hantour, nos 
regards seporti^nt en avant, pour voii-si nous ne di^coav rirons 
pas bientôt l(^s constructions de la Ville Sainte. On st^ sur- 
prend soi-même ému à la pensée que dans quelques quarts 
d'heurt^ on va fouler le sol le plus sunt du monde», cMai 
qui a été arrosé du sànsç de ^^lomra'^-Di^'U, on va })énétrer 
dans Jérusalem, march'^r !?ar les traces de Jésus. Geth^é 
mani, le Calvaire, le S. Sépulcre, sont des noms magiques 
pour le chrétien, dont le souvenir seul évoque dans l'âme 
nous ne savons quoi d'inconnu qui absorbe et qui trans- 
porta. 

PoursuivaTit notre route, nous prenons une desctMite 
raide et toi tueuse, vers le milieu de laquelle, on nous 
montre à droite, à quelques milles de distance, S. Jean in 
Montana, c'est là que Z icharie avait sâ maison de cam- 
pagne et où vint au monde le plus grand des enfants des 
hommes. 

Nous laissons à gauche un village arabe séparé de la 
route par des champs tout plantés en oliviers, grenad ers, 
vignes, cognassiers etc., c'est K^ilounieh, et continuant la 
descente, nous traversons au bas, sur un pont en maçon- 
nerie, le torrent du Térébinthe, qui a donné son nom à la 
vallée qu'il arrose. Le torrent est maintenant à sec, et 
dans son lit même, nous voyons trois enfants complètement 
nus qui prennent leurs ébats sur le gravier qui le couvre. 
On sait que c'est dans le torrent du Térébinthe que David 
prit les pierres avec lesquelles il terrassa le géant Goliath. 
Oui, cette vallée célèbre qui aujourd'hui ne fournit pas 
même aux habitants qui l'occupent de quoi couvrir la 
nudité de leurs enfants, vit un jour deux armées nom- 
breuses et formidables en présence l'une de l'autre; sur 
la gauche celle des Israélites et sur la droite celle des 
Philistins. 

Depuis 40 jours les deux armées étaient en présence 
sans en venir aux mains, par ce qu'occupant chacune les 
h\utes mont;ignes qui b trJent le torrent de part et 
d'autre, il fdlait pour se rencontrer descendre dans la 
vallée et remonter de l'autre côté. Et c'était à qui des 
deux armées ne s'exposerait pas dans cette position désa- 
vantageuse. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM. 347 

Mais l'armée de Saul était déplus* terrifiée par les bra- 
vades d'un géant Philistin, qui descendait chaque jour 
dans la plaine pour proroquer et insulter les Israélites. 
Ce géant étiit Groliath, de la ville de Greth que nous avons 
vue dans la plaine de iSaron ; il mesurait six coudées et une 
palme, et il était tout couvert d'airain, depuis so!i cisque, 
jusqu'à ses bottes et son bouclier, qu'il frappait de sa lance, 
dont le bois seul avait les pro))artions d'une rame de 
bateau. Aucun enfant d'Isra 1 ne voulait aller se mesurer 
avec ce colosse, lorsqu'un jeune pâtre, du nom de David, 
arriva au cnmp envoyé par son père pour voir s'il ne 
manquait rien à ses frères. Il s'étonne des terreurs d'Israël 
et s'off;e à aller combattre le géant. C'est que cet enfant, 
sous sa tunique de be ger, portait un cœur drf roi, et que 
tout confiant eti Dieu, il avait déjà bien des fois éprouvé 
son assistance dans des circonstances critiques. On le pré- 
sente au roi. îSanl hésite, ne voulant pas exposer c> jeune 
homme à une mort presque certaine.— Seigneur, mon roi, 
dit l'enfant, ne craignez rien. Lorsque je conduisais mes 
troupeaux au pâturage, il est arrivé plusieurs fois qu'un 
ours, un lion venait et emportait une brebis. Je me 
mettais aussitôt à sa poursuite, et sans autre arme que mon 
bâton, j'attaquais la bête féroce, je la snisissais à la gorge, 
la terrassais ot l'étendais morte sur place. Je reprenais 
ma brebis et retournais joyeux à mon troupeau. Celui qui 
m'a délivré des grifft^s des ours et de la gueule des lions, 
saura bien aussi m'arracher des mains de ce Philistin, Et 
qui est-il donc cet infidèle pour oser braver ainsi l'armée 
du Dieu vivant ? Je ne compte ni sur ma force, ni sur 
mon courage, mais uniquement sur l'assistance de celui 
qui trempe les cœurs et dirige les bras de ceux qui com- 
battent en son nom. 

Le roi voulut au moins le revêtir de ses armes. -Non, 
dit l'enfant, je ne march:iis pas ainsi lorsque j'égorgeais les 
bêtes féroces. —Et prenant son bâton, il descendit dans la 
vallée, choisit cinq cailloux bien polis dans le lit du torrent 
qu'il mit dans sa panetière, et saisissant sa fronde, il s'a- 
vance vers le Philistin, 

— Mais me preuds-tu pour un ehien, dit le géant, eu 



348 LB NATURALISTE CANADIEN 

venant ainsi à moi avec un bâton ? Je vais donner ta chair 
à manger aux oiseaux de l'air et aux bêtes des bois. — Ta 
viens à moi, dit David, avec l'épée, la lance et le bouclier; 
moi, je ne suis qu'un enfant, mais je viens à toi au nom 
du Seigneur, je te couperai la tête et donnerai ton corps 
en pâture aux oiseaux du ciel, afin que toute la terre 
sache qu'il y a un Dieu en Israël. 

A peine avait-il achevé ces mots, qu'une pierre s'é- 
chappe en sifflant de sa fronde, et va frapper au front l'or- 
gueilleux Philistin. G-oliath roule sur le sol, et David lui 
enlevant son épée, lui tranche la tête d'un seul coup. 
La victoire est à David, et la terreur passe aussitôt d'une 
armée à l'autre, de celle des Israélites qui sont ivres de 
joie, à celle des Philistins qui se retirent honteux et en dé- 
sordre. 

Nullement en proie à la terreur des Philistins, mais 
quelque peu dominés par la joie des Israélites qui s'en re- 
tournaient victorieux à la Ville-Sainte, nous laissons der- 
rière nous le torrent avec son lit aride et ses enfants nus, 
et gravissons la montagne opposée par une montée raide 
et escarpée, qui serpente en nombreux zigzags jusqu'au 
sommet de l'élévation. Rien de plus gracieux à chaque 
détour de la route, que de porter un regard en arrière sur 
la longue hlede notre caravane, qui se dessine en un ruban 
mobile et replié sur le flanc de la montagne, en faisant 
contraster les couleurs voyantes des costumes avec le gris 
sombre du sol, ou plutôt de la pierre dans laquelle la route 
est taillée» Quarante cavaliers cheminent ainsi à la suite 
les uns des autres, couvrant en partie leurs montures de 
leurs amples manteaux blancs, eu laissant pendre leurs 
longs turbans à fond blanc, rayé de rouge ou de jaune sur 
lesquels des ombrelles de toute couleur, projettent une 
ombre plus ou moins efficace, suivant la position qu'on sait 
leur donner selon les difl^érents détours que l'on opère. 
Derrière les cavaliers suivent au pus lent et aux traits for- 
tement tendus deux lourds véhicules à trois chevaux, char- 
gés eux aussi de voyageurs portant le même costume et se 
protégeant aussi contre le soleil avec leurs ombrelles éta- 
lées sur leurs têtes. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 349 

Nous passons à droite la 14e tour de garde, et un peu 
plus loin la 15e à o-auche. où nous apercevons devant nous 
la montag-ne des Oliviers. Nous voyons à droite la vallée 
de la Croix oii se trouve un couvent de Grrecs schisma- 
tiques; au delà, vers le S. E., on aperçoit le couvent de 
S. Elie et, un peu plus à droite, Èethléem ; cette scène 
sans pareille, a pour fond à Fhorison les montagnes de 
Moab qui gisent de l'autre côté du Jourdain, au delà de la 
Mer Morte. Nous touchons enfin à la 16e tour do garde 
où nous voyons se dessiner sur l'horison les crénaux des 
murs de la Ville-Sainte. Jérusalem ! Jérusalem ! à ce cri 
les croisés se sentirent dominés par une joie indescriptible. 
Et nous aussi, nous sommes émus, nous foulons un sol qui 
frappé de nos pas nous renvoie les échos des plus mémo- 
rables événements du monde; les personnages les plus 
célèbres ont buriné à sa surface dans leur passage des ca- 
ractères ineffaçables que nous savons déchiffrer, et nous ne 
savons quelle vapeur secrète, mais suave, s'en exhale pour 
dominer nos cœuis et nous enivrer en qitelque sorte. 
Aussi est-ce avec empressement que nous descendons de 
nos moiitures pour nous agenouiller et baiser ce sol qui à 
si justes titres est appelé Terre-Sainte. C'est avec àrae et 
les larmes aux yeux que nous chantons le cantique du roi- 
prophète: 

Je me suis rt^joui de cette parole qui m'a été dits : nous hons 
dans la maison du Seigneur. 

Nous "établirons notre demeure dans tes parvis, ô Jérusalem. 

Jérusalem, ville auguste, commune patrie des serviteurs de 
Dieu, dont les diverses parties forment un tout .-idmirabie. 

Là sont montées les tribus consacrées au Seigneur, pour rendre 
hommage à son nom, selon la loi d'Israël. 

Là sont placés les sièges de justice, les trônes de la uiaison de 
David. 

Demandez la paix pour Jérusalem ; que ceux qui t'aiment, ô cité 
sainte. juui.<jsent de toutes sortes de biens. 

Que la paix règne dans tes l'emparts, et l'abondance dans tes 
palais. 

Asiles de mes frères et de mes amis, mes paroles sur toi étaient 
des paroles de paix. 

La uiai-'on du Soigneur notre Dieu est dans ton enceinte ; c'est 
pourquoi j'ai appelé sur toi tous les biens. Gloire soit au Père etc. 

Puis nous recitons un paler un ave pour gitgner l'in- 
dulgence a la vtie de la Ville-Sainte, et reprenons nos mon- 
tures potir continuer notre route. 

D'ordinaire un Père de Terre-Sainte vienl en cet en- 
droit à la rencontre des pèlerins, pour les saluer et les in- 
troduire dans la ville Mais l'arrivée du Prince Rodolphe, 
qui nous précédait de quelques muiutes, nous priva de 
cet avantage. 

(1) Lœtaîus sum in his quct dicta tunt mihi. Psaume 121. 



350 LK NATURALISTE CANADIEN 

Cha Xi. i. • ^ j • 

cnn ayant maintenant appris a aominpr sa mon- 
ture, nous no s mettons en file deux à deux et taisons notre 
entrée dans un ordre admirable» La marche est ouverte 
par le Frère Liévin, sur son superbe cheval f^rris-pornmelé, 
puis viennent les membres du bureau, les ecclésiastiques, 
les hommes, et enfin les dames que suivent nos moukres 
en fermant la marche. 

Nous laissons à gauche l'établissement russe, pissons 
la 17e tour de garde et touchons aux murs de la ville que 
nous longeons sur notre gauche jusqu'à la porte de Jafia. 

Nous passons sous un arc .le verdure érigé pour le 
prince et trouvons toute la po|)ulation sur pied en habits 
de fête à l'occasion de cette visite, moins toutefois un cam- 
pement de bédouins dont les sombres tentes ^'étalent à la 
porte même de la ville, avec leurs chameaux agenouillés 
sur la place et leurs enfants nus qui veulent eux aussi 
servir leur curiosité malgré leur manque de costume. 

Nous franchissons la porte, munie d'un seuil en pierre 
que nos chevaux enj imb^Mit, mais que les voitures ne peu- 
vent franchir, tournons à g.vnche, oii nous prenons la 2e 
rue qu'on rencontre, rue étroite, inégale, irrégulière, 
pavée en cailloux ronds sur lesquels lelentissent les fers de 
nos chevaux, laissons à doite 2 ru- s à peu [>ips semblables, 
et continuons tout droit, jusqu'à ce que no ts voyions, dans 
un angle à irnuche, la porte d'une «jurande construction, au 
dessus de hiquelle nous lisons l'inscriptiou : Hospitium 
Fratfciscanum, c'est la Casanova ou hôtellerie des Pères 
franciscains qui doit nous recevoir. 

A continuer. 



FAITS I>IVEflS. 

Arbres d'ornement. — Nous voyons avec plaisir que 
nos remarques au sujet de la plantation d'arbres d'orne- 
ment choisis parmi nos espèces for.'stières, ont attiré l'at- 
tention de plus d'un membre de la presse qui les ont 
corr<jboréHS de leurs obs rv;itions et commn'ntMires. Le 
Courrier de Montréal, Le Canada d'Ottawi, le Courrier du 
Canada, U Union drs Cantons de l' Est, le JSouveltiste de Q lé- 
bec, le Constitutionnel et la Concorde des Troi -ilivières s'en 
sont surtout l'ccufxs. Le Constitutionnel insiste surtout pour 
qu'on fasse aux Trois- Rivières, ce que nous avons sugg'ré 
pour Québec. Que sur la place publique qu'on est à pré- 
parer sur le plaieau des casernes, on ftsse comme un 
noyau de jardin botanique, en plantant là des représentants 
de toutes les essenct's arborescentes des forêts de notre 
Province. Nous ne saurions trop vivement appuyer cette 



FAITS DIVERS 351 

proposition. Trois- Ri vie res n'est qu'à 90 milles de Q lébec, 
et cependant, si ces snggrestioiis étaient mises à exécatini, 
on verrait prospérer là plus d'une espèce qui ne pourrai.»nt 
réussir à Q lébec ou du moins y prendre Jeur (léveloppe- 
ment normal. Son sol sablonneux et chaud, son éloior.ie- 
ment des montagnes couvertes de coniterns, sa di.-tancê de 
l'eau salée qni ne p rmet [lasai'x brises srlacialfs du jjolfe 
de pénétrer ja>que là permettraient aux Trois Rivière 
de coiiiserver dans ses rues plusieui-s essences desclunits du 
sud qui ne pourraient réu-sir à Q lébec, telles que, p:ir ex- 
emple, les Caryers de toute espèce, les Chênes pour la 
plupart, le Marronnier d'Inde, le Platane, le Chataiorninr 
etc., etc. Que dès cette automne on se procure donc les 
plants de ces différentes espèces, qu'on les hiverne en 
jauge pour les planter au i)riiitemps, alin de les voir dès 
l'année [)rochaiie étaler leur ver^iure au grand contente- 
me.t des amateurs, des touristes, et surtout des botanistes. 

Avis — Nous attiions spécialement l'attention des ama- 
teurs et des directeurs de mais >ns d'édiic.ition sur l'an- 
nonce de M. A. E. Foote, sur notre couverture. C'est le 
magazin le plus comi)let, en fait d'obj.'ts d'histoire na- 
turelle, de tout r.e continent et peut-être du monde entier. 

Réception — N>/Us accusons avec recounMiss;nice ré- 
ception de ÏAntmal Report of the IJoard of the W gents of the 
Sinithso'iirm Institutiott [)our iSSO, volume in-8 de ,772 
payes, comprenant une quantité considérable de matières 
intéressantes. 

B bliographie —Seventh Report of the Montreal Ilorticid- 
turnl and Frnit Gioivtrs' Association of the Province of 
Quebec for 1881. Ce rai)port qui forjne une brochure de 
183 pages, l'emporte encore en intérêt, si possible, sur ses 
devanciers. 11 contient un grande cirte des Provinces 
en deçà des Montagnes- llocheuses, montrant l'extrême 
limite au nord de la plupait de no> aibres forestiers. 
U'aprè- cette carte, les espèces suivantes aiteindran'iit, ou 
peu sen fut, les bords de lamer gl icia e : L'epineite, 
Abies alba et nigra ; le melèse, Larix Americana ; les p.-u- 
plieis, Populus b ds nnifera et tremn/oides ; le bo ileau à p i- 
p\er, Beluta papï/racea, le sapin blnic, Abics bilsnniea Et 
les espèces suivantes trotiveraieiit leur extrême limite 
nord aux endroits ci-dessous en suivant la vallée du t5l- 
Laureiit. 

Le Caryer amer, Carya amara Sorel (1). 
Le noyer tendre, Jnglans cine. 

YQd Québec» 

(1) Nous l'avons rencontré à Nicolet, à Geutilly etc. 



352 LE NATURALISTE CANADIEN 

Le chêno bianc, Quercus alba (l)Québec. 

Le charme, Carpinus AmericanaiJap Tourmente, 

Le bois-dur, Oatrya Virginica Cap Tourmente. 

Le bois-blanc. Ti H a Americana Caps à la suite de S.Joachim 

Le hêtre, Fagus ferrvginea Caps " " 

Le frêne blanc, Fraxinus alba Caps " " 

La pruche, Mies Canadensis Baie St-Faul. 

L'érable à sucre, Acer sacchari- 

num Saguenay. 

L'orme roux, Ulmus JJmericanaSsguenaj^ 
Le pin des rochers, Pi nus Bank- 

siana Rivière Moisie, 

Le cèdre, Thuya occidenialis Anticosti. 
Le frêne gras, Fraxinus samb'i- 

cifolius Sept-lsles. 

Le merisier jaune, Betula lutea Sept-lsles. 
Le pin blanc, Pinus strobus Mingan, 

Tératologie végétale. — En faisant dernièrement la 
cueillette de pommes de Sibérie dans notre jardin, nous 
avons rencontré un singulier cas de tératologie végétale. 
C'était deux pommes jumelles, c'est-à-dire qu'un pédon- 
cule unique se partageait vers l'extrémité en deux 
branches, portant chacune une pomme, soudées l'une à 
l'autre, si bien que l'épiderme lisse et continu recouvrait la 
suture. Chacune avait son ombilic propre et était parfaite, 
moins la face aplatie opérant la conjonction. 

Nos remerciments à qui de droit pour l'envoi des pu- 
blications suivantes : 

Winchell, — The Geological and Natural History Survey 
of Minnesota. Neuvième rapport, pour l'année 1882, Su- 
perbe volume in-8 de 400 pages, avec une liste des oiseaux, 
cartes nombreuses etc. 

Annales de la Société Entomologique de Belgique. — Tome 
XXV, 1881 ; in-8 de plus de 400 pages, avec planches colo- 
riées, listes d'insectf's et une foule de renseignements sur la 
distribution des diflérents ordres d'insectes dans la Belgique 
et les pays circonvoisins, les Compter-rendus des séances 
de la Société etc., etc. 

Œvifs d'oiseaux. — Les Naturalistes qui voudraient 
compléter des collections ou les amateurs 
qui voudraient en commencer, trouveront 
chez M. A. E. Foote, Philadelphie, 1223, 
Belmont Avenue, une grande quantité d'es- 
pèces d'oeufs d'oiseaux, de peaux, d'oiseaux 
montés, d'yeux, &c. Catalogue pour l'or- 
nithologie 3 cts , des livres 3 cts, des livres de médecine 5 cts. 
Voir L'annonce à la couverture. 

(1) On n'en a jamais trouvé plus bas que Deschaïubault. 




LE 






^p^t"^^"''2^^-nr^'^T^#f ^^wWW'sP^-^^^' 



Vol. XIII.— 12. CapRouge, Q., DEC, 1882. No. 156. 
Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. 



FAUNE CANADIENNE 

HYMÉNOPTÈRES 
ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

(^Continué de la page 336). 

8. Phygadeuon maculatus, Prov. X, p. 67 . 

(^ — Avec les antennes sans anneau pâle et les jambes postérieures 
tentièreraent noires. 

20. Phygadeuon mucronatus, Prov. XI, 73. 

(^ — Antennes sans anneau pâle. Pattes noires, les 4 jambes an- 
térieures avec une ligne blanche en dehors. Abdomen poli, brillant, 
quelquefois roux-brunâtre, mais le plus souvent entièrement noir. — CC, 

29. Phygadeuon rufulus, Prov. XI, 76, est un Meso- 
leptîis, 

29. Phygadeuon de-Lavoie. Phygadeuon Lavoiei, 
nov. sp. 

$ — Long. .15 pee. Noir, brillant; les mandibules, les écailles 
alaires, tous les trochantins avec les 4 hanches antérieures, blanc, le 
scape en dessous avec les pattes, roux-pâle. Antennes assez longues, 
plus épaisses à l'extrémité, mais non enroulées. Thorax allongé, dé- 
primé, le métathorax avec une pointe courte aux angles. Ailes sub- 
hyalines, les nervures brunes, pâles à la base, le stigma d'un jaune 



354 LE NATURALISTE CANADIEN 

sale, aréole pentagonale. Pattes d'un roux sale, les jambes postérieures 
avec Textrémité noire, leurs hanches aussi noires. Abdomen à pédi- 
cule court, en ovale allongé, poli, brillant, le ventre jaune à la base ; 
tarière de la moitié de l'abdomen environ. — R. 

Capturé à Douglastown (Gaspé). 

Dédié à M. Raoul Lavoie, zélé entomologiste de St- 
E,och de Québec. 

30. Phygadeuon commun.. Phygadeuon vulgaris, QrQss,. 
Proc. Eut. Soc. Phil, ill, p. 310, $. 

Ç — Long. .28 pce. Noir avec l'abdomen roux ; mandibules rous- 
Bâtres. Antennes fortes et courtes, enroulées à l'extrémité, roussâtres 
à la base, souvent plus pâles au milieu et noires à l'extrémité, le scape 
robuste. Ecusson aplati, poli, avec une double excavation en avant. 
Ailes hyalines, légèrement enfumées ; les nervures et le stigma, brun. 
Abdomen ovalaire, aplati, poli, entièrement roux, excepté la base du 
pédicule qui est noire; tarière de la moitié de l'abdomen en longueur. 
Pattes rousses, les postérieures avec les hanches plus ou moins foncées, 
quelquefois presque noires. — PC. 

Espèce très variable dans sa coloration. Sa plus petite 
taille, ses jambes sans lignes blanches et son absence d'an- 
neau blanc aux antennes le distinguent surtout du mu- 
cronaius. 

31. Phygadeuon à- orbites-blancs. Phygadeuon orbi- 
talis, nov. sp. 

çj* — Long. .22 pce. Noir ; deux larges ligues orbitales au dessous 
des antennes, avec les scapulaires, blanc ; les pattes et l'abdomen roux. 
Antennes assez longues, fortes, sétacées, entièrement noires. Thorax 
poli, brillant, le métathorax à lignes soulevées distinctes, ses angles 
subépineux. Ailes subhyalines, le stigma brun, les scapulaires blanches, 
très apparentes. Pattes rousses, les postérieures avec l'extrémité des 
cuisses et des jambes ainsi que leurs tarses, noir ; toutes les hanches 
noires. Abdomen allongé, subcylindrique, roux, la moitié du premier 
segment avec les derniers, noir. — R. 

32. Phygadeuon à-grosse-tête. Phygadeuon cepha- 
licus, nov. spe 

(^ — Long. .22 pce. Noir ; tête fort grosse, épaisse en arrière des 
yeux. Antennes médiocres, tout noires. Thorax robuste ; métathorax 
arrondi, sans aréole distincte. Ailes hyalines, le stigma noir, avec un 
point pâle à la base. Pattes noires, les 4 jambes antérieures rous- 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 355 

sâtres. Abdomen en ovale allongé, les segments 2 et 3 d'un roux bru- 
nâtre, le reste noir. — R. 

Cette espèce se sépare surtout de ses voisines par la 
couleur de ses pattes. 

33 Phygadeuon à côtés-parallèles. Phygadeuon pa- 
raUelîfs, nov. sp, 

(^ — Long. .20 pce. Noir avec l'abdomen taché de roux, les palpes, 
les écailles alaires, blanc ; la face et les antennes entièrement noires ; 
tête moyenne, transversale, ses angles arrondis. Métathorax à carènes 
distinctes, ses angles postérieurs sub-épineux. Ailes hyalines, le stigma 
brun, l'aréole pentagonale. Pattes d'un roux sale, les hanches noires, 
les cuisses au milieu avee l'extrémité des jambes postérieures et leurs 
tarses, plus ou moins obscures. Abdomen allongé, à côtés parallèles, 
le 1er segment aciculé, noir de même que les terminaux, roux dans le 
reste. 

Bien distinct de Vovalis par sa forme et sa coloration. 

34. Phygadeuon à-3-anneaux. Phygadeuon S-armu- 
latus, n. sp, 

Ç — Long. .28 pce. Noir avec l'abdomen roux excepté à l'extré- 
mité. Les palpes, une ligne sur le chaperon, un anneau aux antennes, 
les écailles alaires, blanc. Antennes longues, assez grêles, noires avec 
un annean blanc au milieu, la base quelquefois roussâtre en dessous. 
Thorax noir, le mé.50thorax arrondi, à lignes soulevées peu distinctes. 
Ailes hyalines, le stigma noir. Pattes rousses, les postérieures avec 
un petit anneau blanc à la base des jambes, à la base du 1er article des 
tarses et sur le 2e article, le reste noir excepté les cuisses qui sont 
rousses avec l'extrémité noire ; toutes les hanches noires. Abdomen 
ovalaire, aplati, noir à l'extrémité, avec la tarière d'environ la moitié 
de sa longueur. 

Se distingue surtout de Voccidentalis par la brièveté de 
sa tarière et son thorax entièrement noir. 

35. Phygadeuon de-Mignault. Phygadeuon Mignaulti^ 
nov. sp. 

Ç — Long. .18 pce. Noir avec l'abdomen rouge. Antennes pas- 
sablement longues, tout noires, fort épaisses à l'extrémité, enroulées, 
les articles 3 et 4 allongés, les autres allant toujours en diminuant. 
Thosax poli, brillant, le métathorax avec une aréole centrale en carré. 
Ailes hyalines, le stigma avec les écailles, noir. Pattes rousses, y 
compris les hanches et les trochantins, les tarses postérieurs avec l'ex- 
trémité de leurs jambes, plus ou moins obscur. Abdomen en ovale, 



356 LE NATURALISTE CANADIET» 

déprimé, arrondi à l'extrémité, poli, brillant, le premier segment noir, 
le reste roux ; tarière moins du quart de l'abdomen. — R. 

Nous dédions cette nouvelle espèce à M. J. D. Mi- 
gnault, M. D, de Montréal, grand amateur d'histoire na- 
turelle, surtout de botanique. 

36. Phygadeuon aciculé. Phygadeiton aciculatus, nov. 
sp. 

(^ — Noir; le scape en dessous, le- écailes alaires, les pattes avec 
l'abdomen, roux plus ou moins, clair. Face large, finement ponctué, 
tuberculeuse au milieu, Métathorax inerne, à lignes soulevées dis- 
tinctes. Ailes hyalines, le stigma noir. Pattes rousses, y compris les 
4 hanches antérieures, les postérieures avec les tarses, les hanches et 
l'extrémité des cuisses et des jambes, noir. Abdomen assez fort, en 
ovale allongé, le premier seguient avec les 2 derniers noirs, le roste 
roux, la 2e segment aciculé à sa base d'une manière très distincte. — K. 

37. Phygadeuon de-Lechevallier. Phygadeuon Le' 
chevallien, nov. sp. 

$ — Long. .15 pce. Noir, avec les pattes et l'abdomen rouges. 
La face finement ponctuée, avec une protubérance au milieu. Le scape 
des antennes roux en dessous. Thorax allongé, peu robuste; méta- 
thorax allongé, avec une aréole en carré sur le disque. Ailes hyalines, 
iridescentes, le stigma noir. Pattes entièremeut rousses, y compris 
les hanches et les trochantins. Abdomen en ovale, poli, brillant, dé- 
primé, noir sur le premier segment et sur les derniers; tarière forte, 
de plus de la moitié de l'abdomen en longueur. — R. 

Dédié à M. Alfrred Lechevaiiier, naturaliste de Mont- 
tréal. 

38. Phygadeuon à-longues-cornes. Phygadeuon cornu- 
tus, nov. sp. 

Ç — Long. .17 pce. Noir, poli, brillant, avec les pattes et une 
bande à l'abdomen, roux. Antennes longues, à articles allongés, 
brun-foncé, d'un roux sale à la base, les cape entièrement noir. Thorax 
allongé, déprimé, le métathorax avec carènes distinctes et portant un 
mucron sur les angles latéraux. Ailes légèrement fuligineuses, le 
stigma noir avec une tache blanche à la base, l'aréole pentagonale 
Pattes d'un beau roux clair, l'extrémité des cuisses et des jambes pos 
térieures, noire. Abdomen poli, brillant, en ovale à part le pédicule 
qui porte une petite fossette sur sou disque, les segment 2 avec 3, ex 
cepté au sommet, roux, le reste noir; tarière forte, un peu plus court 
que l'abdomen. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 357 

Son métathorax mncroiié ot ses antennes non annelées 
le distinguent surtout des espèces voisines. 

39. Phygadeuon d'automne. Phygadeuon autumnalis, 
nov. sp. 

Ç — Long. .15 pcf>. Noir avec l'abdomen taché de roux; les 
mandibules, les palpes avec les éciilles alaires, blanc-jaunâtre ; le scape 
roux, du moins en dessous, mais le plus souvent entièrement noir. Méta- 
thorax à lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, le stigma grand, 
brun, l'aréole pentagonale. Pattes d'un roux pâle, les hanches posté- 
rieures noires, rousses au sommet, leurs jambes noires à la base 
base et à l'extrémité, plus ou moins rousses au milieu, leurs tarses 
bruns. Abdomen assez court, à pédicule «riêle, portant une fossette au 
sommet, noir, avec le milieu du dos plus ou moins taché de roux. 

Rapproché de Vaciculatus, mais s'en distinguant sur- 
tout par sa taille plus petite et la coloration de ses cuisses 
postérieures. 2 spécimens c? pris en octobre dernier sur 
des feuilles de saule. 

40. Phygadeuon subépineux. Phygadeuon subspinoms, 
nov. sp. 

^ — Long. .19 pce. Noir; une tache aux mandibules avec les 
scapulaires, blanc ; le scape en dessous, avec les pattes et le milieu de 
l'abdomen, roux. Face couverte d'une pubescence grisâtre dense. Mé- 
tathorax à lignes soulevées distinctes, subépineux aux angles. Ailes 
hyalines, le stigma brun. Pattes rousses, de même que les hanches, les 
tarses postérieurs avec l'extrémité de leurs jambes et de leurs cuisses, 
noir. Abdomen en ovale allongé, le premier segment avec les 2 der- 
niers noirs, le reste roux. — R. 

41. Phygadeuon resserré. Phygadeuon constricius, 
nov. sp. 

^ Long. .20 pce. Noir; les écailles alaires blanches, les pattes 

avec l'abdomen, roux. Face glabre; antennes noires, le scape roux 
en dessous. Métathorax resserré à la base, arrondi postérieurement, 
inerme, à lignes soulevées formant une aréole étroite sur le disque. 
Ailes légèrement enfumées, le stigma noir avec une tache pâle à la 
base. Pattes rousses, les postérieures avec les tarses et l'extrémité des 
jambes, brun. Abdomen roux avec le premier segment et les derniers 
noirs, le reste roux. — R. 

42. Phygadeuon terminé -de-noir. Phygadeuon ter- 
mdnatus, nov. sp. 



358 LE NATURALISTE CANADIEN 

Ç — Long;. .25 pce. La tête, le thorax avec les trois segments 
terminaux de l'abdomen, noir, le reste d'un beau roux. Antennes 
fortes, enroulées, noires avec un anneau pâle au milieu. Mandibules 
rousses. Thorax noir, le prothorax avec le mésothorax en partie, et 
l'écusson, roux. Métathorax finement ponctué, incrme. Ailes hya- 
lines, les nervures brunes, le stigma jaunâtre. Pattes rousses, les 
postérieures avec les hanches, les cuisses, excepté à la base et l'extré- 
mité des jambes, noir. Abdomen en ovale allongé, roux, avec les 3 
segments terminaux noirs ; tarière sortante seulement. — R. 

Capturé au CapRonge. 

43. Phygadeuon roux. Phygadevon rnbricus, nov. sp. 

Ç — Long. .23 pce. D'un roux brunâtre; les mandibules avec 
un anneau aux antennes, jaune. Face large, ponctuée, avec une pro- 
tubérance au milieu. Antennes noires, avec un anneau jaune au 
milieu, fortes, enroulées à l'extrémité, le scape roux en dessous. Tho- 
rax robuste, les environs de l'écusson avec les sutures des flancs, noir ; 
métathorax très finement ponctué, sans lignes soulevées distinctes. 
Ailes hyalines, le stigma roussâtre, nervure moyenne avec un rudiment 
de nervure au milieu. Pattes rousses, les postérieures avec l'extrémité 
des hanches, des cuisses et des jambes, noir. Abdomen entièrement 
roux, robuste, convexe ; tarière moins du quart de sa longueur. — R. 

44. Phygadeuon à-bandes- alternes. Phygadeuon al- 
ternans, nov. sp. 

Ç — Long. .15 pce. Noir varié de roux; les mandibules, le tu- 
bercule au milieu de la face, le scape en dessous, l'écusson, avec les 
pattes et l'abdomen en partie, roux. Antennes courtes, fortement en- 
roulées, noires avec un petit anneau jaune au delà du milieu. Dos du 
mésothorax plus ou moins roux, sans lignes soulevées distinctes. Ailes 
longues et étroites, tous les segments noirs à la base et roux au sommet ; 
tarière moins du quart de l'abdomen en longueur. — R. 

Espèce bien distincte par les bandes alternes de son 
abdomen. 

45. Phygadeuon sans-queue. Phygadeuon acaudus, 
nov. sp. 

Ç — Long. .18 pce. Noir; les mandibules, la base des antennes, 
les pattes avec les segments 2 et 3 de l'addomen, roux. Tête en carré ; 
f ice finement ponctuée ; antennes rousses avec l'extrémité brune, por- 
tant au milieu un anneau blanc plus ou moins distinct. Ailes hyalines, 
les nervure et le stigma, brun ; les écaillettes blanches. Pattes rousses, 
les postérieures avec l'extrémité des cuisses et des jambes plus ou 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES.. 359 

moins noire. Abdomen allongé, étroit, les segments 2 et 3 roux, le 
reste noir ; tarière à peine visible. Le métathorax à lignes soulevées, 
peu saillantes, les côtés sans tubercules. 

Se distingue du subfuscus par Ja forme de son abdo- 
men et son absence de tarière, et du vulgaris, par les sculp- 
tures de son métathorax. 

46. Phygadeuon en-pointe. Phygadeuon atlennatus, 
nov. sp. 

Ç — Long. .20 pce. Noir; les mandibules, le labre, les antennes, 
les pattes avec l'abdomen, roux. Les antennes noires à l'extrémité 
seulement. Les écailles alaires blanches. Ailes hyalines, les nervures 
et le stigma, brun. Métathorax à peine rugueux, strié transversale- 
ment en arrière, sans tubercules latéraux. Pattes rousses, les hanches 
antérieures jaunâtres. Abdomen poli, linéaire, en pointe à l'extrémité, 
le 1er segment noir, son extrémité avec tous les autres segments d'un 
roux plus ou moins sale ; la tarière à peine sortante. 

Voisin du comulus, mais en différant grandement par 
son abdomen. 

G-en. Hemiteles, Grav., XI, p. 119. 

Des 13 espèces décrites, retranchez or62CMZam, qui est le 
c? de Stilpnus Americanus, Cress., et ajoutez les 4 nouvelles 
qui suivent; la clef donnée pour la distinction de ces es- 
pèces pouvant en conséquence être remplacée par la sui- 
vante. 

1(27) Ailes hyalines, non traversées de bandes brunes; 

2(13) Hanches postérieures noires, du moins à la base ; 

3( 4) Scape entièrement noir 13. nigricans, «. .->/?. 

4( 3) Scape roux ou blanc, du moins en dessous; 

5(10) Les 4 hanches antérieures noires; 

6(7) La bouche noire - 2. SCatrOSUS. 

7( 6) La bouche rousse ou blanche ; 

8( 9) Cellule radiale contiguë avec la 2e discoïdale 6. OValiS. 

9( 8) Cellule radiale séparée de la 2e discoïdale par une 

aréole incomplète 3. parvug. 

10( 5) Les 4 hanches antérieures blanches ; 
11(12) Le scape ? roux en dessous; abdomen 

noir 14. pallipennis, ". ^-y. 

12(11) Le scape blanc sn dessous ; abdomen noir 

et roux... lî>. crassus, «. sy. 



3GQ LE NATURALISTE (JANADIEUf 

13( 2) Hanches postérieures roMSses ; 

14(15) Scape entièrement noir ; anteri.nes roussâtres.... 5. ruficoXïïS, 

15(14) Scape roux ou blanc, du moins en dessous ; 

16(17) Tarière plus longue que l'abdomen. 4. caudatM. 

17(16) Tarière plus courte que l'abdomen ; 
18(23) Face noire ; 

19(20) Métatîioras subépineux 10. SUbspinOSns, 

20(19) Métathorax inerme ; 

21(22) Antennes courtes ; abdomen brun voussâtre 1. mandibulariSr 

22(21) Antennes très longues; abdomen roux au milieu 

en dessus 16. longiCOmiSj ». sj», 

23(18) Face blanche; 

25(26') Abdomen roux, tous les segments tachés de noir 

à la base.... 7. seill'rufUS 

26(25) Abdomen jaunâtre, noir sur les côtés. 8. tener» 

27( 1) Ailes traversées par des bandes brunes ; 

28(29) Une seule bande brune aux ailes. , 11. huîneralîs. 

29(30) Deux bandes brunes aux ailes 12. sessilis, 

30(29) Trois bandes brunes aux ailes 9. utilSS^ 

13. Hémitèle noirâtre' Hemiteles nigricans, nov. sp, 

cf — Long. .15 pce. Noir; les pattes rousses. Antennes, y com- 
pris le scape, noires. Ecailles aîaires roussâtres. Métathorax oblique 
postérieurement, à lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, stigm* 
grand, brun, sans tache ^âle à la base, aréole avec les 2 nervures ex 
ternes absentes. Pattes rouseâtres, les 4 hanches postérieures avee 
l'extrémité des cuisses, des jambes et les tarses de la dernière paire^ 
en entier, noir. Abdomen linéaire, noir, les segments médians plus 
ou moins distinctement roux en dessus. — R, 

14. Hémitèle ailes-pâles. Hemiteles paUipennis, nov. 
sp. 

Ç — Long. .12 pce. Noir; le scape en dessous, avec les pattes, 
roussâtre ; les mandibules, les écailles alaires avec las 4 hanches anté- 
rieures, blanc. Antennes assez robustes, le métathorax arrondi, à 
lignes soulevées médiocres. Ailes h5'alines, les nervures et le htigma, 
jaune-pâle, aréole grande, avec la nervure extérieure oblitérée. Pattes 
d'un roux pèle, les hanches postérieures avec l'extrémité de leurs 
cuisses, la base et l'extrémité de leurs jambes, et leurs tarses en partie, 
noir. Abdonen robuste, en ovale, noir, les segments 2 eS, 3 ponctués 
avec une marge soulevée et polie au sommet, presque tous les segments 
finement marginés de roux à l'extrémité, le premier uni; tarière de 
plus de la moite de l'abdomen. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 361 

(^ — Avec le scape blanc en dessous, et le 2e segment abdominal 
traversé par une bande rousse au sommet. — AC. 

15. Hémitèle épais. Herniteles crassus, nov. sp. 

cf — Long. .15 pce. Noir ; les mandibules, le scape en dessous, 
les écailles alaires, avec les 4 hanches antérieures, blanc. Antennes 
assez courtes, passablement fortes, noires. Thorax court, fort robuste, 
le métathorax avec une aréole transversale très étroite. Ailes hyalines, 
le stigma grand, hrun-foncé, l'aréole manquant de la nervure exté- 
rieure. Pattes rousses, les h inches antérieures blanches, les intermé- 
diaires noires à la base et blanches à l'extréujité, les postérieures 
entièrement noires, les pattes postérieures avec l'extrémité des cuisses, 
les jambes excepté à la base et les tarses, plus ou moins obscur. Ab- 
domen assez robuste, noir, les segments 2 et 3 roux avec une bande 
noi'e plus ou moins large au sommet. — AC. 

Bien distinct du J* pallipennù par .son thorax épais, 
son abdomen plus robuste, etc. 

16. Hémitèle à-longues- cornes. Herniteles longicor- 
nis, nov. sp. 

Ç — Long .15 pce. Noir; les mandibules, le scape en dessous, 
avec les pattes, roux- pâle ; les écailles alaires avec les 4 trochantins 
antérieurs, blanc. Antennes fort longues, un peu plus épaisses à l'ex- 
trémité, noires. Métathorax arrondi, inerme. Aiies hyalines, le 
stigma brun ; aréole, avec la nervure extérieure absente. Pattes roux- 
pâle, y compris les hanches, les postérieures avec l'extrémité des jam- 
bes, obscur. Abdomen poli, brillant, en ovale, noir, les segments 2 et 
3 roux, plus ou moins tachés de noir ; tarière plus courte que l'abdo- 
men.— PC. 

Gen. Cryptus, Fabr. XI. p. 129. 

Des 30 espèces décrites, retranchez la 10e, Jiavipecius, 
qui n'est qu'une variété de i'Icli ne union- scUu/us, Cress., et 
ajoutez les 4 suivantes, dont 3 .sont nouvelle?. 

3. Cryptus sericeifrons, Prov. p. 331. 

ç^ — Avec les mandibules, les palpes, les écailles, alaires, les 4 
hanches antérieures et leurs trochantins, blanc, les trochantins pos- 
térieurs noirs. 

30. Crypte robuste. Cnjptus robi/sius, Cress. Proc. 
Ent. Soc. Phil, iii, p. 2-39, ç . 

Ç — Long. .60 pce. Noirfoncé, l'abdomen quel |ue peu bleuâtre, les 
pattes, à l'exclusion des h inches et des trochantins, d'iin beaux roux 



362 LE NATURALISTE CANABTEN 

clair. La face finement ponctuée avec de petites lignes orbitales en 
avant ; le chaperon poli. Antennes longues, sétacées, légèrement 
enroulées, l'article 3 plus long que 4 et 5 réunis. Thorax brillant en 
dessus, chagriné sur les côtés, le métathorax opaque, tronqué posté- 
rieurement, ses tubercules latéraux aigus. Ailes grandes, fuligineuses, 
les nervures et le stigraa noir, aréole grande, subiijuadrangulaire, la 
nervure moyenne avec un rudiment de nervure. Les hanches et les 
trochantins noirs, polis, le reste des pattes d'un beau roux. Abdomen 
robuste, en ovale allongé, noir avec teinte de bleu, le segment basi- 
laire court, arqué, poli, aplati et élargi au sommet ; tarière des deux- 
tiers de l'abdomen. — C. 

Se distingue surtout du proximus, Cress, par sa forme 
plus robuste, le 3e article des antennes plus long que 4 et 
5 réunis, l'aréole centrale du métathorax triangulaire etc. 

31. Crypte barriolé. Cryptus soriculaius, nov. sp. 

(^ — Long. .22 pce. Noir, grêle ; toute la face au dessous des an- 
tennes, le scape en dessous, les écailles alaires, les 4 hanches anté- 
rieures avec tous les trochantins, blanc. Antennes moyennes, fili- 
. formes, noires, roussâtres en dessous. Thorax allongé, peu robuste, 
noir sans aucune tache, le métathorax inerme, excavé postérieurement, 
avec une aréole centrale triangulaire. Ailes hyalines, les nervures et 
le stigma brun-foncé, aréole pentagonale. Pattes rousses, les pos- 
térieures avec les cuisses en dedans, l'extrémité des jambes et les 
tarses, noir, leurs hanches noires, blanches à l'extrémité. Abdomen 
grêle, allongé, noir avec une étroite bande rousse aux sutures des 
segments. — R. 

Se rapproche de Vexilis, Prov. par sa taille et sa forme, 
mais s'en sépare distinctement par sa coloration, son thorax 
étant sans aucune tache et son abdomen barriolé de 
bandes rousses. 

32. Crypte allongé. Cryptus elongaius, nov. sp. 

(J — Long. .30 pce. Noir, peu robuste; le chaperon, les mandibules, 
les joues, les côtés de la fice se réunissant pr sque sous les antennes, 
les écailles alaires, l'écusson, les 4 trochantins antérieurs avec les tarses 
postérieurs, blanc. Antennes filiformes, assez longues, noires. Thorax: 
allongé, peu robuste, poli, brillant en dessus, le métathorax opaque, 
ponctué; l'écusson conpexe, blanc. Ailes hyalines, iridescentes, le 
stigraa très petit, brun foncé ; aréole grande, subquadrangulaire. 
Pattes d'un beau roux clair, les hanches antérieures noires avec l'ex- 
trémité blanche, les jambes postérieures, excepté à la base, avec le pre- 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 3G3 

mier article des tarses excepté au sommet, noir. Abdomen fort long, 
grôle, roux avec les derniers segments noirs. — R. 

Voisin du nigricornis, Vrov. mais s'en distins nant sur- 
tout par sa coloration, ses hanches postérieures rousses etc. 

Gen. Mesostenus, Grav. XI, p. 110. 

Retranchez l'espèce 1, collinvs, Prov. qui est le mâle du 
Cryptus eburneifrons, Prov» et ajoutez les 3 suivantes. 

5. Mésostène pieds-jaunes. Mesostenus flavipes, nov. sp. 

(^ — Long. .22 pce. Noir, brillant, avec les pattes jaune-pâle. Tête 
large, transversale. Antennes filiformes, de longueur uioyenne, noires 
avec le scape jaune. Thorax court, robuste, poli, brillant, le méta- 
thorax à lignes soulevées bien distinctes. Ailes hyalines, iridescentes 
le stigma grand, brun foncé, l'aréole petite, pentagonale, irrégiilière. 
Pattes jaune pâle, les postérieures avec les ta. ses et l'extrémité des 
jambes, brun plus ou moins foncé. Abdomen noir poli, brillant, les 
segments 2 et 3 avec apparence de roussâtre aux sutures, l'extrémité 
jaunâtre. 

Capturé au CapRouge. Voisin du sericeus, mais s'en 
distinguant par son abdomen entièrement noir. 

6. Mesostenus promptus, Cress. Proc. Eut. Soc. Phil. 
Ill, p* 314 ; c'est l'espèce décrite sous le nom d'Exetastes 
brevipennis, Prov. p. 386, voisine du fhorncicus, mais s'en 
distinguant par son thorax entièrement noir. 

7. Mésostène noble. Mesostenus nobilis, nov. sp. 

Ç — Long. .33 pce. Noir avec les pattes rousses ; le labre, les man- 
dibules, les orbites antérieurs avec une tache sur les joues, le scape en 
dessous, les écailles alaires, 3 taches à l'écusson avec le post-écu.-^son, 
blanc. Ailes hyalines ; l'aréole triangulaire, oblique. Le métathorax 
uni, arrondi, avec une tache roussâtre en demi-cercle à sa face posté- 
rieure. Pattes rousses, les hanches antérieures jau.iâtres, les jambes 
postérieures avec leurs tarses-brunroussâtre. Abdomen poli, brillant, 
noir, les segments dorsaux finement marginés de blanc au sommet. 
Tarière un peu plus courte que l'abdomen. 

Capturé en octobre au CapRouge, bien distincte du 
jocosus par son absence d'anneau aux antennes. 

Gen. PàniSCUS, Schr, XI, p. 145. 
3. Paniseus albotarsatus, Prov., 146. 



364 LE NATORALISTE CANADIEN 

Ç — Avec la tarière brune et dépassant notablement l'abdomen, 
celui-ci taché de brun sur le dos postérieurement. 

G-en. Campoplex. G-iav. XI, p. 147. 

Des 9 espèces décrites, retranchez la 2e, niger, Prov., 
qui n'est qu'une variété de la Limneria g enuina, Say, p. 
177, et ajoutez la suivante : 

9. Campoplex semi-roux. Campoplex semiruf us, n. sp. 

Ç — Long. .60 pce. Noir avec l'abdoman roux. Les mandibules, 
les palpes, l'extrémité des antenne*, les écailles alaires, avec les pattes 
en parties, jaune-ronssâtre. Tout le thorax avec une courte pubes- 
cence gris'âtre ; niétathorax excavé postérieurement et densément ponc- 
tué-strié. Ailes légèrement fuligineuses-jaunâtres;, le stigma roussâtre, 
l'aréole brièvement pédiculée. Pattes juune-roussâtre, les hanches, les 
cuisses postérieures avec l'extrémité de leurs jambes et leurs tarses,, 
noir, les intermédiaires avec les cuisses excepté à l'extrémité et leurs 
tarses, brun foncé. Abdomen grand, falciforme, tranchant, avec les 
segments 3, 4 et partie du 2e roux, le reste noir ; tarière sortante. 

Espèce bien remarquable par sa taille et sa coloratien ; 
voisiiie du laticinctus, Cress., mais s'en distin^çuant surtout 
par ses jambes jaunes. Capturée c\ Chicoutimi. 

G-en. Limneria, Holmgren, X, p. 173. 

Aux 20 espèces décrites, ajoutez les 3 suivantes. 

14. Limneria basilalis, Prov. p. 179 c?. 

Ç — Long. .24 pce. Avec toutes les hanches noires; tarière du 
tiers de la longueur de l'abdomen environ. 

21 liimnérie hanches-noires. Linmeria nigricoxa, 
nov. sp. 

Ç — Long. .32 pce. Noire, les mandibules, les palpes avec lea écailles 
alaires, blanc ; les pattes avec l'abdomen roux. Antennes longues, 
sétacées, noires. Thorax court, robuste, le métathorax à lignes sou- 
levées distinctes, sans stries transversales en arrière. Ailes quelque 
peu jaunâtres, les nervures et le stigma, noir ; aréole petite, triangu- 
laire, droite, pédiculée. Pattes rousses ; les hanches noires ; celles de 
devant jaunes au sommet. Abdomen allongé, peu épaissi à l'extrémité, 
la tarière des deux tiers de sa longueur environ, la base du 1er seg- 
ment avec les terminaux, noir, le reste roux. 

Capturée au CapRouge. Se distingue surtout de Vinfu- 
mata par son métathorax sans stries, la couleur de sou ab- 
domen, la longueur de sa tarière etc. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS ADX HTMÉNOrTÊRES. 365 

23. Limnérie distincte. Limneria distincta, iiov. sp. 

Ç — Long. .25 pce. Noire avec une coûte pubescence blanchâtre, 
plus apparente sur la face et les fluncs ; les mandibules, les palpes 
avec les écailles alaires, blanc ou jaune-pâle. Métathorax faiblement 
creusé postérieurement, à lignes soulevées distinctes avec l'aréole cen- 
trale en carré. Ailes hyalines, iridescentes, les nervures et le stigma, 
brun-foncé, l'aréole triangulaire, pétiolte. Pattes roux-clair; les pos- 
térieures avec les hanches rousses et les jambes et les tarses, noir, les 
premières avec un grand anneau blanc au milieu et les seconds avec 
la base du premier article blanche. Abdomen assez robuste, le 1er seg- 
ment élargi et épaissi au sommet, les autres s'élargissant insensible- 
ment jusqu'à l'extrémité, celle-ci comprimée et tronquée avec la 
tarière du quart de l'abdomen environ. 

Les hanches postérieures rousses la distinguent sur- 
tout de ïannulipes dont elle est voisine. 

22. Limnérie douteuse. Limneria dubilata, Cress. 
Proc. Ent. Soc. Phil, iii, p. :^59. 

Ç — Long. .23 pce. Noire, avec une pubescence blanchâtre plus 
apparente sur la face et les flancs ; les mandibules, les palpes, les 
écailles alaires, blanc ou jaune-pâle. Antennes plus courtes que le 
corps, entièrement noires. Métathorax avec les lignes soulevées dis- 
tinctes, l'aréole centrale assez grande, en carré. Ailes hyalines, les 
nervures brunes, l'aréole subtriangulaire, pétiolée. Pattes rousses, 
les trochantins jaunâtres, les jambes et les tarses plus ou moins obs- 
cures; les hanches postérieures, leurs trochantins en dessus et la base 
de leurs cuisses en dedans, noir. Abdomen court et fort, grêle à la 
base et s'élargissant graduellement jusqu'au sommet où il est fiible- 
ment comprimé; noir, brillant, tous les segments marginés de rous- 
sâtre au sommet, les segments ventraux jaunâtres ; tarière du quart 
de l'abdomen environ. 

ç^ Avec les 4 hanches antérieures blanches, les postérieures 

noires avec leurs trochantins. Les jambes aussi blanches, les po4é- 
rieures noires ou obscurcies aux extrémités. Abdomen à segments 
marginés de jaunâtre. 

Bien reconnaissable par ses segments marginés de 
jaune-pâle ou de roux. 

Gen. PyraCMON, Holmg. XI, p. 181. 
Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 
3. Pyracraon roux. Pyracmon rufum, iiov. sp. 



366 LE NATURALISTE CANADIEN 

9 — Long, .30 pce. Roux jaunâtre, la face plus pâle; le vertex, 
le dos du mésothorax, le métathorax avec le 1er segment abdominal 
plus ou moins lavés de brun. Tête grosse, épaisse en arrière des yeux. 
Antennes longues, légèrement brunâtres en dessus et à l'extrémité. 
Ailes hyalines, les tigma grand, jaunâtre, l'aréole subquadrangulaire, 
oblique. Pattes sans aucune tache. Abdomen comprimé et tronqué 
à l'extrémité, les derniers segments plus ou moins obscurs, la tarière 
courte, de la largeur de l'abdomen environ. 

Une seule ? capturée au CapRouge. 

Gen. Cremastus, Grav. XI, p. 183. 

Au lieu de : 

Ailes sans aréole et avec la 2e cellule discoïdale rece- 
vant la 1er récurrente. Lisez : 

Ailes sans aréole ; la 3e cellule disooïdale s'avançant 
au-delà de la grande cellule située au-dessus. 

Puis aioutez les 2 espèces qui suivent : 

Face blanche 1. rectus, 

Face noire ; 

Hanches postérieures noires 2. fusiformis, 

Toutes les hanches jaunes ou roux-pâle ou blanchâtres ; 

Le scape jaune ; abdomen en massue 4. Royi, n. sp. 

Le scape noir ou brun ; abdomen fisiforme ; 
Abdomen comprimé tranchant | tarière 

du tiers environ de sa longueur 3. meilipes, 

Abdomen en fuseau cylindrique ; tarière 

aussi longue que l'abdomen 5. longicauduS, n.sp. 

4. Crémaste de Roy. Cremastus Royi, nov. sp. 

(5^ Ç — Longueur. .19 pce. Noir, poli, brillant; les mandibules, 
les écailles alaires, les hanches et les trochantins, blanc; le scape, par- 
ticulièrement en dessous, avec les pattes, roux-pâle. Antennes assez 
longues, filiformes, noires, brunâtres à la base. Thorax conrt et épais, 
le métathorax avec une carène transversale au sommet. Ailes hya- 
lines, le stigma grand, noir, la nervule séparant les deux cellules cubi- 
tales si courte que la cellule radiale est presque contiguë à la cubito- 
discoïdale ; la 2e discoïdale fortement rétrécie à sa base. L'extrémité 
des cuisses et des jambes postérieures plus ou moins obscure. Abdo- 
men passablement robuste, noir avec une tache roussâtre en dessus au 
milieu, le premier segment long, un peu plus large en arrière ; tarière 
de la moitié de l'abdomen. La tache du milieu de l'abdomen est 
souvent peu distincte dans le (^. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 367 

Dédié à feu le Juge Roy, l'un des premiers parmi nos 
compatriotes qui se soit livré à l'étude de la botanique. 

5. Crémaste longue-queu, Cremastus longicaudus, 
nov. sp. 

cf $— Long. .22 pce. Noir; les mandibules, le labre, les pal- 
pes, les écailles alaires avec les pattes, jaune-pâle. Antennes jaunâtres 
en dessous à la base. Thorax court, ramassé. Ailes hyalines, le 
stigma grand, noir, la nervure divisant les 2 cubitales très courtes. 
Pattes y compris les hanches, jaune-pâle, les postérieures plus ou 
moins obscures. Abdomen lon.<ï et grêle, avec une massue fusiforuic 
à l'extrémité, noir avec une tache jaunâtre sur le dos des segmenls 2 
et 3. Tarière aussi longue que l'abdomen. 

Capturé au CapE-ouge. 

Gren. Thersilochus, Holmg. XI, p. 206» 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante, 

2. Thersiloque pieds-pâles. Thersilochiia pallipes, 
n. sp. 

Ç — Long. .20 pce.. Noir, poli, brillant ; les mandibules, le 
scape, les écailles alaires avec les pattes y compris les hanches et les 
trochantins, jaune-jâle. Thorax court et assez épais. Ailes hyalines, 
le stigma brua-foncé, la nervure divisant les deux cellules cubitales 
assez longue, la 2a discoïdale non rétrécie à la base. Abdomen srêle 
à la base, épaissi à l'extrémité, noir avec les derniers segments d'un 
roux brunâtre; tarière presque aussi longue que l'abdomen. — R. 

Se distingue surtout de la micans par la longueur de 
sa tarière. 

Cen Atractodes, G-rav., XI, p. 207. 

A l'espèce décrite, ajoutez les 3 suivantes : 

Thorax et abdomen, noir 2. autumnalis, n. sp. 

Thorax noir, abdomen plus ou moins roux ; 

Abdomen uoir à la base et à l'extrémité ; 

Stigma jaune, aréole grande, parfaite 1. BCapipllOruS. 

Stigma noir; aréole petite, incomplète. 3. nigriCOXaS, n. 6j). 

Abdomen roux, noir seulement à la base 4. nitens ii. sj). 

2. Atraetode d'automne, j^tracludes autumnalis, n. sp. 

Ç Long. .15 pce. Noir avec les pattes rousses. Antennes 

longues, noires, à peine plus épaisses à l'extrémité. Thorax alloniié, 
métathorax arrondi, à ligues âoultvéoâ dislinctus. Ailes hyalines, 



368 LE NATURALISTE CANADIEN 

stigma brun ; aréole moyenne, pentagonale, les nervures brunes, blan. 
elles à la base, de même que les écailles qui sont très' petites. Pattes 
rousses, y compris les hanches et les trochantins. les jambes posté- 
rieures avec leurs tarses, brun plus ou moins foncé. Abdomen en- 
tièrement noir, déprimé au milieu et légèrement comprimé à l'extré- 
mité; tarière de la moite de sa longueur environ. 

cf — Avec la face, le scape en dessous, les écailles alaires, les 4 
hanches antérieures et leurs trochantins, blanc, les hanches posté- 
rieures avec leurs trochantins, noir. Abdomen allong ■, avec les seg. 
ments 2. 3 et 4 roux tachés Je noir. — PC. 

3. Atraetode hanches-noires. Jltraclodes ni^ricoxus, 
nov. sp. 

(^ — Dong. .22 pee. Noir, brillant, grêle, la bouche, le scape en- 
dessous, avec les pattes et une tache sur l'abdomen, roux. Antennes 
assez fortes, un peu plus longues que le corps, noires. Ecailles alaires 
jaunes ; niétathorax déclive, à lignes soulevées peu apparentes. Pattes 
rousses avec toutes les hanches noires. Ailes hyalines, à stigma brun, 
grand, aréole pentagonale, les nervures en dehors de l'aréole oblitérées. 
Abdomen grêle, longuement pédicule et longuement atténué à l'extré- 
mité, droit, noir avec une tache rousse sur les 2e et 3e segments. 

Espèce bien distincte par sa coloration. 

4. Atraetode brillant. Atractodes ni tens, nov. sp. 

(J Ç — Long. .24 pce. Thorax noir, abdomen roux, poli, brillant; 
les mandibules, les écailles alaires, (quelquefois l'écusson et partie du 
métathorax), les pattes y compris les hanches, d'un jaune miel pâle. 
Aïtennes filiformes, noires avec un anneau pâle au de-là du milieu, mé- 
tithorax snb épineux aux angles, avec lignas soulevées bien distinctes. 
Ailes hyalines, iridescentes, stigma jaune ; aréole subtriangulaire. 
P.ittes postérieures avec l'extrémité des cuisses et des jambes, noir 
plus ou moins foncé, leurs tarses bruns, annelés de jaune pâle à la base 
de chaque article. Abdomen fusifonne, à pédicule très grêle, com- 
primé à l'extrémité ; tarière à peine sortante. 

Capturé au CapRouge. 

G-en. ExoLYTUS, Holmg. XI, p. 207. 

Exolytus politus, Prov. ç , p. 208. 

Ç — Tout le thorax noir ; abdomen grêle, noir ou à peine com- 
primé, poli, luisant, droit, le 1er segment et partie du 2e roux, le reste 
. noir. 

Capturé au Cap-Rouge. 

A continuer. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 369 

DE QUEBEC A JERUSALEM. 

{Continué de la page 350.) 

XII 

Casa-Nova.— La basilique du S. Sépulcre.— Visites : les Franciscains; 
le Patriarche; les Frères des Ecoles Chrétiennes ; le Consul de 
France. 

Jérusalem, mardi 29 mars. — Nous sommes accueillis par 
les Franciscains do Jérusalem, comme nous l'avions été à 
Jaffa et à Ramloh, c'est-à-dire avec une bienveillance, une 
cordialité toute fraternelle, bien propre à nous faire oublier 
que nous sommes en pays étranger. Le directeur de l'hos- 
pice, le R Père Léon Patrem, ajoute à sa qualité de bon re- 
ligieux, une haute éducation unie à de grands talents litté- 
raires, que certaines publications, et surtout la chaire sa- 
crée, ont fait ressortir en plus d'une circonstance mémora- 
ble. C'est un français, encore jeune, aux allures vives, à 
la parole brève, sans rien lui l'aire perdre toutefois de 
ses habitudes d'urbanité et de politesse qui lui assurent 
incontinent l'affection de tous ceux qui font sa connais- 
sance. 

A peine avons-nous franchi le seuil de l'hospice, qu'on 
nous conduit au divan ou salon principal de la maison, où 
notre président, assisté de notre secrétaire, se mettent aus- 
sitôt à nous distribuer les chambres. Le n^ 49, de plein 
pied avec le divan, m'échoit avec M. Polduc pour compa- 
gnon. Les chambres, sans rien emprunter au luxe des 
somptueux hôtels des grandes villes, sont, cependant fort 
convenables, ayant surtout d'excellents lits. Comme par- 
tout en Orient, le bois n'est employé qu'aux endroits ab- 
solument indispensables, pavés en pierre, murs de divisions 
en pierre, voûte en pierre, ce qui, joint aux persiennes qui 
garnissent les fenêtres, ne contribue pas peu à proléger 
contre les chaleurs excessives de ces contrées. 



370 LE NATURALISTE CANADIEN 

Casa-Nova est une bâtisse très ancienne, mais qui font 
dernièrement à été restaurée ou plutôt refaite, de manière 
qu'elle a aujourd'hui un aspect tout rajeuni fort agréable. 
Le divan et le réfectoire sont surtout remarquables par leur 
propreté et leur élégante simplicité. 

La bâtisse forme un parallélogramme avec une cour 
intérieure à ciel ouvert, et des deux côtés des corridors 
sont distribuées les chambres des pèlerins. Du divan^ 
nous n'avons qu'un escalier à monter pour nous trou- 
ver sur la terrasse, où nous jouissons d'un mognilique 
point de vue, pouvant embrasser presque toute la ville 
d'un seul coup d'oeil. Le St-Sépulcre, la mosquée d'Omar, 
les patriarcats latin et grec, la tour de David, et au second 
rang le mont des Oliviers, celui du Mauvais-Conseil, celui 
du Scandale, l'établissement russe extra muros etc., se 
rangent en cercle autour de nous pour s'offrir à notre in- 
spection. 

Chacun ayant pris possession de sa chambre, nous nous 
rendons tous ensemble à l'église du St Sépulcre, au tom- 
beau de Notre-Seigneur, but principal de notre pèlerinage. 
Nous tournons à droite au sortir de l'Hospice, et nous pre- 
nons la première rue à gauche, qui se termine plus bas sur 
une rue transversale dont nous prenons la droite, pour pas- 
ser dans un petit basar, c'est-à-dire une rue couverte où se 
trouvent des étalages de marchandises de chaque côté ; 
puis tournons à gauche, sous un autre basar, descendons 
quelques marches en tournant encore à gauche, et débou- 
chons pur le parvis de la Basilique, que nous trouvons en 
partie occupé par des étalages d'objets de piété, chapelets, 
médailles, images, etc. 

L 1 Basilique est tout entourée de constructions qui 
ne permettent pas d'en bien saisir la forme extérieure, et 
de ce purvis qui constitue son unique entrée, elle n'offre 
rien de remarquable ni de bien imposant, si ce n'est une 
porte fort antique s'ouvrant sur son côté, à peu près au 
milieu de sa longueur. 

Nous ne sommes pas peu étonnés en pénétrant dans 
le saint lieu de voir installés, sur des divans à côté de la 
porte, des officiers Turcs avec le turban sur la tête et fa- 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 371 

mant stoïquement leur chibouque. Leur regard semble 
nous dire qu'ils sont étonnés de notre étonnement à leur 
vue, ne croyant, eux, faire que ce qu'il leur convient de 
faire. 

Le premier objet qui frappe ensuite nos regards, est 
la Pierre de l'Onction, droit en face de la porte ; c'est une 
table en pierre rouge du pays, de 7| pieds de longueur sur 4 
de largeur, élevée de 11 pouces sur le pavé, et au-dessus 
de laquelle brûlent des lampes nombreuses et fort riches. 
Nous nous agenouillons pour la vénérer en la baisant, et 
continuant à gauche, nous passons entre d'énormes pilier» 
pour nous trouver sous la coupole même qui surmonte 
l'édifice, au milieu de laquelle coupole s'élève l'édicule 
qui renferme le tombeau du Sauveur. Nous gravissons 
deux marches pour nous trouver en face même du saint 
édicule ; puis, passant entre des cierges de dimensions 
énormes, nous pénétrons dans la chapelle de l'J^nge, au 
milieu de lafjuelle nous vénérons une pierre que sup- 
porte au milieu un pilier isolé d'environ 3 pieds de 
hauteur. De là, il n'y a plus qu'à franchir une petite 
porte cintrée d'environ 4 pieds de hauteur, pour nous 
trouver dans le lieu le plus saint du monde, le tombeau 
dans lequel fat renfermé le corps même du Sauveur 
après sa descente de la croix, et d'où il sortit trois jours 
après pl?ia de vie, plus brillant que le soleil, triomphant 
de la mort et de la malice des hommes. Nous pénétrons 
les uns après les autres, quatre par quatre, dans le saint 
lieu pour baiser la pierre sacrée qui recouvre la fosse 
même où fut déposé le corps de l'homme- Dieu, et laisser 
parler nos cœurs, ou plutôt nous livrer pendant quelques 
secondes aux douces émotions qui agitent nos cœurs et 
que le temps ne nous permet pas pour le moment de pro- 
lonjrer d'avantage. JNous passons de là à l'autre côté de 
coupole, dans la chapelle des Pères franciscains, où l'on 
garde le S. Sacrement, et où réunis, nous chantons en- 
semble le Te Deum, pour remercier Dieu d'être heureuse- 
ment parvenus au terme de notre pèlerinage. 

Nos prières terminées, nous contournons le chœur des 
Grecs, en jetant un regard sur les diverses chapelles qui le 



373 LE NATURALISTE CANADtEN 

bordent tout autour à gauche du couloir que nous suiroTî?^ 
et arrivés près de la porte, nous montons nn escali'er en 
pierre de 18 marches, pour pénétrer snr le Calvaire. Nous 
vénérons l'endroit où Jésus fut attaché rî la Croix, que dé- 
signe une rosette en mosaïque dans le pavé^ le lieu do 
Stabat Mater, puis l'endroit môme où fut plantée la Croix, 
Le Fre Liévin ne fait que nous Indiquer les lieux en 
quelques mots, remettant à un autre moment à donner 
plus de détails, tout en permettant à chacun de faire de» 
visites pariculières avec moins d'empressement, une plus 
grande étude des lieux, et surtout des méditations en rap- 
ports avec les événements mémorables dont ils ont été les 
témoins- 

Nous revenons à Casa-Nova à. 7 h. qui est l'heure fixée 
pour le souper ou plutôt le dîner comme on l'appelle ici, 

La récréation qui suivit le repas fut a&sez courte, 
chacun sentant un besoin de repos après des exercices si pro- 
lono-és. Cependant, bien que nous eussions fait onze lieues 
ce jour et seulement cinq la veille, presque tous confes- 
saient être moins fatigués que le soir précédent, les mou- 
vements répétés pour ceux qui n'en ont pas l'habitude 
étant toujours plus pénibles à leur début. 

Jérusalem, mercredi 30 wars.— Malgré \ç besoin de re- 
pos dont je me sentais pressé, ce n'est oncore que long- 
temps après m'être mis au lit, hier soir, que je pus me 
livrer au sommeil, tant l'émotion qu'avait suscitée en moi 
la présence des lieux que javais visités, avait excité mes 
nerfs et me retenait dans une agitation fébrile. J'étais à 
Jérusalem, j'avais mis les pieds sur les traces des pas de 
Jésus, j'avais gravi le Grolgotha sur lequel il expira, pénétré 
dans le sépulcre qui le renferma et qui devint le théâtre 
brillant de son triomphe, le sceau, la confirmation des 
oracles de vie sortis de sa bouche ! J'étais à Jérusalem ! le 
point le plus saint de la terre, ce lieu qui de tout temps 
a été en communication directe et constante avec le Ciel ! 
Il fallait me le répéter pour me forcer à y croire, tant était 
pleine d'étonnement pour moi, la réalisation de ce rêve de 
toute ma vie. il me semblait voir la voûte des Cieux en- 
tr'ouverie, et Jésus avec sa sainte Mère et ses apôtres re- 
gardant avec complaisance ce lieu de leurs combats et de 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 373 

îtînr triomphe ! Je voyais comme un torront de grâces qui 
coul lit encore en ce lieu pour produire les fruits les plus 
«Ili; aces de salut. Je voyais Adam, notre premier pore, dont 
le crâne repose ici, David, Salomon, Jérémie, Jean-Baptiste, 
-cette foule de martyrs, d'anachorètes, de saints de toute dé- 
nomination, S. Jérôme. S, Louis, S, François d'Assise qui 
sont venus ici retremper leur foi, se confirmer en grâce et 
prendre des arrhes pour le ciel. Je voyais la légion in- 
nombrable des saints de tous les états, de tous les pays, de 
îous les temps, qui sont venus, du moins en esprit, recueil- 
lir une parcelle du sang divin qui a arrosé ce rocher, pour 
prendre leur essor vers le séjour de l'éternelle béatitude. 
Je me confondais avecces illustres personnages pour ajouter 
mes adorations aux leurs, et recueillir ma part de cette 
rosée céleste qui s'échappe du Calvaire. Mais hélas! que 
voyais je à côté ? l'indifférence, l'impiété, le blasphème! 
des Judas, des Pilâtes, des C;iïphes, des Hérodes formant la 
majorité de ceux qui habitent ces lieux, qui parcourent ces 
rues. Ils retentissaient encore à mes oreilles les cris de cette 
foule insensée s'exclamant : nolumus hune regnare super nos 
(l), et ce blasphème me glaçait le sang dans les veines. 

Ce n'est qu'après avoir longtemps roulé ces pensées 
dans mon esprit, que la lassitude l'emportant à la tin, je pus 
me livrer au sommeil. 

Ce matin, dès avant cinq heures, j'étais sur pieds, et 
peu après me dirigeais au Saint-Sépulcre pour y célébrer. 
Mais j'ignorais encore qu'il n'en est pas ici comme à 
Québec ou à Paris, et qu'il faut à tout instant avoir à comp- 
ter avec MM. les Turcs, Je parviens donc sans difficulté 
sur le parvis de la Basilique, mais j'en trouve la porte fer- 
mée. Je m'approche du guichet ouvert dans cette j^orte 
et demande au portier, à l'intérieur, s'il n'y a pas moyen 
d'entrer. Il parut d'abord hésiter, puis jetant lesy.iux sur 
ma croix de pèlerin :— Attendez un peu, me dif-il, le Prince 
Rodolphe doit entrer dans la minute, et vous pourr. z entrer 
ensuite ; mais vous seul, car la porte restera lermée. — Je 
me retire donc un peu à l'écart, et presque aussitôt je vois 
arriver le Prince avec son escorte, précédée de Ccavas.qui 
font retentir le pavé des longues hallebardes qu'ilspurtenl. 

(1) Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous. 



374 LE NATURALISTE CANADIEN 

Les deux battants de la porte livrent l'entrée au Prince et 
à son escorte, et de suite une foule en haillons, nu-pieds 
déguenillés, hommes et femmes, se p'-écipitent dans la 
porte pour pénétrer à l'intérieur. Des bachibonzoucks 
fout rouler sur les épaules de ces voyous force coups de cra- 
vaches, pendant que les gardiens à l'intérieur s'efforcent de 
refermer les battants au milieu des cris confus des assié- 
geants et des assiégés. J'attends à l'écart que ce tapage soit 
apaisé, et je me présente de nouveau au guichet. — Je vais 
bailler la porte, médit le portier, et vous entrerez seul. — Et 
de fait, comme il ne faut pas une très large ouverture pour 
me livrer passage, je pus pénétrer à l'intérieur sans peine 
et sans qu'aucun de la bande tapageuse ne pût se glisser 
derrière moi. 

Je fais en passant une courte visite à l'intérieur du 
S. Sépulcre et me rends à la sacristie, dont on nous avait 
montré la porte la veille. Je trouve le chapelain du Prince, 
l'Archevêque nommé de Vienne, qui s'habillait pour célé- 
brer dans le S. Sépulcre même. — Il sera trop tard pour dire 
une autre messe dans le S. Sépulcre à la suite de celle qui 
va commencer, me dit un Père, voulez-vous célébrer sur 
le Calvaire ? — Très bien, lui dis-je, j'en serai très heureux. 
— Habillez-vous de suite, tit-il en me montrant l'ornement. 

Ayant pris les ornements, je suis un Frère qui doit me 
servir. Nous faisons, comme la veille, le tour du chœur 
des Grrecs, puis nous montons les 18 marches du Calvaire, 
et je me rends à l'autel de la Crucifixion, c'est-à-dire, à 
l'endroit même où l'on attacha Jésus-Christ à la Croix. 

Par un privilège spécial, dans tous les sanctuaires 
principaux, on peut dire la messe votive du mystère com- 
mémoré par le lieu qui en fut le théâtre. C'est donc la 
messe votive de la Croix qu'on dit à l'autel de la Cruci- 
fixion. 

Si jamais les paroles de la sainte liturgie ont fait im- 
pression sur mon pauvre cœur, c'est bien en cetta circon- 
stance mémorable. Avec quel plaisir je m'appliquais à en 
pénétrer le sens, j'en savourais la récitation ! Nos autem 
gloriari opurlet in Cruce Domini Nostri Jésu-Christi, pour 
nous, c'est dans la seule Croix de Jésus que nous devons 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 375 

nous glorifier, Gette Croix qui est notre salut, notre vie, le 

gage de notre résurrection Jésus s'est rendu obéissant 

jusqu'à la mort et à la mort de la Croix; et c'est ici même 
que ce mystère d'amour s'est opéré ! O Crux benedicta, quœ 
sola faisti digna portnre Regem cœlorum et Dominum, O h»ai- 
reuse Croix, qui fus seule digne de porter le Roi et le îSei- 
g-neur des Cieux !.... Ecce ascendimus Jerosolymam, et Filius 
homitiis tradetur principibiis sncerdotum. et scribis, et coudent- 
nabunt euni morte, et tradent eum geiitibus ad iliudendiim, et 
Jlagellanduiu, et crvciflgcndmn. Voici que nous montons à 
Jérusalem, et le fils de l'homme sera livré aux princes des 
prêtres et aux scribi's, et ils le condamneront à la mort, et 
le livreront au mépris du peuple, le flagelleront et le cru- 
cifieront.... Et c'est ici que la malice des hommes s'est ainsi 
épuisée sur le juste par excellence ! Et moi, son ministre 
indigne, en vertu du pouvoir de prêtre dont il m'a revêtu, 
je vais renouveler ce sacrifice, je vais ouvrir de nouveau 
cet abyme incommensurable de perversité,... et d'amour ! 
Oe n'est qu'avec peine que parfois je pus articuler les 
paroles de la liturgie sainte, tant était vive l'émotion qui 
me dominait tout entier. 

Le saint sacrifice terminé, je pénètre de nouveau dans le 
Saint-Sépulcre, où. tapis dans un coin, je puis faire mon 
action de grâces, sans m'occuper des nombreux schisma- 
tiques qui sans interruption venaient dans le saint Tombeau 
multiplier leurs signes de croix et leurs prostrations, en 
même temps que leurs baisers sur la pierre sacrée ou le 
pavé même. 

L'édicule qui s'élève sur le saint Tombeau au milieu 
de l'immense rotonde qui couronne la Basilique est isolé 
de tout le reste, et mesure 25 pieds de longueur, sur 17 de 
largeur, et 16 de hauteur. II forme ainsi une chapelle al- 
longée de l'Est à l'Ouest, où se trouve l'unique entrée ; un 
exhaussement de deux marches, sur la largeur de l'édicule, 
se prolonge depuis son entrée jusqu'au chœur des Grecs, 
distance d'environ 40 pieds; et c'est ce parvis, quiquoiquo 
ouvert des deux côtés, forme le chœur des latins (1) ; c'est 
là que le Patriarche officie dans les grandes solennités. 

(I) Par les latins on entend géiiéralemeiit tons les catholiqnes, quoique 
à proprement parlei, cette déuoiuiuatioa ue désiguerait que lea catholiques 
du rit latia ou romuia. 



376 LE NATURALISTE CANADIEN 

L'édicule, comme je l'ai dit plus haut, renferme deux 
cellules, la chapelle de l'Ange, et le saint Tombf^au même. 
Cette dernière cellule mesure 6| pieds sur 5| à peu près. 
Les parois, de même que le pavé, sont revêtues de plaques 
de marbre blanc qui cachent le rocher qui forme encore 
les murailles de la sainte grotte, de sorte qu'on enlevant 
■une de ces plaques, en verrait le roc naturel même qui a 
abrité pendant trois jours le corps du Sauveur. Une table 
de marbre, élevée d'environ 2 pieds sur le pavé, recouvre 
la fosse même où fut déposé le corps de Jésus. Pour ycélé- 
brer, on ajoute au-dessus une autre table qui sert d'autel, et 
qu'on enlève aussitôt pour laisser la place libre aux schis- 
matiques Grecs et Arméniens, qui aujourd'hui ont aussi le 
droit de partager avec les caiholiques la possession de la 
plupart des sanctuaires les plus vénérables. 

Des lampes nombreuses brûlent jour et nuit, tant dans 
le saint Tombeau même que dans la chapelle de l'Ange et 
Bur la façade extérieure. La chapelle de l'Ange est comme 
le vestibule du !S. Tombeau, et communique avec lui par 
une petite porte ceintrée, taillée dans le mur ou plutôt le 
rocher qui forme la division entre les deux Comme le 
prêtre qui célèbre à l'intérieur ne peut avoir qu'un, ou 
tout au plus deux servants avec lui, vu l'exiguité du local, 
c'est dans la chapelle de l'Ange que se tiennent les per- 
sonnes qui veulent assister au S. Sacrilice, et c'est en s'a- 
genouillant dans celte petite porte, les unes après les 
autres, qu'elles viennent prendre la sainte communion 
lorsqu'elles doivent la recevoir. 

La chapelle de l'Ange est ainsi appelée, par ce que c'est 
là que se tenait l'ange lorsqu'il dit aux saintes femmes : 
Surrexit non est hic, il est ressuscité, il n'est plus ici; entrez 
et venez voir le lieu où on l'avait déposé. Celte chapelle est 
aussi toute revêtue de marbre blanc à l'intérieur, ce marbre 
étant sculpté en panneaux avec pilastres et colonnettes. 
La pierre que l'on voit au milieu supportée par un petit 
pilier, peut mesurer un pied carré, elle est encadrée dans 
un morceau de marbre blanc ; cette pierre est un morceau 
de la table qui recouvrait le saiut tombeau, et sur laquelle 



DE QUÉCEC A JÉRUSALEM 377 

était assis Tango lorsqu'il nnnoiiça aux saintes femmes la 
résurrection du Sauveur. 

J'ai dit plus haut que le saint édicule est isolé de tout 
le reste. 

Du temps de N. S., le rocher dans lequel Joseph d'Ari- 
malhie avait creusé sa loge sépulcrale, était continu avec 
le Golgotha, ou plutôt cette loge était creusée dails la buse 
même du rocher. L'empereur Adrien, par haine contre le 
christianisme, fit renverser les constructions que dès lors la 
piété des fidèles avait érigées sur le s.iint lieu, combler le 
S. sépulcre sans le détruire, et niveler tous les décombres 
pour y ériger une statue de Jupiter. Ste Hélène voulant 
plus tard rendre au saint lieu l'honneur qui lui est dû, fit 
déblayer le tout, et pour y asseoir l'église qu'elle y lit con- 
struire, dégagea le S. Sépulcre du Calvaire, en en modi- 
fiant malheureusement la forme, de sorte que les deux élé- 
vations furent totalement séparées l'une de l'autre comme 
on le voit atijourd'hui. 

Je n'entre pas dans de plus grands détails pour le mo- 
ment, me proposant de m'étendre plus au long dans leur 
description dans la suite de ce récit. 

Avant de me retirer, je fais le tour de la Basilique, je- 
tant un coup d'œil sur les nombreuses chapelles qui la 
bordent tout à l'en tour. 

Je retrouve sur le parvis les nombreux étalages d'ob- 
jets de piété qu'on y avait vus la veille, et retourne à Ca- 
sa-Nova par les mêmes rues que j'avais suivies en venant. 

Le programme de la caravane porte que ce jour sera 
un jour de repos, pour nous remettre des fatigues du voy- 
age. Nous n'aurons à faire en commun que les visites dé 
convenance aux principaux dignitaires de la ville. 

Ma tasse de café prise, je monte sur la terrasse, en 
attendant l'heure dos visites. ,l 'affectionne particulière- 
ment les promenades sur la terrasse, on peut si facilement 
se familariser avec la distribution de la ville, de ce point 
élevé ! Je me plais à y aller souvent, réciter mon office, 
faire un bout de convers-ition avec des compagnons, et 
même à m'y isoler, pour y rêver, pour repasser dans mou 



378 LE NATURALISTE CANADIEN 

esprit les mémorables événements qui se sont accomplis 
ici. 

Je suis à Jérusalem ! j'ai la ville sainte sons mes yeux ! 
je me plais à me le répéter à moi-même, tant l'événement 
me paraît extraordinaire. Je suis ici dans le lieu le plus 
saint de la terre ; le sol que ]e foule de mes pieds a reçu 
l'empreinte des pieds des plus grands personnages qui ont 
paru dans le monde. Adam le père du genre humain, Sem le 
fils aîné d'e Noé, Melchisédech, Abraham, David. Salomon 
le plus sage et le plus riche des rois, Alexandre le Grrand, le 
dominateur du monde de son temps, Jean Baptiste le plus 
grand des entants des hommes, Marie la plus parfaite des 
créatures sortie des mains de Dieu, enfin le his de l'Eter- 
nel lui-même, ont passé dans ce lieu, ont traversé ces rues 
qu3 je j^arcours, ont gravi c^^s collines qui s'étalent devarjt 
moi ! Et dans les temps modernes, Ste Hélène, la mère du 
Grand Constantin, Héraclius. S. Jérôme, GodeiVoi de 
Bouillon, S. Louis, S. François d'Assise, S. Ignace de Loyola, 
Napoléon 1er, presque tous ceux en un mot qui ont fait 
leur marque dans l'histoire par leur vertus, leur génie ou 
leur bravoure. 

Ici les plus graves événements qui ont fait époques 
dans les annales du monde ont eu leur accomplissement ' 
Ici, à mes pieds, Abraham le père des croyants, a tiré l'épée 
pour faire à l'Eternel le sacrifice de son his. Droit en 
face, Salomon érigea un temple sans pareil, où Jéhovah lui- 
même s'est plu à y manifester sa présence ; à ma droite je 
vois le palais où le roi prophète, ht retentir, dans une 
poésie inimitable, les accents sublimes de son repentir et 
de son amour. A gauche, je vois le Golgotha où fut ren- 
fermé le chef du premier homme sur lequel coula le ruis- 
seau de pardon qui s'échappa de la Croix ! ! .... 

Mais si Jérusalem est la ville des grandes gloires et 
des grandes miséricordes, c est aussi la ville des grands 
châtiments et des grandes expiations. Assuérus, Nabu- 
chodonozor, Titus, Chosroes viennent tour à tour exercer 
la vengea!ice de Dieu contre la ville coupable ; ses 
murs sont renversés sur ses habitants et les flammes 
balayent ce que le fer a pu épargner. Lors du siège de 



DE QUÉBEC A JE RUS/ LEM 379 

Titus, l'an 70 do notre ère, pas moins de onze cent-mille 
âmes perdirent la vie dans le massacre ! aussi on peut dire 
avec vérité que le sol de la ville sainte est littéralement 
pétri du sang de nombreux martyrs mêlé à la cendre de 
coupables plus nombreux encore ! 

Sur les pas de Jésus vous mettrez votre trace, 
Puis vous contemplerez les lieux, le ciel, l'espace 
Que regardait Jésus, l'Enfant aux divins yeux, 
Et votre lèvre avide en touchant la poussière, 
Y trouvera peut-être, arôme dans la terre. 
Un peu de sang du roi des Cieux ! 

Les Pèlerins Français. 

On nous montre dans le chœur des G-recs de Ja Basilique 
du S. Sépulcre une rosace dans le marbre du pavé que 
les schismatiques disent être le centre du monde ; mais si 
physiquement il n'en peut être ainsi, ne peut-on pas dire 
avec vérité que moralement, c'est là un point incontestable? 
Ici l'humanité a eu son berceau (1), comme y aura lieu aussi 
l'acte mémorable qui terminera les évolutions de son exis- 
tence (2). Ici, un forfait lel que le soleil n'a pas voulu 
l'é ;lairer, a eu sa consommation, et un abyme sans fond 
d'amour et de miséricorde son accomplissement. De toutes 
les parties du monde, et jusqu'à la consommation des 
siècles, l'attention des hommes se portera sur ce rocher qui 
a été lavé du sang d'un Dieu ! 

Ici, plus qu'en tout autre endroit, le Ciel s'est con- 
stamment tenu en communication directe avec la terre. 
C'est un ange qui vient retenir le bras d'Abraham prêt a 
frapper son Ills ; c'est la voix même de i'Etern^d qui vient 
confirmer l'enseignement de son Verbe dans les parvis du 
temple, ne sont des anges qui se montrent à Grethsémanie, 
au S. Sépulcre, à S Pierre dans sa prison, c'est enfin la 
voûte même des Cieux qui s'ouvre pour recevoir dans son 
sein le Rédempteur du monde. Oui, nous nous sentons 
ici réellement rapprochés du Ciel ! 

(1) On prétend que le Paradis terrestre était tout prés d'ici si toutefois 
il n'était pas à Jérusalem même. 

(2; Une tradition constante et générale veut que ce soit dans la vallée 
de Josaphat que se fasse le jugement dernier. 



380 LE NATRRALISTE CANADIEN 

Mnis j'entends bruire la trompette du Frère Liévin, (1) 
c'est l'heure des visiti.'s qui est arrivée; je coupe donc court 
à mes douces rêveries et descends me réunir à mes autres 
compagnons pour les suivre. 

A continuer. 



COQUII-LES D'ORNEJlENr. 



Sur tous les manteaux de cheminées ou les ffuéridons 
dans les salons où s'étalent des coquilles comme ornements, 
on est sûr d'y rencontrer des Porcelaines et des Rochers. 
Et c'est avec raison ; car les unes et les autres, par leur 
éclat, leurs couleurs btillantes, leurs forme'^ originales sont 
des plus propres à attirer les regards. Autant les Porce- 
laines {Cî/prœa) sont uniformes, modestes dans leur struc- 
ture, toutes rapprochées de leur type principal ; autant les 
Rochers [Murex) sont variés, bizarres et irréguliers dans leur 
forme, le nombre et la disposition des épines ou projections 
qu'ils portent. Quel nouvel intérêt prendraient de tels orne- 
ments de salon, si, à l'éclat que l'on recherche presque 
uniquement dans le choix qu'on en t'ait, on joignait la déter- 
mination exacte des espèces qu'ils constituent. De cette 
façon, quelque minime que l'ut la collection, elle ne parle- 
rait pas seulement au regard^ mais encore à l'intelligence, 
du moins pour un certain nombre de visiteurs. C'est alors 
qu'il y aurait émulation entre les possesseurs de ces col- 
lections, à qui exhiberait le plus grand nombre d'espèces 
ou les plus rares et les plus originales. 

Parmi les Rochers, il en est de certaines espèces qui, eu 
égard à leur rareté, ou au développement qu'elles sont 
susceptibles de prendre, commandent toujours un bon pnx 

d) Le Frère Liévin, le comluoteiir des caravanes, porte conataininent 
un sifflet ou petite trompette qu'il fait retentir lorsqu'il veut réunir les pèle- 
rius pour donuer quelc^ue avis ou quelques explications. 



FAITS DIVERS 381 

chez les marchands. La figure ci jointe représente le Mw 

^^lUh I \\\\\\\ :'''. t''"'"irfna. Rocher-à- 

^_;^i^-''* / Ml i| 1 I 1 M epine?-greles, hg. 3, \m\ 

^'^]) .î^^sBftdes plus élégants et des 




f\ïlf llli ' plus recherchés; les spéci- 

mens de choix se vendent 

de $12 à $15 ch»'Z les mar- 

rig. 3, 

chauds. M. A. E. Foote, de Philadelphie, dont l'annonce 
se trouve sur notre couverture, a toujours en mains plu- 
sieurs milliers d'espèces de différentes coîjuilles; ceux qui 
veulent former ou augmenter des collections, p-^nivent >e 
pourvoir avantageusement chez lui. Deinandiz le cata- 
losrue. 



Ottawa Field- Naturalists Club. — Transactions N^' 3,— In- 
8 de 65 pages en caracières compactes avec 2 planches 
lithographiques. Ce numéro renferme une list ■ des oiseaux 
fréquentant Ottawa, des remarques sur nos mollusques 
fleuviatiles, et une foule d'autres renseignements du plus 
grand intérêt pour les Naturalistes Canadiens. 

Conférences asçricoles de M. Lippens, No. 1 Culture 
du Blé ; No. 2 Destruction du Chiendent ; No. 4. Les 
iSemenres. Ces petites brochures sont le texte ou plutôt le 
résumé des conférences que M. Lippens donne dans nos 
campagnes sur différents sujets se rapportant à l'agri- 
culture. Elles méritent d'être conservées avec soin par 
tous ceux qui prennent intérêt aux progrès de notre agri- 
culture. 

Prof. F. X. Toussaint, — Recueil d'exercices sur les 
sujets les plus usuels. Annexe à l'Arithmétique N° 1 de 
F. X. Toussiiint, in-12, 211 pages. 

H. M. Ami.— The Utica Slate formation v\nth especial 
reference to the Exposures of that formation at and near 
Ottawa, 8p. iu-8. 



382 LE NATURALIsrE CANADIEN 

L'Argonaute. — Depuis 1876, on a fait la capture de 
trois Aigonauta argo sur les côtes du New-Jersey, de sorte 
que ce mollusque peut avec raison maintenant être compté 
comme appartenant à la faune Américaine. 

Haliotides. — De tout temps les Haliotides ou Oreilles 
de mer ont été recherchées pour l'ornement des corniches, 
leurs couleurs vives et iridescentes, leur forme originale, 
la riche nacre qu'elles font miroiter aux regards ne man- 
quaient pas d'attirer l'attention des visiteurs dans les salons. 
Mais dans ces dernières années, l'industrie qui tire parti de 
tout, leur a trouvé une application plus utile que de flatter 
simplement le regard dans les salons, c'est de les employer 
à la confection de boutons qui dès le début ont eu un débit 
considérable. Ces boutons si brillants, à reflets iridesceuts 
qui plaisent tant au regard, sont confectionnés avec les 
dépouilles des Oreilles de mer de difîérentes espèces. Avec 
les plus grandes coquilles, on confectionne des boutons 
solides, et les rebuts servent, broyés et mêlés à un certain 
ciment, pour en mouler d'autres qui prennent un beau poli 
vitreux, tout en laissant voir des myriades de particules 
brillantes du plus vif éclat. On sait que la côte Améri- 
caine du Pacifique est particulièrement riche en de tels 
mollusques. On en a exporté par vaisseaux de San Fran- 
cisco en 1880, 6372 sacs, représentant une valeur de $46,179, 
sans compter celles qu'on a expédiées par chemins de fer, 
surpassant peut-être encore cette quantité. Un grand 
nombre de ces coquilles sont travaillées à New-York et 
Philadelphie, et les autres sont exportées en Amérique, en 
France, etc. 



ILLUSTRATIONS. 



1. Hanches postérieures du Pammegischia Burquei 303 

2. Un œuf d'oiseau - 352 

3. Murex tenuispina 380 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIERES. 



A propos de Fourmis 30. 

Argonaute 381. 

Champignon 29. 

Chronologie de quelques unes des inventions les plus importantes 125 

Coquilles d'ornement 380. 

Cypripèdes (Les) 191, 221, 269. 

De QMébee à Jérusalem 15,51. 81, 110, 141, 174, 209,242, 312,336. 

Etude de l'FIistoire Naturelle 9f). 

Etudiez l'Histoire Naturelle 157, 

Faits divers : — Conserv< z vos numéro 31. — Lo Chevreuil 32. — Bota- 
nique 64. — Utilité des Fourmis 126. — Goélands et Pélicans 127. — 
Collection vendue 127. — Un apiculteur à Québec 127. — Société 
Minéralogique 128. — Une coijuille monstre 159. — Taxidermie 1 60. 
■ — Temph-ature 191. — Insecte 191. — Nouvelle.s entomolo<riques 
224.— L'Airelle ponctuée 287.— L'A^clé; iade de Cornut 288.— 
Minéraux 329. — Arbres d'ornement 350. — Avis 351. — Récep- 
tion 351. — CE 'ifs d'oiseaux 352. 

Faune Canuiienne —Hyménoptères 4, 33, 65, 97, 129, 161, 193, 225, 
257, 273,2 89, 321, 353. 

Fécondation du Ca/opogon puIcheJIus 271. 

Gazettes des Campagnes (La) et l'Histoire Naturelle 186. 

Haliotides 381. 

Nécrologie : — F. X. Bélanger 26. — Le Prince Lubormirski 125. — 
Jos. Decaisne 126. — Darwin 160. 

Notre treizième volu:!ie 1. 

Publications : — Seventh Report Montreal Horticultural Society 32, — 
Scientific American 63. — Report of Entomologist of U. S, for 

1880, 64, — Report of Entomological Society of Ontario for 

1881, 64.— W rms and Crustacea 190, — Coues' Check List of 
N. A, Birds 191, — Seventh Report Montreal Horticultural and 
Fruit Growers Association for 1881, 351. — Geological and Nat. 
His. Survey of Minnesota 35-. — Annales de lu Société Entomo- 
logique de Belgique 352. — Tératologie végétale 352. — Ottawa 
Field Naturalists Club 381. — Conférences Agricoles de M 
Lippens. — Recueils d'Exercices sur les sujets les plus usuels 381 
— The Utica Slate formation at and near Ottawa 381. 

Société Française de Botanique 256. 



TABLiî ALPHABI'^TIQUE 

DES NOMS DE FAMILLES, GENRES ET ESPÈCES 



Abies alba 351 

balsamea 351 

Canadensis. .... 352 

nij:ra. 351 

Acacia Nilotica 15fi 

Acer saccaihiniini 352 

Acordulecera saginata 21^0 

Acndiutn peregnnuin 276 

Agaposceinon tricolor 303 

Agenia architectus 44 

mellipes 43 

perfecta 44 

petiolata 44 

pulchripennis. . , 43 

AUantus rubrocinclus 2!l5 

Aiyson oppo.sitius 67 

Ambly teles borealis 328 

expunctus 327 

marginatus 328 

nioMianus 327 

Nortoni 328 

rufizonatus 328 

Aniniopbila Cuiinnuiiia. 13 

conditor !5 

gracilis 14 

grypbns 14 

Inctuosa. 13 

Anci/strocerus 137 

Andren-A algida ^àù 

biciilor 194 

frigida 195 

Liiaris. 194 

hirticeps 195 



intégra 197 

nivalis 194 

perplexa 196 

placida 196 

rutila 344 

simplex 197 

vicina 195 

Andrenid^. . . , 16s 

Authophora boniboides 173 

terniinalis 173 

Apatbus Ashtoni 268 

citrinus 269 

elatus 269 

labûriosus 268 



Apid^ 259 

Apis niellifera. 264 

Aicto-^tapliylos uva-ursi . .. 192, 287 

Argonauta argo 381 

Asclepias Cornnti 288 

Asphodel us hiteus 340 

A>tata . unicolor 48 

Ateiiciius sacer 184 

Atracludes autiimnalis ...... 367 

iiigricoxus 368 

tutens 363 

Atragene Americana 287 

Augochlora pura 2U6 

radiata 205 

Aulacus rufiiarsis 302 



Bkmblcid^ 

Betula huea 

papyracea. , 

Blepbaripus ater , 

ciMctipes . 

macuiipennis. 
imnimus . . . . 

Bombus consimilis 

fervid U.S.. 

ternarius ...... 

terri cola 



Calopogon pnlchellus , 

Campoplex laticinctus, 

niger . . . . 

semiriifus. . 

Carpinus Americana . 

Caiya amara 

Cemonus inornatus..-. 
Ceralina bidentala 

siliqua 

Cerceris clypeata 

desi-'rta 

imildtor 

nigre.-cens ,. . . 
Ceropales fialerna . 
Cicada septemdecim. . . 
Cœiioxys ruiitarnus. . . . 

tristis 

Crabro aciculaLus , 

ater 



46 
352 
, 351 
133 
133 
132 
133 
266 
267 
267 
207 

271 

364 

364 

364 

352 

351 

77 

234 

157 

75 

76 

76 

75 

45 

224 

241 

241 

103 

133 



TABLE ALPHABETIQUE 



385 



Crabro cubiceps 

denliciilatus. 

efFossus 

interniptus 

nigrifrotis 

obscurus 

pauper 

4-inaculatus 

rufileinur 

6-maculatus 

singularis 

stirpicola 

trifasciatus 

villosifrons 

Crabronid^ 

Crœsus latitarsus 

Çremastus longicaudus. 

Royi 

Cryptus ebuineifroiis 

elongatus. 

exilis 

flavipectus. 

nigricornis 

proxiiiuis 

robuPtus — . 

sericeifrons 

soriculatus 

Cyperus papyrus 

Cypripedium acaule ...,.-.. 
arietinuni. . . .192, 

candiduni 

pubescens . . .192, 
spectabile. ..192 



Dineura Americana, 
luteipes . . . 



Empetrutn nigrum. . . , 

Epeolus donatus 

mercatu8 

Epicauta verticalis . . . 

Eucera nuda. 

Eumenes fraterna 

ElIMENII)^ 

Exetastes brevipennis. 
Exolytus politus . 



Fagus ferruginea 

Ficus syconiorus - . . . 
Formica Pensylvanica. 
Fraxinus alba 

sambucifolia . 
Genista monoaperma. . , 
Gnatocera cephalica . . 
Gorytes atricornis 

epbippiatud. . . 

niodestus . . . . 

phaleratua. . . 

venuBtus . . . . 



109 
109 
107 
101 
10-. 
107 
106 
102 
104 
102 
105 
102 
103 
103 
/O 
291 
367 
366 
3HH 
362 
362 
361 
363 
362 
361 
361 
362 
120 
192 
287 
192 
270 
270 

292 
293 

287 
236 
235 
344 
174 
144 
13") 
363 
368 

352 

251 

31 

352 

352 

344 

283 

69 

68 

70 

69 

70 



^alittus albitarsis 201 

confusus 202 

congtrictus 202 

coriaceus 199 

distiiictus 200 

discus 200 

ligatua Î99 

Isevissimus 201 

Ontariensis 203 

pilosns. 201 

scabrosus 200 

Haliotis 3>«1 

Heniicliroa 293 

Heniiteles craspus 361 

Jongicornis 361 

nigricans 360 

pallipennis 360 

eriades (arinatum 233 

Ichneumon annulipea 325 

ca'iginosus 321 

corviiius 321 

incoiistans 323 

iufucatMS 324 

iiiuiiificus ........ 323 

nanus 326 

niijripes 324 

nohilis 323 

paradoxus 3J5 

pepticus 322 

prn.vimus 327 

fusillus 325 

rubicundus 326 

pcitnlus 361 

signatipes 326 

por'r 326 

fiuadus 322 

ustus 324 

versahilis 323 

rscluoceras rugosa... 8 

Juglans cinerea 351 

l/arix Americana 351 

Larra fulviveiitris 50 

Qubecensis 50 

terminata 50 

Larrid^e.. 47 

Limneria annulipes 365 

basalis 364 

distincta 365 

dubitata 365 

gennina 364 

infiimata 364 

nigricoxa 364 

Lyda Chicoutiuiiensis 300 

di«color 300 

fisciata 301 

Provaucberi 301 



386 



LE NATURALISTE CANADIEN 



Lyrada snbita 49 

iriioba 49 

Macrophya epinota 294 

piilchella 293 

Megachile brevis . 229 

centuncularis 230 

lemorata 228 

i'rigida 227 

grandis 280 

latitnaDUS 227 

iiielanophœa. 232 

ineiidica 231 

oblonga 230 

opliva 232 

pugiiata 228 

ecrobiculuta 22?) 

siinp'ex 229 

Melissodes A mericana 174 

desponsa 174 

Mesostenus collinns. 363 

flavipes 363 

iiohilia 363 

sericens 363 

Mimesa argentifrong 79 

denticulata 79 

panpera 79 

Monednla ventralis 46 

Murex tenuispiiia 380 

Myrinescocysius. 31, 281 

Nematus fulvicrns 29! 

luteotergum 291 

8. poninm 292 

veiitricosns '12A 

Nomada Anieiicana 23h 

bisignata. . . 238 

liitpola . ... 239 

iiuiciilata. 239 

• piinclala 240 

Nymplifeacîyrulea 120, 2ir. 

lotns i'20 

N y.«son latérale 66 

NYt<>oNii)te 65 

Odynerus albophaleratus 140 

arvensis 142 

Canadensis 138 

capra 139 

cainpestris 141 

(iebilis 139 

leuconielas 142 

Pensylvanicus 143 

tigris 140 

Walshianus 138 

Osmia bucconis. 208 

liçnaria. 207 

lignicola 208 

siiuillima 208 



Ostrya Virginica 231, 352 

Oxybelus 4notatus . 99 

Pacbyprotasis delta 294 

Paininegiscbia Burqaei 3ii3 

Panicuni itabcnn» il 16 

Paiiiscus albotarsatiis 36>} 

Panurgus ae-tivalis 205 

vernalis 204 

Papaver dubium 344 

rbseas 343 

Passalsecus niandibularis 98 

Pelopseus cœruleiia 12 

ceinentarius - Il 

Penipbredon c^nicolor 78 

mandibularis . 9B 

Phaeogeneg aterrinins 330 

Falardeaui 331 

Gaspesianns 331 

nigncornis 330 

orlius 332 

quadriceps 332 

Inberculifer 331 

Philantbus bilunatus 74 

frigidus 73 

solivagus 73 

ventilubris. 73 

Phœnix dactybiera 115, 281 

Phygadeuun acaiidua 358 

acicuiatus 356 

alternans 358 

atteimatus 359 

autinnnal s 357 

ceplialicus 354 

Cunf<trictu3 357 

cortmtuâ. . . . 35Cj 359 

Lavoiei 353 

Lecbevallieri 356 

maculât us 353 

Migiiaulti 355 

mucronatus 353 

occidentaiis 355 

orbiîalis 354 

ovalis 355 

parallelus 355 

rubricus 358 

subspinosua 357 

terminatus 357 

3-annulatu8 . • .. . . 355 

vulgaris 354 

Physoscelis 133 

Pinus Banksiana 352 

atrobus 352 

Platylabus Rubri Capensis 329 

scuteliatus 329 

Polistes pallipes 168 

Polyporus igniariua 30 

Pompilus aetbiops 35 

anguatatué 33 



TABLE ALPHABETIQUE 



387 



Pompilus apicatus 38 

argenteus 39 

biguttatus 40 

castaneus 39 

cylitiiiricus 38, 39 

fascipennis 42 

grineus 3(i 

liyacinthitius 3"? 

luctuosus 36 

marginatus 40 

maiirus 38 

Piiilaiielphicus. 37 

5-notatus 40 

scelestus 36 

tenebrosus 3i> 

Virginiensis 37 

PoMPTLTDaS 33 

Populus balsam ifera 351 

Canadengis 64, 287 

tremuloides 351 

Priocneniis alienatus 42 

coiiicus 41 

germanus 42 

Prosopis affinis 259 

basalis 258 

Psen leucopus 80 

niger 8] 

Pyracmon rufura 3G5 

Quercus alba 352 



Reseda luteola 

Rhopalum pedicellatum. 
rufigaster. ... 



Saperda Candida 

Sapygi maculata.., 
Scoiia unicincta. . .. 

Scjliadid^. 

SelanJria halcion . 

paupera. . 

rusas . . . 
Sisiphus muricatus 
Sphecodes dicliroa. 
Sphkgid^ , 



344 
134 
134 

159 

9 

6 

4 

293 

293 

224 

344 

257 

10 



iStenodynerus 143 

^'tîg'nus fraternus 93 

"tilpnus laevis 332 

fctroagylogaster aplcalis 295 

pallidicornis. .. 295 

politus 294 

nibrocinctus. .. 295 

soricuiatua 296 

Symmorchus 137 



Taxonua robustus 

Teatliredo ungulata. . . . 

cinctiiibiis . , 

confusa 

delta 

jocosa , 

lobata, 

14-punctata. 

peniirulira . ., 
Thersilochus pallipes... 
Thuya occidentalis. . . . . 
Tliyreopua latipes 

monticola . . . 

pegasus 

Tilia Americana 

Tiphia inornata 

Tridacna gigas , 

Triosteuni Americanum. 

Trogus Copei 

Provancheri . . 
Trypoxylon clavatum... 



293, 



294 
297 
299 
298 
298 
298 
299 
298 
299 
367 
352 
130 
130 
J3I 
352 
7 
159 
287 
329 
327 
135 



Ulmus Americana 352 



Vaccinium vitia-idsea. 
Vespa consobrina 

diabolica. 

germanica 

maculata . .. . . 

media 

rufa 

Vespid^ 



Xiphidion Canadense . 
Xiphidria Provancheri. 



287 
165 
166 
165 
164 
166 
167 
161 

301 
301 



ERRATA 



Page 



1, 


ligne 3, 


au lieu de Vol. XII, 


lisez 


Vol. XIII. 


55, 


" 15, 


(( 


Nantes, 


II 


Chateaudun. 


64, 


" 33, 


(( 


de toutes part, 


II 


de toutes parts. 


133, 


" 21, 


(( 


Pkpharipus 


II 


Blepharipus. 


137, 


" 10, 


II 


? 


II 


C^ 


149, 


" 30, 


II 


auri sacra fames, qui 


II 


auri sacra fames qui 


150, 


" 7, 


II 


ses qurtiers, 


II 


ses quartiers. 


150, 


•' 17, 


II 


quelque paras 


II 


quelques paras. 


156, 


" 9, 


II 


l'air encore tout 


II 


l'air tout. 


167, 


" 21, 


(I 


Poliste, 


II 


Polistes. 


187, 


" 28, 


II 


notre pratique, 


II 


votre pratique. 


187, 


" 29, 


II 


ayiez 


II 


aytz. 


192, 


" 18, 


II 


l'obtinée, 


II 


r obstinée. 


192, 


•' 25, 


II 


la Botaniques, 


II 


la Botanique. 


237, 


•' 31, 


(( 


les 2e segment. 


II 


le 2e segment. 



«sr###^#^^ ^\^VVr^*-' 



Vol. XIV— 1. CapRouge, Q., JANVIER, 1883. No. 157 
Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. 



.i5L"VJS. 



Tous nos abonnés retardataires recevront avec la pré- 
sente livraison le comi^te de leurs arrérages, et nous les invi- 
tons à se raettre en règle au plus tôt. Nous en comptons 
encore quelques uns qui n'ont jamais payé un seul sou, on 
comprend que des zéros à leur place feraient encore mieux 
notre affaire. 

I^° Les retardataires qui ne tiendront aucun compte 
du présent avis, ne devront donc pas être surpris si, à la fin 
de ce mois, ils sont invités à s'acquitter, par des moyens de 
rigueur. 



NOTRE QUATOUZIEME VOLUME. 



Nous disions, en commençant notre Tolume de Tan 
dernier, que nous espérions termi)ier notre histoire des 
Hyménoptères dans le cour de l'année, et nous voici a com- 
mencer un nouveau volume sans avoir encore vu cette fin. 
Il nous faudra encore ajouter une livraison à la présente 
pour y atteindre, tant nos additions sont considérables- 



LE NATURALISTE CANADIEN 



Nousnttaqnerons aussitôt après l'Ocdre des Hr^miptères 
ou punaises qui, bie)) que moins considérable que celui des 
Hyménoptères, ne lui en cède que peu en intérêt. Nous som- 
mes à prendre des mesures pour illustrer cet Ordre plus 
largement que nous ne l'avons fait des précédents. Mais 
que d'obstacles à surmonter ! Il n'y a pas à compter qu'avec 
les ressources pour se procurer les illustrations convenabK's^ 
mais aussi avec l'habilité des artistes pour les exécuter, et 
la difficulté de les rencontrer. 11 n'y a guère que des na- 
turalistes qui puissent exécuter convenablement des des- 
sins ou des gravures d'insectes, et de tels artistes ne se 
rencontrent pas en cette Province. Nous n'avons même 
à Québec d'ateliers ni de gravure, ni de lithographie, il 
faut recourir à Montréal, et plus d'une fois les artistes 
Montréalais nous ont créé des monstres dans leur exé- 
cution. On nous fit une fois un c( léoptère avec sept 
articles aux tarses. "J'étais loin de soupçonner, nous 
dit l'artiste, que le nombre d'anneaux de ces petites chaî- 
nettes fût de quelque importance; pourvu que je les fisse 
de même longueur, je ne voyais pas ce qu'un article de 
plus ou de moins pouvait faire. — Ça fait tant, que pour en 
avoir ajouté deux, vous avez fait de cet insecte un monstre 
dans la nature. Nul insecte a plus de cinq articles aux 
tarses ". 

Nos dessins sont à peu près terminés, et nous espérons 
pouvoir présenter des illustrations, non-seulement ca- 
pables de faciliter l'intelligence du texte, mais pou vaut 
encore se présenter an regard avec un certain agrément. 

Notre chaleureux appel de l'an dernier au snjet de nos 
Tableaux d'Ilistoi/e Naturelle n'ayant réveillé aucun écho, 
leur exécution demeure encore indéiiniment ajournée. 

Nous poursuivrons notre récit de voyage en Orient, 
dont nous faisons un tirage à part pour ceux qui ne 
ne comptant pas parmi nos abonnés, voudraient se procu- 
rer ce volume. Il nous eut été plus agréable de faire de 
suite de ce récit une publication spéciale, mais connaissant 
le difficile écoulement des livres de lecture en ce pays, nous 
avons craint de ne pouvoir pas même recouvrer nos dé- 
penses. Nous aurons aussi pour cet ouvrage des cartes et 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈREfS. 3 

des plans que les lecteurs sauront apprécier, et an moyen 
desquels ils pourront so fiiire une idée exacte des lieux re- 
présentés. Nous y ferions même figurer certains costumes 
orientaux, si nous n'avions à redouter un trop faible encou- 
ragement. 

Il nous est agréable cependant de déclarer ici que nous 
avons reçu de nombreuses félicitations à propos de ce ré- 
cit; on s'accordait de toutes parts à le demander aussi lonor 
et aussi détaillé que possible ; mais il nous faut répondre à 
des exigences opposées, et nous nous efîorcerons, comme 
par le passé, de satisfaire les unes et les autres. Il est fort 
douteux que nous puissions terminer ce récit dans le cours 
de la présente année. 



Z ^f 



FAUNE CANADIENNE 



HYMENOPTERES 
ADDITIONS ET CORRECTIONS 

iContinué de la page 380 du Vol. XIII). 

Gen. Mesochorus, G-rav., XI, p. 208. 

Aux 4 espèces décrites, ajoutez les 5 qui suivent : 
Abdomen entièrement noir : 

Tête noire 5. politus. ». ^p. 

Tête jaune 1. atriventris. 

Abdomen plus O'i moins jaune ou roux ; 

Les 2 premiers se2;ments abJomiiiaux noirs, quelquefois marginés 
de jaune au sommet ; 
StifTina noir ou bnm-fonci?, avec tache pâle à la base ; 

Face noire; tarière longue 6. humeralls, n. sp. 

Face jaune ; tarière courte 7. luteipes, n. y;^. 

Stigma j mne ou jaunâtre sale ; 

Tête noire au-dessus des antennes 2. pleiiralis. 

Tête jaune au-dessus des antennes 4. flaviCepS- 

Abdo:noii cntièreihciit ror.x ou avec seulement le 1er segment noir ; 
Le scape avec le 1er segment abdominal, noir.. 8. jucundus, n. sp 



4 LE NATURALISTE CANADIEN 

Le scape roux ; abdomen entièrement roux 5 

Stigma brun-foncé, avec tache pâle à la base 3. rufuluS. 

Stigma jaune-pâle ; aréole grande 9. areolatUS, 11. sp. 

1. Mésochore ventre-noir, Mesochorus atriventris, 
Cress. Can. Eut. iv, p. 21, ?. 

La description donnée à la pap^e 208 a été, par erreur, 
prise sur un autre insecte ; elle doit être remplacée par la 
suivante. 

Ç — Long. .25 pce. Noir; tête et thorax brun-foncé; les man- 
dibule», les palpes, les orbites antérieurs, jaune-pàle. Antennes 
longues, brunâtres. Ailes hyalines; stignia jaunc-bmnâtre, les ner- 
vures brunes ; aréole grande, en carré oblique, subpédiculée. Pattes 
jaune niiol, y compris les hanches ; les jambes postérieures plus pâles, 
leur extrémité noire, de même que l'extrémité des articles de leurs 
tarses. Abdomen linéaire, poli, brillant, noir, les sutures quelque peu 
roussâtres, l'extrémité épaissie et comprimée ; tarière du quart de la 
longueur de l'abdomen, ses valves noirâtres, aplaties, larges. — 11. 

5. Mésochore poli. Mesochorus polilus, nov. sp. 

Ç — Long. .15 pce. Noir, poli, brillant; les mandibules, les 
écailles alaires avec les hanches antérieures, blanc ; les flancs avec les' 
pattes, roux-jaunâtre. Face finement ponctuée, légèremont convexe au 
milieu. Antennes très longues, brun-foncé. Thorax subcylindrique, 
poli, brillant, noir avec les flancs roux. Ailes hyalines, iridescentes, le 
etigma d'un jaune sale, l'aréole très grande, sessile, en losange. Pattes 
roux-pâle, le jambes postérieures avec un petit antieau noir à l'extrémité. 
Abdomen linéaire, convexe, poli, brillant, la suture entre les segments 
2 et 3 plus ou moins roussâtre, le ventre blanchâtre, le 5e segment 
prolongé eu une grande écaiile jaunâtre dépassant un peu le dernier 
segment ; tarière moins du quart de l'abdomen, ses valves larges, 
polies, noires. — C 

Peut-être la $ de Vatriventris, Cress. ? 

6. Mésochore-à-épaules-rousses. 31esoc/ionis luime- 
rai is, nov. sp. 

9 — Long. .18 pce. Noir, poli, brillant; le chaperon, les mandi- 
bules, le scape en dessous, les écailles alaires avec une large bande en 
dessous, et toutes les pattes, jaune roussâtre. Face noire, brillante. 
Antennes filiformes, plus courtes que le corps, jaunâtres en dessous à 
la base. Thorax épnis, poli, brillant, une bande jaune-roussâtre par- 
tant des écailles alaires couvre tout le prothorax en dessous. Ailes 
hyalines, le stigma grand, noir avec une petite tache brune à chaque 



ADDETIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 5 

estr<?rait(î, l'aréole petite, en carré oblique. Les jambes postérionres 
obscures à l'extrême base et à l'extrétuité, leurs tarses aussi plus ou 
iiioins obscurs. Abdomen allongé, plus épais à l'extrémité, noir, le 
sommet du 2e segment avec le 3e roux-jaunâtre, le premier très long, 
finement ponctué, le reste poli, brillant ; tarière de la moitié de l'ab- 
domen environ. — R. 

7. Mésoehore pieds-jaunes. Mesochorus luteipes, Cress 
Can. Elit, iv, 22 ç. 

Ç — Long. .18 pce. Noir, brillant; la face, les joues, les orbites 
postérieurs, avec les écailles alaires, blanc. Antennes grêles, aussi 
longues que le corps, brunes, jaunâtres à la base en dessous. Les 
épaules jaune-roussâtre. Ailes hyalines, iridescentes, stigma brun- 
pâle, aréole grande, en losange. Pattes jaunes y compris les hanches 
et les trochantins, les cuisses postérieures légèrement teintes de brun, 
leurs jambes noires à la base et à l'extrémité. Abdomen plus épais à 
l'extrémité, poli, brillant, les segments 1 et 2 noirs, les autres jaunâtres 
avec teinte de brun ; le ventre jaune ; la tarière forte, courte, 
noire. — R. 

8. Mésoehore agréable. Mesochorus j iicund us , nov. sp 
Ç — Long. .27 pce. Roux avec taches noires ; la face avec les 4 

pattes antérieures, plus pâles. Antennes longues, sétaC'5cs, noire>, y 
compris le scape. Thorax robuste, une grande bande noire sur chaque 
lobe du mésothorax avec deux taches de môme couleur de chaque 
côté du métathorax. Ailes hyalines, le stigma noir, l'aréole rhom- 
boïiale, sessile. Les jambes postérieures légèrement obscures à l'ex- 
trémité. Abdomen arqué, robuste ; noir sur le premier segment 
excepté à la b.ise, le ventre jaune, le 5e segment avec une écaille dé- 
passant l'abdomen ; tarière noire, forte, du quart de l'abdomen 
environ. — R. 

Les taches noires de son thorax le distinguent surtout 
du suivant. 

9. Mésoehore a-grande-aréole. Mesochorus areolatus, 
nov. sp. 

Ç Lons;. .21 pce. D'un beau jaune-miel dans toutes ses parties. 

Les antennes très longues, grêles, un peu plus obscures à l'extrémité. 
La face avec les pattes plus pâles que le reste. Thorax robuste, sans 
aucune tache. Ailes hyalines, le stigma jaune pâle, l'aréole très grande, 
en losange, sessile. Abdomen robuste, arqué, son extrémité légèrement 
obscurcie, dépassée par l'écaillé ventrale ; la tarière courte, forte, 
rougsâlre, obscure à la base. — R, 



6 LE NATURALISTE CANADIEN 

Une plus forte taille et son stig-m" jaune le distinguent 
surtout du melleus, Cress, ainsi que du rvfidus, Piov. 

Gen. PlecTISCUs, Grav. XI, p. 210. 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante. 

Stigma brun ; tarière aussi lonirne que l'abdomen 1, graC"lÎ!î. 

Stigma j;inne-pâle ; tarière plus courte que l'abdomen. 2. Ta.i%BX^n.sjy^ 

2. Plectisque noir. Plectisc s niger, nov. sp. 

çf Ç — Long. 10 y ce. Noir sans aucune tache, poli, brillant; le 
chaperon, les mandib::le8, les (?cailles alaires, blane. Antennes longues,. 
filiformes, brunâtres à la base. Thorax court et assez robuste, oblique 
en arrière. Ailes hyalines, iiideseentes, le stigma brun-jaunâtre, l'aréole 
en losange, sessile. Pattes jaune-pâle, les hanches postérieures noires 
à la base $, entièrement noires (^, leurs jambes et leurs tarses plus ou 
moins obcurs. Abdomen en massue, eiiiièrcment noir ; tarière de la 
moitié de l'abdomen environ. Dans le (^ le 3o segment abdominal est 
plus ou moins marginé de roux au sommet. — PC. 

Après le Genre Plectiscus, Grav., XI, p. 210, ajoutez 
le suivant. 

Gen. CyrtoceNTRE. Cyrtocenlnis, nov. gen. 

Tête assez courte, transversale. Antennes filiformes, 
assez courtes. Thorax ct)urt, robuste, le mésothorax sans 
divisions distincies, le métathorax très court ; écusson 
proéminent. Ailes avec une aréole subquadrangulaire, 
irrégulière, la cellule radiale courte et large. Pattes mé- 
diocres, les postérieures à peine plus longues que les autres. 
Abdomen assez court, subsessile, en ovale allongé, déprimé 
sur le dos et légèrement comprimé à l'extrémité, le premier 
segment s'élargissant de la base au sommet ; tarière dé- 
passant à peine le dernier segment abdominal, et ce- 
pendant recourbée sur le dos à son extrémité. 

Ce genre, voisin des Plectisques, s'en distingue surtout 
par la forme de sa tarière, laquelle, suivant le bord du 
dernier segment abdominal, se recourbe sur le dos à sa 
pointe. Une seule espèce rencontrée. 

Cyrtocentre de-Quâbsc. CijrtoceiUnis QuebecensiSj 
nov. sp. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 7 

Ç — Long. .20 pce. Noir avec les pattes jaunes; les palpes, le 
scape avec les ocailles alaire?, jaunc-pâ'e. Face finement ponctut^e, 
avec une protubérance tuberculeuse au milieu, le chaperon poli, bril- 
lant. Antennes filiformes, plus courtes que le corps, noires avec les 2 
articles dd la b:ise jaunes. Thorax poli, brillant, le métathorax avec 
lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, les nervures noires, pâles à 
la base, le stigma noir ; aréole subquadrangulaire, irrégulière, un peu 
obli (ue. Pattes j lunes y compris les hanches et les trochantins, l'ex- 
trémité des jambes postérieures avec leurs tarses plus ou moins obscurs. 
Abdomen subsessile, poli, brillnnt, dépriaié, ovalaire, noir, les segments 
2 et 3 obscurément marginés de jaune au sommet; le ventre jaune de 
même que la tarière, celle-ci courte, redressée sur le dos, dépassant à 
peine l'épaisseur du dernier segment de l'abdomen. 

Capturé au CapRouge et à St-Hyaciiithe. 
G-en. Cekatosoma, Cress. XI, p. 211. 
Ceratosoma rufa, Prov. décrite sous le nom àHExetastes 
nifa, Prov. p. 213. 

G-en. ExETASTES, Grar. XI p. 211. 

L'espèce 6, E, Brevipenms, est le iVesofitenus brevipennis , 
Prov., et l'espèce 8, E. rufun, est la Ceralosomi rufa, Prov. 

Gt>n. Mesoleptus, Grav. XI, p 221. 

Alix 26 espèces décrites, ajoutez les 2 suivantes, dont 
la dernière est nouvelle. 

27 Mésolepte voyageur. Mesoleptus peregrinus, Crcss . 
Trans. Am. Eit. Soc. li, p. 102, c?9. 

ç^ — Long. .30 pce. Noir brillant; les mandibules, lea 2 articles 
basilaires des antennes, les écailles alaires avec les pattes, blanc. An- 
tennes plus courtes que le corps, noires. La face à pubescence argentée. 
Lo prothorax, le mésothorax avec l'écusson, d'un roux brillant, le lobe 
médian du raésothorax noir; le métathorax à lignes soulevées formant 
une aréole centrale longue et étroite. Ailes hyalines, le stigma noir, 
l'aréole petite, subpentagouale, la 2e récirrentc courbée en dehors. 
Pattes longues et grôles, blanches, les postérieures brunes avec leurs 
hanches rous^atres. Ab lomen très grêle, linéaire, allongé, noir, le Se 
segment avec les s livants m uginés de roux au sommet, le premier fo.t 
long et à peine plus large à l'extrémité. — K. 

Voisin du muliebris, Cress, mais s'en distingue surtout 
par SOS flancs sans taches. 



8 LE NATURALISTE CANADIKN 

28. Mésolepte variable, Mesolepius variabilis; nov. sp. 

Ç — Long. .23 pce. Noir, opaque ; les mandibules, le chaperon 
une grande tache au-dessus ujais n'envahissant point les orbites, le 
Bcape en dessous, les écailles alaires, l'écusson avec les 4 trochantins 
antérieurs, blanc. Antennes très longues, noires avec un anneau pâle 
au delà du milieu. Ecusson proéminent, blanc, roussâtre à la pointe ; 
niétathorax finement ponctué, sans lignes soulevées distinctes. Ailes 
hyalines, le stigma brun-roussâtre^ l'aréole triangulaire, oblique, assez 
grande. Pattes rousses, les hanches antérieures noires à la base, 
blanches à l'extrémité, l'extrémité des cuisses postérieures et de leurs 
jambes, noir. Abdomen fusiforme, roux, noir à la base et à l'extrémité, 
le premier segment s'élargissant de son milieu au sommet ; tarière à 
peine sortante. — R. 

"Voisin de Vhonestus, Cress., mais s'en distinguant sur- 
tout par son thorax entièrement noir. 

Gen. EcLYTUS, Holmg. XI, p. 250. 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante : 

2. Eclyte robuste. Eclyt,us robustus, nov. sp. 

Ç — Long. .30pce. Noir, poli, brillant; la face, les mandibules^ 
les palpes, les écailles alaires, une ligne en avant, une tache sur les 
bords latéraux du raésothorax avec le ventre, blanc. Antennes brunes, 
plus pâles en dessous, le scape obscurément taché de blanc. Ecusson 
proéminent, le niétathorax finement ponctué avec 2 carènes longitudi- 
nales rapprochées sur le disque. Ailes hyalines, sans aréole, la 3e 
cellule discoïdale dépassant considérablement la grande cellule ; 
stigma noir, taché de blanc à la base. Pattes roux-clair y compris 
les hanches, les jambes postérieures avec leurs tarses, noir plus ou 
moins foncé. Abdomen allongé, cylindrique, rétréci à la base, le 
premier segment canaliculé, les terminaux marginés de blanc; tarière 
à peine sortante. 

Une seule espèce rencontrée. 

Après le genre Tryphon. Grav. p. 252, ajoutez le 
suivant. 

Gen. ExENTère. Exenierus, Hartig. 

Tête transversale, courte et large ; antennes moins 
longues que le corps, filiformes, un peu plus épaisses au 
milieu. Thorax court et robuste. Ailes avec une aréole 
triangulaire. Pattes courtes, cuisses à peine renflées, les 4 
iambes postérieures sans éperons, les crochets des tarses 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 9 

simples. Abdomen sessile, son premier segment rugueux, 
subcylindvique, un peu plus épais à l'extrémité. 

Ce genre, qui a été détaché des Tryphons, s'en dis- 
tingue hiTrtont par l'absence d'éperons aux jambos posté- 
rieures, ses crochets simples empêche de le confondre avec 
les Ctenhcm, Une seule espèce rencontrée. 

Exentère du Canada. Exenterus Ca7indensis, sp. nov 
d* ? — Long. .30 pce. Noir, le chaperon, lu face except»? une 
ligue longitudinale au milieu, le scape, une ligne sur les côtés du nié- 
sothorax, une autre au-dessous de l'insertion des ailes, une autre de 
chaque côté sur le bas du prothoras, l'écusson et le ;ost-écusson, un 
point de chaque côté du métuthorax, les pattes avec une ligne au 
sommet des segments abdominaux, jaune. La tête et le thorax dén- 
uement ponctués, le métathorax rugueux. Ailes légèrement ob-cures, 
le stigma brun, l'aréole triangulaire, péùiculée. Pattes jaun-.s, les 
hanches noires, les 4 antérieures jaunes en dessous, les 4 cuisses anté- 
rieures noires en dessus de même que l'extrémité de leurs jambes. 
Abdomen fortement ponctué, les 2 segmente basilaires rugueux, le 
premier avec 2 carènes sur le disque ; tarière non apparente. 

Capturé à Danville, comté de Richmond, voltigeant 
autour d'un pin que ravageaient des larves d'hyménoptères 
que nous avons lieu de croire être celles de Lophyrus. 
G-en. Mesoleius, Holmg. XI, p. 257. 

Aux 5 espèces décrites, ajoutez les 2 suivantes. 

6. Mésoloi noir. 3Iesoleius niger, nov. sp. 

Ç — Long. .17 pce. Noir; les mandibules, l'extrémité de joues, 
les écailles alaires, un point en avant, un autre en dessous, les trochan- 
tins, les 4 tarses antérieurs excepté à l'extrémité, avec l'extrémité des 
hanches, jaune-pâle. Face finement ponctuée, soulevée longitudinale- 
ment au milieu. Antennes noires, aussi longues que la tête et le thorax 
réunis. Métathorax à carènes renfermant une aréole en carré à sa base: 
écusson avec une profonde excavation à sa base bordée latéralement 
par une carène. Ailes passablement enfumées, les nervures et le stigma- 
noir, aréole péticK'e, subtriangulaire, incomplète, sa nervure extérieure 
manquant. Pattes d'un beau fauve clair, le.s hanches noires, blanches 
à l'extrémité, les tarses postérieurs avec l'extrémité de leurs jambes, 
noir. Abdomen entièrement noir, en ovale allongé, le premier segment 
avec 2 carènes, finement ponctué, brillant, les autres plus grossièrement 
ponctué'^ ' ^ terminaux avec poils grisâtres. 



10 LK NATURALISTE CANADIEN 

Espèce bien remarquable par son absence de <aches et 
ses ailes enfaraées. 

7. Mésoloi à-jointure-blache. - esoleii/sj/nictus, n. sp. 

(^ — Long. .18 l'co. Niiir ; une tuclie sur les mandibules, une 
tncho au milieu de la f ce nu de-sous de l'insertion des antennes^ les 
(^cailles alaires, une petite li;xne au dessous, les bords supérieurs du 
prolhorax, une tache en crochet sur les lobes latéraux du nié.sothorax, 
une lijne ù l'insertion des aiies, la Siiture des fi mes entre le méso et le 
métaihnrax, une tache sur l'écusson, une ligue sur le post-écusson, avec 
les trochintins, blanc. F.ice large, trè-i fi.ieuie it pouctuée. Antennes 
noires, Métathorax arrondi, sans lignes soulevées distinctes. Ailes 
hyalines, sans aréole, le stigma brun fbiieé avec un point blanc à la 
base. Pattes roux-clair, les jimbes postérieures avec les tarses et l'ex- 
trémité dos cuisses, noir, les jambes avec un anneau blanc à la base 
suivi d'une teinte plus ou moins rousse. Abdomen sesrile, le 1er seg- 
ment lisse, un peu plus large au .'•ouimet, le 2e avec quelques acicula- 
tions à la base et obscurément roussâtre, le reste noir. 

Espèce bien recounaissable par la suture blanche de 
ses flancs. 

Gen. EREONEmus, Holmg. XI p 265. 

Aux 3 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

4. Erronème marginé. Erronemus mirginatus, nov. sp. 

Ç — Long. .25 pce. Noir; les mandibules, les écailles alaires, 
les palpes, blanc ou jaiane-pâ e ; le t haperon, avec les pattes y couipris 
les hanches et les trochantins roux-pâle ou jaune-miel. Antennes 
noires, plus courtes que le corps. Thorax court et ép:iis ; l'écusson 
proéminent et caréné, le métathorax à lign3s soulevées distinctes, 
subépineux aux angles. Les tarses postérieures avec l'extrémité de 
leur jambes brunâtres. Ab iomen subsessils, en ovale allongé, poli, 
brillant, le premier segment avec 2 carènes sur son disque cotifluentea 
au sommet, tous les autres finement marginés de roux au sommet ; 
tarière en forme de tort éperon redressé, mais ne dépassant pas le 
dessus du dernier segment. 

Capturé au CapRouge. 

G-en. Bassus, Fabr. XI, p, 272, 

Aux 14 espèces décrit^^s, ajoutez le.* 4 suivantes. La 
1ère, voisine de Va^itia, s'en distingue par son Se segment 
abdominal sans tacbe à la base; les 3 autres se distinguent 
comme suit de iHchneumo/ioides : 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 11 

Orbites antérieurs pâ^es : 

Segments abdominaux 2 et 3 ceinturés de 

lous 11. ichneimonoid'ss. 

Segments 2 et ?> entièrement roux 16. CingulalUS. n. s». 

Orbites antérieurs noirs : 

Une tnche pâle au milieu du 'f;nnt. .... 17, elon«!^atUS, 

Point de tacbe an milieu ili fro'it 18. ioiîgicorilis ii.sp. 

15 Bas3e-à-épaulelte3. Bassîis se ipu!ait/s, ;iov. sp, 

Ç — Lon<r. .20 pce. Noii- ; robu-te, le cbiperon, les niMiidibules? 
de larges lignes orhitales, les écailles alaircs avec une liijcne en avuit et 
une tache sur les bords lat'M-aux du mésothorax, une ta'he snr i'écus- 
son avec lf>s hanches antérieures, bUuic. Antennes filiformes, as^ez 
fortes I écusson proéminent ; inétathorax fortement ponctué. Ailes 
hyalines, sans aréole, le stiirma noir. Pattes rousses ; les postérieures 
avec l'extrémité desj-imbeset les tars'\s brun -foncé. Abdomen mb'iste, 
déprimé à la base et comprimé à l'extrémité, les segments 2 et 3 >ivt c 
une ligne jaune-pâ'e an sommet dechnque côté. — R. 

Voisin de VagiJis, mais sans tache à la base du 3e seg- 
ment ; sa taille aussi plus robuste, 

16. Basse ceinturé-de-roux. Bassi/s cingulatus, nov. sp. 
Ç — Long. .20 pce. Noir, poli, brillant, avec une bande rousse 

à l'abdomen. Le chaperon, les mandibules, les palpes, de larges of 
bites antérieurs, les écailles alaires, un point en avant avec une tache 
sur le bord du prnthora^, l'extré iiité des hanches antérieures avuc tons 
les trochmtins, j inne-:âle. Antennes fi.ifor.ues, noires, plus longncS 
que le carps; écisson proéminent. Thorax robuste. Ailes hyalines, 
sans aréole, 'e sîig ou noir. Pattes ro li-clair, les hanches noires avec 
l'extrémité jiuiie, tarses postérieurs bruis, Abloncn 1 irge, déprimé, 
le premier segment rug-ieux, les segments 2 et 3 roux, le ro.-to noir j 
tarière courte, — K, 

Voisin par sa forme du sagimlus, mais sans impres- 
sions à l'abdomen 

17. Basse allongé. Bassus elongaliis, Pror. Nat. vi, 
p. 57, c?. 

Ç—LoHL''. .19 pce. Noir, poli, brillant; les mandibules, une 
tache au milieu de la face au dessous des antennes, les écailles alaires, 
un point en avant, une petite ligne au dessons, une ligne sur les bords 
latéraux du mésothorax, tous les trochmtins avec l'extrémité dis 
hanches, jaune-pâle. Antennes agsez fortes, brun foncé, le so:ipe plus 



12 LE NATURALISTE CANADIEN 

OU moins taché de jaune au sommet. Ailes hyalines, iridescentes, sans 
aréole, le gti^txia brun avec une tache pâle à la base. Pattes rousses, 
les hunches noires, jaunes à l'extrémité, les 4 cuisses antérieures avec 
une ligne noire en dehors. Abdomen avec le premier segment laree, 
caréné sur ses côtés au sommet, rugueux de même que la moitié basi- 
laire du 2e, le sommet de celui-ci, avec le 3e plus ou moins complète- 
ment et quelquefois aussi la base du 4e, roux, le reste noir. 

cj — Avec la face, le scape en dessous, une ligne verticale au des- 
sus des hanches antérieures, les 4 hanches antérieures, jaune-pâle. 

Après avoir décrit cette espèce sous sou uom propre, 
nous l'avons ensuite donnée coiume variété de ïickneunio- 
wofâ?es, mais la confrontation d'un grand nombre de spéci- 
mens capturés depuis ne nous laisse plus de doute sur son 
identité comme espèce distincte. Elle se distingue surtout 
de ïichneumonoides par une taille moins robuste, plus allon- 
gée, les orbites antérieurs et le labre toujours noirs et la 
tache médiane de sa face que nous avons constamment 
trouvée dans 10 spécimens ç que nous avons examinés. 

18. Basse longues-cornes. Bassus longicornis, nov. sp. 

$ — Long. .19 pce. Taille élancée, grêle, corps noir, poli, brillant; 
le labre, les mandibules, le seape en dessous, un point en avant, une 
li-^ne au dessous, tous les trochantins avec les 4 hanches antérieures, 
iaune-pâle. Antennes fort longues, à articles allongés, brunes, plus 
claires en dessous. Métathorax avec carènes formant une aréole en 
carré à la base. Ailes hyalines, les nervures pâles ù la base, le stiguia 
jaune-pâle, plus clair à la base. Pattes roux-clair, les tarses posté- 
rieurs brunâtres. Abdomen à premier segment beaucoup plus long 
que large, aciculé avec la moibé basilaire du 2e, le sommet de celui-ci, 
avec le 3e et partie du 4e roux, le reste noir, les segments médians 
sans impressions transversales. 

Bien distinct des deu^ précédents, diffère surtout de 
ïichneumonoides par ses orbites noirs, et de ïelong-atus par 
son labre jaune, l^xaminé 9 spécimens. 

Gen. Chorinsbus. Holra. XI, p. 278. 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante. 

Chorinée beaux-pieds. Ckorinœm pulchripes, nov. sp, 

Ç — Long. .30 pce. Noire, les mandibules, les écailles alaires, 

une ligne au dessous avec les jambes, blanc ou jaune-pâle. Antennes 



ADDITIONS £T CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 13 

fortes, filiformes, noires, plus courtes que le corps. Thorax gibbeux 
en avant, le niétatborax avec lignes soulevées formant une aréole en 
carré sur le disque. Ailes légèrement enfumées, les nervuies et le 
stigma, noir ; aréole triangulaire, subpédiculée. Pattes noires, les 4 
cuisses antérieures teriuinées de jaune pâle, les jambes antérieures 
blanches, les 4 autres blanches à la base et noires à l'extrémité les 
tarses noirs. Abdomen ponctué, allongé, en massue à l'extrémité, le 
1er segiuent avec ses 2 carènes du dis(|ue confluentes au sommet, le 
3e avec une curèae médiane, le 22 avec une carène médiane seulement 
au sommet,cettc carène se divisant en 2 à la base pour former une 
espèce d'alvéole allongée ; tarière non sortante. 
Capturée à Chicoutimi. 

Geu. Orthocentrus, Grav. XI, p. 378. 
Aux 5 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

6. Orthocentre face-blanche. Oithocentrus albofa- 
ciatus, nov. sp. 

Ç — Long. .22 pce. Grêle, noir ; toute la face avec des lii^nes 
orbitales jusque sur le vertex, le scape des antennes en dessous, les 
joues, le prothorax, les écailles alaires avec une tache en avant, les 4 
hanches antérieures, les trochantins, la poitrine audessus des hanches 
de devant, blanc. Le chaperon étroit et fortement convexe. Antennes 
fort longues, noires, à scape court et fortement renflé. JNIétathorax 
finement ponctué, sans lignes soulevées bien distinctes ; les flancs et la 
poitrine, blanc plus ou moins lavé de roux clair. Ailes hyalines, 
longues, sans aréole, le stigma brun-foncé. Pattes longues et grêles, 
roux clair, les hanches postérieures plus ou moins maculées de noir en 
dessus, leurs jambes noires d:.ns leur moitié apicale, leurs tirses aussi 
noirs. Abdomen allongé, grêle, noir, les segments médians d'un roux 
sale, le premier segment allongé, grêle, avec les tubercules stigmatiques 
vers son milieu ; tarière courte, mais saillante. 

Espèce bien remarquable par sa face blanche, le scape 
de ses antennes gonflé, son chaperon convexe, etc. 
Gen. Clistopyga, Grav. xii, p. 46. 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante. 

2. Clistopyge tronquée. Clistopyga tnmcata, nov. sp» 

$ — Long. .25 pce. Noire, les palpes, les écailles alaires avec 
les trochantins, blancs. Antennes médiocres, grêles ; thorax finement 
ponctué, le mésothorax sans divisions distinctes, le métathorax court, 
annuliforme, taché de roux sur les côtés, tronqué presque carrément ca 



14 LE NATURALISTE CANADIEN 

arrière. Ailes l<5irèrcinent onfuiuéep, sair? af.'olo, le? nervures et le 
ptitrina noir. Pattes rousses y co'npris les liaruhes, les cuisses posté- 
rieures noires à l'cxtri-raité, leurs jambes blntiches avec un anneau 
noir nu-'Iessous de la base et I'extrduiite aussi noire, leurs tarses noirs 
excepté à la base du 1er article. Abdomen robuste, convexe, large, 
fortetient ponctué, avec des iuipressions formant des espèces de tuber 
cules sur les côtés, les sc'j;uients terminaux entiers j tarière forte, delà 
longueur de l'abdomen environ. 

Un seul spécimen $ pris à Chicoutimi. 

G-en. Glypta ; Grav. XII, p 65. 

Alix 6 espèces décrites, ajoutez la suivante 

1. Glypte ruguleuse. Glypta rvguhsa, iiov. sp. 

cJ*. — Long. .20 pce. N'-ire, le cbuperon, les mandibules, les palpes 
avec les écailles alaircs, blanchâtres. Pattes y compris les hanches, 
jaune-roussâtre, les antérieures plus claires. Tête courte, à face 
ri iifl'e pour l'insertion des antennes, celles ci longues, brunes, brun- 
roussâire en dessous. Ailes hyalines, à aréole triangulaire, le stigma 
bruu-roussâtre. Abdomen allongé, linéaire, ponctué-rugueux, en- 
tièrement noir, les lignes obliques peu prononcées. — R. 

Si'S pat (es eutièremont rousses la distinguent surtout 
de la Canadensis, et des espèces voisines. 

Gen. Lampronota, Curtis, XII, p. 70. 

2. Lampronota j 00 osa, Cress, d^ p. 71. 

Ç — Noire; face noire avec 2 lignes orbitales blanches au-dessus 
de l'insertion des antennes se continuant jusque sur le vertex. Aréole 
petite, triangulaire, subpédicnlée. L'extrémité dos cuisses posté- 
rieures, leurs jambes excepté à la base, avec leurs taises, brun-foncé. 
Tarière presque aussi longue que le corps. 

Pris plusi 'urs spécimens au CapRouge. 

12. Lampronota humeralis, Prov. d^ p 75, 

Ç — La face, lesca;e. le protliorax, noir; 2 lignes orbitales sur 
le vertex, avec la bouche et les écailles alaires, blanc; flancs noirs; 
niétathorax en partie roux. Tarière plus longue que l'abdomen. Pour 
le reste semblable au (^, 

14. Lampronota Americana, Cress. ? p. 76. 

(^ — Le chaperon, les mandibules, les côtés de la face avec une 
tache sur les écailles alaires, blanc ; les 4 pattes antérieures rousses, 
leurs hanches noires, leurs trochantins blancs ; les poî-l'iieures noires 
avec la buse des jambes rousses. Abdomen noir à la base et à l'ex- 
trémité. 



ADDITIONS ET CORRECTION'S AUX HYMÉNOPTÈRES. 15 

Gon. Arknktra, Holm XU, p. 77. 

A l'espèce décrite, Mjour. z la sni vaille. 

Arénètre noirette. Arenelra nigrita. "Walsh. Trans. 
Am. Elit. Soc. iii, p. 159. 9 cf. 

d — L'iiig. .40 pce. Noire; ];i têto, le thorax et la bnse de l'ab- 
domen avec une pubescence p;ri-âtre longue mnis peu dense, cette 
pube.-cence plus dense sur la tête et les flancs. Tiior.ix court, «zibboux 
en avant; les écailles al.iires noires. Ailes K^îèrement enfu.néi-s, les 
nervures noires; aréole triangulaire, subpétiolée. Pattes noires, les 
genoux, les jmibcs et les tarses d'un roux brunâtre. Ab ionien atténué 
ai!X 2 extrémités, le 1er segment finement rugueux transversal ment, 
les terniinanx polis, le 4e et les suivants finement maiginés par une 
ligne pâle. 

Ç — Avec les eusses antérieures brun-roussâtre ; la tarière environ 
de la moitié de j'ab lomen en lonijineur. 

Difîi^re surtout de la Canndensis, Cress, par sa pubes- 
cence blanchâtre et non noire. 

G-en. Meniscus, fSchiodte XII, p. 78. 

Alix 3 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

4. Ménisque marginé Meniscus margiuatm, nov. sp. 

9 — Lor.sr- .30 pce. Noir; la l'ace nuir-foncé sans aucune tache; 
antennes brun-foncé, plus conrtt\s (|ue le corps. Thorax court et 
épais, les écailles noires. Ailes hyalines, les nervures noires, blanches 
à la ba-e ; aréole subrhonib.'ï laie, noire, blamheà la base, l'attes 
rousses, y compris le» hanches et les irochantins ; les jambes posté- 
rieures noires avec un anneau blanc prè.s de la bise, leurs tarses aussi 
noirs, tachés de blanc à la ba>e du 1er article. Abdomen fort, lisse, 
tiè- finement ponctué, tous les segments finement marginés de roux au 
sommet; tarière forte, plus courte que l'ab lomen. 

Capturé à Québec par M. l'abbé Huart. 

Gen. EcHTHRUS, Grav. XII, p. 97. 

Aux 6 espèces décrites, ajoutiZ la suivante. 

4. Echthrus nigricornis. Prov. p. 486; ci suit la d s- 
cription de la ?. 

Ç — La face noire ; le scipe des antennes brunâtre en dessous. 
L'extrémité des cuisses postéri^nires avec hurs j imb s et leurs tarses, 
noir. Tarière giô.e, de la, longueur de l'abdomen environ. 



16 LE NATURALISTE CANADIEN. 

7. Echthre pattes-rousses. Echihrus rubripes, uov. sp. 

Ç — Lotig. ,25 pce. Noir avec les pattes rousses; les mandibules 
tachées de roux. Antennes de longueur moyenne, brunes, grêles, à 
articles allongés. Thorax robuste, finement ponctué, le métathorax à 
lignes soulevées distinctes, tronqué carrément en arrière avec un 
niucron aux angles. Ailes iridescentes, légèrement enfumées, à ner" 
vures noires, sans aréole. Ecailles alaires blanches, Pattes d'un 
beau roux y compris les hanches, les postérieures avec les tarses et 
l'extrémité dos jambes, brun-foncé. Abdomen en ovale, à pédicule 
grêle, élargi au sommet, finement ponctué ; tarière de la longueur de 
l'abdomen. 

Voisin du nigricornis mais s'en distinguant surtout par 
la forme de son métathorax et son absence d'aréole aux 
ailes. 

Fam. des BRACONIDES, Vol. XII, p. 130. 

Gen. Bracon, Fabr, XII, p. 136. 

Aux 17 espèces décrites, ajoutez la suivante : 

18. Bracon net. Bracon nitidus, nov. sp. 

cf Ç — Long. .16 pes. Noir, poli, brillant ; la bouche, le soape 
en dessous, les pattes avec une bande sur l'abdomen, jaune roux. 
Thorax sans aucune tache. Ailes plus ou moins enfumées, les ner- 
vures noires. Pattes entièremont rousses, les jambes postérieures avec 
leurs tarses légèrement lavés de brunâ're. Abdomen court, en ovale 
élargi, poli, brillant, noir, le 2e segment avec le 3e excepté au sommet, 
roux, le 1er segment avec une protubérance au milieu. Tarière de la 
longueur de l'abdomen environ. 

Voisin du lutus, mais s'en séparant par ses pattes en- 
tièrement rouses, son abdomen noir à bande rousse et son 
thorox de même que la tête sans aucune tache de jaune. 
Examiné 1 d" et 2 ç. 

Gen. Opius, Wesm. XII p. 164. 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante : 

Abdomen rouge à l'extrémité 1. palllpeS, 

Abdomen tout noir 2. politUS, nov. sp. 

2. Opius poli. Opius politus, nov. sp. 
çj> — Long. .12 pce. Noir avec les pattes rousses ; la bouche avec 
les 2 articles de la base des antennes roux. Ecailles alair<is blau- 




coots TODRS 

KC.YI'T. TIIK .VII. K, 

PALESTINE. 

TIUKKY. CIIEKCK.ITAI.Y It. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOrTÈRES. Jf 

châtres. Pattes entièrement rousses. Ailes hyalines, le stiirma long 
étroit, brunâtre. Le thorax n,ii;ueiix. Abdomen poli, brillant à part; 
!o 1er segment, noir avec ti;inte de roux plus ou moin.s prononcée sur 

le dos. 

Un t<( ul specimen capturé au CapRonge 

Après le geii. Gamosecus, Prov. XII. p. 167, ajoulez 

le suivant : 

G-eu. MîCROOTONE. Microcfomis, TVosmael. 

Tête an carré transversal, à vertex plein, épais. Thorax 
court et robuste. Aih'S avec une radiale courte, arrondie 
en portion de cercle sur le stigma, une seule cubitale 
fermée et 2 discoïdnles distinctes. Pattes ordinnires ; ab- 
domen pédicule, ce pédicule ordinairement élargi en ar"- 
rière. Tarière apparente on cachée. 

Ce g'ure se" distingue surtout des Gamocelles par sa 
1ère cellule cubitale qui est séparée de la 1ère discoïdale. 
Une seule espèce rencontrée. 

Microctone ponctué. Microctonns pivnctolti-î, nov. sp. 

cf" — Jjong. .11 jice. Noir, densément ponctué, surtout bur le uié- 
tathorax. Les hinclies. les antennes, les écailles alaircs avec les pattes, 
ronx-clair. Ailes hyalines, le stignia br'in, la 1ère cubitale assez 
grande. Les pattes postérieures nvea les cuisses et l'extrémité des 
jambes, br inâtres. Abdomen déprimé, fusifornie, noir, plus ou moins 
rous.-âtre sur le 2c serment, le premier ponctué-rugueux, grêle à la 
base et élargi à l'estrémité, les autres polis, brillants. 

Un seul spécimen cai)turé. 

Gen. MiCRODUS, Esenb. XII, p. 178. 

5. Mierodus bicolor. Prov. Ç, p. 179. 

ç^— Avec l'abdomen entièrement et le métathoras en grande par- 
tie, roux. 

Gen. MiCROGASTER, Latr. XII, p. 194. 

5. Microgaster enslger. iSay c?, p. 195. 

ç_Sc:ipe des ant(Mines noir. Toutes les pattes rous.ses, les 
jambes postérieures noires à l'cxtrétiiité. Abdomen ru'.:uoux, le 1er 
segment m;irginé de roux de eha(|ue côté, le 3e avec un point roux 
de ch if|ue côté, les côtés roux-jaunatre. Tarière presque ausbi longue 
que le corps. 



18 LE NATURALISTE CANADIEN 

Gen. Rhitigaster, Wesm. XII, p. 201. 
A l'espèce décrite, ajoutez la snivanto : 
2. Rhitigastre petit. Rliiligaster parvus, nor sp 

9 — Long. .11 pce. Noir, le scipe en dcs«ou?, avcr; les pattes, 
jaune-rous^âtre plus on moins sale. Antennes lo!i<riîcs, brun-rou.S!?âtre 
en dessous, surtout à la bise. Thorax noir smus uucune tache. Ailes 
hyalines, le stigma long et étroit, brun rdussutrc ilo n)êmo que les ner- 
vures ; radiale grande, atteignant presque le boiit de l'aile, sa nervure 
inférieure courbe, 1ère cubitale recevant la récurrente ù son angle ex- 
terne, la 2e longue et dtroite ; ailes inférieures frangées de longs cils 
blancs. L'extrémité des tarses brunâtre. Abdomen petit, brillant^ 
élargi et épaissi postérieurement, ses côtés obscurément roussùtres, j 
tarière à peine sortante, noire, épaissi;- ù l'cxtréunté. 

Uii seul spécimen capturé à Chicoutiaii. 

Gen. Alysia, Latr. XII, p. 202. 
Aux 3 espèces décrites, ajoutez les 2 suivantes: 

Thorax et abdomen, noir 1. caudata. 

Thorax noir, abdomen roux 2. IncenS. 

Thorax noiiâtre, abdomen noir, taché de jaunâtre.. . 4. astigœa, n. sp. 
Thorax noir taché de roux ; abdomen noir taché 

de blanchâtre 5. ru"bricepS, n. sp. 

Thorax noir, abdomen roux, tête noire 3. nigricspS. 

4 Alysie sans-stigma. Alyda astigma, nov. sp. 

Ç — Long. .13 pce. Noire ou nuiiâtrc |>lus ou uidins foncée, polio, 
brillante, les mandibules excepté ù l'extrémité, les palpes, le scape, les 
écailles îiluires, les pattes avec le ventre, jaunc-pâ'e sale. Antennes 
jaunâtres en dessous à la base. Thorax court, assez robuste, noir avec 
teinte de jaunâtre. Ailes hyalines, iride-centcs, à nervures brunes, à 
stiiîina allongé, très étroit, presque nul. Pattes jauncs-ale, l'extrémité 
des tarses noire. Abdomen subsessilc, le dos noir excepté ù la base j 
tarière du tiers de sa longueur environ, redressée. 

Espèce bien distincte par son absence presque com- 
plète de stigma. 

5. Alysie tête-rouge. Jîlysia rubriceps, nov. sp. 

(-^ — Long. .15 pce. Noire; la tête ronge au dessus des antennes 
excepté une bande noire au milieu ; les joues b';ajcl;âtres, le reste noir; 
les mandibules, les écailles alaires, le scape avec Ls pattes, jume-blan. 
châtre. Ailes hyalines, le stigma grand, brun, l^e thorax d'un noir 
brillant avec uac tache rousse sur chacun des lobes latéraux du méâ> 



ADDITIONS ET CORUrCTION's ACX HYMÉNOPTÈRES. 19 

thornx, pre. <le l'ocusso... Ab.loM.on a]lont,'é. ]in<?airo, noir avec u.io 
tache blanchâtre sur le lÎos an inilie-i ; lo ventre bianchâtre. 

Espèce bioii veni:irqnabIo ]);ir ^^s (achos ronssos de sa 
face <>t (Iti son thorax. Capturé plusieurs d au Cap Rouge 
on Oclobre, aucune o. 

f2. Alysia lucens, Prov. p. 202, ks trois 1ères ligne de 
la drsc!ipt:o:i doivent se lire comme suit : 

Ni.Iie av'c l'abdomen rouge, polie, brillante ; !e,^ mandibules ex. 
c-pté ù rextréinite, le f-cape on dessous, les pattes y compris les hanchcg 
jauiic-aiiel ; l'abdomen jiuiioniiol avec le 1er segment noir plus ou 
moins foncé, etc, 

Fam. des CYNIPIDES, XII, p. 225. 

Cren. Cyxips, Linn.XlI, p. 231. 

Aux trois es')cce!5 décrites, ajoutez la suivante : 

4 Cynips du-chêns-fasiforme. Cynips quercus-fusï' 
formis, O «ack, Pioc Eut. Soc Phil. I, Qi. 

Ç — L()!!;r. .lOjce. Noir, antennes jaune-brunâtre, brunes à 
rcstroiiiiti', d ; 13 ariioiis, le dernier article 2 fuis plus long que le 
prt'c'iicnt. F.icc pubo.scu'Htc au dessoi:s des anienncs. Thorax très 
fi:icmeiit poiictU'', pnbr^ecnt aux c^pau'es-, le di.->f|uc portant 2 sillons 
convergeant vers l'écussor?. Ailes hyalines, les veines (épaisses, l'aré- 
ole triangulaiie, la 2<i nervure transverse ar(|uéc, quelque peu oblique. 
Patte.-i ferrugineuses jaunârres, les jambes postérieures brunes. Abdo- 
men <liin bi un châtaigne, le 2j segment avec une bande rousse près 
<le son sommet, tarière longue et redressée. 

Capturé à Toronto sur le Quetcns olba par M. Brodie. 
Gou. DiASTUOPHUS, llartig, XII, p. 234. 

A rcspèoe décrite ajoutez la suivante : 

2. Diastrophe à-5-cûtes, Diasirojihus 5-coslalus, nov. 
s p. 

^ — Long. .12 pce. D'un ronx plus ou moins brun avec pubiîs- 
ccncc peu abondante et brillante ; la f .cj et le thorax finement acicu- 
lé--. L'extrémité des mandibules, une tache de cliaque côté du cliape- 
lon, les antennes excepte à la base, une tache ù la poitrine, le métaiho- 
rax avec l'extrémité dn Ventre, noir. Dos du thorax partagé pres(iuo 
(•galenient en cinq côtes bien distinctes. Ailes légèrement obscures, 
les nervures foi tes, ombrées. Pattes sans aucune tache, écaille vcntialo 
ne dépassant pas l'extrémité de l'abdouicu. 



20 LE NATURALISTE CANAniKJ* 

(^ — Entièrement noir avec les pattes rousses ; le thorax partagé 
en côtes comme dans la Ç . 

Capturé à Toronto par M. Brodie, sur la Ruhus strigo 
sus. 

Après le genre AuLAX p. 235, ajout* z h suivant. 
G en. Synerge, Synerges, Hartis^. 

Antennes de 15 articles dans les S" et 14 dans les $• 
Thorax aciculé transversalement en avant de l'écusson ; 
oelui-ci ruffueux. Flancs à peine scabres. Pédoncule ab- 
dominal formé de 2 parties, la première en forme de cylindre 
court et la 2e plus grande en forme de cône tronqué, ayant 
sa pointe plus étroite en arrière. Second segrneîit lormant 
presque à lui seul tout l'abdomen, à part le pédoncule, 
Yalves de la tarière redressées. Ailes à radiale fermée 
supérieurement avec l'aréole au milieu. 

Une seule espèce rencontrée. 

Synerge fausse -Rhodite. Sy neiges Rlioditiformis^ 
Walsh Proc. Ent. Soc. Phil. II, 499. 

Ç — Long. .10 pce. Jaune pâle ou rou?t-âtre ; l'extrémité des 
mandibules, une tache sur le vertex se continuant sur le collier et sur le 
milieu du mésothorax presque jusqu'à l'écu.sson. le niétathorax avec une 
grande tache sur l'abdomen ; noir. Antennes j lunes. Thorax avec 
fines aciculations transverses, surtout près de l'écusson. Valves de la 
tarière redressées mais ne dépassant pas la ligne dorsale. Pattes de la 
couleur du corps. 

Capturé à Toronto sur le chêne blanc. 

G-en. KleIdotoma, Westv^^. XII, p. 237. 

Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 

3 Kleïàotome très-petit. Kleidotoma minima, nov. sp. 

Ç — Long. .08 pce. Noir brillant, les pattes jaune roussâtre. 
Ailes hyalines à cervures peu distinctes, bordées d'une longue frange 
brune. Très remarquable par la longue frange brune de ses ailes, 

{A coniimier.) 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 21 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



(Continué de la page 380 du Vol. XIII) 

Il convenait de commencer nos. visites par celui-là 
même qui nous donnait l'hospitalilé. C'est donc au Coii- 
veni de S. Saifveur, résidence des RR. PP. Franciscains, 
que nous portons d'abord nos pas, pour saluer leur supé- 
rieur, le Révérendissime Père Custode. 

Au sortir de Casa Nova, nous prenons la gauche, puis 
à Cjuelques pas seulement, nous tournons à droite pour en- 
trer, en descendant quelques marches, dans une rue cou- 
verte, simulant un porche, au milieu duquel s'ouvre à 
gauche la porte qui donne entrée dans le Couvent. Nous 
montons un escalier pour suivre le corridor qui nous con- 
duit au salon du Couvent, où le Révérendissime Père Cus- 
tode fait ses réceptions. 

C'est le Père Vicaire, le T. Rév. P. Frédéric de Grhy- 
A'elde (1) qui nous sert d'introducteur. J'étais bien éloig'iié 
de penser alors que j'aurais, quelques mois plus tard, le 
plaisir de rencontrer ce même Père eu Canada, et bien plus, 
l'honneur de l'héberger dans mon humble demeure. 

Le salon du Couvent est à peu près disposé comme 
celui de Casa Nova, quoique un peu plus simple. C'est 
une grande salie rectangulaire, avec le milieu libre, et des 
divans disposés le long des murs. Le Custode, le liévme. P. 
Guido, est de haute s'ature, encore dans la Ibrce de l'âge, et 
de hgure tout-à-fait avenante. Quoique Italien de naissance, 
il parle facilement et très correctement le français. Il m'a 
paru en tous points digne de la haute position qu'il occupe ; 
car bien que depuis quelques années il y ait un Patriarche 
latin à Jérusalem, seul le Supérieur des Franciscains est 



(1) Ghyvelde est une petite ville de France, sur les confins de la Bel- 
gique, où e.st né le Père FrèJéric. Comme les noms de saints que prennent 
les franciscains en entrant en religion, pourraient, en se répétant, créer de 
la confusion lorsque ces religieux viennent à changer de couvent, on ajoute 
^'ordinaire le nom de leur lieu de uaissauce à celui qu'ils portent en religion* 



22 LE NATURALISTE CANADIEN 

rpconnn diplomatiquement par los antorifc;'?;. Uni au 
Consul français, ils ont souvent à ré^'ler des affaires très 
difficiles et de la plus hante iraportniict' ; la Franco étant 
de droit, avant tonte antn» n:'tion, la protectrice des Shunts- 
Lieux. La conversation que nous entretenons pendant 
quelques minutes avec le Révdmo Père, nons le mon ire 
homme très digne et de fort bon commerce. ():i ne maiiqne 
pas de nous passer le pi^tit veri-e de ralViiiclussemeiit qui 
est de rigueur dans toute réception en Otieiit. 

Le Couvent de S. Sauveur est une très aiicienno cons- 
truction, très irrégulière et défectueuse en jVias d'un endroit. 
Bien que les franciscains soient les religieux piuivres par 
excellence, leur résidence nous a pi ru excéder enci^re eu 
plus d'un point les bornes de la simple pauvreté. L'Uir 
église, par exemple, qui est en rnêmo temps l'église parois- 
siale des latins de la ville Sainte, est reléguée (huis un gre- 
nier, de dimensions bien trop restreii!ii»5<, et qu'oîi a accom- 
modée du mieux possible, mais qu'il Ji'y avait pas moyen 
de disposer d'une manière convenable j>i)nr f-a, (lestination. 
Les bons Pères attendent toujours avec conii uice que le 
zèle "'énéreux des fidèles do 1 Occident hnir pei motte de 
bâtir bientôt une ég-lise capable (ie répondr(^ et aux l>i\-oins 
de la population et aux exigences des nombreux pèlerins 
qu'ils reçoivent. 

C'est en 1G19, que le Patriarche de la. sainte pauvreté, 
le stigmatisé de l'Alverne, vint lui-rnoine établir ses fières, 
auxquels il légua son nom, auprès des vénérables sanc- 
tuaires de la Palestine, et dt'puis lors, c'est-à dire depuis 
plus de six siècles, ces enf mts dévoués du pauvre d'Assise, 
sont constamment demeurés fidèles î) leur poste. Soumi» 
à des privations de tout genre, n'ayant d'autres ressources 
que les aumônes que leur envoyait la piété desiidèles d'Oc- 
cident, persécutés, pourchassés par les divers gouverne- 
ments, décimés par la peste, ou |>;oio à toutes les vex i- 
lions que la haine du christianisuîo -ait inspirer aux inli- 
dèles et aux schismatijues, ils ont lourui plus de deux 
mille martyrs aux ennemis du crucihé du Golgotha ; mais 
sont toujours demeurés f^Munes à leur poste. L; cimeterre 
du musulman, le glaive du i^chisinatique, ou la peste rodou- 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 23 

table de FOri nt venoient-ils à éclaircir leurs rang-s, de 
suite de nouveaux sujets, avides de si belles couroîiues, 
s'offraient pour los remplacer. Toujours ils ont con- 
tinué l'npostolat du martyr S. Jacques, cousin de N. !S. et 
premier Evêque de la ville Sainte ; toujours ils ont pait, 
aux milieu de tlilEcultés sans nombre, le troupeau de la 
petite église de Jérusalem, qui toujours, comme au temps 
du Christ, n'a ior:né qu'une inlime minorité au milieu d'in- 
lidèles et d'iucroyauts, mais toujours a su conserver sa foi, 
et a pu par sa piété résister à l'entraînement de la séduc- 
tion et du mauvais exemple. 

Les bons religieux sont ici au nombre de deux cents 
environ, car en outre d'une quarantaine de Frères à la tête do 
divers ateliers, te.îit pour les besoins de la mission que commo 
maîtres pour développer l'industrie chez les Arabes, c'est à 
S. Sauveur que se réunissent les chapelains des divers 
sanctuaires, les curés des paroisses du voisinage, les des- 
servants des hôpit;vux, écoles, orphelinats, etc. C'est aussi 
là que se lecruteiit et s'échangent tous les trois mois, les 
gardiens du S. Sépulcre qui, eux, sont obligés de se renfer- 
mer \iï pour leurs oflices de nuit durant leur temps de 
girde, car les portes de la Basilique sont fermées tous les 
soirs par l'autorité Turque et ne s'ouvrent le matin que sur 
demande et moyennent finance. 

Bien quo la famille franciscaine soit partagée en trois 
branches, les Oos.Mvauts, les Capucins et les Conventuels, 
c'est aux Observants seuls, qui forment, on pourrait dire, la 
branche aînée ou du moins la branche principale de la 
famille, qu'est dévolue la garde des Lieux-Saints. Los 
sujets sont recrutés "parmi les différentes nationalités de 
l'Occident, et ils viennent ici soit simples novices pour ter- 
miner leur noviciat, ou ayant déjà fait leurs vœux, pour 
leur temps d'ofîieo qui est ordinairement de six ans. 

Le Discrétoire ou Conseil d'administration de la Cus- 
todie de Terre-Sainte, se compose de 20 membres, dont lo 
Custode doit torijours être un Italien, le Vicaire un Fran- 
çais et le Procureur un Espagnol ; les autres membres se 
partagent entre didéreutes nationalités, pourvu toutefois 
que les Français comptent au moins 4 des leurs dans ce 
Coneoil» 



24 LE NATUllALISTK CANADIEN 

Kemfttaiit à nn autro moment à i";iire la visite dos diffé- 
rents ateliers que dirig.Mit les frères de S. Sai'.venr. iions 
passons de là chez lo Patriarche latin, Mgr. Vincent Bracco. 

CyVst à peu près ici le niênie cérémonial qu'a S. Sau- 
veur, c'e^t-à-dire que nous nous rangeons sur l(>s divans qui 
bord»nit la salle de réception, et le Patriarche vient se 
mettre au milieu, à l'une dos extrémités ; le petit verre de 
rinfinnir tait aussi sa ronde, et la conversation roule parti- 
culièrement sur les divers incidents de notre voyage. 

8a Béatitude touchi> à peine à la cinquantaine, mais 
"Une santé délicate, un tempérament faible, et, ajonte-t-on, 
une grande austérité de vie, le donneraient facilement 
comme beaucoup plus âgé. Sa barbe peu fournie n'est 
encore que grise plutôt, que blanche, <>t son teint pâle et 
ses traits amaigris nous présentent une fiirure d'ascète qui 
n'exclue cependant pas la, sérénité ni même la bonne hu- 
meur Elle parut particulièrement intéressée de la pré- 
sence des deux Canadiens de la Caravane, et nous lit plus 
d'une question sur notre pays. Le pa'ais qu'il habite avec 
sa cathédrale (jui y est adjointe sont de construction toute 
récente, t'es propres et de fort bon goût. 

Le Patriarcat latin de Jôinsalem, interrompu dejuiis 
des siècles, fut rétabli par Pie IX en 1846, dans la personne 
de Marr Valersra, dont Mii^r Bracco est le successeur iuuné- 
diat. Cependant, comme je l'ai fait remarquer plus haut, 
le Patriarche n'est pas reconnu di()lomatiquement comme 
tel, et dans toutes les affaires civiles, c'eyt au Rme P. Cus- 
tode qu'il appartient de figurer. 

Avant le rétablissement du Patriarcat, le Custode avait 
presque le rang d'évêque, il donnait la conhrmation et les 
Oidre:--Mineurs, consacrait les calices, officiait avec mitre 
et crosse etc. Mainteiu^nt il ne peut plus remplir ces diff'é- 
rentes fonctions. Il peut encore cependant officier avec 
mitre et cro-se, prêtre assistant etc., mais il doit à chaque 
lois s'entendre sur ce point avec le Patriarche. 

Nous prenons congé du Patriarche pour nous rendre 
chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, dont nous avons 
vu l'établissement en passant. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 26 

Cost dans la partie N. O. de la vi!le, si.r le mont 
Gaveb, le point le plus élevé de la Cité Sainte, qu'est situé 
cet établissement. Aussi le Fre Evagve, le kSupérieur, ne 
manqua pas de nous inviter à monter sur la terrasse qui 
nous offre le panorama le plus complet qu'où puisse avoir 
de Jérusalem. 

Le bon Fre Fvagre, esprit subtil, délicat, homme ins- 
truit et très perspicace, nous doima les renseignements les 
plus intéressants sur son son établissement- Arabes chré- 
tiens, juifs, musulmans, schismaticjues, tous se coniondent 
sur les bancs de son école, il n'y a pas jusqu'aux ejifants 
mêmes du Pacha 'iurc qui ne viennent s'y ranger avec les 
autres, et tous reçoivent la même édueation, française avant 
tout, bien qu'on y enseiirne aussi l'arabe, l'italien, etc. FJt 
chose bi«'n diune de remarque : tandis que nos grands génies 
français ont peur d'un cruofix dans une écolt\ ici les fana- 
tiques sectateurs de Mahomet, non seulement ne redoutent 
en aucune façon l'image du Christ, mais ne s'offusquent pas 
même de sa doctrine, témoin ce fils du Pacha qui dans un 
concours remportait le prix d'instruction religieuse. Quel- 
qu un ayant fait au pare de l'enfant des observations à ce 
sujet ; — •' mais quoi dil-il, la morale est excellente, c'est le 
culte que nous devons rendre au Très-Haut; qnant à la 
manière de traduire ce culte, mon his, lorsqu'il sera plus 
âffé saura fort bien se rattacher à celle que suit sa famille 
et sa nation." Allez donc, grands moralisiitcur.s modernes^ 
-prendre des leçons de tolérance et de philcsoidiie des raa- 
hométans Turcs ! 

Revenant sur nos pas, nous passons de nouveau le 
porche qui couvre l'entrée du couvent de S. iSauveur, et 
pouisuivons cette rue qui descend en ligne droite du mont 
Acraj passons devant la Basilique du S. Sépulcre, mais du 
côté apposé à son entrée, et tombons dans la Voie Doulou- 
reuse qui fait suite A celle que nous suivons, à l'eiulroit de 
la 8e station du chemin de la Croix, puis, tournant à gauche 
un peu plus loin, dans une rue se dirigeant au ]SI. vers la 
porte de Damas, nous nous arrêtons en face du Consulat 
français. î^ous pénétrons à fintérieur où l'on nous introduit 
dans un somptueux salon qui sert au représentant delà 
France pour ses réceptions officielles. 



26 LB NATRBALISTE CANADIEN 

M, Pntrirnonio, lo Consul Franc lis, dont on nous avait 
plus d'une fois vaiité la piété ot lo& bonnes dispositions, est 
encore un j(Mine homme, dépassant à peine la quarnntaine. 
Mîiturellement timide, il se montra cependant afi\ble et 
très aimable. II parut surtout ench;inté de recevoir des 
compatriotes dans la personne de nos conpagnons de 
voyMjçe. Il va sans dire que le petit verre de rigueur fit 
aussi là la ronde. 

Nous retournâmes de là sur nos pas en remontant la 
rue que nous venions de descendre, j)our rentrera Casa 
Nova. où. l'heure du diner aussi bien rino la voix de nos 
estomacs, après ces courses avec un jeûne de caverne, nous 
commandaient d'arrêter. 



Comme ça ressemble à la Morae ! 



Nous avons souvent répété que les connaissances eu 
histoire naturelle seraient i)our nos littérateurs si non indis- 
pensables, du moins des plus utiles, Oi ne peut écrire sans 
avoir à compter avec la nature, et on ne peut parler de ce 
qu'on connaît pas, sans s'exposer à commettre des bévues^ 
et les plus lourdes de ces bévues sont toujours à la charge 
des plumes les plus élégantes, des partisans du beau lan- 
gage. 

Kien de plus naturel. Lorsque l'antienne est donnée 
sur une note élevée, on a droit de compter qu'elle sera con- 
tinuée sur le même ton. Celui donc qui veut amuser par 
sa manière recherchée de dire, doit avant tout bien savoir 
ce qu'il veut dire, s'il ne vent f.iire taux bond à son an- 
tienne et s'empêtrer dans sa gamme. Le moins qu'il puisse 
lui arriver alors est de s'épandre en de superbes naïvetés, si 
toutelbis il ne tombe dans des baloiirc'ises impardonnables. 

Passant dernièrement dans S. Roch, nous vîmes, au 
coin d'une rue, un rassemblement tout occupé à écou- 
ter un certain orateur occupant le centre du cercle. 



COMME ÇA RESSEMBLE A LA MORUE. 27 

Nons lions approchons par curiosité et prêtons un mcmenl 
l'oreillo. 

C'était; n de ces limits A gros grains qui avait pris 
à tache d'éhahir de ses naïvetés les budaudy qui voulaient 
bien i'onlcndro. 

— Qui (>st-co qui ressemble le plus à une moitié de 
gueule tie four ? s'écriait h', persoiniago. 

Et les badauds de demeurer cois. 

— Mais c'est l'autre moitié, repronait-i' dun triom- 
phant et on poussant un niais éclat de rire. 

liivoloutairomcnt nous nous somme rappelé cette 
naïveté en lisant le premier article de VO/niiioii Pu- 
blique du 18 j:ii:vier, intitulé: " Le petit-poisson." M. Ben- 
jamin Suite, car l'article est signé de lui, après nous avoir 
fait l'histoiie d'une morue près de trois colonnes durant, 
semble tenté de s'écrier : comme ça ressemble à une 
morue î " 11 a pourtant avec la morue des points de ressem- 
blance," dit l'écrivain. 

Il en a tant et si bien qu'il ne forme pas- une classe dif- 
férente," comme l'avance M. Suite, ni même un genre dif- 
férent, mais (jUe c'est en tout point une véritable morue, 
non pas toutefois le petit de la grosse morue, mais une 
morue d'une espèce différente, qui est à l'état adulte 
lorsque nous la voyons dans nos eaux, puisqu'elle y vient 
pour frayer, et dont le nom scientilique est MorniJia prui' 
nosa, DfKay, morue prumeuse, vulgairement ])elUe inouïe, 
tandis que le nom de notre morue commune, celle qu'on 
pêche dans le Grolte et qu'on exporte en si grande quantité, 
est désignée par le nom de Morrhua Americniuia, Store-. 
La première ne diffère de celle-ci que par sa taille plus 
petite, sa queue distinctement arrondie etc On peut voir 
les descriptions de l'une et de l'autre dans le Naturalisiez 
Vol. VIII, p. 130 et suivantes. 

Nous ferons observer à M. Suite que le nom commun 
de petit poisson qu'on applique à la morue pruineuse, n'est 
en vogue qu'aux Trois-Itivières et dans les environs. Par- 
tout ailleurs elle est connue «ous le nom de " petite morue.'* 
Parlez à Québec de petit poissou, ou ne manquera pus de 



■:28 LE NATURALISTE CANAPIRNS. 

TOUS demander : mais de quel petit poisson voulez-vous 
parler ? On ne comprendra pas que ce nom commun puisse 
désigner une espèce particulière. 

M. Suite met en question si la petite morue peut être 
le petit de la grosse, puis il ajoute: 

" Si ce petit-poisson était l'enfant de la morue, il ne 
viendait p^s frayer jusque chez nous. ÎS's domaines mari- 
times lui suffiraient " 

Ce n'est pas là une raison concluante, car ]:)lus d'un 
poisson de m n- viennent frayer dans les eaux douces, tels 
que l'alose, le saumon etc. 

Dans l'énumération que fait M. Suite des poissons qui 
abondent aux Trois-Riviôres, ilinciat l'éperlun, qui, dit-il, 
" se cache dans les criques où l'eau est glacée en toute 
saison," 

Nous pensons que M. Suite fait ici erreur, car comme 
la morue pruineuse, i'é[)erlan, Osnien/s vin'descens, Lesueur, 
le Smelt des anglais, est aussi un poisson de mer qui ne re- 
monte dans les rivières qu'au temps du frai, et nous ne 
sachons pas qu'un en ait jamais pris au lie&si.s de Québec. 

Nous concluerons de tout ceci que les connaissance eu 
histoire naturelle ne peuvent nuire à personne, qu'elles 
sont d'un immense secours à tous les écrivains et qu'elles 
deviennent presque indispensables aux amateurs du beau 
langage, surtout aux plumes légères et élégantes. 



v^r.^,/^^ '>^"© * 



UN JESUITE NATURALISTE. 



La légende rapporte que S, Ignace, le fondateur de la 
' Compagnie de Jésus, visitant les Lieux-Saints, JNotre Sei- 
gneur en croix lui apparut comme il descendait du Cal- 
vaire et lui dit : Que désirez- vous pour votre ordre ? — 
Faites, Seigneur, aurait répondu le saint, que les épreuves 
ue lui fassent jamais- défaut. ., ■' -\. -• - ,- ^ -^ 



UN JÉSUITl'; PTATURALTSTB. ' 29'' 

Sans condamner la foi qu'on peut ajouter à cette croy. 
ance, nous pensons qu'on jieut trouver dans des causes 
tout» s naturelles les motits des persécutions continuelles- 
qu'on a suscitées contre les Jésuites. Ces motifs nous les 
trouvons daius la perversité habituelle du cœur humain, 
qui s'offusque de tout ce qui le surposse, qui se croit d'au- 
tant plus abaissé qu'il voit les autres élevés davantage. 

JNul oidre peut-être a fourni plus de sujets distingués 
dans toutes les branches des connaissances humaines que 
la Compagnie de Jésus ! Théologiens, orateurs, exégètes, 
linguistes, historiens, chimistes, astronomes, etc , nous trou- 
vons des sommités appartenant à l'ordre des Jésuites, dans 
toutes les branches des scieiices. Le P. Secchi dont la 
mort est encore toute récente, est réputé par tous comme 
le plus graand astronome de ce siècle 

Nous voulons aujourd'hui faire connaître à nos lecteurs 
une autre sommité scientilique appartenant à la Compa- 
gnie de Jésus dans la personne du K,. P. He nde, mission- 
naire en Chine depuis de luugues années, et qui sest ap- 
phqué, lui, aux sciences naturelles. 

L'empire Chinois, par son immense étendue, son riche 
territoire et son climat varié, a fourni, de tout temps, un 
vaste domaine à la curiosité des savants. Mais tout ce 
qu'on en a pu apprendre nous vient presque exclusivement 
des missionnaires qui, tout en marchant à la conquête des 
âmes, cueillaient par ci par là quelques spécimens de ces 
riches contrées que leurs études le plus souvent ne leur 
permettaient pas de déterminer rigoureusement d'après 
les données delà scienee, et dont les savants Européens 
pouvaient profiter avec plus ou moins d'avantage. 

Mais le P. Heude, lui, n'est pas seulement un mission- 
naire zélé qui, tout en s'acquittant de son sublime aposto- 
lat, sert d'instrument aux savants de l'Europe, mais il est 
lui-même un savant capable de tirer parti des trésors qii'il 
rencontre et de tracer la route à d'autres qui pourraient 
venir après lui. 

Le champ qu'il a entrepris d'exploiter n'est rien moins 
que la zoologie dans toutes ses branches appliquée à la 
Chine centrale. 



30 LB NATURALISTE CANADIEN. 

Depuis quelques années c'est particulièrement à la 
Malacologie qu'il a voué son attention. ])i\j;\ huit fasicules 
sur les mollusques, avec »»xcelIentt'S jçravuros, ont vu le 
jour. De nombreuses espèces nouvelles y sont sij^nalées ; 
le genre Cobicula seul ne lui en fournit j):is moins de 49. 
Chose assez singulière, une ressemblance étoii liante rap- 
proche pla.'-i''Uis espèces des lypes caractéristiques de nos 
mollusques de l'Amérique du Nord. Couiuie les nôtres, 
la i-lupiirt ne se distinguent par aucune p:u ticnlirtrité de 
coloration, presque tous sont d'une corne jaune uiiilorme. 

Le savant Jésuite vient de décrire tout dernièrement, 
dans son grand ouvrage in-4 qui a pour litre : Mémoires 
coneernaiit l'hisLoire nalurelle de l'Empire Chinois, les mol- 
lusques terrestres, formant 87 pages de texte avec 21 
planches lithographiques. Planches et iuiprc^s^ions ont 
été été exécutées à Chaiig-Haï où se trouve la Procure de 
la mission. Les dessins ont été exécutés sous 1 1 surveil- 
lance du P lieude, par un jeune chinois, élève de leur or- 
phelinat. Si ces dessins n'ont ni l'élégince, ni le relief de 
ceux des artis(''s Européens, ils ont du moins le mérite 
d'une exactitude irrei>roch;ible. 

Les ouvrages du P. Heude sont fort estimés des sa- 
vants et font autorité dans cette branche des sciences. 

C'est au moment où les corps religieux sont mis au 
ban de l'opinion publique, au moment que pour leur faire 
la guerre on n'hésite pas à vi )ler les lois les plus sacrées 
delà propriété et de la liberté individuelle, que ces phi- 
lantropes véritables en se rendant jusqu'aux extrémités du 
monde pour y arborer l'étemlard du Christ, ne dédaignent 
pas de prendre aussi les intérêts de la science, et de planter 
des jalons qui serviront peut être de guides à ceux-là 
même qui les traitent en proscrits et les qualifient d'ob- 
scuraniistes et d'éteignoirs C'est ainsi que les chrétiens, 
à fexemple de leur maître, savent se venger ! 



TIIE ACADIAN SCIENTIST. 3Î 



eel 



THE ACADIAN SCIENTIST 



Tel e>< le iitro d'ane nouvelle publication sur l'histoire 
naturelle qui vimit dejianntre A WoIIVille, Nouvelle Ecosse. 

De tout-^s les piib:ie.ali0!us scieutiliqui's mensuelles, 
ilU'ci est la moins chère, puisq'.-io raboniiement n'est que 
de 25 cts i)ar an : et avec un ])rix si b is, on vent encore 
offrir des primes; et cela pour deux raisons, disent les ré- 
dacteurs: 1° pour assurer au journal une vaste circnl.ition ; 
2° ce primes co:isi>tant en sprcimens de minéralogie, osi 
veut engager ))ar là ceux qui les recevront à les étudier, 
ce qu'ils n'jin.raiep.t pu iaire sans les posséder. 

A tonte personne en\()yant cinq abonnements 11.25, 
on adressera pour 50 cts. de spécimens ; pour 10 abonne- 
ments, §1 de .'spécimen--. 

IjAcndinn SrieNlist est l'organe de VAcadian Science 
Clitb, société qu'on vient ao. loi mer à la jNouvelle-l^lco.^^se 
pour l'aire nnitie le giût ponr les connaissances scienti- 
fiques et leur donner une plus grande rliff ision par une 
nouvelle méthode, toute Américame |vir sou originalité, et 
qui, SI elle ne peut pirvenir au succès qu'en atter.dent ses 
auteurs, ne pourra du moins mniquer de produire un bon 
effet à un degré quelconque. Voici en quoi consiste cette 
méthode. 

Ce sont des cours scientiliqnes qui se font au foyer, 
«/ /<o?«e, c'est-a-dire que eJiaque élève qui prend l'insciip- 
tiou reste chez soi, n'est pas obligé de se déplacer, et 
pourra tout de môme être gradué. J)es livres uniformes 
icui sont mis entie K-s mains, des spécimens aussi s'ils lo 
désirent, et chaque jour ils doivent consacrer au moins 
\v.\^ heure d'etuUe sur la branche qui fail le sujet du cours ; 
à la tin de chaque cours, dont la durée est de trois mois, 
l'élève pr< seule une essai sur le sujet en question et reçoit 
la visite d'un prof'sseur qui lui fut subir un examen et 
lui délivre un diplôme de gradué de la .Société s'd y a lieu. 

ha correspondance par lettres avec les prolesseurs 
membres du Club et des conférences publiques de temps 
à autres tlans les centres, permettent aux élèves de rani- 
mer leur zèle s'il venait à se ralentir et de surmonter les 
dillicultés qui pourraient les arrêter. 

L'honorai; e d'inscription est seulement de 50 cts, et 
les livres sont fournis pir les professeurs à un prix inférieur 
â ceux du détail des libraires. 



32 LE NATURALISTE CANADIEN. 

Cî suit la liste des membres du Club. 
Prés. A. E. (>oMwell, A. M. Prof, de ^Sciences naturelles, 
Collège de Wolfville. 

Physiologie. C. W. Roscoe, A. M. Inspecteur d'écoles, 
Wolfville. 

Géologie. Alex. McKay, Prof, de mathématiques, Dart- 
mouth. 

Botanique. A. H. McKay, B. S. Principal de l'Académie 
de Pictou. 

Philosophie naturelle et Astronomie. Prof. Coldwell. 
WollVille. 

Chimie. .T. F. Godfrey, Principal de l'Académie de 
Wnidsor, N. E. 

Zoologie. A. .T. Pineo, A. J3. Principal de la High. 
School de AVolfviile. 

Minéralogie S. K. Hitchinir, B. S Minéralogiste d'état, 
et Prliioipal de la High School de Bi'ldoford, Maine, 
Secrétaire-Trésorier. A. .1. i^neo, Wolfv'ille, N. S. 

Cours d'étude. 

1ère année. .Tan. Févr. Mars. Physiologie. — '"Fourteen 
Weeks in Physiology." Steele %\. 
Avr. Mai. Juin. — Botanique. — "How Plants Grow." 

Gray. $1. 
Juill. Août, Sept.— ili/«eV«Zog-ie.— Lecture dans V Aca- 
dian Scientist. 
Lectures en rapport avec les cours ci-dessus : 
■ Light Sci nee for Leisure Hours, Proctor ; 13 cts. — Town 
Geology; 13 cts. — Grand Atleu, 13 cts. — Conserva- 
tion of Energy, Stewart, 13 cts. 
Ce plan est certainement des plus ingénieux et admi- 
rablement bien calculé pour répoudre aux besoins de ceux 
qui désirant se livrer à l'étude des seiences, se trouvent 
empêchés d'aller en suivre les cou; s dans les institutions 
î5pécial*?s. Ce plan tire toute son efficacité des essais que 
sont obligés de présenter les élèves, sur le sujet d'étude ; 
car il est impossible de pouvoir coucher sur le papier le 
résumé d'un ouvrage ou d'un traité d'une science quel- 
conque, si l'on ne peut s'en bien rendre compte à soi-même, 
si l'on n'en po sède exactement les principes. 

Le premier numéro de VAcadian Scientist est rempli 
de matières des plus intéressantes. C'est un in-4 de 8 
pages. 

S'adresser pour abonnement à M. A. J. Pineo, Wolf- 
ville, N. S. 




LE 



Vol. XIV— 2. CapRouge, Q., FÉVRIER, 1883. No. 158 



Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCIIER. 



FAUNE CANADIENNE 



HYMENOPTERES 

ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

( Continué de la page 20^ 

Fam. VII PROCTOTRUPIDES, XII, p. 258. 

Division des Céraphrontiens ; après le genre Bethy- 
LUS, p. 264, ajoutez le suivant : 

Gren. Mégaspile» Megaspilus, "Westw. 

Antennes coudées, de 11 articles, un peu en massue 
dans les ç. Les ailes antérieures avec un grand stigma 
semi-circulaire, les palpes maxillaires longs, de 5 articles. 

Mégaspile luisant. Megaspilus lucens, nov. sp. 

Ç — Long. .10 [ ce. Noir, poli, brillant. Les pattes jaune-rous- 
sâtie, de même que les palpes. Antennes plus courtes que le corps, 
fortes, légèrement en massue à l'extrémiti?. Ailes blanchâtres, sans 
autres nervures que celles de la côte et le radius qui renferme une très 
petite cellule en arrière du stigma, celui-ci grand, brun-foncé. Pattes 
d'un jauDe-rous?âtre sale. Abdomen subsessile, légèrement comprimé, 
poli, brillant, à tarière à peine saillante. 

Une seule 9 capturée au CapRouge 



34 LE NATURALISTE CANADIEN 

Fam, des CHALCIDIDES, XII, p. 265. 
G-en. Callimone, Spinola, p. 291. 
A l'espèce décrite, ajoutez la suivante : 

2. Callimone longue-queue. Callimone loNgicauda. 
nov. sp. 

Ç — Long. 12pce. D'un vert metallic brillant; la fice dnr<?e. 
Antennes noires. Ailes hyalines. Les jambes et les tarses, jnuiie-pâle ; 
les hanches et les cuisses de la couleur du corps. Premier segment 
abdominal couvrant entièrement le 2o. Tasièio noire, de 2 fois la Ion 
gueur du corps. 

Capturée à Toronto sur le chêne blanc. Se distinirue 
surtout de la fagopyrum par la longueur de sa tarière et la 
couleur de ses hanches et de ses cuisses. 

Tribu VII, îSpalangiens. 

Gen. Théocolax. Theocolax, Westw. 

Tête en carré, presque horizontale, avec le front légère- 
ment tridenté. Antennes de 11 articles dont Je 2e grand, 
les articles 3-8 de plus en plus épais, les 3 derniers formant 
une massue. Dos du prothorax granJ, triangulaire. Ailes 
G ou représentées par des rudiments imparfaits. T.irièro 
courte et saillante. 

Théocolax du Canada. Theocolax Canadensis, nov. sp. 

Ç — Long. .08 pce. D'un roux brunâtre, à rifljfs cuivrés, mé- 
tallics. Antennes coudées après le scape qui est long et logé dans un 
sillon de It face, brunes, le scaje tc-^tacé, les dtrniers articles épussis 
en massue. Prothorax en forme de collier allongé, mé.-othorax long^ 
creusé loDgitudinalement en det-sus. Rudiments des aiies courts. 
Pattes testacées, l'extrémité des cuisses et la base des jambes anté- 
rieures, brunâtre. Abdomen épaissi à rextrémité; tarière du quart de 
sa longueur environ, testacée avec l'extrémité noire. 

Pris 3 ? au CapRouge. Nous ne sommes pas certain 
que cet insecte soit réellement un Théocolax, ce sont bien 
les antennes de ce genre, tel que décrit par Westwood, 
mais le prothorax n'est pas triangulaire. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 35 

Fam. XIV des POMPILIDES, XIII, p. 33. 
Gen. PoMPiLUS, Fabr. p. 84. 

Ketranchez les espèces : 5 Philadelphicus, Cr. et 10 
maurus, Cress. 

L'espèce 13 castaneus, Prov. que nous avions crue nou- 
velle, est Vargenteus, Cress. Trans. Ara. Enr. Soc.Phil. I p. 93. 
La clef qui suit permettra de distinguer plus sûrement 
les espèces. 
Abdomen noir ou bleuâtre, sans taches ; 

Bord posti^rieur du prothorax arqué, non anguleux ; 
Ailes noires ou brun fonci? ; 

Métathorax tronqué postérieurement.... L 86thiopS. 
Métathorax arrondi postérieurement ; 
3e cellule cubitale en triangle pé- 
dicule 11. tenebrosns. 

3e cubitale quadrangulaire 9. angUStatuS. 

Ailes hyalines ou subhyalines : 

3e cubitale en triangle pédicule.. 12. CylindriCUS. 
3e cubitale quadrangulaire ; 

Face à pubescence argentée.... 13. argenteUS. 

Face noire 6. hyacinthinus. 

Bord postérieur du prothorax anguleux ; 

Prothorax à forte pubescence grisâtre 4. griSGUS. 

Prothorax sans pubescence grisâtre ; 
Face à pubescence argentée ; 

3e cubitale très rétrécie supérieurement, 

presque triangulaire 7. Virginiensis. 

3e cubitale peu rétrécie supérieurement. 3. luCtUOSUS. 
Face sans pubescence argentée ; 

Métathorax avec un sillon au milieu... 8. apicatus. 
Métathorax sans sillon sur son disque. 2. scelestUS. 

Abdomen avec 2 taches blanches 14. biguttatus. 

Abdomen taché de roux à la base 15. marginatuS- 

Gen. Cekopales, Latr. XIII, p. 45. 

A l'espèce décrite, ajoutez les 2 suivantes : 
2. Céropale pieds-longs. Ceropales longipes, Smith, 
Brit. Mus. Cat. Ill, p. ITO. 

Ç LoDg. .40 pce. Noire ; lôte plus large quo le thorax; yeux 



36 LE NATURALISTE CANADIEN 

légèrement échnncrés en detîans; le chaperon, les mandibules, le labre, 
les orbites, jaune pâle; le scape des antennes j;iune en avant. Le bord 
postérieur du prothorax, une tache sur l'écusson et le post-écusson, une 
autre sur les angles postérieurs du métatborax, les tubercules, une 
tache de chaque côté de la poitrine, et les hanches en avant, jaune ; 
les jambes d'un ferrugineux pâle, les postérieures 2 fois la longueur du 
corps ; ailes hyalines. Une tache de chaque côté sur le 1er segment 
abdominal, une liirne transverse on'lulée sur les 2e, 3e et 4e, interrom- 
pue au milieu dans les 2 premiers, et se dilatant en tache aux côtés, 
jaune ; le 5e segment porte au milieu une tache quadrangulaire j le 
terminal est entièrement jaune ; dessous sans tache. 

Capturé à Toronto (Brodie). 

3, Céropale superbe. Ceropales superba, iiov. sp. 

Ç — Long. ,35 pcc. Noire; la face excepté une bande médiane 
au-dessus du chaperon, les orbites interrompus sur le vertex, le Pcape 
en dessous, le bord postérieur du prothorax avec une tache de chaque 
côté aux angles inférieurs, une ligne sur l'écusson avec le devant dea 
angles antérieurs, et une tache sur les angles du niétathorax, jaune- [ aie. 
Tout le thorax poli, brillant. Ailes fortement enfumées. Les pattes 
et l'abdomen d'un beau roux, sans taches ; l'extrémité des hanches pos- 
térieures rousfâtre. 

Capturée à Toronto par M. W. Brodie, Espèce biea 
distincte par sa coloration. 

Fam. des CRABRONIDES, XIII, p. 70, 

Gen. OxYBELUS, Latr. p, 99. 

A l'espèce décrite, ajoutez la suivante. 

2. Oxybele de-Brodie. Oxyhelus Brodiei, nov. sp, 

$ — Long. .32 pce. Noir; ponctué, finement rugueux, à pubes- 
cence grisâtre peu abondante ; la face au-dessous des antennes à pubes- 
cence argentée. Antennes roussâtres à l'extrémité. Ailes hyalines, 
les nervures brunes, L'écusson prolongé en un appendice se partageant 
postérieurement en 3 dents blanches à l'extrémité, le post-écusson por- 
tant un long éperon creusé en gouttière. Pattes noires, les jambes an- 
térieures avec leurs tarses roussâtres. Abdomen conique, à segments 
sillonnés transversalement, les segments 1, 2, 3 et 4 portant chacun 
une petite ligne blanche au sommet de ch:ujue côté. 

Dédié à M. Brodie, de Toronto, qui nous a transmis ce 
bel insecte, lise distingue p:*rticalièrement du éwo^a^MS 



ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HTSfÉNOPTÈRES. 37 

par s(\s 8 taches à l'abdomen, ses jambes antérieures rous- 
sâtres, et l'absence de ligne blanche en avant des jambes 
de même qu'un petit anneau blanc au dessous des genoux, 
comme en porte le é-notatus. 

Fam. XXI. ANDRENIDES, XIII, p. 168. 

Gen. OsMiA, Latr. p. 206. 

Aux 4 espèces décrites, ajoutez les trois suivantes : 

5. Osmie froide. Osmia fiigida^ Smith, Brit. Mus. 
Cat. 1, 142. 

C? — Long. .31 pce. Noire ; la face et le thorax couverts d'une 
longue pubepci'nce ochr;ic(.'e, cette pubescence blanche sur les joues et 
le dessous des cuisses. La pubescence du vertex et du thorax laisse 
voir les téiiuir.ents qui sont noir opaque, mais sur la face elle est longde 
et assez dense pour la couvrir totalement. Ecailles alaires noires. 
Ailes hyaiines, légèrement obscurcies au sommet, le stigma brun, très 
petit, à peine distinct de la côte. Pattes noires, presque nues en des- 
sus, la pubescence fauve sous les tarses postérieurs. Abdomen court, 
recourbé, à pubescence jaunâtre sur les 2 premiers segments, noire 
dans le reste, tous les segments uiarginos d'une ligne ochracée à la 
siiture, plus prononcée sur les côtés, le 6e segment échancré au som- 
met, segments ventraux raarginés de poils jaunâtres. 

Capturée à Chicoutimi. 

6. Osmie ventre-noir. Osmia airi vent ris, Cress. Proc. 
Eut. Soc. Phil. Ill, p. 29. 

Ç Lono-. .42 pce. D'un bleu verdâtre ; la tête grosse, en carré ; 

le chiperon densément et fortement ponctué, couvert avec une pubes- 
cence blanche peu dense et assez courte, son bord atitérieur légèrement 
^chancre. Thorax bleu, densément et finement ponctué, à pubot>cenee 
blanche peu dense ; les écailles alaires noires, brillantes. Ailes sub- 
hy.ilines, légèiement obscures, les nervures noires. Pattes noires avec 
poils [aies courts. Abdomen court, sub-globuleux, d'un bleu verdâtre 
foncé, frangé à l'extrémité de poils pâles ; la brosse ventrale noire. 

A ponctuations plus denses et plus fines que dans la 
similUma, Capturée à Toronto par M. Erodie. 

7. Osmie petite. Osmia parva, nov. sp. 

j»_Long. .25 pce. Le thorax d'un brun cuivré, l'abdomen d'un 
verdâtre metallic. La face couverte d'une pubescence blanchâte 
lonifue et dense ; le vertex et le thorax à pubescence jaunâire. Au- 



38 LE NATURALISTE CANADIEN 

tennes brunes ; écailles alaires noires ; ailes hyalines, à peine obscur- 
cies à l'extiémité ; le stignia brun. Pattes noires, à pubescence blan- 
châtre, plus longue et plus dense sous les cuisses. Abdomen court, 
Bub-globuleux, d'un verdâtre metallic, presque nu, les segments margi- 
nés de poils blanchâtres peu apparents, cette pubescence plus abon- 
dante aux segments terminaux, le 6e avec une courte échancrure au 
milieu. 

La pins petite de toutes les espèces rencontrées. ? in- 
connue. 

Gen. Ceratina, Latt. p. 234 

A l'espèce décrite, ajoutez les 2 suivantes : 

2. Ceratina dupla, Say, Proc. Ent. Soc. Phil. Il, p. 889. 
C'est l'insecte que nous avons décrit sous le nom de Halic- 
us Ontariensis, Prov. page 203. 

3. Cératine de-Téja. Ceratina Tejonensis, Cress, Proc. 
Ent. Soc. PhiU II, p. 890. 

(^ — Long. .20 pce. D'un vert metallic foncé. La tête à ponc- 
tuation profondes mais non denses ; le chaperon à peine ponctué et 
avec une grande tache blanchâtre carrée. Antennes un peu courtes, 
insérées dans une dépression de chaque côté de la face, teintes de tes- 
tacé roussâtre à l'extrémité. Thorax peu ponctué, avec 5 lignes longi- 
tudinales enfoncées ; les ponctuations des flancs et des écussons denses. 
Les écailles alaires d'un brun roussâtre, les tubercules d'un vert noi- 
râtre. Ailes subhyalines, les nervures noires. Pattes d'un noir bleu, 
brillantes, les tarses à pubescence pâle, les articles terminaux d'uU' 
testaeé roussâtre ; les 4 cuisses postérieures avec une projection au- 
dessous en forme d'épine ; les éperons des jambes tcstacés. Abdomen 
ovale, densement ponctué, brillant, d'un vert bleuâtre, le segment ter- 
minal à pubescence pâle, courte. Près du bord postérieur du 6e seg- 
ment il y a une projection courte, couverte Je poils pâles ; le 7e seg- 
ment frangé de poils blanchâtres ; seguients ventraux aussi frangés de 
poils blanchâtres. 

Deux spécimens cJ' de cette espèce nous ont été trans~ 
mis par M. Brodie comme ayant été capturés dans le voi- 
linage de Toronto ; M. Cresson la décrit cependant comme: 
étant de Californie. 

FIN DES HYMÉNOPTÈRES. 



DB QDÉCEC A JÉRUSALEM 39 



DE QUEBEC A JERUSALEM. 



XIII 



Jérusalem ; son site ; sa fondation ; ses dominateurs : David, Nabnchodo- 
ndznr, Cyril-, Alexfin ire. Assuérus, les Macchabées, Ponipée,Titus, 
Chosroes, Héraciius, Omar, Godefroi de Bouillon, Paladin, 
Séiiin IL — Sa population ; religions. — Catholiqufs ; schisma- 
tiques arniéiiiens, grecs, protestants. — Musulmans. — Rues j pas- 
sants ; commerce. 

Les quelques courses que nous venions de faire à travers 
la ville me permirent d'en mieux saisir la distribation,et eu 
multipliant mes visites sur la terrasse de notre hospice, je 
pus en assez peu de temps, me rendre un compte exact de 
sa situation. 

Jérusalem est situ^'e à environ 15 lieue» de la Médi- 
terranée, au milieu de la chaîne des montagnes de la Judée 
qui court de l'Est à lOuest. Elle est au 31^46' de latitude 
Nord, et au 33e de longitude Est de Paris. Le plateau sur 
lequel elle repose est à 2610 pieds au-dessus de la Médi- 
terrannée, et cette altitude lui assure, malgré sa latitude, 
une température bien supportable en toute saison de Tan- 
née. L'hiver qui commence en décembre pour se termi- 
ner avec février, est assujéti à des pluies fréquentes. Le 
thermomètre y descend souvent au-dessous de zéro, et le 
givie, la glace et même la neige, sans y persévérer, s'y 
montrent assez Iri quemment. D'ordinaire il ne tombe 
jamais un grain pluie du 15 avril au 15 octobre, et le ton- 
nerre s'y fait rarement entendre. 

En portant un regard attentif sur la ville, il ne sera 
pas difficile de reconnaître qu'elle repose sur une double 
chaîne de collines que le torrent de Cédron et celui de 



40 LE NATURALISTE CANADIEN * 

Gihon ou d'Hinnom circonscrivent de trois côtés. Le tor- 
rent de Cédron, qui coule au milieu de la vallée de Josa- 
phat, la borde sur tout son côté Est, en Ja séparant du 
mont des Oliviers, et le même torrent la contournant au 
Sud, la sépare là du Mont du Scandale, où Salomon 
avait érigé les idoles de ses femmes idolâtres et snr le 
flanc duquel se voit le village de Siloan. Le Cédron, arrivé 
à l'angle Sud-Ouest de la ville, reçoit là, le torrent de la 
Géhenne ou d'Hinnom qui porte plus haut le nom de 
Grihon et qui longe la ville à l'Ouest en séparant le mont 
Sion de celui du Mauvais-Conseil, pour prendre une direc- 
tion Sud-Ouest en se dirigeant directement vers la mer 
Morte. La ville se trouve ainsi isolée de trois côtés par 
ces torrents ; il n'y a que son côté Nord qui se trouve de 
plein pied avec la plaine, ou plutôt avec la hauteur des 
montagnes sur lesquelles elle est assise. 

Si maintenant, du haut de la terrasse de Casa JN ova, 
nous portons nos regards au Nord et suivons l'étendue de 
la ville, nous reconnaîtrons sans peine la dépression qui 
sépare 1 s deux bandes de collines sur lesquelles elle repose ; 
cette dépression est la vallée du Tyropéon, qui était beau- 
coup plus accentuée autrefois qu'elle ne l'est aujourd'hui, 
puisqu'elle nécessitait des ponts en certains endroits pour 
communiquer d'une partie à l'autre. La ville, ravagée et 
détruite plusieurs fois, a été reconstruite sur les débris de 
ses anciens édifices, et les dépressions en partie comblées 
par les décombres qui s'y étaient accumulés. 

Si maintenant nous examinons bien les deux collines 
parallèles qui portent la ville en se dirigeant vers le Cé- 
dron au Sud, il ne nous sera pas difficile de constater que 
ces deux élévations sont elles-mêmes coupées par deux 
autres dépressions transversales, ce qui partage la ville 
entière en six points culminants, qui forment autant de 
quartiers, savoir: sur la colline de l'Est en commençant au 
N. : 1^ le Mont Bézétha, qui comprend les portes de 
Damas et d'Hérode au N., et celle de St Etienne ou des 
brebis à l'E. ; le Bézétha n'est meîitionné nulle part dans 
la Ste Ecriture, cependant Hérode-Agrippa le renferma 
dans la nouvelle enceinte qu'il donna à la ville ; 2° le 



DE QUÉBEC A JÉRUSALUM 41 

Mont Moriah qui porte la Mosquée d'Omar sur l'emplace- 
meut du t<*mple de Salomon, et où se trouve la poi te Dorée, 
qui est aujourd'hui murée, parce que les musulmans tien- 
lient qu'un dominateur de la ville doit un jour entrer par 
cette porte ; 3° le mont Ophel qui s'ouvre sur le Cédron 
au S. par la porte des Maugrabins. Prenant maintenant la 
colline do l'Ouest, nous avons au N. : 1° le mont G-areb où 
se trouve le patriarcat latin, S. Sauveur et l'hospice que 
nous occupons ; 2° le mont Acra qui porte le Calvaire et 
la Basilique du S. Sépulcre (1) ; et 3° le mont Sion, qui 
porte la tour de David, le S. Cénacle, la maison de Caïphe 
et s'ouvre au S. par la porte de Sion et à l'Ouest par celle 
de Jaifa. 

De ces six collines, Sion est après Grareb la plus élevée, 
mais celle-ci n'a pas toujours fait partie de la ville, aussi 
Sion a-t-il toujours été considéré comme le point culmi- 
nant. 

On attribue la fondation de. Térusulem à Melchisédech, 
prêtre et roi, contemporain d'Abraham (1669 avant J. C), 
qui construisit sur le mont Acra i-ne forteresse portant le 
nom de Salem. Cinquante ans après sa foidation. Salera 
toïnba au pouvoir des Jébuséens, descendants de Jébus, 
qui bâtirent sur le Mont Sion une forteresse à hujuelle ils 
donnèrent le nom de Jébus, leur père. C'est de ces deux 
noms réunis qu'on forma Jérusalem, qui signifie : vision 
de la paix. Les Israélites en ejitrant dans la terre promise 
s'emparèrent de Jérusalem, et mirent à mort son roi Ado- 
nisédech ; cependant les Jébuséens continuèrent encore à 
occuper le mont Sion. Ce ne fut que sous le règne de 
David que la ville fut entièrement soumise (1047 av. J.C ). 
Ce grand roi en fît la capitale de son royaume, et de ce 
moment le mont Sion prit le nom de cité de David. 

Salomon fils et successeur de Da^ id contribua puis- 
samment à l'agrandissement de la ville, surtout par la cons- 
truction sur le mont Moriah du fameux temple qui 
fut une merveille des temps anciens, et pour l'érection du- 



(1) Le Golgotha a'était qu'un point culminant du mont Acra. 



42 LE NATURALISTE CANADIEN 

quel David son père avait accumulé des richesses incalcu- 
lables. 

En 599 av. J. C, Nabnchodonozor, roi de Babylone, 
prit et dt'truisit .lérasalem; le temple fut renversé et le 
roi impie convertit à son propre usage les nombreux vases 
d'or et d'argent qui servaient aux sacrifices. Il ne resta 
de la ville qu'un amas de décombres sur lesquels le pro- 
phète Jérémie exhala ses si louchantes lamentations. Tous 
les habitants avec leur roi Sédécias furent emmenés captifs 
à Babylone. 

Après 70 ans de captivité, Cyrus roi des Perses, rendit 
la liberté a'sx Is- lélif-^s. iui r.-vi ■r.-i-t .•^ ■ :• ' i co :dnit ■ de 
Z'Tobabi ree()ii-li-!ii:e i" . . i :■• <-t r.ed fi'-^ !•' HMnple. 

Plisse pin 1 .Vil p.-n- Aiti)'-h - roi d ^îyn.-, e|l,' fut 
reitiue p;irle- M.icch ib ••> à i';iidé,.tMid.iiice (lUOav.J. C), 
qu'elle conserva jusqu'à l'an 63 av. J. C. où Pompée en fit 
la conquête pour les Romains. 

L';in 70 (!e notre ère, Titus fils de Vespisien, vint 
dompter les .lu J'^ c|ui s'ét;tient révoltés (•()))tre l'autor té de 
]{ou!f ; il !!,!t le Mèue (h'vant l:t ville, la lédiiisit a une mi- 
fèie extiôni'-, eu fit enliii le sic, massacra onze c<'nt nulle 
de <es habitants, renversa le temple reconstruit par Héiode 
sur celui lie Z >rob s bel. et ne laissa de tout .Jérusalem (ju'un 

mohCeaU .fe flécoUibfes, 

I^'a:i 132 d'' noire èr", Adri> ii élevh .-nr les mines de 
.Iér;isal«'m une nouvelle viMe qu'il nomin > yE/in-Cnpitolifm. 
Mais Constantin, eu 326 s'éta-'t soumis à laCioix, vint avec 
Ste Ifelèu' sa mè e restituer à hi ville so.i ancien nom, et 
rendre à la vénér;ilion des lidèles !es li ux riMulus à jamais 
mémorables par les soufirances de l'honuur -Dieu. 

Eu 614, Chosroes roi des Perses, s'empare de la ville et 
empi^ite (ia)is son pays la vraie Croix et "les principales )e- 
liqnes de la Passion du iSauvenr. Q tehiues années plus 
tard, Héraclius, empereur chrétien de Constantinople, re- 
conquiert sur les Perses les précieuses reliques, et les re- 
place avec honneur dans leurs sanctuaires de la Ville 
3ainte. 

En 638, Omar la soumet aux Arabes pour le compte 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 43 

de Mahomet, et en 1505 elle passe sous la dénomination 
Turque, où elle est encore aujourd'hui. 

Mais les Français aussi, eux dont le nom se rencontre 
partout où passa la «gloire, possédèrent à leur tour la Vile 
Sainte. Godefroi de Bouillon en 1099, à la tête des Croisés, 
livre l'assaut à la ville et s'en rend maître. Il est couronné 
roi et tonde le nouveau royaume de Jérusalem. Des rois 
français régnèrent à Jérusalem pendant 88 ans. Mais il ne 
suffit pas de conquérir, il faut aussi savoir conserver, et 
c'est ce que ne comprirent pas les conquérants des Croi- 
sades. Si ont eut connu alors l'importance de la colonisa- 
tion, les conquérants eussent changé répé(> pour la char- 
rue, laissé le camp pour le ch.imp, et peut-être qu'aujour- 
d'hui encore, la race latine serait en possession de la Terre- 
Sainte, cette terre où coulait le lait et le miel, promise c riune 
récompense aux enfants d'Abrahasri, d'isaac et dejiicob, et, 
ai lieu du croissant qui couronne ses édifices, on verrait 
étinceler la Croix, ce signe de vie, de salut, ce gage de ré- 
surrection, in quo est salua, vita H resurrectio hoHiu. Mais 
l'Europe se découragea bientôt de l'ournir sans cess*- pour 
soutenir un royaume qui ne pouvait po^ir «insi dire rien 
par lui-même, et en 1187, Saladiii vint replacer le croissant 
à la place de la Croix, soumettre plus delOO.OnO européens 
à une forte rançon pour se soustraire à l'esclavage, et 
mettre lin au royaume des Bouillon et des Beaudoin 

Ai>rès la conquête des Arabes, la ville eut encore pus 
d'une fois à subir des assauts et des pillages, pussanl de la 
domination des Sultans d'Egypte à ceux de Constantinople, 
etréproquemont, jusqu'à cequ'entin ' 1517 elle [>assa avec 
toute la Syrie à la dominatioi\ du Sultan ottoman Séli>n II, 
pour subir toutes les vicissitudes de l'empire Turc. Après 
avoir fait partie pendant quelque temps du pachalik de 
Damas, elle forme aujourd'hui, avec toute la Palestine, une 
Province relovant directement de Constantinoi)le. 

La population de Jérusalem ne dépasse pas aujour- 
d'hui 25,000 âmes qui se répartissent comme sui' entre les 
difit-rentes croyances religieuses : 



44 LE NATURALISTE CANAT1IEN 

Ciitholiqnt^s. latins, Grrecs-Unis et Aiméi;iens-unis,... 2.^00 

Grecs schismo tiques.. 2,800 

Arméniens, Cophtes, Syriens . 700 

Protestants 300 

Musulmans 7,500 

Juifs 12,000 

Les catholiques se partaient en trois rits, savoir : les 
latins qui ont à leur tête le Patriarche avec les reliirieux 
franciscains, les G-i<'Cs-unis, et les Arméniens-unis. On les 
dit unh, c'est-à dire soumis à l'église de Rome, pour les 
distinguer de ceux du même rit qui sont schismatiques. 
11 va sans dire que les (xrecs-unis et les Arméniens-unis, qui 
comme nous sont soumis à Rome, ont la même doctrine et 
les mêmes dogmes que nous ; il n'y a que leur liturgie, 
les cérémonies du c Itequi soient différentes des nôtres. Les 
Maronites du Mont Liban sont aussi des catholiques avec 
un rit particulier, mais il n'y en a pas de résidents à Jéru- 
salem. 

En outre des franciscains, il y a encore pour les 
besoins du culte catholiques, des rf^ligienx Melchites de 
rit oriental, des Frères des Ecoles-ChrétiiMines, des reli- 
gieuses Carmélites, des Sœurs de S. Joseph de l'Apparition, 
les Dames de Sion, des Tertiaires de S. François, pour la 
tenue des écoles, des orphelinats, des hôpitaux, etc. 

Les sectes chrétiennes dissidentes qu'on rencontre en 
Orient, peuvent se rapporter à trois chefs principaux, sa- 
voir : 1° les disciples d'Eutichès, 2° ceux de Photius, ei 8° 
ceux de Luther. Toutes s'accordent sur un même point, 
savoir: la négation de la suprématie du siège de Rome. 

Euiicliès niait les deux natures en Jésus-Christ, ne 
voulant voir qu'un Dieu dans la personne du Sauveur ; 
il niait aussi qite le Saint-Espiit procédât du Père. Son 
hérésie date de 451. Ses partisans se partagent aujour- 
d'hui en Arméniens, de beaucoup les plus nombreux, en 
Abyssins, en Cophtes et en Syriens. Le patriarche chef 
de l'église Arménienne réside en Arménie. Les patriarches 
et les évoques sont le produit ch^z eux du suffrage univer- 
sel. Ils possèdeni des moines nombreux qui gardent le 
célibat. 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 45 

Photins ninit que le Saint Esprit procédât -In Fils. c\ 
rej\n:.it Jr. cioy;inc.- de- rKfrJis»^ sur 1,. P.iro- itolif. Crtt,. 
hérésie date de 857. Ses pintisinis tV)ii:jeiit]'(-oJi.se givcque 
qui domine en Grèce, eu linssi >, etc. Le ch" 1" d.'^'réo-h.e 
grecque réside à Constantinople ; l,mrs patriarche.- r- 
çoivent rinv.'stiture du S iitan. Tout .v^t vénal dans 
l'église grecque, les prélatures, les ordinations, rtc. Ils 
possèdent aussi des moines célibataires, très nombreux eu 
Orient. 

Viennent enfin les protestants, disciples de Luther et 
de Calvin, qui nient l'invocation des saints, le purgatoire, la 
présence réelle et tout ce que l'on voudra eu fait de r.digion, 
chacun étant libre de s'en composer une à sa façon et de 
son goiît. M; Igré tout l'or des anglais, les protestants sont 
encore très peu nombreux en Orient. On comprend san» 
pt'ine qu'une religion tonte d'abstraction, de théorie, sans 
culte extérieur, ne puisse avoir grand prestige sur les 
peuples de l'Orient de tout temps si expansifs, si démons- 
tratifs, si reluctants aux changements, chez lesquels les 
traditions ne se perdent jamais. 

C'est à ce caractère de conservatisme qu'est dû, je 
pense, cette liberté illimitée pour chacun, en Orient, de tra- 
duire son culte |)ar les actes extérieurs qu'il trouve conve- 
nables, sans que personne n'intervienne pour y mettre obs- 
tacle Les enfants d'Abraham étaient tout à la fois des 
pontifes en même temps que des chefs de famille. Voyez 
les béiiii U's mets dans les festins, offrir les sacriHces à Je 
hovah, prier au notu de tou-; et ces heureuses traditions se 
sont tiîinsmises parmi tous ses descendants, Juifs, Arabes, 
etc. Anssi on peut voir souvent à Jérusalein, à côté du 
C;ilh(^li(ju agtnouillé sur le pavé de la me pour faire ^es 
stations du chemin de la Croix, le musuhnan faisant ses 
prostialioiis du côté de lu MeC(|ue, ou égrenant son chtpe- 
let tout en poursuivant sa conrse, pendant qiie le muez/iu 
du haut du min iret voisin invitera à la |n:ère ses frèr- > 
disciples de M diomet par son in v c itioii eut f .is lép -t e: 
•' Il n'y a de Di-'U que DieL' et M .ho net .-st .s<.n p.oihei.--- 
La illah il Allah Mohammed mçoid Allah." 



46 LE NATURALISTE CANADIEN 

Les musulmans, comme je l'ai déjà noté en parlant de 
l'Egypte, ne sont pas chrétiens. Ils reij^ardent Jésus comme 
nn grand prophète, mais lui refusent toute participation à 
la divinité. De même aussi ils vénèrent Marie comme la 
mère d'un izrand {prophète, mais sans rien croire de sa vir- 
ginité et sans lui attribuer aucune puissance pour pouvoir 
l'invoquer. 

La religion musulmane est un mélange des doctrines 
juives et chrétiejiues et des traditions orientales. Leur 
code religieux est renfermé dans un livre qu'ils nomment 
le Coran, et pour lequel ils professent un grand respect. 
Tout se résume pour eux en trois points principaux : la 
polygamie, l'intoléranct^, le fatalisme. Religion de la chair, 
ils n'aspirent à d'autre félicité qu'à la satisfaction des sens ; 
de là la polygamie. Le paradis de Mahomet qu'ils se pro- 
mettent dans l'autre vie, n'est même qu'un immense harem, 
où les femmes, l'eau et l'ombre ne manqueront à personne. 

Eux seuls possèdent la vérité ; de là ce mépris pour 
toutes les autres croyuices. Tous les chrétiens, de quelque 
dénomination qu'ils soient, sont pour eux des chiens, ne 
méritant aucune considération ; pas même la protection de 
la loi. Que si, parfois, dans leurs rapports avec les autres 
nations, ils sont obligés d'en i-a battre sur les exigences de 
leur croyance, ce n'est qu'en cédant à l'empire de la force, 
car fussent-ils assez puissants pour ne redouter ni ven- 
geance ni représailles, les chrétiens seraient traités par eux 
comme les animaux dont ils leur donnent le nom ; l'his- 
toire nons en fournit des exemples sans nombre. Voler 
maltraiter, ôter même la vie à un chrétien, sont des actes 
dont leur code judiciaire n'a pas à s'inquiéter. 

Mahomet était sans contredit un grand génie. Aspirant 
à la domination, et connaiss^ant lesprit superstitieux et le 
tempéramment lascif des orientaux, il ne trouva de moyen 
plus efficace pour s'attacher des partisans, que d'abuser de 
leur crédulité pour leur faire ajouter foi à une inspiration 
surnaturelle, et de motif plus alléchant pour les retenir, que 
la satisfictiou des appétits sensuels. Mais comprenant aussi 
que la froide raison est impuissante à maintenir un culte 



BE QUEBEC A JERUSALEM 47 

qnclconqnp, (>t quo d'ailleurs foute iiotioi de reliiriou im- 
plique héce.s.s:urorj!.'iit uin> idée de !<;icnli<:e, il vtulnt as- 
treindre 5«es sectateurs à l'observalioti de certaines pratiques 
qui les distinguassent extéiieuremeiit des autres peupl<'S, et 
les attachassent davantage à leur cioj'ance De là le jeûne 
du Ramad jn, les ablations fréquentes, etc. 

On comprend sans peine fjii'nne t-elle croyance ait pu 
facilement prend"e racine et ^-e piopag-er ch'Z des peuples 
lat-cifs et ncnchahstits comme le sont les OMentaux On 
C(>nq)rena aus-i faeiietn.'iit qu'avec <le teK appoints, il était 
facile d'enrôler des pnrtisaiis et de faire des conquêtes. 
Jamais chef de brigands n'offrit plus riche butin et plus 
de jouissances à ses compagnons, c\r ce n'était rien moins 
que la satisfaction sans limites de tout ce qui flatte la na- 
ture corrompue de l'homme, a\ ec l'assurance de poursuivre 
les mêmes èatislactions dans l'autre vie. Et si l'on consi- 
dère maintenant que le musulman a toujours le nom de 
Dieu sur les lèvres, que tout en se livrant sans c(»iitrainte 
à tous ses mauvais penchants, il n'a rien à redouter, pourvu 
qu'il égrenne son chapelet des 99 perfecii ns qu'il attribue 
à la divinité, fasse ses ablutions et son jtûne du Ramatlan, 
on s'expliquera aisément que sa conversion est œuvre des 
plus difficiles, surtout lorsque les lois, comme chez eux, 
y mettent un obstacle presque insurmontable. 

Le Ramadan est le nom du carême des Mahometans 
qui duie un mois, pendant lecjuel il ne leur est pas permis 
de rien manger ni de mettre quoicjUe ce soit dans leur 
bouche, tant que le soleil est sur l'ht^rison, mais seulement 
après qu' il est couché et que les lampes qu'on suspend 
autour des mosquées sont allumées. Ils se livrent alors à 
la bonne chère. Ils font d'ailleurs prescjue toutes leurs 
iifidres la nuit, et liassent le jour à se reposer et à dormir. 
De sorte que leur jeûne se réduit à fiire du jour la nuit et 
la nuit du jour. 

Ils doivent, durant tout le ramadan, non seulement 
ni manger ni boire durant tout le jour, mais même s'abs- 
tenir de mettre quoique ce soit dans leur bouche, comme 
du tabac, la fumée de la pipe, du narguilé, etc. On dit 
même qu'il est des scrupuleux qui veille atleutivement à 



48 LE NATURALISTE CANADIEN 

ne pas avaler leur salive et qui portent 'tout le jour un 
voile sur la bouche, de peur, que par hasard, ils ne vien- 
draient à avaler quelque moucheron en respirant. 

Et remarquons que comme chez les musulmans l'au- 
torité religieuse se confond avec le pouvoir civil, les in- 
fractions au jeûne sont punies sévèrement par la loi. C'est 
ordinairement une amende ou une vigoureuse bastonnade 
qui devient la peine de telle infraction. 

Comme les mois musulmans sont des mois lunaires, il 
s'en suit que chaque année le ramadan se présente dix 
jours plus tôt que l'année précédente, et qu'avec le temps 
le carême se trouve à faire le tour de l'année tout entière. 

On m'a plus d'une fois répété, que les riches de Cons- 
tantinople qui ont plus ou moins goûté à la civilisation 
européenne, savaient fort bien compenser la nuit la gêne 
à laquelle ils s'astreignaient durant le jour, pour ne pas 
violer la loi, et que les nuits du ramadan n'étaient rien 
autre chose que des nuits de fêtes, d'orgies et de désordres 
en tout genre. D'un autre côté, le Père Frédéric m'a 
raconté qu'employant en Egypte des musulmans à divers 
travaux, il a été plus d'une fois édifié du scrupule avec 
lequel ces pauvres diables observaient leur loi. Une lois 
entre autres, il employa deux musulmans à des travaux de 
réparation dans une citerne, de telle sorte qu'ils travail- 
lèrent toute la journée dans l'eau jusqu'à la ceinture, et 
malgré l'extrême chaleur qu'il faisait alors et la soif dont 
ils devaient être tourmentés, ils se donnèrent bien de 
garde de ne pas même s'appliquer une seule goutte d'eau 
sur la langue, tant que le soleil ne fut pas couché. 

Les riches et les puissants sont sans doute partout les 
mêmes ; habitués à vivre sans contrainte, la plupart vien- 
nent facilement à s'imaginer qu'il peut y avoir des accom- 
modements avec le Ciel, et que leurs ecus pourront peut- 
être leur permettre d'y pénétrer par quelque lucarne, 
lorsque la soustraction de tout frein à leurs désirs pervers 
leur en interdira la porte ordinaire. Mais attendons. La 
sagesse incarnée les connaissait bien lorsqu'elle leur a dit: 
malheur à vous riches! qu'il vous sera difficile d'entrer 
dans le royaume des Cieux ! 



DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 49 

Mais ce qui me surprend encore plus q e la conquête 
des Arabes, c'est qu'ils aient pu imposer leur langue, à peu 
d'exceptions près, à tous leurs coreligionnaires, partout 
où ils ont dominé. La Turquie presque seule fait exception 
à cette règle. L'Algérie, l'Egypte, la Palestine, l'Arabie, 
et jusqu'aux catholiques mêmes des montagnes du Liban, 
parlent la langue de Mahomet, l'arabe. Comment, par 
exemple, l'Egypte, quoique soumise aux Arabes, a-t-olle 

pu perdre sa langue? Et les Maronites du Liban? 

Aujourd'hui, Egyptiens, Arabes, Juifs, Maronites, Druses, 
tous parlent l'arabe, et ce dialecte constitue leur langue 
propre. 

Mais re\enons à Jérusalem que nous voulons plus 
particulièrement faire connaître en ce moment, 

Otez à la ville sainte le prestige des événements à 
jamais mémorables dont elle a été le théâtre, et vous en 
faites la ville la plus maussade qu'on puisse voir. A parties 
émotions saintes qu y viennent chercher les chrétiens, rien 
d'agréable, de plaisant, de réjouissant ici. Ses rues sont 
sales, étroites, tortueuses, sombres ; dépourvues de trot- 
toirs, impropres au roulage des voitures, ce sont des carre- 
fours qui n'ont que les pluies de l'hiver pour les débar- 
rasser des ordures qui s'y accumulent; et ce n'est pas 
seulement le passage des visiteurs qui contribue à les 
souill !i", le résident ne se gêne en aucune façon pour en 
faire le champ de son industrie ou de ses travaux domes- 
tiques. Dans notre visite au Patriarche, il fallut en un 
certain endroit enjamber par dessus les débris d'un bœuf 
qu'on venait d'éventrer dans la rue ; aussi tout eu se sa- 
crifiant l'odorat en marchant par la ville, taut-il constam- 
ment avoir l'œil au guet pour éviter à chaque instant de 
se souiller. 

Les maisons en pierre brute, sont ordinairement à deux 
étages terminés par une terrasse ou toit plat, sur laquelle 
on dort souvent la nuit durant Tété. Nulle construction 
architecturale régulière capable de trancher sur la mono 
tonie pour réjouir le regard. Nulle place publique, nulle 
fontaine, de verdure nulle part, pour faire diversion à l'uni- 
forme gris sale des habitations 

4 



50 LE NATHRALISTE CANADIEN 

fît les passants? Les passants, ceux que Ton coudoie 
d'ordinaire dans les rues, sont peut-être plus c.ipables en- 
core d'inspirer le dégoût que les inertes constructions sans 
symétrie ni régularité qui les bordent. Un peuple à moi- 
tié vêtu, sale, inculte; des femmes aux pieds nus, cou- 
vertes de haillons leur cachant à peine les jambes, au teint 
hâve que l'eau débarasso rarement de la poussière dont 
il s'imprègne ! Ici des lépreux, dont la hideuse maladie a 
fait disparaître le nez, une lèvre, des phalanges de doigts, 
etc., qui vous présentent une tasse au long manche pour 
recevoir quelque paras sans vous souiller. Là de faux 
épileptiques, au buste nu, qui se roulent dans la poussière 
en simulant des tremblements involontaires, pour exciter la 
compassion et vous soutirer une aumône ! Tel est le spec- 
tacle que les rues de la ville sainte vous offre tous les 
jours ! 

Le commerce de Jérusalem, à part une certaine quan- 
tité de savon qu'on exporte surtout en Egypte, et la fabri- 
cation de certains objets de piété, comme croix, chapelets, 
médaillons, etc., est à peu près nul. Aussi n'était la so- 
briété extrême qui distingue ces orientaux, les visites et 
voyages des pèlerins seraient certainement insuffisants 
pour la subsistance d'l^ne telle ville. 

Jérusalem est avant tout la ville de la tristesse, la ville 
de la douleur, la ville de» pleurs, la ville de la désolation. 
Ce n'est pas le grand livre de la nature que l'étranger 
vient admirer ici ; mais bien le livre du cœur humain. La 
doctrine du calvaire a opéré sur les sociétés humaines les 
changements les plus profonds que n>entionnent les an- 
nales du monde, et le jihilosophe chrétien ne voit pas sans 
satisfaction le miracle perpétu^^l (jui donne depuis bientôt 
dix-neuf siècles la coniirmaiion aux oracles sortis de la 
bouche de la sagesse incarnée. 

Tout est désolé, tout respire le deuil dans Jérusalem, 
et autour de .lérusalem. Pénétrez sur son point le plus 
élevé, laissez tomber vos regards tout autour, quel spec- 
tacle ! La plus riche de ses constructiens, celle qui a pris 
la place de ce temple sans pareil, dont l'Eternel avait lui- 
même dressé le plan, vous montre ses parvis silentieux et 



DE QUÉBEC A JÊRD^-ALEM. 51 

déserts, où de chétives touffes d'herbes à moitié brûlée par 
les rayons da soleil ont pris racine dans les fissures du 
marbre, et l'édifice lui-mèin.^ vous laisse voir les cornes du 
croissant à la place des rayons lumineux de la Croix ; ou 
dirait la fourche de Satan, comme les peintres nous le re- 
présentent souvent, qui veut l'emporter sur le signe de la 
rédemption du Oalv-ire. Tout autour des remparts, ce 
sont des champs de mort, des tombeaux ; la vallée de Jo- 
saphat en est remplie, le mont Sion lui-même, à côté du 
terrain qu'à fouillé la charrue sur les ruines de construc- 
tions anciennes, vous montre une forêt de pierres tumu 
laires. Viijouse végétation, verdure réjouissante, promet- 
tantes moissons, rien de tout cela pour reposer le regard; 
des montagnes aux arrêtes pierreuses, des plateaux dénu- 
dés, des constructions que le temps achève de faire dispa- 
raître, voila ce qui les a remplacées. Ici. ce sont des 
torrents qui ont rongé la pierre pour se frayer d'< troites 
et profondes issues à parois sombres et infranchissables ; 
là ce sont des plateaux oîi de chétifs arbrisseaux manquant 
de sève, paraissent à j)eine jouir de la vie; et au delà, 
creusée dans les monts, c'est la mer Morte, lac de plomb 
fondu, sans flots ni rides, qui réfléchit silencieusement les 
rayons ardents du soleil, sur les montagnes pierreuses qui 
l'entourent. Toute activité semble éteinte ici. Aucune de 
ces hautes cheminées qu'exige l'industrie, nul bruit de 
mécanismes comme on en entend partout ailleurs; tout 
semble mort, silencieux ; c'est un voil'\ une couronne de 
deuil qui pèse sur la ville ! Mais cette couronne de deuil 
n'est-elle pas en harmonie avec la ville déicide ? N'est-ce 
pas pour pleurer, en baisant les marchés du Golgotha, que 

le pèlerin traverse les mers et escalade ces monts? Que 

lui importe la riante nature ? il ne vient pas la chercher 
ici; elle lui ravirait en partie les douces émotions qu'il y 
vient savourer. Il se com plait dans sa douleur, dans ce 
silence, dant cHte absence de tous les charmes matériels 
de la vie. Le Calvaire a potii lui un langage qu'il sait 
comprendre. Il s'isole pour pleurer, et ses larmes lui sont 
d'autant plus chères qu'elles sont incomprises de ceux (jui 
l'entourent. C'est avec satisfaction qu'il reconnaît pouvoir 



52 LE NATORALISTE CANADIEN 

répéter avec vérité ces paroles du chantre des lamenta- 
tions : •' La maîtresse des nations est devenue comme une 
veuve ; la reine des cités est tributaire ! Les chemins de 
Sion pleurent, par ce qu'on ne vient plus à ses solennités. 
ISes prêtres gémissent, ses vierges sont désolées ; elle est 
plongée dans l'amertume. " Comme au temps de Nabu- 
chodonozor, ces paroles de Jérémie ne ptuivent peindre 
plus exactement l'abandon, la pauvreté, l'abaissement de 
la ville actuelle. 

Que le touriste aille chercher la belle nature dans les 
forêts vierge de l'Amérique; qu'il aille admirer ses gigan-^ 
tesques merveilles à Miagara, sur les Alpes, au Vésuve, sur 
T-Amazone; qu'il aille mesurer le génie de l'homme à S. 
Pierre de Rome, à Giseh, au S. Gothard, pour lui, chrétien, 
il vient au lieu de l'expiation suprême, en pèlerin véritable, 
pour comprendre la justice de Dieu, sonder l'abyme de 
son amour, verger des larmes sur ses souffrances, noyer ses 
iniquités dans la source des expiations, et comme Rachel 
pleurant ses enfants qui ne sont plus, il ne vent pas être 
consolé, par ce que trop poignante et trop juste est la cause 
de sa douleur. 

{A continue?'.) 



LA TARENTULE. 



— Aimez-vous les araignées ? 

— Et qui peut aimer des êtres si disgracieux ? 

— J'avoue que la nature s'est montrée un peu chiche 
de ses faveurs à l'égard de l'araignée ; mais les qualités 
l'emportent souvent sur la beauté des formes pour se faire 
admirer et aimer ; et l'araignée possède des qualités, de 
nombreuses qualités. 

— En aurait-elle cent fois davantage, qu'elle ne m'en 
ferait pas moins horreur. Toutes ces petites masses vi- 
vantes, plus ou moins circulaires, qu'entourent des pattes 
déliées en forme de rayons ou de petits fils, m'inspirent 
une telle répugnance que je ne pourrais jamais me résou- 



LA TARENTULE 53 

dre à les toucher, ou plutôt à leur permettre qu'elles me 
touchent. 

— Même les insectes les plus riches en couleurs? 

— Mêmes les insectes les plus brillants, les plus remar- 
quables par leur coloration et leur éclat. Il suffit que je 
voye ces petits être rampants s'approcher de moi, pour que 
je sente toute ma sensibilité se réveiller. Une chenille ou 
une araifrnée, même sur le bas de mes habits, suffit pour 
me tirer instinctivement de n'importe quelle torpeur dans 
laquelle je pourrais être plongée, et si la vilaine bête par- 
venait à me toucher la peau, par exemple en atteignant le 
cou, je crois que j'en perdrais de suite connaissance. 

Ainsi nous répondait une dame à qui nous exposions 
une des plus étonnantes merveilles de l'industrie d'un in- 
secte. 

Mais l'araignée est-elle un insecte ? 

Disons de suite, pour être tout-à-fait exact, que l'araignée 
n'est pas un insecte. 

Du temps de Linné on donnait le non d'insecte à touS 
les petits êtres à sang blanc et froid, volants ou rampants. 
Mais les progrès de la science nous forcent aujourd'hui à 
nous exprimer avec plus de précision. 

Etre fortement spécialisé en tous sens, l'araignée forme 
une classe à part dans la nature, s'échappant des grandes 
divisions qui partagent la série des êtres. Ayant l'abdo- 
men composé d'une seule pièce et non divisé en sections 
comme chez les insectes, elle ne peut lui être assimilée. Sa 
forme la rapprocherait davantage des Crustacés ; mais elle 
respire par des poumons tandis qne les Crustacés respirent 
par des branchies. Aussi les Arachnides forment-elles une 
classe distincte entre les insectes et les Crustacés; d'nilleurs 
les araignées ont huit pattes, tandis que les Crustacés en 
ont 10, et les insectes seulement six. 

L'araignée n'est pas belle ; tout le monde en convient. 
La grâce des formes, la richesse des couleurs, l'élégance 
des allures, elle n'a rien de tout cela. El encore si elle 
pouvait reprendre au microscope ce que la simple vue lui 
refuse 1 Mais en vain ; des téguments grossiers, ne pre- 



5-t LE NATURALISTE CANADIEN 

nant jamais 1p poli metallic qu'on voit dans un si ;çrand 
nombre d'insectop, à couleurs sombres, plus ou moins hé- 
rissés de poils épineux, ne la font paraître sous la lentille 
que pins hideuse encore. 

Des pattes démesurément longues pour traîner un 
abdomen constituant à lui seul les trois quarts de la masse 
totale ; nulle apparence extérieure de boucha, qui semble 
se replier en dessous pour se rapproch r davantage du 
ventre; absence de ces yeux à facettes si apparents et si 
agréables dans les insectes ; une démarche lourde et sac- 
cadée des plus disgracieuses ; habitant des coins obscurs 
et poussiéreux dont elle semble toujours chargée de la 
poudre qu'elle y rencontre, tout contribue à lui donner 
une maussade apparence, à la faire détester ei à lui faire 
refuser toute sympathie. 

J3ll persons shun spiders, and these shun mankind still more. 
" Tout le monde évite les araignées, et celles-ci évitent 
encore plus le monde," a dit avec vérité un naturaliste. 
Cependant, il s'en est trouvé qui ont aimé les araignées, 
qui leur ont voué une sympathie toute particulière. 

Silvio Peilico, dans su prison, voit un jour une araignée 
s'éch; pper d'un coin pour saisir une mouche. "Je croyais 
être seul ici, dit-il, et me voici en compagnie. Tiens, ap- 
proche, ne crains rien, nous nous aimerons récipro»que- 
ment. Partageant le même sort, nous nous consolerons' 
l'un l'autre dans notre affliction. Mais es-tu bien prison- 
nière, toi au.^si ? Oh ! non. L'étendue de ce coin obscur 
ej-t ton univers à toi. Tu n'aspires pas à plus de liberté. 
N'importe: si ta somme de liberté ne peut satisfaire mes 
désirs, j'apprendrai du moins de toi à me soumettre au sort 
que l'auteur de la vie nous assigne, et je reporterai sur toi 
toutes les afi''ctions d'un cœur sensible dont mes sem- 
blables refusent les sympathies." Puis lui tendant le doigt, 
il l'habitue à venir y prendre chaque jour sa nourriture. 

Témoin encore de l'affection pour l'araignée cette 
anecdote que rapporte Micheiet au sujet de Eerthome, ce 
virtuose de si grand éclat au commpncement de ce siècle. 
On sait que ce jeune artiste dut son talent à la récUisiaii 
sauvao'e oii on le til travailler. 



LA TARENTULE. 55 

** A huit ans, dit Michelet, il étonnait, stupéfiait par 
son violon. Dans sa constante solitude, il avait un cama- 
rade dont on ne se doutait pas, une araignée Elle était 

d'abord dans I'anjrle du mur, mais elle s'était donné licence 
d'avancer de l'angle au pupitre; du pupitre sur l'enfant, 
<et jusque sur le bras si mobile qui tenait l'archet. Là, 
elle écoutait de fort près, dilettante émue, palpitante. Elle 
était tout un auditoire. Il n'en faut pas plus à l'artiste 
pour lui renvoyer, lui doubler son âme. 

" L'enfant malheureusement avait une mère adoptive, 
qui, un jour, introdui{«ant un amateur au sanctuaire, vit le 
sensible animal à son poste. Dn coup de pantjullc ané- 
antit l'auditoire L'enfant tomba à la renverse, en fut 

malade trois mois, et il faillit en mourir." 

L'araignée est sans grâces, nous l'avouons, elle est 
même hideuse. Mais chez elle l'utilité l'a emporté sur 
l'agréable. C'est le travailleur par excellence, iileur, cor- 
dier, tisserand ; et non seulement comme l'insecte, l'arai- 
gnée marche chargée des instruments de son industrie, 
mais elle porte encore la boutique même où elle exerce son 
art, 

A voir ce ventre énorme, toujours gonflé, tendu, lors- 
que les autres parties sont souvent retirées, amaigries, on 
la croirait vouée invinciblement à la gourmandise; il n'en 
est rien cependant. Ce ventre énorme, c'est sa boutique, 
son atelier où .s'accumule et s'élabore la matière de son in- 
dustrie. Voyez ces quatre mamelons qui souvent font 
projection à l'extrémité de l'abdomen, ce sont ses filières 
pour la production des fils de ses toiles. Ces mamelons 
sont autant de sacs desquels s'échappent, au désir de l'ani- 
mal, des centaines de fils sous forme de poussière, de 
nuage imperceptible. Ces centaines de fils qui s'échap- 
pent de chaque filière se réunissent pour ne former qu'un 
seul brin pour le tissu des toiles qu'elle fabrique. C'est 
donc de sa propre substance que l'araignée fabrique ses 
instruments de chasse, si bien que la nature semble l'avoir 
placée dans un cercle vicieux : Il lui faut manger pour 
filer, et il lui faut filer pour pouvoir manger, c'e&t-à-dire, 
pour saisir sa proie. 



56 LE NATURALISTE CANADIEN 

Mais revenons à notre Tarentule que nous avons par- 
ticulièrement en vue dans cet article. 

Qui n'a In quelque part de ces récits merveilleux qu'on 
s'est plu à accumuler au sujet de la Tarentule, si commune 

dans tout le midi de l'Europe et surtout en Italie? Sa 

morsure produit un état d'insensibilité dont la musique 
seule est capable de tirer le patient qui en a été atteint. 
Malheur à lui, si l'artiste ne parvient pas à produire les 
sons ou le rythme les plus propres à réveiller sa sensibi- 
lité, la mort suivra bientôt cette anesthésie dans laquelle il 
est plongé. 

Ici c'est un jeune homme qui, faisant un pas en dehors 
de la route pojr cueillir une fleur, reçoit la morsure de la 
redoutable bête et expire bientôt après. Là c'est une jeune 
fille dans un bal recevant d'un jeune cavalier un bouquet 
dans lequel une Tarentule se trouvait cachée. En voulant 
flairer les fleurs, elle irrite Tirascible bête qui la mord in- 
continent et la plonge dans Tanesthésie que suit bientôt la 
mort, par ce que les musiciens sont incapables de trouver 
la note sympathique qui pourrait agir sur e'ie. 11 s'est 
même trouvé des artistes qui ont noté les airs propres à 
ramener à la sensibilité ceux qui avaient eu le malheur 
d'être mordus par la Tarentule. 

La science aujourd'hui mieux étudiée, et surtout con- 
firmée par des observations et plus nombreuses et plus 
précises, a l";nt giâi^e depuis longtemps de ces absurdités, 
et le Venin de la redoutable araignée, quoique assez actif, 
est reconnu pour être incapable de causer la mort. D'or- 
dinaire l'inflammation et une tuméfaction de la seule partie 
attaquée disparaissent au. bout d'un jour ou deux, sans que 
le patient ait beaucoup à soufîrir. Il est rare même que 
la morsure au bras, par exemple, produise la tuméfaction 
dans le membre entier. 

Quant à l'insensibilité et au réveil par le moyen de la 
musique, on reconuait partout que la fable et i'imaginatiori 
en ont seules fait les frais. 

Disons au-si que, bien que la Tarentule soit naturelle- 
ment très irritable et prompte à agir, ses habitudes soli- 



LA TARENTULE. 57 

m 

taires font qu'on a rarement à redouter ses attaques, ou 
plutôt sa défense, car ce n'est guère que dans ce cas qu'elle 
fait usage de son arme. 

Observons aussi que, contrairement à la plupart des 
insectes, ce n'est pas une piqûre que produit la Tarentule, 
mais une véritable morsure, infligée au moyen de ses 
mâchoires, car pour d'aiguillon, elle n'en a pas. 

Nous avons dit que la Tarentule était particulièrement 
fréquente en Italie, mais l'Amérique aussi en possède, et 
plus d'une espèce. 

Le nom de Tarentule est un nom commun appliqué 
au genre Mygale, Mygale, Walkenaer, dont le genre Ly- 
cose, Lycosa, Latreille, n'est qu'une subdivision. Or l'Amé- 
rique du Nord ne compte pas moins aujourd'hui de six 
espèces de Mygales et de dix-huit espèces de Lycoses. 

La fig. 1. ci jointe représente l'une de ces Mygales de 
plus forte taille. Comme on peut facilement le voir, l'ani- 
mal est de toute part héiissé de poils nombreux; de ses 
pattes, les postérieures sont les i)lus longues ; les huit yeux 
sont rangés sur deux rangs dont le postérieur est légère- 
ment en arc. On voit à l'extrémité de son abdomen deux 
des filières ou mamelons qui font saillie, les deux autres, 
plus petits, étant repliés en dessous. 

Les Mygales et les Lycoses ont des habitud'^s qui 
diffèrent de celles des autres araignées en général Comme 
elles, elles viventde proies, mais c'est en les poursuivant sur 
le sol qu'elles les atteignent et les saisissent, et non en leur 
tendant des filets tels que ceux qu'emploient les Epéires 
et la plupart des autres espèces. 

Les Mygales et les Lycoses, du moins celles que l'on 
décorent du nom de Tarentule, sont les lions et les aigles 
de leur classe. S'en reposant sur leur force, elles semblent 
(mépriser les pièges et les stratagèmes qu'emploient les 
autres araignées, attaquent d'ordinaire en face les ennemis 
qu'elles poursuivent, et s'emparent souvent ainsi d'insectes 
de forte taille et même redoutables par leur armure. 

Mais ne tendant point de filets, à quoi, direz-vous, leur 
servent leurs filières ? 



58 



LE NATURALISTE CANADIEN 



Le voici; c'est à la construction de leur demeure. Et 
elles déploient dans cette construction une habileté encore 
plus étonnante que celles des araignées aériennes dans la 
construction de leurs toiles. 




Fig. 1. 

Constamment sur le sol, il leur faut des retraites pour 
se mettre à l'abri des orages et reposer en sûreté durant la 
nuit. Or c'est dans le sol qu'elles se creusent ces retraites, 
et c'est dans leur construction qu'elles déploient toutes les 
ressources de leur génie. 

Nous avions lu plus d'une fois des descriptions de 
telles retraites de Tarentules, mais nous n'avions encore 
jamais eu occasion d'en voir, lorsque, l'automne dernier, 
un ami de Montréal nous en > ffiit un qu'un voyageur ve- 
nait de lui apporter de Caliiornie, oiî il l'avait lui-même 



Fig. l.— Une Tarentule d'Amérique. 



LA TARENTTTLT:;. 



5d 



recueilli. Il va sans dire que l'offre fut acceptée avec em- 
pressement, et ayant fait dessiner et graver la j>ièce, nous 
en offrons la lig-ure à nos lecteurs ci-jointe, fig. 2. 




Fi2. 2. 



Les Tarentules creusent leurs nids dans le sol, quel- 
ques unes en une espèce de pnits ou d'entonnoir qu'elles 
creusent verticalement, et d'autres en une espèce de galerie 
horizontale. Les unes et les autres en tapissent l'intérieur 
d'une fine toile de soie très compacte, qu'elles filent, pour 
ratermir les parois et prévenir toute dégradation. Ces 
conduits ont quelquefois de 10 à 12 pouces de profondeur. 

Certaines espèces laissent libre l'entrée de leur gale- 
rie, se contentant de s'enfoncer rà l'intérieur pour s'y re- 
poser. Mais d'autres ferment leur entrée d'une porte mo- 
bile, suspendue en charnière par le haut et retombant de 
son propre poids lorsque rien ne la retient. Le nid que nous 
possédons est de cette dernière façon. La fig. 2 nous le 
montre vu de face ; p est la porte en demi cercle avec sa 
charnière au haut et qui est représentée close. La i\^. 2t 
nous montre le même nid vu de côté ; p est la porte entre 
ouverte pour laisser voir l'ouverture du conduit intérieur, 
et c est le même conduit qui s'enionce horizontalement 
dans le sol. 

La porte, en se refermant par son propre poids, clot si 
exactement la galerie, qu'oii a peitie à croire qu'il puisse y 
avoir là une ouverture. L'araignée, au moyen de ses ché- 



Fi"-. 2. — Vue d'un uid de Tarentule avec la porte close. 



60 



LE NATURALISTE CANADIEN 



licères soulève la porte, s'enfonce dans l'intérieur et la laisse 
retomber pour se clore d'eiir'-même. 

Mais l'intrépide chasseur a aussi des ennemis, et il 
pourrait arriver qu'une souris, un mulot, pénétrant le se- 
cret de l'ouverture, irait l'attaquer au fond même de sa 
retraite. L'ouverture d'ailleurs a besoin de protection 
contre le vent qui pourrait soulever la porte? Et c'est ici 
que l'animal montre une intelligence tout-à-fait étonnante. 




Fig. 3. 

L'orifice du conduit est un peu évasée, et la porte, qui 
est assez épaisse, vient s'emboiter hermétiquement dans 
cet évasement ; de plus, cette porte est aussi tapissée de 
soie à l'intérieur, et deux petits trous dans ce tissu de soie, 
vers la marge inférieure de la porte, permettent à l'animal, 
lorsqu'il est à l'intérieur, d'y enfoncer ses serres pour la 
retenir, et de fure ainsi l'office d'un véritable verrou vi- 
vant. La lig. 4 nous montre la face interne de cette porte 
avec les deux petits trous dans sa marge inférieure. 

Chacun se demandera sans doute, comment s'y prend 
l'araio-née pour construire cette porte ? Va-t-elle la tailler 



■p\(r. 3. — Le même nid vu de côté avec la porte entr'ouverte, laissant 
voir l'ouverture du conduit et sa coutinuation à gauche. 



La tarentule. 6j 

ailleurs sur le sol pour la suspendre ensuite, ou la con- 
struit-elle sur place même ? 




aiMïi^. ii,ii 

Fig. 4. 

Examinée attentivement, on roconnait que cette porte 
est composée d'un grand nombre de toiles chargées de 
grains de poussière ou de terre, superposées les unes aux 
autres. L'industrieux animal commpuce donc par clore 
d'une toile l'ouverture de sa galerie. A cette toile il fait 
adhérer des grains de poussière, et en ajoute une seconde, 
puis une troisième, etc., jusqu'à ce qu'il ait obtenu l'épais- 
seur voulue. Rompant alors les fils du pourtour, il con- 
serve ceux du haut pour servir de charnière. 

Les figures ci-dessus représentent le nid de grandeur 
naturelle, à l'exception du conduit qui est tronqué, mais 
qui ne devait pas avoir moins de 8 à 10 pouces. Ce conduit 
est un tissu de soie très compacte et très fort. Le diamètre 
intérieur du conduit est d'un peu plus d'un pouce et l'é- 
paisseur de la porte d'un bon quart de pouce, si bien qu'il 
n'y a pas moins de 50 à 60 portes superposées et unies 
entre elles» 

La mère Mygale porte très souvent sur son dos le cocon 
contenant ses œufs ; et soit qu'elle le porte ainsi sur son dos 
ou qu'elle le dépose dans sa retraite, du moment que les pe- 
tits sont éclos, ils lui grimpent sur le dos se cramponnent à 
son abdomen. La mère les promène ainsi partout où elle va, 
veillant sur eux avec une attention toute maternelle. Elle 
ne craint nullement de braver les dangers et ne recule 
devant aucune attaque pour défendre sa progéniture. On 
en a vu, ainsi sur la défense, se laisser arracher les pattes 
les unes après les autres plutôt que de fuir pour se mettre 
à l'abri. 



Fig. 4. — Face interne de la porte montrant les deux petits trous daas 
lesquels l'araiguée enfonce ses serres pour la retenir close. 



62 LE NATURALISTE CANADIEN 

Les mères ainsi chargées de leurs petits ont l'appa- 
rence la plus hideuse, on les dirait couvertes de verrues 
vivantes 

Lorsque les petits sont asssz âî^és pour pouvoir appré- 
cier le danger qui les mer.ace, ont les voit se disperser et 
disparaître à la moindre attaque, pour venir reprendre leur 
position dès que le danger est disparu. 

Les Mygales sont fort communes en Géorgie et en Flo- 
ride. C'est le plus souvent ahiitées sous des cactus ou des 
bois morts qu'on les trouve. Nous ne pensons pas que les 
espèces de ces contrées se creusent des galeries dans le sol 
avec porte mobile, comme colles de l'Europe et de la Cali- 
fornie, du moins nous n'en avons jamais rencontré, et nous 
ne les avons vues mentionnées nulle part. Les occur-, 
rences de leur morsure sont aussi très rares ; c'est à peine 
si les gens du pays peuvent on mentionner quelques cas. 

Mous nous sommes plu, bien des fois, à exciter les My-, 
gales de notre canne lorsque nous les trouvions tapies sous 
les tiges de cactus que nous soulevions à la recherche d'in- 
sectes. Elles ne manqu ieut jamais de répondre à l'attaque 
en saisissant de suite de leurs mandibules le 1er de notre 
canne, et en répétant les attaques, elles finissaient toujours 
par grimper sur le bâton pour nous atteindre. Il nous est 
arrivé une fois de ne pouvoir éviter la morsure qu'en lâchant 
notre canne, tant la vilaine bête s'était approchée de nos 
doigts. 

Avons-nous des Mygales dans notre Province ? 

Nous n'avons encore jusqu'à ce jour accordé que peu 
d'attention à cette classe d'animaux, cependant, nous peu- 
sons avoir rencontré une belle Mygale à Portneuf, et d'une- 
espèce que nous pensons nouvelle,, du moins ses caractères, 
ne répondent à aucune de celles décrites par Hentz, Elle 
fut trouvée marchant sur l'eau pour traverser un petit 
ruisseau. Celui qui la trouva lui donna un coup du plat 
de son aviron pensant bien qut; du coup il l'avait réduite eu 
charpie, et ne fut pas peu étonné de ne la trouver que para- 
lysée, sans aucune mutilation^ 



BIBLIOGRAPHIE 63' 

Le spécimon, par suite de manipulations diverses, est 
aujourd'hui bien défectueux, mutilé et impropre pour une 
description exacte. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Nous serons prêt, dans quel([nes jours, à livrer aux sous- 
cripteurs, le second volume de la Faune Entomologique du Cana- 
da et particulièrement de ta Pi-ovince de Québec. 

Ce second volume, qui contient plus de 800 pages in-8 
comprend les OrlhopLères, les Nevroptères et les Hyménop- 
tères. 

Le contexte est à peu près le même que ce qui a paru 
mensuellement dans le Naturaliste ; il s'y rencontre cependant 
quelques additions et plusieurs corrections importantes. L'a- 
vantage d'avoir une monographie complète de ces trois ordres, 
sans être ohligé, pour se reconnaître, de feuilleter l(?s Hvrai- 
sons mensuelles du Naturaliste durant plus de cinq années,, 
rend ce livre indispensable pour tons les entomologistes pra-. 
tiijues qui désireraient se mettie au fait de notre faune. 

Nous ajouterons que ce volume devrait aussi se rencontrer, 
dans les bibllothè(iues de toutes nos institutions d'édncation,. 
afin d'y recourir au besoin. Dn moment qu'un nom d'insecte, 
appartenant à l'un de ces trois ordres, appai'aîtra dans les jour- 
naux ou une publication quelconque, il sera facile au premier 
venu de se renseigner sûrement sur cet insecte, au moyen des 
tables et clefs qui accompagnent ce volume. 

On sait que le premier volume contient l'histoire complète 
de nos Coléoptères. 

Nous avons plus d'une fol'^ regretté de n'avoir pas adopté 
pour ce premier volume, comme nous l'avons fait pour ï& 
second, le format lu-8, qui tend de plus en pins à se généra- 
liser pour toutes les publications sur i'iiistoire naturelle. Ce- 
pendant, le seul Inconvenient qu'on [)Ourra y trouver, sera 
pour le coup d'œll dans les bibiloihèques, car les m ilières. 
étant complètement séparées, on n'aura jamais à courir d'un 
volume à l'autre dans les recherches. 

Le troisième volume que nous allons immédiatement 
commencer, se composei-a des IIéini[)tèi-es ou |)nnaises. Il sera 
bien moins considérable que les deux premiers. 



61 LE NATURALISTE CANADIEN 

Daigne le Seigneur nous accorder assez de force et de 
santé pour que nous puissons atteindre la completion de la 
série enloinologii|ue pour notre Province, et puissent tous les 
amis des sciences soutenir notre courage en secondant nos 
efforts. 



LE NATURALISTE CANADIEN. 

Nous lisons dans le Courrier du Canada du 18 Février : 
" La livraison de Janvier du Naturaliste nous arrive ce 
matin. Cette excellente revue d'histoire naturelle commence 
sa quatorzième année. A cette occasion nous sommes heureux 
de féléciter M. l'abbé Provancher des succès qu'il a obtenus 
jusqu'à présent. Pour maintenir sur un aussi excellent pied 
une œuvre de ce genre, il faut, en Canada du moins, compter 
sur de grands sacrifices à faire, et nous savons que ceux du 
rédacteur du Naturaliste n'ont pas été médiocres. 

" Qu'il continue sou œuvre; elle est utile, non seulement 
parce qu'elle développe le goût des sciences naturelles, mais 
encore en ce qu'elle conduit nécessairement à des découvertes 
utiles à Tagricultuie en général." 

Nous nous permettons d'ajouter qu'en poursuivant notre 
œuvre, nous faisons encore l'olRce de sentinelle pour suivre la 
marche du progrès scientifique et donner à notre pays une voix, 
quoique faible, dans le conseil des hommes d'étude qui mar- 
chent à la conquête des victoires sur l'inconnu. 

Cette considération seule pourrait suffire pour nous as- 
surer l'appui de tous les amis véritables du progrès en notre 
pays. 



LISTES D'INSECTES. 

Le gouvernement d'Ontario vient d'autoriser la Société 
d'histoire naturelle de cette Province à faire les frais de la pu 
blication d'une liste, aussi complète qne possible, des insectes 
de leur territoire, c'est à-dire que ce ijue nous faisons ici de 
notre propre mouvement, le gouvernement là se charge d'en 
couvrir les frais. 

Nous nous réjouissons de cette détermination du gouver- 
nement d'Ontario. Ces listes d'insectes seront précieuses, môme 
pour notre Province, pour pouvoir être corrigées chaque an- 
née et servir de base pour les additions que i'etuie et l'obser- 
vation permettront d'y faire. 



LE 




Vol. XIV— 3. CapRouge, Q., OCTOBRE, 1883. No. 159 

m 

Rédacteur: M. l'Abbé PROVAWCHER. 

Ce numéro étant le dernier qui doit paraître, nous y joignons 
la table des deux précédents. 



A NOS LECTEURS. 



Mort, ressuscité, et remort, comme aurait dit un 'célèbre 
maire d'une commune de France, nous ne reparaissons aujourd'hui 
devant nos lecteurs, que pour leur adresser nos adieux ; car nous 
sommes cette fois-ci si bien mort, que nous sentons déjà toute la 
pesanteur du tombeau qui nous étreint, qui nous écrase. 

Nos lecteurs le croiront sans peine, puisqu'il y a déjà sept 
longs mois que nous demeurons muet. Cependant n'ayant pas 
encore rendu le dernier soupir, nous entendions autour de notre 
couche funèbre certains chuchottements nous faisant entrevoir 
notre rétablissement comme possible et très prochain ; mais en 
vain nous sommes-nous tourné et retourné sur notre couche, en 
vain avons-nous jeté autour de nous regards suppliants avec 
éloquentes prières, tout est demeuré sans effet, si bien qu'au- 
jourd'hui nous nous trouvons forcé de prendre définitivement 
notre retraite. 

Mais avant de faire le salut pour disparaître, si nos lecteura 
veulent bien nous le permettre, nous ferons ensemble une petite 
revue de notre existence. 

Notre naissance remonte déjà à près de quinze années, car 
c'est en décembre 1868, que de notre propre initiative, nous 
avons surgi à l'existence. 



66 LE NATURALISTE CANADIEN 

Il n'en est point en ce pays pour les journaux comme pour 
les individualités zoologiques qui, très faibles à leur début, se 
fortifient à mesure qu'elles prennent de l'âge. On pourrait 
dire avec beaucoup plus de raison que les publications suivent, 
d'ordinaire, une marche contraire. Ce sont comme des pièces 
d'artifice, des fusées qui prennent leur plus grand éclat en pa- 
raissant, et qui s'en vont ensuite diminuant graduellement. 
L'amour de la nouveauté, un certain esprit de patriotisme qui 
porte à encourager les œuvres nationales, une certaine curiosité 
de voir comment les auteurs poun-ont se tirer d'affaire, portent 
la plupart de nos lettrés à encourager les publications nouvelles 
quelles qu'elles soient ; et ces publications ont à peine perdu 
l'attrait de la nouveauté, que, quelque soit leur mérite, on voit 
de suite originer le défilé des patrons qui les abandonnent. 

Tel il en fut pour notre Naturaliste. 

Hélas ! nos hommes d'étude sont si clair-semés ; on aime si 
peu la lecture chez nous, que même la littérature légère a peine 
à se recruter des lecteurs. Que doit-il donc en être pour les 
études sérieuses, pour les productions scientifiques ? 

Aussi grâce à cet élan pour la nouveauté, notre Naturaliste 
put d'abord se soutenir par lui-même ; deux ans, trois ans 
s'écoulèrent ainsi. Mais le défilé des retraitants était déjà com- 
mencé dès la deuxième année, et allant toujours en augmentant, 
il nous fallut recourir au gouvernement pour en obtenir un 
octroi suffisant pour compenser la perte des abonnements qu'on 
retirait. M. Chauveau qui était alors premier ministre et Sur- 
intendant de l'Education, comprit, en homme éclairé, qu'une 
telle publication avait des droits à l'appui du gouvernement, et 
lui fit voter une aide de $200. Deux ans plus tard, les abonne- 
ments allant toujours diminuant, le même M. Chauveau porta 
l'allocation à S400. 

A M. Chauveau succéda M. G. Ouimet, le Surintendant 
actuel de l'Education, qui nous accorda sans peine ses sympa- 
thies et maintint l'allocation. 

M. Ouimet fut remplacé par M. De Boucherville. Nous 
étions sûr d'avance des dispositions de ce nouveau premier mi- 
nistre et Surintendant de l'Education, car nous connaissions déjà 



A NOS LECTEURS 67 

M. DeBoucherville pour un homme d'étude, un amateur éclairé, 
qui suit assidûment le progrès scientifique. Aussi M. De Bou- 
cherviile, secondé par ses'collègues MM. Eoss, Garneau, Angers, 
etc., non seulement ne nous marchanda pas l'allocation, m5is for- 
ma le projet d'établir au département de l'agriculture un musée de 
toutes les productions naturelles du pays. " Nous voulons, 
nous dirent ces ministres, aussitôt que les nouvelles bâtisses 
du gouvernement nous en fourniront le local, réunir dans un 
musée, non seulement les produits agricoles de notre Province, 
mais encore des échantillons de toutes ses productions naturelles ; 
minéraux, minerais, bois, mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, 
insectes, mollusques, etc., comme la chose se pratique dans la 
plupart des Etats de l'Union Américaine ". Et c'est dans ce but 
qu'ils achetèrent de suite notre collection entomologique, comme 
étant celle qui exigeait le moins d'espace. 

Cependant certains nuages pohtiques qu'on voyait déjà à 
l'horizon s'assombrirent tout à coup et éclatèrent soudainement 
en orage. On sait comment M. Letellier, alors Lieutenant-Gou- 
verneur, sut se défaire de M. De Boucherville pour le remplacer 
par M. Joly. 

M. Joly était souscripteur au Naturaliste depuis son ori- 
gine, et s'était plu, plus d'une fois, à nous en faire des louanges. 
Cependant nous n'étions pas sans crainte ; le patriotisme, l'hon- 
nêteté politique sont choses si rares de nos jours, que l'avéne- 
ment au pouvoir d'un autre parti politique sème souvent la 
déception parmi les promoteurs d'entreprises même les plus 
louables, lorsqu'eUes ne peuvent apporter de nouvelles forces 
aux nouveaux venus. On exalte la liberté, et on restreint les 
franchises; on proclame le progrès, et on étouffe les plus géné- 
reux essors ; on prône l'économie, et sous un prétexte ou sous 
un autre, on crée des sinécures, on invente des besoins pour 
gorger ses amis, pour s'assurer des appuis; on déclare bien 
hautement ne chercher que l'intérêt du pays, et on le sacrifie 
sans scrupule à l'intérêt personnel, au triomphe momentané du 
parti etc. Aussi, malgré les assurances du premier ministre, qui 
avait pris le pouvoir en mars,' on vint nous dire en septembre que 
l'aUocation au Naturaliste était supprimée. 

On nous a assuré qu'en 1878 comme en 1883, c'est M. 



68 LE NATURALISTE CANADIEN 

Mercier qui a joué de la pelle pour creuser notre fosse. Nous 
regrettons beaucoup que le grand prêtre ne fût pas encore le 
même, et que se soit M. Mousseau qiii, cette année, ait pris le 
goupillon. 

A M. Joly succéda M, Chapleau. M. Chapleau est un 
beau parleur, tout le monde l'admet, aussi préfère-t-il de beau- 
coup la tribune au cabinet. Il n'est pas éloigné de prendre en 
pitié ceux qui se laissent pâlir sur les bvrespour acquérir des con- 
naissances, et le progrès des sciences est le dernier de ses soucis. 

Nous étions mort ; il fallait nous ressusciter. Nous croyions 
la chose des plus faciles; nous étions dans l'erreur. Si quelques 
grosses têtes du parti ne lui eussent montré les dents, c'en était 
fait de nous, nous étions condamné à pourir dans la tombe. 

Cependant le premier ministre s'exécuta à la fin. Sans 
trop remarquer la grimace que cet effort lui coûta, nous nous 
remîmes courageusement à l'ouvrage, nous promettant encore de 
longues années de vie. Nous conçûmes même le projet de faire 
voir à tous que les faiblesses de la sénilité ne nous avaient en- 
core nullement atteint. Nous voulions nous montrer avec plus 
de vigueur que jamais. Nos lecteurs ont pu remarquer les il- 
lustrations de notre dernier numéro qui, elles seules, nous ont 
coûté $18. Nous avions donné des commandes pour de bien 
plus nombreuses encore ; nous voulions même aller jusqu'aux 
planches lithographiques. Les artistes allaient se mettre à 
l'œuvre, lorsqu'on vint nous avertir que nos jours étaient me- 
nacés de nouveau. 

Nous avions bien vu M. Chapleau passer son sceptre entre 
les mains de M. Mousseau ; mais nous ne voyions là aucun mo- 
tif de crainte. Nous étions même parfaitement rassuré, lorsque 
nous vîmes l'allocation au Naturaliste portée sur le budget du 
nouveau gouvernement. 

Mais nous comptions sans la faiblesse et l'indifférence pour 
le progrès des sciences de ceux qui tenaient les rênes du pouvoir, 
et sans aussi le mauvais vouloir de ceux qui à tout propos leur 
suscitaient des entraves. 

Ce budget que les ministres avaient arrêté entre eux après 
discussion, ils n'ont pas même le courage de le défendre devant 



A NOS LECTEURS 69 



la chambre. On le lit item par item ; vient le suivant : " 
pour aide au Naturaliste Canadien." — Dépense inutile, pro- 
clame M. Mercier, qu'on retranche cet item. — ATïien, disent les 
ministres ; amen, répètent tous les membres. Et l'affaire est 
faite ! 

Sur 65 députés, qu'on doit supposer être la tête du pays, 
sa partie la plus intelligente, il ne s'en trouve pas un seul pour 
réclamer les droits de la science, soutenir le progrès intellectuel. 
Et ministres et députés semblent oubHer que les progrès matériels 
qu'ils veulent seuls avocasser, ne peuvent avoir de„base, que dans 
les données de la science. On aurait fait longtemps des phrases 
sonores, on aurait débité souvent de longs et beaux discours, 
avant d'avoir des chemins de fer, des télégraphes, des téléphones 
etc., s'il ne s'était trouvé des hommes qui, dans le secret de 
leurs laboratoires et de leurs cabinets, étaient parvenus, après 
de longues études et de nombreuses observations, à pénétrer la. 
nature intime des corps, à découvrir leurs propriétés les moins . 
apparentes pour en tirer parti ; étaient parvenus jusqu'à ravir 
aux nuages mêmes la foudre qu'ils recèlent, pour l'assujétir à leur 
volonté et l'utiliser pour leur service ; étaient parvenus en quel- 
que sorte à se rendre maîtres des éléments, pour les soumettre 
à la puissance de l'homme. 

Ignore-t-on que toute victoire obtenue sur l'inconnu est un 
capital dont tôt ou tard on pourra retirer les intérêts ? Lorsque 
Galvani remarqua que les nerfs d'une cuisse de grenouille qu'il 
avait mis à nu s'agitaient au contact d'une lame d'acier, il était 
bien éloigné de penser qu'il tenait là une découverte qui pourrait 
transporter la parole de l'homme presque instantanément d'un 
bout du monde à l'autre. Et ainsi des autres découvertes. 

On apprécie bien autrement les services que peut rendre la 
science chez nos voisins des Etats-Unis, puisque presque chaque 
Etat, témoins New- York, le Massachusetts, l'IlMnois, le Missouri 
etc., a un entomologiste d'état avec appointements variant de 
$2,000 à $4,000 par année ; tandis qu'ici on considère comme 
dépense inutile la somme de $400 qu'on nous allouait. 

Et qu'on n'aille pas prétexter l'économie ; on ne donnera le 
change à personne sur cet article. Si nous voulions entrer ici 
dans des détails, nous montrerions une foule de cas où l'on pro- 



70 LE NATURALISTE CANADIEN 

digue les piastres par milliers, pour des fins dont la Province 
n'aura certainement à retirer aucun profit. 

Nous regrettons beaucoup ce pas rétrograde de notre gou- 
vernement, et nous sommes convaincu que ceux qui en ont assu- 
mé la responsabilité le regretteront aussi plus tard, car c'est là 
une mesure qui ne leur fera pas honneur à l'étranger, bien plus 
qui sera généralement blâmée dans le pays ; témoins ces nom- 
breuses expressions de regret que nous avons déjà reçues, et de 
personnages haut placés, depuis que la mesure est décrétée. 

Depuis quinze ans, notre humble Province avait une voix 
dans le conseil des savants du monde entier qui marchent à la 
conquête de nouvelles victoires sur l'inconnu. Québec, par 
notre Naturaliste, se trouvait cité dans les comptes-rendus et 
transactions de la plupart des sociétés savantes de l'Europe et 
de l'Amérique. Nous échangions avec plus de trente pubhca- 
tions scientifiques. Nos humbles travaux acquéraient tous les 
jours une plus grande valeur. Nous avons nommé plus de 200 
insectes jusqu'alors inconnus à la science, et ceux qui écrivent 
sur le sujet sont obligés aujourd'hui de compter avec nous. Et 
c'est au moment que nous nous sentons plus en moyens quQ 
jamais de continuer notre rôle, qu'on vient y mettre fin. Noiis 
faisions des échanges de publications ou de spécimens avec les 
Etats-Unis, l'Angleterre, la France, la Belgique, l'Allemagne, la 
Kussie, l'Autriche et l'Italie, et maintenant n'ayant plus rien à 
offrir, nous n'aurons de même rien à attendre. Et ce qu'il y a 
de plus regrettable, c'est que ces publications précieuses que nous 
recevions ne se trouvent nulle part dans nos bibhothèques. 
Nous nous proposons bien encore de poursuivre nos études, mais 
ce sera pour nous seul, et nous ne pourrons le faire d'ailleurs 
que bien imparfaitement, puisque les sources nous manqueront. 

Chose assez singulière, et qui certainement ne plaide pas 
en faveur de notre intelligence comme peuple, c'est au mo- 
ment que nos œuvres sont le ï)lus appréciées